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Fais du feu dans la… cabane à sucre!

Petit redoux en janvier! C’est l’heure de la coulée! Certains acériculteurs québécois bouillent déjà de l’eau d’érable pour mieux nous sucrer le bec! C’est au cours de cette étape que le sirop développe son potentiel d’arôme et de couleur pour en faire un produit unique! Lire la suite

Union paysanne

Sirop d’érable : 1000 entreprises ne verront pas le jour

Lachute, 18 octobre 2016 : La semaine dernière, la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) annonçait en grande pompe la création de 200 nouvelles entreprises…par tirage au sort. Si le fait de tirer au sort une place en agriculture vous déroutent, sachez que c’est une façon de faire fréquente parmi les cartels agricoles. Alors que le Québec manque supposément d’agriculteurs, voilà que les syndicats de l’UPA font tirer des places dans le secteur des œufs, du lait, du poulet et du sirop. « Manque-t-on d’agriculteurs ou plutôt manque-t-on de places pour la relève agricole », souligne Maxime Laplante, vice-président de l’Union paysanne.

Pourtant la FPAQ a dévoilé que 1200 personnes ont appliqué pour participer aux tirages. 1200 personnes prêtes à démarrer une nouvelle entreprise. Connaissez-vous un secteur semblable au Québec? « La vraie nouvelle n’est donc pas que 200 personnes ont gagné un tirage, mais plutôt que 1000 entreprises ne verront pas le jour en raison du système mis en place par la FPAQ », ajoute Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. Certains entrepreneurs attendaient depuis 9 ans. Ces 1000 entrepreneurs auraient pu lancer leur entreprise depuis 10 ans s’ils avaient habité les autres provinces canadiennes ou aux États-unis. « 1000 nouvelles entreprises c’est plusieurs milliers d’emplois rattachés », évalue Maxime Laplante, vice-président de l’Union paysanne. Le plus ridicule dans tout cela c’est que la FPAQ, il y a quelques semaines, a dû importer 6 millions de livres de sirop d’érable biologique des Etats-Unis, car son entrepôt était à sec. Tout cela alors qu’un millier de fermes ne peuvent être mise sur pied.

Des 5 millions d’entailles disponibles seulement 40 000 entailles étaient destinées à la relève agricole, une honte. Pendant ce temps, Samuel Sioui, un jeune amérindien venu de Wendake, demandait un contingent de 15 000 entailles en terres publiques. Il n’a pas gagné. Il lui sera donc impossible de faire ce que ses ancêtres ont enseigné aux colons blancs. Un amérindien privé de sa capacité d’opérer une sucrerie sur des terres qui étaient autrefois les siennes, on ne peut tomber plus bas.

Selon les dires du ministre Pierre Paradis, la FPAQ l’avait assuré qu’il y aurait du quota pour tout le monde. C’était une promesse faite dans la crainte de voir le rapport Gagné appliqué. Rapport qui demandait de mettre fin aux quotas et de revoir des aspects de la mise en marché collective. Aujourd’hui le résultat est éclatant. Il n’y aura pas de quota pour tout le monde et la majeure partie des 5 millions d’entailles accordées par la Régie des marchés agricoles a été redistribuée entre les mains de ceux qui en avaient déjà. En ce sens c’est le même scénario vécu dans le lait, les œufs, le poulet. Lorsqu’il y a des quotas disponibles ils sont avant tout répartis entre les mains de ceux qui en possèdent déjà, augmentant par le fait même l’effet de cartellisation du système et laissant la relève agricole sur le banc de touche.

Rappelons que tout ce système de quotas a été imposé il y a 10 ans sans référendum préalable auprès des acériculteurs. Un premier rapport (Bolduc) remettait en cause la clarté des rencontres tenues par la FPAQ et sa volonté à imposer son système de quotas. Le fonctionnaire en question avait été remercié peu après en raison des pressions de la FPAQ. Un deuxième rapport, commandé l’an passé par le ministre Paradis, est venu redire en somme les conclusions du premier. Le secteur de l’Érable fonce dans un mur. Il a perdu plus de 10% de ses parts sur le marché mondial et cette tendance devrait se poursuivre.

Il est minuit moins une pour agir. Le rapport Gagné doit être appliqué. L’Union paysanne demande donc au ministre Pierre Paradis de tout faire ce qui est en son pouvoir afin de permettre aux 1000 entreprises bloquées par la FPAQ d’être crées. Ce sont environ 3000 emplois de PME, en régions, axés sur les marchés de niche et qui profiteraient à l’ensemble de la société québécoise. Avons-nous le luxe de nous en passer?

Pour plus d’informations:

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

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Sirop d’érable : 1000 entreprises ne verront pas le jour

L’Union paysanne est une association d’agriculteurs et de citoyens qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

Sirop! C’est un cartel!

23 février 2016, Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), dans une récente lettre d’opinion, s’est porté à la défense du cartel mis en place en acériculture par l’un de ses syndicats. Il y va d’une mauvaise comparaison pour parler d’exception agricole alors qu’il faudrait surtout parler d’exception québécoise. Nul part ailleurs dans le monde il est pensable de voir un syndicat, en situation de monopole, prendre le contrôle de tout un secteur agricole. Lire la suite

UnionPaysanneAlliance

Sirop d’érable : Deux rapports, même conclusion. Les acériculteurs sont attachés.

Lachute, 17 février 2016. L’UPA et la Fédération des Producteurs Acéricoles du Québec (FPAQ) ont manifesté hier leur grogne envers le rapport Gagné, comme elles l’ont fait avant avec les rapports Bolduc, Pronovost, St-Pierre, etc.

Oui, selon l’étude commandée par la FPAQ elle-même (Rapport Forest-Lavoie, 2014), le Québec a bel et bien perdu 10% du marché mondial. […] Pendant ce temps, la FPAQ poursuit en justice tous ceux qui contournent son système et replonge le Québec dans des scénarios dignes du rideau de fer. C’est à se demander quelle mouche a piqué l’UPA alors que le rapport Gagné est en fait peu applicable à moins de modifier la Loi sur la mise en marché des produits agricoles. Des modifications qui sont justement demandées par tous les rapports des quinze dernières années et par un grand nombre d’agriculteurs. Malheureusement, l’UPA tient à son monopole sur la production agricole, ce qui complique toute évolution.

Les faits contenus dans le rapport Gagné sont aussi clairs que ceux du précédent rapport Bolduc; deux rapports, deux constats identiques : La FPAQ manque à ses devoirs de démocratie. De plus, il y a un manque d’équilibre entre les pouvoirs conférés aux syndicats agricoles et la liberté des agriculteurs à être maîtres de leur entreprise.

Oui, selon l’étude commandée par la FPAQ elle-même (Rapport Forest-Lavoie, 2014), le Québec a bel et bien perdu 10% du marché mondial. De plus, dans le cadre des consultations, plusieurs analystes ont évoqué une perte de 10% supplémentaire si un virage n’était pas pris. Cela représente exactement les prévisions formulées par l’Union paysanne au début des années 2000. Pendant ce temps, la FPAQ poursuit en justice tous ceux qui contournent son système et replonge le Québec dans des scénarios dignes du rideau de fer.  Les producteurs ne cessent de répéter qu’ils ont peur de la Fédération.

La FPAQ n’a procédé à aucun référendum auprès des producteurs pour mettre en place son plan conjoint. Pourtant, comme le relatait le rapport Bolduc, les rencontres régionales de l’époque furent entachées d’irrégularités.

Mise sous tutelle

Alors qu’une étude interne à la FPAQ démontre que plus de 3000 acériculteurs sont insatisfaits de son travail, la Régie des marchés agricoles devrait agir. À moins de correctifs importants, qui ont été demandés à plusieurs reprises à la FPAQ, il serait justifié de mettre le plan conjoint acéricole sous tutelle. Alors qu’une étude interne à la FPAQ démontre que plus de 3000 acériculteurs sont insatisfaits de son travail, la Régie des marchés agricoles devrait agir. À moins de correctifs importants, qui ont été demandés à plusieurs reprises à la FPAQ, il serait justifié de mettre le plan conjoint acéricole sous tutelle.

Les tentatives de la FPAQ, visant à faire croire que sans sa main de fer la situation serait pire et que le marché serait un fouillis, ressemble à une campagne de peur d’un syndicat pris de panique. En 2016, nous devons dénoncer ce manque de confiance dans la liberté des acériculteurs du Québec à déterminer leur façon de gérer leur entreprise. Non, ce n’est pas au syndicat à contrôler ce qui est bon pour un agriculteur.

L’Union paysanne réitère sa confiance dans les conclusions du rapport Gagné et demande au ministre Paradis d’agir afin de redonner aux acériculteurs du Québec le contrôle de leur entreprise.

 

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{slider Pour information}

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
 
Daniel Gaudreau
Représentant comité-acéricole
819-657-4528

{slider À propos de l’Union paysanne}

L’UNION PAYSANNE a pour but de regrouper en une force collective organisée et représentative tous ceux qui sont en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes.

Elle préconise une agriculture axée, d’une part sur la souveraineté alimentaire, en vue de procurer à notre population une nourriture saine et diversifiée, dans le respect de la nature, des sols, des animaux, de l’environnement et des communautés; d’autre part, sur l’occupation du territoire, de façon à assurer le maintien de campagnes vivantes avec des paysans nombreux.

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UnionPaysanneAlliance

Rapport Gagné sur le secteur acéricole : l’Union paysanne enthousiaste

Lachute, jeudi 11 février 2016 : L’Union paysanne accueille avec joie le dévoilement, ce midi, du rapport Gagné sur l’industrie du sirop d’érable. Il s’agit d’un rapport très attendu par l’Union paysanne qui fut la toute première organisation à sonner l’alarme sur les dérives du système mis en place par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ).

« Il y a ce qu’il faut pour ramener la paix dans les érablières face au régime de peur créé par la FPAQ depuis le début des années 2000 » À la lecture des 21 recommandations formulées par Florent Gagné, l’Union paysanne constate qu’il a su saisir l’essence des problèmes en proposant des mesures qui, une fois appliquées, devraient ramener le secteur acéricole québécois dans sa position dominante au plan mondial. De plus, dans les recommandations faites, « il y a ce qu’il faut pour ramener la paix dans les érablières face au régime de peur créé par la FPAQ depuis le début des années 2000 », souligne Daniel Gaudreau, acériculteur et représentant du secteur acéricole à l’Union paysanne.

L’Union paysanne demande d’ailleurs à la FPAQ, dans un geste de bonne volonté, d’abandonner toutes les poursuites contre des producteurs acéricoles du Québec qui ont simplement tenté de vivre de leur métier dans un système hermétique. « Ces acériculteurs ne sont pas les bandits que la FPAQ a tenté de faire croire, mais plutôt les canaris qui au fond des mines témoignent de l’air vicié », conclut Daniel Gaudreau.

« Ces acériculteurs ne sont pas les bandits que la FPAQ a tenté de faire croire, mais plutôt les canaris qui au fond des mines témoignent de l’air vicié. » De la conférence de presse du ministre Pierre Paradis, l’Union paysanne retient qu’il a réitéré qu’il n’a pas l’habitude de tabletter les rapports qu’il a commandés. Après un premier rapport sur la problématique acéricole qui fut tabletté, le rapport Bolduc, un second rapport présenté aujourd’hui va, encore une fois, dans le sens des recommandations faites par l’Union paysanne. « Le ministre Pierre Paradis a maintenant la chance de réécrire une toute nouvelle finale ou plutôt un nouveau début pour l’un des fleurons du Québec », souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Le rapport Gagné s’inscrit dans la continuité des rapports Bolduc, Pronovost, St-Pierre et Ouimet qui ont tous demandé depuis 13 ans un rééquilibrage des forces en agriculture afin de redonner aux agriculteurs québécois le contrôle de leur ferme et de ce qu’ils produisent », ajoute-t-il.

Les producteurs acéricoles québécois sont à la fois des artisans et des chefs d’entreprises. Il est clair que le système actuel est exagérément contraignant et qu’il a menotté les producteurs du Québec vs ceux des autres provinces et des États-Unis. En attendant le travail à venir, l’Union paysanne se contente aujourd’hui de se réjouir devant l’horizon qui se dégage à nouveau pour les érablières du Québec.

 

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Benoit Girouard
Président Union paysanne
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Daniel Gaudreau
Représentant comité-acéricole
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{slider À propos de l’Union paysanne}

L’UNION PAYSANNE a pour but de regrouper en une force collective organisée et représentative tous ceux qui sont en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes.

Elle préconise une agriculture axée, d’une part sur la souveraineté alimentaire, en vue de procurer à notre population une nourriture saine et diversifiée, dans le respect de la nature, des sols, des animaux, de l’environnement et des communautés; d’autre part, sur l’occupation du territoire, de façon à assurer le maintien de campagnes vivantes avec des paysans nombreux.

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Soyez subversif… jardinez!

Au Québec, comme dans beaucoup de pays riches, me croiriez-vous si je vous disais que rien n’est plus subversif que de faire son jardin ou élever quelques animaux? Ça l’est peut-être encore plus au Québec qu’ailleurs. Alors qu’il n’y a rien de plus fondamental que la capacité de produire sa nourriture, le Québec est un peu le rideau de fer d’Amérique du Nord. Pourquoi? Lire la suite

Sirop d’érable: Des gardiens de la GARDA sur des fermes

Lachute, mardi 31 mars 2015. À l’aube de l’ouverture de la saison de l’érable, un climat de peur s’est installé en acériculture au Québec et ce n’est pas en raison du climat. Des reportages ont montré encore une fois hier que la Fédération des producteurs acéricoles du Québec fait la loi dans les érablières. S’appuyant sur des lois immorales, la FPAQ a placé, sur des entreprises acéricoles familiales, des gardiens de la compagnie Garda afin de veiller à ce que les fermes respectent les règlements du syndicat. Sommes nous rendu au temps de la prohibition syndicale?

« C’est honteux, une comédie! La population québécoise doit savoir aujourd’hui qu’un syndicat a pris le contrôle du sirop d’érable québécois et force l’ensemble des acériculteurs à se conformer à des règles dignes du rideau de fer », affirme Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. Que des entreprises familiales et des coopératives aient depuis 150 ans commercialisé le sirop d’érable directement avec des acheteurs et avec la population, ça ne compte plus. Depuis 10 ans, en toute légalité, le sirop d’érable du Québec se retrouve être la propriété d’un syndicat, avec la bénédiction des lois agricoles.

« Maintenant qu’on a perdu 10% du marché mondial, que des entreprises transfèrent aux États-Unis, qu’on se fait intimider à coups d’avocats et qu’on est plus chez nous dans nos érablières, est-ce que le ministre Paradis va saisir qu’il y a urgence d’agir? », ajoute Daniel Gaudreau, représentant acéricole de l’Union paysanne.

En 2015, la FPAQ s’est promis de donner un grand coup en terme de poursuite face aux acériculteurs qui ne veulent pas rentrer dans le rang et elle tient parole. « La commercialisation des produits agricoles contrôlée par un syndicat en situation de monopole ça ne vous rappelle pas l’Union soviétique? », ajoute Maxime Laplante, vice-président de l’Union paysanne.

Depuis 10 ans, les griefs contre la FPAQ et son agence de vente obligatoire s’accumulent. Les producteurs acéricoles n’arrivent toujours pas à se faire payer en entier. « Il faut le dire et le redire; quel entrepreneur accepterait année après année de ne pas être payé en entier? », ajoute Daniel Gaudreau. C’est ce qui explique pourquoi un très grand nombre de producteurs acéricoles contourne cette agence de vente. Il y a ceux qui se font prendre et ceux qui ne se sont pas encore fait prendre. Ce que la FPAQ taxe d’illégalité est en fait le commerce normal. « Qui accepterait de voir un syndicat contrôler le produit qu’il a fait, choisir à qui le produit sera vendu et ne pas être payé au complet? » ajoute Maxime Laplante.

Le rapport Pronovost n’avait-il pas demandé au gouvernement de revoir la loi sur la mise en marché agricole, en soulignant que dans le cas des agences de vente « Il s’agit, dans les faits, d’un monopole, d’un cartel organisé par une loi » ?

L’Union paysanne, de façon urgente,  demande au ministre de l’Agriculture Pierre Paradis d’agir. Nous sommes en 2015 et nous continuons d’appliquer en agriculture au Québec des règles des années 70 issues d’un concept honteux de monopole. Le garde-manger des Québécois est bel et bien contrôlé par un syndicat qui laisse les agriculteurs sans défense.à

 

Nous réitérons donc notre demande au ministre Pierre Paradis de…

  • déclencher dans les plus brefs délais une enquête sur l’agence de vente de la FPAQ afin de déterminer si, dans sa structure actuelle, elle nuit à la pérennité du secteur acéricole

et, durant le temps de l’enquête, de…

  • surseoir à toutes les poursuites et enquêtes amorcées par la FPAQ contre des producteurs acéricoles.

 

Pièce-jointe (et pour en savoir plus) : com-up_2015-03-31_sirop.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

Sirop d’érable: L’Union paysanne demande une enquête au ministre Paradis.

Lachute, lundi 9 février 2015. Le 27 janvier dernier, l’Union paysanne a émis un communiqué dénonçant le rôle de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) dans l’érosion de la place du sirop d’érable québécois sur les marchés mondiaux.  À la suite de ce communiqué, nous avons reçu plus d’une cinquantaine de témoignages, certains troublants, venant confirmer le mauvais climat qui prévaut dans l’industrie de l’érable. Les faits rapportés renforcent la prévision de perte accrue de marché dans les années à venir.

L’enjeu est de taille. « S’il s’avère que l’agence de vente de la FPAQ est responsable de la perte des marchés acéricoles du Québec, le ministre Pierre Paradis devra bouger » souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne.

Depuis plus de 10 ans, les griefs contre la FPAQ et son agence de vente s’accumulent, les pertes de marché aussi. Les producteurs acéricoles n’arrivent toujours pas à se faire payer en entier et le nombre d’entreprises qui transfèrent aux États-Unis ou dans les provinces voisines est en croissance. « Quel entrepreneur accepterait année après année de ne pas être payé en entier », ajoute Daniel Gaudreau représentant de l’Union paysanne acéricole. En acériculture au Québec, ça dure depuis 10 ans. C’est ce qui explique pourquoi un très grand nombre de producteurs acéricoles contournent l’agence, un peu, beaucoup, passionnément.

Si on ajoute que les fabricants de matériel acéricole font des affaires d’or à l’extérieur du Québec en raison de la croissance des marchés de production, de transformation et de distribution, que le Nouveau-Brunswick a débloqué 1000 hectares par année en forêt publique pendant quatre ans pour l’ajout de nouvelles entailles, que les États-Unis donnent accès à des subventions pour le développement de nouvelles érablières, on comprend alors que la situation ne va pas s’améliorer. Ajoutez à tout cela la mauvaise stratégie de prix artificiellement élevés de la FPAQ et vous vous assurez de poursuivre la dégringolade de notre fleuron alimentaire québécois.

Rien de tout cela n’est caché, les analyses et commentaires du Conseil de l’industrie de l’érable, les chiffres du rapport Fortin-Lavoie, les avis de ceux s’occupant du financement d’entreprise acéricoles, etc. 10 années d’avis, de signaux du marché et pourtant rien ne bouge.

L’Union paysanne demande donc officiellement au ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, de…

A. Déclencher dans les plus brefs délais une enquête sur l’agence de vente de la FPAQ afin de déterminer si, dans sa structure actuelle, elle nuit à la pérennité du secteur acéricole.

L’Union paysanne demande à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec…

B. de confier l’application du plan conjoint de la FPAQ à un comité de 4 personnes provenant du secteur de la production, des producteurs-transformateurs, de la transformation et de la distribution comme le lui permet l’article 38 de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche * (Cette recommandation avait déjà été faite en 2005 dans le rapport Bolduc)

Durant le temps de l’enquête, nous demandons à la RMAAQ de…

C. surseoir à toutes les poursuites et enquêtes amorcées par la FPAQ contre des producteurs acéricoles.

Nous demandons également au ministre Pierre Paradis, en raison de l’implication active qu’elle a eue dans le fiasco Colbex-Levinoff et dans l’implantation de l’agence de vente de la FPAQ, que…

D. Françoise Gauthier, présidente de la RMAAQ et ex-ministre de l’Agriculture, ne siège plus dans aucun dossier concernant l’acériculture ou le secteur bovin.
E. Qu’une enquête interne au MAPAQ détermine les raisons du départ de Normand Bolduc, ex-président de la Table filière acéricole dont le rapport fut mis de côté par Françoise Gauthier alors qu’il avait été appuyé par l’ensemble de la filière hormis la FPAQ.

Finalement, à la lumière des déboires de la Fédération des producteurs de bovins du Québec dans le dossier Colbex-Levinoff et de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec dans le sirop d’érable, l’Union paysanne demande au ministre Pierre Paradis de :

F. Mettre sur pied un comité qui verra à déterminer si la RMAAQ ne manque pas d’outils afin de jouer efficacement son rôle de garde-fou du secteur agricole et alimentaire du Québec.

Dans l’attente des actions du ministre Paradis, l’Union paysanne soutiendra dans les semaines à venir le développement de sa branche acéricole afin de regrouper un maximum d’acériculteurs dans une force organisée et active.

 

Pièce-jointe : com-up_2015-02-09_Sirop.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 


 

 

Aide-mémoire

«Ce qu’il faut savoir cependant, c’est que depuis des mois,  l’entourage de la Ministre elle-même nous incite à manifester et à étirer les procédures en prévision de «changements qui ne sauraient tarder». Des producteurs se  sont fait conseiller de ne pas payer les pénalités qu’on leur réclame ou de faire remettre leur comparution. Pour justifier ces délais, on nous a annoncé la nomination imminente d’un nouveau président et de nouveaux régisseurs à la Régie des marchés. La Ministre Gauthier elle-même, lors d’un souper-bénéfice, a encouragé un groupe de producteurs à manifester pour lui permettre de justifier une intervention. Mais il ne se passe toujours rien, bien au contraire,  et nous risquons tous d’écoper pour avoir obéi à ces promesses. Extrait, lettre au Premier ministre Jean Charest,  Union paysanne acéricole, 17 septembre 2004.

  • Au Québec, le potentiel de production est évalué à près de 100 millions d’entailles, soit presque 2,5 fois le nombre d’entailles actuel. Cependant, il y a lieu de noter que le potentiel de développement est encore plus grand du côté américain, où il est estimé à près de 2 milliards d’entailles, ce qui en fait un important concurrent potentiel. source:  Monographie de l’industrie acéricole du Québec (2e édition 2011).
  • La concurrence américaine est une importante préoccupation pour l’industrie québécoise de l’érable. En effet, les taux de croissance annuels moyens de plusieurs indicateurs de production des États-Unis (nombre d’entailles, rendement à l’entaille et production de sirop) ont été largement supérieurs à ceux du Québec durant ces cinq dernières années. source « Monographie de l’industrie acéricole du Québec (2e édition 2011)
  • Selon le Conseil de l’Industrie de l’Érable, le principal défi que l’industrie de l’érable du Québec doit relever au cours des prochaines années est la concurrence de plus en plus importante des producteurs des États-Unis dont la production ne cesse de croître. À ce titre, le CIE précise que les entreprises américaines se procurent des équipements de pointe et visent à augmenter encore leur niveau de production. Cette croissance aura des conséquences pour les transformateurs du Québec car :
    • comme les prix au Québec sont régis par une Convention de mise en marché et donc connus de tous, les américains peuvent déterminer leurs prix en conséquence;
    • ces prix étant inférieurs, il y a un risque pour le Québec de perdre des parts de marché;
    • lorsque le volume de la production américaine sera suffisant (certains prévoient d’ici 2016), il y a risque que des tarifs douaniers soient imposés à la frontière américaine sur les produits du Québec, limitant ainsi les exportations. source « rapport d’évaluation périodique acériculture-RMAAQ 2011.
  • «..les parts de marché du Québec sont passées de 78 %, lors de la période 2002 à 2006, à 69 % pour la période 2010 à 2013.»  source: rapport Forest-Lavoie 2014
  • «…le Québec dépend beaucoup des marchés d’exportation dans la mesure où environ 85 % de la production acéricole québécoise est écoulée sur ces marchés (États-Unis et autres pays). Bien que les États-Unis représentent la part du lion des exportations acéricoles québécoises (et canadiennes), les volumes de produits acéricoles exportés vers ce pays sont en stagnation depuis 2007. » source: rapport Forest-Lavoie 2014

source: Évaluation périodique 2007 RMAAQ

Les deux éléments centraux du mémoire du CIA sont le climat de confiance déficient au sein de l’industrie acéricole et le manque de transparence des actions de la FPAQ. En ce qui concerne le climat régnant dans le secteur acéricole, le mémoire cite plusieurs extraits du rapport de l’évaluation périodique précédente paru en février 2003.

En résumé, le Conseil rappelle que la Régie constatait alors un climat tendu entre les intervenants de l’industrie et recommandait que la Filière soit la structure permettant la concertation et le développement durable de l’acériculture au Québec. Quant au manque de transparence de la Fédération, le Conseil cite à nouveau des éléments du précédent rapport de l’évaluation périodique, dont l’énoncé qui suit : « Pour contribuer à l’amélioration du climat de confiance entre la Fédération et les intervenants, la Régie recommande à la Fédération de faire des efforts requis pour améliorer la transparence de l’application de la convention et des règlements qu’elle a adoptés et en diffuser les résultats »

source: évaluation périodique 2011 RMAAQ

  • Néanmoins, le CIE indique que certains points doivent être mentionnés, notamment :
    a) Le manque de transparence et le climat de confiance : Malgré une amélioration, le CIE estime que le climat de confiance et la transparence des actions de la Fédération demeurent déficients.
    b) Le nombre de griefs devant la Régie : Le CIE relève que le nombre de griefs déposés par la Fédération devant la Régie demeure important en comparaison avec les autres productions. Il indique que le sirop transigé au noir constitue une grande menace pour l’industrie d’où la nécessité de comprendre les raisons qui favorisent le marché noir afin d’apporter les correctifs requis.

 

 

Producteur acéricole québécois prisonnier - Dessin de Mcleod (2004)

La domination du sirop d’érable québécois menacée

Lachute, mardi 27 janvier 2015.  « La domination québécoise dans le sirop d’érable est en péril et la Fédération des producteurs de sirop d’érable du Québec (FPAQ) en est la grande responsable. » C’est en ces termes que s’est exprimé aujourd’hui le président de l’Union paysanne, Benoit Girouard, après la lecture de l’article « Mise en marché collective du sirop sous surveillance » parue sur le site web de la Terre de Chez Nous de vendredi dernier.

L’article souligne que la FPAQ va, en 2015,  intensifier ses poursuites contre des producteurs acéricoles qu’elle accuse de contourner le système de  mise en marché collective qu’elle leur a imposé. L’Union paysanne dénonce cette vendetta qui se poursuit depuis plus de 10 ans. Les producteurs ciblés sont des entrepreneurs, étouffés dans le cartel légalisé que la fédération a établi autour du sirop d’érable québécois. Malheureusement, la mise en marché collective pratiquée par les fédérations de l’UPA n’a rien à envier aux régimes totalitaires.

L’Union paysanne croit que la FPAQ panique de plus en plus à mesure que nos prédictions de 2005 se réalisent l’une après l’autre. C’est ce qui explique la campagne de désinformation de la FPAQ auprès des producteurs et de l’industrie acéricole. L’Union paysanne tient aujourd’hui à rétablir une partie des faits.

Dès l’instauration des quotas de production par la FPAQ, nous avions annoncé que le Québec allait perdre tranquillement sa domination sur le marché mondial. Eh bien le rapport de la firme Forest Lavoie, dévoilé récemment et commandé par la Fédération elle-même, confirme les dires de l’Union paysanne.

«..les parts de marché du Québec sont passées de 78 %, lors de la période 2002 à 2006, à 69 % pour la période 2010 à 2013.»

Cette perte de part des marchés mondiaux était prévisible dès le départ et n’importe quel économiste sensé pouvait anticiper cette chute. Dans une économie de libre marché, la FPAQ a mis sur le dos des acériculteurs québécois un système de quota qui a restreint le développement de centaines d’entre eux. Le rapport Forest Lavoie témoigne des réalités du marché de façon nette.
«…le Québec dépend beaucoup des marchés d’exportation dans la mesure où environ 85 % de la production acéricole québécoise est écoulée sur ces marchés (États-Unis et autres pays). Bien que les États-Unis représentent la part du lion des exportations acéricoles québécoises (et canadiennes), les volumes de produits acéricoles exportés vers ce pays sont en stagnation depuis 2007. »

Alors que la FPAQ accuse depuis des années les autres états limitrophes de profiter de son système de quota, il faut plutôt comprendre qu’après avoir mis le feu en tout illogisme économique, la FPAQ accuse les voisins de se sauver des flammes.

Déjà, en 2005, l’économiste Pierre Fortin, après analyse, écrivait : «l’impact d’un contingentement(quota) de la production sur la situation financière des entreprises est négatif, et il est d’autant plus important que l’entreprise est de plus grande taille..»

Pour ajouter aux erreurs économiques de base, la FPAQ a bâti autour du sirop d’érable une administration à laquelle se rattachent une série de prélevés syndicaux, de frais de mise en marché et de gestion faisant artificiellement augmenter le coût de production du sirop d’érable québécois. Un système que les producteurs acéricoles des états voisins n’ont pas à supporter et dont le résultat logique est confirmé par le rapport Forest Lavoie.

«Comparativement, durant la période 2010 à 2013, les producteurs acéricoles québécois ont reçu un revenu inférieur, par livre produite, aux producteurs des États-Unis,
du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario.»

Les acériculteurs québécois se retrouvent donc piégés avec d’un côté l’incapacité de développer leur entreprise à armes égales avec les états voisins et de l’autre la dure réalité que les États-Unis possèdent près de la moitié des entailles potentielles exploitables à court terme de l’Amérique du Nord. Ils en exploitent seulement 6 % actuellement.
 (source rapport Forest-Lavoie)

Au final, ceux qui ont compris depuis le début que le système de la FPAQ allait malmener leur entreprise et tout le secteur acéricole sont qualifiés maintenant de contrevenants. Comme la FPAQ l’a indiqué, ils doivent s’attendre en 2015 à être pourchassés par leur syndicat, comme c’est le cas depuis près de 15 ans. «Pour nous, les «filous» sont en fait, pour la plupart, des entrepreneurs à qui nous devrons peut-être un jour d’avoir sauvé l’acériculture du Québec.» termine le président de l’Union paysanne.

L’Union paysanne dévoilera sous peu une plus large stratégie afin de permettre au secteur acéricole de souffler. Une chose est sûre, notre organisation ne restera pas sans bouger devant la liquidation pure et simple de notre fleuron agricole. La FPAQ devra un jour être jugée pour avoir conduit l’acériculture du Québec dans un cul-de-sac.

Mai05 2

Pièce-jointe : com-up_2015-01-27_Sirop.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.