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Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada

Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada

Document de réflexion de l’Union paysanne

Le document Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada propose des pistes de réflexion sur les enjeux reliés au système de gestion de l’offre au Canada et ses impacts sur les fermes, les paysans et la relève agricole.

Extrait (Introduction)


Depuis 10 ans, la gestion de l’offre des produits agricoles canadiens voit les critiques se multiplier à son égard. Que ce soit la valeur prohibitive des quotas, le manque d’espace pour les nouveaux agriculteurs ou encore les entraves au commerce, les flèches ne manquent pas.

Traiter de l’ensemble des récriminations envers la gestion de l’offre et de leurs possibles solutions dans un seul document charcuterait inévitablement le propos. Du fait de son gigantisme, de son importance, et aussi de ses différences entre les provinces, il importe de cibler des parties de la gestion de l’offre afin de mieux en traiter. C’est le choix que nous avons fait en ciblant une tangente qui traverse l’ensemble du Canada, c’est-à-dire une lente cartellisation de la gestion de l’offre.

Entrer en production dans ce secteur n’a jamais été aussi difficile, voire impossible en termes de survie économique. Comme les chiffres le démontreront plus loin, les quotas sont inaccessibles et bloquent l’entrée à ceux qui voudraient se lancer en production. De plus, certains mécanismes en place tendent plus à garder les portes fermées qu’à les ouvrir réellement et durablement à une relève agricole.

C’est cette lente cartellisation qui, selon nous, constitue le plus important facteur de risque pour l’avenir de ce système. Elle crée pratiquement plus d’exclus que d’inclus, autant au niveau de la relève agricole que des consommateurs dont les créneaux de marché ne sont pas desservis. Ainsi, les dépositaires de la gestion de l’offre se sont nui à eux-mêmes en s’éloignant de la vocation sociale de ce qui leur avait été confié.

Il nous est apparu d’autant plus important d’agir que les discussions sur la gestion de l’offre sont depuis très longtemps prises en otage par deux groupes aux visions opposées. D’un côté, ceux qui voudraient y mettre fin sans préserver quoi que ce soit (souvent des think tanks et des économistes associés à une droite économique), et de l’autre ceux qui souhaitent la préserver telle quelle (détenteurs de quotas et regroupements de producteurs agricoles).


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GO-2-0-Couverture

Lancement : Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada

GO-2-0-CouvertureLachute, mardi 2 décembre 2014 L’Union paysanne est fière de dévoiler aujourd’hui un document de réflexion et de proposition visant à rénover le système de gestion de l’offre canadien : « Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada ».

La trame de fond de ce document nous pousse à dire que la gestion de l’offre est en danger. À moins de bouger, nous assisterons dans les prochaines années à une fragilisation de ce système, dont la chute ouvrira toutes grandes les portes au libre marché dans l’agriculture, ce qui n’est ni à l’avantage de la population, ni des agriculteurs. La menace est double…

En premier lieu, la cartellisation de la gestion de l’offre par les offices de producteurs récolte jour après jour plus d’opposants en faisant plus d’exclus que d’inclus. Leur refus d’ouvrir le secteur et de le partager réellement avec une relève agricole renforce cette cartellisation. Rappelons que la gestion de ce système leur a été confiée et qu’elle constitue un privilège rare dans une société.

L’Union paysanne refuse de rester les bras croisés et d’assister à l’agonie d’un système qui, malgré des défauts, demeure une excellente façon de poursuivre un idéal de souveraineté alimentaire. En second lieu, le gouvernement fédéral qui, derrière les traités internationaux, quoi qu’il en dise, transforme petit à petit la gestion de l’offre en gruyère. On voudrait asphyxier la gestion de l’offre qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

L’Union paysanne refuse donc de rester les bras croisés et d’assister à l’agonie d’un système qui, malgré des défauts, demeure une excellente façon de poursuivre un idéal de souveraineté alimentaire.

Nous ne nous positionnons pas aujourd’hui en donneurs de leçon. Nous avons commencé par écouter, depuis plus de dix ans, les agriculteurs qui en vivent, ceux qui souhaiteraient en faire partie et finalement ceux qui voudraient avoir une place à côté. C’est de ces nombreux échanges, colloques et débats que ce document est issu. Il ne termine pas la discussion, il la commence. Il ne propose pas tout, mais cible des éléments porteurs, en particulier pour le Québec, qui apparaît comme la province la plus rigide en matière de gestion de l’offre.

Deux propositions nous apparaissent prioritaires: premièrement, qu’une commission nationale sur la gestion de l’offre soit organisée par le gouvernement fédéral afin de permettre à l’ensemble des Canadiens de s’exprimer sur le sujet. Après plus de 40 ans, il est temps de faire le point. Advenant l’absence de mouvement du fédéral, nous invitons les provinces à amorcer des discussions sur le sujet.

Il nous apparaît urgent de trouver une troisième voie, une nouvelle voie qui permettrait à la fois de protéger la gestion de l’offre et de donner de l’espace aux jeunes, aux régions, aux agriculteurs biologiques, à l’agriculture locale et aux paysans. Deuxièmement, la production hors quota doit être augmentée dans chaque production afin de donner de l’espace à la relève agricole, aux paysans, aux nouvelles productions et aux régions. Cette recommandation vaut particulièrement pour les provinces à la traîne des provinces de l’Ouest qui font un effort réel en ce sens. Le hors quota, qui concerne en fait l’ensemble de la population d’une province, ne doit plus être déterminé par les offices de producteurs, mais par le ministère responsable de l’Agriculture de chaque province.

Nous lançons donc aujourd’hui ce document,  mais c’est en fait le bâton de pèlerin que nous prenons. La gestion de l’offre est issue du Québec et a lentement gagné le reste du Canada. Nous espérerons qu’il pourrait en être pareil aujourd’hui. Le document sera d’ailleurs disponible sous peu en anglais et nous inviterons des partenaires du reste du Canada à emboîter le pas.

Finalement, nous attirons votre attention sur la qualité des intervenants qui ont lu le document et accepté de le préfacer: Jacques Proulx, ancien président de l’Union des producteurs agricoles et de Solidarité rurale, Jean Pronovost, qui a présidé la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec, Jean-Pierre Léger, président et chef de la direction Groupe St-Hubert, Jean Nobert ancien président de la Fédération des producteurs de lait et aujourd’hui avocat. Ces personnes amplifient le message lancé par l’Union paysanne : la gestion de l’offre doit se rénover.

Il nous apparaît urgent de trouver une troisième voie, une nouvelle voie qui permettrait à la fois de protéger la gestion de l’offre et de donner de l’espace aux jeunes, aux régions, aux agriculteurs biologiques, à l’agriculture locale et aux paysans. C’est donc sur ces points précis que nous nous sommes attardés.

Pour télécharger le document : unionpaysanne.com/gestion-de-l-offre-2-0

 


 

Pièce-jointe :

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.