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40 ans de monopole syndical… ça se fête!

up30 mai 2012, St-Hyacinthe. Le monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles fête aujourd’hui ses 40 ans. Probablement que personne n’organisera de réception, mais c’est en effet le 30 mai 1972 qu’une loi força tous les chefs d’entreprises agricoles du Québec à payer une cotisation obligatoire à l’UPA.

Si certains disent que dans le contexte de l’époque la chose était envisageable, peu de personnes nient désormais que ce même monopole en plus d’être antidémocratique freine tout simplement le développement de l’agriculture au Québec. Le rapport Pronovost est éloquent à ce sujet.

Les plus petites fermes, l’agriculture biologique, les créneaux et les agriculteurs en régions sont littéralement prises dans un carcan créé par les systèmes mis en place par l’UPA et qui servent de plus en plus à nourrir une structure administrative.

Par exemple, peu de gens savent que l’UPA et ses Fédérations prélèvent annuellement plus de 140 millions de dollars dans les poches des agriculteurs seulement afin de faire fonctionner son système de mise en marché collective. Ses fameux prélevés n’ont fait qu’augmenter depuis 10 ans, afin de soutenir une structure de plus en plus lourde et une Confédération déficitaire.

Pourtant, le problème de base est relativement simple. La loi de 1972 a imposé un régime basé sur le droit ouvrier…. à des chefs d’entreprises et notre agriculture s’en reflète. Elle est de moins en moins entrepreneuriale et de plus en plus passive face aux problèmes….c’est le patron (UPA) qui s’en occupe.

  • notre agriculture tarde à se diversifier,
  • les fermes disparaissent plus vite qu’ailleurs au Canada,
  • les agriculteurs québécois sont 2 fois plus endettés qu’en Ontario et 3 fois plus qu’aux États-Unis
  • le gouvernement a épongé une dette de plus de 1 milliard à la Financière agricole
  • Nous subventionnons toujours une agriculture industrielle qui fonctionne à perte en plus de laisser des impacts environnementaux considérables.
  • les agriculteurs récalcitrants sont poursuivis par l’UPA et ses Fédérations pratiquement toutes les semaines devant la Régie des marchés agricoles

L’Union paysanne se bat depuis 10 ans afin de rétablir un réel droit d’association tel que garanti par les chartes et qui fait toujours défaut pour les agriculteurs d’ici, mais son réel combat se situe d’abord dans la réorientation du modèle agricole afin qu’il se mette réellement au service des agriculteurs et de la population.

Après avoir rencontré des centaines de députés tous largement en faveur de la fin du monopole syndical de l’UPA, le gouvernement libéral actuel tarde à rétablir la démocratie en agriculture par simple calcul politique. Pendant ce temps, la plupart des prédictions de l’Union paysanne se sont avérées justes. Hécatombe dans le porc, perte financière pour le gouvernement, recul de l’agriculture dans les régions, impasse pour les jeunes, recul de la part de marché mondial dans le sirop d’érable, échec de Colbex-Levinoff, etc.

Il est plus que temps pour le gouvernement de traiter les agriculteurs comme des adultes et de leur redonner une vraie liberté d’association. Pour l’instant… Joyeux 40 ans de monopole.

 


 

Pièce-jointe : com-up_2012-05-31_40ans-monopole.pdf (125 Kio)

Pour Information :

Benoit Girouard, président Union paysanne : 450-495-1910
Maxime Laplante, vice-président : 418- 926-2473

Colbex Levinoff : Une fin digne de l’UPA Inc.

29 mai 2012, St-Hyacinthe. L’annonce de la fermeture de Colbex Levinoff ne surprend personne, mais demeure une nouvelle qui fait mal surtout pour les travailleurs qui ont perdu leurs emplois dans ce cafouillis sans nom. «Les producteurs agricoles eux y auront perdu beaucoup de sous, de temps et d’énergie et demeure sous la crainte de supporter une faillite» s’exprime Benoit Girouard président de l’Union paysanne.

Le pire dans cette situation c’est que le scénario que l’UPA voulait éviter se réalise, soit le déplacement de la capacité d’abattage du Québec vers l’Ontario. Il faut l’admettre Colbex-Levinoff est passé en 6 ans du statut d’entreprise privée rentable, à entreprise UPA en faillite technique.

Le ministre Corbeil ne peut plus intervenir dans ce fiasco, mais doit à tout de moins s’assurer que cela ne se répète plus. Comment? L’Union paysanne l’invite à retourner dans le passé de l’UPA pour constater les échecs répétés et coûteux de ses incursions en aval de la production. FEDCO, POMEXPAN, POMEXPERT, CÉRÉGRAINS, abattoir Billette et maintenant Colbex-Levinoff.

Et le scénario le plus simple pour rétablir l’équilibre en agriculture est d’enfin briser le monopole syndical de l’UPA et d’appliquer le rapport Pronovost. Le retour à la démocratie en agriculture permettra une diversification des canaux de commercialisation et l’émergence de nouveaux modèles agricoles moins centralisés et coûteux.

Le ministre Corbeil doit tenir compte que le Québec attend toujours son rendez-vous proposé par le Rapport Pronovost et que les producteurs de bovins n’ont pas à supporter une faillite de l’abattoir. L’Union paysanne a sonné la sonnette d’alarme à bien des reprises dans ce dossier et personne n’a appliqué les solutions qui s’imposaient. Qui risque encore de payer la note parce que le parti libéral refuse d’affronter le monopole de l’UPA? Les producteurs agricoles du Québec.

 


Pièce-jointe : com-up_2012-05-29_colbex.pdf (126 Kio)

Pour Information :

Benoit Girouard, président Union paysanne : 450-495-1910
Maxime Laplante, vice-président : 418- 926-2473

L’Union paysanne dénonce la mascarade Colbex-Levinoff

4 avril 2012, St-Hyacinthe. L’Union paysanne dénonce le simulacre de démocratie orchestré hier par la Fédération des producteurs de bovins où 131 producteurs de bovins ont adopté un projet de transformation de l’abattoir Colbex-Levinoff en future coopérative en n’étant de surcroît informés qu’une fois sur place.

Alors que le Québec compte 21 500 producteurs de bovins, l’Union paysanne va s’assurer qu’ils soient consultés et se dressera devant tout projet qui viserait à les contraindre de façon directe ou indirecte d’envoyer leurs bovins à cet abattoir syndical privé coopératif!

Le gouvernement doit savoir que s’il met encore de l’argent dans cet «îlot Voyageur» agricole, il devra rendre des comptes à la population du Québec. Assez c’est assez! Le ministre Corbeil doit déclencher une enquête publique dans tout le dossier Colbex, et ce, avant les élections.

Il faut également dénoncer vivement les propos de Marcel Groleau, président de l’UPA qui a déclaré hier que les gouvernements n’auront pas le choix d’investir encore, car «C’est une question de service public et de sécurité publique», a-t-il dit. «On ne peut pas se ramasser dans les régions du Québec avec des cimetières d’animaux». De tels propos incendiaires et irresponsables font penser aux belles années des menaces de Pierre Élliott Trudeau. «Depuis quand un abattoir privé est un service public surtout lorsqu’il est détenu par un syndicat en situation de monopole et que la moitié des bovins proviennent de l’extérieur du Québec ?», déclare Benoit Girouard président de l’Union paysanne.

Rappelons que l’Union paysanne ira sous peu demander à la Régie des marchés la mise sous tutelle de la Fédération en lien avec la mauvaise gestion du plan conjoint et que de son côté l’Association de défense des producteurs de bovins sera entendue à la mi-avril en lien avec sa contestation des actions et de la légitimité de la Fédération dans tout le dossier Colbex.

 


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Pour Information :
Benoit Girouard, président Union paysanne : 450-495-1910
Maxime Laplante, vice-président : 418- 926-2473

Colbex Levinoff: L’Union paysanne demande une enquête publique au ministre Corbeil

13 mars 2012, St-Hyacinthe. «N’en jetez plus, la cour est pleine». C’est dans ces mots que s’exprime Benoit Girouard, président de l’Union paysanne, en regard du dossier de l’abattoir Colbex qu’il suit depuis son début. Les derniers mois ont permis de mettre en lumière ce qui s’apparente à l’un des plus importants fouillis agricoles des 10 dernières années et dont l’issue n’est pas encore connue.

À la lumière de la longue suite illogique d’évènements pour le moins étranges autour de l’abattoir, l’Union paysanne en arrive aujourd’hui à demander au ministre Corbeil de déclencher dans les plus brefs délais une enquête publique sur tout ce qui concerne l’abattoir Colbex-Levinoff. Rappelons que cet abattoir accueille en quasi-monopole les vaches de réforme du Québec, c’est-à-dire essentiellement les vaches laitières qui sont retirées de la production de lait.

Si le projet même d’acquisition de l’abattoir en 2004 par la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ) constituait une énigme pour les fonctionnaires et les économistes, et bien le mystère, tout en s’éclaircissant un peu, comporte d’importantes zones d’ombres où les jeux de coulisse semblent régner.

  • Que ce soit par les avis nombreux et défavorables de fonctionnaires provenant de différents ministères quant à l’implication du gouvernement dans le montage financier de la Fédération, ce qui n’a pas empêché l’ex-ministre Françoise Gauthier, contre leur avis, de signer cette entente.
  • Que ce soit par le montant de la vente qui dépasse de 6 fois le coût d’un abattoir neuf, tel que mentionné dès le début du dossier par de nombreux experts.
  • Que ce soit par le peu de garantie demandée par la Régie des marchés agricoles pour exempter la FPBQ de l’application des articles 60 et 128 de la loi sur la mise en marché des produits agricoles dans un dossier qui aurait dû en demander beaucoup en raison de la position dominante dans le marché confié à la Fédération.
  • Que ce soit par la non-intervention de la Régie des marchés lors de la vente des 20% d’actifs restant des frères Cola à la FPBQ et qui n’a jamais été soumis au vote des producteurs de bovins du Québec, les vrais détenteurs des actifs et surtout…..des dettes de l’abattoir Colbex.
  • Que ce soit par la mauvaise gestion globale du dossier par ses différents acteurs qui ont mené une entreprise privée rentable à une faillite technique qui retombera sur les producteurs de bovins du Québec dont les coûts sont encore inconnus.

Le ministre et son gouvernement ont donc une responsabilité envers les producteurs de bovins pris dans l’échafaudage nébuleux de leur fédération et qui, en raison du monopole de l’UPA, n’ont pas d’outils pour se défendre et faire valoir leurs droits.

Mais ce qui commande surtout cette enquête publique… c’est l’intérêt des producteurs de bovins du Québec, car pour l’instant depuis le début de cette saga, les intérêts de la FPBQ et de l’UPA ont passé en premier.


Pour Information :
Benoit Girouard, président Union paysanne : 450-495-1910
Maxime Laplante, vice-président : 418- 926-2473

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L’Union paysanne invite les producteurs agricoles du Québec à la désobéissance civile

sol-30aSt-Hyacinthe, Qc, 9 décembre 2011. La dernière semaine a été le théâtre d’événements qui ont démontré de manière éclatante qu’il n’existe pas de réelle liberté d’association en agriculture au Québec. Lorsqu’un gouvernement prive les agriculteurs du soutien de l’état parce que ces derniers refusent de payer une cotisation à un monopole syndical, force est de constater que la liberté d’association n’est qu’une vue de l’esprit.

Dans la pratique, les agriculteurs sont contraints de payer leur cotisation à l’Union des producteurs agricoles (UPA) pour avoir droit à leur remboursement de taxes foncières. Cette situation contraire à la démocratie a assez duré. Le Ministre Corbeil doit agir.

Depuis 1972, des milliers de chefs d’entreprises agricoles ont été poursuivis pour ne pas avoir payé leur cotisation à l’UPA. Des milliers de situations regrettables, aux conséquences parfois tragiques, qui se sont déroulées sous l’œil complice du gouvernement. Aujourd’hui, cette complicité est encore plus manifeste considérant que trois partis politiques ont inclus dans leur plateforme la fin du monopole de l’UPA… y compris le parti Libéral. Le Rapport Pronovost recommande « que la Loi sur les producteurs agricoles soit amendée afin de pouvoir reconnaître, sur la base de critères objectifs, une ou des associations professionnelles représentatives des producteurs agricoles ». Pendant combien de temps encore ignorera-t-on le Rapport Pronovost?

Voilà maintenant 10 ans que l’Union paysanne milite activement pour rétablir la démocratie en agriculture. Aujourd’hui, l’Union paysanne dit : c’est assez. Il est plus que temps de remettre l’agriculture québécoise entre les mains des agriculteurs et de redonner aux agriculteurs l’autonomie et la possibilité de s’autogouverner qui leur reviennent de droit à titre de chefs d’entreprise.

Monsieur Corbeil, vous aurez un choix à faire en 2012. Allez-vous, oui ou non, briser le monopole qui brime les droits des agriculteurs depuis près de 40 ans et condamne l’agriculture québécoise à stagner dans un modèle issu des années 1970? L’Union paysanne n’attendra pas votre réponse et invite, dès maintenant, les agriculteurs à faire acte de désobéissance civile pour dénoncer cette situation intenable.

Nous invitons les personnes suivantes à communiquer instamment avec l’Union paysanne :

  • tous les agriculteurs intéressés à boycotter leur cotisation à l’UPA;
  • tous les agriculteurs qui souhaitent le faire, mais qui ne le peuvent pas en raison des pressions économiques qu’ils subissent.
  • toute personne qui envisage de pratiquer l’agriculture au cours des 5 prochaines années et qui souhaite être libre de s’associer au syndicat de son choix.

En 2012, l’Union paysanne entend prendre toutes les mesures nécessaires pour redonner aux agriculteurs québécois une réelle liberté d’association, comme c’est le cas partout ailleurs sur la planète. Plus que jamais, en 2012, l’Union paysanne aura besoin de vous, car ce n’est qu’en unissant nos efforts que nous pourrons redonner à l’agriculture québécoise sa liberté et son autonomie.

Pour nous rejoindre :

Par courriel : paysanne@unionpaysanne.com

Par téléphone : 450-230-5046
Par la poste : Union paysanne C.P 515
Succ. Bureau Chef
Saint-Hyacinthe, J2S 7B8

 


Pour Information :
Benoit Girouard, président Union paysanne : 450-495-1910
Maxime Laplante, vice-président : 418- 926-2473

Le président de l’Union paysanne recevra la visite d’un huissier

Benoit_Girouard_200Le président de l’Union paysanne, n’ayant pas payé sa cotisation syndicale à l’UPA, se voit réclamer par le Ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’Alimentation du Québec son remboursement de taxe foncière agricole.

«J’ai reçu une lettre de huissier qui me donne 48 heures pour prendre contact, mais je ne paierai plus ma cotisation à l’UPA car son monopole a assez duré. Je ne rembourserai donc pas le MAPAQ car j’ai payé deux cotisations syndicales depuis trop longtemps. C’est ici que j’arrête de cautionner ce système antidémocratique», écrit Benoît Girouard, président de l’Union paysanne.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, nombre de programmes de l’État québécois sont liés au paiement de la cotisation à l’UPA, dont l’un des plus importants, le remboursement des taxes foncières agricoles.

« Dans les faits, la loi 85 lie le soutien de l’État, donc de l’argent public, à une cotisation syndicale privée. C’était immoral à l’époque1 et c’est devenu insoutenable aujourd’hui·» souligne Maxime Laplante, agronome et vice-président de l’Union paysanne.

Le Barreau avait à l’époque dénoncé vivement cette loi, tout comme des milliers d’agriculteurs, dans le cadre d’une pétition. Malheureusement, le ministre de l’époque a préféré ignoré le Barreau tout comme le ministre Corbeil récemment dans son projet de loi 21.

« Il est maintenant temps pour le ministre Pierre Corbeil de se positionner·: allez vous oui ou non rétablir le pluralisme syndical en agriculture et abolir le monopole de l’UPA? Dans l’attente je ne paierai pas un sou à votre système qui brime mes droits… dites-le au huissier » interpelle Benoit Girouard.

1·: http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/capa-35-1/journal-debats/CAPA-951128.html


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Monopole syndical en agriculture – Contre l’idée d’un référendum

Madame Josée Boileau, dans son éditorial de lundi, a fait un bon bout de réflexion sur la nécessité de mettre fin au monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles (UPA), mais elle n’a pas suffisamment réfléchi, à mon avis, quand elle appuie la proposition d’un référendum consultatif avant de la faire. Cette proposition, qui n’a toutefois pas été confirmée de source gouvernementale, si démocratique puisse-t-elle paraître à première vue, ne tient pas la route.

 

Tout d’abord, il suffit de fréquenter le milieu agricole pour comprendre qu’il serait difficile, sinon impossible d’organiser un référendum consultatif valable sur l’accréditation unique en agriculture: comme la génération actuelle d’agriculteurs n’a pratiquement pas connu autre chose et est en quelque sorte captive à tous égards du syndicat unique actuel, le résultat d’un tel référendum serait forcément biaisé, même s’il était organisé par le Directeur des élections. Un peu comme si on demandait aux membres du Parti communiste chinois s’ils sont pour des élections libres! Ce n’est pas pour rien que personne n’en veut.

Pour voir le texte entier :

Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/314917/monopole-syndical-en-agriculture-contre-l-idee-d-un-referendum