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S’engager…et savoir quitter.

Benoit GirouardIl y a dans la vie de toute personne des moments où l’on voit un chemin s’imposer, non pas avec force, mais avec douceur. Comme une invitation à prendre le large et à visiter de nouveaux horizons. C’est ce qui m’est arrivé depuis quelques temps. Après 16 ans d’implication à l’Union paysanne, dont 10 ans à titre de président, je vous annonce que je ne solliciterai pas de nouveau mandat au congrès de novembre prochain.

Voilà 16 ans, j’ai mis beaucoup de choses de côté afin de me consacrer à défendre un modèle agricole et alimentaire plus juste et plus respectueux des écosystèmes et des populations. En 2001, à la naissance de l’Union paysanne, je n’aurais pu imaginer en être un jour le président et encore moins aussi longtemps. J’avais 25 ans, j’étais vert et la stature des cofondateurs Maxime et Roméo forçait le respect.

Je venais de recevoir un prix de mon UPA régional pour mon bilan environnementale d’une ferme que je gérais tout en découvrant les travers du syndicalisme agricole traditionnel.  J’avais prévu démarrer ma ferme, après en avoir géré deux, mais le cul de sac agricole québécois m’est apparu dans toute sa fermeture. La ferme que je souhaitais mettre sur pied (hors-quota, lait cru, abattage à la ferme, etc.) était illégal au Québec. Et dire que je n’étais même pas réellement libre de m’associer à l’organisation de mon choix.

L’Union paysanne naissait et j’y ai retrouvé d’autres apatrides qui comme moi ne se reconnaissaient pas dans le modèle agricole dominant. Je n’y allais pas pour faire carrière, j’y allais car j’étais révolté. Le reste a été une suite de oui à s’impliquer; un oui à agir, un oui à se salir les mains, un oui quotidien. J’espère avoir apporté à l’Union paysanne autant qu’elle m’a redonné, mais j’en doute. Elle a été pour moi une école de formation et de vie et j’en partirai meilleur.

Il est de bon ton de se demander si on a changé quelque chose par notre passage. Je laisserai à d’autres le soin d’en juger, particulièrement à mes détracteurs. Ce que je sais par contre c’est reconnaître la semence qui lève. Depuis 16 ans, je ne compte plus le nombre de jeunes agriculteurs (trices) qui de près ou de loin se réclament du courant de l’Union paysanne, en plus des rapports qui ont repris nos analyses et qui ont bouleversé le statu quo. Nos mémoires et nos travaux sont cités et repris.

L’Union paysanne, c’est beaucoup plus qu’un mouvement qui, bon an mal an, réussi à survivre au centre d’un système agricole hermétique. L’Union paysanne, c’est une vision de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Une vision qui se retrouve désormais dans une relève agricole moins traditionnelle, dans l’agriculture urbaine, dans les productions locales et à valeur ajoutée, dans l’essor d’un bio décomplexé, dans la plupart des centres d’enseignements et même chez de plus en plus d’agronomes. Les paysans sont en marche et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.

La paysannerie, ce n’est pas un syndicat! C’est une vision de l’agriculture et du rapport que chacun entretien avec la terre. C’est aussi d’assumer de devenir un gestionnaire avisé d’un agroécosystème et d’en être une sentinelle. C’est en fait un changement de paradigme face à l’agriculture industrielle des 50 dernières années. C’est un retour aux sources. Si la paysannerie s’incarne dans l’Union paysanne, même si elle essaime partout, c’est parce qu’elle a su mettre de l’avant l’idée d’une agriculture réellement équitable et porteuse de souveraineté alimentaire.

J’ai donc tenté au sein de cette organisation de reproduire, à une autre échelle, le travail noble de l’agriculteur : semer. Pour ma part, j’y ai récolté des amitiés durables. Ils sont nombreux les visages qui me viennent en tête depuis la fondation et qui en plus de m’épauler, m’ont fait confiance. Je ne pourrais les nommer tous sans en oublier, mais je ne pourrais partir sans souligner l’amitié indéfectible de Maxime Laplante, co-fondateur de l’Union paysanne. Il a tout partagé avec moi du combat, ses hauts et ses bas. Il s’est abreuvé du même fiel et du même miel. Un compagnon et à la fois un guide sur la route. C’est d’ailleurs à lui que je dois le texte de Goethe qui a guidé mon implication et que je vous partage plus bas.

Sachez que je quitte mes fonctions officielles, mais que je continuerai quelques mandats déjà engagés comme le dossier du hors-quota, ainsi que le recours collectif sur la liaison des programmes de l’état et de la cotisation à l’UPA. Je soutiendrai la transition avec le nouveau conseil de coordination que l’Union paysanne aura à la fin de l’AGA de novembre. Je continuerai à jamais de porter les luttes paysannes du Québec en moi, mais je le ferai différemment. Le changement n’attend que vous, mais pour y arriver il vous faut….l’engagement.

 

Benoit Girouard, président Union paysanne

 

L’engagement

« Tant qu’on ne s’est pas engagé, persistent l’hésitation, la possibilité de se retirer, et toujours aussi, dès qu’il s’agit d’initiative ou de création, une certaine inefficacité.

Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance a déjà miné nombre de grandes idées et de plans merveilleux: c’est que dès l’instant où l’on s’engage, la Providence intervient, elle aussi. Il se produit toutes sortes de choses qui autrement ne se seraient pas produites. Toute une série d’événements jaillissent de la décision, comme pour l’appuyer par toutes sortes d’incidents imprévus, de rencontres et de secours matériel, dont on n’aurait jamais rêvé qu’ils puissent survenir.

Quoi que vous puissiez faire, quoi que vous rêviez de faire, entreprenez-le.

L’audace donne du génie, de la puissance, de la magie.

Mais commencez maintenant. » (Goëthe)

 

Les pesticides ne tuent pas les insectes selon le Père Noël

22 septembre 2017.

Dans les derniers jours, en sortant de mes ruches, j’ai pris le temps de lire les pensées profondes de Christian Overbeek, président des Producteurs de Grains du Québec, et de Jacques Cartier, président du Conseil des Entrepreneurs Agricoles, dans le dossier des néonicotinoïdes.

Tandis que le premier s’oppose à la volonté du ministère de l’Environnement du Québec de bannir les néonicotinoïdes en plus de se commettre dans une lettre d’opinion niant leur lien avec la mortalité des abeilles, le second n’hésite pas à affirmer dans une entrevue : « On va les utiliser tant et aussi longtemps qu’on aura des recommandations agronomiques pour nous permettre de le faire. »

 Je le dis sans détour, de tels propos en 2017 m’apparaissent déphasés et d’une autre époque. Il suffit un tant soit peu de s’intéresser à l’agroalimentaire pour réaliser que les pesticides sont désormais pointés du doigt par tant de recherches qu’il n’est plus possible de nier leurs impacts sur la biodiversité et sur la santé humaine, des sols et de l’eau.

Seulement pour parler des néonicotinoïdes, le Groupe de travail sur les pesticides systémiques rendait public cette semaine une révision de plus de 500 études parues en trois ans. Le verdict est sans nuance. En plus d’être toxique pour les abeilles, cette classe de pesticide l’est pour certains invertébrés comme les vers de terre et pour les invertébrés aquatiques.

Je ne pointerai jamais du doigt un agriculteur pris dans une spirale dans laquelle les alternatives aux pesticides ne sont pas toujours accessibles, mais je ne mâcherai jamais mes mots devant des supposés leaders du monde agricole qui ne nous préparent pas pour demain en niant la science. Les pesticides sont des poisons auxquels nous devons collectivement trouver des alternatives.

À mon avis, il est temps de faire preuve de bon sens en bannissant en premier lieu les néonicotinoïdes au Canada. Le gouvernement Québécois doit dès maintenant faire preuve de courage en encadrant de façon stricte l’utilisation de pesticide. Ce resserrement ne pourra être viable qu’à la condition de développer des incitatifs et un soutien réel aux agriculteurs qui voudraient passer au bio.

Monsieur les leaders agricoles et gouvernementaux, en terme d’agroécologie, il est temps de se réveiller. Peut-être que si l’agriculture passait dans le ministère de la santé, il deviendrait évident « que ton aliment soit ton premier remède*».

 

Benoit Girouard, président Union paysanne

*Hippocrate, père de la médecine

Union paysanne

Projet de loi 122 : L’Union paysanne demande au gouvernement de ne pas contourner la CPTAQ

Lachute, 22 février 2017.  L’Union paysanne s’inquiète des suites qui seront données au projet de loi 122, actuellement à l’étude, et qui vise à augmenter l’autonomie et les pouvoirs des municipalités en tant que gouvernement de proximité. C’est la partie touchant la gestion du territoire agricole qui questionne.

Les agriculteurs et les ruraux, membres de l’Union paysanne, ont depuis longtemps débattu de ruralité. Le projet de loi 122 dans son ensemble nous apparaît donc être une excellente chose dans la régionalisation de la gouvernance. Par contre, l’article 185 du projet de loi 122 semble proposer un contournement de la CPTAQ, car il stipule que « le gouvernement peut en outre prévoir, par règlement, les cas où l’utilisation de lots à une fin autre que l’agriculture est permise sans autorisation de la Commission ».

Si l’Union paysanne a largement critiqué la CPTAQ par le passé, c’est d’abord en raison du fait que l’application de la Loi sur la Protection du Territoire Agricole et des Activités Agricoles (LPTAAA) manque d’hétérogénéité et du fait que ses décisions et son fonctionnement n’ont pas été adaptés à la transformation du modèle agricole québécois. Ce n’est donc pas tant le conducteur que nous critiquions, mais bien le véhicule. Pour l’Union paysanne, il demeure important de préserver le rôle de la CPTAQ, tout en appliquant une réforme à la LPTAA afin de l’adapter au 21e siècle.

Autant est-il nécessaire de protéger la zone verte, autant il devient impératif de se doter d’un cadre solide permettant d’assurer sa pleine mise en valeur. D’ailleurs, si le gouvernement s’était donné la peine de relire le rapport Pronovost, il y aurait trouvé des propositions ralliant potentiellement tous les acteurs.

C’est pourquoi nous recommandons au gouvernement qu’un comité, réunissant les acteurs du monde municipal, le gouvernement et les acteurs du monde agricole (Union paysanne, UPA, CEA), établisse une liste d’activités admissibles à certaines conditions dans la zone verte et ne nécessitant plus l’approbation préalable de la CPTAQ.

Cette liste pourrait notamment comprendre l’installation de certains types de fermes sur de petites superficies. Elle devrait être approuvée par le gouvernement tout en faisant l’objet d’un règlement liant la Commission et les instances municipales.

 Soulignons que même l’UPA se rallie à cet aspect dans son mémoire. L’Union paysanne s’attend à travailler de concert avec les acteurs du monde municipal et agricole afin de trouver un cadre qui pourrait nous permettre de non seulement occuper le territoire, mais d’y travailler et de l’habiter.

 

Pour lire le mémoire dans son entier: thumbnail of Mémoire Union paysanne-PL 122 vers3.doc

 

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Pour information :

Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante

Président Union paysanne                                                                Vice-président

450-495-1910                                                                                        581-888-0941

Ça suffit! L’Union paysanne s’adressera aux tribunaux

Lachute, 16 février 2017. Lors du conflit opposant l’UPA au gouvernement Libéral dans le dossier de la taxation foncière agricole, ce dernier a fait le choix de retourner à l’ancien programme (PCTFA) afin de mettre fin au dit conflit. En faisant ce choix, le gouvernement a donc rétabli l’obligation de payer la cotisation syndicale de l’UPA pour recevoir un remboursement de taxes foncières agricoles de l’état.

Pour le lecteur peu habitué au monde agricole, il faut savoir que plusieurs programmes de l’état sont liés à l’obligation de payer une cotisation syndicale à l’UPA ou ses filiales.

Vous ne les payez pas? Vous perdez votre subvention de l’état!

Comment est-ce possible dans un état de droit et démocratique? Eh bien en 1972, le Québec a donné le monopole de représentation à l’UPA. Ce cas unique dans le monde agricole a lentement dérapé, comme tout monopole, pour inclure des éléments de cogestion incestueux entre l’état et l’UPA.

Le cas précis du Programme de crédit de taxe foncière agricole (PCTFA) est plutôt intéressant. En 1995, le ministre péquiste Marcel Landry a lié le soutien de ce programme à l’obligation d’avoir payé la cotisation syndicale à l’UPA. La bâtonnière de l’époque, Jocelyne Olivier, a même pris la peine d’écrire ce qui suit au ministre

« Quelle autre association jouit d’un tel privilège? Dans ce contexte, cette disposition inusitée semble à la fois abusive et discriminatoire ».

Une accusation sérieuse qui aurait dû faire reculer le ministre de l’époque, mais Marcel Landry était en fait… un ex-employé de l’UPA1.

Ce système incestueux ne s’arrête pas là. Plusieurs programmes de la Financière agricole du Québec sont tributaires des paiements de prélevés et de cotisations aux syndicats de l’UPA. L’état ne peut être cogéré par un syndicat, organisme ou autre tiers. C’est un principe de droit et de démocratie élémentaire qui ouvre à des dérapages comme ceux connu dans le monde agricole québécois depuis 1972. Pour couronner en partie ce portrait, il faut savoir que les agriculteurs n’ont pas d’outils de contestation fonctionnels lors de conflits avec l’UPA et ses syndicats. Ce qui les laisse orphelins depuis trop longtemps.

« L’Union paysanne a négocié, travaillé, convaincu, ouvert des brèches et le gouvernement recule? Ça suffit! Nous ne retournerons pas en arrière. Je suis fatigué des tapes dans le dos, être député c’est représenter la démocratie», souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne.

Appel aux avocats et aux épris de justice

L’Union paysanne s’adressera donc aux tribunaux afin de délier tout soutien de l’état de la cotisation à l’UPA. Nous lançons un appel aux avocats, étudiants en droit, etc. qui seraient inspirés de prendre cette cause pro bono ou offrir des conseils. Déjà deux cabinets nous ont offert du temps de recherche juridique, ce qui pourrait en inspirer d’autres.

Le Québec est le seul endroit dans le monde où les agriculteurs subissent un tel régime inique. Si l’état ne peut offrir aux agriculteurs du Québec les mêmes droits que partout ailleurs dans le monde, ce sera aux tribunaux de les leur rappeler.

 

1 : Directeur régional, de 1986 à 1991, puis responsable de la formation et de la vie syndicale à l’Union des producteurs agricoles en 1991 et en 1992. Directeur régional du territoire Saint-Jean-Valleyfield en 1993 et en 1994.

 

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Pour information :

Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante
Président Union paysanne                                                                Vice-président
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L’Union paysanne invite ses membres et les agriculteurs concernés à ne pas bloquer les sentiers de motoneige.

Lachute, 30 janvier 2017.  L’Union paysanne invite aujourd’hui les agriculteurs concernés à ne pas bloquer le passage sur leurs terres agricoles. Consciente à la fois de la souveraineté d’un propriétaire terrien et de la générosité des agriculteurs, l’Union paysanne ne peut pourtant que condamner la tactique syndicale de l’UPA.

L’appel lancé par l’UPA, en plus d’être contre-productif, revient à prendre en otage une autre industrie qui a une grande proximité avec le monde agricole : le tourisme. Sans oublier que certains agriculteurs ont des activités agricoles hivernales à la ferme et qu’ils en seront aussi affectés.  « C’est la 3e fois en 12 ans que l’UPA utilise ce moyen de pression et le résultat s’est traduit à chaque fois par des échecs et aucun gain pour les agriculteurs» ajoute Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. Une fois le conflit terminé, ce sera encore aux agriculteurs sur le terrain à rebâtir les ponts et non au syndicat. Lire la suite

Union paysanne

Modification remboursement des taxes foncières agricoles

L’UPA ne dit pas tout aux agriculteurs

Lachute, 19 décembre 2016. L’Union paysanne a, dans les dernières semaines, consulté plusieurs agriculteurs, élus municipaux, fonctionnaires et anciens hauts fonctionnaires concernant les changements au programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) annoncés au printemps 2016 par le ministre Pierre Paradis. Il était devenu essentiel d’avoir une vision plus large en raison de l’importante variabilité des chiffres et de l’attitude pyromane de l’UPA. Des scénarios apparaissent désormais plus clairement.

  • Une classe d’agriculteurs sera favorisée par la réforme, soit celle ayant une forte proportion en bâtiment et moins de terre.
  • Les plus petits verront leur compte augmenter légèrement.
  • Les producteurs en grande culture ainsi que les grands maraîchers paieront la facture la plus importante.

Les producteurs traditionnels avec peu de sol comme le poulet, le dindon, les œufs de consommation et d’incubation, les serristes, les fermes porcines intégrées verront leur retour de taxe se bonifier. Le calcul est simple: l’ancien taux s’appliquant aux bâtiments étaient de 70 % et passera au taux uniformisé de 78 %. Même ceux cultivant un certain nombre d’hectares en plus de leur production sans sol verront tout de même une bonification ou un coût très faible.

Les plus petites fermes, celles qui ont un revenu de moins de 25 000 $ (30 % des fermes au Québec) verront vraisemblablement leur compte de taxe augmenter légèrement. Encore là, si elles possèdent des bâtiments et peu de surface agricole, c’est le contraire qui se passera.

Les fermes céréalières et maraîchères ayant beaucoup de superficie agricole, versus peu de bâtiment, verront leur compte de taxe ce hausser de façon notable en raison des modifications du taux progressif par un taux unique à 78 %. Selon quelques cas consultés, on parle de 2 à 3 $ / acre en plus. Multipliez par le nombre d’âcres et les montants sont substantiels. Oui, il faut tout de même mentionner que ces entreprises valent quelques millions.

Ici, il n’est pas question de simplifier à l’extrême les cas possibles sur les 26 000 fermes que compte le Québec réparties dans 900 municipalités, mais des lignes de force se dessinent et nous tenons à donner aux producteurs agricoles une information plus horizontale de la question que celle fourni par l’UPA. Le tableau est loin d’être celui dépeint par le syndicat qui oubli au passage de dire que les agriculteurs du Québec sont les plus soutenus en Amérique du Nord.

Si l’Union paysanne arrive à déchiffrer ces aspects du dossier de la réforme, il n’est pas pensable que l’UPA ne l’ait pas vu. Alors pourquoi ne pas en informer les producteurs? En agissant comme elle le fait et en personnalisant sa vindicte, elle se sort de l’échiquier politique. Dans une situation de monopole syndical ce sont les agriculteurs au final qui se retrouvent orphelins de représentation. L’Union paysanne tient donc à dénoncer vivement l’attitude de l’UPA dans ce dossier. Elle ne peut parler pour l’ensemble des agriculteurs.

L’Union paysanne reconnaît que nous, agriculteurs, avons été les premiers responsables de l’explosion du coût des terres. Ce régime a profité à tout le monde pendant 40 ans. Aujourd’hui, nous détruisons l’avenir de l’agriculture, l’avenir de notre relève agricole en planifiant à court terme et en considérant l’état comme une banque sans limite.Les trois scénarios que nous soulevons ne prennent même pas en compte que les fermes sous gestion de l’offre pourront intégrer les coûts dans leur coût de production ce qui encore une fois viendra amoindrir les impacts potentiels des changements.

L’Union paysanne tient à saluer la décision du ministre Paradis, révélée dimanche soir dans la Vie Agricole, de nommer un expert indépendant afin d’analyser les chiffres actuellement au cœur du conflit. « Le ministre Paradis peut compter sur notre collaboration afin de collaborer avec cet expert» souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Au-delà des disputes de chiffres, nous espérons rapidement rencontrer le ministre Paradis afin de travailler sur des aménagements possibles dans le nouveau PCTFA qui viendraient amoindrir l’impact sur certaines fermes» ajoute t’il.

L’Union paysanne dès le début 2017 invitera les municipalités rurales à adopter un taux de taxation distinct sur leur portion de territoire agricole. La ville de l’Assomption et de St-André d’Argenteuil viennent d’ailleurs de le faire en 2016. Cette disposition a toujours été disponible, mais peu utilisée en raison de la générosité du PCTFA. Ce programme a toujours été plus utilisé comme une subvention aux municipalités rurales, que comme une aide concrète pour les agriculteurs. En 2001, le PCTFA coûtait 65,875 M $. Cette année, il sera de 145,5 M $ et atteindra 168 millions en 2019. Un panier sans fond.

En terminant, les changements au PCTFA sont de l’ordre du rafistolage et de la fermeture d’un robinet, pas d’une réelle solution à long terme. Il est nécessaire que dès l’adoption d’une première politique agricole de trouver un nouveau cadre de taxation rural. « Les agriculteurs méritent d’avoir un réel budget consacré entièrement à l’agriculture et une taxation qui favorise le transfert et la création de fermes », ajoute Maxime Laplante, agronome et vice-président de l’Union paysanne. «Par ailleurs, les municipalités rurales doivent avoir un financement adéquat alors que les agriculteurs sont de moins en moins nombreux » précise t’il. C’est un beau casse-tête, mais l’Union paysanne travaillera du côté de la solution et de la concertation et non de la confrontation.

Pour plus d’informations:

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

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L’Union paysanne est une association d’agriculteurs et de citoyens qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

Modification des taxes foncières agricoles

Modification des taxes foncières agricoles : 2500 agriculteurs de plus soutenus par l’État et la cotisation à l’UPA déliée du programme.

Lachute, 27 octobre 2016 : L’Union paysanne est heureuse d’apprendre que 2500 fermes de plus seront soutenues par les modifications apportées par le MAPAQ au Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA). Même si cette protection supplémentaire ne se fera pas à coût nul, on peut globalement se réjouir. L’Union paysanne a eu la confirmation que le budget sera maintenu, voire augmenté, et qu’au final 2500 nouvelles fermes seront soutenues par le PCTFA.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) et le PQ crient que certains agriculteurs verront leur compte de taxes augmenter? Ce sera effectivement le cas. Le MAPAQ estime que 50 % des augmentations seraient de moins de 300 $. Dans un souci d’équité entre les agriculteurs et de bien commun, il est surprenant de voir l’UPA se fâcher ainsi. Ce sont pourtant les mêmes fondements de la mise en marché collective qui devraient s’appliquer ici.

Loi 85

L’autre nouveauté du programme, qui explique peut-être plus la hargne actuelle de l’UPA contre les changements au PCTFA, est que l’obligation d’avoir cotisé à l’UPA ne sera plus liée au programme. Donc, si un agriculteur décide de boycotter sa cotisation à l’UPA, il recevra son remboursement. Si cela a du sens pour le commun des démocrates qu’on ne peut lier une cotisation syndicale avec le soutien de l’État, eh bien ce n’était pas le cas en agriculture au Québec.

En 1995, Marcel Landry, ministre péquiste de l’agriculture et ancien employé de l’UPA1, a mis en place la loi 85 obligeant les agriculteurs à payer leur cotisation à l’UPA s’ils voulaient obtenir le soutien de l’État. Une forme de relation incestueuse entre l’État et un syndicat. La bâtonnière de l’époque avait d’ailleurs écrit au ministre Landry pour lui dire que cette disposition de la loi était discriminatoire et abusive2.

Alors voilà que les changements au programme, en plus d’élargir la protection à des milliers de fermes, rétablira en partie le droit et la démocratie pour les agriculteurs. « L’Union paysanne a travaillé fort depuis 10 ans afin que la justice soit rétablie dans l’administration de ce programme, c’est un premier pas », souligne Benoit Girouard, président de l’organisation. « Maintenant nous demandons la même chose pour les programmes de la Financière agricole qui sont encore liés aux cotisations de l’UPA ou ses fédérations», mentionne Maxime Laplante, vice-président du mouvement paysan.

En terminant, l’Union paysanne est d’accord avec l’UPA sur le fait que la structure de ce programme est un gouffre financier sans fond qui devra être revu. Nous demandons d’ailleurs au ministre Paradis, après l’adoption de la politique bioalimentaire, de convoquer les organismes agricoles et municipaux autour d’une table afin de revoir ce programme de fond en comble. Notre organisation espère proposer des avenues qui ouvriront à un financement plus équitable de l’agriculture.

1. Marcel Landry, directeur régional UPA de 1986 à 1991, ensuite responsable vie syndicale 1991-1992, puis Directeur régional UPA Saint-Jean-Valleyfield 1993-1994. 21 février 1994: Élu député du Parti québécois dans Bonaventure à l’élection partielle. 26 septembre 1994: nommé ministre de l’agriculture.
2. Lettre au ministre Landry de la bâtonnière de l’époque à l’égard du projet de loi 85.

Pour plus d’informations:

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

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L’Union paysanne est une association d’agriculteurs et de citoyens qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

Remboursement taxes foncières agricoles… vs UPA

Modification des conditions de remboursement des taxes foncières agricoles

logo-lva-facebookÇa semble se confirmer, il ne serait plus nécessaire de cotiser à l’UPA pour obtenir le remboursement de taxes foncières agricoles. Selon un texte du journal La Vie Agricole, les deux conditions exigées pour obtenir un crédit de taxes foncières seraient les suivantes : être enregistré au MAPAQ et être en zone agricole.

Rappelons que cette obligation avait été mise en place en 1995 par un ex-employé de l’UPA devenu ministre, Marcel Landry. Le Barreau de l’époque avait écrit au ministre et dénoncé ce qui était une cogestion de l’État entre un syndicat et un ministère. On peut penser bien des choses du ministre Pierre Paradis… mais il l’a fait.

Pour consulter le texte complet de La Vie Agricole.

Sirop d’érable : L’UPA prend le contrôle du sirop d’érable des québécois.

Lachute, 09 juin 2016. La nouvelle est tombée hier, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, donne à un syndicat de l’UPA le droit de contrôler 5 millions d’entailles supplémentaires dans le sirop d’érable en plus du droit de fixer elle-même les hausses de quota des années à venir. Cela revient donc à donner le contrôle complet d’un secteur alimentaire à un syndicat déjà en situation de monopole. Ici le Québec peut être fier il n’a rien à envier aux régimes totalitaires. Lire la suite

Un rapport sur la relève agricole qui commande des actions

Lachute, 27 avril 2016. Certains avaient reproché à la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec de ne pas avoir assez traité de la relève agricole dans son rapport de 2007. Et bien, Jean Pronovost vient de boucler la boucle avec succès. Le rapport « À l’écoute de la relève agricole », sorti hier, fait le tour des questions qui préoccupent les jeunes de la relève agricole. Prix des terres, transfert familial, gestion de l’offre, accès au territoire, financement, plan conjoints, etc. Lire la suite