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Expulsion de José Bové, le ministre Fournier doit intervenir

José Bové. © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

José Bové. © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Lachute, mercredi 12 octobre 2016 – L’Union paysanne tient à dénoncer vivement le traitement imposé par le Canada à José Bové, député au Parlement européen et ex-leader paysan. Les raisons de son expulsion semblent plutôt un prétexte fallacieux afin d’écarter un porte-voix gênant contre l’Accord de libre-échange Canada-Europe (AECG). Comble de l’ironie, on invoque la participation de Bové au démantèlement d’un McDonald en construction il y a 17 ans alors que les leaders de l’Union paysanne ont pu rencontrer José Bové à Québec en 2001 lors du Sommet des Amériques.

L’Union paysanne demande donc au ministre Jean-Marc Fournier, ministre responsable des Relations canadiennes, d’intervenir rapidement auprès du gouvernement du Canada afin d’annuler le renvoi de José Bové.

L’Accord de libre-échange Canada-Europe est une perte nette pour les agricultures nationales des deux entités. Alors qu’on fait miroiter des marchés pour des secteurs agricoles spécifiques, l’expérience de l’ALENA nous apprend que les multinationales s’en sortent gagnantes, au détriment des agriculteurs. Au Québec, ce sont spécifiquement les artisans-fromagers qui trouveront la facture salée avec les nouveaux contingents d’importation de fromages venus de l’Europe.

Alors que les financiers veulent un marché mondialisé, l’Union paysanne constate que le nombre de fermes est en continuelle diminution autant au Canada qu’en Europe et que les conditions de vie des agriculteurs se détériorent. S’il est ratifié, le traité ne fera rien pour arranger cette situation et mettra les agriculteurs en compétition de chaque côté de l’Atlantique. Le résultat? Encore moins de fermes!

L’agriculture doit sortir de l’OMC car dans agriculture, il y a le mot culture. Et de traité en traité, nous y laissons des morceaux.

Pour plus d’informations:

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

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L’Union paysanne est une association d’agriculteurs et de citoyens qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysannes. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

L’achat local, plus que jamais!

Deux nouvelles récentes quoique différentes frappent, à mon avis, car elles rappellent l’importance de l’achat local. La première est un contre-exemple. L’OMC vient de permettre au Canada et au Mexique d’imposer des droits de douane d’environ 1 milliard de dollars sur les produits en provenance des États-Unis. Lire la suite

Je mange donc je vote – Passez à l’action !

Cette année, les québécoises et québécois ont décidé de faire de l’alimentation un enjeu électoral à travers la campagne Je mange donc je vote mise sur pied par le Réseau pour une alimentation durable, dont l’Union Paysanne est une fière membre.

Je mange donc je vote.

L’objectif est d’interpeler citoyens et candidats pour demander au gouvernement qui sera élu en octobre 2015 de travailler de concert sur une politique alimentaire fédérale. L’Union Paysanne a travaillé avec plusieurs organisations d’agriculteurs et d’agricultrices pour mettre de l’avant les enjeux auxquels font face la relève agricole, et plus spécifiquement pour que la prochaine génération d’agriculteurs ait accès au soutien dont elle a besoin pour réussir, soit des formations, du capital, des terres et les marchés.

La Semaine Bio (19 au 27 septembre) et la Journée Mondiale de l’Alimentation (16 octobre) sont des opportunités pour vous faire entendre auprès de vos candidats. Des évènements sont justement organisés à travers le Canada pour interpeller les candidats fédéraux.

Parmi eux, on peux compter le Projet Ecosphère au Brome Missisquoi, la Ferme aux Champs qui Chantent à Lachute, la Coop agro-forestière le Grenier Boréal au Manicouagan et la Fête des Moissons de la Mauve à Lévis où interviendra M. Maxime Laplante. D’autres évènements sont anticipés au Saguenay, en passant par la Haute Yamaska, le Haut Richelieu et la Capitale Nationale.

 

Nous avons besoin de vous pour bâtir un momentum jusqu’aux élections du 19 octobre!

  • Le 21 et 22 septembre, le RAD et ses partenaires organisent une journée de blitz téléphonique à travers le pays ! Préparez-vous à appeler vos candidats fédéraux pour leur demander s’ils sont d’accord pour que le Canada ait besoin d’une nouvelle vision pour une politique alimentaire
  • Aidez-nous à atteindre notre cible de 10,000 signatures pour que notre équipe puisse les amener à Ottawa au nouveau gouvernement ! Envoyez la pétition à 5 personnes, rendez la version imprimable disponible.
  • La Journée mondiale de l’alimentation a lieu le 16 octobre ! C’est le moment idéal avant les élections pour mettre les enjeux alimentaires sous les projecteurs. Si rien n’a lieu dans votre circonscription, voici 5 choses à savoir pour organiser votre événement « comme il vous plait »

Je mange donc je vote.

PS : En raison de certaines dispositions de la Loi électorale, le RAD a décidé d’opter pour une question aux candidats au lieu d’un engagement électoral.

Pour nous aider à faire de cette campagne une réussite, merci de considerer la possibilité de faire un don.

 

Toward Supply Management 2.0 in Canada (cover picture)

Toward Supply Management 2.0 in Canada

Towards Supply Management 2.0 in Canada

A Discussion Paper by Union paysanne

The document Towards Supply Management 2.0 in Canada offers food for thought on issues related to the supply management system in Canada and its impact on farms, farmers and young farmers.

Excerpt (Introduction)


Over the last 10 years, criticism of supply management of Canadian agricultural commodities has increased. The most frequent arguments are directed at the prohibitive cost of quotas, the lack of room for new farmers, and constraints to trade.

To take into consideration all of the grievances leveled at supply management and their possible solutions in a single document would not do justice to the topic. Due to its gigantic proportions, its importance and also because of the differences between provinces, it became incumbent upon us to target certain aspects of supply management in order to better deal with them. We decided to focus on the slow cartelization of supply management because this tendency has spread widely across Canada.

To start production under supply management has never been so difficult, if not impossible, as far as profitability is concerned. The data presented in this document show that quotas are inaccessible and block entry to certain productions. Furthermore, certain mechanisms in place tend to block, rather than open the doors, to new generations of farmers.

In our opinion, it is this slow cartelization that poses the greatest risk to the future of supply management. For all practical purposes, supply management has excluded rather than included new generations of farmers. It has also limited access to niche markets for consumers. The guardians of supply management have done more harm than good by departing from the original social vocation of the system.

It became apparent that it was important to act now as discussions regarding supply management have for a long time been monopolized by two groups with opposing viewpoints. On one side are those who would like to put an end to supply management entirely (often the think tanks and the economists associated with a certain right wing economic vision) on the other side are those who would like to preserve the system as it is (those with quotas and producer associations). Neither group is listening to the other with the result that it has become difficult to have a healthy and constructive debate on the question. Incidentally, during the preparation of this document, several of the persons interviewed asked not to be identified because the subject has become too sensitive. Each of the parties prefers to have recourse to studies and promotion campaigns in order to sell their point of view. This standoff prolongs the status quo which is detrimental to producers and to Canadians in general.

The discussion proposed in this paper grew out of the unique structure of the Union Paysanne, founded in 2001, which brings together producers and citizens from all walks of life. In addition to the farmers who operate within the system of supply management, hundreds of individuals who had no place in it were thus able to have a voice. Opposing and complementary propositions were debated which enabled the development of new perspectives. The present discussion paper grew out of this debate. Our first objective was to prepare a short document which would be accessible and comprehensible to a general reader. We will begin by presenting the historical background of the system of supply management in order to review its founding principles and examine how it might be possible to reconnect with them.

A third path is urgently needed : a new way which will enable us both to protect supply management and to leave some room for the upcoming generations, for local and regional agriculture, for organic and for small-scale farmers. It is precisely for these groups that we intend to reappropriate the present and future of supply management of Canadian agricultural commodities.

 


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Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada

Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada

Document de réflexion de l’Union paysanne

Le document Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada propose des pistes de réflexion sur les enjeux reliés au système de gestion de l’offre au Canada et ses impacts sur les fermes, les paysans et la relève agricole.

Extrait (Introduction)


Depuis 10 ans, la gestion de l’offre des produits agricoles canadiens voit les critiques se multiplier à son égard. Que ce soit la valeur prohibitive des quotas, le manque d’espace pour les nouveaux agriculteurs ou encore les entraves au commerce, les flèches ne manquent pas.

Traiter de l’ensemble des récriminations envers la gestion de l’offre et de leurs possibles solutions dans un seul document charcuterait inévitablement le propos. Du fait de son gigantisme, de son importance, et aussi de ses différences entre les provinces, il importe de cibler des parties de la gestion de l’offre afin de mieux en traiter. C’est le choix que nous avons fait en ciblant une tangente qui traverse l’ensemble du Canada, c’est-à-dire une lente cartellisation de la gestion de l’offre.

Entrer en production dans ce secteur n’a jamais été aussi difficile, voire impossible en termes de survie économique. Comme les chiffres le démontreront plus loin, les quotas sont inaccessibles et bloquent l’entrée à ceux qui voudraient se lancer en production. De plus, certains mécanismes en place tendent plus à garder les portes fermées qu’à les ouvrir réellement et durablement à une relève agricole.

C’est cette lente cartellisation qui, selon nous, constitue le plus important facteur de risque pour l’avenir de ce système. Elle crée pratiquement plus d’exclus que d’inclus, autant au niveau de la relève agricole que des consommateurs dont les créneaux de marché ne sont pas desservis. Ainsi, les dépositaires de la gestion de l’offre se sont nui à eux-mêmes en s’éloignant de la vocation sociale de ce qui leur avait été confié.

Il nous est apparu d’autant plus important d’agir que les discussions sur la gestion de l’offre sont depuis très longtemps prises en otage par deux groupes aux visions opposées. D’un côté, ceux qui voudraient y mettre fin sans préserver quoi que ce soit (souvent des think tanks et des économistes associés à une droite économique), et de l’autre ceux qui souhaitent la préserver telle quelle (détenteurs de quotas et regroupements de producteurs agricoles).


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Lancement : Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada

GO-2-0-CouvertureLachute, mardi 2 décembre 2014 L’Union paysanne est fière de dévoiler aujourd’hui un document de réflexion et de proposition visant à rénover le système de gestion de l’offre canadien : « Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada ».

La trame de fond de ce document nous pousse à dire que la gestion de l’offre est en danger. À moins de bouger, nous assisterons dans les prochaines années à une fragilisation de ce système, dont la chute ouvrira toutes grandes les portes au libre marché dans l’agriculture, ce qui n’est ni à l’avantage de la population, ni des agriculteurs. La menace est double…

En premier lieu, la cartellisation de la gestion de l’offre par les offices de producteurs récolte jour après jour plus d’opposants en faisant plus d’exclus que d’inclus. Leur refus d’ouvrir le secteur et de le partager réellement avec une relève agricole renforce cette cartellisation. Rappelons que la gestion de ce système leur a été confiée et qu’elle constitue un privilège rare dans une société.

L’Union paysanne refuse de rester les bras croisés et d’assister à l’agonie d’un système qui, malgré des défauts, demeure une excellente façon de poursuivre un idéal de souveraineté alimentaire. En second lieu, le gouvernement fédéral qui, derrière les traités internationaux, quoi qu’il en dise, transforme petit à petit la gestion de l’offre en gruyère. On voudrait asphyxier la gestion de l’offre qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

L’Union paysanne refuse donc de rester les bras croisés et d’assister à l’agonie d’un système qui, malgré des défauts, demeure une excellente façon de poursuivre un idéal de souveraineté alimentaire.

Nous ne nous positionnons pas aujourd’hui en donneurs de leçon. Nous avons commencé par écouter, depuis plus de dix ans, les agriculteurs qui en vivent, ceux qui souhaiteraient en faire partie et finalement ceux qui voudraient avoir une place à côté. C’est de ces nombreux échanges, colloques et débats que ce document est issu. Il ne termine pas la discussion, il la commence. Il ne propose pas tout, mais cible des éléments porteurs, en particulier pour le Québec, qui apparaît comme la province la plus rigide en matière de gestion de l’offre.

Deux propositions nous apparaissent prioritaires: premièrement, qu’une commission nationale sur la gestion de l’offre soit organisée par le gouvernement fédéral afin de permettre à l’ensemble des Canadiens de s’exprimer sur le sujet. Après plus de 40 ans, il est temps de faire le point. Advenant l’absence de mouvement du fédéral, nous invitons les provinces à amorcer des discussions sur le sujet.

Il nous apparaît urgent de trouver une troisième voie, une nouvelle voie qui permettrait à la fois de protéger la gestion de l’offre et de donner de l’espace aux jeunes, aux régions, aux agriculteurs biologiques, à l’agriculture locale et aux paysans. Deuxièmement, la production hors quota doit être augmentée dans chaque production afin de donner de l’espace à la relève agricole, aux paysans, aux nouvelles productions et aux régions. Cette recommandation vaut particulièrement pour les provinces à la traîne des provinces de l’Ouest qui font un effort réel en ce sens. Le hors quota, qui concerne en fait l’ensemble de la population d’une province, ne doit plus être déterminé par les offices de producteurs, mais par le ministère responsable de l’Agriculture de chaque province.

Nous lançons donc aujourd’hui ce document,  mais c’est en fait le bâton de pèlerin que nous prenons. La gestion de l’offre est issue du Québec et a lentement gagné le reste du Canada. Nous espérerons qu’il pourrait en être pareil aujourd’hui. Le document sera d’ailleurs disponible sous peu en anglais et nous inviterons des partenaires du reste du Canada à emboîter le pas.

Finalement, nous attirons votre attention sur la qualité des intervenants qui ont lu le document et accepté de le préfacer: Jacques Proulx, ancien président de l’Union des producteurs agricoles et de Solidarité rurale, Jean Pronovost, qui a présidé la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec, Jean-Pierre Léger, président et chef de la direction Groupe St-Hubert, Jean Nobert ancien président de la Fédération des producteurs de lait et aujourd’hui avocat. Ces personnes amplifient le message lancé par l’Union paysanne : la gestion de l’offre doit se rénover.

Il nous apparaît urgent de trouver une troisième voie, une nouvelle voie qui permettrait à la fois de protéger la gestion de l’offre et de donner de l’espace aux jeunes, aux régions, aux agriculteurs biologiques, à l’agriculture locale et aux paysans. C’est donc sur ces points précis que nous nous sommes attardés.

Pour télécharger le document : unionpaysanne.com/gestion-de-l-offre-2-0

 


 

Pièce-jointe :

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

meule-gruyere

Traité de libre-échange Canada-Europe : Les fromagers artisans québécois sont inquiets

meule-gruyereLachute, vendredi 15 novembre. Le 18 octobre dernier, Stephen Harper signait un accord de principe avec l’Union Européenne. Il aura fallu beaucoup de temps avant d’en connaitre les détails en raison des différents autour de l’agriculture. Si l’accord est ratifié tel quel, ce seront 18,500 tonnes de fromage européen de plus, par année, dont 16,000 tonnes de fromage fin, qui seront exemptées de droits de douane et viendront concurrencer nos fromages.

Selon Jean Morin, fromager artisan de la fromagerie du Presbytère, «ceci aura un effet dévastateur pour les petites fromageries surtout québécoises puisque le Québec consomme 60% des fromages fins européens importés.» Daniel Gosselin, fromager artisan de la fromagerie Au Gré des Champs s’inquiète par ailleurs des effets à long terme de cet accord sur les fromagers artisans québécois :  «18 000 tonnes de fromage équivaut à la production annuelle de 300 fermes de 60 vaches. Moi j’ai 30 vaches en lactation et je lutte pour maintenir cette capacité de production.»

«Je crois que certaines fromageries artisanales éloignées des grands centres vont devoir fermer et qu’il faudra envisager un ralentissement de ce fleuron de notre agriculture» rajoute Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. Si l’accord prévoit l’ouverture complète aux produits laitiers canadiens sur les marchés européens, ce sont les industriels et les gros importateurs détenant les quotas d’importations qui en profiteront. Il est en réalité quasi impossible pour les artisans-fromagers d’ici d’aller sur les marchés européens.

Les producteurs européens bénéficient d’aide financière gouvernementale substantielle, ce qui n’est pas le cas au Québec. Également, les artisans-fromagers québécois doivent supporter des coûts de production plus élevés. Résultat : les fromages québécois sont plus chers que les fromages européens sur nos tablettes d’épiceries. Avec ce supplément d’outre Atlantique est-ce que les supermarchés continueront à proposer autant les fromages artisans d’ici?

Pour l’Union Paysanne, l’Accord de libre-échange avec l’Union Européenne menace la souveraineté alimentaire du Québec, du Canada et des pays de l’Union Européenne. Les producteurs européens sont grandement concernés par l’annonce d’augmentation drastique des contingents de porcs (6000 à 80 000 tonnes) et de bœufs (4000 à 50 000 tonnes) canadiens chez eux.

L’Union Paysanne ne fera pas dans l’angélisme, cet accord a toutes les chances d’être adopté. Il importe donc dès maintenant que le gouvernement du Québec prenne des mesures concrètes afin de développer une réelle souveraineté alimentaire. Pas uniquement dans les secteurs des fromages, mais dans l’ensemble de l’agriculture. Le ministre François Gendron et l’UPA ne peuvent à la fois parler de souveraineté alimentaire et encourager les exportations porcines. Il y a ici un double langage, car la souveraineté alimentaire n’est pas un menu en pièces détachées. Mettre en place une politique de souveraineté alimentaire, c’est également respecter celle des autres.

Finalement, l’Union paysanne appelle les acteurs de la gestion de l’offre, canadienne et québécoise, à se réinventer. Pendant que les petits joueurs seront frappés de plein fouet, les gros joueurs ne verront pas de changement. Nous plaidons depuis longtemps pour une modulation de la gestion de l’offre qui allègerait le fardeau des artisans soumis à ce secteur. Québec devra dans l’intervalle prévoir des scénarios et des mesures de soutien aux artisans-fromagers pour qu’ils puissent se faire valoir à armes égales.

 


 

Pièce-jointe :

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Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Daniel Gosselin, fromager-artisan
Administrateur
450-346-8732

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

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Sécurité alimentaire Canada est solidaire du mouvement Idle No More

À Sécurité alimentaire Canada, nous sommes fièrement solidaires de nos amis, parents, voisins et collègues de travail qui orchestrent le mouvement Idle No More et qui s’en inspirent, qu’ils proviennent de ce pays appelé Canada ou d’ailleurs dans le monde.

L’incidence excessivement élevée de la faim (qui peut atteindre jusqu’à 70 % dans le cas des enfants au Nunavut, pour ne citer qu’un exemple), les ravages causés par les maladies chroniques reliées à l’alimentation chez les peuples des Premières nations, métis et inuits, de même que la destruction des systèmes alimentaires autochtones traditionnels sont des faits extrêmement préoccupants aux yeux de notre organisation, Sécurité alimentaire Canada.

Nous transmettons notre gratitude et notre respect aux femmes qui forment le cœur, l’esprit et l’échine de ce puissant mouvement qui se démarque par le recours à la prière, la cérémonie, la chanson et la danse.

Nous appuyons et respectons les dirigeants autochtones. À la fois tristes et choqués, nous reconnaissons que celles et ceux qui mènent actuellement une grève de la faim s’inspirent des nombreuses générations de mères autochtones qui ont connu la faim pour assurer le bien de leurs enfants. Les peuples autochtones ont littéralement soif de justice.

L’insécurité alimentaire et les maladies que combattent quotidiennement les communautés autochtones sont les symptômes d’un profond et tragique problème dont sont directement responsables les politiques coloniales canadiennes d’assimilation forcée et d’appropriation des ressources. Priver les peuples autochtones de leurs modes de vie et de moyens de subsistance, saper leur droit de préserver leurs pratiques alimentaires traditionnelles telles que la chasse, la pêche et la cueillette, détruire les terres et contaminer les cours d’eau qui les ont nourris depuis des temps immémoriaux, pour enfin les blâmer pour la pauvreté et la maladie qui en résultent, voilà bien de tragiques atteintes aux droits fondamentaux, à la dignité et à la justice.

Nous appuyons le mouvement Idle No More et demandons au gouvernement du Canada de remédier à ses politiques passées et actuelles de colonisation, d’assimilation et de destruction. Nous lui demandons également de travailler avec chacune des nations autochtones afin d’instaurer un rapport convenable fondé sur le respect, la responsabilité et la reconnaissance complète du droit à l’autodétermination, et de s’y conformer. La réparation et le rétablissement de relations actuelles entre les peuples autochtones et le gouvernement canadien ainsi que le respect des ententes originales négociées de nation à nation constituent des étapes cruciales menant à la souveraineté et la sécurité alimentaires de tous.

 


 

Sécurité alimentaire Canada est un réseau pan-canadien constitué de membres qui s’est engagé à combattre la faim et à mettre sur pied des systèmes alimentaires sains, salubres et écologiques. Notre perspective sur la souveraineté alimentaire est décrite dans le document intitulé Du pain sur la planche: Une politique alimentaire populaire pour le Canada. La politique alimentaire populaire constitue un solide appui pour la souveraineté alimentaire autochtone.

Cette déclaration a été adoptée par le comité directeur de Sécurité alimentaire Canada le 9 janvier 2012.

 

Food Secure Canada – Sécurité Alimentaire Canada

info@foodsecurecanada.org
3720 avenue du Parc, suite 201
Montréal, QC H2X 2J1
Canada

L’initiative Bauta sur la sécurité semencière au Canada

En juillet 2012, une vingtaine de délégués – agriculteurs, chercheurs, producteurs de semences, ONG traitant d’alimentation et de semences (dont Sécurité alimentaire Canada) et associations d’agriculteurs – en provenance des quatre coins du pays se sont rencontrés à Ottawa afin de discuter de sécurité semencière au Canada.

L’objectif : évaluer les progrès accomplis et commenter les objectifs à long terme de l’initiative Bauta sur la sécurité semencière au Canada.

L’initiative Bauta, qui traverse actuellement son année pilote, est menée de manière collaborative par USC Canada – une organisation qui soutient les familles d’agriculteurs à l’étranger depuis des dizaines d’années – et Semences du patrimoine Canada – une organisation qui vise avec le même engagement à conserver la biodiversité des semences au pays. Son but consiste à mettre les semences à l’avant-plan dans les discussions et les actions afin de promouvoir la sécurité alimentaire, la résilience climatique et le bien-être des communautés.

Pourquoi accorder tant d’importance aux semences?

Les semences constituent actuellement l’origine de 90 % des aliments consommés mondialement [1]. Le mouvement alimentaire canadien est en expansion, mais pour la majeure partie des Canadiens, le lien entre la sécurité alimentaire et la sécurité semencière reste encore à faire. Ils seraient ainsi surpris d’apprendre que la plupart des produits locaux se retrouvant sur les rayons des épiceries et même dans les marchés paysans sont obtenus à partir de semences provenant des États-Unis, de l’Europe, ou de plus loin encore.

Comme le savent les membres de Sécurité alimentaire Canada, notre pays préconise un type d’agriculture qui requiert de grandes quantités d’intrants et dont la production est essentiellement destinée à l’exportation. Dans ce contexte, la majeure partie des recherches se concentrent sur la mise au point de « variétés améliorées » de semences. La majorité de celles-ci sont importées, s’adaptent difficilement aux conditions locales et ne peuvent être conservées en vue d’être ressemées l’année suivante. Chaque printemps, les agriculteurs doivent se tourner vers les entreprises semencières pour se procurer les différents intrants coûteux dont ils dépendent : semences, fertilisants, pesticides, herbicides et insecticides. Il n’est ainsi pas surprenant de constater que le nombre de fermes familiales a décliné au Canada et que les dettes de celles-ci atteignent des sommets records [2]. Les agriculteurs biologiques sont encore plus désavantagés parce que la grande majorité des semences disponibles sur le marché sont préparées pour répondre aux normes de l’agriculture ordinaire. De plus, pratiquer l’agriculture sans employer d’intrants chimiques se traduit souvent par une réduction de la productivité et du rendement.

La question de la biodiversité demeure tout aussi importante. Notre planète a perdu 75 % de sa diversité génétique végétale, et 75 % de nos aliments sont dérivés d’à peine douze espèces végétales et cinq espèces animales [3]. Cela signifie que le bagage génétique des aliments actuels est extrêmement ténu, se limitant seulement à quelques variétés de chaque culture, par opposition aux milliers de variétés qui étaient encore disponibles à l’aube du 20e siècle. De cette réduction de la diversité génétique découle une réduction de la résilience aux événements climatiques ainsi qu’aux différentes espèces nuisibles et maladies. Cela signifie également que les agriculteurs ont à leur disposition moins de matériel brut à partir duquel effectuer une sélection des variétés les mieux adaptées aux conditions de leur milieu de production.

Bien que toutes ces préoccupations soient bien documentées, les efforts mis de l’avant pour mettre sur pied des options de rechange plus durables le sont moins. Le Canada regorge de personnes et d’organisations inventives qui ont joué un rôle de pionnier dans la production et la conservation de semences locales en investissant bénévolement d’innombrables heures à sélectionner et à reproduire des plantes à la ferme, à prendre part à des foires ou à des échanges de semences, et à s’investir au sein de réseaux régionaux visant la promotion des semences locales.

L’initiative Bauta sur la sécurité semencière au Canada cherche à soutenir et à mettre en contact les principaux acteurs de la production et de la distribution de semences écologiques au Canada. Les besoins à combler sont les suivants : accroître l’accès public aux semences; organiser des formations sur la conservation des semences pour les agriculteurs et les jardiniers; entreprendre des activités de recherche à la ferme visant à créer des variétés adaptées aux conditions régionales et aux modalités de l’agriculture biologique; et assurer les ressources nécessaires pour les infrastructures à petite échelle.

Depuis le début de 2012, l’équipe du projet travaille à la conception de matériel didactique et à l’établissement d’un service de soutien-conseil en ligne sur les semences, en plus d’effectuer des visites sur le terrain à travers tout le pays afin de déterminer l’état de la sécurité semencière au Canada et de dénicher les acteurs nécessaires au renforcement du projet.

Il est souhaité que cette année pilote débouchera sur la réalisation de projets concrets dans les champs des agriculteurs et qu’elle permettra d’accorder plus d’importance aux semences au sein du mouvement alimentaire canadien dans les années à venir.


 

Pour plus d’information, visitez le http://usc-canada.org/ et le http://www.seeds.ca/fr.php

Source : Jane Rabinowicz, http://foodsecurecanada.org/fr/blog/l-initiative-bauta-sur-la-securite-semenciere-au-canada

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Dialogue entre le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation et la société civile québécoise

Le lendemain de l’arrivée au Canada du Rapporteur Spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, une première journée de consultation publique s’est tenu hier à Montréal.

 

13 organisations de la société civile ont eu l’opportunité de partager leurs perspectives et leurs recommandations politiques en termes de droit à l’alimentation au Québec et au Canada avec le Rapporteur spécial. L’un après l’autre, les participants ont discuté de leur travail construisant des initiatives communautaires, contre la pauvreté et la faim, démontrant que notre système alimentaire acutel laisse trop de gens souffrir de faim et trop d’agriculteurs et de pêcheurs vulnérables aux forces du marchés qu’ils ne contrôlent pas. L’importance de créer des partenariats intersectoriels et d’analyser la situation du droit à l’alimentation de façon interdisciplinaire a donc également été discuté.

Premier pays « développé » à être visité dans le cadre de cette mission internationale, le Canada est pour l’instant le seul pays de l’OCDE à avoir adressé une invitation au Rapporteur spécial de Nations unies. Monsieur de Schutter a alors promis d’accorder une attention particulière aux enjeux spécifiques liés à l’alimentation au Canada, la pauvreté et les déserts alimentaires engendrant l’insécurité alimentaire par exemple, mais également la problématique lié à la crise actuelle de l’obésité et de ces impacts sur la santé publique. Il s’est en effet dit scandalisé qu’environ 2 millions de personnes vivent encore une situation d’insécurité alimentaire dans un pays économiquement riche comme le Canada. Il a également souligné l’importance de l’implication continue de la société civile sur cette question, invitant les participants à utiliser les rapports qui émergeront de sa mission au Canada à leur plein potentiel. Finalement, le Rapporteur spécial a expliqué que la réalisation du droit à l’alimentation nécessite l’adoption, par le pays, d’une politique alimentaire nationale, tel que mentionné dans l’Observation générale 12 du Comité sur les droits économiques, sociaux et culturelles des Nations Unies.

 

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Plusieurs éléments clés sont ressortis des discussions. Des représentants d’organisations ont notamment mentionné que le droit à l’alimentation ne peut être protégé indépendamment de la protection du droit à l’éducation, du droit au travail, du droit au logement, des droits fonciers autochtones, pour ne mentionner que ceux-ci. Des membres du Collectif pour un Québec sans pauvreté ont évoqué l’insuffisance du Régime québécois de sécurité sociale, forçant les gens à faible revenu à trancher entre un régime alimentaire sain et leurs autres besoins fondamentaux. La militante autochtone Ellen Gabriel a présenté la lutte des communautés autochtones dans la protection de leurs terres, de leur mode de vie, de leur santé physique et de leur survie culturelle. Jean-Paul Faniel de la Table de concertation sur la faim et le développement social a quant à lui souligné la nécessité d’une intervention gouvernementale garantissant à la fois l’approvisionnement à bas prix par les consommateurs d’un panier d’aliments de bases, mais également d’un revenu adéquat pour les petits producteurs locaux. Marie-Paule Duquette du Dispensaire diététique de Montréal, a en outre souligné que le droit à l’alimentation de plusieurs citoyens québécois était compromis par le prix élevé des logements locatifs et en appel à une augmentation générale du salaire minimum indexée à l’augmentation du coût de la vie.

La relocalisation des systèmes alimentaires et le rapprochement entre consommateurs et producteurs sont des enjeux qui ont également été abordés par plusieurs organisations. Des membres de Santropol Roulant, Greenpeace et Équiterre ont plaidé en faveur d’une communauté rurale dynamique et d’un approvisionnement en produits frais et locaux. Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles, a souligné le dévouement de son organisation dans la mise en œuvre d’un système agro-alimentaire écologiquement responsable mais a souligné les nombreux défis auxquels font face les agriculteurs dans ce contexte de mondialisation économique où la compétition internationale est extrêmement forte. Union paysanne a finalement partagé une vision très critique du faible niveau d’appui financier, par le gouvernement, aux productions agricoles biologiques comparativement à d’autres secteurs agricoles hautement financés.

Tous les présentateurs se sont entendus quant à la nécessité d’instituer un changement de priorité au niveau provincial et fédéral, afin de contribuer à la réalisation d’une politique nationale alimentaire qui soit inclusive, holistique et coordonnées. Ils ont également invités les deux paliers de gouvernements à considérer l’alimentation, non comme une simple marchandise, mais comme un bien essentiel, et ont exigés que soit remplie leur responsabilité de protection du droit à l’alimentation pour tous les citoyens canadiens. Sécurité alimentaire Canada plaide pour une politique alimentaire nationale basée sur la Politique alimentaire populaire. Tous les documents et présentations de la consultation montréalaise seront disponibles sous peu sur le site du REDTAC. Monsieur de Schutter visitera dans les prochains jours Ottawa, Toronto et Winnipeg et présentera son rapport sur le droit à l’alimentation au Canada au Conseil des Nations Unies sur les droits humains en mars 2013.

 


 

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