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Mot du président – Chronique du 17 avril 2018

Bonjour,

Récemment, le vendredi 6 avril pour être exact, le gouvernement du Québec a annoncé sa politique bioalimentaire. Cette politique a suivi un singulier parcours. À la suite de la commission Pronovost, largement tablettée, un sommet sur l’alimentation a vu le jour, dans le but d’aboutir à une politique agricole. Et voilà que le terme « agricole » est remplacé par « bioalimentaire ». Sans qu’il soit question de prendre un virage bio ni même alimentaire.

Le but d’une politique devrait, et j’insiste sur le « devrait », être de donner une direction claire. Sans direction claire, on s’éparpille, avec des décisions souvent contradictoires, voire contre-productives. Un peu de subvention bio et beaucoup pour les cultures OGM, par exemple. Ce qui est décevant, c’est que la nouvelle politique bioalimentaire ne donne pas de direction claire, justement. On veut du produit local mais on subventionne l’exportation. On veut plus d’approvisionnement québécois auprès des institutions sans remettre en question les accords de libre-échange qui risquent d’accorder priorité au produit étranger dans les appels d’offres.

Il y a quand même un élément intéressant qui va peut-être se mettre en place à la suite de cette politique : un processus périodique d’évaluation pour vérifier si les objectifs sont atteints. Lorsque l’Union paysanne avait présenté son projet de politique agricole devant la commission Pronovost, j’avais insisté sur la nécessité d’évaluer l’atteinte des objectifs au lieu d’attendre un demi-siècle sans se demander si des reliquats antédiluviens sont encore pertinents, comme le monopole de l’UPA, ou si la gestion de l’offre ne devrait pas être réajustée. On ne se surprendra évidemment pas d’entendre que l’UPA, la CAQ ou le PQ soient contre un tel processus d’évaluation, trop accrochés au statuquo. On est encore loin des objectifs de souveraineté alimentaire dont rêve l’Union paysanne. Les objectifs d’une politique agricole digne de ce nom devraient être :

  • Nourrir notre population, en quantité et en qualité
  • Protéger les ressources
  • Occuper le territoire de façon décentralisée

 

Ça semble évident, non?

Bon printemps!

Maxime Laplante, président