La Via Campesina

L’Union paysanne est fièrement membre de La Via Campesina, organisation internationale de défense des intérêts paysans regroupant plus de 200 millions de membre.

« La Via Campesina est née pour donner une voix aux sans-voix, pour que les mouvements paysans prennent pleinement leur rôle de leader. À ce moment-là, c’était intuitif : nous savions que nous voulions disposer de notre voix. La première étape a consisté à rassembler tous les mouvements opposés aux politiques néolibérales, à construire une culture paysanne de solidarité et à créer une conscience de classe en tant que paysan.ne.s. Nous avons décidé de construire notre identité de manière ascendante, et non sur un principe patriarcal. Nous voulions former un mouvement autonome, indépendant des pouvoirs politiques et économiques. Nous voulions participer aux négociations internationales portant sur les politiques alimentaires et agricoles. À ce moment-là, nous étions déjà un mouvement revendiquant la diversité et nous voulions appliquer cette diversité dans tous les sens du terme. »
Rapport de la VIIe conférence (Juillet 2017)

La Via Campesina est un mouvement international qui rassemble des millions de paysannes et de paysans, de petits et de moyens producteurs, de sans terre, de femmes et de jeunes du monde rural, d’indigènes, de migrants et de travailleurs agricoles… Fortement enracinée dans un esprit d’unité et de solidarité entre ces groupes, elle défend l’agroécologie paysanne et la souveraineté alimentaire comme moyen pour promouvoir la justice sociale et la dignité. Elle s’oppose clairement à l’agriculture industrielle et aux entreprises multinationales qui détruisent les relations sociales et l’environnement.

Les femmes ont un rôle central dans la Via Campesina. Le mouvement défend leurs droits et l’égalité des genres. Il lutte aussi contre toute formes de violence contre les femmes. Les jeunes ont également une place très importante et sont la force inspiratrice du mouvement.

Structure organisationnelle

La Via Campesina s’organise en neuf principales régions géographiques : Europe, Asie du Sud-Est et de l’Est, Asie du Sud, Afrique australe et de l’Est, Afrique de l’Ouest et centrale, Amérique centrale, Amérique du Sud Caraïbes et l’Amérique du Nord. Évidemment, c’est dans cette dernière région que se trouve l’Union paysanne – la seule organisation québécoise à être membre de La Via Campesina.

Le Québec est-il souverain du point de vue alimentaire? Portrait statistique et factuel.

L’avènement du néolibéralisme au début des années 1990 et la multiplication des accords de libre-échange (ALÉ) auront accéléré l’émergence d’une agriculture industrielle à l’échelle planétaire. Si bien que la situation agricole au Québec est fortement marquée par cette logique :

  • 225 000 hectares de soja (80% des superficies cultivées) sont directement destinés à l’exportation vers des marchés étrangers;
  • En 2017, près de deux millions de demandes en aide alimentaire étaient faites mensuellement aux banques alimentaires québécoises;
  • Environ 2% du maïs québécois est destiné à l’alimentation humaine;
  • Depuis 1950, le nombre de feres a été réduit de 80%, malgré une demande croissante de biens agricoles : les richesses monétaires tirées du secteur agricole sont concentrées dans un nombre sans cesse restreint de mains;
  • Un producteur agricole peut détenir un maximum de 100 coqs à chair, limitant à environ 1 500$ ses revenus annuels tirés de cette production (sans prendre en considération que l’abattage à la ferme est illégal si la visée est commerciale) : c’est une barrière évidente à l’émergence de petits producteurs et de surcroît, un frein à l’émergence de l’agriculture de proximité;

Le cadre légal québécois empêche l’émergence des fermes pluriproductrices, qui produiraient par exemple des légumes, du lait, des œufs et de la viande. Différentes lois agricoles restreignent l’existence d’un tel système, basé sur la production à petite échelle et de proximité. Actuellement, les autorités gouvernementales, supportées par l’UPA, font plutôt la promotion d’un modèle industriel de production, qui provoque un paysage agricole québécois surtout marqué par des fermes spécialisées dans une production unique (la monoculture).