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Communiqué pour la Journée internationale des droits humains

À l’occasion de la Journée internationale des droits humains, le 10 décembre dernier, le CDHAL et l’Union paysanne ont tenu à saluer deux initiatives majeures de la part du Conseil des droits humains des Nations Unies : la Déclaration sur les droits des paysans et paysannes et des autres personnes travaillant en zones rurales ; et le projet mené par le groupe de travail intergouvernemental dont le mandat est d’élaborer un traité international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits humains.

Ces deux initiatives s’inscrivent dans la définition large des droits humains où tous les droits (civils et politiques, et sociaux, économiques et culturels) sont indivisibles et interdépendants.

Ses longues années de solidarité avec les luttes des mouvements sociaux latino-américains ont fait savoir au CDHAL que les instruments internationaux existants ne suffisent pas à faire respecter les droits civils et politiques des communautés paysannes et autochtones. L’Union paysanne, de par son adhérence au mouvement paysan international, La Via Campesina, constate que dans plusieurs pays les efforts des paysans de faire respecter leurs droits socio-économiques sont punis par de graves violations de leurs droits civils : harcèlements, détentions, assassinats. La résistance des paysans à l’accaparement de leurs terres pour des fins d’agro-exportation, à la contamination des eaux par l’industrie extractive, ou à la privatisation des semences par le moyen des brevets des grandes sociétés semencières est trop souvent confrontée à des actes de violence de la part des forces de l’ordre de l’État et des agents de sécurité privés.

La Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant en zones rurales a donc une double tâche : celle de réitérer les obligations des États ainsi que l’universalité des droits déjà reconnus, tels que les droits à la vie, à la liberté, à l’intégrité physique et à la sécurité de la personne ; et celle de formuler de nouveaux droits socio-économiques spécifiquement applicables aux paysans et aux autres personnes travaillant dans les zones rurales, tels que le droit à la terre et aux autres ressources naturelles, le droit aux semences et à la biodiversité, et même le droit de ne pas utiliser de produits agrochimiques.

La rédaction de la Déclaration et l’élaboration de l’éventuel traité sur les transnationales et les droits humains s’accomplissent à travers des processus de discussion et négociation parmi les pays membres du Conseil des droits humains et de consultations avec la société civile, au terme desquels les textes finaux seront soumis à l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est grâce au travail de la société civile internationale que ces processus ont été entamés et qu’ils continuent à avancer, malgré les objections posées par certains pays du Nord.

En effet, il est regrettable que ces deux initiatives, portées par des pays du Sud particulièrement la Bolivie, aient reçu très peu d’appuis de la part des membres européens du Conseil des droits humains et que les États-Unis s’y soient même opposés. Dans un tel contexte, il serait souhaitable, voire essentiel, que le gouvernement canadien, qui a exprimé son intention de reprendre sa place au sein des instances des Nations Unies, prenne le leadership des pays du Nord en accordant son plein appui au projet de Déclaration des droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales et à l’élaboration du traité sur les sociétés transnationales et les droits humains. Devant la complémentarité évidente entre la Déclaration sur les droits des paysans et la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, le Canada se doit d’honorer ses promesses auprès de ses Premières Nations ainsi que de respecter les droits des petits et moyens fermiers canadiens tout en (dans les mots d’Olivier De Schutter ancien rapporteur des Nations Unies sur le droit à l’alimentation) s’assurant « que l’agriculture vivrière ne soit pas remplacée par l’agriculture industrielle ».

Pour plus d’informations:

Karen Rothschild
Comité international de l’Union paysanne
450-458-2005
Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)
514-257-8710, poste 334

Télécharger ce communiqué :

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L’Union paysanne est une association d’agriculteurs et de citoyens qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

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L’Union paysanne et La Via Campesina

À propos de La Via Campesina

viacampesinaLa Via Campesina regroupe des organisations et mouvements de paysans et paysannes, de petits et moyens producteurs, des associations et syndicats de travailleurs, d’ouvriers agricoles, migrants, sans terre, de femmes et de jeunes ruraux, de peuples indigènes et de pêcheurs artisans.

Il faut savoir que la structure interne décentralisée de LVC se découpe en 9 grandes Régions (Amérique du Nord, Amérique Centrale, Caraïbes, Amérique du Sud, Europe, Afrique 1, Afrique 2, Asie de l’Est et du Sud-Est et Asie du Sud).

 

Extraits du rapport du délégué de l’Union paysanne, Emmanuel Beauregard, à la 6e Conférence Internationale de La Via Campesina à Jakarta, Indonésie (7-12 Juin 2013) :


Avant sa fondation il y a 20 ans, en 1993, on n’aurait jamais cru que les paysanneries, qu’on disait en voie de disparition, n’auraient formé un tel mouvement à l’échelle mondiale pour se donner une voix commune et une pareille force politique pour défendre leurs droits. Je pense que l’Union paysanne et ses membres ont de quoi être fiers d’être depuis 10 ans partie prenante de ce qui est maintenant le plus vaste mouvement agraire international (regroupant plus de 210 millions de personnes)!

Je reste cependant plus que jamais convaincu du bien-fondé du principe « penser globalement, agir localement ». Nos luttes pour une réelle souveraineté alimentaire et une réforme agraire au Québec, c’est à nous de les mener, paysans et paysannes, jeunes néo-fermiers, petit-e-s producteurs et productrices agroécologiques, artisan-e-s du terroir, en solidarité et avec le soutien de nos allié-e-s (consommateurs ruraux et urbains, associations et coopératives locales, régionales et nationales de petit-e-s producteurs et productrices, ouvriers agricoles, étudiant-e-s, enseignant-e-s et chercheur-e-s, écologistes et féministes, etc.). Il est clair que les politiques économiques (accords de libre-échange, exportations-dumping sur les marchés étrangers) promues et adoptées par les gouvernements capitalistes néolibéraux de nos pays (Québec-Canada) ont un impact destructeur sur la capacité d’autres peuples à assurer leur souveraineté alimentaire. Nous devons d’abord et avant tout continuer à nous mobiliser ici pour mettre un terme aux politiques publiques néolibérales de nos gouvernements et États qui sont néfastes non seulement pour la paysannerie québécoise, mais aussi pour celles d’autres pays.


 

Pour en savoir plus sur La Via Campesina:
http://viacampesina.org/fr/
http://tv.viacampesina.org/?lang=fr

 

Comité international de l’Union paysanne

Le comité international est formé de membres de l’Union paysanne. Il a pour objectif d’aider à resserrer les liens entre l’Union paysanne et ses alliés au Canada et à l’étranger, principalement La Via Campesina (LVC) et les organisations qui en font partie.

Pour ce faire, le travail du comité se divise en deux volets principaux.

Volet 1 – Relations internationales

Le comité appuie l’Union paysanne dans ses communications avec La Via Campesina et ses alliés. Il assure également la participation de l’Union Paysanne aux conférences, aux instances décisionnelles, et au sein des groupes de travail de La Via Campesina, particulièrement au niveau de la région Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Mexique).
Le comité se maintient informé et il peut également appuyer des campagnes, pétitions, et organiser des activités de solidarité internationale avec les alliés de l’Union paysanne.

Volet 2 – Formation

Afin que le plus grand nombre de membres puissent s’inspirer des expériences de luttes, de l’expertise et des analyses rassemblées par La Via Campesina, le comité partage les communiqués et déclarations de LVC, de même que l’information relative à l’actualité internationale concernant les organisations paysannes et les grands enjeux qui intéressent l’Union paysanne.

Le comité travaille ainsi à renforcer les liens entre les milieux urbains, ruraux et internationaux.

Survol de la participation de l’Union paysanne dans La Via Campesina

Depuis ses tout premiers débuts l’Union paysanne fait partie du mouvement international La Via Campesina. L’Union paysanne s’est d’ailleurs grandement inspirée du travail de la Confédération Paysanns en France, et José Bové est venu au Québec afin d’appuyer la fondation de l’Union paysanne.

Au fil des ans, des membres paysans et de la relève agricole de l’Union paysanne ont représenté l’organisation à différentes réunions de La Via Campesina (Conférence internationales, Conférences de mi-terme, réunions régionales, réunions de Commissions thématiques, forums internationaux, etc). La participation de l’Union paysanne à ces rencontres permet de contribuer à l’élaboration de stratégies et de positions communes en vue de faire front commun entre organisations membres de La Via Campesina. Celles-ci constituent une source d’inspiration constante à continuer la lutte pour la défense des droits paysans.

Action et conférence de presse en solidarité avec Haiti à Montréal Juin 2010Au Québec, l’Union paysanne a contribué à l’organisation de nombreux événements en partenariats avec des alliés du mouvement paysan international afin de partager l’analyse des enjeux internationaux selon la perspective paysanne, et aussi faire connaître les luttes des paysans afin de de les appuyer ou de s’en inspirer.

Par exemple, en 2003, une tournée de 3 paysans mexicains fut organisée par le Comité pour la justice sociale et le Comité pour les droits humains en Amérique latine en collaboration avec l’Union paysanne.

L’Union paysanne a aussi collaboré à organiser des visites de fermes et d’institutions d’enseignement à Victoriaville, La Pocatière, Mirabel, Québec, Montréal et Kamouraska.

D’année en année, l’Union paysanne a souligné le 17 avril, Journée Internationale des Luttes paysannes, de différentes façons, notamment par:

  • Une journée de discussion à Montréal abordant plusieurs thèmes tels que les droits humains des paysans mexicains et l’avenir de l’herboristerie.
  • Des soirées avec le Comité pour la justice sociale et avec le Comité des droits humains en Amérique Latine (CDHAL) sur la situation de la paysannerie au Brésil et au Québec, sur les OGM, sur les communautés zapatistes, etc.

À trois occasions, l’Union paysanne a co-organisé (avec Inter-Pares, Greenpeace et d’autres) des événements à Montréal faisant partie de tournées pancanadiennes portant sur les effets des politiques canadiennes en matière d’OGM sur les systèmes alimentaires des pays du Sud. Les conférenciers venaient surtout de pays africains francophones.

Avec l’appui financier d’Inter-Pares et de Développement et Paix, l’Union paysanne a également organisé une réunion régionale de LVC à St-Côme, suivi d’un événement pour le public à Montréal, lequel avait été bien couvert par La Terre de chez nous.

 

Pour vous impliquer, en savoir davantage ou joindre la liste de diffusion des activités internationales de l’Union paysanne, veuillez contacter le comité international à l’adresse suivante : international@unionpaysanne.com

 

L’agroécologie «peut doubler la production alimentaire en Afrique en 10 ans»

Selon un rapport de l’ONU, les projets agricoles utilisant peu d’intrants, ne reposant pas sur les fertilisants chimiques et les pesticides, ont haussé de façon signifiante la production alimentaire en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud. Pour en savoir plus : Agroecological farming « can double food production in Africa over next 10 years » (Tom Levitt, The Ecologist).