Articles

Photo d'un paysan cubain.

Formation et rencontre internationale d’Agroécologie à Cuba en novembre 2015

 

Aux membres et ami(e)s de l’Union Paysanne,

Voici une invitation à participer à une série d’événements en agroécologie organisée par l’Asociación Nacional de Agricultores Pequeños (ANAP-Vía Campesina, Association nationale des petits agriculteurs) de Cuba et La Via Campesina :

  • 15 au 20 Novembre 2015 : 1 er Atelier sur l’agriculture familiale paysanne et autochtone donnée par l’ANAP.
  • 22 au 27 Novembre 2015 : 5e Rencontre internationale sur l’agroécologie, l’agriculture durable et le coopérativisme.
  • 30 Novembre au 4 décembre 2015 : Formation sur la méthode d’enseignement « Paysan-à-Paysan » donnée par La Via Campesina

 

Ci-dessous, vous trouverez plus de détails sur le contenu de cette invitation.

Toute personne intéressée à faire partie de la délégation de l’Union Paysanne, à l’un ou l’autre de ces 3 événements, est invitée à nous écrire par courriel le plus tôt possible, afin que nous puissions former le groupe et planifier une rencontre préparatoire dans les semaines à venir.

 

Colette Lavergne
Membre du Comité international et du Comité de coordination de l’Union paysanne
Vice-présidente du Centre paysan

 

Photo d'un paysan cubain.

 


 

Sur la méthode de paysan à paysan

La méthode de « Paysan à Paysan » (PàP) est la méthode la plus fructueuse de promotion et de partage d’innovations paysannes et d’apprentissage horizontal. Alors que les paysans innovent et partagent depuis des temps immémoriaux, la version la plus actualisée et formalisée a été développée au Guatemala et diffusée dans l’ensemble de la Méso – Amérique au début des années 1970.

PàP est une méthodologie de communication horizontale fr eiréenne (du pédagogue Paulo Freire), ou méthodologie de transformation sociale, basée sur les paysans promoteurs qui ont développé des solutions novatrices à des problèmes communs à un grand nombre d’agriculteurs, ou ont récupéré / redécouvert des solutions traditionnelles anciennes, et qui appliquent des méthodes d’éducation populaire pour partager avec leurs pairs en utilisant leurs propres parcelles comme salles de classe.

Un élément fondamental de la méthode PàP est que les paysans et paysannes ont beaucoup plus de chances de croire et d’imiter leurs camarades paysans qui utilisent avec succès une technique donnée sur leur propre ferme qu’un agronome souvent d’origine urbaine qui leur présente oralement une innovation. Il est de loin préférable qu’ils et elles puissent visiter les parcelles de leurs pairs pour voir de leurs propres yeux les solutions mises en pratique.

Comme le disent si bien les paysans et paysannes cubains : « lorsque le paysan voit, il croit. », La PàP est une méthode participa tive, basée sur la culture, les conditions et les besoins locaux des gens qui libère les connaissances, l’enthousiasme et la participation pour découvrir, reconnaître et socialiser les riches connaissances sur l’agriculture paysanne et communautaire liées à des conditions et identités historiques spécifiques de manière à ce qu’ils puissent en tirer profit.

 


 

 

devanture-cuba m

Invitation : Formation et rencontre internationale d’Agroécologie à Cuba – Novembre 2015

Aux membres et ami(e)s de l’Union paysanne et du Centre paysan, voici une invitation à participer à une série d’événements en agroécologie organisée, depuis plusieurs années, par l’Asociación Nacional de Agricultores Pequeños (ANAP- Association nationale des petits agriculteurs) de Cuba et La Vía Campesina :

 

devanture cuba

 

  • 15 au 20 Novembre  2015 : formation sur l’agriculture familiale paysanne et autochtone donnée par la ANAP.
  • 22 au 27 Novembre 2015 : 5e rencontre internationale sur l’agroécologie, l’agriculture durable et le coopérativisme.
  • 28 Novembre au 2 Décembre 2015 : formation sur la méthode d’enseignement « Paysan à Paysan » donnée par La Vía Campesina.

 

L’Union paysanne, l’ANAP et La Via Campesina

Pour la première fois il y a 2 ans, une délégation de 7 personnes de l’Union paysanne participa avec succès à cet événement international de 3 semaines sous l’égide de la ANAP et de la Vía Campesina. À cette occasion, les participants de l’Union paysanne ont eu l’opportunité de rencontrer, de fraterniser et d’échanger leurs savoir-faire et leurs connaissances avec des paysans et citoyens de partout au monde, grâce à ce lien privilégié avec La Vía Campesina.

Comme cette expérience fut des plus enrichissantes et positives, l’Union Paysanne et le Centre paysan encouragent leurs membres paysans et paysannes, citoyens et citoyennes, étudiants et étudiantes, amis et amies à prendre part à cet événement unique pour tous ceux et celles qui souhaitent en apprendre davantage sur les aspects autant techniques, politiques, économiques, sociaux et culturels de l’agriculture paysanne agroécologique.

 

Cuba : une grande expertise en agroécologie

Cuba est une école à ciel ouvert qui a une grande expertise en agroécologie. L’agroécologie est une démarche scientifique alliant l’agriculture à la protection et la régénération de l’environnement. Elle se fonde sur une méthodologie horizontale particulière de paysan-à-paysan.

 

Intéressé(e) à faire partie du voyage?

Toutes les personnes intéressées à faire partie de la délégation de l’Union Paysanne – Centre paysan, à l’un ou l’autre de ces événements, sont invitées à nous écrire à l’adresse centrepaysan@gmail.com. Il nous fera plaisir de répondre à leurs questions et, plus tard au cours du mois d’août, nous les tiendrons au courant de toutes informations complémentaires : programmes plus détaillés, coûts, modalités d’inscription, réunion préparatoire, etc.

Si vous ou votre entreprise souhaite soutenir l’envoi de jeunes de la relève, de femmes et de représentants de régions éloignées à cette formation, n’hésitez-pas à communiquer avec nous!

 

Colette Lavergne
1ère Secrétaire générale, Union paysanne
Membre du Comité international de l’Union paysanne
Membre du Centre paysan
centrepaysan@gmail.com
Tél : 514 728-7222, poste 104
Cell : 514-923-7222

 

Pour en savoir davantage :

 

Agroécologie : la voie paysanne

Du 11 au 13 juin 2015, des délégués paysans d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques se sont réunis à Cantabria, dans une magnifique région montagneuse du nord de l’Espagne, pour une première réunion de travail du réseau des écoles d’agroécologie du mouvement paysan international La Via Campesina.

 

Lors de la rencontre, chaque délégué a présenté les écoles d’agroécologie de sa région en décrivant notamment le type de cours offerts, la philosophie et les méthodes pédagogiques privilégiées, les résultats accomplis et les défis. Les faiblesses, menaces, forces et opportunités de l’agroécologie ont également été discutées. Le principal résultat de la rencontre est un accord autour de la proposition de créer un groupe de travail « écoles d’agroécologie et articulation des processus de formation » au sein du collectif international d’agroécologie et semences paysannes de La Via Campesina. Chaque région désignerait une personne qui participera à ce nouveau groupe de travail. Cette proposition sera acheminée au Conseil de Coordination International (CCI) de La Via Campesina par les deux membres de la CCI qui participent au collectif international d’agroécologie et semences paysannes.

 

Aux quatre coins du monde, les écoles d’agroécologie initiées par des organisations membres de LVC misent sur la formation politique et technique, la méthodologie de paysan-à-paysan ainsi que la revalorisation de la paysannerie et son savoir-faire pour transformer le modèle agricole dominant. En tant que membre de La Via Campesina (LVC), qui signifie en espagnol « La voie paysanne », l’Union paysanne soutient l’intégration du Centre paysan au réseau des écoles d’agroécologie. Le Centre paysan vient d’annoncer sa première offre de formations depuis sa remise sur pied en mai 2014 sous forme de coopérative de solidarité. En tant que membre de l’Union paysanne et du Centre paysan, j’ai eu l’opportunité de représenter les deux organisations à la réunion, de présenter le travail du Centre paysan et de partager notre enthousiasme à l’idée de rejoindre ce réseau qui ne cesse de grandir. J’ai également présenté les projets d’agroécologie inspirants que mènent actuellement des organisations membres de LVC aux États-Unis.

 

Aux quatre coins du monde, les écoles d’agroécologie initiées par des organisations membres de LVC misent sur la formation politique et technique, la méthodologie de paysan-à-paysan ainsi que la revalorisation de la paysannerie et son savoir-faire pour transformer le modèle agricole dominant. Le but de LVC et de ses écoles est véritablement de soutenir l’émergence et le maintien des fermes paysannes et agroécologiques afin que leur contribution à nourrir la population mondiale et à préserver les ressources comme la terre, les semences, l’eau et la diversité biologique soit reconnue comme essentielle et donc soutenue adéquatement par des politiques publiques en vue de réaliser la souveraineté alimentaire. Bref, ces écoles sont en quelque sorte le bras éducationnel d’organisations paysannes travaillant au niveau politique et populaire à l’obtention du cadre (législatif, politico-économique, social, culturel) le plus favorable au maintien et à l’essor de la paysannerie.

 

À l’époque, tout syndicat agricole avait ses « agitateurs » qui parcouraient les villages, convoquaient et animaient des assemblées publiques pour créer une masse critique influente autour d’enjeux affectant les agriculteurs et leurs familles. Aujourd’hui, les syndicats agricoles canadiens démontrent une excellente analyse des politiques publiques, et si leur influence, c’est-à-dire leur capacité et efficacité de lobby, auprès des dirigeants politiques varie d’organisation en organisation, la tendance généralisée est à la baisse du nombre d’agriculteurs et donc au rétrécissement de la base des organisations agricoles.

 

En revalorisant la paysannerie et le partage horizontal de savoirs-faire traditionnels et innovants, l’agroécologie paysanne construit un mouvement exponentiel et organisé de paysans-formateurs. Mais avec la vague de « repaysannisationi » qui déferle à l’échelle mondiale depuis quelques années, où de plus en plus de jeunes et nouveaux agriculteurs reviennent à la terre en quête d’autonomie, la base potentielle s’élargit de nouveau. Cependant, si la culture politique et organisationnelle n’est pas transmise, elle se perd dans le vide intergénérationnel creusé entre des agriculteurs majoritairement âgés d’une cinquantaine d’année et des « néo-agriculteurs » qui ont en moyenne 38 ans et n’ont pas grandi sur une ferme (68%)ii. L’enseignement de l’agroécologie paysanne telle que portée par les organisations et écoles de LVC fait une place centrale à la mémoire, l’histoire, les leçons et la culture des luttes menées, gagnées ou perdues, des politiques et de leurs impacts, des pédagogies de sensibilisation et de conscientisation populaires, de l’organisation du travail coopératif, communautaire et syndical.

 

Aux côtés des formations axées uniquement sur les connaissances techniques, la spécificité des écoles d’agroécologie de LVC est donc notamment d’offrir un volet de formation politique visant à former des acteurs de changement dans la société, et plus spécifiquement des leaders et organisateurs rassembleurs dans leurs communautés et leurs organisations paysannes. Ce processus de transformation social est fondé sur la méthodologie de paysan-à-paysan qui rompt complètement avec les modèles imposant des savoirs de l’extérieur et/ou d’en-haut aux individus, par la professionnalisation des formateurs et/ou la hiérarchie des savoirs. En revalorisant la paysannerie et le partage horizontal de savoirs-faire traditionnels et innovants, l’agroécologie paysanne construit un mouvement exponentiel et organisé de paysans-formateurs.

 

Le modèle d’agroécologie développé par l’organisation paysanne cubaine ANAP a fait ses preuves et continue d’inspirer les nouvelles écoles du réseau des écoles d’agroécologie de LVC. En 2013, l’Union paysanne a envoyé 7 délégués à la rencontre internationale d’agroécologie bi-annuelle de l’ANAP, suivie d’une formation de La Via Campesina sur la méthodologie de paysan-à-paysan. Le comité international de l’Union paysanne s’apprête, en collaboration avec le Centre paysan, à y envoyer une nouvelle délégation cet automne et nous espérons avoir des représentants de toutes les régions du Québec. Restez à l’affût!

 

En savoir plus

 

Références

i : Lecture sur le sujet:  Van der Ploeg Jan Douwe (2014). Les Paysans du XXIe siècle: Mouvements de repaysannisation dans l’Europe d’aujourd’hui. ECLM,  214 pages.

ii : Ces chiffres sont le résultat d’un sondage effectué par la Coalition pancanadienne pour les nouveaux fermiers et les nouvelles fermières qui fut circulé aux membres de l’Union paysanne et à laquelle l’aile jeunesse de l’Union paysanne participe. Pour en savoir plus sur leur démarche : nfu.ca/blog/new-farmer-coalition-survey

 

SW photo spain

par Stéphanie Wang
Membre du Comité international de l’Union paysanne
Membre du Conseil d’administration du Centre paysan

 

devanture cuba

Rapport de la délégation de l’Union paysanne lors d’une formation en agroécologie et Congrès international à Cuba

Novembre 2013

Rapport de voyage de la délégation de l’Union paysanne pour formation en agroécologie et 4e Congrès international d’agroécologie, d’agriculture durable et de coopérativisme organisés par l’ANAP (Association Nationale des petits agriculteurs et agricultrices) à Cuba.

Raymond Robitaille, Ketsia Johns, Ghislain Jutras, Cécile Famhérée, et Claude Lussier, tous membres de l’Union paysanne, ont participé du 10 au 15 novembre 2013 à la formation en agroécologie de l’ANAP, Asociación nacional de agricultores pequeños (Association nationale de petits agriculteurs).  Après la formation, Caroline Laurin et Bruno Verrier se sont joints à la délégation pour participer au 4e Congrès international d’agroécologie, d’agriculture durable et de coopérativisme du 17 au 23 novembre.  S’y trouvaient quelques centaines de personnes provenant de Cuba et d’une vingtaine de pays des Amériques, d’Afrique et de l’Europe.

Nous avons été très impressionné-e-s de l’ampleur du mouvement agroécologique à Cuba. Aucun pays des Amériques, et probablement dans le monde, n’est aussi avancé. La croissance de l’agroécologie est exponentielle. Nous avons l’impression que le pays pourrait être le premier au monde à devenir entièrement agroécologique, ce qui en fait un ambassadeur de ce mouvement.

Quelques dates importantes pour une petite mise en contexte :

  • Avant 1959 occupations des terres par les latifundia pour la production de tabac, de canne à sucre et élevage bovin. 9,4 % des propriétaires possèdent 73 % des terres, 90 % des propriétaires possèdent 26 % des surfaces cultivées, 85 % d’entre eux en louage ou métayage, donc très précaires. 25 % aux mains de capitaux étrangers.
  • 1959, triomphe de la révolution cubaine. Réforme agraire dès le 17 mai, 4 mois après la victoire. Fin du latifundium.
  • 1959-1965, diversification (riz, maïs, haricots, pommes de terre, tomates, volaille, œufs, porc) et effort pour autosuffisance alimentaire. 1,2 million d’hectares mis à disposition de 100 000 familles paysannes. 40 % des terres nationalisées et exploitées par 400 000 travailleurs. Mise en place du blocus américain.
  • Années 60, petits producteurs devenus propriétaires de leur terre grâce à la réforme agraire, création des premières coopératives de crédit et services (CCS, les paysans restent propriétaires de leur ferme, mise en commun des achats et mise en marché) et des coopératives de production agricole (CPA, mise en commun des terres).
  • 17 mai 1961, jour du 2e anniversaire de la réforme agraire, fondation de l’ANAP.
  • Années 70 et 80, Révolution verte. Introduction massive de tracteurs, moissonneuses, engrais chimiques, pesticides, irrigation à grande échelle, semences hybrides et intérêt renouvelé pour les grandes monocultures. Appui du bloc soviétique pour intrants, machinerie, 85 % de la commercialisation.
  • Milieux des années 80 déclin de rendement dû à la dégradation des sols et de l’environnement en général, dévastation de cannes à sucre à cause de la rouille de la canne à sucre, moisi bleu du tabac, etc.
  • 1989-1990, chute du l’URSS
  • 1991, décret de la « Période spéciale en temps de paix. » Décentralisation de la production, recherche de nouvelles formes d’organisation et de stimulation de la force de travail dans les coopératives (CCS et CPA), distribution d’autres terres, augmentation du soutien à la commercialisation, l’ANAP adopte de nouvelles lignes de travail et se tourne vers l’Agroécologie, seule façon de sortir de l’impasse à cause du manque d’intrants, de machineries, de ressources énergétiques.
  • 1997, début de la mise en place du concept d’échange et de formation « de campesino a campesino » (paysan à paysan).
  • 2002, mise en place de Campesion a campesino dans les toutes les provinces de Cuba.

Lors de notre formation, des visites de ferme et des conférences, nous nous sommes rendu compte que Cuba est très avancé dans la production agroécologique. Les pratiques mises en places durant les premières années, soit de 1997 à 2000, sont les suivantes :

  • Substitution des intrants chimiques
  • Diagnostic de ferme
  • Intégration agriculture-élevage bovin
  • Polycultures
  • Plantes médicinales
  • Début des pépinières
  • Agriculture urbaine biologique

Le mouvement « Campesino a campesino » a permis de faire avancer les choses très rapidement. C’est un système d’échange et de formation horizontal où le paysan devient l’expert qui donne les formations en montrant ce qu’il a réalisé et ce qui a bien fonctionné, donnant ainsi l’exemple. Les principes de ce concept sont les suivants :

  • Commencer doucement et à petits pas
  • Limiter l’introduction de technologies, les maîtriser une par une pour obtenir des résultats rapides et visibles de manière à donner le goût d‘essayer les techniques enseignées
  • Expérimenter à petite échelle
  • Créer un effet multiplicateur

Les instruments utilisés sont :

  • La ferme comme élément de base
  • Les témoignages de ceux qui ont déjà essayé et obtenu des résultats
  • Les démonstrations didactiques
  • Présentation de produits, semences, matériels, innovations
  • Dynamique d’animation
  • Poésie et chansons
  • Sociodrames

De 2000 à 2003, les pratiques suivantes se sont ajoutées :

  • Engrais verts
  • Semis en courbes de niveau
  • Culture en terrasses
  • Réduction des intrants biologiques extérieurs à la ferme
  • Augmentation de la biodiversité
  • Introduction d’arbres fruitiers
  • Diversification des zones de cannes à sucre
  • Essor de l’arbre de neem comme insecticide
  • Augmentation de source d’énergies alternatives

Les fermes sont classées en 3 catégories selon leur avancement en agroécologie et selon le nombre de pratiques mises en place avec succès. Des études ont montré que plus les fermes intègrent les pratiques plus elles sont rentables et plus elles se remettent vite des ouragans et aléas climatiques.

Depuis 2003 les pratiques suivantes se sont ajoutées :

  • Lombriculture
  • Conservation des semences, préservation des variétés et espèces indigènes
  • Amélioration paysanne et participative des espèces et des variétés de plantes
  • Introduction de nouvelles cultures
  • Brise-vent
  • Culture et emploi de mycorhizes et autres organismes bénéfiques
  • Élevage et emploi d’insectes bénéfiques

Il est étonnant de voir que le lombricompost est très répandu, en fait la grande majorité des fermes ont adopté cette pratique. La traction animale est vue ici comme une manière moderne de faire de l’agriculture. En effet cette utilisation, en plus de ne pas dépendre de l’énergie fossile, permet de ne pas compacter les sols.

Les paysans sont très fiers de leurs avancés et ils veulent pousser le concept aussi loin qu’ils le peuvent, dans chacune des fermes où nous sommes allés.

Les deux principales clés du succès de cette transformation radicale et rapide de l’agriculture à Cuba sont la volonté  politique de la Révolution cubaine et l’emploi de la méthodologie « campesino a campesino », aussi appuyé par l’État.

Par nécessité de ne pas laisser mourir le peuple cubain de faim, la Révolution a d’abord fait une réforme agraire en profondeur, laissant accès à la terre. Il a aussi mis en place plusieurs programmes dont :

  • Programme national de production de moyens biologiques
  • Programme national de traction animale
  • Programme national de production de matière organique
  • Mouvement forum des sciences et techniques
  • Programme culture populaire de riz
  • Programme national d’agriculture urbaine
  • Programme national d’amélioration et de conservation des sols
  • Programme national de lutte contre la désertification et la sécheresse
  • Programme forestier national
  • Politique environnementale

Les ministères et institutions suivantes travaillent tous main dans la main pour faire avancer l’agroécologie à Cuba :

  • Ministère de l’Agriculture
  • Direction des sols
  • Direction de la santé végétale
  • Ministère du sucre
  • Ministère de la Science, de la Technologie et de l’Environnement
  • Association cubaine des techniciens forestiers
  • Association cubaine de production animale
  • Les universités
  • Les médias, télévision, radio et journaux
  • Fondation de la nature et de l’Homme « Antonio Nuñez Jiménez »
  • Mouvement d’agriculture urbaine
  • Les centres de recherche
  • École nationale d’agroécologie « Niceto Perez », où la formation et le congrès international ont eux lieu.

Comme vous voyez, tout est mis en place pour faire avancer le concept de l’agroécologie à Cuba de façon très efficace. C’est pourquoi déjà le 1/3 des fermes de Cuba sont agroécologiques à différents niveaux. Ce sont plus de 100 000 familles qui sont dans ce processus. Ici les fermiers sont parmi ceux qui gagnent les meilleurs salaires. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Ils sont un exemple de ce qu’on peut faire avec peu de moyens, un blocus économique qui ralentit et occasionne des problèmes, avec des succès impressionnants. Nous devrons donc, si nous voulons avancer plus vite dans le sens de l’agroécologie, faire des représentations politiques pour faire changer les lois et règlements et mettre à contribution toutes les institutions publiques concernées. Il serait bon aussi de mettre en place la méthodologie « paysan à paysan » afin de transmettre les techniques, entre agriculteurs, et aussi aux personnes qui voudraient entrer dans la danse.

Des liens ont été tissés avec les paysans cubains, avec l’ANAP et avec l’école nationale d’agroécologie Niceto Perez et la solidarité entre l’Union paysanne du Québec peut donner des résultats intéressants pour le futur.

 

Ce voyage et cette formation ont été rendus possibles et agréables grâce à:

•L’Union paysanne du Québec qui a remis 2 bourses de $250 aux deux délégués, Claude Lussier et Caroline Laurin
•Les Jardins de la Grelinette par une bourse de 200$ remise à Ketsia Johns en tant que relève agricole
•Stéphanie Wang et tout le comité international de l’Union paysanne
•Aro CoopérAction InterNational, Colette, Lourdes et Juan Carlos pour le soutien considérable à la préparation, l’encadrement de la délégation et à l’interprétation
•La Via Campesina
•La ANAP (Association Nationale des petits agriculteurs cubains)
•L’école Niceto Perez de l’ANAP, sa direction et son personnel
•Les participantes et participants au cours, grâce à qui il y a eu beaucoup de belles interactions

 

Télécharger le rapport au format PDF.

 

2013-07-24-agroe s

Invitation : Formation et rencontre internationale d’Agroécologie à Cuba

Aux membres et ami(e)s de l’Union Paysanne,

Voici une invitation à participer à une série d’événements en agroécologie organisée par l’Asociación Nacional de Agricultores Pequeños (ANAP-Vía Campesina, Association nationale des petits agriculteurs) de Cuba et La Via Campesina :

 

 

  • 10-16 Novembre : formation sur l’agroécologie à Cuba donnée par l’ANAP
  • 17-24 Novembre : 4e rencontre internationale d’agroécologie
  • 24-29 Novembre : formation sur la méthode de paysan-à-paysan donnée par La Via Campesina

Dans le passé, cette rencontre a été un espace important de formation pour les camarades d’autres pays. C’est également une tradition pour la Commission d’agriculture paysanne durable de LVC d’organiser une délégation internationale à cet événement de LVC.

L’Union Paysanne encourage ses membres paysans et paysannes, citoyens et citoyennes, étudiants et étudiantes, amis et amies de l’Union Paysanne à prendre part à cet événement unique pour tous ceux et celles qui souhaitent en apprendre davantage sur les aspects autant techniques, politiques, économiques, sociaux et culturels de l’agriculture paysanne agroécologique.

Cuba, un pays éloigné, oui mais qui a une grande expertise en agroécologie. L’agroécologie est une démarche scientifique alliant l’agriculture à la protection et la régénération de l’environnement.

Cuba est une école à ciel ouvert. Voici quelques exemples de ce que nous pouvons y apprendre :

  • Arrosage sélectif
  • Cultures en nid
  • Combinaisons de plantes (cultures mixtes)
  • Barrières biologiques
  • Engrais, pesticides et insecticides biologiques (plantes, insectes)
  • Système des coopératives très bien ancré
  • Système d’entraide « paysan-à-paysan » (partage des savoirs entre diverses personnes pratiquant une agriculture écologique)

Toute personne intéressée à faire partie de la délégation de l’Union Paysanne à un ou l’autre de ces événements est invité à nous écrire par courriel au plus tard le 12 septembre à minuit, car un soutien financier pourrait être disponible, particulièrement pour les membres de 35 ans et moins.

 

devanture-cuba m

 


 

Une bourse de l’Union paysanne pour un voyage de représentation à Cuba!

Pour encourager la participation de ses membres paysans et paysannes, une bourse de 500$ sera octroyée à un/une membre qui agira à titre de délégué officiel :

Tous les détails sur les bourses ici.

 


 

 

Le Comité International de l’Union Paysanne

international@unionpaysanne.com

 

2013-07-24-agroe s

Page couverture d’une publication à propos du mouvement de Campesino à Campesino de l’ANAP à Cuba.