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De retour, le délégué de l’Union paysanne partage son expérience au Pays basque!

En juillet dernier se tenait à Derio, au Pays basque, la 7ème conférence internationale du mouvement paysan mondial La Via Campesina. Le délégué de l’Union paysanne raconte ses impressions et partage avec nous les grands enjeux qui secouent les mouvements paysans du monde entier, réunis pour l’occasion dans un climat sans aucun doute mobilisateur! Notre délégué, Charles Bois, 25 ans, est paysan au Saguenay-Lac-Saint-jean. Il produit des semences ainsi qu’une production diversifiée de légumes, de fruits et quelques élevages. Il est entrepreneur social, impliqué pour la souveraineté alimentaire, l’innovation sociale en agriculture et la gouvernance territoriale par, pour et avec le peuple.

 

Rapport de Charles Bois:

Lieu de la 7ème conférence de LVC, photo Charles Bois

Avant tout, je tiens à remercier l’Union Paysanne et les membres du comité international qui ont rendu mon implication possible. Ce fut un plaisir de représenter notre organisation riche de  ses valeurs à la plus haute instance décisionnelle de LVC et d’y côtoyer les paysans, paysannes et activistes de 79 pays, 164 organisations représentants plus de deux cent millions de membres. J’y ai participé au meilleur de ma personne pour représenter l’intérêt de nos membres.
L’Union Paysanne relève de la région Amérique du Nord à l’intérieur de LVC. Avant la VIIe Conférence Internationale, j’avais participé à la rencontre régionale préparatoire pour cette dernière et à une rencontre pratique d’agroécologie à Porto Rico. Au Pays-Basque en juillet dernier, j’ai participé activement à l’assemblée des jeunes, en tant qu’observateur à l’assemblée des femmes et de manière plus indirecte et à l’assemblée principale. Notre délégation d’Amérique du Nord était composée de 12 délégué-e-s provenant du Québec et du Canada, des USA et du Mexique.
Cette expérience a été très riche sur le plan humain; on rencontre des gens de partout et on tisse des liens avec les acteurs du mouvement en prenant connaissance du vécu de chacun par l’entremise d’échanges personnels et aussi par le déroulement des activités sur les lieux de la conférence à l’ancien séminaire de Derio. Ce fut également très riche d’un point de vue organisationnel. La via campesina est un mouvement d’envergure mondiale, de luttes globales, porteur de campagnes importantes pour les femmes et les hommes membres des organisations partout dans le monde. En tout quelques 500 délégués, une centaine d’invités, une équipe technique et une autre pour la traduction et de nombreux bénévoles ont participé et ont assuré le bon déroulement de la VIIe Conférence Internationale. C’est donc près de 1000 personnes qui ont participé à cet événement!
Ce fut un événement très chargé s’étalant sur neuf jours où l’on participait aux assemblées nous concernant et à celles qui nous intéressaient si notre arrivée sur les lieux le permettait. Au fil des jours on participait aux rencontres régionales et aux rencontres spécifiques, aux collectifs de travail le soir en plus des diverses activités culturelles organisées par l’organisation hôte Ehne Bizkaia. L’objectif de la conférence étant d’avoir un regard sur les quatre dernières années et d’établir les lignes directrices pour les quatre prochaines années. C’était un moment de faire le point sur comment se portent nos luttes et nos campagnes ainsi que les travaux effectués par les collectifs de travail face au système et aux pressions des protagonistes du secteur agroindustriel pour accroître leur emprise.
Voici quelques-unes de mes impressions et réflexions par rapport à cet événement mémorable auquel j’ai participé en tant que délégué officiel de l’Union paysanne.

La 4ème assemblée des jeunes

Au début de la conférence se trouvait l’assemblée des jeunes regroupant les délégués de quarante ans et moins présent. La majorité des jeunes étaient âgés entre 30 et 35 ans. L’assemblée des jeunes est une occasion de faire connaissance, de se préparer et de débattre afin de nous préparer pour l’assemblée principale. C’est un moment pour établir nos priorités et soumettre des points à l’horaire de l’assemblée principale. Ainsi, nous avons participé à des activités pour mieux faire connaissance et puis avons enchaîné avec ce que nous croyons être le rôle des jeunes dans nos organisations et au sein de la société. Il a notamment été mentionné que pour avoir une représentation dans la société et pour répondre aux enjeux nous concernant, que nous devons occuper des postes décisionnels.
L’absence de relève agricole est un enjeu répandu à travers toutes les régions et c’est définitivement un sujet auquel nous devons mettre de l’énergie. Comme tout au long de la conférence, le développement des écoles d’agroécologie paysanne a été un point clé, voire la solution concrète à partir de laquelle nous pouvons tout réunir pour répondre à cette problématique majeure de la relève. Pour sensibiliser la population, former les gens au niveau politique, organisationnel et pratique, les écoles d’agroécologie sont une occasion pour nous d’augmenter la masse critique, de valoriser la paysannerie et de promouvoir la souveraineté alimentaire comme solution au capitalisme néolibéral patriarcal.
Nous devons faire preuve d’audace et de courage pour créer un sentiment de pouvoir et mobiliser les gens!

La cinquième assemblée des femmes

L’assemblée des femmes est très importante au sein de La Via Campesina, les femmes sont certainement la solution pour contrecarrer le capitalisme patriarcal. Elles sont d’ailleurs souvent les plus touchées par ses conséquences, et constituent ses victimes les plus vulnérables. Les femmes sont celles qui cultivent la terre traditionnellement depuis des milliers d’années. Nos organisations doivent être féministes, permettre aux femmes de s’impliquer en facilitant leur rôle de mère pour celle qui le sont, en offrant un service de garde par exemple, et faire preuve d’équité pour que des femmes occupent des postes décisionnels.

Lieu des assemblées. Photo: Charles Bois

Les contextes sociaux sont forts différents et la réalité des femmes dans différents pays l’est tout autant sinon plus. Quelle que soit notre situation, nous devons avoir à l’esprit que pour mener des luttes globales, nous devons faire preuve de solidarité. La solidarité et l’espoir, deux mots forts au sein de La Via Campesina. Ainsi, des moyens doivent être pris pour conscientiser la société, autant les femmes que les hommes, sur la situation des femmes et leurs luttes partout sur la planète. Les écoles d’agroécologie où des formations politiques sont et seront données devraient avoir un contenu féministe. Les hommes doivent faire place aux femmes, nous devons nous ouvrir à leur cause, faire preuve de compréhension, admettre nos torts et construire ensemble une société riche de valeurs.

L’assemblée principale

Dans une immense salle remplie de chaises entassées les unes sur les autres, on assiste aux présentations. D’abord, la première journée : l’histoire. Les présentations des délégations régionales et la ratification des nouvelles organisations membres, puis sur le contexte politique international. Le lendemain : le présent. Les contextes et la situation par continent furent présentés, suivirent des ateliers sur les différents collectifs de travail et ensuite leur récapitulatif sur l’historique du mouvement avec entres autres des initiateurs du mouvement, les différentes régions, les déclarations de l’assemblée des jeunes et celle de l’assemblée des femmes, à des appels de solidarité, de paix et de justice sociale, aux défis de LVC et à la déclaration politique. La Déclaration de Euskal Herria est le grand résultat de cette rencontre international, elle se trouve sur le site web de La Via Campesina et de l’Union paysanne.

Conclusion

À mon avis, l’Union Paysanne est très bien positionnée pour mener les luttes de La Via Campesina. Nous sommes forts d’une raison d’être et d’une situation globale insensée en agriculture et au sein de notre société de consommation. Nous avons la légitimité d’exiger la pluralité syndicale et de dénoncer le statut quo en agriculture. Il faut, plus que jamais, être de l’actualité et établir une stratégie pour sortir gagnant de nos interventions. Le Centre Paysan est un joyau que nous devons alimenter et développer pour adresser les enjeux et les campagnes qui nous définissent. Profitons-en!
Il y a une magie humaine qui se créé lors des événements de La Via Campesina. On se retrouve entre frères et sœurs pour mener un combat en faveur des valeurs de justice sociale; nous luttons pour reprendre le contrôle de nos communautés : d’un côté on veut nous asservir et de l’autre nous voulons nous libérer et être souverains. Nous faisons face à un mur, peut-être avons-nous le visage dedans. Ce mur peut être une limite, ça peut être une vague aussi. Une vague prête à s’écraser. Nous pouvons nous situer sur cette vague, faire en sorte de tenir entre nos mains le sort de l’humanité. Ensemble nous sommes forts, ensemble au sein de nos organisations et entre elles, par nos valeurs communes et nos convictions, nous sommes forts. Nous devons être prêts à livrer bataille et pour cela nous devons connaître notre ennemi et connaître sa puissance. Nous devons être au courant des moyens de répressions et de manipulations qui sont et qui peuvent être utilisés. Et on doit en parler. Parler de notre cause, de notre raison d’être, de notre vision. C’est à nous d’être au front et d’interpeller les médias, les gouvernements et la société civile. Pour que les enjeux soient adressés, mieux vaut une société intéressée à faire partie de la solution et désireuse d’avoir du pouvoir sur son devenir.

Globalisons les luttes!!!

Globalisons l’espoir!!!

Paysages du territoire de Euskal Herria (Pays basque). Photo Charles Bois.

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La délégation de l’Union paysanne de retour d’un grand moment du mouvement paysan global

Montréal, 27 juillet – Du 16 au 24 juillet dernier, l’Union paysanne participait à la 7ème Conférence internationale de La Via Campesina, qui réunissait au Pays Basque (Euskal Herria) plusieurs centaines de paysannes et paysans du monde entier. La Via Campesina est un mouvement social mondial qui rassemble plus de 160 organisations. L’Union paysanne s’enorgueillit de participer à cette mobilisation au-delà des frontières, joignant sa voix à cet appel global en faveur de la souveraineté alimentaire.

Charles Bois, jeune paysan québécois, s’est rendu au pays basque à titre de délégué officiel de l’Union paysanne. « On était environ 500 délégués de toute provenance, 500 à s’écouter, se comprendre, à partager les mêmes luttes autour des mêmes valeurs. C’était un exemple que les différences importent peu; une micro-société culturellement riche, peut former un tout. », racontait ce matin M. Bois à son retour au Québec. L’union paysanne est plus convaincue que jamais de la pertinence de prendre part à un tel mouvement global; ses valeurs y trouvent une résonnance certaine, et les partages de solidarités motivent et inspirent nos membres. C’est aussi l’occasion de comprendre les enjeux de la paysannerie québécoise au regard des enjeux similaires que vivent les paysan-ne-s du monde entier, et de percevoir leur caractère systémique.

L’union paysanne joint aujourd’hui sa voix à la Déclaration de Euskal Herria Nous nourrissons nos peuples et construisons le mouvement pour changer le monde, qui fut élaborée en concertation durant le grand rassemblement des derniers jours au pays basque. Ce texte rappelle que les paysans du monde entier sont confrontés à de multiples injustices, périls et défis ; les politiques et lois favorisent l’agro-industrie au détriment de la paysannerie, les traités de libre-échange, les OGM et la privatisation des biens communs éloignent les peuples d’une souveraineté alimentaire et d’une possibilité d’alimentation saine et de justice sociale. Les militant-e-s paysans font aussi face à une criminalisation croissante alors qu’ils tentent de défendre leurs droits et leurs territoires, rappelle Elizabeth Mpofu, paysanne du Zimbabwe et coordonnatrice générale de La Via Campesina.

La conférence au pays basque fut aussi l’occasion de poursuivre les travaux sur le projet de Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans, initié par La Via Campesina et pour lequel l’Union paysanne manifeste son soutien depuis plusieurs mois déjà. La déclaration actuellement en négociation au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, reconnaitra et protégera les droits les paysan-ne-s et peuples ruraux du monde entier : l’Union paysanne continuera d’insister pour que le gouvernement canadien adopte une posture favorable envers cet instrument de droit international, en la signant et la ratifiant le moment venu.

Les paysan-ne-s du monde entier poursuivent leurs luttes. Comme le souligne la Déclaration de Euskal Herria, « nous continuons de faire ce que nous faisons depuis des millénaires grâce à notre agriculture paysanne et autochtone : produire de la nourriture saine pour nos familles, nos communautés et nos peuples ».

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Déclaration de Euskal Herria

Nous nourrissons nos peuples et construisons le mouvement pour changer le monde

Derio, Pays basque, 23 juillet 2017

Nous, délégué-e-s de La Vía Campesina, représentant nos organisations et mouvements, sommes rassemblé-e-s au Pays-Basque à l’occasion de notre 7e Conférence Internationale du 16 au 24 juillet 2017. Euskal Herria est une terre de solidarité, de lutte et de résistance, une terre qui a sa propre langue et où demeure une forte tradition de bonne nourriture, produite par des paysan-ne-s et des pécheur-se-s locaux-les. Nous, paysan-ne-s, travailleurs-se-s ruraux-les, peuples sans terre, peuples autochtones, éleveur-se-s, pêcheur-se-s artisanaux-les, femmes du monde rural et toutes les autres populations qui travaillent à la campagne dans monde, déclarons que nous nourrissons nos peuples et construisons un mouvement pour changer le monde.

L’avènement du capitalisme financier a donné lieu à un accaparement effréné de notre eau, de nos semences, de notre terre et de nos territoires. Des technologies dangereuses, aux conséquences parfois irréversibles, on été promues comme par exemple les OGM, la production animale confinée à grande échelle et la biologie de synthèse. Le capital spéculatif entraine un remplacement accéléré de l’économie réelle et productive par l’économie financière. Les méga-fusions amènent à une concentration de plus en plus importante du pouvoir sur les systèmes alimentaires. Une nouvelle forme de néo-libéralisme, couplée à des discours haineux, utilise les problèmes créées par la concentration des richesses pour diviser nos peuples et provoquer des conflits ethniques, religieux et migratoires. Nous faisons face à une vague de violations des droits humains dans le monde : nos camarades sont assassiné-e-s, incarcéré-e-s, torturé-e-s et menacé-e-s.

LIRE LA SUITE ICI

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Délégation de l’Union paysanne à la conférence internationale de La Via Campesina

Le comité international lève des fonds pour sa délégation!

Appuyez notre délégation de l’Union paysanne auprès de La Via Campesina ! Celle-ci est assurée par un membre paysan de notre association, soit Charles Bois, qui dès le 15 juillet prochain se joindra à la grande délégation d’Amérique du Nord pour créer des solidarités et former des ponts entre les réalités des paysan-ne-s du Québec et du monde entier. Dans le contexte actuel de mondialisation néolibérale, l’Union paysanne est plus convaincue que jamais de la nécessité de participer pleinement au mouvement global paysan qu’est La Via Campesina. Comme le dit le slogan de LVC, « mondialiser la lutte, mondialiser l’espoir! ». L’Union paysanne participe à cet incroyable forum paysan mondial, solidaire et désireuse d’échanger et d’élaborer collectivement des stratégies de résistance en faveur de l’écologie et du respect des droits humains.

Contribuez en cliquant ici!

Photo: La Via Campesina

L’Union paysanne est le seul groupe membre qui représentera le Québec à la prochaine conférence de La Via Campesina! Les six premières conférences eurent lieu en Belgique (1993), au Mexique (1996), en Inde (2000), au Brézil (2004), au Mozambique (2008) et en Indonésie (2013). En juillet prochain, la grande conférence se tiendra pendant une dizaine de jours à Bilbao, au pays basque espagnol.

Écoutez ici les explications de Emmanuel Beauregard, délégué de l’Union paysanne à la VIè Conférence internationale à Jakarta en 2013

L’union paysanne est fière d’être membre du mouvement mondial La Via Campesina depuis 2004! Pour en savoir plus sur La Via Campesina, visitez cette page.

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Un pas de plus vers l’adoption de la Déclaration de l’ONU sur les droits des paysans

Communiqué de La Via Campesina

Le volet international de l’Union paysanne vous transmet ce communiqué de La Via Campesina présentant les fruits des récents efforts en faveur de l’adoption d’une Déclaration onusienne qui reconnaitrait et protégerait les droits des paysannes et paysans du monde entier ainsi que les autres personnes travaillant dans les zones rurales.

Il est encore temps de signer la pétition de l’Union paysanne pour appuyer le projet de Déclaration!

Signez la pétition ici!

“Ce processus a rendu notre mouvement plus fort que jamais. Après 16 ans d’effort et de dévouement, dans le monde entier, l’espérance  de nos communautés pour  cette Déclaration continue de crôitre,  attendant que nos demandes soient reconnues dans les négociations intergouvernementales”– Henry Saragih (Via Campesina), lors de la clôture du groupe de travail.

Toute la semaine dernière, près de 70 délégués venant de tous les continents de La Via Campesina, pêcheurs, éleveurs, travailleurs ruraux, peuples autochtones, avec d’autres mouvements sociaux et organisations non gouvernementales, ont  participé aux discussions avec des représentants des Etats et des Nations Unies dans les négotiations  sur la Déclaration sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales. Les recommandations et conclusions présentées par le Président-Rapporteur, madame Nardi Suxo, Ambassadeur de Bolivie, à l’issue de cette 4ème Session du Groupe intergouvernemental à composition non limitée (OEIWG) a mis l’accent sur l’avancement des négociations et sur la nécessité de finaliser le projet dans une prochaine 5ème session de ce Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée (OEIWG ).

La Via Campesina avec FIAN et CETIM (Centre Europe – Tiers Monde) et d’autres alliés solides ont approfondi l’engagement entre les gouvernements, les organisations et diverses agences de l’ONU pour la protection et la promotion des droits des paysans et des personnes travaillant dans les zones rurales. Avec ces dernières négociations, La Via Campesina a renforcé sa détermination à voir  cette déclaration adoptée au plus tôt. Le monde a besoin de cette déclaration, pour mettre fin à la pauvreté et à la faim, pour rendre la terre écologiquement sûre pour les prochaines générations et pour un système alimentaire équitable.

N’oublions pas la crise alimentaire de 2007 à 2008, lorsque les États participant à un mécanisme de l’ONU ont promis de ne pas répéter l’erreur d‘abandonner leurs responsabilités  aux  grandes entités commerciales. En fait, il est établi dans l’étude finale présentée par le Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (A / HRC / 19/75) que les États devraient reconnaître les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales en s’adressant directement à ceux qui mettent des moyens de subsistance agroécologiques, équitables et durables.

La Déclaration des Nations Unies proposée sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales discutées lors de cette quatrième session de l’OEIWG est le fruit des efforts mobilisés depuis plusieurs années par La Via Campesina, FIAN et CETIM avec les Etats parties et autres Organisations de la société civile. Affirmer les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales dans cette Déclaration est un effort pour lutter contre la discrimination à l’égard des paysans et des populations rurales. En ce qui concerne les ODD (Objectifs de développement durable), cette reconnaissance est un élément fondamental pour mettre fin à la faim et à la pauvreté, et développer une vie rurale plus équitable pour le bien de tous.

Alors que certains États s’opposent à l’institution de nouveaux droits dans cette déclaration, les articles clés du texte sont bien compris et fortement défendus par les titulaires de ces droits comme fondamentaux pour la promotion et la protection de leurs droits. Nous avons besoin d’urgence d’une Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. Il est injustifié de continuer à remettre à plus tard cet important rendez-vous avec la reconnaissance des droits, le rétablissement des obligations des États et une vie écologique équitable en tant que normes internationales fondamentales. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU doit prendre la responsabilité d’adopter le texte lors de la prochaine session  du Conseil.

En attendant, La Via Campesina intensifie les conversations avec les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ainsi qu’avec les institutions nationales des droits de l’homme dans les différents états. Nous avons besoin de la Déclaration des droits des paysans maintenant!

Consulter le communiqué original ici.

Journée internationale des luttes paysannes 2017 : Droits des paysans, droits universels!

Appel à la mobilisation de la Via Campesina

Vers une Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales !

 

(Harare, Mars 2017) Le mouvement paysan international La Via Campesina appelle ses membres et ses alliés à se mobiliser le 17 avril, Journée internationale des luttes paysannes. Cette année, nous souhaitons que le monde entier sache que les paysans, les paysannes et les autres personnes travaillant dans les zones rurales œuvrent sans relâche pour leurs droits. L’initiative pour les droits des paysans, lancée par La Via Campesina il y a 17 ans, est maintenant à un stade avancé pour être reconnue par les Nations unies comme une Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. Cette déclaration, si elle est approuvée, créera un instrument juridique international pour protéger les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, et attirer l’attention sur les menaces et les discriminations dont ils sont victimes.

Au XXIème siècle, une telle déclaration est une nécessité urgente et évidente. Les paysans, qui produisent la masse des aliments consommés mondialement, continuent de subir criminalisation, discrimination, déplacements et persécutions malgré l’existence de nombreux instruments juridiques internationaux qui reconnaissent et protègent leurs droits.

Les droits fondamentaux des paysans sont de plus en plus précarisés à l’heure où la crise économique et écologique empire. L’expropriation foncière, l’éviction forcée, la discrimination basée sur le genre, l’absence de droit à la terre, le peu d’importance accordée au développement rural, les faibles revenus et le manque d’accès aux moyens de production, l’insuffisance de protection sociale et la criminalisation des mouvements qui défendent les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales sont autant de violations des droits universels des hommes et des femmes.

En Afrique, par exemple, plus de 7O% de la production agricole et des soins aux personnes sont assurés par les femmes. Pourtant, leurs droits en matière de propriété de biens, d’accès au crédit, à l’information et aux prises de décisions politiques sont très peu reconnus. Au Brésil, malgré de nombreuses années de luttes paysannes pour une réforme agraire globale, une redistribution équitable des terres n’a toujours pas eu lieu. En Europe, la politique agricole commune et la dérégulation du secteur laitier touchent des centaines de milliers de familles d’agriculteurs. La concentration des terres augmente et certains des paysans touchés sont forcés de vendre leur terre ; la participation des jeunes à l’agriculture n’a jamais été aussi faible. En Asie, comme dans le reste du monde, les accords de libre-échange et les accords bilatéraux ont détruits beaucoup de marchés locaux et continuent d’être une menace pour l’agriculture locale et traditionnelle.

Nous appelons les peuples du monde entier à célébrer la Journée internationale des luttes paysannes en continuant le travail pour renforcer la souveraineté alimentaire et le combat contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité ; à se battre pour une véritable réforme agraire et une meilleure protection contre l’accaparement des terres ; à continuer à conserver, utiliser et échanger nos semences ; et à renforcer les liens de solidarité entre nous. Toutes ces luttes nous apporte la force dont nous avons besoin pour défendre nos terres contre les intérêts des entreprises privées et pour lutter contre la persécution et la violence envers les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales. Cette année en juillet 2017, La Via Campesina tiendra au pays basque sa VIIe conférence internationale durant laquelle nous approfondirons notre analyse de la crise actuelle et nous déciderons de lignes d’action stratégiques pour renforcer notre mouvement.

Enfin, nous appelons les pays à soutenir la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. Nous mobiliserons nos membres et nos alliés pour faire pression sur nos gouvernements afin que les prochaines négociations lors de la 4ème session du groupe de travail inter-gouvernemental à composition non limitée sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève, soient un succès. Nous pensons qu’en défendant les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, c’est l’ensemble de l’humanité qui ressortira gagnante.

Rejoignez-nous le 17 avril en interpellant vos gouvernements, en organisant des manifestions, des débats et des discussions publiques, des projections de films, des marchés de produits paysans, des festivals ou des actions de solidarité – toutes vos idées et vos initiatives sont les bienvenues ! Partagez-les à l’adresse suivante : lvcweb@viacampesina.org afin que nous puissions les diffuser sur notre carte d’actions à l’avance. Envoyez aussi vos photos, vos vidéos et vos enregistrements audio pour que nous puissions les mettre en ligne sur notre site et notre Télé.

Il est vital que nos droits en tant que paysans et paysannes soient garantis. L’accès à la Terre est essentiel pour vivre dignement en milieu rural et pour que tous les peuples du monde atteignent la souveraineté alimentaire. Regardez et partagez notre nouvelle vidéo disponible ici !

Téléchargez l’affiche en haute résolution pour le web et l’affiche pour impression au format A3.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux : @viacampesinaFR et Facebook.com/viacampesinaOFFICIAL

Pour plus d’informations sur le processus auprès des Nations unies, cliquez ici.

Nous alimentons nos peuples et nous construisons un mouvement pour changer le monde !

1 Le 17 avril 1996, 19 paysans ont été tués lors d’une attaque de la police militaire de l’état amazonien du Para au Brésil contre un grand nombre de membres du Mouvement des travailleurs sans terre (MST) qui bloquaient une autoroute afin de réclamer une réforme agraire. Deux autres personnes sont décédées des suites de leurs blessures plusieurs jours plus tard, et des centaines d’autres ont été si gravement blessées qu’elles n’ont pas pu continuer à travailler dans l’agriculture. La Via Campesina, qui à ce moment-là tenait sa deuxième conférence internationale à Tlaxcala au Mexique, a déclaré le 17 avril Journée internationale des luttes paysannes.

Via-info-fr@viacampesina.org
http://viacampesina.org/Via-info-fr/

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Communiqué pour la Journée internationale des droits humains

À l’occasion de la Journée internationale des droits humains, le 10 décembre dernier, le CDHAL et l’Union paysanne ont tenu à saluer deux initiatives majeures de la part du Conseil des droits humains des Nations Unies : la Déclaration sur les droits des paysans et paysannes et des autres personnes travaillant en zones rurales ; et le projet mené par le groupe de travail intergouvernemental dont le mandat est d’élaborer un traité international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits humains.

Ces deux initiatives s’inscrivent dans la définition large des droits humains où tous les droits (civils et politiques, et sociaux, économiques et culturels) sont indivisibles et interdépendants.

Ses longues années de solidarité avec les luttes des mouvements sociaux latino-américains ont fait savoir au CDHAL que les instruments internationaux existants ne suffisent pas à faire respecter les droits civils et politiques des communautés paysannes et autochtones. L’Union paysanne, de par son adhérence au mouvement paysan international, La Via Campesina, constate que dans plusieurs pays les efforts des paysans de faire respecter leurs droits socio-économiques sont punis par de graves violations de leurs droits civils : harcèlements, détentions, assassinats. La résistance des paysans à l’accaparement de leurs terres pour des fins d’agro-exportation, à la contamination des eaux par l’industrie extractive, ou à la privatisation des semences par le moyen des brevets des grandes sociétés semencières est trop souvent confrontée à des actes de violence de la part des forces de l’ordre de l’État et des agents de sécurité privés.

La Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant en zones rurales a donc une double tâche : celle de réitérer les obligations des États ainsi que l’universalité des droits déjà reconnus, tels que les droits à la vie, à la liberté, à l’intégrité physique et à la sécurité de la personne ; et celle de formuler de nouveaux droits socio-économiques spécifiquement applicables aux paysans et aux autres personnes travaillant dans les zones rurales, tels que le droit à la terre et aux autres ressources naturelles, le droit aux semences et à la biodiversité, et même le droit de ne pas utiliser de produits agrochimiques.

La rédaction de la Déclaration et l’élaboration de l’éventuel traité sur les transnationales et les droits humains s’accomplissent à travers des processus de discussion et négociation parmi les pays membres du Conseil des droits humains et de consultations avec la société civile, au terme desquels les textes finaux seront soumis à l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est grâce au travail de la société civile internationale que ces processus ont été entamés et qu’ils continuent à avancer, malgré les objections posées par certains pays du Nord.

En effet, il est regrettable que ces deux initiatives, portées par des pays du Sud particulièrement la Bolivie, aient reçu très peu d’appuis de la part des membres européens du Conseil des droits humains et que les États-Unis s’y soient même opposés. Dans un tel contexte, il serait souhaitable, voire essentiel, que le gouvernement canadien, qui a exprimé son intention de reprendre sa place au sein des instances des Nations Unies, prenne le leadership des pays du Nord en accordant son plein appui au projet de Déclaration des droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales et à l’élaboration du traité sur les sociétés transnationales et les droits humains. Devant la complémentarité évidente entre la Déclaration sur les droits des paysans et la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, le Canada se doit d’honorer ses promesses auprès de ses Premières Nations ainsi que de respecter les droits des petits et moyens fermiers canadiens tout en (dans les mots d’Olivier De Schutter ancien rapporteur des Nations Unies sur le droit à l’alimentation) s’assurant « que l’agriculture vivrière ne soit pas remplacée par l’agriculture industrielle ».

Pour plus d’informations:

Karen Rothschild
Comité international de l’Union paysanne
450-458-2005
Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)
514-257-8710, poste 334

Télécharger ce communiqué :

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L’Union paysanne est une association d’agriculteurs et de citoyens qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

L’ŒUVRE LÉGER et l’Union paysanne sont fiers de souligner le démarrage d’un nouveau partenariat

Montréal, 29 novembre 2016, L’ŒUVRE LÉGER et l’Union paysanne s’associent afin de fournir des services conseil en agriculture et mise en marché agricole dans le cadre du projet Innovation et Mobilisation pour la Sécurité Alimentaire (IMSA). Le projet IMSA financé par Affaires Mondiales Canada, se déroule sur deux continents pour une période de cinq ans et vise à augmenter la sécurité alimentaire des femmes, des hommes et des jeunes des zones rurales arides et semi-arides du Burkina Faso de la Bolivie et du Pérou. L’appui de l’Union paysanne visera, auprès des agriculteurs de chacun de ces trois pays, à renforcer la chaîne de valeur en agriculture, depuis la production agricole jusqu’à la commercialisation.

À propos de L’Union paysanne

ecusson-sloganL’Union paysanne a pour but de regrouper en une force collective organisée et représentative tous ceux qui sont en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. Elle est la seule organisation québécoise membre de La Via Campesina, la plus grande association de paysans et de paysannes dans le monde. En ce sens elle a travaillé à l’élaboration du concept de souveraineté alimentaire et d’un autre modèle agricole.

À propos de L’ŒUVRE LÉGER

LEGER-Ma2Depuis plus de 65 ans, L’ŒUVRE LÉGER travaille à la réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale en misant sur la capacité des populations à mettre en place les structures, les moyens et les outils pour organiser la réponse aux besoins fondamentaux. À ce jour, plus de 25 millions de personnes ont obtenu l’aide de L’ŒUVRE LÉGER dans le cadre de projets mobilisateurs et innovants.

 

L’ŒUVRE LÉGER
130 avenue de l’Épée
Montréal (Québec) H2V 3T2
Téléphone : 514 495-2409
Télécopieur : 514 495-2059
info@leger.org
facebook.com/loeuvre leger


Pour plus d’informations :

Benoit Girouard
Union paysanne
450-495-1910
Catherine Aubry
L’ŒUVRE LÉGER
514-495-2409

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L’Union paysanne est une association d’agriculteurs et de citoyens qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

Déclaration du 17 Avril 2016 : Journée internationale des luttes paysannes

Il y a 20 ans, le 17 avril 1996, à Eldorado dos Carajás dans l’État de Pará au Brésil, 19 paysannes et paysans furent assassinés. Ceux-ci étaient membres du Mouvement des travailleurs ruraux sans terres (MST) et luttaient pacifiquement pour l’accès à la terre. En hommage aux victimes du massacre, le mouvement paysan international La Via Campesina a déclaré cette date la Journée internationale des luttes paysannes. Lire la suite

8mars2016

8 mars : s’organiser et lutter pour conquérir nos droits

Communiqué de la Via Campesina


(Harare, 8 mars 2016)
Aujourd’hui, à l’occasion de la journée internationale des femmes, La Via Campesina appelle à agir contre la violence capitaliste dans le monde entier ; cette violence, en plus de s’exercer contre les femmes, s’inscrit plus largement dans un contexte social d’exploitation et de spoliation, où les femmes paysannes, autochtones, noires, sans terre ou salariées agricoles ont toujours été opprimées et lésées dans leurs droits légitimes.

La Via Campesina souligne l’importance de l’organisation et de la lutte qui constituent un espace de libération et de prise de conscience, qui garantit la participation politique des femmes en tant que sujets historiques, afin de construire une société juste où l’ethnie, le genre ou l’orientation sexuelle n’ont pas d’importance.

Le mouvement paysan international est vivement préoccupé de voir que l’oppression exercée contre les femmes par le capital et le patriarcat augmente dans le monde entier, avec la progression des politiques conservatrices qui portent atteinte à la vie et aux droits des femmes.

En Turquie, où nous venons d’organiser notre Assemblée intermédiaire des femmes de La Via Campesina, nous avons constaté que les politiques deviennent de plus en plus néolibérales et conservatrices, ce qui aggrave la situation des femmes dans ce pays. Les femmes continuent d’être privées de la liberté la plus essentielle et de leurs droits fondamentaux, et sont victimes de violences et de féminicides. Dans cette région de la planète, les féminicides ont augmenté de façon dramatique ces dernières années. Les filles sont obligées de se marier très jeunes. De plus, dans la sphère économique, ce sont les femmes qui occupent la majorité des emplois précaires. Les femmes assurent de nombreuses tâches dans les zones rurales, toutefois, elles n’ont pas de liberté économique, ni accès à la propriété, et encore moins de droits sociaux.

Dans le sud-est de la Turquie, les problèmes rencontrés par les femmes empirent du fait de la situation de guerre, et des menaces concrètes pèsent sur leurs vies. La situation politique en Turquie n’offre actuellement aucune solution aux problèmes auxquels les femmes sont confrontées. En fait, les politiques actuelles accentuent les problèmes et la discrimination à l’encontre des femmes. C’est pourquoi les femmes s’organisent et sont aujourd’hui à la tête de nombreuses luttes écologiques, sociales et politiques.

Par ailleurs, nous avons appris avec une immense douleur l’assassinat de Berta Cáceres, chef de file paysanne du peuple autochtone lenca, qui était membre du Conseil civique des organisations populaires et autochtones du Honduras (COPINH), et qui s’était opposée à de nombreuses reprises aux actions et intentions néfastes du gouvernement du Honduras, qui accorde à des sociétés transnationales étrangères des concessions sur les ressources naturelles pour construire des barrages et s’emparer des ressources des peuples autochtones.

C’est pourquoi aujourd’hui, nous, les femmes et les hommes de La Via Campesina, face à cette situation de criminalisation, nous appelons en cette journée du 8 mars à la mobilisation et à l’organisation contre tout type d’oppression, en descendant dans les rues et sur les places de nos villes, villages et territoires pour dénoncer le modèle destructeur du capital et de l’agribusiness, en montrant comment ceux-ci portent atteinte à la vie des femmes, ce qui, en touchant directement les femmes paysannes, met en danger la souveraineté alimentaire des peuples. Nous continuerons de lutter pour de nouvelles relations entre les femmes et les hommes au sein de notre mouvement, ainsi que de promouvoir un modèle de société fondé sur la justice et l’égalité.

 

Berta toujours parmi nous ! Plus que jamais, la lutte continue !

Globalisons la lutte, globalisons l’espoir !

Longue vie à notre la solidarité avec les femmes turques !

Consultez également :

Manifeste des femmes de La Via Campesina

Vidéo : Femmes paysannes, semeuses de luttes et d’espoirs !

Cartes postales : Stop à la violence faite aux femmes

 

Face à l’assassinat de notre camarade Berta Cáceres

Communiqué et appel de La Via Campesina

beeejjcdLe mouvement paysan international La Via Campesina, interpellant l’opinion publique nationale et internationale, fait part de l’assassinat de notre chère camarade de lutte, Berta Cáceres, Coordinatrice générale du Conseil civique des organisations populaires et autochtones du Honduras (COPINH), ce jeudi 3 mars 2016 au matin.

L’assassinat de Berta Cáceres, survenu à son domicile, pendant son repos, expose à un risque plus élevé encore les défenseurs des droits humains, hommes et femmes, la population autochtone en résistance dans les communautés, ainsi que tous les membres des organisations du mouvement social et populaire qui mènent cette lutte légitime.

A plusieurs occasions, Berta Cáceres s’était prononcée contre les actions et les intentions néfastes émanant aussi bien de l’actuel gouvernement qui octroie des concessions de ressources naturelles, que des entreprises transnationales étrangères construisant des barrages et spoliant les ressources des peuples autochtones.

Berta Cáceresfaisait l’objet de mesures conservatoires exigeant de l’État du Honduras qu’il protège son intégrité physique.
Or, ce même État du Honduras a exercé des mesures de persécution à l’encontre de Berta Cáceres, pour sa lutte contre les entreprises étrangères qui anéantissent les ressources naturelles.

Le monde entier a reconnu les qualités de militante des droits humains de la camarade Berta Cáceres, qui s’est vue remettre le prestigieux Prix Goldman pour l’environnement pour la défense des ressources naturelles du pays en 2015.

Nous saluons la lutte historique qu’a menée notre camarade Berta Cáceres aux côtés de notre peuple afin de revendiquer le droit à la terre, ainsi que sa lutte pour la défense de notre souveraineté, pour une réforme agraire intégrale et pour la sécurité alimentaire de notre peuple.

Rappelons que le 9 avril 2014, le député et Coordinateur général de La Via Campesina Honduras, Rafael Alegría, avait présenté en plénière du Congrès national le projet de loi de Réforme agraire intégrale basé sur l’équité de genre pour la Souveraineté Alimentaire et le Développement Rural ; l’objectif étant de chercher des solutions, par la voie politique, à la problématique que vivent actuellement les paysans et paysannes ainsi que les peuples originaires du Honduras. Ce projet n’a à ce jour pas été pris en compte par le Bureau directeur du Congrès national.

Pour toutes ces raisons, La Via Campesina dénonce le gouvernement du Honduras et les entreprises transnationales qui extraient et pillent les ressources naturelles du pays.
Nous exigeons des organismes internationaux de défense des droits humains qu’ils somment l’État du Honduras de punir les auteurs de ce méprisable assassinat.
La Via Campesina en appelle à des actions de protestation devant les ambassades du Honduras du monde entier afin d’exiger que la lumière soit faite sur cet acte criminel.
En solidarité, nous présentons nos condoléances à la famille de notre camarade Berta Cáceres, ainsi qu’au peuple Lenca et au peuple du Honduras, à la souffrance desquels nous nous associons face à cette perte irréparable.

TEGUCIGALPA M.D.C., 3 MARS 2016

GLOBALISONS LA LUTTE, GLOBALISONS L’ESPOIR !
BERTHA CÁCERES RESTE PRÉSENTE !
PLUS QUE JAMAIS, LA LUTTE CONTINUE !