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Un livre indispensable pour la conservation des semences

Que vous soyez paysan, jardinière ou grande productrice, ce livre saura vous guider dans la conservation des semences. On y parle de presque chaque espèce, de ses particularités, difficultés et moyens de sélection et de conservation. Ça démystifie ce qu’à prime abord on croyait compliqué, et on se rend compte que la conservation des semences est à la portée de toutes et tous.

‘’Écrit pour des lecteurs débutants autant qu’experts, ce guida a été conçu pour la conservation des semences maison autant que pour la production commerciale à petite échelle. Si vous désirez apprendre à cultiver des variétés patrimoniales rares, que vous voulez économiser de l’argent en cultivant vos propres semences ou simplement en apprendre davantage sur les aspects les plus subtils de la semence et du jardinage, ce manuel est un excellent départ. On y retrouve, en plus de nombreux conseils utiles, une section pour les conservateurs chevronnés qui traite entre autre de la production de semences de cultures bisannuelles (betteraves, carottes, céleris, poireaux, etc.) et de la pollinisation manuelle.’’ Description du livre La conservation des semences – Guide de production à petite échelle, sur le site web de Semences du Patrimoine.

 

Ce livre vous enseignera des techniques de conservation des semences appropriées et vous évitera entre-autres l’erreur de laisser des variétés se croiser. Vous pourrez ainsi échanger des semences de qualité en toute confiance!

 

Pour vous procurer le livre, c’est par ici: https://semences.ca/sw8/web/livres

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Une ressource précieuse pour conserver des semences

Ça y est: Vous êtes attiré par la conservation des semences, vous vous dites que vous êtes rendu là, vous comprenez l’incroyable importance de ce geste… mais vous êtes perdu face à l’apparente complexité de la chose?

Nous trouvons le site web du Réseau des Semences Communautaires (RSC) complètement génial, c’est une ressource en or mise sur pied par des passionnÉes des semences, et supporté par Sème l’Avenir et Seed Savers Exchange.

 

Pourquoi un réseau de semences communautaires?

Voici la réponse tirée de leur site web:

‘’Le Réseau des semences communautaires (RSC) existe pour faciliter la sauvegarde et le partage des semences. Il y a autant de raisons de sauver et partager des semences, qu’il y a de gens qui le font. Certaines personnes qui font partie du mouvement des semences communautaires sont des militants, c’est-à-dire qu’ils travaillent pour que les semences continuent d’appartenir au domaine public en s’approvisionnant, en échangeant et en partageant librement. D’autres sont des éducateurs, des organisateurs, des innovateurs ou des protecteurs de l’environnement, s’efforçant de former la prochaine génération de sauveurs de semences tout en aidant à protéger la biodiversité mondiale. D’autres encore sont des jardiniers amateurs, sauvant et partageant des semences pour préserver des traditions familiales ou culturelles, ou simplement pour le plaisir que cela leur procure.’’

Saviez-vous que le safran ne se reproduit pas par la graine, car sa fleur est stérile, mais par la division de son bulbe, appelé corme?

En adoptant une semence, vous ferez naturellement partie du grand réseau des semences communautaires!

 

https://www.communityseednetwork.org/resource

 

À vos semences!

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Comment choisir une variété de semence à adopter?

La campagne Adopte une Semence a touché votre coeur? Vous avez envie de vous lancer dans l’expérience d’adopter une semence, même si la tâche vous paraît compliquée? Vous ne savez pas par où commencer? On vous guide ici en espérant vous orienter un peu!

 

1- Quelles plantes vous procurent le plus de bonheur à cultiver? Pour prendre soin d’une variété de semence, il faut absolument entretenir avec elle une relation d’amour, sinon vous allez l’oublier ou la négliger.

2- Dans quelle région êtes-vous? Nous vous conseillons de vous procurer votre variété auprès d’une petite semencière locale, dont les semences sont déjà adaptées à votre climat.

3- Si vous êtes débutantEs dans la conservation des semences, on vous conseille d’y aller avec des espèces plus faciles:  Amaranthe, aneth, arroche, asperge, basilic, cerise de terre, ciboulette, coriandre, dolique, épinard, haricot, laitue, mâche, oseille, persil, pois, radis, rhubarbe, roquette, tomate, tournesol.

le beau haricot grimpant Skunk

 

4- Dans quelle zone climatique êtes-vous situé? Conserver des semences de melon est une chose plus ardue sur la Côte-Nord qu’en Montérégie. Pensez-y!

5- Cet été, observez vos plantes au jardin, peut-être y trouverez-vous l’inspiration qui guidera la variété que vous allez semer l’an prochain? Peut-être allez-vous récolter des semences d’un légume que vous avez semé ce printemps? N’hésitez-pas à expérimenter!

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Comment participer à la Campagne ‘Adopte une Semence’?

On emboîte le pas à la campagne internationale Adopte une Semence de La Via Campesina. On souhaite inciter des personnes et des groupes de personnes à adopter une variété de semence, à la chérir et à s’engager à la replanter, année après année. C’est plus simple que vous ne le pensez, et on vous accompagne pas à pas!

 

1- Décidez si vous voulez adopter une semence seulE ou en groupe.

 

2- Si vous voulez le faire en groupe, trouvez vos alliéEs! Voulez-vous le faire en famille, avec un groupe d’amis, des collègues de travail, sur votre ferme? Parlez-en autour de vous.

 

3- Le plaisir commence: choisissez la variété! Commencez par une seule variété à conserver afin de ne pas avoir une tâche trop compliquée à accomplir. Qu’est-ce que vous appréciez particulièrement cultiver dans votre jardin?

une belle tomate mémé de Beauce

4- Envoyez-nous une photo de vous ou votre groupe avec vos semences, plants ou les fruits de votre récolte! On veut faire un bel album-photo familial de toutes ces semences adoptées! On veut connaître la variété que vous avez décidé de conserver.

5- N’oubliez-pas de bien les conserver, de les partager dans la communauté, et surtout de persévérer et de les ressemer! On vous tient au courant sous peu des ressources géniales et autres initiatives passionnantes sur les semences au Québec pour vous aider dans votre mission!

 

Téléphonez ou écrivez à Geneviève pour du support dans votre démarche: 579-700-0728, international@unionpaysanne.com

 

 

 

 

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Vidéo: L’importance de conserver ses semences au nord du 50e parallèle

Une de nos membres nous partage l’importance de conserver ses semences en Minganie, au nord du 50e parallèle. En contexte boréal, les semences du commerce sont souvent inadaptées à la courte saison fraîche et extrêmement ensoleillée de sa région. Geneviève Lalumière, passionnée des semences, entend bien travailler d’arrache pied avec sa communauté afin de populariser la pratique de conservation des semences.

 

 

Et vous, avez-vous des témoignages à nous faire part?

 

Toutes et tous ensemble pour la souveraineté alimentaire! Allez, adopte une semence!

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Lancement de la campagne Adopte une Semence

 

 

L’Union paysanne relance la campagne Adopte une Semence. Devant le constat accablant que des semences nutritives, locales, adaptées aux changements climatiques, aux variations saisonnières et aux maladies ont peu à peu disparues de nos champs et jardins, nous n’avons pas le loisir d’attendre que la situation empire encore plus.

Une diversité en érosion

On assiste depuis la Révolution Verte (qu’on qualifierait plutôt de grise…) à une érosion draconienne de notre diversité agricole. Au Canada, ça va jusqu’à 90% des variétés anciennes qui ont disparues pour laisser place aux hybrides et OGM de l’industrie…

Des gardiens et gardiennes pour les sauver
Pourtant, cachés dans leurs champs, des petites semencières et semenciers, maraîchères, meuniers et jardiniers s’affairent à semer, sélectionner et retrouver des semences paysannes anciennes afin de les réadapter au climat d’aujourd’hui dans l’espoir de les voir réintroduites dans les champs et jardins du Québec.

des haricots grimpants True Red Cranberry

Des droits aux Nations-Unies

N’oublions-pas que le droit « de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre des semences de ferme ou du matériel de multiplication » est inscrit dans la Déclaration des Nations Unies pour les droits des paysans et paysannes, mais ce droit trop souvent bafoué reste encore à affirmer.

Un savoir-faire qui se perd
En plus de l’environnement légal et réglementaire national et international qui facilite l’accaparement des semences par l’industrie, nous avons observé que la conservation des semences est un art qui se pratique de moins en moins à la maison et dans les petites exploitations agricoles.

Des actions à poser
L’Union paysanne, inquiète de l’état des semences au Québec, entend accompagner la paysannerie et la communauté jardinière dans un effort collectif pour reprendre soin d’une des ressources les plus précieuses: nos semences, source de vie.

C’est le début de la version Québécoise de la campagne Adopte Une Semence, dans le mouvement amorcé par d’autres organisations paysannes dans le monde, unies au travers de La Via Campesina. Toutes et tous ensemble pour la souveraineté alimentaire des peuples!

 

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De retour, le délégué de l’Union paysanne partage son expérience au Pays basque!

En juillet dernier se tenait à Derio, au Pays basque, la 7ème conférence internationale du mouvement paysan mondial La Via Campesina. Le délégué de l’Union paysanne raconte ses impressions et partage avec nous les grands enjeux qui secouent les mouvements paysans du monde entier, réunis pour l’occasion dans un climat sans aucun doute mobilisateur! Notre délégué, Charles Bois, 25 ans, est paysan au Saguenay-Lac-Saint-jean. Il produit des semences ainsi qu’une production diversifiée de légumes, de fruits et quelques élevages. Il est entrepreneur social, impliqué pour la souveraineté alimentaire, l’innovation sociale en agriculture et la gouvernance territoriale par, pour et avec le peuple.

 

Rapport de Charles Bois:

Lieu de la 7ème conférence de LVC, photo Charles Bois

Avant tout, je tiens à remercier l’Union Paysanne et les membres du comité international qui ont rendu mon implication possible. Ce fut un plaisir de représenter notre organisation riche de  ses valeurs à la plus haute instance décisionnelle de LVC et d’y côtoyer les paysans, paysannes et activistes de 79 pays, 164 organisations représentants plus de deux cent millions de membres. J’y ai participé au meilleur de ma personne pour représenter l’intérêt de nos membres.
L’Union Paysanne relève de la région Amérique du Nord à l’intérieur de LVC. Avant la VIIe Conférence Internationale, j’avais participé à la rencontre régionale préparatoire pour cette dernière et à une rencontre pratique d’agroécologie à Porto Rico. Au Pays-Basque en juillet dernier, j’ai participé activement à l’assemblée des jeunes, en tant qu’observateur à l’assemblée des femmes et de manière plus indirecte et à l’assemblée principale. Notre délégation d’Amérique du Nord était composée de 12 délégué-e-s provenant du Québec et du Canada, des USA et du Mexique.
Cette expérience a été très riche sur le plan humain; on rencontre des gens de partout et on tisse des liens avec les acteurs du mouvement en prenant connaissance du vécu de chacun par l’entremise d’échanges personnels et aussi par le déroulement des activités sur les lieux de la conférence à l’ancien séminaire de Derio. Ce fut également très riche d’un point de vue organisationnel. La via campesina est un mouvement d’envergure mondiale, de luttes globales, porteur de campagnes importantes pour les femmes et les hommes membres des organisations partout dans le monde. En tout quelques 500 délégués, une centaine d’invités, une équipe technique et une autre pour la traduction et de nombreux bénévoles ont participé et ont assuré le bon déroulement de la VIIe Conférence Internationale. C’est donc près de 1000 personnes qui ont participé à cet événement!
Ce fut un événement très chargé s’étalant sur neuf jours où l’on participait aux assemblées nous concernant et à celles qui nous intéressaient si notre arrivée sur les lieux le permettait. Au fil des jours on participait aux rencontres régionales et aux rencontres spécifiques, aux collectifs de travail le soir en plus des diverses activités culturelles organisées par l’organisation hôte Ehne Bizkaia. L’objectif de la conférence étant d’avoir un regard sur les quatre dernières années et d’établir les lignes directrices pour les quatre prochaines années. C’était un moment de faire le point sur comment se portent nos luttes et nos campagnes ainsi que les travaux effectués par les collectifs de travail face au système et aux pressions des protagonistes du secteur agroindustriel pour accroître leur emprise.
Voici quelques-unes de mes impressions et réflexions par rapport à cet événement mémorable auquel j’ai participé en tant que délégué officiel de l’Union paysanne.

La 4ème assemblée des jeunes

Au début de la conférence se trouvait l’assemblée des jeunes regroupant les délégués de quarante ans et moins présent. La majorité des jeunes étaient âgés entre 30 et 35 ans. L’assemblée des jeunes est une occasion de faire connaissance, de se préparer et de débattre afin de nous préparer pour l’assemblée principale. C’est un moment pour établir nos priorités et soumettre des points à l’horaire de l’assemblée principale. Ainsi, nous avons participé à des activités pour mieux faire connaissance et puis avons enchaîné avec ce que nous croyons être le rôle des jeunes dans nos organisations et au sein de la société. Il a notamment été mentionné que pour avoir une représentation dans la société et pour répondre aux enjeux nous concernant, que nous devons occuper des postes décisionnels.
L’absence de relève agricole est un enjeu répandu à travers toutes les régions et c’est définitivement un sujet auquel nous devons mettre de l’énergie. Comme tout au long de la conférence, le développement des écoles d’agroécologie paysanne a été un point clé, voire la solution concrète à partir de laquelle nous pouvons tout réunir pour répondre à cette problématique majeure de la relève. Pour sensibiliser la population, former les gens au niveau politique, organisationnel et pratique, les écoles d’agroécologie sont une occasion pour nous d’augmenter la masse critique, de valoriser la paysannerie et de promouvoir la souveraineté alimentaire comme solution au capitalisme néolibéral patriarcal.
Nous devons faire preuve d’audace et de courage pour créer un sentiment de pouvoir et mobiliser les gens!

La cinquième assemblée des femmes

L’assemblée des femmes est très importante au sein de La Via Campesina, les femmes sont certainement la solution pour contrecarrer le capitalisme patriarcal. Elles sont d’ailleurs souvent les plus touchées par ses conséquences, et constituent ses victimes les plus vulnérables. Les femmes sont celles qui cultivent la terre traditionnellement depuis des milliers d’années. Nos organisations doivent être féministes, permettre aux femmes de s’impliquer en facilitant leur rôle de mère pour celle qui le sont, en offrant un service de garde par exemple, et faire preuve d’équité pour que des femmes occupent des postes décisionnels.

Lieu des assemblées. Photo: Charles Bois

Les contextes sociaux sont forts différents et la réalité des femmes dans différents pays l’est tout autant sinon plus. Quelle que soit notre situation, nous devons avoir à l’esprit que pour mener des luttes globales, nous devons faire preuve de solidarité. La solidarité et l’espoir, deux mots forts au sein de La Via Campesina. Ainsi, des moyens doivent être pris pour conscientiser la société, autant les femmes que les hommes, sur la situation des femmes et leurs luttes partout sur la planète. Les écoles d’agroécologie où des formations politiques sont et seront données devraient avoir un contenu féministe. Les hommes doivent faire place aux femmes, nous devons nous ouvrir à leur cause, faire preuve de compréhension, admettre nos torts et construire ensemble une société riche de valeurs.

L’assemblée principale

Dans une immense salle remplie de chaises entassées les unes sur les autres, on assiste aux présentations. D’abord, la première journée : l’histoire. Les présentations des délégations régionales et la ratification des nouvelles organisations membres, puis sur le contexte politique international. Le lendemain : le présent. Les contextes et la situation par continent furent présentés, suivirent des ateliers sur les différents collectifs de travail et ensuite leur récapitulatif sur l’historique du mouvement avec entres autres des initiateurs du mouvement, les différentes régions, les déclarations de l’assemblée des jeunes et celle de l’assemblée des femmes, à des appels de solidarité, de paix et de justice sociale, aux défis de LVC et à la déclaration politique. La Déclaration de Euskal Herria est le grand résultat de cette rencontre international, elle se trouve sur le site web de La Via Campesina et de l’Union paysanne.

Conclusion

À mon avis, l’Union Paysanne est très bien positionnée pour mener les luttes de La Via Campesina. Nous sommes forts d’une raison d’être et d’une situation globale insensée en agriculture et au sein de notre société de consommation. Nous avons la légitimité d’exiger la pluralité syndicale et de dénoncer le statut quo en agriculture. Il faut, plus que jamais, être de l’actualité et établir une stratégie pour sortir gagnant de nos interventions. Le Centre Paysan est un joyau que nous devons alimenter et développer pour adresser les enjeux et les campagnes qui nous définissent. Profitons-en!
Il y a une magie humaine qui se créé lors des événements de La Via Campesina. On se retrouve entre frères et sœurs pour mener un combat en faveur des valeurs de justice sociale; nous luttons pour reprendre le contrôle de nos communautés : d’un côté on veut nous asservir et de l’autre nous voulons nous libérer et être souverains. Nous faisons face à un mur, peut-être avons-nous le visage dedans. Ce mur peut être une limite, ça peut être une vague aussi. Une vague prête à s’écraser. Nous pouvons nous situer sur cette vague, faire en sorte de tenir entre nos mains le sort de l’humanité. Ensemble nous sommes forts, ensemble au sein de nos organisations et entre elles, par nos valeurs communes et nos convictions, nous sommes forts. Nous devons être prêts à livrer bataille et pour cela nous devons connaître notre ennemi et connaître sa puissance. Nous devons être au courant des moyens de répressions et de manipulations qui sont et qui peuvent être utilisés. Et on doit en parler. Parler de notre cause, de notre raison d’être, de notre vision. C’est à nous d’être au front et d’interpeller les médias, les gouvernements et la société civile. Pour que les enjeux soient adressés, mieux vaut une société intéressée à faire partie de la solution et désireuse d’avoir du pouvoir sur son devenir.

Globalisons les luttes!!!

Globalisons l’espoir!!!

Paysages du territoire de Euskal Herria (Pays basque). Photo Charles Bois.

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La délégation de l’Union paysanne de retour d’un grand moment du mouvement paysan global

Montréal, 27 juillet – Du 16 au 24 juillet dernier, l’Union paysanne participait à la 7ème Conférence internationale de La Via Campesina, qui réunissait au Pays Basque (Euskal Herria) plusieurs centaines de paysannes et paysans du monde entier. La Via Campesina est un mouvement social mondial qui rassemble plus de 160 organisations. L’Union paysanne s’enorgueillit de participer à cette mobilisation au-delà des frontières, joignant sa voix à cet appel global en faveur de la souveraineté alimentaire.

Charles Bois, jeune paysan québécois, s’est rendu au pays basque à titre de délégué officiel de l’Union paysanne. « On était environ 500 délégués de toute provenance, 500 à s’écouter, se comprendre, à partager les mêmes luttes autour des mêmes valeurs. C’était un exemple que les différences importent peu; une micro-société culturellement riche, peut former un tout. », racontait ce matin M. Bois à son retour au Québec. L’union paysanne est plus convaincue que jamais de la pertinence de prendre part à un tel mouvement global; ses valeurs y trouvent une résonnance certaine, et les partages de solidarités motivent et inspirent nos membres. C’est aussi l’occasion de comprendre les enjeux de la paysannerie québécoise au regard des enjeux similaires que vivent les paysan-ne-s du monde entier, et de percevoir leur caractère systémique.

L’union paysanne joint aujourd’hui sa voix à la Déclaration de Euskal Herria Nous nourrissons nos peuples et construisons le mouvement pour changer le monde, qui fut élaborée en concertation durant le grand rassemblement des derniers jours au pays basque. Ce texte rappelle que les paysans du monde entier sont confrontés à de multiples injustices, périls et défis ; les politiques et lois favorisent l’agro-industrie au détriment de la paysannerie, les traités de libre-échange, les OGM et la privatisation des biens communs éloignent les peuples d’une souveraineté alimentaire et d’une possibilité d’alimentation saine et de justice sociale. Les militant-e-s paysans font aussi face à une criminalisation croissante alors qu’ils tentent de défendre leurs droits et leurs territoires, rappelle Elizabeth Mpofu, paysanne du Zimbabwe et coordonnatrice générale de La Via Campesina.

La conférence au pays basque fut aussi l’occasion de poursuivre les travaux sur le projet de Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans, initié par La Via Campesina et pour lequel l’Union paysanne manifeste son soutien depuis plusieurs mois déjà. La déclaration actuellement en négociation au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, reconnaitra et protégera les droits les paysan-ne-s et peuples ruraux du monde entier : l’Union paysanne continuera d’insister pour que le gouvernement canadien adopte une posture favorable envers cet instrument de droit international, en la signant et la ratifiant le moment venu.

Les paysan-ne-s du monde entier poursuivent leurs luttes. Comme le souligne la Déclaration de Euskal Herria, « nous continuons de faire ce que nous faisons depuis des millénaires grâce à notre agriculture paysanne et autochtone : produire de la nourriture saine pour nos familles, nos communautés et nos peuples ».

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Déclaration de Euskal Herria

Nous nourrissons nos peuples et construisons le mouvement pour changer le monde

Derio, Pays basque, 23 juillet 2017

Nous, délégué-e-s de La Vía Campesina, représentant nos organisations et mouvements, sommes rassemblé-e-s au Pays-Basque à l’occasion de notre 7e Conférence Internationale du 16 au 24 juillet 2017. Euskal Herria est une terre de solidarité, de lutte et de résistance, une terre qui a sa propre langue et où demeure une forte tradition de bonne nourriture, produite par des paysan-ne-s et des pécheur-se-s locaux-les. Nous, paysan-ne-s, travailleurs-se-s ruraux-les, peuples sans terre, peuples autochtones, éleveur-se-s, pêcheur-se-s artisanaux-les, femmes du monde rural et toutes les autres populations qui travaillent à la campagne dans monde, déclarons que nous nourrissons nos peuples et construisons un mouvement pour changer le monde.

L’avènement du capitalisme financier a donné lieu à un accaparement effréné de notre eau, de nos semences, de notre terre et de nos territoires. Des technologies dangereuses, aux conséquences parfois irréversibles, on été promues comme par exemple les OGM, la production animale confinée à grande échelle et la biologie de synthèse. Le capital spéculatif entraine un remplacement accéléré de l’économie réelle et productive par l’économie financière. Les méga-fusions amènent à une concentration de plus en plus importante du pouvoir sur les systèmes alimentaires. Une nouvelle forme de néo-libéralisme, couplée à des discours haineux, utilise les problèmes créées par la concentration des richesses pour diviser nos peuples et provoquer des conflits ethniques, religieux et migratoires. Nous faisons face à une vague de violations des droits humains dans le monde : nos camarades sont assassiné-e-s, incarcéré-e-s, torturé-e-s et menacé-e-s.

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Délégation de l’Union paysanne à la conférence internationale de La Via Campesina

Le comité international lève des fonds pour sa délégation!

Appuyez notre délégation de l’Union paysanne auprès de La Via Campesina ! Celle-ci est assurée par un membre paysan de notre association, soit Charles Bois, qui dès le 15 juillet prochain se joindra à la grande délégation d’Amérique du Nord pour créer des solidarités et former des ponts entre les réalités des paysan-ne-s du Québec et du monde entier. Dans le contexte actuel de mondialisation néolibérale, l’Union paysanne est plus convaincue que jamais de la nécessité de participer pleinement au mouvement global paysan qu’est La Via Campesina. Comme le dit le slogan de LVC, « mondialiser la lutte, mondialiser l’espoir! ». L’Union paysanne participe à cet incroyable forum paysan mondial, solidaire et désireuse d’échanger et d’élaborer collectivement des stratégies de résistance en faveur de l’écologie et du respect des droits humains.

Contribuez en cliquant ici!

Photo: La Via Campesina

L’Union paysanne est le seul groupe membre qui représentera le Québec à la prochaine conférence de La Via Campesina! Les six premières conférences eurent lieu en Belgique (1993), au Mexique (1996), en Inde (2000), au Brézil (2004), au Mozambique (2008) et en Indonésie (2013). En juillet prochain, la grande conférence se tiendra pendant une dizaine de jours à Bilbao, au pays basque espagnol.

Écoutez ici les explications de Emmanuel Beauregard, délégué de l’Union paysanne à la VIè Conférence internationale à Jakarta en 2013

L’union paysanne est fière d’être membre du mouvement mondial La Via Campesina depuis 2004! Pour en savoir plus sur La Via Campesina, visitez cette page.

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Un pas de plus vers l’adoption de la Déclaration de l’ONU sur les droits des paysans

Communiqué de La Via Campesina

Le volet international de l’Union paysanne vous transmet ce communiqué de La Via Campesina présentant les fruits des récents efforts en faveur de l’adoption d’une Déclaration onusienne qui reconnaitrait et protégerait les droits des paysannes et paysans du monde entier ainsi que les autres personnes travaillant dans les zones rurales.

Il est encore temps de signer la pétition de l’Union paysanne pour appuyer le projet de Déclaration!

Signez la pétition ici!

“Ce processus a rendu notre mouvement plus fort que jamais. Après 16 ans d’effort et de dévouement, dans le monde entier, l’espérance  de nos communautés pour  cette Déclaration continue de crôitre,  attendant que nos demandes soient reconnues dans les négociations intergouvernementales”– Henry Saragih (Via Campesina), lors de la clôture du groupe de travail.

Toute la semaine dernière, près de 70 délégués venant de tous les continents de La Via Campesina, pêcheurs, éleveurs, travailleurs ruraux, peuples autochtones, avec d’autres mouvements sociaux et organisations non gouvernementales, ont  participé aux discussions avec des représentants des Etats et des Nations Unies dans les négotiations  sur la Déclaration sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales. Les recommandations et conclusions présentées par le Président-Rapporteur, madame Nardi Suxo, Ambassadeur de Bolivie, à l’issue de cette 4ème Session du Groupe intergouvernemental à composition non limitée (OEIWG) a mis l’accent sur l’avancement des négociations et sur la nécessité de finaliser le projet dans une prochaine 5ème session de ce Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée (OEIWG ).

La Via Campesina avec FIAN et CETIM (Centre Europe – Tiers Monde) et d’autres alliés solides ont approfondi l’engagement entre les gouvernements, les organisations et diverses agences de l’ONU pour la protection et la promotion des droits des paysans et des personnes travaillant dans les zones rurales. Avec ces dernières négociations, La Via Campesina a renforcé sa détermination à voir  cette déclaration adoptée au plus tôt. Le monde a besoin de cette déclaration, pour mettre fin à la pauvreté et à la faim, pour rendre la terre écologiquement sûre pour les prochaines générations et pour un système alimentaire équitable.

N’oublions pas la crise alimentaire de 2007 à 2008, lorsque les États participant à un mécanisme de l’ONU ont promis de ne pas répéter l’erreur d‘abandonner leurs responsabilités  aux  grandes entités commerciales. En fait, il est établi dans l’étude finale présentée par le Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (A / HRC / 19/75) que les États devraient reconnaître les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales en s’adressant directement à ceux qui mettent des moyens de subsistance agroécologiques, équitables et durables.

La Déclaration des Nations Unies proposée sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales discutées lors de cette quatrième session de l’OEIWG est le fruit des efforts mobilisés depuis plusieurs années par La Via Campesina, FIAN et CETIM avec les Etats parties et autres Organisations de la société civile. Affirmer les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales dans cette Déclaration est un effort pour lutter contre la discrimination à l’égard des paysans et des populations rurales. En ce qui concerne les ODD (Objectifs de développement durable), cette reconnaissance est un élément fondamental pour mettre fin à la faim et à la pauvreté, et développer une vie rurale plus équitable pour le bien de tous.

Alors que certains États s’opposent à l’institution de nouveaux droits dans cette déclaration, les articles clés du texte sont bien compris et fortement défendus par les titulaires de ces droits comme fondamentaux pour la promotion et la protection de leurs droits. Nous avons besoin d’urgence d’une Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. Il est injustifié de continuer à remettre à plus tard cet important rendez-vous avec la reconnaissance des droits, le rétablissement des obligations des États et une vie écologique équitable en tant que normes internationales fondamentales. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU doit prendre la responsabilité d’adopter le texte lors de la prochaine session  du Conseil.

En attendant, La Via Campesina intensifie les conversations avec les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ainsi qu’avec les institutions nationales des droits de l’homme dans les différents états. Nous avons besoin de la Déclaration des droits des paysans maintenant!

Consulter le communiqué original ici.