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Fonds de défense agricole de l’Union paysanne

L’Union paysanne lance un fonds de défense agricole sur la plateforme de sociofinancement Haricot afin de soutenir des démarches juridiques et politiques initiées par ses membres. Depuis maintenant 12 ans, nous travaillons au déploiement d’une agriculture diversifiée, écologique et à échelle humaine. Malheureusement, en raison du monopole syndical accordé à l’Union des producteurs agricoles (UPA), peu de marge de manœuvre existe pour les paysans et les agriculteurs.

 

Par exemple, en raison des plans conjoints contrôlés par l’UPA, la vente à la ferme ou directe est très souvent jugée illégale. Les agriculteurs poursuivis se retrouvent pratiquement sans recours lorsque vient le temps de faire valoir leurs droits.

Les petits agriculteurs sans moyens face à la « machine »

Par exemple, en raison des plans conjoints contrôlés par l’UPA, la vente à la ferme ou directe est très souvent jugée illégale. Les agriculteurs poursuivis se retrouvent pratiquement sans recours lorsque vient le temps de faire valoir leurs droits. Ils n’ont d’ailleurs pas accès à aucun fonds de défense pour se prémunir des excès du syndicat en situation de monopole.

En 12 ans, plus d’un millier d’agriculteurs ont comparu devant la Régie des marchés agricoles ou devant une cour civile, sans compter ceux qui ont choisi un règlement hors cours en raison du stress et des pressions qu’ils subissent. L’Union paysanne a pu en soutenir un certain nombre dans leur défense, mais pas autant qu’elle aurait souhaité.

 

Avec ce projet sur la plate-forme Haricot et avec VOTRE AIDE, l’Union paysanne prend les moyens financiers pour soutenir les petits agriculteurs qui subissent des poursuites abusives ou inéquitables. Participez généreusement !

Des citoyens alliés dans la défense des droits des petits agriculteurs !

C’est ainsi que nous lançons ce fonds de défense agricole afin de soutenir le travail du comité d’action politique et juridique de l’Union paysanne. Ce fonds visera à soutenir à la fois des actions d’agriculteurs devant des tribunaux, mais également à amorcer des requêtes et démarches politiques afin de modifier le cadre légal agricole pour qu’il permette l’existence d’une agriculture paysanne au Québec.

 

 


 

Pour faire un don

Nous vous invitons à donner généreusement, car la perte de démocratie en agriculture nous affecte tous, et ce de la terre à la table. Pour faire votre don, rendez-vous au : 

Vous pouvez également le faire par la poste en faisant votre chèque au nom de l‘Union paysanne et en le faisant parvenir à l’adresse suivante :

Fond de défense de l’Union paysanne
C.P. 899, succ. Bureau-Chef
Lachute, Québec
J8H 4G5

 


 

En savoir plus

Pour en savoir plus sur la perte de démocratie en agriculture:

 

semences et souveraineté alimemtaire

Les semences : un enjeu négligé

Dans le contexte agricole actuel où la norme est à la monoculture des champs, des espèces et de l’esprit, produire des semences biologiques et du patrimoine afin d’encourager la vie et travailler avec la nature est une lutte essentielle que l’Union paysanne souhaite souligner en cette journée internationale des luttes paysannes. C’est également l’occasion de soutenir les paysans et paysannes dans leur lutte pour le bien commun qui n’est pas une marchandise.

 

En ce 17 Avril, nous nous mobilisons pour nos semences paysannes!

Le 17 avril 1996, 19 paysans sont morts au Brésil pour avoir manifesté pacifiquement dans le but de reprendre le contrôle sur leur propre production alimentaire. En tant que citoyens et citoyennes, nous devons avoir conscience que notre alimentation soulève de nombreux enjeux politiques, sociaux et économiques. Actuellement au cœur d’une lutte contre le brevetage du vivant, les semences sont un exemple significatif de ce que représentent ces enjeux.

 

Les agriculteurs se mobilisent contre des lois criminalisant des pratiques ancestrales

Au Canada, les agriculteurs de l’Union Nationale des Fermiers mènent une campagne contre le projet de loi fédéral C-18 qui vise à amender la Loi sur la protection des obtentions végétales pour l’harmoniser avec la convention de l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV) de 1991. Ceci aurait pour conséquence d’accroître le pouvoir des semencières transnationales de recevoir des redevances et contraindre l’usage des variétés qu’elles développent.

En Europe, une loi proposée par la commission européenne veut rendre illégal le fait de faire pousser, vendre ou reproduire des semences qui n’auraient pas été approuvées par une nouvelle autorité : l’agence européenne des variétés végétales. La Via Campesina dénonce cette loi : « En réduisant les droits des paysans à ressemer leurs propres semences, en durcissant les conditions de reconnaissance des variétés par des petits entrepreneurs indépendants, en limitant la circulation et l’échange de graines entre associations et entre planteurs, la Commission Européennes balaye 10000 ans d’histoire ».

Nous vivons dans un monde d’interdépendance où les savoir-faire paysans sont reliés à la multitude des semences que la nature nous offre généreusement. Avec de telles lois, c’est une partie de la biodiversité qui est vouée à disparaitre, emportant avec elle un bout de notre culture et donc de notre identité.

En Inde, Vandana Shiva, chercheuse et activiste, dénonce l’industrie semencière qui tente de nous imposer un monopole. Elle explique que Monsanto a réussi à prendre le contrôle de la production du coton en Inde avec l’appui de gouvernements soumis au néolibéralisme et qu’aujourd’hui, 90% de la production agricole dépend des semences génétiquement modifiées et des poisons qui les accompagnent. Ce contexte a entraîné une destruction du mode de production paysan du coton et l’endettement généralisé des producteurs. Depuis 1995, on dénombre 284 000 suicides de paysans indiens. Vandana Shiva parle d’un véritable génocide occulté par les grands médias du monde entier et dont le principal coupable est Monsanto.

 

Qu’en est-il au Québec?

Au Québec, nous ne sommes pas à l’abri. Avec l’accroissement annuel de la superficie des grandes cultures dédiées aux OGM et la négligence des autorités quant à l’importance d’encourager une production semencière localisée répondant aux besoins de tous les types de production, nous avons complètement perdu notre autonomie semencière.

Les Jardins de l’Écoumène figure parmi les rares semenciers biologiques au Québec. Dans cette capsule vidéo, Jean-François Lévêque parle des défis reliés à la production semencière au Québec, et explique en quoi les semences sont fondamentales à la vie.

 


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Voir cette vidéo sur la chaîne Youtube de l’Union paysanne.

 

À ce combat d’une vie qu’est la production de semences biologiques, Jean-François Lévêque et Guylaine St-Vincent refusent de payer leur cotisation syndicale à l’UPA (seul syndicat officiellement reconnu par la loi). Jean-François Lévêque s’explique : « les raisons pour lesquelles je ne veux pas adhérer à l’UPA sont simples. Étant un producteur biologique je ne veux pas faire partie d’une organisation syndicale dont je ne partage pas la vision. L’UPA prône une agriculture productiviste qui est à l’opposée de ma façon de travailler la terre. Adhérer à ce syndicat, serait pour moi un non-sens et irait dans la direction opposée à tout le travail que j’ai effectué depuis des années ».

En cette journée des luttes paysannes, soyons vigilants et vigilantes. La société évolue constamment et la démocratie ne doit pas en pâtir. Le brevetage du vivant n’est pas acceptable dans une société démocratique, le vivant doit être réservé au collectif, notamment aux paysans et paysannes qui sont là pour sauvegarder la Terre et son patrimoine dans le partage et la solidarité.

 

Pour en savoir plus :

Campagne de l’Union Nationale des Fermiers contre le projet de loi fédéral C-18

Les Jardins de l’Écoumène VS l’Union des producteurs agricoles

Série de messages vidéos enregistrés pour célébrer le 17 avril sur le site ViaCampesina TV

Réseau Combat Monsanto

Entrevue avec Vandana Shiva

 

L’Union paysanne portneuvoise présente : La ferme impossible

La Ferme Impossible Connaissez-vous la «Ferme impossible» ?

Ce genre de fermette diversifiée qui existe un peu partout dans le monde, vendant oeufs, lait, poulets, et qui pourrait donner un sérieux vent de fraicheur à nos milieux ruraux Québécois. Mieux vaut parler au conditionnel, car il semble en effet que ce type d’agriculture n’a pas sa place au Québec.

La section portneuvoise de l’Union paysanne souhaite donc lancer le débat en organisant une soirée conférence avec comme invité Dominic Lamontagne qui viendra nous en dire plus sur son projet agricole qui s’est révélé impossible. Quel type de ferme veut-on au Québec ? Quelle législation nous faut-il alors ? Qui peut actuellement produire et de quelle manière ? Quelques questionnements parmi tant d’autres qui pourraient être soulevés lors de cette soirée.

 

La Ferme Impossible Union paysanne 14 avril 2014L’UNION PAYSANNE PORTNEUVOISE PRÉSENTE « LA FERME IMPOSSIBLE »

Conférence de Dominic Lamontagne suivie d’une période d’échange avec le public lundi le 14 avril à 19h30.
Lieu : La Taverne, 365 Rue Tessier Est Saint-Casimir, QC G0A 3L0t
Coût d’entrée: 5$
Information : Lien vers l’événement Facebook

 

 

8avril Affiche

Invitation à rencontrer la délégation de La Via Campesina à Québec

Les 7 et 8 avril prochain se tiendra à Québec le Dialogue continental sur l’Agriculture Familiale. Les discussions lors de cette rencontre tourneront autour de la ferme familiale, ses réalités, ses défis, les caractéristiques de sa résilience, ainsi que les politiques à mettre en place pour appuyer le développement de l’agriculture familiale.

La Via Campesina*, organisation phare du mouvement paysan et instigatrice de l’idée de la souveraineté alimentaire, sera présente sur place. Sa délégation sera formée de Maxime Laplante, Vice-Président de l’Union paysanne, Joan Brady, Présidente femme de l’Union nationale des fermiers (NFU) du Canada et de Ben Burkett, Président de la National Family Farm Coalition des États-Unis.

À noter qu’Ibrahim Coulibaly du Mali a également été invité à titre d’Ambassadeur Spécial de l’AIAF.

C’est grâce au partenariat entre la FAO et La Via Campesina que des fermiers et des paysans représentants des organisations membres de La Via Campesina ont été invité en tant que conférenciers et participants. Ils auront ainsi l’opportunité de questionner la notion d’agriculture familiale qui ici semble tout dire et ne rien dire.

Le modèle agricole majoritairement en vigueur en Amériques du Nord est basé sur les intrants chimiques, les OGM, les monocultures à grande échelle, l’exploitation de travailleurs migrants vulnérables et l’élevage animal intensif. De plus, il est source d’endettement et de stress psychologique pour les fermiers ce qui est loin de favoriser l’aspect familiale.

La délégation de la Via Campesina cherchera donc à mettre de l’avant sa vision de la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire d’une agriculture familiale paysanne et agroécologique soutenue par des politiques qui assurent une vie digne pour tous les fermiers et travailleurs agricoles et ruraux.

Nous souhaitons donc vous inviter à une rencontre avec la délégation de La Via Campesina afin de vous partager le contenu des discussions qui auront eu lieu, et d’ensuite discuter de possibles stratégies et collaborations futures dans le cadre de l’AIAF.

Charles-Eugène Bergeron de Développement et Paix introduira une proposition de mise sur pied d’un Caucus « Agro-écologie » pan-canadien dans le cadre du Forum Social des Peuples Canada-Québec Premières Nations (14-21/08/2014).

 

Dialogue continental sur l’Agriculture Familiale

Quand? Mardi le 8 avril, de 17h à 19h30
Où? Salle No. 212, Édifice des Services diocésains, 1073, boul. René-Lévesque Ouest, Québec , QC G1S 4R5 (Merci à Développement et Paix pour la salle)
Information et pré-inscriptions: (418) 683-9901
Événement Facebook : https://www.facebook.com/events/653829507999471/?ref=22
L’événement se déroulera en français et en anglais.

 

En espérant que vous pourrez vous joindre à nous!

Le comité international de l’Union paysanne
international@unionpaysanne.com
*La Via Campesina regroupe plus de 180 organisations locales et nationales dans 70 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. En tout, elle représente environ 200 millions de paysannes et de paysans. C’est un mouvement autonome, pluraliste et multiculturel, sans affiliation politique, économique ou autre On lui doit d’avoir défini le concept de la souveraineté alimentaire. Au Québec l’Union paysanne est l’organisation qui lui est affiliée.

 

L’Union paysanne et l’organisation paysanne La Via Campesina à Québec les 7 et 8 avril

Ste-Croix, 2 avril 2014 – Dans le cadre de l’année internationale de l’agriculture familiale, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) soutient la tenue d’événements à travers le monde pour promouvoir l’agriculture familiale.

En tant que partenaire officiel de la FAO, La Via Campesina, organisation paysanne mondiale, participera au Dialogue Continental organisé à Québec les 7-8 avril. La Via Campesina souhaite faire reconnaître l’importance de soutenir et développer une agriculture paysanne actuellement étouffée par les politiques et pratiques agricoles dominantes. Des fermiers et paysans membres de l’Union paysanne, mais aussi de l’Union nationale des fermiers (NFU) et de la National Family Farm Coalition seront donc présents, ces organisations étant membres de La Via Campesina.

La division DI (développement international) de l’UPA qui est responsable de la rencontre, a reçu le financement nécessaire, dont 50 000$ provenant du MAPAQ. Le tout se déroulera au Château Frontenac, à 517$ le billet d’entrée, ce qui pose un sérieux frein à la participation de plusieurs organisations représentant des fermiers et paysans à travers l’Amérique du Nord à ce dialogue continental. D’autres informations quant à la participation de l’Union paysanne et de La Via Campesina à l’événement suivront. Nous invitons particulièrement les membres de la région de Québec à demeurer alertes et à communiquer avec nous pour en savoir davantage.

 


 

Pièce-jointe :

com-up_2014-04-02_La_Via_Campesina_Quebec_7-8_avril.pdf

Pour information :

Maxime Laplante
Vice-président Union paysanne
418-926-2473

           

Karen Rothschild
Comité international
450-458-2005

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

Calendrier des Fêtes des Semences 2014 au Québec

C’est le temps de préparer la saison de jardinage 2014… Avec une bonne terre et de bonnes semences, il y a de quoi espérer de bonne récoltes! Plusieurs Fêtes des Semences sont organisées cette année encore, un peu partout au Québec. N’hésitez-pas à aller y faire un tour, ce sont de véritables bazars pour jardiniers écologiques. Une excellente façon de commencer la saison du bon pied!

 

Dans une Fête des Semences près de chez-vous!

Destinées aux amants et curieux de jardinage écologique, les Fêtes des Semences bénéficient d’un engouement certain auprès de la population. On a qu’à assister à l’édition de la fête montréalaise au Jardin botanique pour y constater la foule qui s’y rend chaque année. Un peu partout au Québec et ailleurs, des événements similaires se sont mises sur pied grâce à l’initiative concertée de citoyens, d’agriculteurs et de groupes communautaires locaux.fete-des-semences-ambiance c

 

Qu’est-ce qu’une Fête des semences ?

Le concept est né avec le Programme Semenciers du Patrimoine Canada en 2001, un réseau voué à la conservation des espèces végétales. Ce sont des fêtes annuelles qui mettent en valeur l’aspect vital de la biodiversité et de la sauvegarde des cultivars de notre patrimoine. Ces évènements se veulent aussi des espaces d’échanges et de rencontres festives.

 

Liste des Fêtes des Semences au Québec ce printemps 2014

La liste ci-dessous est basée sur les informations publiées à ce jour sur le site Semences du Patrimoine.

 

Montréal
Jardin Botanique de Montréal
Samedi 8 Février 2014, de 9h à 16h30

Ste-Anne-de-Bellevue
John Abbott College
Samedi 15 Février 2014, de 9h à 16h
Information : 514-941-7350

St-Apollinaire
Salle communautaire, 83 rue Boucher, Saint-Apollinaire
Dimanche 16 Février 2014, de 10h à 17h

Sainte-Émélie-de-l’Énergie
Salle Jean-Antoine Leprohon, 140, rue Émélie Bolduc
Samedi de 10h00 à 17h00 + soirée en musique : La Fête des semences de Lanaudière
Dimanche 23 février  de 10h00 à 17h00 : Salon forestier de Ste-Émélie

Saint-Vallier
Gymnase de l’école de Saint-Vallier
Samedi 1 Mars 2014, de 10h à 16h
Contact: 418-884-2888

Québec
Pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval (Québec)
Dimanche 2 Mars 2014, de 10h à 17h

Gatineau
Maison du Citoyen de Gatineau (25 rue Laurier)
Dimanche 16 Mars 2014, de 9h00 à 17h00

 

 

Pour tous les détails, visitez le moteur de recherche des Semenciers du Patrimoine.

 

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Capsule 5 – Une loi injuste et dépassée

 

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La Loi 85 qui concède un monopole à l’UPA en agriculture est injuste pour les agriculteurs, contre-productive car elle inhibe la diversité et surtout, elle est dépassée, datant de plus de 30 ans. Cet état de fait affecte non-seulement la relève agricole, les fermes, les régions rurales, mais également l’ensemble des citoyens par notre alimentation, notre environnement, notre qualité de vie, la vitalité économique des régions.

Il est grand temps de faire un bon ménage dans le domaine de l’agriculture québécoise. Les libéraux de M. Charest nous ont donné la commission Pronovost (CAAAQ). Que fera le parti québécois maintenant? Le statut quo et les belles paroles? On veut de l’Action et une vraie démocratie en agriculture pour une vraie souveraineté alimentaire au Québec!

 

Lien de la vidéo : http://youtu.be/Xrsvomn8BWo

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Voir aussi :

 

Vaches (troupeau).

2014: l’année internationale de l’agriculture familiale à la sauce de l’UPA

Texte d’opinion par Roméo Bouchard

L’Union des producteurs agricoles (UPA), le syndicat agricole unique et obligatoire au Québec, est passée maître dans l’art de noyer toute autocritique de notre agriculture dans des termes élastiques qui ne veulent plus rien dire : ferme familiale, agriculture durable, souveraineté alimentaire, agroécologie, nourrir le Québec, etc. C’est ce qu’ils ont déjà commencé à faire –et les journalistes ignorants à leur suite- à propos de l’année internationale de l’agriculture familiale que vient de décréter l’Assemblée des Nations Unies pour 2014, en proclamant d’emblée que l’agriculture au Québec est essentiellement une agriculture familiale où les multinationales comme Monsanto, Carghil, Nestlée, jouent un rôle marginal.

Les documents de l’ONU sCe n’est pas vrai que l’agriculture québécoise est encore largement une agriculture familiale. Le nombre de familles qui en vivent diminue constamment. De plus en plus d’exploitations fonctionnent sous l’emprise d’un contrat d’intégration avec des intégrateurs industriels ou la Coop fédérée.ont pourtant clairs : le but de cette année thématique est de « rehausser l’image de l’agriculture familiale et de la petite agriculture en focalisant l’attention du monde entier sur leur contribution significative à l’éradication de la faim et de la pauvreté, à l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d’existence, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et au développement durable, en particulier dans les zones rurales. »

Tout le contraire, si je ne m’abuse, de l’agriculture industrielle intensive et intégrée, qui vide les campagnes, carbure au pétrole, aux engrais chimiques, aux pesticides et aux OGM, détruit les sols et la biodiversité, contamine l’eau, accapare les terres, réduit les agriculteurs au rôle d’employés à forfait, bref, détruit la santé des gens et de la planète, mine ses propres fondements et sa propre raison d’être.

L’agriculture du Québec n’est plus une agriculture familiale

Notre agriculture familiale, soyons honnêtes, est en déroute. Elle ne nourrit plus le Québec. Elles n’entretient plus le territoire. Elle ne fait plus vivre les villages. Elle ne crée plus d’emplois dans la communauté. Elle est de moins en moins productive. Elle ne remplit plus les fonctions que l’ONU souhaiterait lui voir remplir.Et non, ce n’est pas vrai que l’agriculture québécoise est encore largement une agriculture familiale. Le nombre de familles qui en vivent diminue constamment : entre vingt et trente mille. De plus en plus d’exploitations fonctionnent sous l’emprise d’un contrat d’intégration avec des intégrateurs industriels ou la Coop fédérée, qui sont propriétaires des animaux et parfois même des terres, dictent les méthodes de production, fournissent le financement, les intrants et les marchés. C’est le cas de 100% des élevages de veaux, de 75% des élevages de porcs et de plus en plus de producteurs de poulets, de bœuf, de céréales et de légumes. Les fermes laitières familiales traditionnelles disparaissent elles aussi rapidement, faute de relève capable de les reprendre, au profit de méga-vacheries concentrées dans le centre du Québec. Les terres, devenues inaccessibles pour les jeunes, sont accaparées par les gros et les fonds d’investissement. Quant au modèle d’agriculture pratiquée, il repose sur les méthodes de production intensive, spécialisée, sur grandes surfaces, qui sont à l’opposé de l’agroécologie et de l’agriculture intégrée à sa communauté. Les vraies fermes paysannes familiales ne dépassent sans doute pas 5000. Mille seulement sont certifiées biologiques. Une centaine sont accréditées par le Réseau d’Agriculture soutenue par la communauté (Équiterre) comme fermes de famille (paniers). Les deux tiers des aliments disponibles dans les supermarchés proviennent de l’extérieur.

Notre agriculture familiale, soyons honnêtes, est en déroute. Elle ne nourrit plus le Québec. Elles n’entretient plus le territoire. Elle ne fait plus vivre les villages. Elle ne crée plus d’emplois dans la communauté. Elle est de moins en moins productive. Elle ne remplit plus les fonctions que l’ONU souhaiterait lui voir remplir. Et par dessus tout, elle n’a pas d’avenir et n’est pas la solution au défi alimentaire de la planète pour les prochaines décennies.

Nous avons donc toutes les raisons de nous interroger nous aussi, en 2014, sur le virage indispensable de notre agriculture, sur les moyens et les efforts qu’il faudrait rediriger de l’agricultureconventionnelle vers l’agriculture de proximité. Le problème n’est pas réservé aux pays du Tiers-Monde.

Malheureusement, l’UPA, le Ministère de l’Agriculture, les barons de l’industrie agroalimentaire et les journalistes improvisés dans le domaine vont tout faire, d’une seule voix, pour nous faire croire que le Québec est le royaume de l’agriculture familiale et qu’il n’y a rien à remettre en question chez nous à ce chapitre. Et ceux qui comme moi croient le contraire auront bien peu de tribunes pour se faire entendre. C’est la rançon du monopole syndical agricole. Mais là aussi, ne vous inquiétez pas: le ministre Gendron répète sur tous les toits que ce monopole n’est pas un problème important.

 


 

Texte de Roméo Bouchard (Source : Facebook)

 

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Capsule 4 – Le remboursement de taxes foncières agricoles

 

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L’obligation pour les agriculteurs de cotiser à l’UPA afin de recevoir leurs retours de taxes foncières est probablement la plus importante contrainte à la liberté d’association syndicale en agriculture au Québec, car elle touche directement au portefeuille des fermiers. Cette loi injuste et antidémocratique (loi 85) a été votée et adoptée sous l’ancien ministre péquiste Marcel Landry et DOIT être revue pour la survie des petits agriculteurs.

 

Lien de la vidéo : http://youtu.be/kkLIdCqApW8

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Voir aussi :

 

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Producteurs artisans-fromagers: L’Union paysanne interpelle les acteurs du milieu

thumb fromage-gruyereLachute, jeudi 28 novembre. L’Accord de libre-échange Canada-Europe, selon toute vraisemblance, sera ratifié et entrera en vigueur en 2015-2016. Cela veut dire que les producteurs artisans-fromagers, principalement du Québec, subiront une concurrence déloyale provenant des fromages fins européens. L’Union paysanne croit qu’il est possible d’agir afin de rétablir un équilibre dans le marché et favoriser notre souveraineté alimentaire.

Nous demandons à la FPLQ d’enlever les prélevés des producteurs artisans-fromagers biologiques sur le transport de leur lait… vu qu’il n’est pas transporté! L’Union paysanne demande donc à la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ) d’abroger l’obligation faite aux producteurs artisans-fromagers de racheter leur propre lait à un prix plus élevé.  En plus d’être une demande fréquente de leur part depuis 10 ans, ces frais ne sont pas justifiables pour quiconque connaît bien les dépenses qu’ils doivent faire pour la  promotion de leurs fromages tout au long de l’année.

Nous demandons également à la FPLQ d’enlever les prélevés des producteurs artisans-fromagers biologiques sur le transport de leur lait…vu qu’il n’est pas transporté. Il serait d’ailleurs peut-être temps pour la FPLQ de revoir l’ensemble des prélevés faits aux producteurs artisans-fromagers afin de refléter plus adéquatement leur métier.

Le fédéral peut facilement mettre en place des mesures de remboursement des coûts reliés aux mesures de salubrité que lui-même impose. Le gouvernement fédéral qui a négocié cet accord n’est pas sans savoir que les normes de contrôle et de salubrité sont moindres en Europe qu’au Canada. Un plus grand fardeau financier et technique pèse donc de ce côté-ci de l’Atlantique. Hormis l’opinion de l’Union paysanne sur l’aspect aseptisé et hypocondriaque de la salubrité au Canada nous pensons que le fédéral peut facilement mettre en place des mesures de remboursement des coûts reliés aux mesures de salubrité que lui-même impose. Nous invitons le ministre de l’Agriculture Gerry Ritz à mettre en place un tel programme dès 2014.

Au niveau provincial, il revient au ministre de l’Agriculture, M. François Gendron, de préparer des scénarios d’impact de l’arrivée de fromages fins européens sur nos tablettes. En dernier recours, si la FPLQ et le gouvernement fédéral ne prennent pas leurs responsabilités, nous demandons au ministre de prévoir un programme de soutien direct afin de soutenir les producteurs artisans-fromagers. C’est un enjeu de souveraineté alimentaire.

Ici, il n’est pas question d’emprunter un ton alarmiste. Des solutions sont possibles dans le meilleur intérêt d’un secteur de notre économie qui est dynamique. Les producteurs artisans-fromagers représentent bien ce que la souveraineté alimentaire apporte de mieux au Québec. Qualité, proximité et économie régionale dynamique.

 


 

Pièce-jointe :

com-up_2013-11-28_Fromage.pdf (128 ko)

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.