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Stratégie québécoise sur les pesticides : l’Union paysanne reste sur son appétit

Lachute, le 23 novembre 2015. L’Union paysanne a pris connaissance de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides, dévoilée ce dimanche par le ministre de l’Environnement, David Heurtel. D’entrée de jeu, nous sommes heureux du ton et du vocabulaire employés dans le document qui indique clairement que les pesticides comportent des risques pour la santé des québécois et particulièrement pour ceux qui sont en première ligne : les agriculteurs.

Par contre, le défi dans l’atteinte des objectifs désignés par le ministère de l’Environnement reste entier, puisque les cibles de réduction de 25 % que s’était fixées1 le ministère de l’Agriculture et l’Industrie, en 2011, apparaissent déjà comme inatteignables. C’est donc dire qu’à moins d’actions musclées la Stratégie québécoise sur les pesticides risque d’avoir des résultats mitigés.

« De l’audace sera ici nécessaire afin de réellement réduire en volume net l’utilisation de pesticides et non pas seulement en fonction du risque. » Concernant le besoin de muscle, il nous apparaît étonnant que le ministre n’ait pas fixé de date pour l’interdiction de l’atrazine.  L’Europe, qui l’a interdit depuis plus de 10 ans, en retrouve encore dans l’environnement. La définition même de pesticides les plus à risques, si elle s’arrête à l’atrazine, est hautement questionnable. Le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé au Québec, dont la vente a augmenté de 72 % de 2006 à 2012 (+27 % en général sur l’ensemble des pesticides), vient d’être classé comme « cancérogène probable », dernier échelon avant la qualification de « cancérogène certain » par le Centre International de la Recherche sur le Cancer (CIRC). Eh bien, le glyphosate s’est retrouvé dans presque 100 % des échantillons prélevés de nos rivières (rapport du ministère de l’environnement). « De l’audace sera ici nécessaire afin de réellement réduire en volume net l’utilisation de pesticides et non pas seulement en fonction du risque », précise Maxime Laplante, agronome et vice-président de l’Union paysanne.

Un autre des défis consistera à avoir une politique coordonnée et intégrée entre le ministère de l’Agriculture et celui de l’Environnement sur la question de la réduction des pesticides alors que depuis longtemps leurs politiques respectives se sont opposées. S’il semble évident que les agronomes peuvent jouer un rôle dans le contrôle des pesticides les plus à risque, on peut tout de même se questionner sur l’application réelle sur le terrain.  Depuis longtemps, des agronomes ont un rôle partagé de vendeur et de conseiller en matière de pesticides.

De plus, l’Union paysanne a souvent questionné le fait qu’aucune formation en agriculture biologique ne soit obligatoire pour obtenir le titre d’agronome. En 2015, cela s’apparente à un menuisier qui n’aurait pas de marteau dans son coffre d’outils. Si les agronomes veulent jouer un rôle accru dans la diminution des pesticides au Québec, le gouvernement doit s’assurer de leur indépendance face aux compagnies de pesticides et d’une formation adéquate qui comprendrait les outils de l’agriculture biologique. Le dernier point, et non le moindre en cette époque dite d’austérité, est qu’il faudra que le MAPAQ réinvestisse dans l’embauche d’agronomes directement sur le terrain.

« Pour y arriver, il sera nécessaire de développer une vision large de l’agriculture comme socle majeur de notre province et non pas seulement comme vecteur économique. Il ne suffit plus d’en pelleter dans la cour des agriculteurs. » Concernant l’introduction d’incitatifs économiques (redevances, permis et compensations) mentionnée par le ministre Heurtel, cela demeure un outil valable à condition que les sommes prises aux agriculteurs soient directement réinvesties auprès des agriculteurs pour l’amélioration des pratiques.  Il nous apparait ainsi aberrant que les fermiers biologiques doivent payer pour obtenir leur certification.

En terminant, l’Union paysanne insiste sur le besoin d’un changement de culture qui doit s’opérer de haut en bas de la chaîne impliquée dans la réduction des pesticides afin que cette énième stratégie ne soit pas que des voeux pieux. « Il ne suffit plus d’en pelleter dans la cour des agriculteurs », ajoute Benoit Girouard président de l’Union paysanne.

Pour y arriver, il sera nécessaire de développer une vision large de l’agriculture comme socle majeur de notre province et non pas seulement comme vecteur économique. L’agriculture apporte une contribution sociale, environnementale et santé, en plus de sa contribution économique. C’est ce qui positionne l’agriculteur comme première sentinelle de l’environnement. L’Union paysanne entend travailler avec le MAPAQ et le MDDELCC afin de trouver des solutions concrètes à la réduction des pesticides qui seront à la fois bénéfiques pour les agriculteurs et l’ensemble de nos concitoyens.

 

1 : Réduction de 25 % des risques pour la santé et l’environnement (exprimés à l’hectare traité) d’ici 2021, par rapport à la moyenne des années de référence 2006, 2007 et 2008. http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Strategie_phytosanitaire.pdf

 

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com-up-2015-11-23-strategie-pesticides.pdf

{slider Pour information}

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
 
Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

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Conférence notre santé, l’agriculture et l’alimentation

Conférence notre santé, l’agriculture et l’alimentation à Victoriaville

Avec Paul François, agriculteur qui a gagné son procès contre Monsanto.

Elle aura lieu le mercredi 23 septembre à 19h au grand auditorium du Cégep de Victoriaville.

La conférence sera précédée de la projection du documentaire « La mort est dans le pré » et sera suivie d’une période de questions. Enfin, Daniel Carmantrand parlera de l’impact de l’agriculture dans l’alimentation.

Paul François est un agriculteur français qui cultive 400 hectares de céréales (l’équivalent de 727 terrains de football). En 2004, après avoir utilisé un herbicide produit par Monsanto, il est victime d’une intoxication aigüe et souffre depuis d’importants troubles neurologiques. Suite à cet accident et après avoir été hospitalisé plusieurs mois, il décide de trainer la firme devant les tribunaux. Après avoir réussi à rassembler les éléments prouvant que Monsanto connaissait et aurait dû indiquer la dangerosité du produit, la firme est reconnue responsable des problèmes de santé de l’agriculteur, et condamnée en 2012. Cette décision a été confirmée en appel le 10 septembre 2015.

En parallèle, il a participé à la création de l’association Phyto-Victimes en 2010 qui a pour rôle de conseiller et d’accompagner les agriculteurs et agricultrices victimes de maladies suite à l’utilisation de pesticides.

Il nous dressera un portrait de l’agriculture française et son évolution depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, où l’on est passé d’une situation d’insuffisance alimentaire à une autosuffisance au milieu des années 50. Mais après avoir constaté que les rendements stagnaient et que les sols étaient appauvris dans les années 90, il a opéré une remise en cause progressive de ce modèle agricole. Il nous expliquera le sens de son combat et de sa transition en agriculture biologique d’une centaine d’hectares.

 

Pourquoi prendre action pour stopper la luzerne OGM?

Voici une courte vidéo animée en anglais sur la luzerne OGM. C’est une initiative du Réseau Canadien d’Action sur les Biotechnologies (RCAB), qui vous suggère également d’envoyer une lettre au Ministre de l’agriculture afin de lui montrer votre sensibilité à ce sujet. Suivez la petite abeille qui est en train de comprendre la menace de la luzerne génétiquement modifiée. Regarder la vidéo.

 

Ecrivez une lettre au Ministre fédéral de l’Agriculture:

(texte suggéré)

Monsieur le Ministre Ritz,

Je vous écris pour vous prier de prendre des mesures immédiates pour bloquer la commercialisation de la luzerne génétiquement modifiée (GM) au Canada. La luzerne GM menace les marchés de tous les producteurs de luzerne ainsi que l’avenir de l’alimentation et de l’agriculture biologiques au Canada.

L’introduction de la luzerne génétiquement modifiée (GM) tolérante à l’herbicide (Roundup Ready) de Monsanto aurait de graves impacts négatifs sur de nombreux types d’agriculteurs et de systèmes agricoles, à la fois conventionnels et biologiques.

Les agriculteurs conventionnels et biologiques conviennent que la culture de la luzerne GM n’est ni nécessaire ni souhaitable. Parce que la luzerne est une culture vivace pollinisée par les abeilles, la contamination par la luzerne GM est inévitable. La luzerne GM a été approuvée au Canada en 2005, mais doit être soumise à une étape de plus avant de pouvoir être vendue légalement comme semence au Canada. S’il vous plaît, faites obstacle à la luzerne GM avant qu’elle contamine les champs des agriculteurs.

S’il vous plaît, prenez des mesures immédiates pour stopper la luzerne GM.

 


Pour en savoir plus : http://rcab.ca/content/view/full/997

Lien complet de la vidéo sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=tlbtIEVF77Q&context=C383a5d6ADOEgsToPDskLqMXdLgQDBu5FNEPcMBWBW