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Agroécologie : la voie paysanne

Du 11 au 13 juin 2015, des délégués paysans d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques se sont réunis à Cantabria, dans une magnifique région montagneuse du nord de l’Espagne, pour une première réunion de travail du réseau des écoles d’agroécologie du mouvement paysan international La Via Campesina.

 

Lors de la rencontre, chaque délégué a présenté les écoles d’agroécologie de sa région en décrivant notamment le type de cours offerts, la philosophie et les méthodes pédagogiques privilégiées, les résultats accomplis et les défis. Les faiblesses, menaces, forces et opportunités de l’agroécologie ont également été discutées. Le principal résultat de la rencontre est un accord autour de la proposition de créer un groupe de travail « écoles d’agroécologie et articulation des processus de formation » au sein du collectif international d’agroécologie et semences paysannes de La Via Campesina. Chaque région désignerait une personne qui participera à ce nouveau groupe de travail. Cette proposition sera acheminée au Conseil de Coordination International (CCI) de La Via Campesina par les deux membres de la CCI qui participent au collectif international d’agroécologie et semences paysannes.

 

Aux quatre coins du monde, les écoles d’agroécologie initiées par des organisations membres de LVC misent sur la formation politique et technique, la méthodologie de paysan-à-paysan ainsi que la revalorisation de la paysannerie et son savoir-faire pour transformer le modèle agricole dominant. En tant que membre de La Via Campesina (LVC), qui signifie en espagnol « La voie paysanne », l’Union paysanne soutient l’intégration du Centre paysan au réseau des écoles d’agroécologie. Le Centre paysan vient d’annoncer sa première offre de formations depuis sa remise sur pied en mai 2014 sous forme de coopérative de solidarité. En tant que membre de l’Union paysanne et du Centre paysan, j’ai eu l’opportunité de représenter les deux organisations à la réunion, de présenter le travail du Centre paysan et de partager notre enthousiasme à l’idée de rejoindre ce réseau qui ne cesse de grandir. J’ai également présenté les projets d’agroécologie inspirants que mènent actuellement des organisations membres de LVC aux États-Unis.

 

Aux quatre coins du monde, les écoles d’agroécologie initiées par des organisations membres de LVC misent sur la formation politique et technique, la méthodologie de paysan-à-paysan ainsi que la revalorisation de la paysannerie et son savoir-faire pour transformer le modèle agricole dominant. Le but de LVC et de ses écoles est véritablement de soutenir l’émergence et le maintien des fermes paysannes et agroécologiques afin que leur contribution à nourrir la population mondiale et à préserver les ressources comme la terre, les semences, l’eau et la diversité biologique soit reconnue comme essentielle et donc soutenue adéquatement par des politiques publiques en vue de réaliser la souveraineté alimentaire. Bref, ces écoles sont en quelque sorte le bras éducationnel d’organisations paysannes travaillant au niveau politique et populaire à l’obtention du cadre (législatif, politico-économique, social, culturel) le plus favorable au maintien et à l’essor de la paysannerie.

 

À l’époque, tout syndicat agricole avait ses « agitateurs » qui parcouraient les villages, convoquaient et animaient des assemblées publiques pour créer une masse critique influente autour d’enjeux affectant les agriculteurs et leurs familles. Aujourd’hui, les syndicats agricoles canadiens démontrent une excellente analyse des politiques publiques, et si leur influence, c’est-à-dire leur capacité et efficacité de lobby, auprès des dirigeants politiques varie d’organisation en organisation, la tendance généralisée est à la baisse du nombre d’agriculteurs et donc au rétrécissement de la base des organisations agricoles.

 

En revalorisant la paysannerie et le partage horizontal de savoirs-faire traditionnels et innovants, l’agroécologie paysanne construit un mouvement exponentiel et organisé de paysans-formateurs. Mais avec la vague de « repaysannisationi » qui déferle à l’échelle mondiale depuis quelques années, où de plus en plus de jeunes et nouveaux agriculteurs reviennent à la terre en quête d’autonomie, la base potentielle s’élargit de nouveau. Cependant, si la culture politique et organisationnelle n’est pas transmise, elle se perd dans le vide intergénérationnel creusé entre des agriculteurs majoritairement âgés d’une cinquantaine d’année et des « néo-agriculteurs » qui ont en moyenne 38 ans et n’ont pas grandi sur une ferme (68%)ii. L’enseignement de l’agroécologie paysanne telle que portée par les organisations et écoles de LVC fait une place centrale à la mémoire, l’histoire, les leçons et la culture des luttes menées, gagnées ou perdues, des politiques et de leurs impacts, des pédagogies de sensibilisation et de conscientisation populaires, de l’organisation du travail coopératif, communautaire et syndical.

 

Aux côtés des formations axées uniquement sur les connaissances techniques, la spécificité des écoles d’agroécologie de LVC est donc notamment d’offrir un volet de formation politique visant à former des acteurs de changement dans la société, et plus spécifiquement des leaders et organisateurs rassembleurs dans leurs communautés et leurs organisations paysannes. Ce processus de transformation social est fondé sur la méthodologie de paysan-à-paysan qui rompt complètement avec les modèles imposant des savoirs de l’extérieur et/ou d’en-haut aux individus, par la professionnalisation des formateurs et/ou la hiérarchie des savoirs. En revalorisant la paysannerie et le partage horizontal de savoirs-faire traditionnels et innovants, l’agroécologie paysanne construit un mouvement exponentiel et organisé de paysans-formateurs.

 

Le modèle d’agroécologie développé par l’organisation paysanne cubaine ANAP a fait ses preuves et continue d’inspirer les nouvelles écoles du réseau des écoles d’agroécologie de LVC. En 2013, l’Union paysanne a envoyé 7 délégués à la rencontre internationale d’agroécologie bi-annuelle de l’ANAP, suivie d’une formation de La Via Campesina sur la méthodologie de paysan-à-paysan. Le comité international de l’Union paysanne s’apprête, en collaboration avec le Centre paysan, à y envoyer une nouvelle délégation cet automne et nous espérons avoir des représentants de toutes les régions du Québec. Restez à l’affût!

 

En savoir plus

 

Références

i : Lecture sur le sujet:  Van der Ploeg Jan Douwe (2014). Les Paysans du XXIe siècle: Mouvements de repaysannisation dans l’Europe d’aujourd’hui. ECLM,  214 pages.

ii : Ces chiffres sont le résultat d’un sondage effectué par la Coalition pancanadienne pour les nouveaux fermiers et les nouvelles fermières qui fut circulé aux membres de l’Union paysanne et à laquelle l’aile jeunesse de l’Union paysanne participe. Pour en savoir plus sur leur démarche : nfu.ca/blog/new-farmer-coalition-survey

 

SW photo spain

par Stéphanie Wang
Membre du Comité international de l’Union paysanne
Membre du Conseil d’administration du Centre paysan

 

Peut-on parler de progrès dans la nouvelle Alliance? En tout cas des petits producteurs laissés pour compte!!

Appel des organisations de la société civile à leur Gouvernement concernant la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition en Afrique

Malgré les progrès que nous avons pu constater dans le cadre de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, lancée par le G8 il y a plus de deux ans, notre évaluation de ce processus demeure inchangée : la Nouvelle Alliance sape effectivement la sécurité alimentaire, la nutrition et l’évolution de la réalisation du droit à l’alimentation Afrique. Les premières recherches sur le terrain montrent un écart considérable entre le développement en tant que tel et les impacts constatés. Il n’y a aucun signe indiquant que la Nouvelle Alliance sort véritablement les populations africaines de la pauvreté, par contre l’engagement visant à promouvoir la puissance du secteur privé a visiblement bien abouti. Bien que le discours de la Nouvelle Alliance se réfère au programme de développement de l’agriculture africaine (PDDAA), nous voyons clairement que les petits producteurs ont été écartés de ces processus et composants du PDDAA qui normalement devaient les avantager.

Lorsque la nouvelle alliance a été inauguré aux Etats-Unis à Camp David en 2012, il est immédiatement devenu évident que cette initiative servait essentiellement à permettre aux sociétés privées d’influencer la politique agricole pour faire avancer leurs propres intérêts. Les gouvernements africains sont donc contraints d’adopter des réformes dans leur politique intérieure qui faciliteront les investissements de grandes entreprises au détriment de ceux qui font réellement la majeure partie des investissements, à savoir les petits producteurs eux-mêmes.

Ces profonds changements législatifs et politiques menacent le contrôle qu’ont les petits agriculteurs sur la terre et les semences, marginalisent les marchés locaux et entraînent la perte de la biodiversité et de la fertilité des sols, au détriment des moyens de subsistance des communautés locales. Ils ne feront qu’exacerber le climat futur et les chocs économiques pour les petits agriculteurs, au lieu de construire leur résilience pour faire face à de tels chocs. Ils sont faits sans débat national, sapant ainsi les structures démocratiques.

Le niveau d’engagement et de mise en œuvre des donateurs et des entreprises est uniquement mentionné dans la synthèse du rapport d’activité 2013-14 : ce qui montre le manque de transparence de la Nouvelle Alliance et rend extrêmement difficile une réelle vue d’ensemble de cette mise en œuvre pour la société civile.
Cependant, les premiers cas concrets indiquent que la Nouvelle Alliance est loin d’être un outil efficace pour aider les petits agriculteurs.

 

Par exemple :

Au Burkina Faso, l’engagement concernant le développement et la réhabilitation des terres irriguées dans le projet relatif à la croissance du Pôle de Bagré est principalement réservé aux gros investisseurs de l’agroalimentaire ; seul 22% (2 790 ha) des terres sont disponibles pour les petits agriculteurs. Habituellement, ces agriculteurs n’ont qu’1 à 4 ha de terrain et n’ont quasi aucune chance d’obtenir plus au Malawi, l’élargissement des investissements à la culture du tabac par les multinationales est présenté comme une contribution à la sécurité alimentaire, et l’engagement pour améliorer l’accès à la terre a été mis en œuvre en mettant à disponibilité 200 000 ha de terres pour l’agro-industrie5; quant à la nécessité d’adopter le  « Tenancy Labour Bill » comme un instrument essentiel pour assurer les droits de bases aux locataires et aux travailleurs minimales : il a été ignoré dans l’accord-cadre de coopération. en Tanzanie et au Mozambique, de nouvelles lois sur les semences vont être mises en place et rendront illégales à l’avenir les échanges de semences d’agriculteur à agriculteur. Des processus similaires sont en cours dans d’autres pays, comme le Ghana et le Malawi.

Ces données confirment notre analyse : la Nouvelle Alliance ne tient pas compte des systèmes alimentaires diversifiées et durables des petits agriculteurs, qui eux offrent un potentiel réel pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique. Au contraire, elle encourage les approches nuisibles à l’environnement et à l’agriculture qui assoient le pouvoir des entreprises.

 

Nous vous invitons donc à revoir votre engagement dans la Nouvelle Alliance et à prendre les mesures suivantes :
  1. Stopper les remaniements juridiques et politiques qui facilitent les investissements fonciers à grande échelle et qui empêchent les petits agriculteurs de conserver, échanger et vendre leurs semences
  2. Arrêter toute expansion de la Nouvelle Alliance. Aucun des accords-cadres de coopération ne doivent être développées
  3. Examiner les projets existants et les indicateurs de réforme de la politique avec la participation significative des populations les plus touchées, et se retirer de ceux qui n’arrivent pas à promouvoir le droit à l’alimentation et les droits fonciers légitimes des femmes des communautés, ou qui donnent la priorité aux intérêts commerciaux au détriment des personnes vulnérables et de l’environnement
  4. Rendre public les lettres d’intention des sociétés participant à la Nouvelle Alliance, afin de permettre un débat public légitime sur les impacts probables et l’évaluation de la Nouvelle Alliance
  5. Soutenir les investissements propres aux petits producteurs, tel que recommandé par le Comité sur la sécurité alimentaire mondiale, en mettant les femmes, les petits agriculteurs et les autres groupes marginalisés au centre de toute stratégie et projet futurs pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique; faire en sorte que les études concernant les droits de l’homme et l’impact environnemental soient effectués de façon à assurer que les projets soient mis en œuvre sans qu’ils aient de répercussions négatives sur les droits de l’homme et l’environnement.
  6. Favoriser l’adoption des pratiques agro-écologiques par les petits agriculteurs pour renforcer la résilience via la recherche participative en agro-écologie, la diffusion de connaissances entre agriculteurs sur l’agriculture écologique, et le renforcement des capacités de vulgarisation des pratiques de l’agriculture écologique afin que les agriculteurs soient bien conseiller sur les pratiques l’agro-écologie.

 

Pièce-jointe :

StatementG8NA2014.pdf

 

Assemblée des Opprimés, le 5 décembre 2011, Durban, Afrique du Sud

Déclaration de La Via Campesina – Nous, l’Assemblée des Opprimés, sommes réunis ce jour pour revendiquer la réforme du système capitaliste néolibéral dans son ensemble. La lutte contre le changement climatique est une lutte contre le capitalisme néolibéral, la paysannerie sans-terre, la dépossession, la faim, la pauvreté et la recolonisation des territoires des peuples d’Afrique et des pays du Sud.

Nous nous sommes  réunis pour faire savoir que l’action directe est la seule arme que possède les peuples opprimés permettant de mettre fin à l’oppression dans le monde et ce sous toutes ses formes.

Nous sommes réunis ici, à Durban, Afrique du Sud, où se tient la 17ème Conférence des Parties des Nations Unies pour débattre des mauvaises solutions proposées visant à faire face au changement climatique. Et nous constatons que l’avenir de la planète Terre et de l’humanité est en danger car les principaux responsables tentent d’échapper à leurs responsabilités et de faire table rase des faits.

Nous, La Via Campesina, mouvement international de paysans et paysannes, pratiquant une agriculture paysanne familiale durable,  sommes totalement consternés par le refus réitéré des pays développés et leurs tentatives de se soustraire à leur devoir historique pour lequel ils devraient fournir un réel effort de réduction des émissions, au lieu de promouvoir de fausses alternatives à la crise climatique, dictées par les conditions du marché.

Ici, à Durban,  les discussions portent sur la mise en place d’un « nouveau mandat ». Un mandat comportant des mécanismes commerciaux et un système d’engagement volontaire, ce qui permet de ne pas appliquer le programme obligatoire en vue de  l’élaboration d’engagements juridiquement contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus, les pays développés persistent dans leur refus d’assumer leur responsabilité historique et de payer leur dette climatique. Ils soutiennent  la création d’un « fonds vert pour le climat » (GCF)  impliquant des capitaux privés et la Banque Mondiale. Enfin, il existe une volonté d’inclure l’agriculture dans les négociations mais en la considérant en termes de puits de carbone et non comme une source de nourriture ou un moyen d’assurer la souveraineté alimentaire.

Aux yeux de La Via Campesina, et considérant la tournure que prennent les négociations, il est préférable de ne rien signer plutôt que de signer un accord qui condamnerait l’humanité et la planète à un avenir avec des catastrophes climatiques.

Actuellement, l’heure est très grave pour l’agriculture et les petits producteurs, tout comme pour l’environnement. Les conséquences du changement climatique deviennent de plus en plus sévères, causant de mauvaises récoltes, la destruction des foyers et des habitats naturels, la famine et la mort. L’avenir de l’humanité et de notre planète est fortement menacé. Si ces mauvaises résolutions voient le jour, l’impact sera désastreux sur la nature, les générations futures et la planète toute entière.

Voici donc les revendications que nous portons à la connaissance des gouvernements participants aux négociations:

  • Nous appelons les pays du Sud,  à prendre la défense de leurs  propres peuples et des peuples du monde ainsi que celle de la planète avec dignité et conviction. De ce point de vue, le gouvernement d’Afrique du Sud a déjà abandonné et vendu son peuple aux spéculateurs.
  • Nous appelons les pays développés à assumer leur responsabilité historique à l’origine de cette crise climatique et de payer leur dette climatique, ainsi que de s’engager sur un objectif de réduction d’au moins 50% de leurs droits d’émissions par rapport aux niveaux de 1990 et ce sans condition et en excluant les marchés du carbone ou tout autre mécanisme de compensation.
  • Nous appelons les gouvernements à ne plus subventionner une agriculture industrielle qui engendre pollution et changements climatiques par l’usage massif qu’elle fait des produits pétrochimiques.
  • Nous appelons les gouvernements à promouvoir et subventionner l’agro-écologie.
  • Nous appelons tous les pays à écouter et à travailler pour le peuple, à cesser d’œuvrer sous le contrôle des grandes multinationales.
  • Nous appelons tous les pays à renoncer à vouloir sauver le système capitaliste et à ne plus faire payer  le peuple, y compris les petits producteurs, pour les conséquences de la crise économique et financière.
  • Nous, La Via Campesina, demandons la mise en œuvre de l’Accord des Peuples de Cochabamba. Et ici, aujourd’hui, à Durban et ou ailleurs, nous réitérons avec force nos solutions face aux effets de la crise climatique :
  • Le réchauffement de la planète doit être limité seulement à 1 degré Celsius.
  • Les pays développés doivent réduire d’au moins 50%  leurs droits d’émissions par rapport aux niveaux de 1990 et ce sans conditions et en excluant les marchés du carbone ou tout autre mécanisme de compensation.
  • Les pays riches doivent s’engager à rembourser la dette climatique avec un plan de financement à hauteur d’au moins 6% de leur PIB. Les fonds destinés au financement de la lutte contre les effets du changement climatique doivent être d’ordre publique, et ne peuvent être contrôlés par la Banque Mondiale ou d’autres entreprises privées.
  • Tous les mécanismes de marchés doivent être stoppés, y compris les programmes REDD, REDD++ et les marchés du carbone envisagés dans le programme pour l’agriculture.
  • Nous affirmons de nouveau qu’il ne peut y avoir de solution aux effets des changements climatiques ainsi qu’au système néolibéral prédateur qui en est la cause, sans une libération totale des femmes, des paysannes en particulier, du joug ancestral du patriarcat et de la discrimination sexiste.  Ainsi, nous exigeons une action d’ensemble contre le patriarcat et le sexisme :
  • Que l’on donne aux  femmes l’accès à la terre et à leurs droits de propriété par le biais d’un processus de redistribution choisie.
  • Les lois et les politiques doivent répondre aux besoins spécifiques des femmes.

Nous, La Via Campesina, exigeons qu’un terme soit mis à la marchandisation de notre Planète Terre. Nous rejetons les mécanismes des marchés du carbone. De plus, nous rejetons la possibilité d’inclure dans les négociations un programme de travail spécifique sur l’agriculture comme cela est aujourd’hui envisagé. Nous rejetons également tous les mécanismes de marché envisagés autour de l’agriculture.

Nous, La Via Campesina et les peuples du Monde, détenons les solutions à la crise climatique et nos appelons les gouvernements à les prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard. A l’occasion de cette Assemblée des Opprimés, nous tenons à dire aux peuples du monde que la solution est entre leurs mains. C’est à travers la création de mouvements sociaux et la mobilisation des peuples dans la lutte pour le changement social que les peuples du monde viendront à bout de cette alliance mortifère entre les gouvernements et les entreprises multinationales.

En ce moment même en Afrique, cette alliance est en train de commettre l’une des plus grandes spoliations que l’histoire ait connues, en privant les paysans de leurs terres. Et nous savons ce qu’un tel accaparement des terres implique : plus d’agriculture industrielle, plus de pauvreté et d’exploitation, ainsi que l’augmentation des effets du changement climatique.

A ce stade, la seule contre-attaque possible est l’occupation des terres à l’initiative des  paysans sans-terre eux-mêmes. Du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la réforme agraire et de la justice climatique, ces occupations méritent tout notre soutien.

L’agriculture paysanne durable et l’agro-écologie contribuent au refroidissement de la planète !

La souveraineté alimentaire est la solution !

L’agriculture paysanne n’est pas à vendre !

Globalisons la lutte ! Globalisons l’espoir !

L’agroécologie «peut doubler la production alimentaire en Afrique en 10 ans»

Selon un rapport de l’ONU, les projets agricoles utilisant peu d’intrants, ne reposant pas sur les fertilisants chimiques et les pesticides, ont haussé de façon signifiante la production alimentaire en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud. Pour en savoir plus : Agroecological farming « can double food production in Africa over next 10 years » (Tom Levitt, The Ecologist).