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Accaparement des terres agricoles – les non-dits de…

MIRABEL, Le 23 janvier 2014. Nous sommes des agriculteurs et nous sommes inquiets par les démarches de l’UPA auprès du gouvernement afin de mettre en place une Société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ).

Cette Société aurait, par une loi, un droit de PRÉEMPTION, c’est-à-dire une priorité d’achat, sur toutes transactions de terres agricoles au Québec. Ce qui est non-dit dans ce projet est que cette Société aurait, par une loi, un droit de PRÉEMPTION, c’est-à-dire une priorité d’achat, sur toutes transactions de terres agricoles au Québec. Ce droit exclusif pourrait s’appliquer en tout temps et en toutes circonstances. Cette Société posséderait le droit d’acheter en priorité une terre qui est sollicitée par un producteur agricole existant ou un nouvel agriculteur ou tout autre acheteur intéressé.

La réalité est que la majorité des transactions de terres se réalisent entre agriculteurs. Quels critères seront établis par cette Société pour qu’elle utilise son droit de préemption? Nous savons très bien jusqu’où peuvent mener les abus, les non-sens, voire même la corruption qui pourraient survenir si des administrateurs d’une telle Société se retrouvent avec le pouvoir d’acheter des terres en priorité sur quiconque.

Considérant que le Québec agricole est sous un régime d’accréditation syndicale unique (monopole syndical) et que ce projet n’a pas fait l’objet d’une consultation des producteurs de la base, nous n’avons pas d’autres choix que d’exprimer nos points de vue différents de ceux de l’UPA. Par exemple, la Société détermine que tel agriculteur paye trop cher un vendeur: le droit de préemption est appliqué; tel autre agriculteur possède bien assez de terres selon la Société: le droit de préemption s’applique encore. Bien d’autres raisons pourraient être invoquées pour que cette Société utilise son droit de priorité d’achat. De plus, comme la Loi sur les producteurs agricoles est ainsi faite «qu’une seule association peut être accréditée» (Article 8 de la Loi sur les producteurs agricoles) seule l’UPA dictera les lois et règlements de cette Société.

Nous admettons que nous devons nous pencher sur «La loi sur l’acquisition des terres agricoles par des non-résidents» ou ajouter à cette loi le principe d’acquisition des terres par des non-agriculteurs, afin de continuer à favoriser que les terres restent entre les mains des ceux qui la cultivent. Cependant accorder le droit exclusif à une Société d’état d’acquérir une terre en priorité sur un agriculteur existant ou un futur agriculteur, n’est-ce pas là une pratique inacceptable dans notre société?

Note : Considérant que le Québec agricole est sous un régime d’accréditation syndicale unique (monopole syndical) et que ce projet n’a pas fait l’objet d’une consultation des producteurs de la base, nous n’avons pas d’autres choix que d’exprimer nos points de vue différents de ceux de l’UPA par voie de communiqué de presse.

 


 

Source : Réal Proulx, agriculteur, Mirabel (450) 258-3668 ou Marcel Proulx, agriculteur, St-Placide (450) 258-3916

 

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Invitation : Convergence sur la Justice Alimentaire à Montréal

Samedi le 5 octobre 2013 aura lieu à l’UQAM une convergence réunissant étudiants, professeurs, organisations communautaires et agriculteurs.

Ces derniers sont fortement invités à participer à l’événement afin que tous les acteurs désirant travailler ensemble à transformer le système alimentaire montréalais et les réseaux qui le desservent soient réunis.

 

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Pour plus d’informations :  http://convergence.jamontreal.com/convergence/

 

Le ministre Gendron envoie ses miettes aux terroirs

Lachute, 6 juin 2013. L’Union paysanne se désole des miettes annoncées aujourd’hui par le ministre François Gendron dans le cadre d’un nouveau Programme d’appui au développement des appellations réservées et des termes valorisants (PADARTV)1. Ce programme assorti d’une enveloppe budgétaire de 1,6 million de dollars, pour la période 2013-2016, constitue tout simplement une insulte aux artisans des terroirs.

Sur la même période de temps, l’Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) coûtera à l’état plus de 2 milliards de dollars pour simplement garantir les prix agricoles. Non pas pour améliorer le niveau de vie des agriculteurs ou encourager la diversification, mais seulement pour combler l’écart avec le marché.

C’est ce programme qui sclérose le modèle agricole québécois. Le gouvernement de Pauline Marois refuse de le modifier, favorisant au passage les intégrateurs au détriment de l’ensemble des agriculteurs. Malgré les recommandations du rapport Pronovost et du rapport St-Pierre, le gouvernement actuel ne semble pas avoir compris les attentes de la population du Québec en matière d’agroalimentaire. Le développement d’appellations réservées coûte au bas mot plus de 200 000$ sans compter tout le reste. Le montant alloué représente bel et bien des miettes.

Pour l’Union paysanne, la gestion de l’agriculture par le gouvernement Marois est pour l’instant une suite de profondes déceptions. Nous attendons encore une politique agricole qui reprendra les recommandations du rapport Pronovost, et qui redonnera aux agriculteurs et à la population une fierté, de la Terre à la Table.

 

1: http://bit.ly/111OJ0g

 


 

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Caroline Pageau
Administratrice
418-934-3361

 

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tous ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

Pièce-jointe : com-up_2013-06-06_appellations.pdf (92 ko)