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Enfin une enquête sur l’industrie du sirop d’érable

Lachute, mardi 19 mais 2015. L’Union paysanne salue l’initiative du ministre Pierre Paradis de mandater Florent Gagné pour faire un rapport complet sur l’industrie acéricole du Québec. Rappelons que cette enquête répond à l’insistance de l’Union paysanne qui demande depuis des mois qu’on se penche sur le secteur acéricole.  «Les pertes sur les marchés mondiaux, les poursuites contre des acériculteurs, l’effet de cartel de l’agence de vente de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, autant de raisons qui demandaient des actions», souligne Daniel Gaudreau, acériculteur de l’Estrie.

Le problème du sirop d’érable, selon l’Union paysanne, est un épiphénomène du monde agricole. La source semble provenir de la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec (RMAAQ) qui ne jouerait pas son rôle. Dans le cas du sirop d’érable, des signaux d’alarme ont été levés par des acériculteurs et par l’industrie depuis des années sans que la RMAAQ ne bouge.

«Le rôle et le leadership de la Régie des marchés agricoles doivent être revus par le ministre,» souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. «Agence de vente obligatoire dans le sirop, faillite de Colbex-Levinoff et autres dossiers lui sont passés entre les mains ces dernières années sans qu’elle joue son rôle de garde-fou», continue le président de l’Union paysanne.

L’Union paysanne assure au ministre Paradis son entière collaboration afin que tout le secteur acéricole sorte gagnant de cette enquête. «Il n’est jamais trop tard pour bien faire, par contre je ne sais pas s’il est trop tard pour moi et si mon entreprise survivra jusqu’à la fin de l’enquête» dit Steve Côté de Sawyerville qui s’est fait saisir toute sa production par la FPAQ, une troisième fois en trois ans.

Nous attendrons  les détails du mandat qui sera confié à Florent Gagné. Dans l’intervalle nous l’invitons à rencontrer Normand Bolduc, ancien fonctionnaire qui avait été mandaté il y a 10 ans pour faire enquête sur le secteur acéricole et dont le rapport avait été tassé. Son témoignage serait assurément éclairant.

 

Pièce-jointe : com-up_2015-05-19_enquete-sirop.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Daniel Gaudreau
Représentant Acéricole
819-657-4528

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 

Sirop d’érable: L’Union paysanne demande une enquête au ministre Paradis.

Lachute, lundi 9 février 2015. Le 27 janvier dernier, l’Union paysanne a émis un communiqué dénonçant le rôle de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) dans l’érosion de la place du sirop d’érable québécois sur les marchés mondiaux.  À la suite de ce communiqué, nous avons reçu plus d’une cinquantaine de témoignages, certains troublants, venant confirmer le mauvais climat qui prévaut dans l’industrie de l’érable. Les faits rapportés renforcent la prévision de perte accrue de marché dans les années à venir.

L’enjeu est de taille. « S’il s’avère que l’agence de vente de la FPAQ est responsable de la perte des marchés acéricoles du Québec, le ministre Pierre Paradis devra bouger » souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne.

Depuis plus de 10 ans, les griefs contre la FPAQ et son agence de vente s’accumulent, les pertes de marché aussi. Les producteurs acéricoles n’arrivent toujours pas à se faire payer en entier et le nombre d’entreprises qui transfèrent aux États-Unis ou dans les provinces voisines est en croissance. « Quel entrepreneur accepterait année après année de ne pas être payé en entier », ajoute Daniel Gaudreau représentant de l’Union paysanne acéricole. En acériculture au Québec, ça dure depuis 10 ans. C’est ce qui explique pourquoi un très grand nombre de producteurs acéricoles contournent l’agence, un peu, beaucoup, passionnément.

Si on ajoute que les fabricants de matériel acéricole font des affaires d’or à l’extérieur du Québec en raison de la croissance des marchés de production, de transformation et de distribution, que le Nouveau-Brunswick a débloqué 1000 hectares par année en forêt publique pendant quatre ans pour l’ajout de nouvelles entailles, que les États-Unis donnent accès à des subventions pour le développement de nouvelles érablières, on comprend alors que la situation ne va pas s’améliorer. Ajoutez à tout cela la mauvaise stratégie de prix artificiellement élevés de la FPAQ et vous vous assurez de poursuivre la dégringolade de notre fleuron alimentaire québécois.

Rien de tout cela n’est caché, les analyses et commentaires du Conseil de l’industrie de l’érable, les chiffres du rapport Fortin-Lavoie, les avis de ceux s’occupant du financement d’entreprise acéricoles, etc. 10 années d’avis, de signaux du marché et pourtant rien ne bouge.

L’Union paysanne demande donc officiellement au ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, de…

A. Déclencher dans les plus brefs délais une enquête sur l’agence de vente de la FPAQ afin de déterminer si, dans sa structure actuelle, elle nuit à la pérennité du secteur acéricole.

L’Union paysanne demande à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec…

B. de confier l’application du plan conjoint de la FPAQ à un comité de 4 personnes provenant du secteur de la production, des producteurs-transformateurs, de la transformation et de la distribution comme le lui permet l’article 38 de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche * (Cette recommandation avait déjà été faite en 2005 dans le rapport Bolduc)

Durant le temps de l’enquête, nous demandons à la RMAAQ de…

C. surseoir à toutes les poursuites et enquêtes amorcées par la FPAQ contre des producteurs acéricoles.

Nous demandons également au ministre Pierre Paradis, en raison de l’implication active qu’elle a eue dans le fiasco Colbex-Levinoff et dans l’implantation de l’agence de vente de la FPAQ, que…

D. Françoise Gauthier, présidente de la RMAAQ et ex-ministre de l’Agriculture, ne siège plus dans aucun dossier concernant l’acériculture ou le secteur bovin.
E. Qu’une enquête interne au MAPAQ détermine les raisons du départ de Normand Bolduc, ex-président de la Table filière acéricole dont le rapport fut mis de côté par Françoise Gauthier alors qu’il avait été appuyé par l’ensemble de la filière hormis la FPAQ.

Finalement, à la lumière des déboires de la Fédération des producteurs de bovins du Québec dans le dossier Colbex-Levinoff et de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec dans le sirop d’érable, l’Union paysanne demande au ministre Pierre Paradis de :

F. Mettre sur pied un comité qui verra à déterminer si la RMAAQ ne manque pas d’outils afin de jouer efficacement son rôle de garde-fou du secteur agricole et alimentaire du Québec.

Dans l’attente des actions du ministre Paradis, l’Union paysanne soutiendra dans les semaines à venir le développement de sa branche acéricole afin de regrouper un maximum d’acériculteurs dans une force organisée et active.

 

Pièce-jointe : com-up_2015-02-09_Sirop.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.

 


 

 

Aide-mémoire

«Ce qu’il faut savoir cependant, c’est que depuis des mois,  l’entourage de la Ministre elle-même nous incite à manifester et à étirer les procédures en prévision de «changements qui ne sauraient tarder». Des producteurs se  sont fait conseiller de ne pas payer les pénalités qu’on leur réclame ou de faire remettre leur comparution. Pour justifier ces délais, on nous a annoncé la nomination imminente d’un nouveau président et de nouveaux régisseurs à la Régie des marchés. La Ministre Gauthier elle-même, lors d’un souper-bénéfice, a encouragé un groupe de producteurs à manifester pour lui permettre de justifier une intervention. Mais il ne se passe toujours rien, bien au contraire,  et nous risquons tous d’écoper pour avoir obéi à ces promesses. Extrait, lettre au Premier ministre Jean Charest,  Union paysanne acéricole, 17 septembre 2004.

  • Au Québec, le potentiel de production est évalué à près de 100 millions d’entailles, soit presque 2,5 fois le nombre d’entailles actuel. Cependant, il y a lieu de noter que le potentiel de développement est encore plus grand du côté américain, où il est estimé à près de 2 milliards d’entailles, ce qui en fait un important concurrent potentiel. source:  Monographie de l’industrie acéricole du Québec (2e édition 2011).
  • La concurrence américaine est une importante préoccupation pour l’industrie québécoise de l’érable. En effet, les taux de croissance annuels moyens de plusieurs indicateurs de production des États-Unis (nombre d’entailles, rendement à l’entaille et production de sirop) ont été largement supérieurs à ceux du Québec durant ces cinq dernières années. source « Monographie de l’industrie acéricole du Québec (2e édition 2011)
  • Selon le Conseil de l’Industrie de l’Érable, le principal défi que l’industrie de l’érable du Québec doit relever au cours des prochaines années est la concurrence de plus en plus importante des producteurs des États-Unis dont la production ne cesse de croître. À ce titre, le CIE précise que les entreprises américaines se procurent des équipements de pointe et visent à augmenter encore leur niveau de production. Cette croissance aura des conséquences pour les transformateurs du Québec car :
    • comme les prix au Québec sont régis par une Convention de mise en marché et donc connus de tous, les américains peuvent déterminer leurs prix en conséquence;
    • ces prix étant inférieurs, il y a un risque pour le Québec de perdre des parts de marché;
    • lorsque le volume de la production américaine sera suffisant (certains prévoient d’ici 2016), il y a risque que des tarifs douaniers soient imposés à la frontière américaine sur les produits du Québec, limitant ainsi les exportations. source « rapport d’évaluation périodique acériculture-RMAAQ 2011.
  • «..les parts de marché du Québec sont passées de 78 %, lors de la période 2002 à 2006, à 69 % pour la période 2010 à 2013.»  source: rapport Forest-Lavoie 2014
  • «…le Québec dépend beaucoup des marchés d’exportation dans la mesure où environ 85 % de la production acéricole québécoise est écoulée sur ces marchés (États-Unis et autres pays). Bien que les États-Unis représentent la part du lion des exportations acéricoles québécoises (et canadiennes), les volumes de produits acéricoles exportés vers ce pays sont en stagnation depuis 2007. » source: rapport Forest-Lavoie 2014

source: Évaluation périodique 2007 RMAAQ

Les deux éléments centraux du mémoire du CIA sont le climat de confiance déficient au sein de l’industrie acéricole et le manque de transparence des actions de la FPAQ. En ce qui concerne le climat régnant dans le secteur acéricole, le mémoire cite plusieurs extraits du rapport de l’évaluation périodique précédente paru en février 2003.

En résumé, le Conseil rappelle que la Régie constatait alors un climat tendu entre les intervenants de l’industrie et recommandait que la Filière soit la structure permettant la concertation et le développement durable de l’acériculture au Québec. Quant au manque de transparence de la Fédération, le Conseil cite à nouveau des éléments du précédent rapport de l’évaluation périodique, dont l’énoncé qui suit : « Pour contribuer à l’amélioration du climat de confiance entre la Fédération et les intervenants, la Régie recommande à la Fédération de faire des efforts requis pour améliorer la transparence de l’application de la convention et des règlements qu’elle a adoptés et en diffuser les résultats »

source: évaluation périodique 2011 RMAAQ

  • Néanmoins, le CIE indique que certains points doivent être mentionnés, notamment :
    a) Le manque de transparence et le climat de confiance : Malgré une amélioration, le CIE estime que le climat de confiance et la transparence des actions de la Fédération demeurent déficients.
    b) Le nombre de griefs devant la Régie : Le CIE relève que le nombre de griefs déposés par la Fédération devant la Régie demeure important en comparaison avec les autres productions. Il indique que le sirop transigé au noir constitue une grande menace pour l’industrie d’où la nécessité de comprendre les raisons qui favorisent le marché noir afin d’apporter les correctifs requis.

 

 

Producteur acéricole québécois prisonnier - Dessin de Mcleod (2004)

La domination du sirop d’érable québécois menacée

Lachute, mardi 27 janvier 2015.  « La domination québécoise dans le sirop d’érable est en péril et la Fédération des producteurs de sirop d’érable du Québec (FPAQ) en est la grande responsable. » C’est en ces termes que s’est exprimé aujourd’hui le président de l’Union paysanne, Benoit Girouard, après la lecture de l’article « Mise en marché collective du sirop sous surveillance » parue sur le site web de la Terre de Chez Nous de vendredi dernier.

L’article souligne que la FPAQ va, en 2015,  intensifier ses poursuites contre des producteurs acéricoles qu’elle accuse de contourner le système de  mise en marché collective qu’elle leur a imposé. L’Union paysanne dénonce cette vendetta qui se poursuit depuis plus de 10 ans. Les producteurs ciblés sont des entrepreneurs, étouffés dans le cartel légalisé que la fédération a établi autour du sirop d’érable québécois. Malheureusement, la mise en marché collective pratiquée par les fédérations de l’UPA n’a rien à envier aux régimes totalitaires.

L’Union paysanne croit que la FPAQ panique de plus en plus à mesure que nos prédictions de 2005 se réalisent l’une après l’autre. C’est ce qui explique la campagne de désinformation de la FPAQ auprès des producteurs et de l’industrie acéricole. L’Union paysanne tient aujourd’hui à rétablir une partie des faits.

Dès l’instauration des quotas de production par la FPAQ, nous avions annoncé que le Québec allait perdre tranquillement sa domination sur le marché mondial. Eh bien le rapport de la firme Forest Lavoie, dévoilé récemment et commandé par la Fédération elle-même, confirme les dires de l’Union paysanne.

«..les parts de marché du Québec sont passées de 78 %, lors de la période 2002 à 2006, à 69 % pour la période 2010 à 2013.»

Cette perte de part des marchés mondiaux était prévisible dès le départ et n’importe quel économiste sensé pouvait anticiper cette chute. Dans une économie de libre marché, la FPAQ a mis sur le dos des acériculteurs québécois un système de quota qui a restreint le développement de centaines d’entre eux. Le rapport Forest Lavoie témoigne des réalités du marché de façon nette.
«…le Québec dépend beaucoup des marchés d’exportation dans la mesure où environ 85 % de la production acéricole québécoise est écoulée sur ces marchés (États-Unis et autres pays). Bien que les États-Unis représentent la part du lion des exportations acéricoles québécoises (et canadiennes), les volumes de produits acéricoles exportés vers ce pays sont en stagnation depuis 2007. »

Alors que la FPAQ accuse depuis des années les autres états limitrophes de profiter de son système de quota, il faut plutôt comprendre qu’après avoir mis le feu en tout illogisme économique, la FPAQ accuse les voisins de se sauver des flammes.

Déjà, en 2005, l’économiste Pierre Fortin, après analyse, écrivait : «l’impact d’un contingentement(quota) de la production sur la situation financière des entreprises est négatif, et il est d’autant plus important que l’entreprise est de plus grande taille..»

Pour ajouter aux erreurs économiques de base, la FPAQ a bâti autour du sirop d’érable une administration à laquelle se rattachent une série de prélevés syndicaux, de frais de mise en marché et de gestion faisant artificiellement augmenter le coût de production du sirop d’érable québécois. Un système que les producteurs acéricoles des états voisins n’ont pas à supporter et dont le résultat logique est confirmé par le rapport Forest Lavoie.

«Comparativement, durant la période 2010 à 2013, les producteurs acéricoles québécois ont reçu un revenu inférieur, par livre produite, aux producteurs des États-Unis,
du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario.»

Les acériculteurs québécois se retrouvent donc piégés avec d’un côté l’incapacité de développer leur entreprise à armes égales avec les états voisins et de l’autre la dure réalité que les États-Unis possèdent près de la moitié des entailles potentielles exploitables à court terme de l’Amérique du Nord. Ils en exploitent seulement 6 % actuellement.
 (source rapport Forest-Lavoie)

Au final, ceux qui ont compris depuis le début que le système de la FPAQ allait malmener leur entreprise et tout le secteur acéricole sont qualifiés maintenant de contrevenants. Comme la FPAQ l’a indiqué, ils doivent s’attendre en 2015 à être pourchassés par leur syndicat, comme c’est le cas depuis près de 15 ans. «Pour nous, les «filous» sont en fait, pour la plupart, des entrepreneurs à qui nous devrons peut-être un jour d’avoir sauvé l’acériculture du Québec.» termine le président de l’Union paysanne.

L’Union paysanne dévoilera sous peu une plus large stratégie afin de permettre au secteur acéricole de souffler. Une chose est sûre, notre organisation ne restera pas sans bouger devant la liquidation pure et simple de notre fleuron agricole. La FPAQ devra un jour être jugée pour avoir conduit l’acériculture du Québec dans un cul-de-sac.

Mai05 2

Pièce-jointe : com-up_2015-01-27_Sirop.pdf

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.