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Nous demandons une vraie politique agricole!

 

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Nous, soussignés, citoyens, agriculteurs, artisans de la terre et de la table, sommes convaincus que le modèle agricole en place est responsable des problèmes que nous vivons et qu’une politique agricole digne de ce nom doit appliquer les recommandations des rapports Pronovost, St-Pierre et Ouimet pour réorienter ce modèle.

 

 

 

Essentiellement, nous demandons :

  • Que la vente des produits agricoles à la ferme et en circuits courts ne soit plus assujettie à un office de mise en marché et que « l’adoption d’un règlement imposant des limites aux ventes que chaque producteur a le droit d’effectuer dans ces lieux de vente soit interdite »; cela afin de diversifier notre agriculture, d’améliorer les revenus des petites et moyennes fermes et de répondre autant aux nombreux jeunes ruraux souhaitant débuter en agriculture qu’aux besoins et au savoir-faire des artisans des métiers de bouche.
  • Que l’Assurance Stabilisation des Revenus Agricoles (ASRA) soit graduellement remplacée par un programme de soutien universel basé sur les propositions du rapport St-Pierre. Ce rapport qualifiait le programme de l’ASRA d’inéquitable et d’improductif pour l’ensemble des agriculteurs et des productions. Que les intégrateurs soient graduellement exclus de l’ASRA et du soutien destiné aux agriculteurs afin de préserver l’agriculture familiale comme base d’un nouveau modèle agricole. Parallèlement, nous demandons la transition d’une politique de subvention vers une entente contractuelle entre l’agriculteur et l’État (Contrat vert), redonnant ainsi au fermier son rôle d’entrepreneur et de fiduciaire de l’environnement.
  • Que l’État repense l’accès aux territoires agricoles en gardant à l’esprit que le principal problème concerne la difficulté pour les jeunes ruraux d’avoir accès à la terre. Qu’il module la loi sur la protection du territoire agricole selon les régions et les besoins des communautés. Que le modèle agricole servant de référant soit revu pour incorporer les critères de multifonctionnalité, de production biologique et d’agriculture de niche.
  • Que le monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles (UPA) soit remplacé par un réel pluralisme d’association, en accord avec les valeurs de la société québécoise et en lien avec le rapport Pronovost.

C’est pourquoi nous demandons au gouvernement actuel et à ceux qui suivront de placer ces réformes au cœur de la Politique agricole du Québec de façon à permettre le développement d’une agriculture capable de nourrir nos communautés et de mettre en valeur notre territoire.

 

Signer la pétition

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Merci de signer et partager cette lettre si, comme pour nous, elle correspond à votre vision de l’agriculture et à vos aspirations pour le Québec et ses régions!

À noter : seules les signatures provenant de résidents du Canada seront comptabilisées.

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La démocratie en agriculture n’est pas une priorité pour le ministre Gendron

8 février 2013 – La démocratie en agriculture n’est pas une priorité pour le parti Québécois; voilà en somme ce que vient de nous dire le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, François Gendron dans une entrevue à Radio-Canada1. Selon lui «ce n’est pas le problème le plus important»! Eh bien le ministre a dû rater l’actualité des 15 dernières années ou le monopole de l’UPA s’est retrouvé au cœur de la plupart de problématique agricole au Québec.

L’Union paysanne n’est pas du tout surprise de cette position idéologique du gouvernement péquiste. Lorsque les péquistes ont été au pouvoir par le passé, ils ont collaboré avec l’UPA afin d’étendre son monopole et son contrôle sur les agriculteurs. Nous en payons aujourd’hui les frais.

Pourtant, lors de son dernier congrès, le Parti Québécois a été à un cheveu d’entériner une proposition demandant la fin du monopole de l’UPA. D’habiles manœuvres techniques ont empêché qu’un vote final ne se tienne sur la question. Le Parti Québécois se retrouve donc isolé parmi les autres partis politiques comme Québec Solidaire, le Parti Libéral et le Parti Vert qui ont demandé la fin du monopole de l’UPA. La CAQ, de son côté, fait attendre sa position officielle, même si la défunte ADQ, qu’elle a avalée, avait statué en faveur de la fin de ce monopole.

Dans les campagnes et ailleurs, le PQ se retrouve à être encore et toujours associé à l’UPA, ce qui lui nuit grandement lors d’élections. Le Parti Libéral avait saisi l’enjeu car il allait mettre la question du monopole sur la table peu de temps avant le déclenchement des élections.

Pour avoir depuis 10 ans travaillé avec les différents partis politiques sur la question agricole et les régions, l’Union paysanne est triste de devoir affirmer que le Parti Québécois est de loin le plus décevant d’entre tous lorsque vient le temps de saisir les enjeux sur ses questions et d’esquisser des solutions. Ils ont depuis trop longtemps remis leur réflexion entre les mains de l’UPA, ne sachant plus désormais penser par eux-mêmes.

Il est temps que le ministre Gendron réalise que la fin du monopole de l’UPA est une question centrale au renouvellement de l’agriculture du Québec. Le rapport Pronovost, le rapport Bolduc, le rapport St-Pierre, l’avaient quant à eux saisi. Il est inexplicable que ce monopole se tienne toujours en selle.

Nous invitons le ministre Gendron à consulter ses collègues députés sur la question, puisque la très grande majorité d’entre eux nous ont dit être en faveur de redonner aux agriculteurs du Québec une vraie liberté d’association.

1: http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2013/02/05/007-politique-agricole-upa.shtml

 

Pour information:

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
Maxime Laplante
Vice-président

 

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Avis de l’Union paysanne sur la question du pluralisme syndical en agriculture

sol-30aIl y a moins d’un an, le ministre Claude Béchard évoquait la possibilité d’une loi qui regrouperait toutes les lois touchant l’agriculture afin d’insuffler un nouvel élan à ce secteur. Son successeur, Laurent Lessard, en rajoutait en parlant de doter le Québec d’une première politique agricole afin de répondre aux défis du 21e siècle. 

Selon l’Union paysanne, cette future politique ne pourra s’écrire en faisant l’économie de la question du pluralisme d’association. Pas cette fois-ci.

Les tensions sont vives sur le terrain et risquent de s’envenimer en l’absence de solution. Est-il possible d’écrire une nouvelle et première politique sans explorer cette piste? Nous aimerions donc vous donner un avis sur cette question fondamentale, tout en étant conscient que vous puissiez être familier avec une partie du thème.

Depuis le rapport Pronovost, le débat sur le monopole d’accréditation a pris de l’ampleur, confirmant sa légitimité et son importance. Ceci dit, quelques arguments doivent maintenant s’y ajouter.

 

(..)…dans une société démocratique, on peut difficilement justifier le maintien d’un régime qui oblige un groupe de personnes à adhérer à une structure unique d’association, régime qui, au demeurant, ne prévoit aucun dispositif pour vérifier la volonté des personnes d’y adhérer ou d’y maintenir leur participation. Cette situation est malsaine et nuit même à la crédibilité de l’UPA.

Extrait du rapport Pronovost (CAAAQ) p 235

 

C’est par ces mots que le rapport Pronovost plonge d’un seul trait au cœur du déficit démocratique agricole québécois. Déficit devenant de plus en plus apparent à mesure qu’il se fait dénoncer par une partie grandissante de la population et des agriculteurs sur le terrain. Nous avions d’ailleurs recommandé au commissaire Pronovost de sortir des officines syndicales pour aller poser la question sur le «plancher des vaches» et constater par lui-même qu’une portion grandissante des agriculteurs ne veulent plus du monopole.

Évidemment, l’Union des producteurs agricoles aura des prétentions contraires et en sachant que vous y serez exposés, nous aimerions profiter de l’occasion pour en décortiquer les détails.

 


 

Lire le document complet : Avis-sur-le-Monopole-Union paysanne.pdf (211 Kio)

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40 ans de monopole syndical… ça se fête!

up30 mai 2012, St-Hyacinthe. Le monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles fête aujourd’hui ses 40 ans. Probablement que personne n’organisera de réception, mais c’est en effet le 30 mai 1972 qu’une loi força tous les chefs d’entreprises agricoles du Québec à payer une cotisation obligatoire à l’UPA.

Si certains disent que dans le contexte de l’époque la chose était envisageable, peu de personnes nient désormais que ce même monopole en plus d’être antidémocratique freine tout simplement le développement de l’agriculture au Québec. Le rapport Pronovost est éloquent à ce sujet.

Les plus petites fermes, l’agriculture biologique, les créneaux et les agriculteurs en régions sont littéralement prises dans un carcan créé par les systèmes mis en place par l’UPA et qui servent de plus en plus à nourrir une structure administrative.

Par exemple, peu de gens savent que l’UPA et ses Fédérations prélèvent annuellement plus de 140 millions de dollars dans les poches des agriculteurs seulement afin de faire fonctionner son système de mise en marché collective. Ses fameux prélevés n’ont fait qu’augmenter depuis 10 ans, afin de soutenir une structure de plus en plus lourde et une Confédération déficitaire.

Pourtant, le problème de base est relativement simple. La loi de 1972 a imposé un régime basé sur le droit ouvrier…. à des chefs d’entreprises et notre agriculture s’en reflète. Elle est de moins en moins entrepreneuriale et de plus en plus passive face aux problèmes….c’est le patron (UPA) qui s’en occupe.

  • notre agriculture tarde à se diversifier,
  • les fermes disparaissent plus vite qu’ailleurs au Canada,
  • les agriculteurs québécois sont 2 fois plus endettés qu’en Ontario et 3 fois plus qu’aux États-Unis
  • le gouvernement a épongé une dette de plus de 1 milliard à la Financière agricole
  • Nous subventionnons toujours une agriculture industrielle qui fonctionne à perte en plus de laisser des impacts environnementaux considérables.
  • les agriculteurs récalcitrants sont poursuivis par l’UPA et ses Fédérations pratiquement toutes les semaines devant la Régie des marchés agricoles

L’Union paysanne se bat depuis 10 ans afin de rétablir un réel droit d’association tel que garanti par les chartes et qui fait toujours défaut pour les agriculteurs d’ici, mais son réel combat se situe d’abord dans la réorientation du modèle agricole afin qu’il se mette réellement au service des agriculteurs et de la population.

Après avoir rencontré des centaines de députés tous largement en faveur de la fin du monopole syndical de l’UPA, le gouvernement libéral actuel tarde à rétablir la démocratie en agriculture par simple calcul politique. Pendant ce temps, la plupart des prédictions de l’Union paysanne se sont avérées justes. Hécatombe dans le porc, perte financière pour le gouvernement, recul de l’agriculture dans les régions, impasse pour les jeunes, recul de la part de marché mondial dans le sirop d’érable, échec de Colbex-Levinoff, etc.

Il est plus que temps pour le gouvernement de traiter les agriculteurs comme des adultes et de leur redonner une vraie liberté d’association. Pour l’instant… Joyeux 40 ans de monopole.

 


 

Pièce-jointe : com-up_2012-05-31_40ans-monopole.pdf (125 Kio)

Pour Information :

Benoit Girouard, président Union paysanne : 450-495-1910
Maxime Laplante, vice-président : 418- 926-2473