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De retour, le délégué de l’Union paysanne partage son expérience au Pays basque!

En juillet dernier se tenait à Derio, au Pays basque, la 7ème conférence internationale du mouvement paysan mondial La Via Campesina. Le délégué de l’Union paysanne raconte ses impressions et partage avec nous les grands enjeux qui secouent les mouvements paysans du monde entier, réunis pour l’occasion dans un climat sans aucun doute mobilisateur! Notre délégué, Charles Bois, 25 ans, est paysan au Saguenay-Lac-Saint-jean. Il produit des semences ainsi qu’une production diversifiée de légumes, de fruits et quelques élevages. Il est entrepreneur social, impliqué pour la souveraineté alimentaire, l’innovation sociale en agriculture et la gouvernance territoriale par, pour et avec le peuple.

 

Rapport de Charles Bois:

Lieu de la 7ème conférence de LVC, photo Charles Bois

Avant tout, je tiens à remercier l’Union Paysanne et les membres du comité international qui ont rendu mon implication possible. Ce fut un plaisir de représenter notre organisation riche de  ses valeurs à la plus haute instance décisionnelle de LVC et d’y côtoyer les paysans, paysannes et activistes de 79 pays, 164 organisations représentants plus de deux cent millions de membres. J’y ai participé au meilleur de ma personne pour représenter l’intérêt de nos membres.
L’Union Paysanne relève de la région Amérique du Nord à l’intérieur de LVC. Avant la VIIe Conférence Internationale, j’avais participé à la rencontre régionale préparatoire pour cette dernière et à une rencontre pratique d’agroécologie à Porto Rico. Au Pays-Basque en juillet dernier, j’ai participé activement à l’assemblée des jeunes, en tant qu’observateur à l’assemblée des femmes et de manière plus indirecte et à l’assemblée principale. Notre délégation d’Amérique du Nord était composée de 12 délégué-e-s provenant du Québec et du Canada, des USA et du Mexique.
Cette expérience a été très riche sur le plan humain; on rencontre des gens de partout et on tisse des liens avec les acteurs du mouvement en prenant connaissance du vécu de chacun par l’entremise d’échanges personnels et aussi par le déroulement des activités sur les lieux de la conférence à l’ancien séminaire de Derio. Ce fut également très riche d’un point de vue organisationnel. La via campesina est un mouvement d’envergure mondiale, de luttes globales, porteur de campagnes importantes pour les femmes et les hommes membres des organisations partout dans le monde. En tout quelques 500 délégués, une centaine d’invités, une équipe technique et une autre pour la traduction et de nombreux bénévoles ont participé et ont assuré le bon déroulement de la VIIe Conférence Internationale. C’est donc près de 1000 personnes qui ont participé à cet événement!
Ce fut un événement très chargé s’étalant sur neuf jours où l’on participait aux assemblées nous concernant et à celles qui nous intéressaient si notre arrivée sur les lieux le permettait. Au fil des jours on participait aux rencontres régionales et aux rencontres spécifiques, aux collectifs de travail le soir en plus des diverses activités culturelles organisées par l’organisation hôte Ehne Bizkaia. L’objectif de la conférence étant d’avoir un regard sur les quatre dernières années et d’établir les lignes directrices pour les quatre prochaines années. C’était un moment de faire le point sur comment se portent nos luttes et nos campagnes ainsi que les travaux effectués par les collectifs de travail face au système et aux pressions des protagonistes du secteur agroindustriel pour accroître leur emprise.
Voici quelques-unes de mes impressions et réflexions par rapport à cet événement mémorable auquel j’ai participé en tant que délégué officiel de l’Union paysanne.

La 4ème assemblée des jeunes

Au début de la conférence se trouvait l’assemblée des jeunes regroupant les délégués de quarante ans et moins présent. La majorité des jeunes étaient âgés entre 30 et 35 ans. L’assemblée des jeunes est une occasion de faire connaissance, de se préparer et de débattre afin de nous préparer pour l’assemblée principale. C’est un moment pour établir nos priorités et soumettre des points à l’horaire de l’assemblée principale. Ainsi, nous avons participé à des activités pour mieux faire connaissance et puis avons enchaîné avec ce que nous croyons être le rôle des jeunes dans nos organisations et au sein de la société. Il a notamment été mentionné que pour avoir une représentation dans la société et pour répondre aux enjeux nous concernant, que nous devons occuper des postes décisionnels.
L’absence de relève agricole est un enjeu répandu à travers toutes les régions et c’est définitivement un sujet auquel nous devons mettre de l’énergie. Comme tout au long de la conférence, le développement des écoles d’agroécologie paysanne a été un point clé, voire la solution concrète à partir de laquelle nous pouvons tout réunir pour répondre à cette problématique majeure de la relève. Pour sensibiliser la population, former les gens au niveau politique, organisationnel et pratique, les écoles d’agroécologie sont une occasion pour nous d’augmenter la masse critique, de valoriser la paysannerie et de promouvoir la souveraineté alimentaire comme solution au capitalisme néolibéral patriarcal.
Nous devons faire preuve d’audace et de courage pour créer un sentiment de pouvoir et mobiliser les gens!

La cinquième assemblée des femmes

L’assemblée des femmes est très importante au sein de La Via Campesina, les femmes sont certainement la solution pour contrecarrer le capitalisme patriarcal. Elles sont d’ailleurs souvent les plus touchées par ses conséquences, et constituent ses victimes les plus vulnérables. Les femmes sont celles qui cultivent la terre traditionnellement depuis des milliers d’années. Nos organisations doivent être féministes, permettre aux femmes de s’impliquer en facilitant leur rôle de mère pour celle qui le sont, en offrant un service de garde par exemple, et faire preuve d’équité pour que des femmes occupent des postes décisionnels.

Lieu des assemblées. Photo: Charles Bois

Les contextes sociaux sont forts différents et la réalité des femmes dans différents pays l’est tout autant sinon plus. Quelle que soit notre situation, nous devons avoir à l’esprit que pour mener des luttes globales, nous devons faire preuve de solidarité. La solidarité et l’espoir, deux mots forts au sein de La Via Campesina. Ainsi, des moyens doivent être pris pour conscientiser la société, autant les femmes que les hommes, sur la situation des femmes et leurs luttes partout sur la planète. Les écoles d’agroécologie où des formations politiques sont et seront données devraient avoir un contenu féministe. Les hommes doivent faire place aux femmes, nous devons nous ouvrir à leur cause, faire preuve de compréhension, admettre nos torts et construire ensemble une société riche de valeurs.

L’assemblée principale

Dans une immense salle remplie de chaises entassées les unes sur les autres, on assiste aux présentations. D’abord, la première journée : l’histoire. Les présentations des délégations régionales et la ratification des nouvelles organisations membres, puis sur le contexte politique international. Le lendemain : le présent. Les contextes et la situation par continent furent présentés, suivirent des ateliers sur les différents collectifs de travail et ensuite leur récapitulatif sur l’historique du mouvement avec entres autres des initiateurs du mouvement, les différentes régions, les déclarations de l’assemblée des jeunes et celle de l’assemblée des femmes, à des appels de solidarité, de paix et de justice sociale, aux défis de LVC et à la déclaration politique. La Déclaration de Euskal Herria est le grand résultat de cette rencontre international, elle se trouve sur le site web de La Via Campesina et de l’Union paysanne.

Conclusion

À mon avis, l’Union Paysanne est très bien positionnée pour mener les luttes de La Via Campesina. Nous sommes forts d’une raison d’être et d’une situation globale insensée en agriculture et au sein de notre société de consommation. Nous avons la légitimité d’exiger la pluralité syndicale et de dénoncer le statut quo en agriculture. Il faut, plus que jamais, être de l’actualité et établir une stratégie pour sortir gagnant de nos interventions. Le Centre Paysan est un joyau que nous devons alimenter et développer pour adresser les enjeux et les campagnes qui nous définissent. Profitons-en!
Il y a une magie humaine qui se créé lors des événements de La Via Campesina. On se retrouve entre frères et sœurs pour mener un combat en faveur des valeurs de justice sociale; nous luttons pour reprendre le contrôle de nos communautés : d’un côté on veut nous asservir et de l’autre nous voulons nous libérer et être souverains. Nous faisons face à un mur, peut-être avons-nous le visage dedans. Ce mur peut être une limite, ça peut être une vague aussi. Une vague prête à s’écraser. Nous pouvons nous situer sur cette vague, faire en sorte de tenir entre nos mains le sort de l’humanité. Ensemble nous sommes forts, ensemble au sein de nos organisations et entre elles, par nos valeurs communes et nos convictions, nous sommes forts. Nous devons être prêts à livrer bataille et pour cela nous devons connaître notre ennemi et connaître sa puissance. Nous devons être au courant des moyens de répressions et de manipulations qui sont et qui peuvent être utilisés. Et on doit en parler. Parler de notre cause, de notre raison d’être, de notre vision. C’est à nous d’être au front et d’interpeller les médias, les gouvernements et la société civile. Pour que les enjeux soient adressés, mieux vaut une société intéressée à faire partie de la solution et désireuse d’avoir du pouvoir sur son devenir.

Globalisons les luttes!!!

Globalisons l’espoir!!!

Paysages du territoire de Euskal Herria (Pays basque). Photo Charles Bois.

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Un pas de plus vers l’adoption de la Déclaration de l’ONU sur les droits des paysans

Communiqué de La Via Campesina

Le volet international de l’Union paysanne vous transmet ce communiqué de La Via Campesina présentant les fruits des récents efforts en faveur de l’adoption d’une Déclaration onusienne qui reconnaitrait et protégerait les droits des paysannes et paysans du monde entier ainsi que les autres personnes travaillant dans les zones rurales.

Il est encore temps de signer la pétition de l’Union paysanne pour appuyer le projet de Déclaration!

Signez la pétition ici!

“Ce processus a rendu notre mouvement plus fort que jamais. Après 16 ans d’effort et de dévouement, dans le monde entier, l’espérance  de nos communautés pour  cette Déclaration continue de crôitre,  attendant que nos demandes soient reconnues dans les négociations intergouvernementales”– Henry Saragih (Via Campesina), lors de la clôture du groupe de travail.

Toute la semaine dernière, près de 70 délégués venant de tous les continents de La Via Campesina, pêcheurs, éleveurs, travailleurs ruraux, peuples autochtones, avec d’autres mouvements sociaux et organisations non gouvernementales, ont  participé aux discussions avec des représentants des Etats et des Nations Unies dans les négotiations  sur la Déclaration sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales. Les recommandations et conclusions présentées par le Président-Rapporteur, madame Nardi Suxo, Ambassadeur de Bolivie, à l’issue de cette 4ème Session du Groupe intergouvernemental à composition non limitée (OEIWG) a mis l’accent sur l’avancement des négociations et sur la nécessité de finaliser le projet dans une prochaine 5ème session de ce Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée (OEIWG ).

La Via Campesina avec FIAN et CETIM (Centre Europe – Tiers Monde) et d’autres alliés solides ont approfondi l’engagement entre les gouvernements, les organisations et diverses agences de l’ONU pour la protection et la promotion des droits des paysans et des personnes travaillant dans les zones rurales. Avec ces dernières négociations, La Via Campesina a renforcé sa détermination à voir  cette déclaration adoptée au plus tôt. Le monde a besoin de cette déclaration, pour mettre fin à la pauvreté et à la faim, pour rendre la terre écologiquement sûre pour les prochaines générations et pour un système alimentaire équitable.

N’oublions pas la crise alimentaire de 2007 à 2008, lorsque les États participant à un mécanisme de l’ONU ont promis de ne pas répéter l’erreur d‘abandonner leurs responsabilités  aux  grandes entités commerciales. En fait, il est établi dans l’étude finale présentée par le Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (A / HRC / 19/75) que les États devraient reconnaître les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales en s’adressant directement à ceux qui mettent des moyens de subsistance agroécologiques, équitables et durables.

La Déclaration des Nations Unies proposée sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales discutées lors de cette quatrième session de l’OEIWG est le fruit des efforts mobilisés depuis plusieurs années par La Via Campesina, FIAN et CETIM avec les Etats parties et autres Organisations de la société civile. Affirmer les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales dans cette Déclaration est un effort pour lutter contre la discrimination à l’égard des paysans et des populations rurales. En ce qui concerne les ODD (Objectifs de développement durable), cette reconnaissance est un élément fondamental pour mettre fin à la faim et à la pauvreté, et développer une vie rurale plus équitable pour le bien de tous.

Alors que certains États s’opposent à l’institution de nouveaux droits dans cette déclaration, les articles clés du texte sont bien compris et fortement défendus par les titulaires de ces droits comme fondamentaux pour la promotion et la protection de leurs droits. Nous avons besoin d’urgence d’une Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. Il est injustifié de continuer à remettre à plus tard cet important rendez-vous avec la reconnaissance des droits, le rétablissement des obligations des États et une vie écologique équitable en tant que normes internationales fondamentales. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU doit prendre la responsabilité d’adopter le texte lors de la prochaine session  du Conseil.

En attendant, La Via Campesina intensifie les conversations avec les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ainsi qu’avec les institutions nationales des droits de l’homme dans les différents états. Nous avons besoin de la Déclaration des droits des paysans maintenant!

Consulter le communiqué original ici.

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Invitation rencontre d’agroécologie à Cuba

Où? Güira de Melena, Cuba,
novembre 2017 !

L’Union paysanne a le plaisir de vous transmettre cette invitation de l’Association nationale des petits agriculteurs de Cuba (ANAP). Une invitation en trois temps, destinée non seulement aux membres de l’Union paysanne mais également à tous ses sympathisant-e-s mordus d’agroécologie!

Cuba2017

  • Agriculture familiale paysanne et indigène, 13 au 18 novembre 2017

Thématique: Agroécologie et souveraineté alimentaire. Gestion des ressources naturelles pour la production d’aliments. Diagnostic et conception de systèmes agricoles durables. Les thématiques seront liées à des activités pratiques. Ouvert à toute personne intéressée par l’agroécologie.

  • Rencontre internationale de porteurs de projets en agroécologie, 19 au 25 novembre 2017

    Participation de l’Union paysanne à la rencontre d’agroécologie, Cuba, 2015. Photo Pierre-Olivier Brassard

Échanges d’expériences entre les participant-e-s sur les thématiques suivantes :  Intégration des jeunes et des femmes dans les systèmes agroécologiques et pour la souveraineté alimentaire / Agriculture familiale paysanne et indigène, le rôle de celle-ci dans la souveraineté alimentaire et le développement rural / La production et la conservation de semences dans les agrosystèmes / Agroécologie, environnement et changements climatiques / Durabilité économique, écologique et sociale dans les fermes agroécologiques / Réforme agraire, territoire et coopérativisme / Formation et production agroécologique.

Les activités prendront la forme de conférences magistrales, groupes de travail, tables rondes, panels interactifs, journée aux champs, etc. Possibilité d’y soumettre également une contribution écrite sur votre projet en agroécologie. Ouvert à toute personne intéressée par l’agroécologie!

  • Atelier sur la méthode d’enseignement « paysan à paysan », 27 novembre au 2 décembre 2017

Thématique: Méthodologie de “Paysan à Paysan”: principes, étapes, acteurs, activités et outils. Les thématiques seront reliées à des activités pratiques. **Cette semaine de formation sur la méthodologie d’enseignement est destinée aux personnes œuvrant à la formation de la paysannerie**.


Inscriptions

Pour connaître tous les détails, les coûts des activités et modalités de participation, consultez la fiche d’information complète ici: https://unionpaysanne.com/wp-content/uploads/2017/05/Invitation-ANAP2017.pdf Pour vous inscrire, complétez le formulaireCUBA_2017 d’ici le 15 septembre 2017 et faites-le parvenir à l’Union paysanne accompagné d’une photo de la page 3 de votre passeport!

FSM 2016.

Forum social mondial 2016 à Montréal : L’Union paysanne appelle à la création d’un comité autogéré sur l’agriculture et l’alimentation

Forum social mondial 2016 : L’Union paysanne et son comité international appellent au regroupement des forces œuvrant pour la justice alimentaire, la souveraineté alimentaire et la transformation des systèmes agroalimentaires vers des communautés locales saines et agroécologiques.

Une première rencontre aura lieu lundi le 26 octobre de 9h-12h à Montréal (1001 Sherbrooke Est).

Le forum social mondial 2016 offre l’occasion d’aborder des thématiques importantes dans un contexte actuel des plus préoccupant. Le forum social mondial 2016 offre l’occasion d’aborder des thématiques importantes dans un contexte actuel des plus préoccupant. L’adoption de la « loi Monsanto », les négociations du Traité Transpacifique (TPP), les politiques d’austérité, l’exode rural et l’accès difficile à la terre pour les jeunes agriculteurs sont quelques uns des enjeux qui touchent, à travers la planète, les peuples qui doivent se battre pour le droit à une alimentation saine, écologique et culturellement appropriée.

Lors de cette première rencontre, les individus et organisations intéressées à joindre le comité de travail thématique « Agriculture et Alimentation » devront définir le mandat du comité, mais l’Union paysanne tient à ce que la thématique de l’alimentation et de l’agriculture justes soit au cœur des ateliers et du rassemblement du FSM 2016.

Citoyens, fermiers, paysans, artisans, cuisiniers et jardiniers du monde, joignez-vous à nous ! Parce que plusieurs solutions passent par notre alimentation et notre rapport à la terre, et que d’inspirantes initiatives sont déjà mises en branle aux quatre coins du monde,

Citoyens, fermiers, paysans, artisans, cuisiniers et jardiniers du monde, joignez-vous à nous !

Pour toute information et pour nous manifester votre intérêt, vous pouvez communiquer avec le comité international de l’Union paysanne en écrivant à international@unionpaysanne.com.

Vous pouvez aussi suivre ou participer aux développements de ce comité thématique en rejoignant le groupe google suivant : https://groups.google.com/d/forum/comiteautogereagricultureetalimentation

 

Globalisons la lutte, globalisons l’espoir! Let’s overgrown the system ! ¡Quisieron enterrarnos pero no sabían que éramos semillas!
Le Comité international de l’Union paysanne
Membre de La Vía Campesina, mouvement paysan international

 

FSM 2016.

FSM2016 à Montréal : Création d’un comité autogéré sur l’agriculture et l’alimentation

FSM 2016. En vue du Forum social mondial 2016, l’Union paysanne et son comité international appellent au regroupement des forces œuvrant pour les causes agricoles et alimentaires.  Une première rencontre aura lieu lundi le 26 octobre de 9h-12h à Montréal (1001 Sherbrooke Est).

En savoir plus

Agroécologie : la voie paysanne

Du 11 au 13 juin 2015, des délégués paysans d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques se sont réunis à Cantabria, dans une magnifique région montagneuse du nord de l’Espagne, pour une première réunion de travail du réseau des écoles d’agroécologie du mouvement paysan international La Via Campesina.

 

Lors de la rencontre, chaque délégué a présenté les écoles d’agroécologie de sa région en décrivant notamment le type de cours offerts, la philosophie et les méthodes pédagogiques privilégiées, les résultats accomplis et les défis. Les faiblesses, menaces, forces et opportunités de l’agroécologie ont également été discutées. Le principal résultat de la rencontre est un accord autour de la proposition de créer un groupe de travail « écoles d’agroécologie et articulation des processus de formation » au sein du collectif international d’agroécologie et semences paysannes de La Via Campesina. Chaque région désignerait une personne qui participera à ce nouveau groupe de travail. Cette proposition sera acheminée au Conseil de Coordination International (CCI) de La Via Campesina par les deux membres de la CCI qui participent au collectif international d’agroécologie et semences paysannes.

 

Aux quatre coins du monde, les écoles d’agroécologie initiées par des organisations membres de LVC misent sur la formation politique et technique, la méthodologie de paysan-à-paysan ainsi que la revalorisation de la paysannerie et son savoir-faire pour transformer le modèle agricole dominant. En tant que membre de La Via Campesina (LVC), qui signifie en espagnol « La voie paysanne », l’Union paysanne soutient l’intégration du Centre paysan au réseau des écoles d’agroécologie. Le Centre paysan vient d’annoncer sa première offre de formations depuis sa remise sur pied en mai 2014 sous forme de coopérative de solidarité. En tant que membre de l’Union paysanne et du Centre paysan, j’ai eu l’opportunité de représenter les deux organisations à la réunion, de présenter le travail du Centre paysan et de partager notre enthousiasme à l’idée de rejoindre ce réseau qui ne cesse de grandir. J’ai également présenté les projets d’agroécologie inspirants que mènent actuellement des organisations membres de LVC aux États-Unis.

 

Aux quatre coins du monde, les écoles d’agroécologie initiées par des organisations membres de LVC misent sur la formation politique et technique, la méthodologie de paysan-à-paysan ainsi que la revalorisation de la paysannerie et son savoir-faire pour transformer le modèle agricole dominant. Le but de LVC et de ses écoles est véritablement de soutenir l’émergence et le maintien des fermes paysannes et agroécologiques afin que leur contribution à nourrir la population mondiale et à préserver les ressources comme la terre, les semences, l’eau et la diversité biologique soit reconnue comme essentielle et donc soutenue adéquatement par des politiques publiques en vue de réaliser la souveraineté alimentaire. Bref, ces écoles sont en quelque sorte le bras éducationnel d’organisations paysannes travaillant au niveau politique et populaire à l’obtention du cadre (législatif, politico-économique, social, culturel) le plus favorable au maintien et à l’essor de la paysannerie.

 

À l’époque, tout syndicat agricole avait ses « agitateurs » qui parcouraient les villages, convoquaient et animaient des assemblées publiques pour créer une masse critique influente autour d’enjeux affectant les agriculteurs et leurs familles. Aujourd’hui, les syndicats agricoles canadiens démontrent une excellente analyse des politiques publiques, et si leur influence, c’est-à-dire leur capacité et efficacité de lobby, auprès des dirigeants politiques varie d’organisation en organisation, la tendance généralisée est à la baisse du nombre d’agriculteurs et donc au rétrécissement de la base des organisations agricoles.

 

En revalorisant la paysannerie et le partage horizontal de savoirs-faire traditionnels et innovants, l’agroécologie paysanne construit un mouvement exponentiel et organisé de paysans-formateurs. Mais avec la vague de « repaysannisationi » qui déferle à l’échelle mondiale depuis quelques années, où de plus en plus de jeunes et nouveaux agriculteurs reviennent à la terre en quête d’autonomie, la base potentielle s’élargit de nouveau. Cependant, si la culture politique et organisationnelle n’est pas transmise, elle se perd dans le vide intergénérationnel creusé entre des agriculteurs majoritairement âgés d’une cinquantaine d’année et des « néo-agriculteurs » qui ont en moyenne 38 ans et n’ont pas grandi sur une ferme (68%)ii. L’enseignement de l’agroécologie paysanne telle que portée par les organisations et écoles de LVC fait une place centrale à la mémoire, l’histoire, les leçons et la culture des luttes menées, gagnées ou perdues, des politiques et de leurs impacts, des pédagogies de sensibilisation et de conscientisation populaires, de l’organisation du travail coopératif, communautaire et syndical.

 

Aux côtés des formations axées uniquement sur les connaissances techniques, la spécificité des écoles d’agroécologie de LVC est donc notamment d’offrir un volet de formation politique visant à former des acteurs de changement dans la société, et plus spécifiquement des leaders et organisateurs rassembleurs dans leurs communautés et leurs organisations paysannes. Ce processus de transformation social est fondé sur la méthodologie de paysan-à-paysan qui rompt complètement avec les modèles imposant des savoirs de l’extérieur et/ou d’en-haut aux individus, par la professionnalisation des formateurs et/ou la hiérarchie des savoirs. En revalorisant la paysannerie et le partage horizontal de savoirs-faire traditionnels et innovants, l’agroécologie paysanne construit un mouvement exponentiel et organisé de paysans-formateurs.

 

Le modèle d’agroécologie développé par l’organisation paysanne cubaine ANAP a fait ses preuves et continue d’inspirer les nouvelles écoles du réseau des écoles d’agroécologie de LVC. En 2013, l’Union paysanne a envoyé 7 délégués à la rencontre internationale d’agroécologie bi-annuelle de l’ANAP, suivie d’une formation de La Via Campesina sur la méthodologie de paysan-à-paysan. Le comité international de l’Union paysanne s’apprête, en collaboration avec le Centre paysan, à y envoyer une nouvelle délégation cet automne et nous espérons avoir des représentants de toutes les régions du Québec. Restez à l’affût!

 

En savoir plus

 

Références

i : Lecture sur le sujet:  Van der Ploeg Jan Douwe (2014). Les Paysans du XXIe siècle: Mouvements de repaysannisation dans l’Europe d’aujourd’hui. ECLM,  214 pages.

ii : Ces chiffres sont le résultat d’un sondage effectué par la Coalition pancanadienne pour les nouveaux fermiers et les nouvelles fermières qui fut circulé aux membres de l’Union paysanne et à laquelle l’aile jeunesse de l’Union paysanne participe. Pour en savoir plus sur leur démarche : nfu.ca/blog/new-farmer-coalition-survey

 

SW photo spain

par Stéphanie Wang
Membre du Comité international de l’Union paysanne
Membre du Conseil d’administration du Centre paysan

 

viacampesina

L’Union paysanne et La Via Campesina

À propos de La Via Campesina

viacampesinaLa Via Campesina regroupe des organisations et mouvements de paysans et paysannes, de petits et moyens producteurs, des associations et syndicats de travailleurs, d’ouvriers agricoles, migrants, sans terre, de femmes et de jeunes ruraux, de peuples indigènes et de pêcheurs artisans.

Il faut savoir que la structure interne décentralisée de LVC se découpe en 9 grandes Régions (Amérique du Nord, Amérique Centrale, Caraïbes, Amérique du Sud, Europe, Afrique 1, Afrique 2, Asie de l’Est et du Sud-Est et Asie du Sud).

 

Extraits du rapport du délégué de l’Union paysanne, Emmanuel Beauregard, à la 6e Conférence Internationale de La Via Campesina à Jakarta, Indonésie (7-12 Juin 2013) :


Avant sa fondation il y a 20 ans, en 1993, on n’aurait jamais cru que les paysanneries, qu’on disait en voie de disparition, n’auraient formé un tel mouvement à l’échelle mondiale pour se donner une voix commune et une pareille force politique pour défendre leurs droits. Je pense que l’Union paysanne et ses membres ont de quoi être fiers d’être depuis 10 ans partie prenante de ce qui est maintenant le plus vaste mouvement agraire international (regroupant plus de 210 millions de personnes)!

Je reste cependant plus que jamais convaincu du bien-fondé du principe « penser globalement, agir localement ». Nos luttes pour une réelle souveraineté alimentaire et une réforme agraire au Québec, c’est à nous de les mener, paysans et paysannes, jeunes néo-fermiers, petit-e-s producteurs et productrices agroécologiques, artisan-e-s du terroir, en solidarité et avec le soutien de nos allié-e-s (consommateurs ruraux et urbains, associations et coopératives locales, régionales et nationales de petit-e-s producteurs et productrices, ouvriers agricoles, étudiant-e-s, enseignant-e-s et chercheur-e-s, écologistes et féministes, etc.). Il est clair que les politiques économiques (accords de libre-échange, exportations-dumping sur les marchés étrangers) promues et adoptées par les gouvernements capitalistes néolibéraux de nos pays (Québec-Canada) ont un impact destructeur sur la capacité d’autres peuples à assurer leur souveraineté alimentaire. Nous devons d’abord et avant tout continuer à nous mobiliser ici pour mettre un terme aux politiques publiques néolibérales de nos gouvernements et États qui sont néfastes non seulement pour la paysannerie québécoise, mais aussi pour celles d’autres pays.


 

Pour en savoir plus sur La Via Campesina:
http://viacampesina.org/fr/
http://tv.viacampesina.org/?lang=fr

 

Comité international de l’Union paysanne

Le comité international est formé de membres de l’Union paysanne. Il a pour objectif d’aider à resserrer les liens entre l’Union paysanne et ses alliés au Canada et à l’étranger, principalement La Via Campesina (LVC) et les organisations qui en font partie.

Pour ce faire, le travail du comité se divise en deux volets principaux.

Volet 1 – Relations internationales

Le comité appuie l’Union paysanne dans ses communications avec La Via Campesina et ses alliés. Il assure également la participation de l’Union Paysanne aux conférences, aux instances décisionnelles, et au sein des groupes de travail de La Via Campesina, particulièrement au niveau de la région Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Mexique).
Le comité se maintient informé et il peut également appuyer des campagnes, pétitions, et organiser des activités de solidarité internationale avec les alliés de l’Union paysanne.

Volet 2 – Formation

Afin que le plus grand nombre de membres puissent s’inspirer des expériences de luttes, de l’expertise et des analyses rassemblées par La Via Campesina, le comité partage les communiqués et déclarations de LVC, de même que l’information relative à l’actualité internationale concernant les organisations paysannes et les grands enjeux qui intéressent l’Union paysanne.

Le comité travaille ainsi à renforcer les liens entre les milieux urbains, ruraux et internationaux.

Survol de la participation de l’Union paysanne dans La Via Campesina

Depuis ses tout premiers débuts l’Union paysanne fait partie du mouvement international La Via Campesina. L’Union paysanne s’est d’ailleurs grandement inspirée du travail de la Confédération Paysanns en France, et José Bové est venu au Québec afin d’appuyer la fondation de l’Union paysanne.

Au fil des ans, des membres paysans et de la relève agricole de l’Union paysanne ont représenté l’organisation à différentes réunions de La Via Campesina (Conférence internationales, Conférences de mi-terme, réunions régionales, réunions de Commissions thématiques, forums internationaux, etc). La participation de l’Union paysanne à ces rencontres permet de contribuer à l’élaboration de stratégies et de positions communes en vue de faire front commun entre organisations membres de La Via Campesina. Celles-ci constituent une source d’inspiration constante à continuer la lutte pour la défense des droits paysans.

Action et conférence de presse en solidarité avec Haiti à Montréal Juin 2010Au Québec, l’Union paysanne a contribué à l’organisation de nombreux événements en partenariats avec des alliés du mouvement paysan international afin de partager l’analyse des enjeux internationaux selon la perspective paysanne, et aussi faire connaître les luttes des paysans afin de de les appuyer ou de s’en inspirer.

Par exemple, en 2003, une tournée de 3 paysans mexicains fut organisée par le Comité pour la justice sociale et le Comité pour les droits humains en Amérique latine en collaboration avec l’Union paysanne.

L’Union paysanne a aussi collaboré à organiser des visites de fermes et d’institutions d’enseignement à Victoriaville, La Pocatière, Mirabel, Québec, Montréal et Kamouraska.

D’année en année, l’Union paysanne a souligné le 17 avril, Journée Internationale des Luttes paysannes, de différentes façons, notamment par:

  • Une journée de discussion à Montréal abordant plusieurs thèmes tels que les droits humains des paysans mexicains et l’avenir de l’herboristerie.
  • Des soirées avec le Comité pour la justice sociale et avec le Comité des droits humains en Amérique Latine (CDHAL) sur la situation de la paysannerie au Brésil et au Québec, sur les OGM, sur les communautés zapatistes, etc.

À trois occasions, l’Union paysanne a co-organisé (avec Inter-Pares, Greenpeace et d’autres) des événements à Montréal faisant partie de tournées pancanadiennes portant sur les effets des politiques canadiennes en matière d’OGM sur les systèmes alimentaires des pays du Sud. Les conférenciers venaient surtout de pays africains francophones.

Avec l’appui financier d’Inter-Pares et de Développement et Paix, l’Union paysanne a également organisé une réunion régionale de LVC à St-Côme, suivi d’un événement pour le public à Montréal, lequel avait été bien couvert par La Terre de chez nous.

 

Pour vous impliquer, en savoir davantage ou joindre la liste de diffusion des activités internationales de l’Union paysanne, veuillez contacter le comité international à l’adresse suivante : international@unionpaysanne.com

 

macaron justice

Panel : «Les défis de la souveraineté alimentaire au Québec et au Guatemala»

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Caroline Laurin et Stéphanie Wang, deux membres de l’Union Paysanne impliquées activement dans le Comité international, participeront à un panel de discussion mardi le 5 novembre prochain à la Maison de la culture Claude-Henri-Grignon à Saint-Jérôme.

L’événement est organisé dans le cadre des 17e Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI) de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI). La rencontre sera animée par Marcel Gosselin, président de SLAM.

 

Panel : « Les défis de la souveraineté alimentaire au Québec et au Guatemala »

Mardi 5 novembre de 19h à 22h
Salle Anthony-Lessard de la Maison de la culture Claude-Henri-Grignon
101 Place du Curé-Labelle à Saint-Jérôme
Entrée libre (contribution volontaire)

Pour en savoir plus :  http://www.jqsi.qc.ca/spip.php?article2197