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Marie-Josée Renaud

L’Union paysanne prend de l’ampleur

Lachute, 24 janvier 2017. L’Union paysanne est fière d’annoncer l’embauche de Marie-Josée Renaud à
titre de coordonnatrice générale de l’organisation et de Stéphanie Wang au poste de coordonnatrice-volet international.

Marie-Josée Renaud

Marie-Josée Renaud est bachelière en sciences politiques et détient également une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. Impliquée dans le milieu associatif depuis plus de 10 ans, elle a cofondé et dirigé l’organisme Craque-Bitume, bien connu à Québec pour son travail en écologie urbaine. « L’Union paysanne était un choix naturel considérant ma sensibilité à la souveraineté alimentaire et aux organismes portant des valeurs sociales fortes », souligne Marie-Josée Renaud. Elle sera responsable de l’administration générale de l’organisation, de la coordination des bénévoles et de la recherche de financement.

 

Stéphanie Wang

Stéphanie Wang est impliquée à l’Union paysanne depuis bientôt cinq ans, on lui doit d’avoir structuré le volet international de l’organisation. Elle a réalisé sa recherche de maîtrise de sociologie, sur les lois agricoles québécoises, auprès de l’Union paysanne. Elle coordonnera le travail de l’Union paysanne au niveau canadien, nord-américain et international avec La Via Campesina en plus de recruter des formateurs et jeunes québécois pour des mandats de formations à l’étranger dans le cadre d’un partenariat  avec L’Œuvre Léger.  Elle quittera par ailleurs ses fonctions au conseil de coordination afin de se consacrer à son nouveau poste.

L’ajout de ses deux salariées permettra à l’organisation d’étendre et de consolider ses actions. « 2017 sera une année de croissance pour notre mouvement » prévoit Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Nous sommes sollicités de toutes part. et l’embauche de deux femmes de terrain nous permettra d’agrandir nos actions. Les agriculteurs recherchent une alternative syndicale et les citoyens veulent voir le modèle agricole refléter les valeurs de l’agroécologie. C’est ce que propose l’Union paysanne», ajoute t’il.

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Pour information :

Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante
Président Union paysanne                                                                Vice-président
450-495-1910                                                                                      418-926-2473

Agroécologie : la voie paysanne

Du 11 au 13 juin 2015, des délégués paysans d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques se sont réunis à Cantabria, dans une magnifique région montagneuse du nord de l’Espagne, pour une première réunion de travail du réseau des écoles d’agroécologie du mouvement paysan international La Via Campesina.

 

Lors de la rencontre, chaque délégué a présenté les écoles d’agroécologie de sa région en décrivant notamment le type de cours offerts, la philosophie et les méthodes pédagogiques privilégiées, les résultats accomplis et les défis. Les faiblesses, menaces, forces et opportunités de l’agroécologie ont également été discutées. Le principal résultat de la rencontre est un accord autour de la proposition de créer un groupe de travail « écoles d’agroécologie et articulation des processus de formation » au sein du collectif international d’agroécologie et semences paysannes de La Via Campesina. Chaque région désignerait une personne qui participera à ce nouveau groupe de travail. Cette proposition sera acheminée au Conseil de Coordination International (CCI) de La Via Campesina par les deux membres de la CCI qui participent au collectif international d’agroécologie et semences paysannes.

 

Aux quatre coins du monde, les écoles d’agroécologie initiées par des organisations membres de LVC misent sur la formation politique et technique, la méthodologie de paysan-à-paysan ainsi que la revalorisation de la paysannerie et son savoir-faire pour transformer le modèle agricole dominant. En tant que membre de La Via Campesina (LVC), qui signifie en espagnol « La voie paysanne », l’Union paysanne soutient l’intégration du Centre paysan au réseau des écoles d’agroécologie. Le Centre paysan vient d’annoncer sa première offre de formations depuis sa remise sur pied en mai 2014 sous forme de coopérative de solidarité. En tant que membre de l’Union paysanne et du Centre paysan, j’ai eu l’opportunité de représenter les deux organisations à la réunion, de présenter le travail du Centre paysan et de partager notre enthousiasme à l’idée de rejoindre ce réseau qui ne cesse de grandir. J’ai également présenté les projets d’agroécologie inspirants que mènent actuellement des organisations membres de LVC aux États-Unis.

 

Aux quatre coins du monde, les écoles d’agroécologie initiées par des organisations membres de LVC misent sur la formation politique et technique, la méthodologie de paysan-à-paysan ainsi que la revalorisation de la paysannerie et son savoir-faire pour transformer le modèle agricole dominant. Le but de LVC et de ses écoles est véritablement de soutenir l’émergence et le maintien des fermes paysannes et agroécologiques afin que leur contribution à nourrir la population mondiale et à préserver les ressources comme la terre, les semences, l’eau et la diversité biologique soit reconnue comme essentielle et donc soutenue adéquatement par des politiques publiques en vue de réaliser la souveraineté alimentaire. Bref, ces écoles sont en quelque sorte le bras éducationnel d’organisations paysannes travaillant au niveau politique et populaire à l’obtention du cadre (législatif, politico-économique, social, culturel) le plus favorable au maintien et à l’essor de la paysannerie.

 

À l’époque, tout syndicat agricole avait ses « agitateurs » qui parcouraient les villages, convoquaient et animaient des assemblées publiques pour créer une masse critique influente autour d’enjeux affectant les agriculteurs et leurs familles. Aujourd’hui, les syndicats agricoles canadiens démontrent une excellente analyse des politiques publiques, et si leur influence, c’est-à-dire leur capacité et efficacité de lobby, auprès des dirigeants politiques varie d’organisation en organisation, la tendance généralisée est à la baisse du nombre d’agriculteurs et donc au rétrécissement de la base des organisations agricoles.

 

En revalorisant la paysannerie et le partage horizontal de savoirs-faire traditionnels et innovants, l’agroécologie paysanne construit un mouvement exponentiel et organisé de paysans-formateurs. Mais avec la vague de « repaysannisationi » qui déferle à l’échelle mondiale depuis quelques années, où de plus en plus de jeunes et nouveaux agriculteurs reviennent à la terre en quête d’autonomie, la base potentielle s’élargit de nouveau. Cependant, si la culture politique et organisationnelle n’est pas transmise, elle se perd dans le vide intergénérationnel creusé entre des agriculteurs majoritairement âgés d’une cinquantaine d’année et des « néo-agriculteurs » qui ont en moyenne 38 ans et n’ont pas grandi sur une ferme (68%)ii. L’enseignement de l’agroécologie paysanne telle que portée par les organisations et écoles de LVC fait une place centrale à la mémoire, l’histoire, les leçons et la culture des luttes menées, gagnées ou perdues, des politiques et de leurs impacts, des pédagogies de sensibilisation et de conscientisation populaires, de l’organisation du travail coopératif, communautaire et syndical.

 

Aux côtés des formations axées uniquement sur les connaissances techniques, la spécificité des écoles d’agroécologie de LVC est donc notamment d’offrir un volet de formation politique visant à former des acteurs de changement dans la société, et plus spécifiquement des leaders et organisateurs rassembleurs dans leurs communautés et leurs organisations paysannes. Ce processus de transformation social est fondé sur la méthodologie de paysan-à-paysan qui rompt complètement avec les modèles imposant des savoirs de l’extérieur et/ou d’en-haut aux individus, par la professionnalisation des formateurs et/ou la hiérarchie des savoirs. En revalorisant la paysannerie et le partage horizontal de savoirs-faire traditionnels et innovants, l’agroécologie paysanne construit un mouvement exponentiel et organisé de paysans-formateurs.

 

Le modèle d’agroécologie développé par l’organisation paysanne cubaine ANAP a fait ses preuves et continue d’inspirer les nouvelles écoles du réseau des écoles d’agroécologie de LVC. En 2013, l’Union paysanne a envoyé 7 délégués à la rencontre internationale d’agroécologie bi-annuelle de l’ANAP, suivie d’une formation de La Via Campesina sur la méthodologie de paysan-à-paysan. Le comité international de l’Union paysanne s’apprête, en collaboration avec le Centre paysan, à y envoyer une nouvelle délégation cet automne et nous espérons avoir des représentants de toutes les régions du Québec. Restez à l’affût!

 

En savoir plus

 

Références

i : Lecture sur le sujet:  Van der Ploeg Jan Douwe (2014). Les Paysans du XXIe siècle: Mouvements de repaysannisation dans l’Europe d’aujourd’hui. ECLM,  214 pages.

ii : Ces chiffres sont le résultat d’un sondage effectué par la Coalition pancanadienne pour les nouveaux fermiers et les nouvelles fermières qui fut circulé aux membres de l’Union paysanne et à laquelle l’aile jeunesse de l’Union paysanne participe. Pour en savoir plus sur leur démarche : nfu.ca/blog/new-farmer-coalition-survey

 

SW photo spain

par Stéphanie Wang
Membre du Comité international de l’Union paysanne
Membre du Conseil d’administration du Centre paysan