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Lancement de la campagne Adopte une Semence

 

 

L’Union paysanne relance la campagne Adopte une Semence. Devant le constat accablant que des semences nutritives, locales, adaptées aux changements climatiques, aux variations saisonnières et aux maladies ont peu à peu disparues de nos champs et jardins, nous n’avons pas le loisir d’attendre que la situation empire encore plus.

Une diversité en érosion

On assiste depuis la Révolution Verte (qu’on qualifierait plutôt de grise…) à une érosion draconienne de notre diversité agricole. Au Canada, ça va jusqu’à 90% des variétés anciennes qui ont disparues pour laisser place aux hybrides et OGM de l’industrie…

Des gardiens et gardiennes pour les sauver
Pourtant, cachés dans leurs champs, des petites semencières et semenciers, maraîchères, meuniers et jardiniers s’affairent à semer, sélectionner et retrouver des semences paysannes anciennes afin de les réadapter au climat d’aujourd’hui dans l’espoir de les voir réintroduites dans les champs et jardins du Québec.

des haricots grimpants True Red Cranberry

Des droits aux Nations-Unies

N’oublions-pas que le droit « de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre des semences de ferme ou du matériel de multiplication » est inscrit dans la Déclaration des Nations Unies pour les droits des paysans et paysannes, mais ce droit trop souvent bafoué reste encore à affirmer.

Un savoir-faire qui se perd
En plus de l’environnement légal et réglementaire national et international qui facilite l’accaparement des semences par l’industrie, nous avons observé que la conservation des semences est un art qui se pratique de moins en moins à la maison et dans les petites exploitations agricoles.

Des actions à poser
L’Union paysanne, inquiète de l’état des semences au Québec, entend accompagner la paysannerie et la communauté jardinière dans un effort collectif pour reprendre soin d’une des ressources les plus précieuses: nos semences, source de vie.

C’est le début de la version Québécoise de la campagne Adopte Une Semence, dans le mouvement amorcé par d’autres organisations paysannes dans le monde, unies au travers de La Via Campesina. Toutes et tous ensemble pour la souveraineté alimentaire des peuples!

 

Journée internationale des luttes paysannes 2017 : Droits des paysans, droits universels!

Appel à la mobilisation de la Via Campesina

Vers une Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales !

 

(Harare, Mars 2017) Le mouvement paysan international La Via Campesina appelle ses membres et ses alliés à se mobiliser le 17 avril, Journée internationale des luttes paysannes. Cette année, nous souhaitons que le monde entier sache que les paysans, les paysannes et les autres personnes travaillant dans les zones rurales œuvrent sans relâche pour leurs droits. L’initiative pour les droits des paysans, lancée par La Via Campesina il y a 17 ans, est maintenant à un stade avancé pour être reconnue par les Nations unies comme une Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. Cette déclaration, si elle est approuvée, créera un instrument juridique international pour protéger les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, et attirer l’attention sur les menaces et les discriminations dont ils sont victimes.

Au XXIème siècle, une telle déclaration est une nécessité urgente et évidente. Les paysans, qui produisent la masse des aliments consommés mondialement, continuent de subir criminalisation, discrimination, déplacements et persécutions malgré l’existence de nombreux instruments juridiques internationaux qui reconnaissent et protègent leurs droits.

Les droits fondamentaux des paysans sont de plus en plus précarisés à l’heure où la crise économique et écologique empire. L’expropriation foncière, l’éviction forcée, la discrimination basée sur le genre, l’absence de droit à la terre, le peu d’importance accordée au développement rural, les faibles revenus et le manque d’accès aux moyens de production, l’insuffisance de protection sociale et la criminalisation des mouvements qui défendent les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales sont autant de violations des droits universels des hommes et des femmes.

En Afrique, par exemple, plus de 7O% de la production agricole et des soins aux personnes sont assurés par les femmes. Pourtant, leurs droits en matière de propriété de biens, d’accès au crédit, à l’information et aux prises de décisions politiques sont très peu reconnus. Au Brésil, malgré de nombreuses années de luttes paysannes pour une réforme agraire globale, une redistribution équitable des terres n’a toujours pas eu lieu. En Europe, la politique agricole commune et la dérégulation du secteur laitier touchent des centaines de milliers de familles d’agriculteurs. La concentration des terres augmente et certains des paysans touchés sont forcés de vendre leur terre ; la participation des jeunes à l’agriculture n’a jamais été aussi faible. En Asie, comme dans le reste du monde, les accords de libre-échange et les accords bilatéraux ont détruits beaucoup de marchés locaux et continuent d’être une menace pour l’agriculture locale et traditionnelle.

Nous appelons les peuples du monde entier à célébrer la Journée internationale des luttes paysannes en continuant le travail pour renforcer la souveraineté alimentaire et le combat contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité ; à se battre pour une véritable réforme agraire et une meilleure protection contre l’accaparement des terres ; à continuer à conserver, utiliser et échanger nos semences ; et à renforcer les liens de solidarité entre nous. Toutes ces luttes nous apporte la force dont nous avons besoin pour défendre nos terres contre les intérêts des entreprises privées et pour lutter contre la persécution et la violence envers les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales. Cette année en juillet 2017, La Via Campesina tiendra au pays basque sa VIIe conférence internationale durant laquelle nous approfondirons notre analyse de la crise actuelle et nous déciderons de lignes d’action stratégiques pour renforcer notre mouvement.

Enfin, nous appelons les pays à soutenir la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. Nous mobiliserons nos membres et nos alliés pour faire pression sur nos gouvernements afin que les prochaines négociations lors de la 4ème session du groupe de travail inter-gouvernemental à composition non limitée sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève, soient un succès. Nous pensons qu’en défendant les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, c’est l’ensemble de l’humanité qui ressortira gagnante.

Rejoignez-nous le 17 avril en interpellant vos gouvernements, en organisant des manifestions, des débats et des discussions publiques, des projections de films, des marchés de produits paysans, des festivals ou des actions de solidarité – toutes vos idées et vos initiatives sont les bienvenues ! Partagez-les à l’adresse suivante : lvcweb@viacampesina.org afin que nous puissions les diffuser sur notre carte d’actions à l’avance. Envoyez aussi vos photos, vos vidéos et vos enregistrements audio pour que nous puissions les mettre en ligne sur notre site et notre Télé.

Il est vital que nos droits en tant que paysans et paysannes soient garantis. L’accès à la Terre est essentiel pour vivre dignement en milieu rural et pour que tous les peuples du monde atteignent la souveraineté alimentaire. Regardez et partagez notre nouvelle vidéo disponible ici !

Téléchargez l’affiche en haute résolution pour le web et l’affiche pour impression au format A3.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux : @viacampesinaFR et Facebook.com/viacampesinaOFFICIAL

Pour plus d’informations sur le processus auprès des Nations unies, cliquez ici.

Nous alimentons nos peuples et nous construisons un mouvement pour changer le monde !

1 Le 17 avril 1996, 19 paysans ont été tués lors d’une attaque de la police militaire de l’état amazonien du Para au Brésil contre un grand nombre de membres du Mouvement des travailleurs sans terre (MST) qui bloquaient une autoroute afin de réclamer une réforme agraire. Deux autres personnes sont décédées des suites de leurs blessures plusieurs jours plus tard, et des centaines d’autres ont été si gravement blessées qu’elles n’ont pas pu continuer à travailler dans l’agriculture. La Via Campesina, qui à ce moment-là tenait sa deuxième conférence internationale à Tlaxcala au Mexique, a déclaré le 17 avril Journée internationale des luttes paysannes.

Via-info-fr@viacampesina.org
http://viacampesina.org/Via-info-fr/

Vers une Déclaration des droits humains des paysans

En ce 10 décembre 2012, Journée internationale des droits humains, deux organisations québécoises tiennent à souligner une importante avancée dans la reconnaissance des droits humains de cette moitié de la population mondiale qui vit toujours en milieu rural.

À l’issu d’un processus amorcé en septembre passé, le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies adopta la résolution sur la Promotion des droits des paysans et des autres personnes vivant en milieu rural. Ainsi, le 27 septembire dernier, le Conseil des droits de l’Homme a mis en branle un processus menant à une éventuelle Déclaration sur les droits humains des paysans et des autres personnes vivant en milieu rural. Cette démarche est d’autant plus significative que les paysans eux-mêmes seront consultés au cours des travaux menant à l’élaboration du texte final de la Déclaration.

C’est à partir du constat de la vulnérabilité des communautés paysannes et de la nécessité de mesures spéciales pour garantir leurs droits, que le comité consultatif a élaboré le premier projet de déclaration. Le Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, proche du processus, considère qu’en protégeant l’accès à la terre et aux autres moyens de production une telle déclaration renforcerait l’agriculture paysanne de subsistance face à l’agriculture industrielle. Ceci offre, de l’avis de l’Union paysanne et du Comité pour la Justice sociale, une réelle solution au problème de la faim qui, à l’échelle mondiale, poursuit sa croissance malgré les promesses décennales de l’agro-industrie.

Les organisations québécoises sont consternées par l’absence d’appui à cette initiative de la part des pays riches du Nord. En effet, huit pays européens et les États-Unis se sont opposés à la résolution, qui, parrainée par la Bolivie, a néanmoins reçu l’appui de vingt-trois pays membres du Conseil. (Notons quinze abstentions.)

Selon Maxime Laplante de l’Union paysanne (organisation québécoise faisant partie de la coalition internationale la Via Campesina) la Déclaration, même à son stade actuel, servirait à aider le mouvement paysan à résister aux efforts des grandes compagnies transnationales, appuyées par des instances internationales et des gouvernements de certains pays du Nord, de remplacer l’agriculture écologique paysanne par une agriculture, dite plus productive, hautement dépendante des intrants chimiques et de la biotechnologie. Car, en plus du droit à la terre, la Déclaration met en évidence les droits des paysans de garder, de vendre ou d’échanger les semences, de protéger l’environnement et de ne pas être affectés par la contamination résultant de l’utilisation de produits chimiques et des OGM. Dans ce contexte, la proposition actuelle, dénoncée par la Via Campesina, d’autoriser la plantation au nord du Mexique de 2,4 million d’hectares de maïs génétiquement modifié, au détriment des semences traditionnelles et de l’agriculture paysanne, est en soi une violation des droits humains.

En Amérique centrale, le CJS a constaté les ravages causées par les activités des compagnies minières qui polluent l’eau et la terre, brisant des communautés entières et leurs moyens de subsistance en échange de quelques emplois qui disparaîtront sitôt le sol vidé de ses ressources. Également, les grandes plantations industrielles, dont la production est généralement destinée à l’exportation, souvent pour des biocarburants, remplacent les milliers de petits producteurs, leur coupant leur emploi, leur source de revenu, leur capacité de transmettre leur identité culturelle aux prochaines générations, tout en raréfiant les produits alimentaires dont le coût augmente.

Dans plusieurs pays du Sud, c’est tragiquement souvent au prix de leur vie que les paysans se mobilisent pour faire respecter leurs droits. Rappelons les décès survenus cette année au Honduras dans la vallée d’Aguàn où 300 000 paysans sans terre protestent encore aujourd’hui contre leurs conditions en occupant les terres de Facusse, riche propriétaire terrien. Bien que les agriculteurs du Nord ne subissent pas de graves violations de leur droit à la vie et à l’intégrité physique, ils souffrent, en tant que petits ou moyens agriculteurs, d’un manque de respect de leurs droits socio-économiques. À titre d’exemples, en Italie, le gouvernement central est présentement en Cour pour empêcher les instances régionales de la Calabre de favoriser la commercialisation des produits locaux. Au Québec, les petites fermes pratiquant une agriculture écologique diversifiée sont les parents pauvres du monde agricole. Sur tous les continents, des traités de libre échange, de plus en plus contraignants, et des plans d’investissement menacent l’agriculture paysanne locale.

C’est en honorant les défenseurs des droits des paysans partout dans le monde, que le Comité pour la justice sociale et l’Union paysanne saluent ce projet de Déclaration historique.

 

Maxime Laplante 418 926 2473
Karen Rothschild 450 458 2005

 

Pièce-jointe :

com-up-2012-12-10-declaration-droits-humains-paysans.pdf (71,5 ko)