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Pour une politique agricole de la Terre à la Table

Notre politique propose des mesures concrètes qui touchent aux enjeux au cœur de la vie agricole et du développement socioéconomique du Québec. Plus précisément, notre politique couvre :

  • La nécessité de passer d’une logique de subventions agricoles à une logique de contrat avec l’État afin de ne plus soutenir le volume produit, mais plutôt la qualité du travail des agriculteurs.
  • La réorientation du soutien vers l’ensemble des fermes québécoises, et non plus vers un groupe sélect de gros producteurs.
  • L’exclusion des intégrateurs du soutien de l’État, car le Québec ferait le choix de la ferme à échelle humaine et non plus d’un modèle industriel.
  • L’éco-conditionnalité non plus simplement comme une simple théorie, mais comme une réalité. La protection des ressources doit devenir une priorité.
  • L’ouverture du territoire, de la mise en marché collective, de la gestion de l’offre aux jeunes, aux néo-agriculteurs et à l’agriculture paysanne.
  • L’aplanissement des irritants pour les artisans, les fromagers, les producteurs d’alcool, et les producteurs du terroir, contenus dans la Loi sur la mise en marché des produits agricoles.
  • Le statut d’entrepreneur qu’il faut redonner aux agriculteurs.
  • La valorisation des agriculteurs dans leur rôle de fiduciaires de l’environnement.
  • L’inclusion du facteur de nordicité de notre agriculture dans le rôle de soutien de l’État.

Et finalement, le rétablissement de la démocratie en agriculture par la fin du monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles, réelle épine à l’épanouissement de l’agriculture du Québec.

Le projet de politique de souveraineté alimentaire dévoilé par le ministre Gendron le 22 mars dernier nous a convaincu qu’il nous fallait agir. La récupération politique, par le PQ, du concept de souveraineté alimentaire est honteuse. Il induit en erreur à la fois les agriculteurs et la population face à un concept élaboré par les groupes de paysans du monde entier et qui va bien au-delà de ce que le ministre Gendron propose.

Les membres paysans et citoyens de l’Union paysanne sont fiers de déposer cette politique agricole de la Terre à la Table, car elle correspond aux aspirations et aux souhaits des agriculteurs et de la population.

 


Pièces-jointes :

com-up_2013-05-15_Politique-Agri.pdf

PourUnePolitiqueAgricole.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

 

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

Pétition pour la liberté d’association

Pour la liberté d’association telle que définie dans nos 2 chartes des droits et libertés canadienne et québécoise.

Je suis productrice acéricole du Québec. Comme des milliers de producteurs agricoles québécois, je suis assujettie à un monopole syndical soit l’Union des producteurs agricoles. C’est le seul endroit au monde où on retrouve ce type de monopole agricole.

Malgré des demandes répétées de divers intervenants dont des producteurs, le tribunal administratif la Régie des marchés agricoles du Québec a toujours refusé de faire un référendum, selon la loi M35 agricole, pour vérifier la volonté des producteurs à continuer dans ce système monopolistique.

L’UPA poursuit des milliers de producteurs sous tous prétextes pour ainsi conserver sa mainmise sur le monde agricole et cela, au vu et au sus de tous, gouvernement compris. Des milliers de producteurs paient des sommes énormes en supposées pénalités, dommages-liquidés etc.

Beaucoup de producteurs québécois essaient de faire valoir leurs droits démocratiques face à ce monopole mais leurs moyens financiers sont limités face à ce dernier qui a des dizaines de millions de dollars pour acculer financièrement tout producteur ayant l’audace de le défier.

Il est inadmissible que, malgré nos deux chartes de droits et libertés, canadienne et québécoise, nos droits de liberté d’association soient ainsi bafoués.

Le gouvernement du Québec (Canada) se doit d’intervenir pour rétablir nos droits démocratiques face à ce syndicat monopole qui use de tout son pouvoir pour maintenir les producteurs sous sa coupe de façon démagogique en refusant de se soumettre à un vote par référendum pour tester la volonté des producteurs à continuer dans ce système monopolistique…..

Signez la pétition ici

https://secure.avaaz.org/fr/petition/La_liberte_dassociation/

Un gros merci à Mme Fortin-Marois pour avoir eu la bonne idée de démarrer cette pétition sur Avaaz 😉

Nous espérons beaucoup, beaucoup plus que les 100 signatures visées!!

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40 ans de monopole syndical… ça se fête!

up30 mai 2012, St-Hyacinthe. Le monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles fête aujourd’hui ses 40 ans. Probablement que personne n’organisera de réception, mais c’est en effet le 30 mai 1972 qu’une loi força tous les chefs d’entreprises agricoles du Québec à payer une cotisation obligatoire à l’UPA.

Si certains disent que dans le contexte de l’époque la chose était envisageable, peu de personnes nient désormais que ce même monopole en plus d’être antidémocratique freine tout simplement le développement de l’agriculture au Québec. Le rapport Pronovost est éloquent à ce sujet.

Les plus petites fermes, l’agriculture biologique, les créneaux et les agriculteurs en régions sont littéralement prises dans un carcan créé par les systèmes mis en place par l’UPA et qui servent de plus en plus à nourrir une structure administrative.

Par exemple, peu de gens savent que l’UPA et ses Fédérations prélèvent annuellement plus de 140 millions de dollars dans les poches des agriculteurs seulement afin de faire fonctionner son système de mise en marché collective. Ses fameux prélevés n’ont fait qu’augmenter depuis 10 ans, afin de soutenir une structure de plus en plus lourde et une Confédération déficitaire.

Pourtant, le problème de base est relativement simple. La loi de 1972 a imposé un régime basé sur le droit ouvrier…. à des chefs d’entreprises et notre agriculture s’en reflète. Elle est de moins en moins entrepreneuriale et de plus en plus passive face aux problèmes….c’est le patron (UPA) qui s’en occupe.

  • notre agriculture tarde à se diversifier,
  • les fermes disparaissent plus vite qu’ailleurs au Canada,
  • les agriculteurs québécois sont 2 fois plus endettés qu’en Ontario et 3 fois plus qu’aux États-Unis
  • le gouvernement a épongé une dette de plus de 1 milliard à la Financière agricole
  • Nous subventionnons toujours une agriculture industrielle qui fonctionne à perte en plus de laisser des impacts environnementaux considérables.
  • les agriculteurs récalcitrants sont poursuivis par l’UPA et ses Fédérations pratiquement toutes les semaines devant la Régie des marchés agricoles

L’Union paysanne se bat depuis 10 ans afin de rétablir un réel droit d’association tel que garanti par les chartes et qui fait toujours défaut pour les agriculteurs d’ici, mais son réel combat se situe d’abord dans la réorientation du modèle agricole afin qu’il se mette réellement au service des agriculteurs et de la population.

Après avoir rencontré des centaines de députés tous largement en faveur de la fin du monopole syndical de l’UPA, le gouvernement libéral actuel tarde à rétablir la démocratie en agriculture par simple calcul politique. Pendant ce temps, la plupart des prédictions de l’Union paysanne se sont avérées justes. Hécatombe dans le porc, perte financière pour le gouvernement, recul de l’agriculture dans les régions, impasse pour les jeunes, recul de la part de marché mondial dans le sirop d’érable, échec de Colbex-Levinoff, etc.

Il est plus que temps pour le gouvernement de traiter les agriculteurs comme des adultes et de leur redonner une vraie liberté d’association. Pour l’instant… Joyeux 40 ans de monopole.

 


 

Pièce-jointe : com-up_2012-05-31_40ans-monopole.pdf (125 Kio)

Pour Information :

Benoit Girouard, président Union paysanne : 450-495-1910
Maxime Laplante, vice-président : 418- 926-2473

Le ministre Corbeil avoue que le Plan nord passe avant les milliers d’agriculteurs en crise

Saint-Germain-de-Kamouraska, 1er mars 2012. Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Pierre Corbeil, admet que la politique agricole ne pourra être adoptée durant la présente session parlementaire, parce que la Commission chargée d’étudier son Livre vert a plutôt été accaparée par les dossiers du Plan nord.

«Visiblement, si l’on se réfère aux déclarations du ministre dans Le Soleil d’aujourd’hui, le gouvernement Charest juge plus important pour son avenir de vendre son Plan nord que de s’occuper de notre agriculture qui se meurt», souligne Roméo Bouchard, porte-parole de la Coalition SOS-Pronovost.

Il y a maintenant quatre ans que le Rapport Pronovost exposait au gouvernement Charest l’urgence de faire un virage majeur vers une agriculture diversifiée et territoriale si on voulait éviter que les fermes indépendantes ne soient avalées par les grands intégrateurs de l’industrie agro-alimentaire.

«Le ministre confirme aujourd’hui que nous avions vu juste: la consultation en cours sur le Livre vert n’était qu’une mesure de diversion pour remettre à plus tard, si possible après l’élection, l’adoption d’une politique agricole» constate Roméo Bouchard. La Coalition soupçonnait le gouvernement de vouloir ignorer les recommandations de la Commission Pronovost, en proposant une politique qui ne vise, en définitive, qu’à faire disparaître toutes les fermes qui sont jugées non compétitives. Force est de constater aujourd’hui que l’avenir de notre agriculture n’est carrément pas une préoccupation pour ce gouvernement.

Le ministre Corbeil pousse l’odieux jusqu’à annoncer qu’il envisage de présenter quand même un projet de loi sur la politique agricole avant l’été, sans même que la Commission parlementaire n’ait eu l’occasion d’entendre la grande majorité des 200 intervenants qui ont déposé des mémoires. Le Plan nord passe avant l’agriculture! « C’est une preuve supplémentaire que la politique est écrite depuis longtemps et que le Livre vert n’était qu’une mascarade pour faire diversion», ajoute Benoit Girouard, de l’Union paysanne.

La Coalition SOS Pronovost estime que ce gouvernement n’a plus aucune crédibilité dans le dossier agricole et qu’il a délibérément abandonné les agriculteurs et les consommateurs à un modèle d’agriculture et d’alimentation qui ne connaît que les lois du marché. La Coalition demande aux partis d’opposition de réagir énergiquement à cette mise au rancart du Rapport Pronovost et au baîllon que leur impose le gouvernement en commission parlementaire, et elle attend impatiemment de voir quel parti, lors des prochaines élections, réalisera l’urgence et l’importance de faire prendre aux politiques agroalimentaires le virage proposé par la Commission Pronovost.

 


Information:
Roméo Bouchard, romeobouchard@hotmail.ca 418-492-5727
Charles Tanguay, Union des consommateurs, 514-743-0419
Benoit Girouard, Union paysanne, 450-495-1910
Richard Favreau, Avenue bio de l’Est, 418-736-5947

Assemblée des Opprimés, le 5 décembre 2011, Durban, Afrique du Sud

Déclaration de La Via Campesina – Nous, l’Assemblée des Opprimés, sommes réunis ce jour pour revendiquer la réforme du système capitaliste néolibéral dans son ensemble. La lutte contre le changement climatique est une lutte contre le capitalisme néolibéral, la paysannerie sans-terre, la dépossession, la faim, la pauvreté et la recolonisation des territoires des peuples d’Afrique et des pays du Sud.

Nous nous sommes  réunis pour faire savoir que l’action directe est la seule arme que possède les peuples opprimés permettant de mettre fin à l’oppression dans le monde et ce sous toutes ses formes.

Nous sommes réunis ici, à Durban, Afrique du Sud, où se tient la 17ème Conférence des Parties des Nations Unies pour débattre des mauvaises solutions proposées visant à faire face au changement climatique. Et nous constatons que l’avenir de la planète Terre et de l’humanité est en danger car les principaux responsables tentent d’échapper à leurs responsabilités et de faire table rase des faits.

Nous, La Via Campesina, mouvement international de paysans et paysannes, pratiquant une agriculture paysanne familiale durable,  sommes totalement consternés par le refus réitéré des pays développés et leurs tentatives de se soustraire à leur devoir historique pour lequel ils devraient fournir un réel effort de réduction des émissions, au lieu de promouvoir de fausses alternatives à la crise climatique, dictées par les conditions du marché.

Ici, à Durban,  les discussions portent sur la mise en place d’un « nouveau mandat ». Un mandat comportant des mécanismes commerciaux et un système d’engagement volontaire, ce qui permet de ne pas appliquer le programme obligatoire en vue de  l’élaboration d’engagements juridiquement contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus, les pays développés persistent dans leur refus d’assumer leur responsabilité historique et de payer leur dette climatique. Ils soutiennent  la création d’un « fonds vert pour le climat » (GCF)  impliquant des capitaux privés et la Banque Mondiale. Enfin, il existe une volonté d’inclure l’agriculture dans les négociations mais en la considérant en termes de puits de carbone et non comme une source de nourriture ou un moyen d’assurer la souveraineté alimentaire.

Aux yeux de La Via Campesina, et considérant la tournure que prennent les négociations, il est préférable de ne rien signer plutôt que de signer un accord qui condamnerait l’humanité et la planète à un avenir avec des catastrophes climatiques.

Actuellement, l’heure est très grave pour l’agriculture et les petits producteurs, tout comme pour l’environnement. Les conséquences du changement climatique deviennent de plus en plus sévères, causant de mauvaises récoltes, la destruction des foyers et des habitats naturels, la famine et la mort. L’avenir de l’humanité et de notre planète est fortement menacé. Si ces mauvaises résolutions voient le jour, l’impact sera désastreux sur la nature, les générations futures et la planète toute entière.

Voici donc les revendications que nous portons à la connaissance des gouvernements participants aux négociations:

  • Nous appelons les pays du Sud,  à prendre la défense de leurs  propres peuples et des peuples du monde ainsi que celle de la planète avec dignité et conviction. De ce point de vue, le gouvernement d’Afrique du Sud a déjà abandonné et vendu son peuple aux spéculateurs.
  • Nous appelons les pays développés à assumer leur responsabilité historique à l’origine de cette crise climatique et de payer leur dette climatique, ainsi que de s’engager sur un objectif de réduction d’au moins 50% de leurs droits d’émissions par rapport aux niveaux de 1990 et ce sans condition et en excluant les marchés du carbone ou tout autre mécanisme de compensation.
  • Nous appelons les gouvernements à ne plus subventionner une agriculture industrielle qui engendre pollution et changements climatiques par l’usage massif qu’elle fait des produits pétrochimiques.
  • Nous appelons les gouvernements à promouvoir et subventionner l’agro-écologie.
  • Nous appelons tous les pays à écouter et à travailler pour le peuple, à cesser d’œuvrer sous le contrôle des grandes multinationales.
  • Nous appelons tous les pays à renoncer à vouloir sauver le système capitaliste et à ne plus faire payer  le peuple, y compris les petits producteurs, pour les conséquences de la crise économique et financière.
  • Nous, La Via Campesina, demandons la mise en œuvre de l’Accord des Peuples de Cochabamba. Et ici, aujourd’hui, à Durban et ou ailleurs, nous réitérons avec force nos solutions face aux effets de la crise climatique :
  • Le réchauffement de la planète doit être limité seulement à 1 degré Celsius.
  • Les pays développés doivent réduire d’au moins 50%  leurs droits d’émissions par rapport aux niveaux de 1990 et ce sans conditions et en excluant les marchés du carbone ou tout autre mécanisme de compensation.
  • Les pays riches doivent s’engager à rembourser la dette climatique avec un plan de financement à hauteur d’au moins 6% de leur PIB. Les fonds destinés au financement de la lutte contre les effets du changement climatique doivent être d’ordre publique, et ne peuvent être contrôlés par la Banque Mondiale ou d’autres entreprises privées.
  • Tous les mécanismes de marchés doivent être stoppés, y compris les programmes REDD, REDD++ et les marchés du carbone envisagés dans le programme pour l’agriculture.
  • Nous affirmons de nouveau qu’il ne peut y avoir de solution aux effets des changements climatiques ainsi qu’au système néolibéral prédateur qui en est la cause, sans une libération totale des femmes, des paysannes en particulier, du joug ancestral du patriarcat et de la discrimination sexiste.  Ainsi, nous exigeons une action d’ensemble contre le patriarcat et le sexisme :
  • Que l’on donne aux  femmes l’accès à la terre et à leurs droits de propriété par le biais d’un processus de redistribution choisie.
  • Les lois et les politiques doivent répondre aux besoins spécifiques des femmes.

Nous, La Via Campesina, exigeons qu’un terme soit mis à la marchandisation de notre Planète Terre. Nous rejetons les mécanismes des marchés du carbone. De plus, nous rejetons la possibilité d’inclure dans les négociations un programme de travail spécifique sur l’agriculture comme cela est aujourd’hui envisagé. Nous rejetons également tous les mécanismes de marché envisagés autour de l’agriculture.

Nous, La Via Campesina et les peuples du Monde, détenons les solutions à la crise climatique et nos appelons les gouvernements à les prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard. A l’occasion de cette Assemblée des Opprimés, nous tenons à dire aux peuples du monde que la solution est entre leurs mains. C’est à travers la création de mouvements sociaux et la mobilisation des peuples dans la lutte pour le changement social que les peuples du monde viendront à bout de cette alliance mortifère entre les gouvernements et les entreprises multinationales.

En ce moment même en Afrique, cette alliance est en train de commettre l’une des plus grandes spoliations que l’histoire ait connues, en privant les paysans de leurs terres. Et nous savons ce qu’un tel accaparement des terres implique : plus d’agriculture industrielle, plus de pauvreté et d’exploitation, ainsi que l’augmentation des effets du changement climatique.

A ce stade, la seule contre-attaque possible est l’occupation des terres à l’initiative des  paysans sans-terre eux-mêmes. Du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la réforme agraire et de la justice climatique, ces occupations méritent tout notre soutien.

L’agriculture paysanne durable et l’agro-écologie contribuent au refroidissement de la planète !

La souveraineté alimentaire est la solution !

L’agriculture paysanne n’est pas à vendre !

Globalisons la lutte ! Globalisons l’espoir !

ppama2011

Québec lance le « Programme pilote d’appui à la multifonctionnalité de l’agriculture »

ppama2011Les projets basés sur l’aspect multifonctionnel de l’agriculture (voir la définition du MAPAQ ci-dessous) auront accès à un soutien additionnel, grâce à ce nouveau programme-pilote, annoncait hier dans un communiqué le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Pierre Corbeil.

 

 

Les grandes lignes

Dans un document du MAPAQ présentant le programme, on définit ainsi la mulifonctionnalité de l’agriculture : « contribution de l’agriculture, par ses fonctions économiques, sociales et environnementales, à la qualité de vie de la communauté ».

Les petites exploitations agricoles sont particulièrement ciblées, puisque seules celles dont les revenus agricoles bruts sont inférieurs à 150 000 $ seront admissibles. Ces dernières devront faire partie des 56 MRC visées par la mesure, dont les grands centres et les grandes régions agricoles sont exclues.

Le programme favorisera la multifonctionnalité de l’agriculture à l’échelle des collectivités locales en soutenant l’adoption de pratiques qui contribuent notemment à :

  • la mise en valeur des paysages
  • l’attractivité des territoires
  • l’accessibilité de l’espace rural
  • la préservation du patrimoine agricole
  • la protection de la biodiversité
  • la prestation de services destinés à la communauté

Bon pour la paysannerie…

Inutile de spécifier qu’il y a là une bonne partie des revendications de l’Union paysanne, depuis ses débuts. En effet, l’agriculture paysanne est une agriculture à vocation multifonctionnelle, par défaut, puisque ses objectifs sont entre autres d’occuper et animer le territoire, de soutenir la souveraineté alimentaire et la production locale, de protéger la biodiversité, etc. Voilà donc de belles possibilités de développements pour nos membres, que nous encourageons à aller s’informer davantage auprès de l’une des directions régionales du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation ou via le Web, références ci-dessous.

 

Pour en savoir plus :

Programme pilote d’appui à la multifonctionnalité de l’agriculture (MAPAQ)

Le ministre Pierre Corbeil annonce un soutien de 10 millions de dollars aux entreprises agricoles (11 avril 2011)

Marché public sur Internet – Le système développé par les Amies de la Terre

«Les marchés publics basés sur le système de commande en ligne développé par les Amies de la Terre en Estrie ont fait leur preuve. Ils sont en train de quadriller petit à petit le territoire québécois, grâce à une approche intelligente qui laisse une très large autonomie aux communautés qui adoptent le système. Villes en transition Coaticook a choisi ce projet de Marché public pour marquer son désir d’agir concrètement et en synergie avec les efforts déjà déployés par le milieu.»

Lire plus…

L’agroécologie «peut doubler la production alimentaire en Afrique en 10 ans»

Selon un rapport de l’ONU, les projets agricoles utilisant peu d’intrants, ne reposant pas sur les fertilisants chimiques et les pesticides, ont haussé de façon signifiante la production alimentaire en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud. Pour en savoir plus : Agroecological farming « can double food production in Africa over next 10 years » (Tom Levitt, The Ecologist).

Olivier De Schutter en appelle à un virage fondamental en faveur de l’agroécologie

«[8 mars 2011] GENÈVE – Ce mardi 8 mars, le Rapporteur spécial a présenté son rapport « Agroécologie et droit à l’alimentation » devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Fondé sur l’examen approfondi des plus récentes recherches scientifiques, ce rapport démontre que l’agroécologie peut doubler la production alimentaire de régions entières en 10 ans tout en réduisant la pauvreté rurale et en apportant des solutions au changement climatique. Le rapport appelle donc les États à entamer un virage fondamental en faveur de l’agroécologie comme moyen de répondre aux défis alimentaires, climatiques et de pauvreté dans le monde.»

Olivier De Schutter | Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation

Source : Rapport : agroécologie et droit à l’alimentation