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Sur la piste d’un véritable contrat social?

Il y a parfois d’étranges coïncidences. Ainsi, alors que l’Union paysanne fait des démarches auprès du gouvernement pour établir un contrat social entre le monde agricole et les citoyens, comme par hasard l’UPA annonce haut et fort son intention de jeter les bases d’un contrat social. D’aucuns y verront une convergence inattendue, voire une possibilité de partenariat entre l’Union paysanne et l’empereur… pardon, l’UPA. Malheureusement non, parce qu’il n’y a pas de vision commune quant aux objectifs d’une consultation publique.

En effet, avant même la fondation de l’Union paysanne, j’ai formulé un projet de Contrat vert, en vue de modifier le mode de financement de notre agriculture pour mieux répondre aux souhaits de ceux qui paient les subventions, c’est-à-dire les payeurs de taxes. Lorsqu’on demande aux gens ce qu’ils désirent encourager, on entend des expressions comme: terroir, proximité, local, bio, etc. Étrangement, je n’ai jamais entendu quelqu’un déclarer: « Moi, j’aimerais que mes impôts servent à financer l’élevage industriel porcin, en contrat d’intégration, avec alimentation sur base de maïs transgénique et destiné à l’exportation ». Et pourtant, c’est ce que notre gouvernement persiste à vouloir subventionner en dépit de tout bon sens.

Un véritable contrat entre le monde agricole et la société civile doit obligatoirement aboutir à un changement majeur du financement de notre agriculture et pas seulement se contenter de saupoudrer ici et là des petits budgets décoratifs sans remettre en question des programmes comme l’ASRA ni les subventions au volume de production en monoculture. En fait, pour que ce contrat soit satisfaisant, on doit mettre fin aux subventions et les remplacer par des paiements pour services rendus. Actuellement, les subventions agricoles québécoises n’ont aucune exigence en matière de service rendu à la société. Même le ministère de l’environnement estime qu’aucun programme de subvention agricole québécois n’a d’effet bénéfique sur l’environnement!

Ne soyons pas naïfs. L’UPA n’a aucune intention de toucher au modèle agricole actuel. Une autre petite opération de marketing sur le thème « manger local » sans laisser de la place pour la production de poulet, d’oeufs ou de lait hors-quota.

L’intention de l’Union paysanne vise à consulter fermiers et consommateurs sur les pratiques jugées souhaitables pour la protection de l’environnement, sur les changements climatiques, sur la vitalisation des régions, pour ensuite exiger du gouvernement un changement de cap. Et vous, si on vous demandait votre avis sur la façon dont vos impôts servent à payer les subventions agricoles, comment voudriez-vous que ça se passe? Modèle UPA ou Union paysanne?

Maxime Laplante, agr, président