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Politique agricole: le PQ, le mauvais élève de la classe

Lachute, le jeudi le 16 mai 2013 – L’Union paysanne constate que la politique de souveraineté alimentaire du Parti Québécois a tout d’une coquille vide et démontre clairement la très mauvaise connaissance qu’a le ministre de l’Agriculture des enjeux du secteur.

Se limitant à des pistes d’action avec peu de moyens, l’ensemble de la politique ne fait que pelleter le débat nécessaire vers l’avant alors que le rapport Pronovost insistait sur l’urgence d’agir, sur le courage nécessaire et sur le besoin d’oxygène.

En s’éloignant du rapport Pronovost et du rapport St-Pierre, le PQ creuse un mauvais sillon. En effet, pas un mot sur la réforme des subventions agricoles et pas un mot sur la fin du monopole de l’UPA. Rien non plus sur la réforme de la mise en marché collective qui devait donner un nouvel élan à l’entreprenariat en agriculture et améliorer le revenu des fermes. Rien pour l’avenir de l’agriculture qui sera majoritairement composé de néo-agriculteurs qui n’ont même pas accès au territoire. Et rien pour la différenciation de l’agriculture. Rien. Le vide.

On peut se demander qui a tenu le crayon du ministre de l’Agriculture pour rédiger cette politique car, malgré son bel emballage, elle s’inscrit en porte-à-faux avec les attentes des agriculteurs et de la population dont Pronovost se faisait le portevoix. Il en résulte une politique de promotion d’idées et non une politique d’action. Dans l’intervalle, l’Union paysanne a proposé une politique agricole1 sachant que le MAPAQ et le PQ ne seraient pas en mesure de répondre aux attentes contenues dans le rapport Pronovost. La perte d’un contrat d’une trentaine de millions $ par l’entreprise québécoise Marcotte Alimentation au profit du géant américain Gordon Food Services, il y a deux semaines, est la preuve éloquente de l’incapacité réelle d’intervention du ministre Gendron.2

Nous comptons maintenant sur les députés qui auront à voter sur l’adoption de cette politique pour renvoyer le PQ faire ses devoirs.

 

1- Cette politique est accessible sur le site de l’Union paysanne
2- http://bit.ly/12eCGO9

 


 

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

Olivier De Schutter en appelle à un virage fondamental en faveur de l’agroécologie

«[8 mars 2011] GENÈVE – Ce mardi 8 mars, le Rapporteur spécial a présenté son rapport « Agroécologie et droit à l’alimentation » devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Fondé sur l’examen approfondi des plus récentes recherches scientifiques, ce rapport démontre que l’agroécologie peut doubler la production alimentaire de régions entières en 10 ans tout en réduisant la pauvreté rurale et en apportant des solutions au changement climatique. Le rapport appelle donc les États à entamer un virage fondamental en faveur de l’agroécologie comme moyen de répondre aux défis alimentaires, climatiques et de pauvreté dans le monde.»

Olivier De Schutter | Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation

Source : Rapport : agroécologie et droit à l’alimentation