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Vous voulez que ça change? On a besoin de vous!

L’Union paysanne prend la défense de la paysannerie en faisant la promotion d’un autre modèle agricole et alimentaire. Pour y arriver, nous avons besoin de bras et de têtes qui veulent pousser dans le sens du changement. Voici une multitude de tâches reflétant nos besoins. Si jamais vous pensez pouvoir nous aider, vous pouvez nous écrire à coordination@unionpaysanne pour nous dire les tâches qui vous intéressent.

 

  • Conseil de coordination de l’Union paysanne: Constitué de 11 personnes, il coordonne le mouvement en lien avec les décisions et le plan d’action du congrès. Il se réunit 6-7 fois par année et fait relâche l’été. Plusieurs des postes seront à renouveler lors du prochain congrès les 18 et 19 novembre prochain.

 

  • Représentants régionaux: Nous cherchons des paysans-nes en mesure de donner un visage à l’Union paysanne dans leur région (Témiscamingue, Mauricie, Outaouais, Côte-Nord, Gaspésie-île de la Madeleine, etc.). Cela peut consister à recevoir quelques appels de personnes de votre région, tenir un kiosque lors d’événements, faire la promotion de l’Union paysanne autour de vous et, si vous vous sentez à l’aise, de répondre parfois aux médias locaux. Vous serez soutenus en tout temps et de la formation vous sera offerte.

 

  • Responsable de comité : Vous aimeriez voir l’abattage à la ferme permis? Le retour du lait cru? L’augmentation du hors-quota devenir réalité? Voilà autant de dossiers qui ont besoin de bras et de têtes pour avancer. Vous aimeriez que ça change? Contactez-nous

 

  • Financement: Le financement est stratégique dans la situation de monopole de l’UPA. Nous aimerions rassembler une petite équipe dévouée à cet aspect afin de soutenir les actions de l’Union paysanne; penser à des campagnes, collaborer au souper-bénéfice, etc.

 

  • Foires et événements: Plusieurs fois par année, nous sommes sollicités pour tenir un kiosque lors d’événements. Il nous faudrait une personne pour coordonner le tout: établir un calendrier, calculer les frais et faire le lien avec les bénévoles. Le rôle des bénévoles est de monter le kiosque, parler de l’Union paysanne et de recruter des membres lors des évènements. Pas besoin de vous dire que cette tâche a de l’importance.

 

  • Répertoire et communauté paysanne: Nous aimerions référencer sur Google Map nos paysans et artisans qui le désirent afin de leur donner de la visibilité. Du même souffle, nous voudrions développer une réelle communauté d’intérêt qui permettrait aux membres et amis de l’Union paysanne de s’afficher et d’offrir aux autres membres des privilèges ou rabais. Un autre dossier concret  prendre en main. Ça vous parle? Contactez-nous!

 

Vente directe d’oeufs en circuits courts, le MAPAQ franchi un premier pas.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ),

en phase préparatoire d’un projet de modification réglementaire, assouplira les exigenthumbnail of Assouplissement_MAPAQ_aide-mémoire_4mai2017ces visant la classification des oeufs de poule domestique destinés à la vente directe aux consommateurs.

Ce changement permettra aux agriculteurs de vendre leurs oeufs directement aux consommateurs en circuit court et, par conséquent, de faciliter l’accès à ces produits dans les marchés publics ou les paniers de livraison. Ces ventes devront être à l’intérieur de 150 km du lieu de production.

Pour l’ensemble des détails et des exigences consulter l’aide-mémoire ci-joint

L’Union paysanne est heureuse de ce premier pas franchi par le MAPAQ afin de donner une place aux paysans du Québec. C’était l’une de nos demandes de longue date. Il reste désormais à augmenter le hors-quota dans les œufs afin de donner un réel levier économique aux fermes de proximités.

L’Union paysanne recherche des administrateurs

Deux postes se libèrent sur le Conseil de coordination de l’Union paysanne. Deux postes destinés soit à un agriculteur établi, soit à un jeune de la relève. Vous aimeriez vous retrouver au cœur du changement? Vous impliquez pour développer l’Alliance de la Terre à la Table? Vous avez toujours eu des idées et vous aimez être dans l’action?

N’hésitez pas à tenter votre chance. Le changement naît de l’implication. Si l’aventure vous tente où que vous avez des questions…écrivez-nous à: paysanne@unionpaysanne.com

UnionPaysanneAlliance

L’Union paysanne révoltée par un nouveau rapport qui démontre que la Caisse de dépôt et placement est impliquée dans l’accaparement massif et violent de terres au Brésil

Lachute, 17 novembre 2015. Les travailleurs québécois et québécoises seront peut-être surpris d’apprendre que leurs fonds de pension fructifient en encourageant l’éviction violente de paysans de leurs terres au Brésil.

« Les économies des ménages épargnées tant bien que mal en Suède, au Canada et aux États-Unis sont utilisées pour accaparer les terres de paysans au Brésil en vue d’y installer des fermes industrielles massives, qui empoisonnent les communautés locales avec des pesticides et qui prennent le contrôle des sources d’eau locales » Un nouveau rapport publié aujourd’hui par Rede Social de Justiça e Direitos Humanos, GRAIN, Inter Pares, et Solidarity Sweden – Latin America dévoile effectivement que l’investissement de plusieurs fonds de pension comme la Caisse avait servi à acquérir de larges superficies de terres agricoles au Brésil.

Au Québec, nous savions qu’en mai 2012, la Caisse de dépôt et placement du Québec avait investi  250 millions dans le fond américain TIAA-CREF Global Agriculture à des fins de spéculation foncière agricole aux États-Unis, au Brésil et en Australie. Puis, en janvier 2013, la Caisse ouvrait un poste temporaire d’analyste en investissements en terres agricoles et forestières. L’Union des producteurs agricoles et l’IREC avaient alors appelé le gouvernement et la Caisse à investir dans les terres agricoles québécoises avant que des fonds étrangers ne le fassent.

Mais qu’en est-il des impacts des investissements du fond TIAA-CREF Global Agriculture à l’étranger? Le rapport nous apprend que les terres au Brésil furent acquises à travers un homme d’affaires brésilien accusé d’utiliser la force, la fraude et même l’assassinat pour déplacer les paysans. Ces moyens contreviennent aux « Principes pour un investissement agricole responsable » prononcés par des acteurs internationaux, incluant même TIAA-CREF.

« La terre doit appartenir d’abord et avant tout aux paysans et agriculteurs qui la cultivent, et non aux fonds d’investissements! » « Les économies des ménages épargnées tant bien que mal en Suède, au Canada et aux États-Unis sont utilisées pour accaparer les terres de paysans au Brésil en vue d’y installer des fermes industrielles massives, qui empoisonnent les communautés locales avec des pesticides et qui prennent le contrôle des sources d’eau locales », affirme Devlin Kuyek de GRAIN, une organisation qui travaille depuis des années aux côtés de l’Union paysanne et le réseau international La Via Campesina pour la défense de la paysannerie.

En tant que membre de La Via Campesina, le plus important regroupement de paysans au monde, l’Union paysanne considère que la véritable souveraineté alimentaire ne doit jamais compromettre celle d’un autre peuple. « La terre doit appartenir d’abord et avant tout aux paysans et agriculteurs qui la cultivent, et non aux fonds d’investissements! » soutient Benoit Girouard, Président de l’Union paysanne.

« Non seulement le rapport dévoile que la voie d’acquisition des terres au Brésil échappe aux lois internationales, mais il nous rappelle qu’en tant que travailleurs et travailleuses, nous sommes tous et toutes indirectement complices de ces crimes. » ajoute Stéphanie Wang, membre du Comité international de l’Union paysanne.

Nous invitons tous les québécois et québécoises à consulter le rapport et à mettre de la pression sur la Caisse de dépôt et placement afin qu’elle se retire complètement de tout investissement à des fins spéculatives dans les terres agricoles.

Version française du rapport disponible en ligne : https://www.grain.org/e/5337

 

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com-up-2015-11-16-caisse-bresil.pdf

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Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
 
Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

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Victoire du mouvement paysan dans sa lutte pour la reconnaissance de ses droits à l’ONU

Communiqué de presse de La Vía Campesina.

(Genève, 05 octobre 2015). A la fin de la 30ème session du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, le Conseil a voté à majorité la résolution qui mandate pour les deux prochaines années le groupe intergouvernemental de travail à composition non limitée à poursuivre la négociation, à finaliser et présenter un projet de texte de déclaration des Nations unies sur les droits des paysannes et des paysans et autres personnes travaillant en milieu rural.

La résolution a été présentée par le Gouvernement bolivien, l’Equateur, Cuba, l’Afrique du Sud et a été sponsorisée entre autre par la Suisse, le Brésil, l’Erythrée et l’Argentine dans un effort conjoint de toutes les régions pour appuyer l’avancée du processus. En votation finale, seul les Etats-Unis ont voté contre la résolution. Les gouvernements de l’UE se sont abstenus et ont poursuivi leur stratégie de vote en bloc, comme en juin 2014 pour la précédente résolution 26/26. 31 pays ont voté en faveur, 15 se sont abstenus et 1 s’est opposé.*

La Via Campesina, le mouvement international regroupant plus de 180 organisations paysannes à travers le monde et qui représente plus de 200 millions de paysannes et paysans, accompagné du Cetim et de Fian ont donné ainsi une impulsion historique à ce processus en permettant qu’il soit négocié au sein du mécanisme des Nations unies avec pour objectif de combler les lacunes dans la législation sur les droits humains concernant les droits de la population paysanne et des communautés rurales comme les pêcheurs, les peuples nomades, les pastoralistes, les travailleurs ruraux, les sans terres, les femmes rurales et les peuples indigènes. Le projet de texte actuel présenté par la Bolivie en février 2015 et discuté par les Etats membres du Conseil lors du dernier groupe de travail intergouvernemental préconise une déclaration qui contienne un ensemble de droits en vue d’améliorer les conditions de celles et ceux qui produisent 80% des denrées alimentaires dans le monde et vivent dans les zones rurales.

Les jours précédents cette votation, des leaders paysans de différents continents se sont rendus à Genève pour sensibiliser les gouvernements sur les cas croissant d’exclusion, d’accaparement des terres, de répression, de criminalisation dont souffrent les organisations paysannes et les effets dévastateurs provoqués par les produits chimiques sur la santé de la population rurale et paysanne. Parallèlement, de nombreuses activités se sont déroulées dans les capitales pour appuyer le travail réalisé à Genève.

La Via Campesina et ses alliés redoubleront d’efforts pour démontrer qu’il n’existe pas de fossé entre le nord et le sud en ce qui concerne la vulnérabilité des droits de la population paysanne. Ceci vis-à-vis de la réticence de certains Etats du nord à accepter la nécessité d’une telle déclaration. La Via Campesina défend un modèle d’agriculture paysanne tant dans le nord que dans le sud basé sur l’agro-écologie et l’égalité entre paysannes et paysans.

Enfin, La Via Campesina souhaite adresser ses sincères remerciements au Gouvernement de la Bolivie, de l’Afrique du Sud, de l’Equateur et de Cuba pour leurs efforts constant au sein du Conseil des Droits de l’Homme afin de faire avancer cette initiative émanent des mouvements paysans et faisant preuve ainsi d’une gouvernance basée sur le dialogue participatif entre les organisations paysannes, la société civile et les gouvernements.

* Résultats de la votation :

En faveur (31): Algérie, Botswana, Congo, Côtes d’ivoire, Éthiopie, Gabon, Ghana, Kenya, Maroc, Namibie, Nigeria, Afrique du Sud, Sierra Léon, Bangladesh, Chine, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Maldives, Pakistan, Arabie Saoudite, Émirats Arabes, Vietnam, Argentine, Bolivie, Brésil, Cuba, El Salvador, Paraguay, Venezuela, Russie

Abstentions (15): France, Allemagne, Irlande, Pays Bas, Portugal, Royaume Uni, Macédoine, Monténégro, Lettonie, Estonie, Albanie, Mexique, Qatar, Japon, Corée

Contre (1): États Unis

 

18 ans d’OMC, ça suffit! Le libre-échange bénéficie aux multinationales et aggrave la pauvreté !

Non à l’OMC et aux traités de libre échange

(Bali, 3 décembre 2013) Alors que les négociations officielles de l’OMC ont débuté ce mardi 3 décembre à Bali, Indonésie, les mouvements sociaux ont pris la rue. Gerak Lawan, une alliance de mouvements populaires Indonésiens contre le néocolonialisme et l’impérialisme, ainsi que l’assemblée des mouvements sociaux pour une Asie alternative (SMAA), une récente coordination des mouvements sociaux asiatiques, La Via Campesina et des représentants d’organisations du monde entier ont manifesté à Renon Square, à Denpasar, de 9h à 14h ce mardi 3 Décembre.

On nous oblige à accepter un accord juridiquement contraignant sur la facilitation du commerce laissant les paysans dans la faim. Nous réitérons notre appel à sortir l’agriculture de l’OMC.La manifestation a réuni au moins 1 000 paysans, syndicalistes, étudiants, femmes et jeunes originaires de plus de 30 pays. Ils ont exprimé leur rejet total de l’OMC et du système de libre-échange en place.

Pour Yoon Geum Soon, membre du comité de coordination international de la Via Campesina, mouvement global des paysans ayant plus de 200 millions de membres dans le monde, « Le paquet de Bali est un accord horrible pour le monde « en développement ». On nous oblige à accepter un accord juridiquement contraignant sur la facilitation du commerce laissant les paysans dans la faim. Nous réitérons notre appel à sortir l’agriculture de l’OMC » .

« Nous ne voulons pas entrer dans les discussions pour savoir si la clause de paix doit être de quatre ans ou de dix ans, car le fait est que l’OMC ne fait rien pour les paysans, et qu’à long terme, OMC est synonyme de mort pour nous. Les paysans Indiens n’accepteront jamais un tel accord », a déclaré Yudhvir Singh de BKU, le principal syndicat paysan en Inde.

Les manifestations pacifiques ont également rappelé l’échec de l’OMC. Après 18 ans, l’OMC a  seulement permis le développement des multinationales. Selon le World Investment Report 2013 de la CNUCED, « les multinationales représentent environ 80% du commerce mondial ». Les règles du libre-échange ont aggravé la concentration de la richesse mondiale.

Bali est un moyen de faire revivre l’OMC pour trouver de nouveaux moyens de croissance du commerce mondial. Mais cela ne conduira qu’à favoriser la surexploitation de ressources limitées et la concentration de la richesse dans quelques mains.Alors que nous faisons l’expérience des limites de la planète, la croissance du commerce mondial, dans sa quête d’expansion infinie, ralentit. En 2012, le commerce mondial n’a augmenté que de 0,02 % en valeur, alors que l’économie mondiale a progressé de 1,3%. Il est clair que nous sommes entrés dans une nouvelle étape de l’économie mondiale qui se caractérise par un net ralentissement.

Selon Pablo Solon, ancien ambassadeur bolivien à l’ONU, maintenant directeur exécutif de Focus on the Global South : « Il est clair que le paquet de Bali est un moyen de faire revivre l’OMC pour trouver de nouveaux moyens de croissance du commerce mondial. Mais cela ne conduira qu’à favoriser la surexploitation de ressources limitées et la concentration de la richesse dans quelques mains ».

Les mouvements sociaux réclament non seulement le rejet du paquet Bali, mais également de l’OMC et de l’ensemble du régime de libre-échange. Pour Lidy Nacpil de Jubilé Sud, « 18 ans d’OMC, c’est assez. Ce qu’il nous faut est une alternative au libre-échange et un système qui soit basé sur la justice économique. »

 


 

Source :

Communiqué de presse de la Via Campesina, Gerak Lawan et de l’assemblée des mouvements sociaux pour une Asie alternative (SMAA)

 

PourUnePolitiqueAgricole m

Pour une Politique agricole de la Terre à la Table

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Pourquoi une politique agricole ?

En fait parce que le Québec n’en a pas! Une multitude de lois ont forgé notre agriculture, mais aucune première politique ne vient orienter l’ensemble. Il en a résulté une gouvernance à vue de nez, sans gouvernail, avec une direction qui change au gré des crises agricoles.

Prenez action avec nous!

 

Pour une politique agricole de la Terre à la Table

Notre politique propose des mesures concrètes qui touchent aux enjeux au cœur de la vie agricole et du développement socioéconomique du Québec. Plus précisément, notre politique couvre :

  • La nécessité de passer d’une logique de subventions agricoles à une logique de contrat avec l’État afin de ne plus soutenir le volume produit, mais plutôt la qualité du travail des agriculteurs.
  • La réorientation du soutien vers l’ensemble des fermes québécoises, et non plus vers un groupe sélect de gros producteurs.
  • L’exclusion des intégrateurs du soutien de l’État, car le Québec ferait le choix de la ferme à échelle humaine et non plus d’un modèle industriel.
  • L’éco-conditionnalité non plus simplement comme une simple théorie, mais comme une réalité. La protection des ressources doit devenir une priorité.
  • L’ouverture du territoire, de la mise en marché collective, de la gestion de l’offre aux jeunes, aux néo-agriculteurs et à l’agriculture paysanne.
  • L’aplanissement des irritants pour les artisans, les fromagers, les producteurs d’alcool, et les producteurs du terroir, contenus dans la Loi sur la mise en marché des produits agricoles.
  • Le statut d’entrepreneur qu’il faut redonner aux agriculteurs.
  • La valorisation des agriculteurs dans leur rôle de fiduciaires de l’environnement.
  • L’inclusion du facteur de nordicité de notre agriculture dans le rôle de soutien de l’État.

Et finalement, le rétablissement de la démocratie en agriculture par la fin du monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles, réelle épine à l’épanouissement de l’agriculture du Québec.

Le projet de politique de souveraineté alimentaire dévoilé par le ministre Gendron le 22 mars dernier nous a convaincu qu’il nous fallait agir. La récupération politique, par le PQ, du concept de souveraineté alimentaire est honteuse. Il induit en erreur à la fois les agriculteurs et la population face à un concept élaboré par les groupes de paysans du monde entier et qui va bien au-delà de ce que le ministre Gendron propose.

Les membres paysans et citoyens de l’Union paysanne sont fiers de déposer cette politique agricole de la Terre à la Table, car elle correspond aux aspirations et aux souhaits des agriculteurs et de la population.

 


Pièces-jointes :

com-up_2013-05-15_Politique-Agri.pdf

PourUnePolitiqueAgricole.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

 

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

Vers une Déclaration des droits humains des paysans

En ce 10 décembre 2012, Journée internationale des droits humains, deux organisations québécoises tiennent à souligner une importante avancée dans la reconnaissance des droits humains de cette moitié de la population mondiale qui vit toujours en milieu rural.

À l’issu d’un processus amorcé en septembre passé, le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies adopta la résolution sur la Promotion des droits des paysans et des autres personnes vivant en milieu rural. Ainsi, le 27 septembire dernier, le Conseil des droits de l’Homme a mis en branle un processus menant à une éventuelle Déclaration sur les droits humains des paysans et des autres personnes vivant en milieu rural. Cette démarche est d’autant plus significative que les paysans eux-mêmes seront consultés au cours des travaux menant à l’élaboration du texte final de la Déclaration.

C’est à partir du constat de la vulnérabilité des communautés paysannes et de la nécessité de mesures spéciales pour garantir leurs droits, que le comité consultatif a élaboré le premier projet de déclaration. Le Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, proche du processus, considère qu’en protégeant l’accès à la terre et aux autres moyens de production une telle déclaration renforcerait l’agriculture paysanne de subsistance face à l’agriculture industrielle. Ceci offre, de l’avis de l’Union paysanne et du Comité pour la Justice sociale, une réelle solution au problème de la faim qui, à l’échelle mondiale, poursuit sa croissance malgré les promesses décennales de l’agro-industrie.

Les organisations québécoises sont consternées par l’absence d’appui à cette initiative de la part des pays riches du Nord. En effet, huit pays européens et les États-Unis se sont opposés à la résolution, qui, parrainée par la Bolivie, a néanmoins reçu l’appui de vingt-trois pays membres du Conseil. (Notons quinze abstentions.)

Selon Maxime Laplante de l’Union paysanne (organisation québécoise faisant partie de la coalition internationale la Via Campesina) la Déclaration, même à son stade actuel, servirait à aider le mouvement paysan à résister aux efforts des grandes compagnies transnationales, appuyées par des instances internationales et des gouvernements de certains pays du Nord, de remplacer l’agriculture écologique paysanne par une agriculture, dite plus productive, hautement dépendante des intrants chimiques et de la biotechnologie. Car, en plus du droit à la terre, la Déclaration met en évidence les droits des paysans de garder, de vendre ou d’échanger les semences, de protéger l’environnement et de ne pas être affectés par la contamination résultant de l’utilisation de produits chimiques et des OGM. Dans ce contexte, la proposition actuelle, dénoncée par la Via Campesina, d’autoriser la plantation au nord du Mexique de 2,4 million d’hectares de maïs génétiquement modifié, au détriment des semences traditionnelles et de l’agriculture paysanne, est en soi une violation des droits humains.

En Amérique centrale, le CJS a constaté les ravages causées par les activités des compagnies minières qui polluent l’eau et la terre, brisant des communautés entières et leurs moyens de subsistance en échange de quelques emplois qui disparaîtront sitôt le sol vidé de ses ressources. Également, les grandes plantations industrielles, dont la production est généralement destinée à l’exportation, souvent pour des biocarburants, remplacent les milliers de petits producteurs, leur coupant leur emploi, leur source de revenu, leur capacité de transmettre leur identité culturelle aux prochaines générations, tout en raréfiant les produits alimentaires dont le coût augmente.

Dans plusieurs pays du Sud, c’est tragiquement souvent au prix de leur vie que les paysans se mobilisent pour faire respecter leurs droits. Rappelons les décès survenus cette année au Honduras dans la vallée d’Aguàn où 300 000 paysans sans terre protestent encore aujourd’hui contre leurs conditions en occupant les terres de Facusse, riche propriétaire terrien. Bien que les agriculteurs du Nord ne subissent pas de graves violations de leur droit à la vie et à l’intégrité physique, ils souffrent, en tant que petits ou moyens agriculteurs, d’un manque de respect de leurs droits socio-économiques. À titre d’exemples, en Italie, le gouvernement central est présentement en Cour pour empêcher les instances régionales de la Calabre de favoriser la commercialisation des produits locaux. Au Québec, les petites fermes pratiquant une agriculture écologique diversifiée sont les parents pauvres du monde agricole. Sur tous les continents, des traités de libre échange, de plus en plus contraignants, et des plans d’investissement menacent l’agriculture paysanne locale.

C’est en honorant les défenseurs des droits des paysans partout dans le monde, que le Comité pour la justice sociale et l’Union paysanne saluent ce projet de Déclaration historique.

 

Maxime Laplante 418 926 2473
Karen Rothschild 450 458 2005

 

Pièce-jointe :

com-up-2012-12-10-declaration-droits-humains-paysans.pdf (71,5 ko)

Lettre envoyée à l’Ambassade du Honduras au Canada

Alors que l’agriculture paysanne est totalement négligée par les programmes gouvernementaux, le pays importe 70% des ses aliments. Presque la moitié de la population hondurienne d’un peu plus de 7, 6 millions vit en milieu rural. Entre 65% et 70% des honduriens habitant en milieu rural sont affectés par la pauvreté et 40% vivent dans la misère. Parmi les paysans honduriens, plus de 820 000 n’ont pas accès à suffisament de terres pour vivre.

Contenu de la lettre envoyée par l’Union paysanne

6 décembre 2012

Son Excellence Sofía Lastenia Cerrato Rodríguez
Ambassade du Honduras
151 Slater Street, suite 805
Ottawa, Ontario K1P 5H3

Votre Excellence:

Je vous adresse au nom de l’Union paysanne, un syndicat d’agriculteurs et de citoyens dont la mission est la promotion de l’agriculture paysanne et la défense des fermes familiales, afin de vous faire part de notre consternation devant la violence qui sévit dans la région du Bajo Aguán. En effet, nous constatons qu’il y a partout au Honduras un manque flagrant de respect pour les droits fondamentaux des paysans.

Dans la région du Bajo Aguán, en dépit des décisions récentes de la Cour régionale en faveur des communautés paysannes, de grands propriétaires terriens persistent dans leurs tentatives de s’accaparer des terres paysannes. Après avoir fait assassiner impunément plus de cinquante paysans de la région, ils visent actuellement l’État et le système judiciaire: le 22 septembre 2012, Antonio Trevino Cabrera, l’avocat qui représentait l’organisation paysanne MARCA, a été assassiné près de Tegucigalpa; le 24 septembre 2012, Manuel Eduardo Díaz Mazariegos, le Procureur spécial des droits de la personne du département de Choluteca, a été assassiné dans la ville de Choluteca; le 27 septembre 2012, le leader paysan et ancien coordinateur du mouvement international La Via Campesina, Rafael Alegría, a reçu un appel de la part du Président de la République lui prévenant d’une attaque planifiée contre sa personne ainsi que contre deux membres du gouvernement, César Ham, Ministre de la réforme agraire, et Ana Pineda, Ministre des droits de la personne.

Malgré la gravité de ces dernières menaces, dont les institutions internationales de droits de la personne ont été informées, l’État hondurien n’a pas été en mesure de faire arrêter cette vague de violence. Car le 10 novembre 2012, José Cecilio Pérez, président de la coopérative paysanne Despertar, a été assassiné près du village de El Tigre dans le Bajo Aguán.

Il va sans dire qu’il ne s’agit pas de crimes insensés mais plutôt d’une campagne planifiée par certains grands propriétaires (avec l’appui de leurs alliés au sein de l’appareil de l’État) dans le but de s’accaparer des plantations d’huile de palme cultivées par les coopératives paysannes du Bajo Aguán. Au niveau national, ces grands propriétaires utilisent tous les moyens pour contrer les efforts des paysans honduriens, qui essaient de convaincre le gouvernement hondurien d’adopter un authentique programme de réforme agraire.

Devant cette situation lamentable, l’Union paysanne demande au gouvernement hondurien de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des leaders et militants paysans et des défenseurs des droits de la personne, ainsi que de mettre fin à l’impunité des personnes ayant perpetré ou planifié les attaques contre ceux et celles qui essaient de faire respecter les droits de la personne des paysans honduriens.

Face à l’ampleur des violations des droits fondamentaux des paysans au Honduras, l’Union paysanne se permet de suggérer au gouvernement qu’il sollicite des visites de la part de la Commission interaméricaine des droits de la personne ainsi que des spécialistes en matière de droits de la personne de l’ONU.

En vous remerciant de votre attention, je vous prie, Votre Excellence, d’accepter l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Karen Rothschild, Union paysanne

 

Pièce-jointe :

lettre-a-l-ambassade-du-honduras.pdf (69,3 ko)