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Agroecologie Victoriaville -

Au retour de Cuba, les délégués de l’Union Paysanne partagent leur expérience avec des étudiants

Agroecologie victo-1Le 24 février dernier, deux membres qui ont fait partie de la délégation de l’Union paysanne à la 4e rencontre internationale d’agroécologie à Cuba, ont fait une présentation de deux heures devant un groupe d’étudiant-e-s en agriculture biologique au Cégep de Victoriaville.

Caroline Laurin de La ferme aux légumes d’hiverts et Raymond Robitaille, traducteur et interprète allié de longue date de La Via Campesina, ont partagé leurs apprentissages sur l’expérience unique de Cuba avec l’agroécologie.

Raymond a débuté en expliquant le contexte historique particulier dans lequel est né le mouvement d’agroécologie à Cuba, c’est-à-dire la chute de l’URSS qui approvisionnait alors Cuba en pétrole pour alimenter les tracteurs et les intrants de la Révolution verte. C’est ainsi que les Cubains n’ont eu d’autre choix que de se tourner vers une production agricole biologique décentralisée et tournée vers la production de denrées alimentaires pour la population. C’est par la volonté politique des décideurs politiques cubains, par une structure et une culture coopérative développées, et grâce à l’importation de la méthode de formation de paysan à paysan que Cuba a réussi à faire de l’agroécologie un modèle agricole dominant à l’échelle du pays.

Caroline a enchaîné avec une définition du concept d’agroécologie, et une explication de la méthode de paysan à paysan, sur laquelle est fondé le mouvement d’agroécologie, non seulement cubain, mais international. Cette méthode est fondée sur le partage horizontal de connaissances et d’expériences entre fermiers. Elle utilise des moyens participatifs et artistiques pour susciter l’intérêt des fermiers à intégrer graduellement des pratiques écologiques et féministes. Enfin, des photos des fermes visitées et des techniques agroécologiques ont été présentées.

La présentation a soulevé un grand intérêt de la part des étudiant-e-s en agriculture bio, dont la plupart aspirent à cultiver de façon diversifiée, écologique, et autonome face aux compagnies d’intrants.

Selon Emmanuel Beauregard, jeune de la relève et membre du comité international de l’Union paysanne: «l’agroécologie est une approche globale et radicale nécessaire qui, à la différence des modèles agricoles dominants, est fondée sur les besoins socio-culturels et politiques des communautés.»

D’autres membres de la délégation qui étaient de la rencontre à Cuba donneront une présentation sur le mouvement d’agroécologie à Cuba lors du prochain conseil national de l’Union paysanne le 29 mars prochain. Voir Conseil National spécial le 29 mars 2014 à Saint-Hyacinthe.

Un rapport est disponible sur le site internet de l’Union paysanne : Compte-rendu formation en agroécologie et Congrès international à Cuba – Novembre 2013.

 

 

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Rapport de la délégation de l’Union paysanne lors d’une formation en agroécologie et Congrès international à Cuba

Novembre 2013

Rapport de voyage de la délégation de l’Union paysanne pour formation en agroécologie et 4e Congrès international d’agroécologie, d’agriculture durable et de coopérativisme organisés par l’ANAP (Association Nationale des petits agriculteurs et agricultrices) à Cuba.

Raymond Robitaille, Ketsia Johns, Ghislain Jutras, Cécile Famhérée, et Claude Lussier, tous membres de l’Union paysanne, ont participé du 10 au 15 novembre 2013 à la formation en agroécologie de l’ANAP, Asociación nacional de agricultores pequeños (Association nationale de petits agriculteurs).  Après la formation, Caroline Laurin et Bruno Verrier se sont joints à la délégation pour participer au 4e Congrès international d’agroécologie, d’agriculture durable et de coopérativisme du 17 au 23 novembre.  S’y trouvaient quelques centaines de personnes provenant de Cuba et d’une vingtaine de pays des Amériques, d’Afrique et de l’Europe.

Nous avons été très impressionné-e-s de l’ampleur du mouvement agroécologique à Cuba. Aucun pays des Amériques, et probablement dans le monde, n’est aussi avancé. La croissance de l’agroécologie est exponentielle. Nous avons l’impression que le pays pourrait être le premier au monde à devenir entièrement agroécologique, ce qui en fait un ambassadeur de ce mouvement.

Quelques dates importantes pour une petite mise en contexte :

  • Avant 1959 occupations des terres par les latifundia pour la production de tabac, de canne à sucre et élevage bovin. 9,4 % des propriétaires possèdent 73 % des terres, 90 % des propriétaires possèdent 26 % des surfaces cultivées, 85 % d’entre eux en louage ou métayage, donc très précaires. 25 % aux mains de capitaux étrangers.
  • 1959, triomphe de la révolution cubaine. Réforme agraire dès le 17 mai, 4 mois après la victoire. Fin du latifundium.
  • 1959-1965, diversification (riz, maïs, haricots, pommes de terre, tomates, volaille, œufs, porc) et effort pour autosuffisance alimentaire. 1,2 million d’hectares mis à disposition de 100 000 familles paysannes. 40 % des terres nationalisées et exploitées par 400 000 travailleurs. Mise en place du blocus américain.
  • Années 60, petits producteurs devenus propriétaires de leur terre grâce à la réforme agraire, création des premières coopératives de crédit et services (CCS, les paysans restent propriétaires de leur ferme, mise en commun des achats et mise en marché) et des coopératives de production agricole (CPA, mise en commun des terres).
  • 17 mai 1961, jour du 2e anniversaire de la réforme agraire, fondation de l’ANAP.
  • Années 70 et 80, Révolution verte. Introduction massive de tracteurs, moissonneuses, engrais chimiques, pesticides, irrigation à grande échelle, semences hybrides et intérêt renouvelé pour les grandes monocultures. Appui du bloc soviétique pour intrants, machinerie, 85 % de la commercialisation.
  • Milieux des années 80 déclin de rendement dû à la dégradation des sols et de l’environnement en général, dévastation de cannes à sucre à cause de la rouille de la canne à sucre, moisi bleu du tabac, etc.
  • 1989-1990, chute du l’URSS
  • 1991, décret de la « Période spéciale en temps de paix. » Décentralisation de la production, recherche de nouvelles formes d’organisation et de stimulation de la force de travail dans les coopératives (CCS et CPA), distribution d’autres terres, augmentation du soutien à la commercialisation, l’ANAP adopte de nouvelles lignes de travail et se tourne vers l’Agroécologie, seule façon de sortir de l’impasse à cause du manque d’intrants, de machineries, de ressources énergétiques.
  • 1997, début de la mise en place du concept d’échange et de formation « de campesino a campesino » (paysan à paysan).
  • 2002, mise en place de Campesion a campesino dans les toutes les provinces de Cuba.

Lors de notre formation, des visites de ferme et des conférences, nous nous sommes rendu compte que Cuba est très avancé dans la production agroécologique. Les pratiques mises en places durant les premières années, soit de 1997 à 2000, sont les suivantes :

  • Substitution des intrants chimiques
  • Diagnostic de ferme
  • Intégration agriculture-élevage bovin
  • Polycultures
  • Plantes médicinales
  • Début des pépinières
  • Agriculture urbaine biologique

Le mouvement « Campesino a campesino » a permis de faire avancer les choses très rapidement. C’est un système d’échange et de formation horizontal où le paysan devient l’expert qui donne les formations en montrant ce qu’il a réalisé et ce qui a bien fonctionné, donnant ainsi l’exemple. Les principes de ce concept sont les suivants :

  • Commencer doucement et à petits pas
  • Limiter l’introduction de technologies, les maîtriser une par une pour obtenir des résultats rapides et visibles de manière à donner le goût d‘essayer les techniques enseignées
  • Expérimenter à petite échelle
  • Créer un effet multiplicateur

Les instruments utilisés sont :

  • La ferme comme élément de base
  • Les témoignages de ceux qui ont déjà essayé et obtenu des résultats
  • Les démonstrations didactiques
  • Présentation de produits, semences, matériels, innovations
  • Dynamique d’animation
  • Poésie et chansons
  • Sociodrames

De 2000 à 2003, les pratiques suivantes se sont ajoutées :

  • Engrais verts
  • Semis en courbes de niveau
  • Culture en terrasses
  • Réduction des intrants biologiques extérieurs à la ferme
  • Augmentation de la biodiversité
  • Introduction d’arbres fruitiers
  • Diversification des zones de cannes à sucre
  • Essor de l’arbre de neem comme insecticide
  • Augmentation de source d’énergies alternatives

Les fermes sont classées en 3 catégories selon leur avancement en agroécologie et selon le nombre de pratiques mises en place avec succès. Des études ont montré que plus les fermes intègrent les pratiques plus elles sont rentables et plus elles se remettent vite des ouragans et aléas climatiques.

Depuis 2003 les pratiques suivantes se sont ajoutées :

  • Lombriculture
  • Conservation des semences, préservation des variétés et espèces indigènes
  • Amélioration paysanne et participative des espèces et des variétés de plantes
  • Introduction de nouvelles cultures
  • Brise-vent
  • Culture et emploi de mycorhizes et autres organismes bénéfiques
  • Élevage et emploi d’insectes bénéfiques

Il est étonnant de voir que le lombricompost est très répandu, en fait la grande majorité des fermes ont adopté cette pratique. La traction animale est vue ici comme une manière moderne de faire de l’agriculture. En effet cette utilisation, en plus de ne pas dépendre de l’énergie fossile, permet de ne pas compacter les sols.

Les paysans sont très fiers de leurs avancés et ils veulent pousser le concept aussi loin qu’ils le peuvent, dans chacune des fermes où nous sommes allés.

Les deux principales clés du succès de cette transformation radicale et rapide de l’agriculture à Cuba sont la volonté  politique de la Révolution cubaine et l’emploi de la méthodologie « campesino a campesino », aussi appuyé par l’État.

Par nécessité de ne pas laisser mourir le peuple cubain de faim, la Révolution a d’abord fait une réforme agraire en profondeur, laissant accès à la terre. Il a aussi mis en place plusieurs programmes dont :

  • Programme national de production de moyens biologiques
  • Programme national de traction animale
  • Programme national de production de matière organique
  • Mouvement forum des sciences et techniques
  • Programme culture populaire de riz
  • Programme national d’agriculture urbaine
  • Programme national d’amélioration et de conservation des sols
  • Programme national de lutte contre la désertification et la sécheresse
  • Programme forestier national
  • Politique environnementale

Les ministères et institutions suivantes travaillent tous main dans la main pour faire avancer l’agroécologie à Cuba :

  • Ministère de l’Agriculture
  • Direction des sols
  • Direction de la santé végétale
  • Ministère du sucre
  • Ministère de la Science, de la Technologie et de l’Environnement
  • Association cubaine des techniciens forestiers
  • Association cubaine de production animale
  • Les universités
  • Les médias, télévision, radio et journaux
  • Fondation de la nature et de l’Homme « Antonio Nuñez Jiménez »
  • Mouvement d’agriculture urbaine
  • Les centres de recherche
  • École nationale d’agroécologie « Niceto Perez », où la formation et le congrès international ont eux lieu.

Comme vous voyez, tout est mis en place pour faire avancer le concept de l’agroécologie à Cuba de façon très efficace. C’est pourquoi déjà le 1/3 des fermes de Cuba sont agroécologiques à différents niveaux. Ce sont plus de 100 000 familles qui sont dans ce processus. Ici les fermiers sont parmi ceux qui gagnent les meilleurs salaires. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Ils sont un exemple de ce qu’on peut faire avec peu de moyens, un blocus économique qui ralentit et occasionne des problèmes, avec des succès impressionnants. Nous devrons donc, si nous voulons avancer plus vite dans le sens de l’agroécologie, faire des représentations politiques pour faire changer les lois et règlements et mettre à contribution toutes les institutions publiques concernées. Il serait bon aussi de mettre en place la méthodologie « paysan à paysan » afin de transmettre les techniques, entre agriculteurs, et aussi aux personnes qui voudraient entrer dans la danse.

Des liens ont été tissés avec les paysans cubains, avec l’ANAP et avec l’école nationale d’agroécologie Niceto Perez et la solidarité entre l’Union paysanne du Québec peut donner des résultats intéressants pour le futur.

 

Ce voyage et cette formation ont été rendus possibles et agréables grâce à:

•L’Union paysanne du Québec qui a remis 2 bourses de $250 aux deux délégués, Claude Lussier et Caroline Laurin
•Les Jardins de la Grelinette par une bourse de 200$ remise à Ketsia Johns en tant que relève agricole
•Stéphanie Wang et tout le comité international de l’Union paysanne
•Aro CoopérAction InterNational, Colette, Lourdes et Juan Carlos pour le soutien considérable à la préparation, l’encadrement de la délégation et à l’interprétation
•La Via Campesina
•La ANAP (Association Nationale des petits agriculteurs cubains)
•L’école Niceto Perez de l’ANAP, sa direction et son personnel
•Les participantes et participants au cours, grâce à qui il y a eu beaucoup de belles interactions

 

Télécharger le rapport au format PDF.

 

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Remise des bourses de l’Union Paysanne

Annonce des résultats aux bourses offertes aux délégués de l’Union Paysanne pour leur participation aux formations en agroécologie à Cuba!! Notez qu’il est toujours possible de s’inscrire comme participants! Une rencontre pré-départ aura lieu le 16 octobre prochain à 18h30 à Montréal pour toute la délégation.

 

 

Remise des Bourses de l’Union paysanne

DÉLÉGUÉS PAYSANS OFFICIELS : 250$ chacun offert par l’Union Paysanne

  • Claude Lussier, Coop de solidarité Le Grenier Boréal, Minganie
    Claude Lussier, technicien en technique de protection de l’environnement converti en agriculture biologique, directeur et un des fondateurs de la COOP de solidarité agroforestière de Minganie – Le Grenier boréal . Le Grenier boréal, situé à Longue-Pointe-de-Mingan sur la Côte-Nord, est en démarrage. Maraîchage et fruiticulture en permaculture et semi-intensif, récolte en forêt, apiculture, service conseil en agroforesterie. Lauréat du concours québécois en entreprenariat « Entreprise d’économie sociale Côte-Nord » et lauréat du prix « Reconnaissance en développement durable ». Situé en milieu nordique maritime, nous voulons produire, récolter et protéger notre milieux.
  • Bruno V. et Caroline Laurin, Ferme les Légumes d’Hiverts, Saint-Félix-de-Valois
    Caroline démarre son projet de ferme en ASC en 2010 sur une petite parcelle familial de Saint-Félix-de-Valois alors qu’elle poursuit des études d’agronomie à Mc Gill. Bruno, boulager attitré du marché de solidarité local et instructeur de technique de  survie en forêt  s’implique activement sur la ferme depuis 2012. Ils produisent, avec l’implication de la famille, 60 paniers maraîchers biologiques et desservent 2 marchés de solidarité. Caroline s’intéresse depuis longtemps à l’idée de créer un écosystème agricole, selon les principes de l’agro-écologie; ainsi, depuis les débuts, la production se fait sur planches permanentes avec allées enherbés, dans un objectif de préservation du sol et d’augmentation de la biodiversité. L’innovation par et pour les agriculteurs telle que l’approche « paysan à paysan » qui à cours à Cuba est une méthode dont Bruno et Caroline ont très hâte de voir les résultats concrets sur le terrain. L’agriculture écologique d’ici, à leur sens,  peut s »inspirer du dynamisme qui existe au sud et de toute la créativité déployée par la nécessité, bien que notre réalité soit très différente.

DÉLÉGUÉE JEUNE RELÈVE : 200$ offert par les Jardins de la Grelinette

  • Ketsia Johns, agronome et candidate à la maîtrise en agroforesterie
    Ketsia, femme dynamique et impliquée, est portée par de nombreuses passions dont l’alimentation, les plantes médicinales, l’agroécologie, les découvertes interculturelles ainsi que la relation entre l’homme et son environnement pour ne nommer que ceux-là. Elle a complété une technique en écologie appliquée et un baccalauréat en agronomie. Ses formations l’ont mené à travailler entre autres dans un jardin maraîcher biologique aux Îles-de-la-Madeleine, dans une coopérative de production d’origan en Bolivie et une entreprise de production et transformation de plantes médicinales dans les Laurentides. Elle combine maintenant plusieurs de ses intérêts dans le cadre de sa maîtrise en agroforesterie où elle mène un projet de recherche sur les facteurs d’adoption de l’agroforesterie par les paysans de la région de Cienfuegos à Cuba. Elle souhaite approfondir ses compétences pour devenir conseillère en agroforesterie, poursuivre divers projets de recherche et cultiver elle-même afin de contribuer au développement de modèles d’agriculture plus durable.

 

 

Merci à tous ceux et celles qui ont participé!

Notez qu’il est toujours possible de s’inscrire comme participants! Contactez le comité international pour plus d’informations à international@unionpaysanne.com. Nous diffuserons bientôt les noms de la délégation complète de l’Union Paysanne à ces événements! Une rencontre pré-départ aura lieu le 16 octobre prochain à 18h30 à Montréal pour toute la délégation.

 

 

Dates importantes à venir :

Octobre

16 octobre : Journée mondiale de l’alimentation! Des membres du comité international animeront une discussion sur l’heure du midi au marché paysan de l’UQAM
18 octobre 11h : Assemblée générale annuelle de Vigilance OGM ***L’Union Paysanne recherche un/e membre pour siéger sur le conseil d’administration de Vigilance OGM***

Novembre

18-20 novembre – Ottawa : Conférence sur l’agroécologie (avec Miguel Altieri (en vidéo diffusion) et Jean-Martin Fortier)
22-24 novembre – Saint-Sixte, Outaouais: Rencontre RJME
24-27 novembre – Montréal : Assemblée générale annuelle de Sécurité alimentaire Canada
28-30- Ottawa : Congrès annuel de l’Union Nationale des fermiers nfu.ca/about/conventions

 

 

Une bourse de l’Union paysanne pour un voyage à Cuba!

up-cremeDélégation de l’Union Paysanne aux formations en Agroécologie à Cuba : nouvelles possibilités de financement offertes! Pour les membres paysans et paysannes : Une bourse de 500$ sera octroyée à un/une membre qui agira à titre de délégué officiel. Aide spéciale supplémentaire pour les jeunes de la relève!

 

Vous trouverez tous les détail du voyage ici : Formation et rencontre internationale d’Agroécologie à Cuba

 


 

1- Une Bourse de 500$ pour un voyage à Cuba

Pour les membres paysans et paysannes : Une bourse de 500$ sera octroyée à un/une membre qui agira à titre de délégué officiel.

CONDITIONS

  • être disponible à partir au moins 7 jours consécutifs entre le 10 et le 29 novembre
  • S’engager à débourser les frais non couverts par la bourse de 500$

CRITÈRES DE SÉLECTION

  • la priorité sera accordée aux membres paysans/paysannes. Par la suite, à la relève agricole.
  • démontrer une connaissance des positions politiques de l’Union Paysanne
  • s’engager à poursuivre son implication au sein de l’Union paysanne au retour est un atout.
  • s’engager à assurer le rôle de délégué officiel de l’Union Paysanne, c’est-à-dire :

a) à Cuba :

  • représenter l’Union Paysanne et mettre de l’avant ses positions lorsque nécessaire (entrevues, participer à des réunions régionales, continentales, etc.).
  • participer activement aux activités et formations

b) Au retour :

  • s’engager à soumettre un rapport écrit sur les points saillants de l’événement
  • présenter la méthode d’agroécologie aux membres de l’Union Paysanne (sous forme d’atelier par exemple)

 

2- Financement spécial pour jeunes de la relève

Pour les membres jeunes (35 ans et moins) nous organisons un financement conjoint afin d’encourager un ou une jeune à participer à l’événement! (toutes autres contributions sont les bienvenues!):

  • La ferme La Grelinette : 200$
  • Journées québécoises de la solidarité internationale : jusqu’à 150$

CONDITIONS

  • être disponible pour partir à Cuba la première semaine de cours (10-15 novembre)
  • En direct de Cuba : participer à un événement interactif avec les participants d’une activité sur l’agroécologie qui sera organisée dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale en Montérégie. Il s’agira de partager ses connaissances et son expérience de cette première semaine de cours.
  • S’engager à débourser les frais non couverts par la bourse

CRITÈRES DE SÉLECTION

  • tout membre jeune (paysan ou citoyen) peut soumettre sa candidature.
  • démontrer un intérêt à participer activement aux activités de l’Union Paysanne liées à l’agroécologie avant, pendant et au retour de son séjour (par exemple : le centre paysan, le comité international, La Via Campesina).

 

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**DATE LIMITE POUR SOUMETTRE VOTRE CANDIDATURE AUX BOURSES
30 SEPTEMBRE 2013**

Les membres et amis de l’Union Paysanne, qu’ils soient admissibles au financement mentionné ci-dessus ou non, peuvent bénéficier d’un tarif préférentiel pour l’achat de leur billet d’avion. Veuillez donc nous aviser le plus rapidement possible si vous souhaitez réserver votre billet d’avion avec notre agence et bénéficier du tarif de groupe (à partir de 560$ selon les disponibilités de vols au moment de la confirmation).

Merci!

Le comité international
international@unionpaysanne.com

 

 

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Invitation : Formation et rencontre internationale d’Agroécologie à Cuba

Aux membres et ami(e)s de l’Union Paysanne,

Voici une invitation à participer à une série d’événements en agroécologie organisée par l’Asociación Nacional de Agricultores Pequeños (ANAP-Vía Campesina, Association nationale des petits agriculteurs) de Cuba et La Via Campesina :

 

 

  • 10-16 Novembre : formation sur l’agroécologie à Cuba donnée par l’ANAP
  • 17-24 Novembre : 4e rencontre internationale d’agroécologie
  • 24-29 Novembre : formation sur la méthode de paysan-à-paysan donnée par La Via Campesina

Dans le passé, cette rencontre a été un espace important de formation pour les camarades d’autres pays. C’est également une tradition pour la Commission d’agriculture paysanne durable de LVC d’organiser une délégation internationale à cet événement de LVC.

L’Union Paysanne encourage ses membres paysans et paysannes, citoyens et citoyennes, étudiants et étudiantes, amis et amies de l’Union Paysanne à prendre part à cet événement unique pour tous ceux et celles qui souhaitent en apprendre davantage sur les aspects autant techniques, politiques, économiques, sociaux et culturels de l’agriculture paysanne agroécologique.

Cuba, un pays éloigné, oui mais qui a une grande expertise en agroécologie. L’agroécologie est une démarche scientifique alliant l’agriculture à la protection et la régénération de l’environnement.

Cuba est une école à ciel ouvert. Voici quelques exemples de ce que nous pouvons y apprendre :

  • Arrosage sélectif
  • Cultures en nid
  • Combinaisons de plantes (cultures mixtes)
  • Barrières biologiques
  • Engrais, pesticides et insecticides biologiques (plantes, insectes)
  • Système des coopératives très bien ancré
  • Système d’entraide « paysan-à-paysan » (partage des savoirs entre diverses personnes pratiquant une agriculture écologique)

Toute personne intéressée à faire partie de la délégation de l’Union Paysanne à un ou l’autre de ces événements est invité à nous écrire par courriel au plus tard le 12 septembre à minuit, car un soutien financier pourrait être disponible, particulièrement pour les membres de 35 ans et moins.

 

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Une bourse de l’Union paysanne pour un voyage de représentation à Cuba!

Pour encourager la participation de ses membres paysans et paysannes, une bourse de 500$ sera octroyée à un/une membre qui agira à titre de délégué officiel :

Tous les détails sur les bourses ici.

 


 

 

Le Comité International de l’Union Paysanne

international@unionpaysanne.com

 

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Page couverture d’une publication à propos du mouvement de Campesino à Campesino de l’ANAP à Cuba.

 

L’agroécologie «peut doubler la production alimentaire en Afrique en 10 ans»

Selon un rapport de l’ONU, les projets agricoles utilisant peu d’intrants, ne reposant pas sur les fertilisants chimiques et les pesticides, ont haussé de façon signifiante la production alimentaire en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud. Pour en savoir plus : Agroecological farming « can double food production in Africa over next 10 years » (Tom Levitt, The Ecologist).

Olivier De Schutter en appelle à un virage fondamental en faveur de l’agroécologie

«[8 mars 2011] GENÈVE – Ce mardi 8 mars, le Rapporteur spécial a présenté son rapport « Agroécologie et droit à l’alimentation » devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Fondé sur l’examen approfondi des plus récentes recherches scientifiques, ce rapport démontre que l’agroécologie peut doubler la production alimentaire de régions entières en 10 ans tout en réduisant la pauvreté rurale et en apportant des solutions au changement climatique. Le rapport appelle donc les États à entamer un virage fondamental en faveur de l’agroécologie comme moyen de répondre aux défis alimentaires, climatiques et de pauvreté dans le monde.»

Olivier De Schutter | Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation

Source : Rapport : agroécologie et droit à l’alimentation

Enterrons le système alimentaire agro-industriel! L’agriculture paysanne peut nourrir le monde!

«(Djakarta, le 22 février 2011) Le système alimentaire agro-industriel dominant a échoué. Les promesses du Sommet mondial de l’alimentation de 1996, reprises par l’objectif du Millénaire pour le développement visant à réduire la faim en 2015 ne seront pas tenues. La faim et l’insécurité alimentaire augmentent. Environ un milliard de personnes souffrent actuellement de la faim, un autre milliard de malnutrition — avec un manque important de vitamines et de minéraux — alors qu’un milliard sont suralimentés. Un système alimentaire global = 3 milliards de victimes!

Les politiques alimentaires mises en place au cours des 20 dernières années ont été fortement défavorables envers l’agriculture paysanne, qui néanmoins continue de nourrir plus de 70% de la population mondiale.

La terre, les semences et l’eau ont été privatisées et cédées à l’agrobusiness, entraînant la migration des membres de communautés rurales vers les villes, en laissant derrière eux des terres fertiles pour que les entreprises multinationales produisent des agrocarburants, de la biomasse ou des aliments destinés à l’exportation pour les consommateurs des pays riches.

Les politiques néolibérales partent de l’hypothèse que la main invisible du marché partagera le gâteau d’une manière efficace et juste. A Davos cette année, les gouvernements du monde ont parlé de conclure le cycle de Doha des négociations de l’OMC en juillet 2011 pour, précisément, sauver le monde des crises alimentaires récurrentes. En réalité, la crise alimentaire endémique actuelle démontre que la libéralisation accrue des marchés agricoles n’aide pas à nourrir le monde, mais qu’au contraire elle accentue la faim et contraint les paysans et paysannes à quitter leurs terres. Les gouvernements ont donc tort.

En effet, les matières premières alimentaires sont entrées en masse sur les marchés spéculatifs, surtout depuis 2007. Pour ces marchés, les denrées alimentaires sont des produits de base dans lesquels les investisseurs peuvent soudainement investir des milliards, ou les retirer, gonflant ainsi des bulles qui éclatent par la suite en semant la misère partout. Les prix des aliments sont élevés, hors de la portée des consommateurs pauvres. Or, les prix payés aux paysans sont bas, ce qui les appauvrît d’avantage. Les gros négociants, les supermarchés et les spéculateurs continuent d’accroître leurs profits au détriment des peuples victimes de la faim.

Le temps est venu de changer radicalement le système alimentaire agro-industriel. La Via Campesina, mouvement représentant plus de 200 millions de paysans et paysannes à travers le monde, propose la souveraineté alimentaire comme moyen efficace et juste de produire et de distribuer de la nourriture dans toutes les communautés, toutes les provinces et tous les pays.

La mise en place de la souveraineté alimentaire signifie de défendre partout l’agriculture de petite échelle, l’agroécologie et la production locale, partout où cela est possible. Elle requière que les gouvernements soutiennent ce nouveau paradigme en donnant aux paysans et paysannes accès à la terre, à l’eau, aux semences, au crédit et à l’éducation, tout en les protégeant des importations bon marché par la mise en place de stocks publics ou appartenant aux paysans et la gestion de leur production.

La défense de la souveraineté alimentaire permetrait d’assurer des moyens d’existence pour des milliards de personnes et réduirait la pauvreté, qui est en grande partie un phénomène rural. Sur les 1,4 milliards de personnes qui souffrent aujourd’hui d’extrême pauvreté dans les pays en développement, 75% vivent et travaillent dans des zones rurales.

La production alimentaire locale et la vente directe du paysan au consommateur garantissent que la nourriture reste en dehors du jeu de Monopoly capitaliste. Cela la rend moins sujette à la spéculation. En outre, l’agriculture durable permet la régénération de l’environnement et des sols, protégeant ainsi la biodiversité et la santé des peuples. Elle est également plus résiliente au changement climatique et aide à arrêter le réchauffement climatique.

C’est cela que la Via Campesina défendra durant la réunion de la Banque Mondiale et du FMI en avril, du G20 sur l’Agriculture en juin, du Comité pour la Sécurité Alimentaire en octobre, et de l’OMC en décembre 2011.

Joignez-vous à notre journée mondiale d’actions!

Le 17 avril est une journée spéciale. A travers le monde, nombreux sont ceux et celles qui se mobilisent pour soutenir les paysans, les paysannes et les ruraux dans leur lutte pour survivre et continuer de nourrir le monde. Cette journée commémore la mort de 19 paysans du Brésil qui furent assassinés alors qu’ils luttaient pour leur terre et leur dignité.

Chaque année, plus d’une centaine d’actions et d’événements ont lieu à travers le monde pour défendre un nouveau système alimentaire fondé sur la souveraineté alimentaire, la justice et l’égalité.

Où que vous soyez, qui que vous soyez, vous êtes invité( e)s à vous joindre à la célébration: organisez une action, une mobilisation, un marché, une projection de film, une exposition de photos, un débat, une fête, un programme spécial de radio, de télé…»

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