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Pourquoi votre entreprise ne serait pas partenaire de l’Union paysanne?

membre de union paysanne 150Il y a bien des façons de supporter l’Union paysanne. Aujourd’hui nous vous en proposons une nouvelle. Afin de créer un réseau de solidarité paysanne au Québec, pourquoi votre entreprise n’offrirait pas un rabais aux gens qui présenteraient leur carte de membre de l’Union paysanne?

C’est une façon indirecte de nous aider et à la fois de soutenir l’économie locale. Une page servira sur notre site web à faire connaître les entreprises qui deviendront partenaires pour l’année 2014. Si l’idée vous intéresse, contactez-nous et il nous fera plaisir d’établir un partenariat avec vous.

Devenez partenaire!

Courriel: paysanne@unionpaysanne.com
Tél.: 450-230-5046

 

Calendrier des Fêtes des Semences 2014 au Québec

C’est le temps de préparer la saison de jardinage 2014… Avec une bonne terre et de bonnes semences, il y a de quoi espérer de bonne récoltes! Plusieurs Fêtes des Semences sont organisées cette année encore, un peu partout au Québec. N’hésitez-pas à aller y faire un tour, ce sont de véritables bazars pour jardiniers écologiques. Une excellente façon de commencer la saison du bon pied!

 

Dans une Fête des Semences près de chez-vous!

Destinées aux amants et curieux de jardinage écologique, les Fêtes des Semences bénéficient d’un engouement certain auprès de la population. On a qu’à assister à l’édition de la fête montréalaise au Jardin botanique pour y constater la foule qui s’y rend chaque année. Un peu partout au Québec et ailleurs, des événements similaires se sont mises sur pied grâce à l’initiative concertée de citoyens, d’agriculteurs et de groupes communautaires locaux.fete-des-semences-ambiance c

 

Qu’est-ce qu’une Fête des semences ?

Le concept est né avec le Programme Semenciers du Patrimoine Canada en 2001, un réseau voué à la conservation des espèces végétales. Ce sont des fêtes annuelles qui mettent en valeur l’aspect vital de la biodiversité et de la sauvegarde des cultivars de notre patrimoine. Ces évènements se veulent aussi des espaces d’échanges et de rencontres festives.

 

Liste des Fêtes des Semences au Québec ce printemps 2014

La liste ci-dessous est basée sur les informations publiées à ce jour sur le site Semences du Patrimoine.

 

Montréal
Jardin Botanique de Montréal
Samedi 8 Février 2014, de 9h à 16h30

Ste-Anne-de-Bellevue
John Abbott College
Samedi 15 Février 2014, de 9h à 16h
Information : 514-941-7350

St-Apollinaire
Salle communautaire, 83 rue Boucher, Saint-Apollinaire
Dimanche 16 Février 2014, de 10h à 17h

Sainte-Émélie-de-l’Énergie
Salle Jean-Antoine Leprohon, 140, rue Émélie Bolduc
Samedi de 10h00 à 17h00 + soirée en musique : La Fête des semences de Lanaudière
Dimanche 23 février  de 10h00 à 17h00 : Salon forestier de Ste-Émélie

Saint-Vallier
Gymnase de l’école de Saint-Vallier
Samedi 1 Mars 2014, de 10h à 16h
Contact: 418-884-2888

Québec
Pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval (Québec)
Dimanche 2 Mars 2014, de 10h à 17h

Gatineau
Maison du Citoyen de Gatineau (25 rue Laurier)
Dimanche 16 Mars 2014, de 9h00 à 17h00

 

 

Pour tous les détails, visitez le moteur de recherche des Semenciers du Patrimoine.

 

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Texte d’opinion du Président du National Farmer Union sur l’Année internationale de l’agriculture familiale

Par Jan Slomp, Président du National Farmer Union

Le moment est opportun pour déclarer l’an 2014 Année internationale de l’agriculture familiale ! Il est temps pour un virage dans la politique agricole afin de soutenir les cultivateurs familiaux en tant que clé de voûte de l’alimentation, autant animale qu’humaine.

Depuis des décennies, la société s’accroche à l’idéologie de l’agriculture industrielle, dont quelques privilégiés tirent un beau profit au détriment de notre santé, de notre bien-être, de l’environnement et de la planète. Dans un système de production agricole déréglementé et exportateur, l’agriculteur familial conventionnel ainsi que le travailleur migrant sont dévalués et victimisés. Les dettes agricoles précaires permettent la saisie des champs agricoles canadiens par des entreprises étrangères. La division du travail, la gestion et les capitaux de l’agriculture industrielle lui permettent d’abuser des agriculteurs et des travailleurs étrangers temporaires, alors que les fonds destinés aux biens et aux services se livrent dans les poches de l’agro-industrie et non chez les marchands et les distributeurs locaux. Le dépeuplement rural démunit les communautés rurales de leur vitalité et l’écart entre les cultivateurs et les gens s’accroît.

free-range-hensDepuis des décennies, la société s’accroche à l’idéologie de l’agriculture industrielle, dont quelques privilégiés tirent un beau profit au détriment de notre santé, de notre bien-être, de l’environnement et de la planète.L’agriculture industrielle au Canada ne s’est pas créée toute seule : elle est plutôt le résultat de nombreuses politiques gouvernementales. Prenons pour exemple le mouvement coopératif des Prairies, accompagné d’un système de commercialisation sain et d’un chemin de fer suffisamment réglementé, a jadis facilité l’exportation de grains. Justement ces programmes et ces agences disparaissent en conséquence de politiques propices à une économie de libre-échange à la fois déréglementée et corporatisée. Les conséquences pour les agriculteurs ont été épouvantables. Malgré une exportation accrue, le revenu net chute et la dette totale monte en flèche.

Il y a déjà des variantes à ce modèle dont nous pouvons nous servir. Les gens à travers le Canada se font de plus en plus de soucis quant à la nourriture qu’ils mangent. Ils s’inquiètent particulièrement des effets de la production alimentaire sur la santé et sur le bien-être collectif et écologique. Des agriculteurs innovateurs s’engagent à combler cette demande croissante et établissent ainsi de nouvelles relations avec les « mangeurs », des relations fondées sur la confiance et sur des valeurs sociales et écologiques. Ce sont des modèles pour la souveraineté alimentaire et la politique agroalimentaire canadienne. Des relations semblables se renouvellent dans les quatre coins du monde, proposant des possibilités sans fin et avantageuses pour tous et pour toutes. Les fermes familiales enracinées dans leurs communautés sont essentielles au redressement des rapports entre nos sociétés, nos économies et les écologies… grâce à elles, on rétablit effectivement la culture de l’agriculture.

Au cours des siècles, la sélection végétale a réussi parce que les matériaux génétiques se partageaient librement.Au cours des siècles, la sélection végétale a réussi parce que les matériaux génétiques se partageaient librement. Des centaines de générations d’exploitations familiales ont sélectionné et sauvegardé leurs graines, leurs animaux et d’autres espèces vivantes, permettant ainsi la variété énorme d’aliments disponible pour nous aujourd’hui. Pendant des millénaires, le seul but de cette sélection soigneusement effectuée était le bien-être des générations à venir. Malheureusement, la privatisation du germoplasme de nos ancêtres étouffera l’adaptation génétique naturelle des cultures vivrières aux changements climatiques, un processus nécessaire pour le maintien de la diversité génétique, la souveraineté alimentaire et la lutte contre le changement climatique.guinea siguiri farmer woman

Les agriculteurs familiaux canadiens, pourtant, se voient menaçés par le projet de loi omnibus C-18, « la Loi sur la croissance dans le secteur agricole », qui les leurre avec des programmes tels que les paiements anticipés pour des récoltes futures. Le projet de loi prépare le terrain pour que l’Agence canadienne d’inspection des aliments ait l’autorité d’accélérer l’approbation d’additifs, d’alternances et de procédures qui rentreraient dans notre système alimentaire sans révision, à partir de données de recherche industrielle ou par l’approbation de partenaires d’échange. Le projet de loi C-18 assurera l’adoption par le Canada de l’OPOV 1991, un traité international sur les semences qui protège les droits de propriété intellectuelle et rends des mécanismes juridiques à Syngenta, Bayer, DuPont, Monsanto, Dow et à d’autres entreprises semencières et chimiques leur permettant encore davantage de manières d’exiger des redevances des agriculteurs canadiens.

Il est temp de nous indigner et défaire le projet de loi C-18, une atteinte aux cultivateurs, aux exploitations familiales et aux écosystèmes dans le monde entier.Le Syndicat national des cultivateurs (le « NFU ») mène une campagne pour défaire le projet de loi C-18, nommée « Save our seeds. Protect our food sovereignty » (Sauvons nos graines, protegeons notre souvereinté alimentaire). Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont invité.es à se joindre à nous, en devenant membres du NFU, en organisant des pétitions ou des lettres envoyées aux députés ou bien en organisant des réunions publiques dans votre communauté. Nous vous fournissons d’une trousse d’informations sur comment organiser une telle réunion et comment y utiliser les pétitions, les cartes postales, les fiches et les diapos PowerPoint. Vous pouvez télécharger la trousse depuis notre site Web : www.nfu.ca. Des membres du NFU se mettent également à votre disposition : sur place ou par téléconférence ou Skype.

Il est temp de nous indigner et défaire le projet de loi C-18, une atteinte aux cultivateurs, aux exploitations familiales et aux écosystèmes dans le monde entier.

 


 

Pour en savoir plus : 

2014 : L’Année internationale de l’agriculture familiale. Réseau pour une alimentation durable.

L’Année internationale de l’agriculture familiale 2014 (AIAF). Site web de la FAO.

 

Vaches (troupeau).

2014: l’année internationale de l’agriculture familiale à la sauce de l’UPA

Texte d’opinion par Roméo Bouchard

L’Union des producteurs agricoles (UPA), le syndicat agricole unique et obligatoire au Québec, est passée maître dans l’art de noyer toute autocritique de notre agriculture dans des termes élastiques qui ne veulent plus rien dire : ferme familiale, agriculture durable, souveraineté alimentaire, agroécologie, nourrir le Québec, etc. C’est ce qu’ils ont déjà commencé à faire –et les journalistes ignorants à leur suite- à propos de l’année internationale de l’agriculture familiale que vient de décréter l’Assemblée des Nations Unies pour 2014, en proclamant d’emblée que l’agriculture au Québec est essentiellement une agriculture familiale où les multinationales comme Monsanto, Carghil, Nestlée, jouent un rôle marginal.

Les documents de l’ONU sCe n’est pas vrai que l’agriculture québécoise est encore largement une agriculture familiale. Le nombre de familles qui en vivent diminue constamment. De plus en plus d’exploitations fonctionnent sous l’emprise d’un contrat d’intégration avec des intégrateurs industriels ou la Coop fédérée.ont pourtant clairs : le but de cette année thématique est de « rehausser l’image de l’agriculture familiale et de la petite agriculture en focalisant l’attention du monde entier sur leur contribution significative à l’éradication de la faim et de la pauvreté, à l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d’existence, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et au développement durable, en particulier dans les zones rurales. »

Tout le contraire, si je ne m’abuse, de l’agriculture industrielle intensive et intégrée, qui vide les campagnes, carbure au pétrole, aux engrais chimiques, aux pesticides et aux OGM, détruit les sols et la biodiversité, contamine l’eau, accapare les terres, réduit les agriculteurs au rôle d’employés à forfait, bref, détruit la santé des gens et de la planète, mine ses propres fondements et sa propre raison d’être.

L’agriculture du Québec n’est plus une agriculture familiale

Notre agriculture familiale, soyons honnêtes, est en déroute. Elle ne nourrit plus le Québec. Elles n’entretient plus le territoire. Elle ne fait plus vivre les villages. Elle ne crée plus d’emplois dans la communauté. Elle est de moins en moins productive. Elle ne remplit plus les fonctions que l’ONU souhaiterait lui voir remplir.Et non, ce n’est pas vrai que l’agriculture québécoise est encore largement une agriculture familiale. Le nombre de familles qui en vivent diminue constamment : entre vingt et trente mille. De plus en plus d’exploitations fonctionnent sous l’emprise d’un contrat d’intégration avec des intégrateurs industriels ou la Coop fédérée, qui sont propriétaires des animaux et parfois même des terres, dictent les méthodes de production, fournissent le financement, les intrants et les marchés. C’est le cas de 100% des élevages de veaux, de 75% des élevages de porcs et de plus en plus de producteurs de poulets, de bœuf, de céréales et de légumes. Les fermes laitières familiales traditionnelles disparaissent elles aussi rapidement, faute de relève capable de les reprendre, au profit de méga-vacheries concentrées dans le centre du Québec. Les terres, devenues inaccessibles pour les jeunes, sont accaparées par les gros et les fonds d’investissement. Quant au modèle d’agriculture pratiquée, il repose sur les méthodes de production intensive, spécialisée, sur grandes surfaces, qui sont à l’opposé de l’agroécologie et de l’agriculture intégrée à sa communauté. Les vraies fermes paysannes familiales ne dépassent sans doute pas 5000. Mille seulement sont certifiées biologiques. Une centaine sont accréditées par le Réseau d’Agriculture soutenue par la communauté (Équiterre) comme fermes de famille (paniers). Les deux tiers des aliments disponibles dans les supermarchés proviennent de l’extérieur.

Notre agriculture familiale, soyons honnêtes, est en déroute. Elle ne nourrit plus le Québec. Elles n’entretient plus le territoire. Elle ne fait plus vivre les villages. Elle ne crée plus d’emplois dans la communauté. Elle est de moins en moins productive. Elle ne remplit plus les fonctions que l’ONU souhaiterait lui voir remplir. Et par dessus tout, elle n’a pas d’avenir et n’est pas la solution au défi alimentaire de la planète pour les prochaines décennies.

Nous avons donc toutes les raisons de nous interroger nous aussi, en 2014, sur le virage indispensable de notre agriculture, sur les moyens et les efforts qu’il faudrait rediriger de l’agricultureconventionnelle vers l’agriculture de proximité. Le problème n’est pas réservé aux pays du Tiers-Monde.

Malheureusement, l’UPA, le Ministère de l’Agriculture, les barons de l’industrie agroalimentaire et les journalistes improvisés dans le domaine vont tout faire, d’une seule voix, pour nous faire croire que le Québec est le royaume de l’agriculture familiale et qu’il n’y a rien à remettre en question chez nous à ce chapitre. Et ceux qui comme moi croient le contraire auront bien peu de tribunes pour se faire entendre. C’est la rançon du monopole syndical agricole. Mais là aussi, ne vous inquiétez pas: le ministre Gendron répète sur tous les toits que ce monopole n’est pas un problème important.

 


 

Texte de Roméo Bouchard (Source : Facebook)