Marche contre Monsanto : Manifestons notre désaccord!

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OGM : urgence et devoir d’agir

En cette année de l’agriculture familiale nommée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et dans le contexte d’une marche mondiale contre Monsanto, le géant de l’agro-chimie de Saint Louis au Missouri, qui aura lieu le 24 Mai 2014 à Montreal, il va sans dire que les organisations agricoles québécoises, comme l’Union paysanne et internationales, comme La Via Campesina, qui font la promotion d’une agriculture durable, biologique et respectueuse de l’environnement se doivent de prendre position contre ce leader mondial incontesté de l’agriculture industrielle ayant comme modus operandi le brevetage du vivant, l’intimidation des lanceurs d’alerte et la promotion de la junk science comme le dirait Marie-Monique Robin.

La petite histoire de Monsanto

Pour commencer, un petit historique de la compagnie va de soit.

En 1901, John Francis Quenny nomme sa nouvelle entreprise Monsanto Chemical Works, du nom de sa femme Olga Mendez Monsanto.

En 1902, la compagnie se lance dans la production de saccharine.

En 1917, Monsanto commence à produire de l’aspirine. En 1939, des scientifiques travaillant pour Monsanto participent au « projet Manhattan » qui aboutira à la production de la première bombe atomique de l’Histoire. Le Dr. Charles Thomas, qui sera plus tard membre du comité directoire, assistera aux tests et à l’explosion de la Bombe A.

En 1959, Monsanto découvre le 2, 4, 5-T et se lance dans la production de l’herbicide Lasso. L’herbicide de Monsanto, plus connu sous le surnom d’« Agent Orange », sera vendu à l’armée américaine pour défolier la jungle vietnamienne de 1961 à 1971. Il a été reconnu que ces herbicides contenaient de fortes concentrations de dioxine qui a causé des troubles médicaux parmi les soldats américains et continue d’affecter la santé de la population vietnamienne.

En 1993, la FDA autorise la mise sur le marché du Posilac de Monsanto, le nom commercial de l’hormone de croissance laitière (rBGH). Le Posilac est le premier produit issu de la recherche transgénique à être autorisé pour la consommation. Toujours en 1993, Monsanto dépose le brevet de son premier OGM résistant à l’herbicide Roundup, il s’agit du soja Roundup Ready (RR), et demande une mise en marché dès 1994.

En 1996, la firme de Saint-Louis contribue généreusement à la campagne pour la réélection du président Clinton, lequel rendra hommage à Monsanto dans son discours sur l’état de l’Union, le 4 février 1997.

En 2007, Monsanto est condamné en France pour publicité mensongère sur le caractère biodégradable du Roundup.

(Source : combat-monsanto.org)

Des nuages sombres (encore) à l’horizon

Il est donc impératif d’affirmer que si le passé est garant de l’avenir, la compagnie n’aura aucun scrupule à faire la mise en marché de ses produits poisons à travers le monde tout en faisant passer le profit en première instance et le bien commun de l’humanité en dernier.

Mais ce qui est le plus alarmant dans les tactiques de cette compagnie pour dominer les marchés agricole et asservir les agriculteurs est sans contredit le brevetage du vivant qui permet à Monsanto, par les lois sur la propriété intellectuelle, d’être propriétaire d’une plante et de ses semences contenant un gène introduit qui a été breveté par la dite compagnie propriétaire.

La vie n’est pas une marchandise.

Dans le magnifique livre de Vandana Shiva, on peut lire l’origine des dérives des droits de propriété intellectuelle : « Il faut savoir que 2 événements ont transformé la question des brevets en un enjeu politique crucial :

  • Le premier a été la décision de la Cour suprême des États-Unis de traiter la vie comme une invention et, par conséquent, de permettre à l’Office des brevets de ce pays d’accorder des brevets sur le vivant.
  • Le second a été l’insertion par les États-Unis des droits de propriété intellectuelle (DPI) dans l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Les brevets sur les formes de vie découlant de la biotechnologie ont engendré des conflits d’ordre moral, écologique, économique et politique. Très souvent, ce sont le savoir indigène et les innovations traditionnelles qui font l’objet de ces brevets détenus par des multinationales ».

Donc à travers une mise en marché de produits détruisant les abeilles, la bio-diversité, la santé des fermiers et des consommateurs, en prônant la possession de la vie et en basant leur recherche de brevets sur la bio-piraterie, en détruisant des communautés entières de paysans par la promotion de l’agriculture industrielle et la mono-culture agro-chimique, Monsanto est la figure de proue allant à l’encontre des valeurs de l’Union Paysanne et des paysans agro-écologiques du monde entier.

L’Union paysanne, membre de Vigilance OGM et de La Via Campesina, et son comité international vous encouragent au plus haut point à aller manifester votre mécontentement contre Monsanto :

Samedi 24 Mai à 14h00, au Square Dorchester à Montréal

Des événements similaires ont lieu partout dans le monde!

 

Pierre-Olivier Brassard, technicien horticole, Fermes Solidar à Chicoutimi
Membre du comité international de l’Union paysanne