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Huit questions sur les enjeux agricoles aux candidats à la chefferie du Parti québécois

Début avril, l’Union paysanne a posé 8 questions aux 5 candidats à la chefferie du Parti Québécois. Ces questions couvrent une partie des intérêts des agriculteurs et de la population en matière d’agriculture et d’alimentation. Nous avions fait le même exercice lors de la campagne électorale de l’an passé. Fait toujours étonnant; l’agroalimentaire, pourtant au coeur des questions de société, se retrouve négligé lors des campagnes électorales.

De façon concrète, seulement Alexandre Cloutier n’a pas répondu, même avec rappel et extension des délais. Concernant les réponses des quatre autres candidats, elles sont intégrales et dans l’ordre que nous les avons reçues.

L’analyse? À vous de la faire. Il nous est possible d’être cynique, mais nous avons le devoir, comme citoyen, de talonner les hommes et femmes politiques afin qu’ils développent une pensée au-delà de slogans creux. Vous pourrez constater que les candidats se sont réellement appliqués par des réponses élaborées. Il y a des positions innovantes, certaines plus classiques, mais un réel effort que nous saluons.

Depuis Jean Garon, le PQ n’a plus jamais été le même en agriculture. Dans les coulisses, il était accusé d’être la succursale arrière de l’UPA, ce qui a nuit à ses appuis. Peut-être que dans les réponses plus bas se dessine une vision renouvelée de l’agriculture.

Pour ce qui est de la fameuse question du monopole de l’UPA, c’est toujours le même gris terne PQ. On évite de se prononcer clairement et sans envergure, quoique la réponse de Pierre-Karl Péladeau semble la plus ouverte à la question du pluralisme. Comme quoi l’idée et la question de la démocratie a encore du chemin à faire dans un parti qui se dit social-démocrate.

Benoit Girouard
Président Union paysanne

 


 

 

Questions posées et réponses obtenues

des candidat(e)s à la chefferie du PQ

 

Question 1

À l’heure actuelle, le Canada permet la vente de fromages de lait cru importés qui sont soumis à des exigences inférieures à celles auxquelles les fromages de lait cru québécois sont soumis. Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre pour remédier à cette situation inéquitable et favoriser la liberté de production des fromagers québécois?

{tab Pierre Céré}

Pierre CéréPierre Céré : Je considère que l’agriculture ne peut être transigée comme une marchandise. Faut faire une distinction entre un meuble fabriqué en Chine et un produit alimentaire. Entre temps, avec les ententes de libre-échange qui nous sont imposées, je propose d’y inclure des clauses de réciprocité des normes de fabrication. Question d’équité !

{tab Martine Ouellet}

Martine OuelletteMartine Ouellet : Depuis plusieurs années maintenant, l’offre de formages fins s’est grandement développée au  Québec et c’est une grande source de fierté pour les artisans fromagers dans nos terroirs. La concurrence des fromages européens pose cependant plusieurs enjeux pour ce créneau porteur. Le régime de contrôle en est un, puisque l’Agence canadienne d’inspection des aliments ne contrôle que le produit fini et non sa production – alors même que les exigences sanitaires sont moins serrées dans l’Union européenne qu’ici. La solution se trouve-t-elle du côté des exigences du MAPAQ ou du contrôle de l’ACIA? Au Québec, je propose de dresser le bilan du resserrement des exigences qui a eu lieu en 2008 : comment cela s’est-il traduit pour les fromagers? Quels ont été les gains réels en termes de sécurité alimentaire?

Cet aspect ne doit pas faire oublier les enjeux soulevés par le nouvel Accord de libre-échange avec l’Union européenne. Le gouvernement fédéral a choisi de satisfaire les producteurs de bœuf de l’Ouest, il a marchandé l’augmentation des quotas d’importation du bœuf contre un accès supplémentaire des fromages européens au marché canadien. On voit bien que les intérêts du Québec ne sont pas représentés, alors que nous produisons plus de 50% des fromages au Canada – et plus de 60% des fromages fins! Il est urgent que le Québec devienne indépendant afin que nous puissions négocier nos propres ententes à l’international. De plus, d’autres pistes peuvent être explorées, notamment via les nouvelles technologies d’épuration du lait cru qui ne nécessitent pas de le chauffer à plus de 40 °C.

{tab Bernard Drainville}

Bernard DrainvilleBernard Drainville : En raison de notre statut de province au sein du Canada, l’inspection des fromages importés est sous la responsabilité du gouvernement fédéral via l’Agence canadienne d’inspection des aliments alors que les fromagers québécois doivent respecter les normes du MAPAQ. Cette situation de deux poids deux mesures démontre bien l’une des limites inhérentes à notre statut politique. Cet enjeu est d’autant plus important que l’entente de libre-échange avec l’Europe prévoit un contingent d’un peu plus de 17 000 tonnes supplémentaires de fromages européens sur notre marché. Alors que près de  60% des fromages fins canadiens sont produits au Québec, il me semble important de s’assurer que les fromages européens et québécois soient soumis à des exigences similaires. Le gouvernement québécois devra exercer de fortes pressions afin que le gouvernement fédéral impose et mette en œuvre de telles normes. Nous devrions également étudier la possibilité de contrôler l’état bactériologique des fromages importés chez les détaillants. Évidemment, dans un Québec indépendant, nous ne dépendrions pas de la bonne volonté d’Ottawa.

{tab Pierre-Karl Péladeau}

Pierre Karl PéladeauPierre-Karl Péladeau : Les normes imposées aux producteurs fromagers du Québec devraient aussi s’appliquer aux fromages importés. Le MAPAQ doit analyser cette question, puisqu’une partie des normes de fabrications sont imposées par le Québec, d’autres le sont par le gouvernement fédéral. Toutefois, c’est le gouvernement du Canada qui a la responsabilité du contrôle des frontières et des produits importés qui entrent ici, tout comme c’est le Canada et non le Québec qui négocie le volet agricole des accords commerciaux internationaux.

La conclusion de l’AECG implique un certain nombre d’enjeux pour les producteurs agricoles :
– Pour certaines productions (bœuf, porc, bison, sirop d’érable, canneberge, bleuet, bois, aliments transformés, etc.), il s’agit d’une annonce positive, car elle améliore l’accès aux marchés européens.
– Les grands perdants de cette entente sont les producteurs en matière de fromages artisanaux, de lait de vache, de chèvre et de brebis : Les gouvernements du Canada et du Québec ont promis des compensations, mais les pertes de productions annuelles sont estimées à 180 millions de litres (150 M$), uniquement pour le lait de vache.
Le budget annuel de la Politique agricole commune de l’Union européenne avoisine les 80 G$.  La part des subventions dans le revenu des producteurs laitiers européens est passée de 44 % en 2006 à 64 % en 2009, ce qui a un effet sur les prix sur le marché mondial.

Le gouvernement de Pauline Marois avait exigé que les compensations promises par le gouvernement fédéral soient annoncées et satisfaisantes pour les producteurs avant que l’accord ne soit signé, un engagement sur lequel le gouvernement de Philippe Couillard a reculé.

Concernant l’AECG, les gouvernements libéraux ont failli à leurs tâches à deux reprises :
– En 2009, alors que le gouvernement Charest aurait dû exiger que le système de gestion de l’offre soit exclu des négociations, comme cela a été fait pour les subventions européennes au secteur agricole.
– Actuellement, alors que le gouvernement Couillard a renoncé au rapport de force qui avait été établi vis-à-vis Ottawa; le premier ministre a en effet laissé entendre qu’il serait prêt à ratifier l’accord sans s’assurer que les producteurs soient correctement indemnisés. Pourtant, dans les jours suivant la conclusion de l’AECG, le gouvernement fédéral avait annoncé une compensation de 280 M$ dans un fond fédéral-provincial totalisant 400 M$ pour les pêcheurs de Terre-Neuve en lien avec cet accord. L’industrie automobile ontarienne recevra également 500 M$ sur deux ans pour un accord avec la Corée du Sud… qui n’était même pas encore signé.

Le Québec, particulièrement le gouvernement de Philippe Couillard, n’est qu’un spectateur dans ces négociations commerciales internationales et est à la merci d’Ottawa dans la défense de la gestion de l’offre, un des politiques agricoles les plus importantes pour l’économie du Québec.
Le gouvernement du Québec doit faire plus qu’appuyer les producteurs. Il doit se doter d’une stratégie et monter au front pour s’assurer qu’Ottawa défende adéquatement le secteur agricole québécois dans les négociations d’accords commerciaux, dont le PTP.

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Question 2

Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre pour assurer la liberté d’association aux producteurs agricoles du Québec et garantir le pluralisme syndical comme dans tous les autres secteurs d’emploi au Québec, au Canada et dans le monde?

{tab Pierre Céré}

Pierre CéréPierre Céré : Il est très dangereux de soumettre l’agriculture aux seules lois du marché. La syndicalisation agricole, comme nous la connaissons, offre un contrepoids essentiel à ces dernières. Je suis d’accord pour ouvrir un dialogue et trouver nos points d’équilibre pour continuer à développer ce beau secteur d’activité.

{tab Martine Ouellet}

Martine OuelletteMartine Ouellet : Compte tenu des défis auxquels fait face l’agriculture dans un contexte d’économie mondialisée, il est essentiel d’avoir un rapport de force. Les syndicats sont de grands artisans du progrès social et économique du Québec. Ceci étant dit, la question syndicale en agriculture doit être abordée et c’est au milieu agricole de trancher sur le type de système qu’il désire maintenir. Je préconise de documenter cette question pour avoir un portrait complet des enjeux. L’objectif est de permettre aux différents acteurs de trouver une solution équilibrée qui permettra de concilier une industrie forte devant la compétition étrangère tout en permettant l’agriculture émergente et l’innovation au Québec, grande créatrice de richesse.

{tab Bernard Drainville}

Bernard DrainvilleBernard Drainville : Je considère que cette décision doit revenir aux agriculteurs eux-mêmes, les mieux placés pour juger des avantages et des inconvénients de chaque modèle. Il demeure que la fragmentation de la représentation agricole pourrait affaiblir la force de représentation de tous les producteurs agricoles, petits ou grands, dans un contexte où le gouvernement québécois semble faire peu de cas du monde agricole, sans parler du gouvernement canadien.

{tab Pierre-Karl Péladeau}

Pierre Karl PéladeauPierre-Karl Péladeau : Il appartient au monde agricole de définir les modes de représentation que les producteurs souhaitent mettre en place pour gérer leurs négociations et leur mise en marché et de s’assurer que les intérêts de tous les types et tous les modes d’agriculture soient représentés équitablement.

Dans un contexte de souveraineté alimentaire, je crois cependant qu’il faut être sensible à des modes de production alternatifs qui permettent d’autres modèles de production, notamment ceux de type familial. Cette approche de l’agriculture, qui se développe et qui fait retour en force partout sur la planète, permet des productions parfois artisanales, originales, durables et branchées. Cette agriculture à plus petite échelle alimente des réseaux de consommation novateurs qui soutiennent directement les producteurs, en plus de favoriser le rapprochement entre ceux-ci et les communautés qu’ils desservent. Il faut faire place à cette approche dans le monde agricole québécois et cultiver plus globalement nos terroirs, soutenir l’innovation de nos productions, appuyer le développement de la relève agricole, investir dans nos filières bioalimentaires les plus prometteuses, encourager les secteurs d’exportations, mais aussi favoriser la consommation des produits québécois par nos citoyens. L’agriculture et le milieu agricole revêtent une importance considérable pour l’avenir du Québec. C’est un secteur économique qu’il faut continuer d’appuyer collectivement en misant sur sa diversité et sa qualité, tout en soutenant l’audace de ses producteurs.

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Question 3

Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre envers l’utilisation d’hormone de croissance, d’antibiotique et de pesticides qui se retrouvent dans notre alimentation

{tab Pierre Céré}

Pierre CéréPierre Céré : Je propose d’intensifier l’appui et faire la promotion de l’agriculture biologique. Ainsi, nous pourrions, de ce fait, régler plusieurs questions d’hormones de croissances, antibiotiques et pesticides. Le développement des produits du terroir me préoccupe, nous avons tout ce qu’il faut au Québec pour le stimuler.

{tab Martine Ouellet}

Martine OuelletteMartine Ouellet : Nous devons faire un bilan à mi-parcours de la mise en place de la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture. Les pesticides systémiques tels que les néonicotinoïdes doivent faire l’objet d’une attention particulière. Au Québec, ce sont entre autres les groupes environnementaux et la Fédération des apiculteurs qui s’inquiètent des impacts de ces produits sur les écosystèmes – particulièrement les pollinisateurs et les autres espèces utiles – ce qui menace, à terme, la productivité de l’environnement agricole. D’ailleurs le lien entre leur utilisation et les mortalités d’abeilles a été établi par l’Agence de règlementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. Sur des constats similaires, en 2013 la Commission européenne a suspendu leur utilisation. Bien que le gouvernement fédéral soit responsable de l’homologation des produits phytosanitaires, le Québec peut restreindre l’accès ou interdire un produit sur son territoire et je crois que nous devons nous inspirer de l’exemple européen et exercer un leadership fort sur cette question. Nous aurions tout avantage à ce que le Québec devienne un pays afin d’être en mesure d’appliquer sur l’ensemble de notre territoire nos propres lois.

{tab Bernard Drainville}

Bernard DrainvilleBernard Drainville : Le premier rôle du gouvernement est d’assurer la protection de sa population. Je considère que le gouvernement doit veiller consciencieusement à ce que les antibiotiques, les hormones de croissance et les pesticides soient utilisés adéquatement en fonction des connaissances scientifiques actuellement disponibles. Sur l’utilisation d’antibiotique, le gouvernement doit poursuivre son travail de sensibilisation et veiller au respect de règles claires afin d’éviter que leur utilisation sur les animaux ne permette le développement de bactéries résistantes. Il s’agit d’un risque réel. Le gouvernement doit prendre les moyens nécessaires pour prévenir le développement de telles résistances et surveiller attentivement ce secteur, surtout lorsque les antibiotiques sont utilisés comme facteur de croissance, et non pas seulement pour soigner un animal. Par ailleurs, les autorités compétentes du gouvernement québécois comme les ministères et les organismes experts doivent procéder à une évaluation rigoureuse et constante des connaissances scientifiques actuelles et à venir concernant l’utilisation de tout produit pouvant avoir un effet sur la santé humaine et animale.

{tab Pierre-Karl Péladeau}

Pierre Karl PéladeauPierre-Karl Péladeau : Je crois qu’il faut favoriser d’autres modes de production agricole et permettre l’émergence d’autres approches de production que ce soit la filière biologique ou que ce soit d’autres techniques. Le secteur bioalimentaire québécois est actuellement en pleine effervescence et je crois qu’il y a place pour des approches innovantes en matière de traçabilité, d’innocuité des aliments, de protection et de mise en valeur des terroirs. L’utilisation des pesticides, des hormones et des antibiotiques dans le secteur agricole devrait faire l’objet de règles d’utilisation très strictes au fur et à mesure que la science témoignera des effets nocifs de ces produits au sein de la chaîne alimentaire humaine. Cette évolution doit se faire progressivement pour permettre en accompagnant les producteurs et en mettant à contribution le milieu de la recherche.

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Question 4

Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre pour augmenter la production biologique au Québec?

{tab Pierre Céré}

Pierre CéréPierre Céré : Je propose d’intensifier l’appui et faire la promotion de l’agriculture biologique.

{tab Martine Ouellet}

Martine OuelletteMartine Ouellet : Le secteur biologique doit nécessairement croître puisque la production actuelle ne suffit pas à satisfaire la demande et on estime que 70 à 75 % des produits biologiques consommés ici sont importés. Je souhaite que le Québec se dote d’une stratégie de soutien à la production biologique qui comprendrait notamment une aide spécifique à l’installation, une aide à la transition pour les agriculteurs qui opéraient auparavant en régie conventionnelle et une offre adaptée de produits de gestion des risques. Un autre enjeu qui me tient à cœur est celui de la mise en marché des produits par circuits courts – un modèle répandu dans la filière biologique. Pour les consommateurs, les circuits courts offrent une meilleure traçabilité et une meilleure transparence sur les modes de production. Pour les producteurs, les circuits courts sont synonymes d’augmentation des marges, de valorisation du métier et de contact convivial avec la clientèle. A un niveau régional, les circuits courts encouragent le maintien et le développement de fermes familiales diversifiées. C’est pourquoi j’ai inscrit dans ma plateforme un engagement à soutenir le système d’agriculture soutenue par la communauté, dans lequel les consommateurs sont alimentés directement par leurs fermiers de famille.

{tab Bernard Drainville}

Bernard DrainvilleBernard Drainville : Avec la politique de souveraineté alimentaire, le Parti Québécois visait à ce qu’au moins 50% des produits consommés par les Québécois soient des aliments produits localement, sur notre territoire. De mon point de vue, il s’agit d’une occasion à saisir pour les producteurs biologiques du Québec qui doivent bénéficier des atouts de cette politique pour augmenter leur production. En facilitant l’identification des produits québécois, les produits biologiques en sortiront également gagnants.

{tab Pierre-Karl Péladeau}

Pierre Karl PéladeauPierre-Karl Péladeau : Il faut cultiver la diversité de nos approches dans le monde agricole pour augmenter la création de richesses et permettre aux hommes et aux femmes qui choisissent ce secteur de bien vivre. L’agriculture biologique est appelée à connaître une croissance impressionnante au fil des prochaines décennies. Il faut encourager ce secteur et trouver des façons innovantes d’appuyer ses entrepreneurs. La politique de souveraineté alimentaire donne des pistes de réflexion à explorer, mais il serait également grand temps d’envisager des appuis stratégiques à la culture en serre, notamment par l’entremise de nos surplus électriques. De cette façon, nous pourrions sans doute aider à faire émerger des chefs de file québécois en agriculture biologique en serre. Il n’en tient qu’à nous de proposer un monde agricole d’avenir pour le Québec. En cette matière et dans bien d’autres secteurs, on doit pouvoir s’inspirer des meilleures pratiques internationales.

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Question 5

Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre en matière d’étiquetage des OGM sachant que cette question fait l’objet d’une quasi-unanimité chez les Québécois depuis 20 ans?

{tab Pierre Céré}

Pierre CéréPierre Céré : Un Québec indépendant pourrait, face à un consensus comme celui de l’étiquetage des OGM, avoir sa propre politique et obliger les transformateurs de produits agricoles à inscrire clairement sur les étiquettes ce que nous mangeons

{tab Martine Ouellet}

Martine OuelletteMartine Ouellet : Je suis d’avis que les citoyens sont en droit d’avoir l’ensemble des informations relatives aux modes de production des aliments qui se retrouvent dans leur assiette. À l’instar des données nutritionnelles obligatoires, elles permettent d’éclairer les décisions d’achat. La question des organismes génétiquement modifiés (OGM) dépasse le seul enjeu de l’étiquetage. Au Québec, plusieurs producteurs agricoles s’inquiètent de la contamination des OGM, tout particulièrement car ce phénomène compromet la certification biologique et l’intégrité de leurs productions. J’estime qu’il s’agit d’une question de libre-choix et que l’opportunité d’établir des zones agricoles sans OGM doit être abordée. Toute la question des OGM dépasse largement les frontières du Québec et du Canada. Les discussions à ce sujet doivent être abordées au niveau international et pour y prendre pleinement part, le Québec doit être un pays indépendant.

{tab Bernard Drainville}

Bernard DrainvilleBernard Drainville : Je suis favorable à des règles claires en matière d’étiquetage des OGM afin d’assurer plus de transparence et d’information pour la population québécoise.

{tab Pierre-Karl Péladeau}

Pierre Karl PéladeauPierre-Karl Péladeau : Le principe de précaution commande que les Québécois puissent connaître la provenance et l’origine des aliments qu’ils consomment. En matière d’étiquetage, il ne fait aucun doute que le système actuel est perfectible. Comme prochain chef du Parti Québécois, je souhaite tenir ce débat avec le monde agricole et bioalimentaire pour que nous dégagions les standards les plus élevés en cette matière en Amérique du Nord.

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Question 6

Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre afin de favoriser la relève agricole?

{tab Pierre Céré}

Pierre CéréPierre Céré : Afin de permettre à la relève agricole d’acquérir une ferme, nos politiques devraient être bonifiées et mises à jour régulièrement :
Création d’un fonds d’investissement et de développement agricole québécois, visant à ralentir le phénomène d’accaparement des terres, mais aussi, à servir de levier afin d’aider la relève à s’y établir ;
Élaboration d’une politique d’établissement agricole favorisant le démarrage d’entreprise ;
Mise sur pied de mesures fiscales pour les acheteurs et les vendeurs ;
Offre de formation agricole toujours renouvelée.

{tab Martine Ouellet}

Martine OuelletteMartine Ouellet : Un milieu agricole fort est vital pour la santé économique des Québécois et pour l’occupation de notre territoire. Lors du dernier mandat au gouvernement du Parti Québécois, nous avons bonifié l’aide financière à la relève. Je souhaite poursuivre ce travail d’appui aux aspirants agriculteurs en offrant un capital-patient pour l’acquisition de terres et la reprise de fermes. Au sujet de la financiarisation des terres agricoles, qui est un enjeu intimement lié à celui de la relève, je considère qu’au Québec, on ne veut pas devenir un peuple de locataires, on veut être des propriétaires. Il ne faut surtout pas que nos terres arables deviennent un outil de spéculation. C’est pourquoi je compte documenter le phénomène de la financiarisation des terres agricoles et en concertation avec le milieu, la contrer. Il s’agit de préserver et de pérenniser le modèle québécois d’agriculture familiale, mais aussi de créer les conditions d’un réel dynamisme rural. De plus, il existe des façons de faire ailleurs dans le monde pour protéger la propriété des terres agricoles et faire en sorte que la relève soit favorisée lorsque des terres deviennent disponibles sur le marché.

{tab Bernard Drainville}

Bernard DrainvilleBernard Drainville : Le défi de la relève agricole figure tout en haut des enjeux soulevés par le milieu depuis plusieurs années. On le sait, acheter une ferme de nos jours peut être très coûteux, encore plus s’il faut racheter un quota de production. C’est sans parler de la difficulté pour certains d’obtenir le financement nécessaire à l’achat. Plusieurs jeunes désireux de se lancer dans la production agricole en démarrant une petite ferme, souvent pour des productions de niche, m’ont dit que les programmes n’étaient pas faits pour eux et demeuraient difficilement accessibles.

Évidemment, il y a aussi toutes les difficultés de transfert de fermes apparentées ou non. Il me semble que parmi les solutions qu’il nous faut envisager, la refonte des programmes de la Financière agricole est une voie obligée. Les programmes de la Financière devraient être remodelés pour aider les jeunes de la relève, non seulement pour racheter les fermes actuelles, mais aussi pour en lancer de nouvelles. Plus généralement en matière de développement économique, je propose également de bâtir une nation d’entrepreneurs au Québec. Pour ce faire, je prévois augmenter la formation en économie et en entrepreneuriat des jeunes Québécois, faciliter la vie à nos PME en réduisant le fardeau des exigences réglementaires, et faciliter les exportations de nos produits.

{tab Pierre-Karl Péladeau}

Pierre Karl PéladeauPierre-Karl Péladeau : Je me suis engagé le 11 mars dernier à favoriser la pérennité des fermes du Québec au lieu de leur démantèlement par un meilleur accompagnement du transfert et à examiner la possibilité de limiter la propriété étrangère des terres agricoles. Il faut éviter l’accaparement complet des terres par des intérêts étrangers. Les règles en vigueur rendent plus avantageuse la vente de terres à l’extérieur de la famille qu’à sa propre relève familiale.

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Question 7

Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre afin d’augmenter les achats institutionnels de produits du Québec malgré les accords de l’ALENA?

{tab Pierre Céré}

Pierre CéréPierre Céré : Lors de négociations d’ententes de libre-échange comme l’ALENA, nous pourrions nous affirmer et nous doter d’une véritable politique de souveraineté alimentaire qui nous donnerait les moyens d’augmenter l’achat institutionnel de produits québécois. Ceci constituerait un marché considérable pour commercialiser les produits.

{tab Martine Ouellet}

Martine OuelletteMartine Ouellet : En mai 2013, le gouvernement du Parti Québécois a annoncé la mise en place d’une stratégie d’approvisionnement local propre aux établissements publics. Celle-ci passe notamment par un accompagnement des entreprises agroalimentaires et par l’accélération des travaux sur l’ajout de nouveaux critères dans les appels d’offres publics. En plus de continuer cette stratégie, je souhaite entamer un travail auprès des distributeurs et détaillants privés. Par exemple, dans le secteur de la grande distribution alimentaire, certaines enseignes exigent que leurs détaillants s’approvisionnent à 90% auprès de leur bannière, ce qui limite la liberté des détaillants de s’approvisionner en circuits courts auprès de producteurs locaux. Je m’engage à mettre en place des incitatifs afin que les grandes bannières laissent une plus grande flexibilité à leurs détaillants de favoriser les producteurs québécois et régionaux. De plus, la Société des alcools du Québec doit elle aussi participer à une plus grande présence des produits québécois et régionaux. Entre autres, il faut donner plus d’autonomie aux succursales afin qu’elles puissent conclurent des ententes avec les producteurs locaux pour distribuer leurs produits.

{tab Bernard Drainville}

Bernard DrainvilleBernard Drainville : Récemment, j’ai présenté avec le député Sylvain Gaudreault le document Projet Vert Québec visant à faire du Québec la première économie verte des Amériques en nous libérant de notre dépendance au pétrole. Dans ce plan d’action, je propose de créer une clause de développement durable dans le processus d’octroi des contrats gouvernementaux.

Actuellement, la règle du plus bas soumissionnaire et les accords de libre-échange empêchent trop souvent nos petites entreprises régionales de remporter les appels d’offre, même si elles se trouvent à proximité. Avec une clause de développement durable (ou écoresponsable) qui donne des points en fonction de l’empreinte écologique, l’achat de proximité, qui nécessite beaucoup moins de transport, sera favorisé.  Les produits québécois pourront ainsi plus facilement se tailler une place au sein du réseau d’approvisionnement du gouvernement québécois qui dépense près de 30 milliards par année en incluant les réseaux de santé et d’éducation.

{tab Pierre-Karl Péladeau}

Pierre Karl PéladeauPierre-Karl Péladeau : Lors du débat du Parti Québécois à Trois-Rivières, j’ai pris l’engagement de mettre en œuvre le concept de préférence québécoise, notamment dans les achats des institutions publiques du Québec tels que les hôpitaux et les écoles et de mettre en place la politique visant à encourager et favoriser la culture en serre. Il va de soi que les achats gouvernementaux constituent un puissant levier collectif dans le domaine alimentaire, mais également dans beaucoup d’autres aspects de la vie économique.

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Question 8

La forêt québécoise est une ressource, une richesse, une fierté), si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre afin de «faire autrement» en matière de forêt?

{tab Pierre Céré}

Pierre CéréPierre Céré : Étant un fier Abitibien, je connais bien l’importance de nos ressources naturelles, notre forêt en est une ! Chez nous, au Québec, il y a la grande forêt publique et il y a les forêts privées, gérées par 130 000 individus. Ces forêts jouent un rôle important. En plus de ce qu’on y récolte, elles fournissent des bénéfices environnementaux comme des cours d’eau de qualité qui sont essentiels à la biodiversité. Je propose de donner plus de moyens au ministère des Ressources naturelles pour avoir un portrait à jour de nos forêts et un plan de gestion à long terme. De plus, comme avec toutes nos ressources naturelles, mettre sur pied des programmes de transformation régionale de ces produits sera ma priorité.

{tab Martine Ouellet}

Martine OuelletteMartine Ouellet : La forêt, comme l’agriculture, représente un élément-clé du développement des régions. Pour plusieurs communautés du Québec, elle est la base même de la vie économique et sociale.  Lorsque j’étais ministre des Ressources naturelles, j’ai piloté le premier Rendez-vous national de la forêt québécoise, qui a réuni plus de 250 parties prenantes de la filière bois à Saint-Félicien. L’objectif était de dégager une vision consensuelle de l’avenir de la filière et de convenir des actions à mettre en œuvre pour y parvenir. Ce Rendez-vous de réflexion, unanimement salué, a débouché sur la mise en place de trois chantiers de travail d’importance, animés par des intervenants reconnus du secteur forestier. En avril 2013, j’ai également lancé la Charte du bois, qui vise à maximiser  l’utilisation de ce matériau noble dans la construction au Québec. Comme chef du Parti Québécois puis comme première ministre, je souhaite poursuivre ce travail de transformation de l’industrie en moteur d’une nouvelle économie verte, notamment en appuyant les entreprises forestières innovantes qui misent sur des produits à forte valeur ajoutée.

{tab Bernard Drainville}

Bernard DrainvilleBernard Drainville : De mon point de vue, une des voies d’avenir dans le secteur de la forêt consiste à miser sur les nouvelles technologies comme la nanocellulose, une fibre particulière du bois présentant de nombreux avantages pour améliorer les produits existants.  L’utilisation accrue de ce produit permet actuellement de consolider et de développer de nouveaux emplois.  Nous devons également continuer d’aller de l’avant avec la Charte du bois adopté sous le dernier gouvernement du Parti Québécois.

{tab Pierre-Karl Péladeau}

Pierre Karl PéladeauPierre-Karl Péladeau : Le gouvernement fédéral a mis de l’argent – des milliards – dans secteurs stratégiques comme l’automobile et le pétrole. Pendant ce temps, des grenailles dans l’industrie forestière. C’est une situation qui a fait mal à l’industrie. Plutôt que de couper comme le font les libéraux actuellement, il faut investir dans la recherche et développement notamment dans les industries traditionnelles telles que l’industrie forestière.

Je me suis engagé plus tôt dans cette campagne à :
– Appuyer des entreprises qui investissent en recherche et développement
Je pense au concept de « chimie verte », ce qui sera bénéfique pour la l’industrie forestière au Québec. En créant et en localisant des entreprises de recherche et développement à proximité de la ressource nous pourrions développer de nouveaux secteurs d’activités industrielles à partir notamment de la fibre de bois : nouveaux tissus, colles, solvants, peintures et d’autres sous-produits.

J’aime bien citer en exemple FPinnovation. Fondé sur le principe de la recherche collaborative, ce modèle combine des alliances stratégiques de recherche à des ententes de licences et de coentreprises sans perdre de vue les besoins de nos membres et clients. Nous allons au-delà de la R-D traditionnelle pour adopter une orientation axée sur le marché qui intègre le système BAAC (besoins, approche, avantages, concurrence), conçu par la firme SRI International et adapté aux caractéristiques particulières de l’industrie forestière et de l’économie canadienne.

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Huit questions sur les enjeux agricoles aux candidats à la chefferie du Parti québécois

Depuis maintenant 14 ans, l’Union paysanne porte la voix des agriculteurs et de la population en faveur d’une agriculture et d’une alimentation à échelle réellement humaine.

Assez étrangement, il est rare d’entendre parler d’agriculture et d’alimentation même si celles-ci représentent une part importante de l’économie du Québec. Ainsi, comme nous l’avions fait aux élections générales de 2014, nous souhaitons profiter de la course à la chefferie au Parti québécois pour sonder les candidats et la candidate sur leurs positions et les engagements qu’ils sont prêts à prendre.

En effet, afin de bien comprendre où se situe chaque candidat en matière d’agriculture et d’alimentation, l’Union paysanne leur demande de répondre à sept questions qui couvrent une partie des intérêts des agriculteurs et de la population québécoise. Leurs réponses seront dévoilées sur notre site Web.

Nous les invitons donc, dès maintenant, à mettre les enjeux agricoles, de forêt, de ruralité et d’alimentation à l’avant plan dans cette course à la chefferie. Leurs réponses seront dévoilées vers le 10 avril.

Questions

  1. À l’heure actuelle, le Canada permet la vente de fromages de lait cru importés qui sont soumis à des exigences inférieures à celles auxquelles les fromages de lait cru québécois sont soumis. Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre pour remédier à cette situation inéquitable et favoriser la liberté de production des fromagers québécois?
  2. Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre pour assurer la liberté d’association aux producteurs agricoles du Québec et garantir le pluralisme syndical comme dans tous les autres secteurs d’emploi au Québec, au Canada et dans le monde?
  3. Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre envers l’utilisation d’hormone de croissance, d’antibiotique et de pesticides qui se retrouvent dans notre alimentation
  4. Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre pour augmenter la production biologique au Québec?
  5. Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre en matière d’étiquetage des OGM sachant que cette question fait l’objet d’une quasi-unanimité chez les Québécois depuis 20 ans?
  6. Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre afin de favoriser la relève agricole?
  7. Si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre afin d’augmenter les achats institutionnels de produits du Québec malgré les accords de l’ALENA?
  8. La forêt québécoise est une ressource, une richesse, une fierté), si vous êtes élu(e) chef du Parti québécois, quels engagements êtes-vous prêt(e) à prendre afin de «faire autrement» en matière de forêt?

 Voir les réponses obtenues ici

 

Le Parti Québécois ne comprend rien au monde agricole

Lachute, jeudi 3 octobre. La Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) se penchera, aujourd’hui, sur un projet de loi resserrant l’accès  aux terres agricoles du Québec par des étrangers. Dans les faits, ce projet de loi déposé par le PQ ne fait que rendre plus difficile ce qui l’était déjà. D’ailleurs, l’étude Meloche Debailleul1 a  confirmé au ministre Gendron que l’achat de terres agricoles par des étrangers était marginal et que l’acquisition par des fonds de capitaux était en deçà de 2%.

Alors pourquoi un projet de loi de second rang au lieu de s’occuper des priorités? Nul ne peut expliquer pourquoi le Parti Québécois évite par tous les moyens de donner suite au rapport Pronovost. Depuis 12 ans, l’Union paysanne répète sans cesse qu’il est difficile pour les jeunes, les ruraux et les paysans d’avoir accès à leur propre territoire agricole. Les rapports Pronovost et Ouimet sont allés dans le même sens. Pendant que le ministre Gendron nous demande de nous occuper d’un faux problème, la spéculation, les terres en friches, l’étalement urbain et la priorité donnée aux gros propriétaires se poursuivent et constituent le vrai problème de notre zone agricole. Le péril n’est pas étranger comme voudrait le laisser croire le PQ, mais il est bien de chez nous et existe depuis plus de 20 ans.

Un parti responsable devra revoir la mission de la Commission de protection du territoire agricole afin qu’elle favorise une occupation du territoire décentralisée et à échelle humaine. Des aspects de la loi devront être renforcés pour contrer l’étalement urbain aux abords des grands centres, tout en favorisant une plus grande utilisation des terres agricoles dont 50 % sont en friche au Québec.

Pour y arriver il faudra d’abord avoir un ministre de l’Agriculture capable d’admettre que le monde a changé et que notre agriculture suit un modèle de développement des années 70. Aujourd’hui, la relève agricole est de moins en moins familiale, débute plus tard et les femmes y occupent une place plus importante. Cette relève investit le terroir, le bio, la valeur ajoutée, la proximité et des fermes de plus petite taille. Pendant ce temps, tous les autres secteurs de l’agriculture sont en diminution constante. Le Québec a besoin d’une réforme agraire et ça presse.

1: Jean-Philippe Meloche et Guy Debailleul, Acquisition des terres agricoles par des non-agriculteurs au Québec  ampleur, causes et portée du phénomène, rapport, CIRANO, février 2013.

 

Pièce-jointe : com-up_2013-10-03_PQ-ne-comprend-rien.pdf (118 ko)

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

Le ministre Gendron envoie ses miettes aux terroirs

Lachute, 6 juin 2013. L’Union paysanne se désole des miettes annoncées aujourd’hui par le ministre François Gendron dans le cadre d’un nouveau Programme d’appui au développement des appellations réservées et des termes valorisants (PADARTV)1. Ce programme assorti d’une enveloppe budgétaire de 1,6 million de dollars, pour la période 2013-2016, constitue tout simplement une insulte aux artisans des terroirs.

Sur la même période de temps, l’Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) coûtera à l’état plus de 2 milliards de dollars pour simplement garantir les prix agricoles. Non pas pour améliorer le niveau de vie des agriculteurs ou encourager la diversification, mais seulement pour combler l’écart avec le marché.

C’est ce programme qui sclérose le modèle agricole québécois. Le gouvernement de Pauline Marois refuse de le modifier, favorisant au passage les intégrateurs au détriment de l’ensemble des agriculteurs. Malgré les recommandations du rapport Pronovost et du rapport St-Pierre, le gouvernement actuel ne semble pas avoir compris les attentes de la population du Québec en matière d’agroalimentaire. Le développement d’appellations réservées coûte au bas mot plus de 200 000$ sans compter tout le reste. Le montant alloué représente bel et bien des miettes.

Pour l’Union paysanne, la gestion de l’agriculture par le gouvernement Marois est pour l’instant une suite de profondes déceptions. Nous attendons encore une politique agricole qui reprendra les recommandations du rapport Pronovost, et qui redonnera aux agriculteurs et à la population une fierté, de la Terre à la Table.

 

1: http://bit.ly/111OJ0g

 


 

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Caroline Pageau
Administratrice
418-934-3361

 

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

Pièce-jointe : com-up_2013-06-06_appellations.pdf (92 ko)

 

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Politique agricole : le Parti québécois doit refaire ses devoirs!

Le Parti québécois a déposé le 16 mai dernier une politique dite de souveraineté alimentaire. Nous, agriculteurs, citoyens, artisans de la terre et de la table, pensons que cette politique dénature le concept de souveraineté alimentaire et n’offre aucun moyen pour résoudre les crises qui se sont multipliées dans le monde agricole. Lire la suite

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Nous demandons une vraie politique agricole!

 

j-appuie-la-politique-agricole 200 

Nous, soussignés, citoyens, agriculteurs, artisans de la terre et de la table, sommes convaincus que le modèle agricole en place est responsable des problèmes que nous vivons et qu’une politique agricole digne de ce nom doit appliquer les recommandations des rapports Pronovost, St-Pierre et Ouimet pour réorienter ce modèle.

 

 

 

Essentiellement, nous demandons :

  • Que la vente des produits agricoles à la ferme et en circuits courts ne soit plus assujettie à un office de mise en marché et que « l’adoption d’un règlement imposant des limites aux ventes que chaque producteur a le droit d’effectuer dans ces lieux de vente soit interdite »; cela afin de diversifier notre agriculture, d’améliorer les revenus des petites et moyennes fermes et de répondre autant aux nombreux jeunes ruraux souhaitant débuter en agriculture qu’aux besoins et au savoir-faire des artisans des métiers de bouche.
  • Que l’Assurance Stabilisation des Revenus Agricoles (ASRA) soit graduellement remplacée par un programme de soutien universel basé sur les propositions du rapport St-Pierre. Ce rapport qualifiait le programme de l’ASRA d’inéquitable et d’improductif pour l’ensemble des agriculteurs et des productions. Que les intégrateurs soient graduellement exclus de l’ASRA et du soutien destiné aux agriculteurs afin de préserver l’agriculture familiale comme base d’un nouveau modèle agricole. Parallèlement, nous demandons la transition d’une politique de subvention vers une entente contractuelle entre l’agriculteur et l’État (Contrat vert), redonnant ainsi au fermier son rôle d’entrepreneur et de fiduciaire de l’environnement.
  • Que l’État repense l’accès aux territoires agricoles en gardant à l’esprit que le principal problème concerne la difficulté pour les jeunes ruraux d’avoir accès à la terre. Qu’il module la loi sur la protection du territoire agricole selon les régions et les besoins des communautés. Que le modèle agricole servant de référant soit revu pour incorporer les critères de multifonctionnalité, de production biologique et d’agriculture de niche.
  • Que le monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles (UPA) soit remplacé par un réel pluralisme d’association, en accord avec les valeurs de la société québécoise et en lien avec le rapport Pronovost.

C’est pourquoi nous demandons au gouvernement actuel et à ceux qui suivront de placer ces réformes au cœur de la Politique agricole du Québec de façon à permettre le développement d’une agriculture capable de nourrir nos communautés et de mettre en valeur notre territoire.

 

Signer la pétition

{petition identifier= »politique_agricole »}

 

Merci de signer et partager cette lettre si, comme pour nous, elle correspond à votre vision de l’agriculture et à vos aspirations pour le Québec et ses régions!

À noter : seules les signatures provenant de résidents du Canada seront comptabilisées.

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Politique agricole: le PQ, le mauvais élève de la classe

Lachute, le jeudi le 16 mai 2013 – L’Union paysanne constate que la politique de souveraineté alimentaire du Parti Québécois a tout d’une coquille vide et démontre clairement la très mauvaise connaissance qu’a le ministre de l’Agriculture des enjeux du secteur.

Se limitant à des pistes d’action avec peu de moyens, l’ensemble de la politique ne fait que pelleter le débat nécessaire vers l’avant alors que le rapport Pronovost insistait sur l’urgence d’agir, sur le courage nécessaire et sur le besoin d’oxygène.

En s’éloignant du rapport Pronovost et du rapport St-Pierre, le PQ creuse un mauvais sillon. En effet, pas un mot sur la réforme des subventions agricoles et pas un mot sur la fin du monopole de l’UPA. Rien non plus sur la réforme de la mise en marché collective qui devait donner un nouvel élan à l’entreprenariat en agriculture et améliorer le revenu des fermes. Rien pour l’avenir de l’agriculture qui sera majoritairement composé de néo-agriculteurs qui n’ont même pas accès au territoire. Et rien pour la différenciation de l’agriculture. Rien. Le vide.

On peut se demander qui a tenu le crayon du ministre de l’Agriculture pour rédiger cette politique car, malgré son bel emballage, elle s’inscrit en porte-à-faux avec les attentes des agriculteurs et de la population dont Pronovost se faisait le portevoix. Il en résulte une politique de promotion d’idées et non une politique d’action. Dans l’intervalle, l’Union paysanne a proposé une politique agricole1 sachant que le MAPAQ et le PQ ne seraient pas en mesure de répondre aux attentes contenues dans le rapport Pronovost. La perte d’un contrat d’une trentaine de millions $ par l’entreprise québécoise Marcotte Alimentation au profit du géant américain Gordon Food Services, il y a deux semaines, est la preuve éloquente de l’incapacité réelle d’intervention du ministre Gendron.2

Nous comptons maintenant sur les députés qui auront à voter sur l’adoption de cette politique pour renvoyer le PQ faire ses devoirs.

 

1- Cette politique est accessible sur le site de l’Union paysanne
2- http://bit.ly/12eCGO9

 


 

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

PourUnePolitiqueAgricole m

Pour une Politique agricole de la Terre à la Table

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Pourquoi une politique agricole ?

En fait parce que le Québec n’en a pas! Une multitude de lois ont forgé notre agriculture, mais aucune première politique ne vient orienter l’ensemble. Il en a résulté une gouvernance à vue de nez, sans gouvernail, avec une direction qui change au gré des crises agricoles.

Prenez action avec nous!

 

Pour une politique agricole de la Terre à la Table

Notre politique propose des mesures concrètes qui touchent aux enjeux au cœur de la vie agricole et du développement socioéconomique du Québec. Plus précisément, notre politique couvre :

  • La nécessité de passer d’une logique de subventions agricoles à une logique de contrat avec l’État afin de ne plus soutenir le volume produit, mais plutôt la qualité du travail des agriculteurs.
  • La réorientation du soutien vers l’ensemble des fermes québécoises, et non plus vers un groupe sélect de gros producteurs.
  • L’exclusion des intégrateurs du soutien de l’État, car le Québec ferait le choix de la ferme à échelle humaine et non plus d’un modèle industriel.
  • L’éco-conditionnalité non plus simplement comme une simple théorie, mais comme une réalité. La protection des ressources doit devenir une priorité.
  • L’ouverture du territoire, de la mise en marché collective, de la gestion de l’offre aux jeunes, aux néo-agriculteurs et à l’agriculture paysanne.
  • L’aplanissement des irritants pour les artisans, les fromagers, les producteurs d’alcool, et les producteurs du terroir, contenus dans la Loi sur la mise en marché des produits agricoles.
  • Le statut d’entrepreneur qu’il faut redonner aux agriculteurs.
  • La valorisation des agriculteurs dans leur rôle de fiduciaires de l’environnement.
  • L’inclusion du facteur de nordicité de notre agriculture dans le rôle de soutien de l’État.

Et finalement, le rétablissement de la démocratie en agriculture par la fin du monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles, réelle épine à l’épanouissement de l’agriculture du Québec.

Le projet de politique de souveraineté alimentaire dévoilé par le ministre Gendron le 22 mars dernier nous a convaincu qu’il nous fallait agir. La récupération politique, par le PQ, du concept de souveraineté alimentaire est honteuse. Il induit en erreur à la fois les agriculteurs et la population face à un concept élaboré par les groupes de paysans du monde entier et qui va bien au-delà de ce que le ministre Gendron propose.

Les membres paysans et citoyens de l’Union paysanne sont fiers de déposer cette politique agricole de la Terre à la Table, car elle correspond aux aspirations et aux souhaits des agriculteurs et de la population.

 


Pièces-jointes :

com-up_2013-05-15_Politique-Agri.pdf

PourUnePolitiqueAgricole.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

 

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.