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La Via Campesina : Processus régional des jeunes et nouvelles de Jakarta

Aux membres jeunes et à la relève de l’Union Paysanne qui souhaiteraient en savoir davantage sur le travail des jeunes de Via Campesina en Amérique du nord : voici un message du coordonateur régional des jeunes de Via Campesina annonçant un appel conférence le 28 août prochain!

Si cela vous intéresse ou si vous avez des questions, veuillez écrire à: international@unionpaysanne.com

Comité international de l’UP


 

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La 6e Conférence internationale de Jakarta a mené à plusieurs grands résultats qui auront des effets importants sur le processus des jeunes (et le fonctionnement global du mouvement) dans nos régions, aux niveaux international et dans les principaux domaines thématiques du mouvement. Ceci affectera également notre direction et les structures de coordination de l’organisation.

Il y a deux documents ci-dessous en pièces-jointes qui ont été produits lors de l’Assemblée des jeunes de LVC.

1/ La « Déclaration des Jeunes» a été l’articulation de clôture de la jeunesse. C’est pour servir un message à nos camarades du monde entier, que les jeunes ont une vision pour l’avenir et une meilleure compréhension des causes profondes et des symptômes des crises actuelles.

2/ Le « Plan d’action » est le cadre, les thèmes directeurs de la jeunesse dans les années à venir. Il n’est pas destiné à être imposé dans nos régions, il a été rédigé comme une synthèse de toutes les grandes intersections dans lesquelles nous nous engageons dans nos différents pays et régions. Vous trouverez sur ce document, que notre région est responsable de la co-coordination de deux thèmes – Migrations et Agroécologie. La pièce centrale de ce plan d’action est le fonctionnement interne et l’accent mis sur le renforcement de notre niveau d’auto-organisation. S’il vous plaît répondre en arrière si vous souhaitez mettre ces documents en espagnol et en français.

Pour nous, dans notre région, nous avons quelques pistes claires pour s’engager avec les autres, à l’étranger et au pays. Tout d’abord, la prochaine réunion régionale sera organisée par l’Association des travailleurs agricoles de la Floride (FWAF) dans Apopka, en Floride à la mi Janvier 2014 (date exact à déterminer). Ce serait une bonne opportunité de se rencontrer en personne, de s’engager dans la formation et le partage de nos expériences et de nous auto-organiser pour les prochaines perspectives à court et à long terme. Deuxièmement, il y a la possibilité de participer à une formation en agroécologie. Cette formation est organisée par l’ANAP, à Cuba, en Novembre prochain, les dates sont du 10 au 29. Il y a eu une demande pour former une délégation américaine et CA, et, idéalement, ce serait largement composée par des jeunes.

Pour débuter ce processus, il va y avoir un appel conférence (en anglais) des jeunes de la région, le mercredi 28 Août (heure à déterminer).
Sur cet appel, nous allons discuter de la conférence de Jakarta et le processus de la jeunesse au niveau international, continuer à construire un mécanisme collectif pour faciliter le partage, la communication et les échanges.

Paix.

P.S. Voici quelques photos de Jakarta, avec Audio et Vidéo!

https://picasaweb.google.com/wang.stephaniekp/Indonesia?authkey=Gv1sRgCOGQoMfmrL7CgAE&feat=email

http://tv.viacampesina.org/June-2013-Follow-the-VI

Blain Snipstal

 


 

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Evening Folks,

Hope this message finds you well and in the midst of a bountiful summer.

Several Months have elapsed since our previous communiques in regards to our regional process and lead-up to the 6th International Conference of La Via in Jakarta – that took place this past June.

While in Jakarta, there were several major outcomes from the conference that will have large effects on the youth process (and overall functioning of the movement) in our regions, at the international levels and within the major thematic areas of the movement. The affects will also be seen in our leadership and coordination structures.

There are two documents attached that were produced from the Youth conference. The « youth Declaration » was the closing articulation of the youth. It’s to serve as a message to our comrades around the world, that the youth have a vision for the future and an understanding the root causes and symptoms of the current crises. The « Action Plan » is the framework, the guiding themes for the youth in the coming years. It is not meant to be imposed in our regions, it was drafted as a synthesis of all the major intersections that we are engaging in our individual countries and regions. You will find on this document, that our region is co-coordinating two themes – Migrations and Agroecology. The central piece to this action plan is the internal functioning and the focus on strengthening our levels of self-organization. Please respond back if you would like these documents in Spanish and French.

For us, in our region, we have some clear avenues to engage with each other in person, both abroad and domestically. First, the next regional meeting will be hosted by the Farm Workers Association of FLorida (FWAF) in Apopka, Florida in Mid January of 2014 (exact dated TBD). This would be a strong opportunity to encounter each other in person, engage in training and sharing of our experiences and self-organize ourselves for the next short and long-term horizons. Secondly, there is an opportunity to participate in a Agroecology training specifically for LVC activists. This training is being hosted by ANAP, in Cuba in this coming November, the dates are from the 17 – 27. There has been a request to form a US and CA delegation, and ideally this would be heavily comprised by youth.

To keep this thread moving, there is going to be a youth call on Wednesday, August 28th. The times for this have yet to be determined. The week of the 26th, we will send out a call-in number/info on the call as well as a proposed agenda. On this call we will discuss the Jakarta conference and the youth process internationally, continue to build a collective mechanism for us to share, communicate and have exchanges, along with any suggestions you all may have. In the coming days, you all will receive and invitation to join a group titles « LVC Youth – NA » to help aid our communication. Once you receive this, please accept and send it along to all other youth/young folks who are comrades of yours that are engaged in the struggles of your organizations and local work.

Peace.

P.s. Here are some photos from Jakarta, along with Audio and Video!

https://picasaweb.google.com/wang.stephaniekp/Indonesia?authkey=Gv1sRgCOGQoMfmrL7CgAE&feat=email

http://tv.viacampesina.org/June-2013-Follow-the-VI

Blain Snipstal

 


 

Pièces-jointes :

LVC_3e_assemblee_des_jeunes.pdf

LVC_Declaration_Jeunes_Jakarta.pdf

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Invitation : Formation et rencontre internationale d’Agroécologie à Cuba

Aux membres et ami(e)s de l’Union Paysanne,

Voici une invitation à participer à une série d’événements en agroécologie organisée par l’Asociación Nacional de Agricultores Pequeños (ANAP-Vía Campesina, Association nationale des petits agriculteurs) de Cuba et La Via Campesina :

 

 

  • 10-16 Novembre : formation sur l’agroécologie à Cuba donnée par l’ANAP
  • 17-24 Novembre : 4e rencontre internationale d’agroécologie
  • 24-29 Novembre : formation sur la méthode de paysan-à-paysan donnée par La Via Campesina

Dans le passé, cette rencontre a été un espace important de formation pour les camarades d’autres pays. C’est également une tradition pour la Commission d’agriculture paysanne durable de LVC d’organiser une délégation internationale à cet événement de LVC.

L’Union Paysanne encourage ses membres paysans et paysannes, citoyens et citoyennes, étudiants et étudiantes, amis et amies de l’Union Paysanne à prendre part à cet événement unique pour tous ceux et celles qui souhaitent en apprendre davantage sur les aspects autant techniques, politiques, économiques, sociaux et culturels de l’agriculture paysanne agroécologique.

Cuba, un pays éloigné, oui mais qui a une grande expertise en agroécologie. L’agroécologie est une démarche scientifique alliant l’agriculture à la protection et la régénération de l’environnement.

Cuba est une école à ciel ouvert. Voici quelques exemples de ce que nous pouvons y apprendre :

  • Arrosage sélectif
  • Cultures en nid
  • Combinaisons de plantes (cultures mixtes)
  • Barrières biologiques
  • Engrais, pesticides et insecticides biologiques (plantes, insectes)
  • Système des coopératives très bien ancré
  • Système d’entraide « paysan-à-paysan » (partage des savoirs entre diverses personnes pratiquant une agriculture écologique)

Toute personne intéressée à faire partie de la délégation de l’Union Paysanne à un ou l’autre de ces événements est invité à nous écrire par courriel au plus tard le 12 septembre à minuit, car un soutien financier pourrait être disponible, particulièrement pour les membres de 35 ans et moins.

 

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Une bourse de l’Union paysanne pour un voyage de représentation à Cuba!

Pour encourager la participation de ses membres paysans et paysannes, une bourse de 500$ sera octroyée à un/une membre qui agira à titre de délégué officiel :

Tous les détails sur les bourses ici.

 


 

 

Le Comité International de l’Union Paysanne

international@unionpaysanne.com

 

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Page couverture d’une publication à propos du mouvement de Campesino à Campesino de l’ANAP à Cuba.

 

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Entrevue avec Emmanuel Beauregard, membre et délégué de l’Union paysanne lors de la 6e Conférence Internationale de La Via Campesina (LVC) tenue à Jakarta

 

Entrevue avec Emmanuel Beauregard, membre et délégué de l’Union paysanne lors de la 6e Conférence Internationale de La Via Campesina (LVC) tenue à Jakarta en Indonésie du 6 au 13 Juin 2013­.

 

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Appel de la VI Conférence de La Via Campesina – Egidio Brunetto (du 9 au 13 Juin 2013)

(Djakarta, 12 Juin 2013) Nous, à La Vía Campesina, en appelons à toutes les organisations rurales et urbaines et aux mouvements sociaux à construire une nouvelle société fondée sur le souveraineté alimentaire et la justice. Nous sommes rassemblés ici, honorant la mémoire de nos ami(e)s et dirigeant(e)s et de celles et ceux dont le courage et l’engagement nous inspirent.

La Via Campesina, mouvement paysan international rassemble plus de 200 millions de paysan(e)s, petits producteurs, paysan(e)s sans terre, femmes, jeunes, autochtones, les migrant(e)s et les travailleurs et travailleuses agricoles et alimentaires, de 183 organisations provenant de 88 pays. Nous sommes ici en Asie, terre de la majorité des paysan(e)s du monde pour célébrer nos deux premières décennies de luttes.

Depuis notre rencontre de Mons (Belgique) en 1993 et celle de Tlaxcala (Mexique) en 1996, où nous avons élaboré notre vision radicale sur la souveraineté alimentaire, nous avons réussi à replacer les paysannes et paysans au centre de la résistance au modèle du commerce néo-libéral ainsi que du processus de construction d’alternatives.

Nous, peuples de la terre, sommes des acteurs essentiels dans la construction non seulement d’un modèle agricole différent, mais aussi d’un monde juste, diversifié et égalitaire. Nous sommes celles et ceux qui nourrissons l’humanité et prenons soin de la nature. Les générations futures dépendent de nous pour protéger notre terre. Maintenant plus que jamais un autre monde est nécessaire. La destruction de notre terre, provoquée par la surexploitation et la dépossession des peuples et par l’appropriation des ressources naturelles a engendré la crise climatique actuelle, et de profondes inégalités mettant en danger l’humanité et la vie. La Via Campesina refuse catégoriquement cette destruction menée par les grandes entreprises.

Nous construisons de nouvelles relations entre les peuples et la nature, basées sur la solidarité, la coopération et la complémentarité. C’est une éthique de vie qui anime toutes nos luttes. La Via Campesina s’engage à donner une visibilité à toutes les luttes locales dans le monde entier, s’assurant qu’elles soient comprises dans une perspective internationale. Elle s’engage également à intégrer dans un mouvement global pour la souveraineté alimentaire, le changement social et l’autodétermination pour les peuples du monde. Nous appelons nos organisations, nos alliés, amies, amis, et tous ceux et celles qui œuvrent à un avenir meilleur, à rejeter ‘l’économie verte’ et à construire la souveraineté alimentaire.

NOTRE MANIERE D’ALLER DE L’AVANT

La souveraineté alimentaire maintenant – transformer notre monde

La Souveraineté Alimentaire est l’élément central de la lutte pour la justice sociale, rassemblant de nombreux secteurs tant ruraux qu’urbains. La souveraineté alimentaire est le droit fondamental pour que tous les peuples, nations et États puissent contrôler leurs propres systèmes et politiques alimentaires et agricoles, garantissant à chacun une alimentation adaptée, abordable, nutritive et culturellement appropriée. Elle requiert le droit des peuples à définir et contrôler leurs modes de production, de transformation et distribution aux niveaux locaux et internationaux.

Depuis bientôt deux décennies notre vision de souveraineté alimentaire a inspiré une génération d’activistes engagé(e)s dans le changement social. Notre vision du monde passe par une révolution agricole ainsi qu’une transformation socio-économique et politique.

La souveraineté alimentaire articule l’importance cruciale de la production locale et soutenable, le respect des droits humains pour tous, des prix équitables pour les aliments et les produits agricoles, des échanges équitables entre pays, et la sauvegarde des communs contre la privatisation.

Aujourd’hui, nous sommes confronté(e)s à une crise majeure de notre histoire, qui est systémique. Les systèmes alimentaires, d’emplois, énergétiques, économiques, climatiques, écologiques, éthiques, sociaux, politiques et institutionnels s’effondrent dans de nombreuses parties du monde. La crise énergétique amplifiée par la raréfaction des énergies fossiles est traitée avec de fausses solutions allant des agrocarburants à l’énergie nucléaire; cette dernière constituant l’une des plus grandes menaces de la vie sur terre.

Nous rejetons le capitalisme caractérisé par des mouvements destructeurs de capitaux financiers et spéculatifs dans l’agriculture industrielle, la terre et la nature. Il génère de vastes accaparements de terres et des expulsions brutales de paysannes et paysans de leurs territoires, détruit communautés, cultures et écosystèmes. Il crée un grand nombre de migrant(e)s et de sans emplois, augmentant les inégalités existantes.

Les transnationales, en connivence avec les gouvernements et les institutions internationales, imposent – sous prétexte du concept d’économie verte – des monocultures d’OGM, des projets miniers, des barrages et des exploitations de gaz de schiste par fracturation à grande échelle, de grandes plantations forestières et d’agrocarburants, ainsi que la privatisation de nos mers, fleuves et lacs et de nos forêts. La Souveraineté Alimentaire remet le contrôle des communs dans les mains des populations.

L’Agro-écologie est notre option aujourd’hui et pour l’avenir

L’agriculture paysanne, la pêche artisanale et le pastoralisme produisent la plus grande partie de l’alimentation. L’agro-écologie paysanne est un système social et écologique qui comprend une grande variété de savoirs et de pratiques ancrées dans chaque culture et zone géographique. Elle élimine la dépendance aux agrotoxiques et la production animale industrielle hors sol, utilise des énergies alternatives et garantit une alimentation saine et abondante. Elle renforce la dignité, honore les savoirs paysans traditionnels et innovants. Elle restaure la fertilité et l’intégrité de la terre. La production alimentaire du futur doit être basée sur un nombre croissant de personnes produisant de manière plus résiliente et diversifiée.

L’agro-écologie vise à défendre la biodiversité, refroidit la planète et protège nos sols. Notre modèle agricole peut, non seulement nourrir l’ensemble de l’humanité mais c’est aussi le seul moyen d’arrêter l’avancée de la crise climatique grâce à une production locale en harmonie avec les forêts, les cours d’eau ; l’amélioration de la biodiversité et en replaçant les matières organiques dans les cycles naturels.

Justice sociale et climatique, et solidarité

En nous basant sur notre diversité géographique et culturelle, notre mouvement pour la souveraineté alimentaire s’est renforcé en intégrant la justice sociale et l’égalité. En pratiquant la solidarité plutôtque la compétition, en rejetant le patriarcat, le racisme, le colonialisme et l’impérialisme, nous nous battons pour des sociétés participatives et démocratiques, sans exploitations d’enfants, de femmes, d’hommes ni de la nature.

Nous exigeons la justice climatique et sociale. Ceux qui souffrent le plus du chaos climatique et environnemental ne sont pas ceux qui en sont responsables. Ceux qui poussent aux fausses solutions de l’économie verte empirent la situation. C’est pourquoi la dette climatique et écologique doit être réparée.

Nous exigeons l’arrêt immédiat des mécanismes de marché de carbone, géo-ingénierie, REDD, agrocarburants. Nous maintiendrons de manière permanente notre combat contre les entreprises transnationales en manifestant notre opposition par un boycott de leurs produits et en refusant toute coopération avec leur pratiques d’exploitations. Les accords de libre échange et d’investissements ont crée les conditions de vulnérabilité extrême et des injustices pour des millions d’entre nous. Leur mise en œuvre engendre violence, militarisation et criminalisation de la résistance. Un autre résultat tragique est le déplacement massif des populations qui migrent pour ne trouver que des emplois faiblement rémunérés, précaires et dangereux où sévissent des violations de droits humains et la discrimination.

La Via Campesina a réussi à mettre les droits des paysan(ne)s à l’ordre du jour du Conseil des Droits Humains des Nations Unies, nous demandons donc à tous les gouvernements nationaux d’appliquer ces droits. Notre combat pour les droits humains est au cœur de la solidarité et inclut les droits et la protection sociale des travailleurs/ses migrants et des travailleurs/ses du secteur alimentaire.

Un monde sans violence et sans discrimination contre les femmes Notre lutte vise à construire une société basée sur la justice, l’égalité et la paix. Nous demandons le respect de tous les droits des femmes. En rejetant le capitalisme, le patriarcat, la xénophobie, l’homophobie et les discriminations basées sur le genre, les races ou l’ethnicité, nous réaffirmons notre engagement pour la totale égalité des femmes et des hommes. Ceci implique la fin de toutes les formes de violences domestiques, sociales et institutionnelles contre les femmes en zones rurales et urbaines. Notre campagne contre les violences faites aux femmes est au cœur de nos luttes.

Paix et démilitarisation

Les guerres et conflits d’appropriations, prolifération de bases militaires, criminalisation des résistances augmentent. Ces violences sont intrinsèques au système capitaliste mortifère basé sur la domination, l’exploitation et le pillage. Nos engagements sont ceux du respect, de la dignité, de la Paix.
Nous pleurons et honorons les centaines de paysannes et paysans qui ont été menacés, persécutés, incarcérés ou même assassinés dans leurs luttes. Nous exigeons que tous ceux qui violent les droits humains et les droits de la Nature et qui perpétuent ces crimes soient poursuivis et punis. Nous exigeons la libéralisation immédiate des prisonniers politiques.

La terre et les territoires

Nous défendons une Réforme Agraire intégrale. Elle sécurise l’ensemble des droits fonciers, reconnaît les droits des peuples autochtones à leurs territoires , garantit l’accès et le contrôle des zones de pêche et écosystèmes aux communautés de pêcheurs, reconnaît les routes pastorales. Seules ces réformes garantissent un avenir pour les jeunes des campagnes.
La réforme agraire intégrale se caractérise par une distribution massive de terre, de ressources productives, assurant des conditions de vie satisfaisantes et garantissant un accès permanent aux jeunes, femmes, aux sans-emplois, aux sans-terres, aux personnes déplacées et à tous ceux et celles qui veulent s’engager dans la production alimentaire agro-écologique à petite échelle. La terre n’est pas une marchandise. Les lois et régulations existantes doivent être renforcées et de nouvelles lois sont nécessaires pour la protéger des spéculations et des accaparements.

Les semences, les communs et l’eau

Les semences sont au cœur de la souveraineté alimentaire. Des centaines d’organisations à travers le monde se joignent à nous pour mettre en œuvre le principe des «Semences comme Patrimoine des Peuples au Service de l’Humanité ». Notre défi est maintenant de continuer à garder nos semences de vie dans les mains de nos communautés, en multipliant les semences dans nos fermes et nos territoires. Nous continuons à lutter contre l’appropriation abusive des semences due à diverses formes de propriété intellectuelle et contre la contamination des stocks par la technologie OGM. Nous nous opposons à la distribution de paquets technologiques combinant semences OGM avec l’utilisation massive de pesticides.

Nous allons continuer à partager les semences sachant que notre connaissance, notre science, nos pratiques de gardiens de la diversité des semences sont cruciales pour l’adaptation au changement climatique.
Les cycles de la vie coulent au travers de l’eau. L’eau est un élément essentiel des écosystèmes et de toute vie. L’eau est un commun et donc elle doit être préservée.

MISER SUR NOS FORCES

Notre force est la création et le maintien de l’unité dans la diversité.

Nous présentons notre vision inclusive, large, pratique, radicale et pleine d’espoir comme une invitation à se joindre à nous dans la transformation de nos sociétés et la protection de la Terre Mère.

  • La mobilisation populaire, la confrontation avec les puissants, la résistance active, l’internationalisme et l’engagement local sont des éléments nécessaires pour effectuer le changement social.
  • Dans notre lutte courageuse pour la souveraineté alimentaire nous continuons à bâtir des alliances stratégiques essentielles avec les mouvements sociaux, y compris avec les travailleurs/ses, les organisations urbaines, les immigrant(e)s, les groupes résistants aux méga-barrages et à l’industrie minière.
  • Nos principaux outils sont la formation, l’éducation et la communication. Nous encourageons l’échange des savoirs accumulés concernant les méthodes et contenus de formation culturelle, politique, idéologique et technique. Nous multiplions nos écoles et nos expériences d’enseignement et nos instruments de communication avec notre base.
  • Nous sommes déterminé(e)s à créer des espaces qui vont favoriser l’ émancipation des jeunes en milieu rural. Notre plus grand espoir pour l’avenir, c’est la passion, l’énergie et l’engagement pris par la jeunesse dans notre mouvement.

Nous allons de l’avant à partir de cette VIème Conférence Internationale de La Via Campesina, accueillant de nouvelles organisations, confiant(e)s en nos forces et rempli(e)s d’espoir pour l’avenir.

 

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Pour la terre et la souveraineté de nos peuples! Dans la solidarité et dans la lutte !

 


 

Texte tiré de La Via Campesina. Source de l’image : La Via Campesina (Tous droits réservés)

Pour plus d’informations : www.viacampesina.org/fr | www.tv.viacampesina.org
Photos de la Conférence International de La Via Campesina : http://www.flickr.com/photos/97053996@N03/

 

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17 avril 2013, Journée internationale des luttes paysannes

Le 17 avril, la Journée internationale des luttes paysannes, l’Union paysanne a participé à une vidéoconférence internationale, en se joignant à des représentants de mouvements sociaux du Brésil, des États-Unis, de la Grèce, de l’Inde et de l’Australie.

Il s’agissait de la présentation d’Alexandre Conceição du Mouvement des travailleurs ruraux sans terres (MST) brésilien. Alexandre a commencé par nous rappeler que cette journée internationale commémore le massacre par la police militaire brésilienne de 19 paysans membres du MST. Le 17 avril 1996, à Eldorado dos Carajás, dans l’État amazonien de Pará, 1 500 femmes et hommes appartenant au MST occupaient et bloquaient l’autoroute. Leur objectif était de faire pression sur les gouvernements régional et fédéral pour qu’ils lancent une réforme agraire. Vers 4 heures de l’après-midi, 155 policiers militaires nationaux ont entouré les manifestants avant de leur lancer des grenades lacrymogènes, de tirer des balles réelles et d’ouvrir le feu avec des mitraillettes.

Alexandre a expliqué que le fait que 17 des 19 victimes étaient des leaders locaux ou régionaux du MST démontre clairement la nature préméditée du crime, qui, dix-sept ans plus tard, demeure impuni. En effet, au Brésil, des actes de violence de la part des grands propriétaires terriens continuent à ce jour et ils sont largement impunis. Cette violence s’est même accrue avec l’utilisation de milices privées. Deux leaders du MST ont été assassinés au cours de cette année, et en 2008 un militant a été tué par le personnel d’une agence de sécurité contractée par la société transnationale Syngenta.

Durant tout ce mois d’avril, les membres du MST sont engagés dans des manifestations pacifiques, y compris des occupations de terres et des blocages des routes, pour protester contre l’impunité et réclamer que le programme de réforme agraire soit relancé. Depuis maintenant dix ans, 90 000 paysans sans terres vivent dans des tentes en attendant de recevoir des terres. Le ministère de la Réforme agraire a demandé l’expropriation légale d’un million d’hectares (qu’il entend distribuer aux sans-terres), mais le pouvoir judiciaire n’a pas accédé à cette demande; presque 200 procès demeurent bloqués devant les tribunaux.

Le MST constate que la scène agricole brésilienne est dominée par les grandes sociétés transnationales engagées dans la production et le commerce de monocultures destinées à l’exportation. Alexandre a mentionné la situation dramatique résultant de la sécheresse qui frappe actuellement le nord-est du pays. Autour d’un million de bœufs sont en train de mourir de faim, mais les grandes sociétés ont refusé la demande du gouvernement d’expédier du maïs pour les alimenter, car elles préfèrent exporter ce maïs aux États-Unis, où il servira surtout à la production d’éthanol.

Répondant aux questions de ses auditeurs, Alexandre a parlé du rôle du MST dans la construction d’une société plus juste. Les victoires que le MST a connues dans ses luttes pour la réforme agraire ont permis à des centaines de milliers de paysans de vivre dans la dignité tout en produisant une alimentation saine pour leurs familles et leurs communautés. Car, dans un pays qui utilise annuellement 5,1 litres de pesticides par habitant, les membres du MST sont en train de mettre en pratique une autre vision de l’agriculture: l’agroécologie.

Après avoir décrit la démocratie participative pratiquée au sein du MST, où toutes les grandes questions sont amplement discutées à tous les niveaux de l’organisation, Alexandre a terminé sa présentation en parlant de l’Alliance bolivarienne des mouvements sociaux latino-américains et en évoquant les réalisations des Brigades internationales du MST. Ces dernières ont travaillé auprès des communautés paysannes dans plusieurs pays, dont Haïti, après le tremblement de terre, et le Venezuela où elles ont collaboré à la création de l’École internationale d’agroécologie destinée aux jeunes paysans et paysannes des Amériques.
En invitant ses auditeurs à assister au 6e Congrès du MST, qui aura lieu en janvier 2014, Alexandre a souligné l’importance de la solidarité internationale avec les luttes du MST pour la justice sociale et son nécessaire combat contre le néo-impérialisme des sociétés transnationales.

 

 

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La Via Campesina : 1993-2013, 20 ans de lutte

Appel à soutenir La Via Campesina

Soutenez la lutte pour notre avenir: agissez pour la souveraineté alimentaire!

En 2013, La Via Campesina célébrera son 20e anniversaire. C’est en effet en 1993 que des paysans et des paysannes des quatre continents ont donné naissance à ce mouvement lors d’une réunion à Mons, en Belgique. A cette époque, la logique de la mondialisation commençait à imprégner fortement les politiques agricoles et agro-alimentaires. Pour faire face à ce phénomène et à ses conséquences, les paysans et les paysannes ont décidé de se regrouper pour définir une stratégie commune et se donner les moyens de lutter ensemble. Ils souhaitaient aussi participer aux décisions les affectant directement et s’assurer que leurs voix soient entendues. Au cours de ces 20 dernières années, les luttes locales des organisations paysannes nationales ont été renforcées par l’appartenance à ce mouvement international dynamique. Toutes partagent en effet un combat commun et se soutiennent mutuellement.

La Via Campesina est maintenant reconnue comme un acteur important dans les débats sur l’alimentation mondiale et l’agriculture. Elle est entendue par de nombreuses institutions mondiales telles que l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), le Comité des Nations unies sur la sécurité alimentaire mondial (CSA), le Conseil des droits humains des Nations unies, la Convention sur la Diversité biologique (CDB). Elle est aussi largement reconnue parmi les autres mouvements sociaux depuis le niveau local jusqu’au niveau international.

La Via Campesina est devenue un mouvement mondial incontournable. Elle comprend désormais environ 150 organisations paysannes locales et nationales dans 70 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. La Via Campesina, ce sont 200 millions de paysans et de paysannes, unis dans une lutte commune pour réaliser la souveraineté alimentaire.

 

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Ce projet implique

  • la défense d’un système alimentaire qui apporte une nourriture saine aux populations locales et fournit des moyens de subsistance pour les communautés locales;
  • la promotion d’une agriculture paysanne durable principalement orientée vers les marchés locaux afin d’assurer une nourriture équitable et durable, aujourd’hui et pour les générations futures;
  • la reconnaissance du droits des paysans et des paysannes à vivre dans la dignité et sans risque de voir leurs luttes criminalisées, et ce d’autant plus qu’ils nourrissent actuellement 70% de la population mondiale.
  • l’accès sécurisé aux biens communs que sont la terre, l’eau, les semences, les différentes races d’animaux d’élevage pour les paysans et les paysannes. Sans cela, ils ne peuvent pas pratiquer une agriculture agro-écologique.
  • le rejet des entreprises multinationales de l’agro-industrie, du modèle néolibéral d’agriculture industrielle et les logiques et pressions commerciales qui y sont associées;

 

Grâce à La Via Campesina, des étapes significatives ont été franchies dans la promotion de la souveraineté alimentaire et de l’agriculture paysanne comme solution aux crises multiples actuelles que traverse le monde. La souveraineté alimentaire est au cœur des changements nécessaires pour construire l’avenir que nous voulons. C’est la seule voie possible si l’on veut nourrir toute l’humanité, tout en respectant les droits de la Terre. Mais pour aboutir vraiment à la souveraineté alimentaire, une véritable réforme agraire est nécessaire, afin de changer les systèmes et les relations structurelles qui régissent les biens communs que sont la terre, les semences et l’eau. Alors que la crise climatique s’est aggravée, nous n’avons eu de cesse d’expliquer, dans de nombreux forums internationaux, que nos modèles de production à petite échelle et agro-écologiques refroidissaient la planète, préservaient les écosystèmes, créaient des emplois et assuraient la sécurité alimentaire des plus pauvres. La Via Campesina est convaincue que pour accéder à un changement social profond, elle doit renforcer ses alliances avec les autres secteurs de la société.

 

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Pour les années à venir, aidez-nous à poursuivre nos efforts :

Pour intensifier le plaidoyer pour la souveraineté alimentaire auprès des institutions internationales et des gouvernements nationaux.
Pour améliorer nos outils de communication afin que la voix des paysans et des paysannes soit mieux entendue partout dans le monde.
Pour refroidir la planète en développant l’agriculture paysanne durable grâce à l’agro-écologie.
Pour préserver la biodiversité et défendre la souveraineté des semences par le soutien à des échanges de semences paysannes entre paysans.
Pour renforcer le leadership des femmes et des jeunes pour la souveraineté alimentaire.
Pour intensifier la lutte pour récupérer les biens communs que sont la terre, l’eau et les graines.

Votre contribution financière contribue à un système alimentaire basé sur la dignité et la solidarité
La Via Campesina a besoin de fonds pour continuer son travail gigantesque d’organisation des paysans et des paysannes partout à l’échelle mondiale, pour défendre les droits des Peuples à produire de la nourriture et à se nourrir sans détruire la planète. Votre contribution pour notre 20ème anniversaire nous permettra d’avancer dans la réalisation de ce projet commun !

Vous pouvez faire un don sur internet en utilisant « PayPal » Ou par virement bancaire

Qui est la Via Campesina? La voix des paysans et des paysannes du monde
Plus d’informations sur www.viacampesina.org

La Via Campesina

Via Campesina is an international movement of peasants, small- and medium-sized producers, landless, rural women, indigenous people, rural youth and agricultural workers. We are an autonomous, pluralist and multicultural movement, independent of any political, economic, or other type of affiliation. Born in 1993, La Via Campesina now gathers about 150 organisations in 70 countries in Asia, Africa, Europe, and the Americas.

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Rio+20 : 80 000 personnes battent le pavé pour la Justice sociale et environnementale

rio-80000_sPlus de 80 000 hommes et femmes ont formé une marée humaine qui a envahi l’Avenue Rio Branco dans le centre-ville de Río de Janeiro, allant de l’église de la Candelaria jusqu’à Cinelandia.

Appelée par le Groupe d’articulation du Sommet des Peuples et soutenue par différents mouvements et par les habitants de Rio de Janeiro, cette mobilisation mondiale a permis de faire entendre la voix des peuples du monde entier contre la parodie mise en œuvre à l’occasion de la conférence officielle, Rio + 20, par les chefs d’Etats et de gouvernements et les grandes entreprises, incapables de promouvoir la justice sociale et environnementale

Dans un appel à l’unité de toute la classe ouvrière mondiale, le dirigeant de Via Campesina, João Pedro Stédile, a appelé à un pacte historique: “Nous proposons le Pacte de Rio de Janeiro des Peuples luttant pour le retour sur nos terres d’origine et pour la lutte quotidienne contre nos vrais ennemis.”. Stédile rappelle au monde que les grands pollueurs, usurpateurs des ressources naturelles des peuples, qui détruisent la vie sur Terre portent ‘un nom: le capitalisme, les grandes entreprises transnationales, Monsanto Cargill, les banques!”.

Le dirigeant du mouvement des sans terre du Brésil, attire l’attention sur le moment que nous vivons: le capitalisme est en crise, pourtant les capitalistes gagnent toujours plus. Il a expliqué qu’ils “évoluent en souhaitant amasser toutes les ressources du monde, pour se protéger de la crise, et ensuite, avec la privatisation de la terre, de l’eau et même de l’air (avec les crédits carbone), reprendre le cycle de l’usurpation”. Néanmoins, face à une mobilisation jamais vue depuis 1989 dans les rues du pays, l’espoir d’une nouvelle époque naît. Une période au cours de laquelle les peuples, “fatigués des politiques néolibérales, avanceraient par leur propres moyens”.

Les cris de toutes les communautés, de tous les mouvements et de tous les peuples en lutte ont résonné pendant la manifestation appelant à la fin de ce système d’exploitation du travail et des ressources naturelles jusqu’à leur épuisement. La construction d’un nouveau paradigme, tel que les solutions alternatives de l’agroécologie dans l’alimentation mondiale, est nécessaire. Sans oublier que les droits, les cultures et les demandes des peuples sont des priorités. Forte de ce qu’elle qualifie de la “chaleur révolutionnaire des Caraïbes”, Camille Chalmers, originaire d’Haïti, a insisté sur la fin du colonialisme dans des pays comme Curazao et Puerto Ricco; la fin du néocolonialisme subi par Haïti et a réclamé fermement que “Les forces de l’ONU quittent Haiti!”

Les milliers d’habitants et habitantes des villes et des campagnes, provenant des quatre coins du monde n’ont fait qu’un contre “l’économie verte” proposée par les banques et les chefs d’Etat et de gouvernement. En effet, ils considèrent cela comme du capitalisme travesti en durabilité. Des initiatives telles que l’initiative REDD ou la farce des crédits carbones, qui financiariseraient la vie elle-même et l’environnement, ont été rejetées par les populations qui veulent une plateforme mondiale des solutions déjà présentées. Les peuples du mondes veulent, eux-mêmes, essayer de “refroidir la planète”, grâce à l’agriculture paysanne et à un nouveau cadre économique.

Selon Elizabeth Mpofu, originaire du Zimbabwe et appartenant à la délégation de La Via Campesina Internationale : “Río +20 devrait s’appeler Río -20! L’économie verte n’est pas la solution car elle ne sert que les entreprises transnationales et ne respectent ni les gens, ni les droits humains. De plus, cela crée un ordre du jour de la destruction. C’est nous qui allons détruire cet ordre du jour!”. La militante a montré comment la concentration des terres est l’un des problèmes les plus graves actuellement, citant l’exemple du Paraguay, où, à l’instar d’autres cas similaires, nous avons vu tomber des dirigeants paysans qui luttent contre le latifundium destructeur.

 

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Pendant ce grand événement, il a été fait référence à la conférence officielle, Rio + 20, sous l’égide de l’ONU, soulignant ainsi la perte de prestige des principales économies des pays du nord et des “gouvernements soumis à l’impérialisme” qui se rencontrent à cette occasion. La cession de 10 milliard d’USD au fond de sauvetage des banques européennes en crise par le gouvernement brésilien a été un thème abordé. En somme, si nous additionnons la collaboration de tous les pays du G20, les caisses de l’Etat débourseront 45,6 milliard d’USD à cause de la crise dû au capitalisme.

Tandis que les diplomates et les chefs d’Etats et de gouvernements d’une centaine de pays se réuniront pour rédiger un document unique (qui ne prévoit aucune sanction et aucun objectif pour les pollueurs), un grand nombre d’organisations ont animé le Sommet des Peuples, pour la Justice sociale et environnementale en défense des Biens communs. Hormis les grandes manifestations dans les rues, ont eu lieu une série de débats et de moments de convergence des axes, englobant les dénonciations des vraies causes de la crise, les solutions mises en place par les peuples, et les points communs pour les luttes à venir.


 

Source :

Rio+20 : 80 000 personnes battent le pavé pour la Justice sociale et environnementale (Rio de Janeiro, Jeudi, 21 juin 2012)

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Nouvelles en espagnol de la CLOC-Via Campesina

Vidéos :

Rio+20 : mobilisation de la Via Campesina y de la CLOC contre les produits agrotoxiques

France, Rio+20 : planète aux enchères

L’ONU et La Via Campesina débatent de l’économie verte

Samedi 16 juin, un débat a eu lieu entre les représentants de la Via Campesina, des organisations de la société civile et le Directeur général du PNUE, Programme des Nations unies pour l’Environnement, Monsieur Achim Steiner, sur l’économie verte, la proposition de l’ONU et son influence réelle sur la vie de la population mondiale.

Larissa Parker, avocate de l’organisation Terra de Direitos et membre du collectif Carta de Belém, a lancé le débat en donnant des exemples concrets concernant plusieurs parties du monde où l’implantation de l’économie verte s’est avérée préjudiciable. La financiarisation et la marchandisation de l’environnement en font un actif financier, un titre sur le marché, sujet à des processus cumulatifs. Elle a donc demandé au président du PNUE : « Comment peut-on garantir, dans le cadre de l’économie verte, la conservation de l’environnement étant donné que sa rareté va élever sa valeur marchande? »

Madame Parker a également remis en question l’ingénierie des nouvelles technologies proposées par l’ONU, comme étant une sorte de continuité du colonialisme, ainsi que le discours sur l’éradication de la pauvreté, sans compter la redistribution de la richesse et de la terre. En outre, ce modèle proposé par l’ONU n’est qu’une nouvelle façade de la révolution verte si souvent glorifiée et qui promettait de mettre un terme à la faim grâce à la technologie développée portant sur les semences résistantes et les nouveaux pesticides. Pour autant, la faim continue à se propager, les paysans se sont de plus en plus endetter en achetant ces produits qui entrainent non seulement l’empoisonnement de la nourriture mais également la mort de paysans et paysannes, en particulier en Inde. Les paysans ne croient plus en cette forme de production. Et elle a conclu en disant : “Des alternatives apparaissent et sont visibles. Il est nécessaire que l’ONU en tienne compte, qu’elle tienne compte des peuples ici réunis et des expériences développées dans les divers territoires représentés ici”

Pour sa part, Edwin Vásquez, représentant de COICA, organisation des peuples autochtones du bassin équatorien de l’Amazone, a demandé au représentant de l’ONU ce que va signifier l’économie verte pour eux. Une économie verte avec des caractéristiques propres, telle que les Nations unies la définisse, devrait tenir compte de leurs territoires, de ce qui s’y produit et non pas des entreprises pétrolières, de la production du charbon ou de l’extraction minière. “Pour nous, peuples autochtones et sans terre, l’économie verte n’est pas de la couleur de l’argent, elle est de la couleur de notre Amazonie ”, a-t-il ajouté.

Juan Herrera, de la Via Campesina, a souligné l’importance de la lutte des paysans et paysannes contre ledit modèle, principalement parce qu’il profite aux pays riches et au capitalisme. Selon lui, la Via Campesina lutte contre les changements climatiques, provoqués par le modèle de développement capitaliste, et contre la faim, conséquence de l’économie de marché et de la non redistribution des terres et des richesses. La Via Campesina s’oppose aux solutions proposées par le capitalisme ayant toujours pour finalité l’augmentation illimitée du capital. Herrera a saisi l’occasion, pour renforcer le processus de lutte de la Via Campesina, et a déclaré “nous, à la Via Campesina, nous allons continuer à manifester et à lutter pour tous les peuples du monde. L’ONU propose la massification de l’usage des OGMs et des produits agro-toxiques, alors que nous luttons pour une alimentation saine pour notre peuple et que tous nous puissions y avoir accès ”.

Les interprétations de l’économie verte selon l’ONU

Selon Steiner, il existe des interprétations multiples et variées de l’économie verte ainsi que différentes façons de la combattre. Il nous a affirmé ne pas être en désaccord avec les critiques et les analyses faîtes jusqu’à présent à ce sujet. Il reconnaît que l’ONU se sent également frustrée du fait des rares progrès s’étant produits depuis l’Eco92. Il a également déclaré que la pensée économique domine toutes les nations, à l’exception peut-être d’un petit nombre, néanmoins la perspective des nations est l’économie. Pour lui, le rapport du PNUE est une critique des marchés qui ne sont pas parvenu à appliquer le développement durable défini comme prioritaire lors de l’Eco92.

Quant aux nouvelles technologies, Steiner a souligné que sa “vision est de permettre que les gens puissent considérer le développement durable comme quelque chose de différent de ce qu’il a été jusqu’à ce jour. Les technologies des énergies renouvelables et des OGMs constituent de bons outils, mais les grandes multinationales s’en sont emparées. Le chemin s’est construit du haut vers le bas. Les économies ne peuvent être totalement contrôlées. D’un côté comme de l’autre, elles doivent cohabiter et ne pas être dominées uniquement pas le marché ou par les gouvernements. Lorsque nous parlons d’économie, nous ne parlons pas du modèle du passé mais de l’avenir”.

Pat Mooney, du Groupe ETC, a souligné que les gouvernements se trouvent au mauvais endroit. Pour lui, c’est ici, dans l’espace du Sommet des Peuples, que l’économie est réelle, c’est ici que les débats sont importants.

Les systèmes financiers sont les responsables de la crise financière ayant frappé une grande partie du monde. La crise du changement climatique est due aux développements technologiques qui ont détruit l’environnement. Pour Pat Mooney, on essaie de joindre ces deux crises et de rechercher des solutions. Or, il s’agit de crises que le marché lui-même a provoquées. L’avocate a demandé : “Comment va s’y prendre l’économie verte pour créer une nouvelle technologie qui pourrait résoudre ce que l’autre technologie a détruit ? Pour nous, ces technologies de sont pas vertes, elles ne fonctionnent pas. Et, en le disant, je ne veux pas dire qu’elles ne sont pas opérationnelles, mais qu’elles ne servent à rien ”. Puis elle a affirmé “nous ne pouvons pas permettre que ceux qui ont détruit le système financier détruisent l’environnement ”

Le représentant de la CUT, Arthur Hernrique, a souligné qu’un modèle transformant les biens communs en marchandise n’est pas acceptable. “Nous avons besoin de changer le modèle mondial de production et de consommation. L’ONU elle-même a admis que le modèle n’a pas fonctionné. Les piliers environnementaux et sociaux se sont retrouvés à l’arrière plan des débats mondiaux ”. Le travail vert, selon ce dirigeant, est un travail décent. Ce n’est pas seulement lutter contre le travail esclave et le travail des enfants. Il a finalement conclu que “non seulement nous voulons être écoutés, mais nous voulons débattre ensemble des solutions pour arriver à un développement durable ”.

Pablo Solón, de Global South, a demandé à Steiner pourquoi il n’était pas sincère en n’assumant pas réellement les intérêts du capital sur l’économie verte. Selon lui, l’économie verte permet aux pays riches de pouvoir poursuivre leur modèle de développement par le biais de politiques compensatoires comme les REEDs et le crédit carbone. Il a conclu en effectuant une critique du modèle économique préféré des pays riches: “le modèle économique ne peut être fondé sur l’exploitation indistincte de la nature. Nous n’avons pas besoin de croître indéfiniment. Par contre, nous avons besoin de redistribuer les richesses et les ressources. Et cela, l’économie verte ne le dit pas”.

 


 

Pour en savoir plus :

 

 

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Les peuples du monde face à l’avancée du capitalisme: Rio +20 et au delà

signature_viacampesinaDu 20 au 22 juin 2012, des gouvernements du monde entier vont se rassembler à Rio de Janeiro au Brésil dans le but de commémorer les 20 ans du « Sommet de la terre », la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement durable (CNUDD).

Pour la première fois en 1992, la CNUDD a établi un calendrier mondial pour le « développement durable ». C’est lors de ce sommet qu’ont été adoptées la Convention sur la Diversité biologique (CDB), la Convention des Nations Unies sur le Changement climatique (CNUCC) et la Convention sur la Lutte contre la Désertification. Chacune de ces conventions promettait de mettre en place un ensemble de mesures destinées à protéger la terre et la vie sur la planète tout en contribuant à la dignité de tous les êtres humains.

A cette époque, de nombreux mouvements sociaux avaient salué ces nouvelles conventions porteuses d’espoirs. Vingt ans plus tard, nous nous rendons compte que les causes réelles de la détérioration environnementale, économique et sociale n’ont pas été touchées. En outre, nous constatons avec une inquiétude profonde que cette prochaine réunion de juin renforcera les politiques néolibérales et les processus d’expansion capitaliste, de concentration et d’exclusion qui nous entraînent dans une crise environnementale, économique et sociale aux proportions démesurées. Sous le nom trompeur et mal intentionné d’ “économie verte”, de nouvelles formes de pollution et de destruction de l’environnement vont être annoncées ainsi que de nouvelles vagues de privatisation, de monopolisation et d’expulsion de nos terres et de nos territoires.

La Via Campesina va se mobiliser lors de cet événement et fera entendre la voix paysanne dans le débat mondial. Le mouvement international défendra une nouvelle voie de développement, fondée sur le bien-être de tous et toutes, une voie qui assure l’alimentation de chacun, qui protège les biens communs et les ressources naturelles, garantissant qu’ils servent au “bien vivre” de tous et toutes et non au désir d’accumulation d’une minorité.

20 ans plus tard: planète et humanité en crise

20 ans après le Sommet sur la Terre, la vie est devenue plus difficile pour la majorité de ses habitants et habitantes. Le nombre de personnes souffrant de la faim approche maintenant du milliard, ce qui signifie qu’une personne sur six a faim, les enfants et les femmes paysannes étant les plus touchés. Les expulsions de nos terres et de nos territoires se sont accélérées. Elles ne sont pas seulement dues aux conditions désavantageuses imposées par les traités commerciaux et le secteur industriel, mais aussi à de nouvelles formes d’accaparements de la terre et de l’eau, à l’imposition mondiale de nouvelles législations sur la propriété intellectuelle qui nous volent nos semences, à l’invasion des semences transgéniques, à l’avancée des plantations de monocultures, des mégaprojets d’infrastructure et d’extraction minière.

Les grandes promesses de Rio 92 se sont avérées vaines. La Convention sur la Diversité biologique n’a pas mis fin à la destruction de la biodiversité. Au contraire, elle a contribué à de nouveaux mécanismes destinés à la privatiser et à la convertir en marchandise. La désertification continue à avancer de pair avec l’agriculture industrielle et l’expansion de l’agro-industrie et des plantations de monocultures. Le réchauffement de notre planète – avec son cortège de désastres et la souffrance qui en découle – n’a pas été diminué, mais il s’est plutôt accéléré et aggravé.

La grande tromperie de 1992 a été le “développement durable”. Alors que les mouvements sociaux le voyaient comme une possibilité de traiter l’origine des problèmes, cela n’a finalement été qu’une recherche de nouvelles formes d’accumulation. Aujourd’hui il s’agit de légitimer ce qu’ils appellent “l’économie verte”.

“L’économie verte” et les autres fausses solutions: un nouvel assaut sur les peuples et les territoires

L’économie capitaliste a causé la plus grande crise systémique depuis 1929. Depuis 2008, le système hégémonique s’efforce de trouver des sorties à la crise structurelle, tout en recherchant de nouvelles possibilités d’accumulation dans la même logique. C’est dans ce contexte que le secteur financier s’est emparé des conventions sur la diversité biologique et le changement climatique et a développé cette nouvelle ingénierie financière appelée Capitalisme vert.

Gouvernements, secteur industriel et organes onusiens ont passé les dernières années à construire le mythe de “l’économie verte” et du “verdissement de la technologie”. Présenté comme le point de rencontre entre la planète et le monde des affaires, il s’agit, en réalité, d’une nouvelle façon de faire avancer le capitalisme jusqu’à ce que toute la terre soit sous le contrôle du grand capital. De nombreux mécanismes sont mis en œuvre par cette économie verte qui, tous, nous entraînent vers davantage de destructions.

L’économie verte ne cherche à atténuer ni le changement climatique ni la détérioration de l’environnement mais bien plutôt à généraliser le principe donnant à ceux qui en ont les moyens le droit de polluer. Jusqu’à présent, on a utilisé le ridicule achat de bons carbone (compensation carbone) afin de pouvoir continuer à émettre des gaz à effets de serre. Maintenant ce sont des bons pour la biodiversité qu’on invente. Ce qui signifie que les entreprises pourront continuer à détruire les forêts et les écosystèmes dans la mesure où elles paient quelqu’un qui est supposé conserver la biodiversité ailleurs. Il est bien possible que demain des bons pour l’eau, le paysage et l’air pur soient ainsi créés.

Ces systèmes de paiement en échange de services environnementaux aboutissent à l’expropriation des terres et des territoires des paysannes, paysans et des peuples autochtones. Les gouvernements et les entreprises donnent une forte impulsion aux mécanismes REDD et REDD+. Ils sont présentés comme des mécanismes qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre provenant du déboisement et de la dégradation des forêts. Mais en réalité, on les utilise pour imposer des projets qui empêcheront les familles et les communautés rurales d’accéder à leurs terres, leurs forêts et leurs sources d’eau en échange d’un paiement dérisoire. De plus, ces mécanismes garantissent au secteur industriel un accès sans restriction aux zones forestières communes, rendant possible des actes de biopiratage. Des contrats sont imposés liant les communautés paysannes à ces projets de développement pour 20 ans ou plus; les terres autochtones et paysannes sont alors hypothéquées et risquent d’être saisies. L’objectif de ces services environnementaux est de prendre le contrôle des réserves naturelles et des territoires de nos communautés.

Une autre initiative de l’économie verte consiste à transformer les plantes, les algues et tous les déchets organiques (paille, fumier, etc.) en sources d’énergie afin de remplacer le pétrole. Il s’agit de “l’utilisation de la biomasse”. Avec les agrocarburants, des millions d’hectares qui devraient être couverts de forêts ou produire des aliments, sont désormais consacrés à une production agricole qui alimente des machines. Si l’utilisation énergétique de la biomasse se développe nous constaterons que la vie maritime sera encore plus réduite car une partie importante des espèces marines ne trouvera plus à se nourrir. Nous constaterons que nos sols ne récupèrent plus la matière organique qui est indispensable à leur fertilité et à leur protection contre l’érosion et la sécheresse. Il deviendra ainsi impossible de nourrir nos animaux, les aliments devenant de plus en plus chers et rares. Les réserves aquifères s’épuiseront encore davantage soit à cause des cultures d’agrocarburants, soit que, par manque de matière organique, nos sols auront perdu la capacité d’absorber l’eau et de la retenir.

On nous parle maintenant d’une “agriculture intelligente pour le climat”, qui entraîne une nouvelle révolution verte –probablement avec des OGM- et qui nous pousse à accepter des paiements dérisoires sur la même base que les REDD au lieu d’exiger un soutien efficace pour nous défendre contre les effets du réchauffement climatique. On cherche aussi à nous imposer des systèmes dépendant des pesticides, tel que le semis direct avec des pulvérisations aériennes de Round up: et c’est appelé une “agriculture faible en carbone”! On va nous obliger à faire un certain type d’agriculture où nous risquons de perdre le contrôle de nos territoires, de nos écosystèmes et de notre eau.

L’un des aspects les plus pervers des fausses solutions promues lors des négociations internationales est la restriction de l’accès à l’eau. Prétextant la rareté de l’eau, il est proposé qu’elle soit réservée aux “cultures de grande valeur”, c’est à dire d’arroser uniquement les cultures d’exportation, les agrocarburants et autres cultures industrielles et non les cultures destinées à l’alimentation.

La promotion de solutions technologiques qui n’apportent aucune solution se trouvent aussi à l’ordre du jour des discussions de Rio. La géoingénierie et les cultures transgéniques sont parmi les plus dangereuses. Jusqu’à présent aucune des solutions proposées par la géoingénierie ne s’est avérée avérée capable de résoudre les problèmes climatiques. Bien au contraire, certaines formes de géoingénierie telle que la fertilisation des mers, sont si dangereuses qu’un moratoire international a été décrété. Dans le but de nous faire accepter les cultures transgéniques, on nous a dit qu’elles résistaient à la sécheresse et à la chaleur, mais la seule nouveauté des OGM est leur résistance aux herbicides ce qui crée un marché de produits très toxiques, comme le 2,4,-D.

Le projet le plus ambitieux et celui que certains gouvernements identifient comme “le plus grand défi”, consiste à mettre un prix à tous les biens de la nature (l’eau, la biodiversité, le paysage, la forêt, les semences, la pluie…) dans le but de les privatiser (sous couvert que les conserver coûte cher). Et ensuite, nous faire payer leur utilisation. Cela s’appelle l’Économie des Écosystèmes et de la Biodiversité (TEEB The Economics of Ecosystems and Biodiversity en anglais). C’est l’assaut final contre la nature et la vie mais aussi, contre les moyens de subsistance et la vie des peuples qui vivent de l’agriculture, de la chasse et de la pêche

Ce capitalisme “vert” dirige sa convoitise vers les espaces ruraux communs, l’agriculture, la terre et l’eau. Nous en souffrons déjà les effets lors des accaparements de terre et de la privatisation de l’eau, des océans, des territoires indigènes, des parcs nationaux et des réserves naturelles. Tout cela va de pair avec les expulsions forcées des communautés paysannes et autochtones.

La solution réelle: placer les agricultures paysannes et autochtones au centre des politiques

Les communautés paysannes et autochtones vivent dans la plus grande pauvreté car leurs terres ont été volées. Des législations ont été créées pour les empêcher de cultiver et d’échanger librement leurs semences. Cependant, nous sommes des peuples qui résistons à l’expulsion et nous représentons encore 90% de la population rurale. Notre système agricole refroidit la planète, respecte les écosystèmes et assure l’alimentation des plus pauvres.

Toute solution réelle doit aller à l’encontre de la recherche effrénée de profit du capital, elle doit mettre fin à la complicité des gouvernements et soutenir les systèmes de production qui respectent la planète. La souveraineté alimentaire est au cœur de tout changement nécessaire, c’est la seule voie afin d’alimenter l’humanité. Nos propositions sont claires et apportent des solutions réelles:

Nous devons remplacer le système alimentaire industriel agro-exportateur par un système basé sur la souveraineté alimentaire qui rend à la terre sa fonction sociale de terre nourricière, donnant une place prépondérante à la production locale d’aliments, aux circuits de commercialisation et de transformation locaux. La souveraineté alimentaire permet d’en finir avec les monocultures et l’agro-industrie, de promouvoir un système de production paysan qui se caractérise par une plus grande productivité et intensité; la création d’emplois, le respect des sols et une production saine et diversifiée. L’agriculture paysanne et autochtone est aussi celle qui peut refroidir la planète car elle peut éviter la production ou absorber jusqu’à 2/3 des gaz à effet de serre émis chaque année.

La terre qui est entre les mains de paysannes, de paysans ou de peuples autochtones représente environ 20% de la surface agricole mondiale. Cependant, sur ces terres, les familles et les communautés paysannes et autochtones produisent au moins la moitié de l’alimentation mondiale. Nous avons donc entre nos mains la forme la plus sure et la plus efficace d’éradiquer la faim dans le monde.

Pour nourrir l’humanité et restaurer la normalité climatique, l’agriculture doit retrouver sa place au sein des communautés paysannes et des peuples autochtones. Dans ce but, des reformes agraires intégrales de grande amplitude doivent être entreprise dans les plus brefs délais, afin de mettre fin à la concentration extrême et croissante de la terre qui affecte l’humanité. C’est grâce à ces réformes agraires que les conditions matérielles seront réunies pour que l’agriculture paysanne et autochtone remplisse la fonction nourricière pour l’humanité. Il est donc nécessaire d’arrêter immédiatement toutes transactions et concessions qui conduisent à des concentrations ou accaparements de terres ou à des déplacements de communautés rurales.

Les systèmes d’agriculture paysanne ou autochtone, de chasse, de pêche ou d’élevage qui protègent la terre et produisent l’alimentation doivent être soutenus de façon adéquate par des fonds et des moyens publics sans condition. Les mécanismes de marché – vente de carbone et de services environnementaux – doivent être annulés immédiatement et remplacés par des mesures réelles telles que celles mentionnées ci-dessus. Arrêter la pollution est un devoir auquel nul ne peut échapper en achetant des droits de continuer à détruire.

Ce que les organismes internationaux et le secteur industriel nomment biomasse doit légitimement servir à alimenter les êtres humains et retourner à la terre afin de restaurer sa fertilité. Les émissions provenant du gaspillage d’énergie doivent être réduites par des économies d’énergie et en arrêtant le pillage. Nous avons besoin de sources d’énergie renouvelables décentralisées, à la portée des peuples.

Mobilisons-nous tous afin de démasquer Rio+20 et le capitalisme vert

Nous paysans et paysannes, sans-terres, peuples autochtones, migrants et migrantes, nous opposons fermement à la marchandisation de la terre, de nos territoires, de l’eau, des semences, des aliments, de la nature et de la vie humaine, nous répétons ce qui a été dit au Sommet des Peuples de Cochabamba en Bolivie: “L’humanité est aujourd’hui à la croisée des chemins: poursuivre sur la voie du capitalisme, de la mise à sac et de la mort ou emprunter le chemin de l’harmonie avec la nature et du respect de la vie.”

Nous répudions et dénonçons “l’économie verte”, elle n’est qu’une façade qui cache la convoitise du secteur industriel et de l’impérialisme agroalimentaire dans le monde. C’est une couche de peinture verte sur le capitalisme qui n’impose que de fausses solutions: le commerce du carbone, le mécanisme REDD, la géoingénierie, les OGM, les agrocarburants, le biochar et toutes les solutions à la crise de l’environnement basées sur le marché.

Notre défi est de retrouver d’autres types de relations avec la nature et entre les peuples. C’est notre devoir et notre droit et voilà pourquoi nous continuons à lutter sans trêve pour la construction de la souveraineté alimentaire, pour la réforme agraire intégrale et la récupération des territoires autochtones, pour mettre fin à la violence du capital et pour la restitution des systèmes paysans et autochtones basés sur l’agroécologie.

NON AUX FAUSSES SOLUTIONS DU CAPITALISME VERT

POUR L’AGRICULTURE PAYSANNE!

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Rio+20: Journée internationale de luttes – Les peuples du monde contre la marchandisation de la nature

viacampesinaLa Via Campesina appelle toutes les organisations paysannes du monde ainsi que ses alliées et alliés à organiser des actions au cours du mois de juin.

L’avancée du système capitaliste qui, pendant les deux dernières décennies, est arrivée à des dimensions inédites, conduit à des crises tout aussi inédites. Les crises financière, alimentaire, énergétique et environnementale sont les visages multiples de la crise structurelle du capitalisme, qui ne connaît pas de limites dans sa quête de profits. La crise structurelle actuelle, comme d’autres crises de cette sorte, touche les peuples du monde mais laisse indemnes les élites et les grandes sociétés.

Sur tous les continents, nous avons vu que, même pendant la crise, l’élan du capitalisme n’a pas diminué. Car nous constatons les accaparements illégaux des terres par des sociétés étrangères, l’avance de l’industrie extractive (minière et pétrolière), les cultures génétiquement modifiées de plus en plus présentes dans les champs, les agro-carburants, les pesticides vendues à une échelle gigantesque. En fin de compte, la crise du capitalisme ne veut pas dire que le système fait volte-face. Au contraire, c’est à ce moment précis, qu’il avance avec le plus d’intensité, parce que les entreprises profitent de la crise pour étendre leur domination aux territoires qui n’ont pas encore été conquis.

La Conférence Rio + 20 en est un exemple clair. Au lieu de rassembler les gouvernements du monde entier pour trouver de vraies solutions à la crise environnementale, cet événement servira à consolider les fausses solutions aussi bien que l’accaparement des territoires des paysannes et paysans, ainsi que des peuples premiers. A la Conférence de l’ONU, il n’y a que les intérêts des grandes sociétés qui trouveront leur place.

Afin de résister à ces intérêts et à les confronter, il est fondamental que les peuples du monde continuent à renforcer leurs organisations et leurs luttes, qu’ils élèvent leur voix et qu’ils démontrent que seulement la souveraineté populaire offre de réelles solutions.

Ainsi, en tant que Via Campesina , nous demandons à nos organisations membres et à nos alliées et alliés d’organiser et de coordonner des luttes pendant tout le mois de juin, principalement durant la Journée internationale de l’environnent, le 5 juin. De cette manière, nous démontrerons notre unité et notre force afin d’envoyer à l’avance, de partout dans le monde, un message radical aux représentants des gouvernements qui se réuniront à Rio + 20, du 20 au 22 juin, à Rio de Janeiro, Brésil.

Chaque lutte, chaque résistance, chaque territoire que nous récupérons doit être l’expression de cette unité mondiale devant l’offensive du système capitaliste contre la nature.

Parallèlement à la Conférence officielle, nous, les peuples du monde, serons réunis au Sommet des Peuples, dans un processus de construction collective et de mobilisation permanente. Au cours de la semaine du 18 au 22 juin, il y aura aussi une période de mobilisation mondiale, car notre tâche ne se situe pas seulement à Rio de Janeiro. En effet, nous devons poursuivre les luttes dans notre propre pays, particulièrement lors de la journée inaugurale de la Conférence officielle, le 20 juin. Cette période de luttes sur tous les continents devrait se répercuter à Rio de Janeiro et dans le monde entier.

Nous convoquons toutes les organisations paysannes et leurs alliée et alliés à organiser des mobilisations et des actions partout dans le monde : des marches dans les villes ou dans les campagnes; des conférences de presse; des actions pour demander la Réforme agraire et l’accès à la terre; des campagnes de communication; des programmes de radio; des mobilisations contre les entreprises responsables de la dégradation environnementale; des débats dans les écoles et les universités; des projections de films documentaires; et d’autres actions que vous organiserez collectivement chez vous.

Au moment où le capitalisme veut mondialiser davantage son système, dominer nos territoires et exploiter notre main d’oeuvre, nous devons internationaliser notre lutte. Nous allons nous organiser, préparer des actions, faire appel à nos bases et à nos alliés pour cette grande journée de lutte contre le capitalisme. La force de notre journée de luttes viendra de notre capacité de nous organiser et d’atteindre une visibilité nationale et internationale.

Nous vous demandons de nous informer de vos actions à l’adresse électronique suivante : lvcweb@viacampesina.org

Non aux fausses solutions du capitalisme vert

Pour l’agriculture paysanne!

Globalisons la lutte. Globalisons l’espoir.

 


 

Source : Appel de la Via Campesina