Adhésion à l’Union paysanne

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Avez-vous renouveléE?

Faite-le en ligne dès maintenant :

https://unionpaysanne.com/devenir-membre/

CertainEs d’entre vous l’auront remarqué, d’autres non. La cotisation annuelle pour devenir membre de l’Union paysanne est récemment passée de 20$ à 60$.

Pourquoi cette augmentation? En fait, il s’agit d’un retour au montant d’il y a 4 ans. En effet, il y a quelques années, les membres du conseil d’administration de l’Union paysanne ont décidé de baisser la cotisation à 20$ par année en espérant créer une adhésion de masse. Le miracle ne s’est malheureusement pas produit et, aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation de constater que ce maigre 20$ couvre à peine les frais administratifs relatifs à la gestion des membres.

Or, bien que l’achat local, le bien-être animal et le climat aient la cote ses temps-ci, force est de constater que le mouvement paysan du Québec bat de l’aile. Il n’y a toujours pas de financement disponible pour des organismes qui, comme nous, contribuent à l’amélioration de l’agroécologie et apportent les enjeux de souveraineté alimentaire sous le projecteur.

C’est donc dans une perspective de développement et dans l’objectif de mieux servir la cause paysanne au Québec que la décision a été prise, le 10 février dernier, lors de notre Assemblée génénéral annuelle, de revenir à une cotisation de 60$, en espérant que cette somme ne soit pas un frein pour personne. Si tel est le cas, n’oubliez pas que vous pouvez aussi servir la cause paysanne en proposant vos services bénévoles pour réaliser des tâches diverses (gestion des réseaux sociaux, participation au comité international, recherche de financement, rédaction d’un plan de communications, etc).

En espérant vous compter parmi nous sous peu,

Marie-Joseé Renaud,

coordonnatrice

Union paysanne

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Mot du président – 17 juin 2018

Bonjour,

La rencontre du G7 est peut-être terminée mais pas les discussions sur la gestion de l’offre, qui semble être devenue une monnaie d’échange dans les négociations de libre-échange. Prévisible. Le Canada ne peut pas continuer longtemps à prétendre que les frontières sont ouvertes mais qu’elles sont fermées pour certains produits. Dans le dossier du lait, l’importation de lait diafiltré à bas prix en provenance des États-Unis a fait baisser le prix payé à la ferme. Dans un contexte où les dépenses explosent, une baisse du revenu mène obligatoirement à une des quatre avenues suivantes : demander au gouvernement de compenser financièrement. Reste à savoir si le Trésor sera d’accord pour dépenser l’argent des contribuables pour une production sous quota alors que le prix est fixé par une commission. Autre hypothèse : grossir l’entreprise pour augmenter le chiffre d’affaires, ce qui suppose une hausse de l’endettement et des difficultés pour refiler la ferme plus tard à une relève qui n’en aura sans doute pas les moyens. Autre scénario : vendre aux personnes qui veulent grossir. Mais ces solutions ne règlent pas le problème de l’accroissement de la taille des fermes, au contraire. Normalement, pour une entreprise aux prises avec des difficultés financières, la diversification de la production est envisagée, selon la devise de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour le secteur laitier, cela supposerait de vendre une partie du lait de façon directe ou transformée, ou d’élever d’autres animaux, d’ajouter un volet récréo-touristique à la ferme, etc. Or, ces avenues sont bloquées de façon quasi systématique au Québec, confinant l’immense majorité des fermes à la production au prix de gros. Bonne chance à ceux et celles qui voudraient faire du fromage à la ferme, ou tenir une table champêtre, accueillir des visiteurs, des campeurs. Dans ce contexte, la perspective d’une disparition de la gestion de l’offre aurait de graves conséquences, surtout en raison de la limitation de la marge de manoeuvre des fermes. Il y a urgence de réformer la version québécoise de la gestion de l’offre, sinon elle est vouée à disparaître et entraînera la disparition d’un grand nombre de fermes.

Dans un autre dossier, d’aucuns auront suivi les déboires de l’ex-ministre de l’agriculture, M. Pierre Paradis. Il ne m’appartient pas de juger s’il y a un lien entre les allégations et sa relation plus que tendue avec l’UPA mais il y a lieu de se demander pourquoi sa réforme entamée du système de remboursement des taxes foncières a été si rapidement reléguée aux oubliettes au lendemain de son départ. Cette réforme prévoyait un changement de la méthode calcul. Mais là n’est pas le point majeur. L’élément-clé était de dissocier le paiement de la cotisation à l’UPA de l’accès au programme. Cette démarche aurait enfin remis un peu de démocratie dans ce système. Il est aberrant de voir qu’au Québec, l’accès à des programmes gouvernementaux soit encore conditionnel au versement d’une cotisation obligatoire à une association privée en situation de monopole.

En terminant, je mentionne la publication toute récente d’une bande dessinée (Faire campagne- de Rémy Bourdillon) qui illustre les déboires d’une dizaine de personnes qui tentent de pratiquer l’agriculture mais qui se heurtent aux obstacles érigés. Bonne lecture.

Maxime Laplante, agr, président

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Congrès 2017: Ça passe par la relève

C’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renomC’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renom

Marie-Josée Renaud

L’Union paysanne prend de l’ampleur

Lachute, 24 janvier 2017. L’Union paysanne est fière d’annoncer l’embauche de Marie-Josée Renaud à
titre de coordonnatrice générale de l’organisation et de Stéphanie Wang au poste de coordonnatrice-volet international.

Marie-Josée Renaud

Marie-Josée Renaud est bachelière en sciences politiques et détient également une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. Impliquée dans le milieu associatif depuis plus de 10 ans, elle a cofondé et dirigé l’organisme Craque-Bitume, bien connu à Québec pour son travail en écologie urbaine. « L’Union paysanne était un choix naturel considérant ma sensibilité à la souveraineté alimentaire et aux organismes portant des valeurs sociales fortes », souligne Marie-Josée Renaud. Elle sera responsable de l’administration générale de l’organisation, de la coordination des bénévoles et de la recherche de financement.

 

Stéphanie Wang

Stéphanie Wang est impliquée à l’Union paysanne depuis bientôt cinq ans, on lui doit d’avoir structuré le volet international de l’organisation. Elle a réalisé sa recherche de maîtrise de sociologie, sur les lois agricoles québécoises, auprès de l’Union paysanne. Elle coordonnera le travail de l’Union paysanne au niveau canadien, nord-américain et international avec La Via Campesina en plus de recruter des formateurs et jeunes québécois pour des mandats de formations à l’étranger dans le cadre d’un partenariat  avec L’Œuvre Léger.  Elle quittera par ailleurs ses fonctions au conseil de coordination afin de se consacrer à son nouveau poste.

L’ajout de ses deux salariées permettra à l’organisation d’étendre et de consolider ses actions. « 2017 sera une année de croissance pour notre mouvement » prévoit Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Nous sommes sollicités de toutes part. et l’embauche de deux femmes de terrain nous permettra d’agrandir nos actions. Les agriculteurs recherchent une alternative syndicale et les citoyens veulent voir le modèle agricole refléter les valeurs de l’agroécologie. C’est ce que propose l’Union paysanne», ajoute t’il.

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Pour information :

Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante
Président Union paysanne                                                                Vice-président
450-495-1910                                                                                      418-926-2473

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Analyse des interventions à la commission parlementaire sur les pesticides

Après avoir assisté à toutes les représentations de la commission parlementaire de la semaine du 23 septembre au 26 septembre, il m’apparaît clair que les intervenantEs venuEs témoigner sur la question des pesticides sont diviséEs entre deux clans ayant des priorités fort différentes.

Le premier « clan », celui défendant le modèle façonné au fil des années par l’UPA, se trouve celles et ceux pour qui la priorité a été la défense de la compétitivité des entreprises agricoles de l’actuel modèle agricole québécois. Ces intervenantEs vont être tout à fait d’accord avec des actions visant à améliorer la qualité de notre environnement en tentant de diminuer la quantité de pesticides utilisés (difficile d’être contre la vertu) si ces actions ne remettent pas en doute les grandes caractéristiques du modèle agricole québécois qui mènent à l’utilisation de ces produits phytosanitaires. Parmi celles-ci, pensons à la monoculture, l’impératif de productivité accrue, la spécialisation agroalimentaire axée sur l’exportation et la préséance de l’agriculture industrielle sur toute autre utilisation du territoire rural. Pour conserver ces caractéristiques, c’est-à-dire un certain statu quo, on proposera alors de fortement se fier à des avancées technologiques, dont l’intelligence artificielle, ainsi que le recours à lutte intégrée.

Dans la première solution, les avancées technologiques, on remarque que celle-ci nécessitera des investissements majeurs, ce qui aura pour effet de contribuer à la concentration des fermes, ainsi qu’à l’endettement des agricultrices-eurs. Pour ce qui est de la deuxième solution, la lutte intégrée, elle est beaucoup plus louable, cependant étant donné que dans bien des cas elle n’est, pour l’instant, pas aussi efficace par dollar investi que le recours aux pesticides (c’est le cas notamment des mouches stériles), il m’apparaît peu probable qu’elle réussisse à s’implanter dans ce modèle de libre marché où la compétitivité est la règle la plus sacrée.

Les tenantEs de cette approche s’opposent à quelconque réglementation qui ne serait pas réciproque chez leurs plus proches compétitrice-eurs, particulièrement la production étasunienne. À en juger l’actuelle gestion environnementale de l’administration Trump, aussi bien dire que ce qui y est désiré est le statu quo en matière réglementaire.

Dans le deuxième « clan », l’on retrouve des intervenantEs ayant comme priorité la santé publique et la santé environnementale. Celles et ceux-ci sont venuEs partager leurs expertises respectives pour faire comprendre aux députés les dangers des pesticides, mais également la perte de rentabilité que peut entraîner l’utilisation de ceux-ci (pensons aux apicultrice-eurs, ainsi qu’aux agricultrice-eurs biologiques). Leurs témoignages font état de dangers graves liés aux pesticides (comme la maladie de Parkinson, le lymphome non hodgkinien, la perte de biodiversité et bien d’autres) et rappellent que ces produits phytosanitaires sont des poisons et des perturbateurs endocriniens.

Ces intervenantEs ne militent pas activement pour que l’agriculture québécoise fasse faillite (j’ose espérer que personne ne veut une telle chose), mais considèrent que ne pas prendre les actions nécessaires envers la dangerosité des pesticides serait un déni destructeur de l’environnement qui pose problème en ce qui a trait à la santé publique.

À l’Union paysanne, nous croyons qu’il est impératif que le secteur agricole fasse une introspection et qu’il se rende compte des dangers émanant de sa filière dite conventionnelle. Nous croyons également, comme touTEs les intervenantEs de la commission, qu’il ne faut pas pointer du doigt les agricultrice-eurs pour l’état des choses. Ils sont au contraire en première ligne des dangers liés aux pesticides, comme c’est le cas du voisinage en milieu rural, ainsi que les travailleuse-eurs agricoles. L’Union paysanne a d’ailleurs été un des deux seules organisations (l’autre étant l’Institut national de la santé publique du Québec), députéEs siégeant à la commission inclusES, ayant évoqué les risques pour la classe ouvrière agricole, ce qui montre le peu de considération envers cette population tant nécessaire à notre agriculture.

Le doigt accusateur doit plutôt se tourner vers ceux qui ont orienté l’agriculture vers une production industrielle (utilisant largement les pesticides) axée sur le libre-marché, c’est-à-dire le gouvernement du Québec accompagné par monopole syndical de l’UPA, sans oublier l’industrie agrochimique qui a grandement profité de cette tournure des évènements. Le gouvernement a maintenant le devoir de trouver une solution et d’élaborer un plan de transition qui permettra à la fois la survie financière des agricultrice-eurs, mais aussi la disparition totale des risques qu’engendrent les pesticides sur la santé et l’environnement.

Pour ce faire, l’Union paysanne propose un modèle agricole axé sur la paysannerie, l’agroécologie, les circuits courts, la multifonctionnalité des campagnes et la souveraineté alimentaire. Passons de la compétitivité internationale à la solidarité internationale en favorisant les paysanneries locales.

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Notre vision de l’agriculture, la vraie raison de notre dépendance aux pesticides

Par: Alexandre B. Couture, étudiant à la maitrise en agroforesterie et stagiaire à l’Union paysanne

 

Dans l’appréhension des auditions traitant des pesticides à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (Capern), qui se dérouleront du 23 au 26 septembre, une multitude de reportages et d’articles ont tenté de démontrer qu’il existe des alternatives techniques aux pesticides tels qu’utilisés dans l’agriculture conventionnelle au Québec. Un de ces articles s’est toutefois démarqué du lot en creusant le problème plus creux que ces symptômes, en dénonçant plutôt la cause et les mécanismes menant à ces symptômes. L’article en question, paru dans le journal La Presse, est celui de Marie-Claude Lortie1.

Dans cet article on peut y lire que les « besoins en pesticides tout comme les besoins en engrais costauds ne sortent pas de nulle part. Ils sont liés à la façon dont on a organisé, structuré, l’agriculture depuis 60 ans ». La façon dont l’agriculture est organisée et structurée depuis six décennies c’est la monoculture selon la chroniqueuse de La Presse et elle a tout à fait raison. Cependant j’aimerais encore pousser l’analyse plus loin, sans rien enlever à toute la pertinence de ce qu’elle a écrit, puisque la monoculture ne demeure qu’une technique qui s’est parfaitement insérée dans la vision maintenant dominante de l’agriculture du Québec. Cette vision est celle d’une agriculture industrielle productiviste qui s’est imposée (logique agricole qui répond au besoin de croissance incessante du système économique dominant, le capitalisme), lors de la révolution verte2, sur un modèle d’agriculture de subsistance qui fut jadis largement dominant dans la province. Ce tournant industriel de l’agriculture a pratiquement effacé la présence paysanne de la province (ce qui fit disparaître environ 100 000 fermes du territoire québécois), tout comme ce genre de tournant industriel l’avait fait avec les artisanEs dans la foulée de la révolution industrielle.

Ce changement de paradigme est cependant venu avec son lot de problème puisqu’il a fait passer à une étape supérieure la tentative humaine de domination sur l’environnement, ce qui a nécessité, en autres, une utilisation massive de pesticides de tous genres. En fait, on comprenait et on comprend toujours mal les complexes interactions que peuvent jouer les différents membres des écosystèmes ce qui fait que l’utilisation de ces produits phytosanitaires a dans bien des cas détruit les mécanismes d’autorégulation naturels, ce qui a justifié encore plus l’utilisation de ces pesticides. L’agriculture est donc emprisonnée dans un cercle vicieux qui a de potentielles conséquences graves sur notre santé (Parkinson, autisme, cancer, Alzheimer, etc.) et sur notre environnement (perte de biodiversité, dégradation des sols, dégradation de la richesse aqueuse, gaz à effet de serre, etc.).

De terribles conséquences, en lien avec la perturbation des mécanismes de régulation des écosystèmes, avaient pourtant fait leur apparition dès le début de la révolution verte. L’un des exemples ayant eu des conséquences tristement célèbre fut la gestion des « indésirables » par Mao Zedong lors de l’établissement de la politique du Grand Bond en avant (1958 à 1960). En fait, l’une des campagnes de cette politique était la campagne des quatre nuisibles qui visait à se débarrasser en autres du moineau (les trois autres indésirables étaient les rats, les mouches et les moustiques) puisque celui-ci se nourrissait à même les récoltes. Cette campagne d’élimination du moineau fut un succès dans le sens ou la population de cet oiseau fut rapidement en danger de disparition. Cependant, on n’observa pas l’augmentation des rendements agricoles attendue, mais plutôt à une baisse significative de ceux-ci. La raison est simple, bien que les moineaux se nourrissent des récoltes, il agissait également comme un régulateur écosystémique puisqu’il se nourrit également d’insecte. Lorsque l’oiseau fut pratiquement exterminé les insectes, en particulier les criquets, ont eu le champ libre pour faire des ravages bien plus important aux récoltes, ce qui participa, sans en être la seule cause loin de là, à la grande famine chinoise qui a fait de 15 à 45 millions de morts entre 1959 et 1961.

La mauvaise gestion écosystémique chinoise de cette époque aurait dû être un signal d’alarme démontrant qu’il est extrêmement dangereux d’aller à contre-courant des mécanismes de régulation naturels. C’est pourtant ce que continue de faire, près de 60 ans plus tard, l’agriculture industrielle avec sa méthode culturale privilégiée : la monoculture. L’utilisation de pesticides ne disparaîtra pas tant que la vision de domination de la nature demeurera puisque la neutralisation d’une espèce jugée indésirable ne fera qu’en sorte qu’une autre espèce plus résistante profitera du festin monoculturel.

L’objectif ici n’est pas de glorifier l’ère où l’Église catholique a forgé le paysage québécois en mettant de l’avant un certain mode de vie paysan capable d’ouvrir les portes du paradis, mais de constater que les paysanneries de jadis et d’aujourd’hui ont leur lot d’avantages, dont des pratiques culturales ne nécessitant pas tout l’arsenal phytosanitaire de l’agriculture dite « conventionnelle ». La recherche de productivité en agriculture a poussé notre agriculture a dépasser les limites écologiques et à instaurer un modèle faisant fi des processus de régulation naturels. Il serait alors sage de retrouver un équilibre avec notre environnement en faisant place à une régulation plus naturelle des espèces qui ne passe pas nécessairement par la destruction de ce qui est jugé indésirable à première vue, mais plutôt par un modèle favorisant cette régulation quitte à avoir un rendement plus faible que dans le modèle industriel. Il n’est d’ailleurs pas clair que les rendements du modèle conventionnel pourront demeurer élevée pour une longue période puisque les conséquences environnementales qui y sont rattachées (particulièrement l’érosion et la perte de fertilité des sols) mettent directement en péril son efficacité et celle de toutes autres méthodes culturales dépasser un certain seuil critique.

Une agroécologie paysanne, dans cette perspective, semble non seulement une solution pour éviter l’utilisation de pesticides, mais également une méthode culturale plus soutenable à long terme. Il faut alors espérer que la Capern le comprenne lors des auditions de fin septembre, malgré le fait que tout indique que nous aurons le droit à une analyse de surface du problème des pesticides qui ne s’attaquera au mieux qu’aux symptômes de notre modèle agricole industriel et non aux causes fondamentales des problèmes qu’il crée.

 

1 LORTIE, Marie-Claude, « Agriculture : soigner les causes, pas justes les symptômes », La Presse, 4 septembre 2019, https://www.lapresse.ca/actualites/201909/03/01-5239705-agriculture-soigner-les-causes-pas-juste-les-symptomes.php?fbclid=IwAR1wFqn0b1VQ_-tACRA1xzro97zDaIcxLPx9ZsxscR2WIZ_lCxjOHJzqo9Q.

2 Révolution dans les pratiques agricoles qui commença dans les années 1960, qui augmenta significativement les rendements agricoles par, entre autres, l’utilisation des progrès techniques dans le domaine de la chimie et l’industrialisation des procédés agricoles.

Commission sur les pesticides: mémoire de l’Union paysanne

L’Union paysanne a déposé son mémoire à la commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles dans le cadre du mandat d’initiative  : Examiner les impacts des pesticides sur la santé publique et l’environnement, ainsi que les pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, et ce en reconnaissance de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois.

Mémoire déposé à la CAPERN
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Pesticides, un enjeu enfin sur la place publique

Mot du président – 17 septembre 2019

Maxime Laplante, agr

 

À la fin septembre, la CAPERN (Commission sur l’agriculture, les pêcheries et les ressources naturelles) entamera un débat sur les pesticides en agriculture. Les diverses organisations intéressées à la discussion devaient remettre un mémoire en juillet, ce que l’Union paysanne a fait.

Il y a quelques années, le gouvernement s’était fixé comme objectif de réduire l’utilisation des pesticides en milieu agricole. Fiasco. Leur usage a augmenté. On peut même aujourd’hui assister à des épandages de Round-up non seulement pour tuer les mauvaises herbes (désolé, le terme à la mode est plutôt adventices) mais aussi juste avant la récolte des céréales ou d’autres cultures, de façon à accélérer le séchage des plantes et en faciliter la récolte mécanisée.

Le débat devant la CAPERN sera évidemment associé au cas de l’agronome Louis Robert, congédié du MAPAQ pour avoir attiré l’attention médiatique sur l’influence démesurée de l’industrie des pesticides auprès de la recherche financée par les contribuables.

Et pour bien corser le tout, la ville de Montréal a annoncé qu’elle entendait bannir l’usage de Round-up sur son territoire, exemple qui pourrait bien être suivi par d’autres villes. Le cas n’est pas unique, l’Allemagne procèdera à son interdiction sous peu.

Comme on peut s’en douter, l’UPA reproche aux élus minicipaux d’aller trop vite. L’enjeu est quand même de taille parce que tout le modèle de l’agriculture spécialisée, industrielle, axée sur l’exportation, repose sur l’usage des pesticides à large échelle. Interdire ou réduire l’usage des pesticides remet totalement en question les monocultures. Les tenants du maintien de notre modèle agricole sont donc très réticents à diminuer leur emploi. Dans la toute récente politique bioalimentaire, il n’est d’ailleurs plus question de viser une réduction des pesticides mais seulement de réduire les risques associés à leur utilisation!

Un changement s’impose toutefois. Obliger les fermes biologiques de maintenir à leurs frais des bandes tampons de 8 mètres le long de leurs terres pour réduire la contamination par les voisins, ou leur faire payer des frais de certification alors que les fermes usant de pesticides sont exemptes de ces frais, faire payer aux producteurs bio la décontamination de la machinerie si elle a touché des pesticides, c’est mépriser le principe de base du pollueur-payeur.

Devant l’amoncellement des preuves contre la menace des pesticides sur la santé et les écosystèmes et la dépendance des fermes face aux grandes entreprises contrôlant les semences dépendantes des herbicides, on ne peut qu’espérer que les travaux de la CAPERN n’aboutiront pas sur la même tablette que le rapport Pronovost. Le Québec aurait tout intérêt à prendre l’initiative d’un réel virage. Économiquement et socialement.

 

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Hors-quota : la Régie accouche d’une souris

Ste-Croix, 24 juillet 2019 –

Après 3 ans de démarches, d’audiences et de consultation, la Régie des marchés agricoles accouche d’une minuscule souris dans le dossier du hors-quota et refuse d’appliquer la loi sur la mise en marché des produits agricoles.

En effet, alors que l’Union paysanne avait demandé l’application de la loi ainsi que la hausse de la production hors quota jusqu’à 2000 poulets, 300 pondeuses et 300 dindons, la Régie se contente d’avaliser l’offre des Éleveurs de volaille de l’UPA qui est de 300 poulets. La Régie omet même de considérer une hausse pour le dindon et la poule pondeuse, argumentant que l’Union paysanne n’en aurait pas justifié la demande!

Selon ses propres règlements, la Régie était tenue de rendre son jugement au plus tard le 2 mars dernier mais a préféré le faire avec presque 5 mois de retard en plein pendant les vacances de la construction, période de creux médiatique. Coïncidence?

La loi sur la mise en marché des produits agricoles est pourtant claire : (art 63) « Un plan conjoint ne s’applique pas aux ventes faites par un producteur directement à un consommateur ». La Régie interprète cette phrase en soumettant les ventes directes aux plans conjoints. Pour Maxime Laplante, président de l’Union paysanne, « quelqu’un a visiblement raté l’examen de compréhension de texte au primaire… Il est inadmissible que la Régie bloque ainsi l’application de la loi, ce qui fait le jeu des fédérations de l’UPA qui contrôlent l’essentiel de la production ». Rappelons que la Régie, à la demande des fédérations de l’UPA, a même refusé de considérer le rapport du groupe universitaire CIRANO sur les circuits courts et le hors-quota.

Pour la suite, l’Union paysanne entend faire savoir qu’il est maintenant possible de produire 300 poulets par an pour une ferme sans détenir un exorbitant quota. Toutefois, la décision de la Régie constitue un gâchis et un mépris de la paysannerie, surtout dans un contexte où toute la société réclame des circuits courts et des produits de proximité. L’Union paysanne entend réfléchir aux démarches subséquentes pour faire en sorte que les fermiers québécois puissent faire ce que les autres fermiers canadiens ont le droit de faire, soit vendre de petites quantités de poulets, d’œufs et de dindons sans quota, conformément à la loi. Et pendant ce temps, le Canada importe de grandes quantités de ces produits de l’étranger, sans exiger de quota. Le Québec bloque ainsi la production locale et encourage l’importation. Logique?

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Maxime Laplante, agr, président

581 888-0941

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L’avenir de la campagne serait-il en ville?

Du creux de mon rang perdu, aux confins du Québec profond, je remarque dans le voisinage un regain du jardin potager. Une petite parcelle de patates ici alors que la pelouse régnait, là un petit verger au lieu du stationnement de machinerie, un champ de légumes en plein cœur du royaume de la vache laitière, etc. Et ce qui se passe à la campagne de façon discrète a en ville un nom : l’agriculture urbaine. Le plus étrange et symptomatique, à mon avis, c’est qu’on parle ici d’un phénomène alors qu’il s’agit du besoin le plus fondamental qui soit : la recherche de nourriture fiable. Notre société se serait-elle éloignée à ce point de l’agriculture pour qu’on parle aujourd’hui d’un événement médiatique lorsque quelqu’un plante ses légumes sur le devant de son terrain en ville ou sur son toit?

Lors du bilan récent de la politique bioalimentaire, différents résultats statistiques ont été présentés, en particulier en ce qui concerne la confiance du consommateur (ou mangeur!) envers son alimentation. Les participants à la conférence aimeraient que les consommateurs soient mieux informés sur notre agriculture. Or, en regardant le taux de confiance, on remarque immédiatement que plus le consommateur est éduqué ou scolarisé, moins il a confiance. Et moins il a confiance, plus il veut reprendre le contrôle de son alimentation. Le consommateur informé ne se laissera pas berner par la publicité mensongère de l’industrie de l’alimentation, qui persiste à présenter des images de poules au champ sur les boîtes d’œufs, ou des vaches au paturage sur les cartons de lait, ou des chaudières d’eau d’érable sur les cannes de sirop. Le consommateur éclairé sait pertinemment que les animaux sont aujourd’hui confinés à l’intérieur des bâtiments et que le sirop est récolté avec de la tubulure.

Pour l’instant, l’agriculture urbaine touche essentiellement les légumes et les fruits. Mais le jour viendra où ces gens voudront aussi produire leurs œufs ou leur viande. Comme ça se fait partout ailleurs sur la planète. Nous aurons besoin de tous ces gens éclairés pour faire contrepoids au contrôle de l’industrie agroalimentaire québécoise qui veut nous faire croire qu’un bon poulet doit être élevé dans un immense bâtiment fermé.

La menace de la peste porcine africaine fait actuellement trembler toute l’industrie. Au Québec, sauf exception, la totalité de l’élevage du porc se fait en grande concentration, surtout pour être exporté. L’intense circulation d’animaux, mais aussi de la moulée, du fumier et des travailleurs fait en sorte que toutes les conditions sont réunies pour qu’une épidémie se propage rapidement. La récente acquisition de l’intégrateur Ménard par Olymel ne fait qu’accroître cette concentration de la production. Cette peste porcine est très contagieuse. Le danger est donc accru si les animaux vivent en promiscuité. Il est logique de croire que des élevages de faible densité seraient mieux protégés. Mais pour l’industrie du porc, il importe de concentrer davantage les élevages et recommande à tous ses membres de ne surtout pas vendre des porcs à de petits éleveurs, prétextant que ce sont eux les vecteurs.

Imaginons un instant qu’un citadin élève un cochon sur son terrain. Imaginons la battage médiatique, imaginons la réaction de l’industrie du porc. Et pourquoi devrions-nous plus être affolés ainsi que par la présence d’un chien ou d’une grosse voiture?

Espérons que l’agriculture urbaine deviendra plus qu’un phénomène médiatique et nous aidera à contribuer au changement.

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Laurie Bush ● 819-239-5766

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Contact:
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Nourrir notre monde?

Mot du président – juin 2019

Un peu de politique agricole à travers les travaux des champs? Récemment, à Drummondville se tenait la rencontre du bilan de la politique bioalimentaire du gouvernement du Québec. En effet, un an après sa mise en place, il était question d’en faire un premier bilan. Les objectifs principaux? Augmenter les exportations de 6 milliards et mettre 10 milliards de plus en produits québécois sur les tablettes des épiceries. « Nourrir notre monde », selon la devise de cette réunion.

Je me demande encore pourquoi l’objectif d’exporter revêt tant d’importance. On peut comprendre l’intérêt de certains d’y voir une perspective de marché mais pour l’ensemble de notre société, j’y vois des risques certains. Qui dit ouverture de marché doit s’attendre à ce que notre marché soit également ouvert. Ouvert pour les importations de fromages européens, par exemple, ou de substances laitières, d’œufs et de poulets des Etats-Unis, ce qui n’est pas à l’avantage de tous. D’autre part, le fait de miser sur l’exportation nous rend très vulnérables en cas de soubresauts sur des territoires hors de notre contrôle. Si la Chine refuse le canola canadien, on aura beau pester mais nous n’avons aucun pouvoir sur cette décision. On peut se demander ce qui arrivera aux marchés asiatiques de nos porcs lorsque le consommateur japonais (ou le mangeur selon le nouveau vocabulaire à la mode) refusera de manger du porc nourri avec du maïs et du soya transgénique.

En misant sur le contrôle quasi totalitaire du sirop d’érable et de la mise en marché centralisée axée sur l’exportation, le Québec doit maintenant se soumettre aux normes de la Californie, la plaque tournante de la distribution de sirop aux Etats-Unis. « Nourrir notre monde »?

En annonçant la volonté de hausser la production du Québec de 10 milliards sur notre marché d’ici 2025, on oublie de mentionner que d’ici là, la demande aura augmenté de 13 milliards. « Nourrir notre monde »?

Comment donc évaluer si l’exportation est bénéfique ou non, sans tomber dans une argumentation aux allures de débat religieux? La politique bioalimentaire suggérait la mise en place d’indicateurs de mesure des objectifs. C’est d’ailleurs un des éléments importants du projet de politique agricole présenté par l’Union paysanne devant la commission Pronovost : mesurer l’atteinte des buts fixés par la société civile et ainsi pouvoir corriger la trajectoire des politiques. Par exemple, il est incroyable qu’après un demi-siècle de plans conjoints et de quotas, la Régie des marchés agricoles n’ait pas jugé utile d’évaluer l’impact de ce système coercitif sur l’évolution du nombre de fermes, leur rentabilité ou le revenu net des agriculteurs.

Comme si c’était le destin cruel ou la voix de Dieu que le système de quotas contribue à la concentration des entreprises agricoles.

Une politique bioalimentaire digne de ce nom devrait donc mesurer les véritables enjeux : réduction des pesticides, augmentation de la biodiversité, occupation du territoire rural et dynamisme des communautés rurales en périphérie, revenu net des fermes, création d’emplois, degré d’approvisionnement de nos institutions et de nos marchés. « Nourrir notre monde ». Alors seulement on pourra juger si l’exportation de denrées à l’autre bout de la planète doit rester en haut de la liste des objectifs de notre agriculture.