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Pourquoi nous empêcher de produire de la nourriture?

Nous avons assisté récemment au discours du premier ministre en faveur d’une plus grande autonomie alimentaire pour le Québec. Un propos encourageant pour l’Union paysanne mais un contraste flagrant avec les politiques actuelles. Mais le plus surprenant, c’est d’entendre le même ton de la part du président de l’UPA qui déclarait il y a un an  » Grâce aux ententes internationales comme l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste et l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, les perspectives d’exportation sont très favorables. »

Dans le contexte du coronavirus, alors que la population s’inquiète de la sécurité de nos approvisionnements, l’Union paysanne réclame le droit de produire pour la mise en marché directe. Pour son président, Maxime Laplante, « il est inconcevable que le Québec doive importer des quantités massives d’aliments mais interdise à ses propres habitants de produire ces mêmes aliments. »

Des exemples?

Le Québec a importé en 2018 (données du MAPAQ):

-Plus de 220 millions $ en produits laitiers mais la filière des producteurs de lait de l’UPA nous interdit de vendre ou même de donner un seul litre de lait à moins d’acheter pour 240 000$ de quota.

-10 000 000$ en oeufs mais les fédérations de l’UPA nous interdisent de détenir plus de 100 poules, à moins de payer un quota à 245$ par poule.

-440 000 000$ en poissons et fruits de mer mais les plans conjoints interdisent de ramasser une huître, une moule ou un homard au bord de la mer, ne serait-ce que pour manger en famille.

Une loi non appliquée

Pourtant, la loi est claire mais la Régie des marchés agricoles et alimentaires, sous la pression directe de l’UPA, refuse d’appliquer cette loi.

« un plan conjoint ne s’applique pas aux ventes directes au consommateur » (Loi sur la mise en marché des produits agricoles, art. 63)

Depuis 3 ans, l’Union paysanne réclame l’application de la loi et ainsi nous permettre de nourrir nos communautés au lieu de dépendre des importations.

Les agriculteurs du Québec sont prêts à produire. Encore faut-il qu’ils en aient le droit.

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