,

Mot du président – 17 juin 2018

Bonjour,

La rencontre du G7 est peut-être terminée mais pas les discussions sur la gestion de l’offre, qui semble être devenue une monnaie d’échange dans les négociations de libre-échange. Prévisible. Le Canada ne peut pas continuer longtemps à prétendre que les frontières sont ouvertes mais qu’elles sont fermées pour certains produits. Dans le dossier du lait, l’importation de lait diafiltré à bas prix en provenance des États-Unis a fait baisser le prix payé à la ferme. Dans un contexte où les dépenses explosent, une baisse du revenu mène obligatoirement à une des quatre avenues suivantes : demander au gouvernement de compenser financièrement. Reste à savoir si le Trésor sera d’accord pour dépenser l’argent des contribuables pour une production sous quota alors que le prix est fixé par une commission. Autre hypothèse : grossir l’entreprise pour augmenter le chiffre d’affaires, ce qui suppose une hausse de l’endettement et des difficultés pour refiler la ferme plus tard à une relève qui n’en aura sans doute pas les moyens. Autre scénario : vendre aux personnes qui veulent grossir. Mais ces solutions ne règlent pas le problème de l’accroissement de la taille des fermes, au contraire. Normalement, pour une entreprise aux prises avec des difficultés financières, la diversification de la production est envisagée, selon la devise de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour le secteur laitier, cela supposerait de vendre une partie du lait de façon directe ou transformée, ou d’élever d’autres animaux, d’ajouter un volet récréo-touristique à la ferme, etc. Or, ces avenues sont bloquées de façon quasi systématique au Québec, confinant l’immense majorité des fermes à la production au prix de gros. Bonne chance à ceux et celles qui voudraient faire du fromage à la ferme, ou tenir une table champêtre, accueillir des visiteurs, des campeurs. Dans ce contexte, la perspective d’une disparition de la gestion de l’offre aurait de graves conséquences, surtout en raison de la limitation de la marge de manoeuvre des fermes. Il y a urgence de réformer la version québécoise de la gestion de l’offre, sinon elle est vouée à disparaître et entraînera la disparition d’un grand nombre de fermes.

Dans un autre dossier, d’aucuns auront suivi les déboires de l’ex-ministre de l’agriculture, M. Pierre Paradis. Il ne m’appartient pas de juger s’il y a un lien entre les allégations et sa relation plus que tendue avec l’UPA mais il y a lieu de se demander pourquoi sa réforme entamée du système de remboursement des taxes foncières a été si rapidement reléguée aux oubliettes au lendemain de son départ. Cette réforme prévoyait un changement de la méthode calcul. Mais là n’est pas le point majeur. L’élément-clé était de dissocier le paiement de la cotisation à l’UPA de l’accès au programme. Cette démarche aurait enfin remis un peu de démocratie dans ce système. Il est aberrant de voir qu’au Québec, l’accès à des programmes gouvernementaux soit encore conditionnel au versement d’une cotisation obligatoire à une association privée en situation de monopole.

En terminant, je mentionne la publication toute récente d’une bande dessinée (Faire campagne- de Rémy Bourdillon) qui illustre les déboires d’une dizaine de personnes qui tentent de pratiquer l’agriculture mais qui se heurtent aux obstacles érigés. Bonne lecture.

Maxime Laplante, agr, président

, , , ,

Congrès 2017: Ça passe par la relève

C’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renomC’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renom

Marie-Josée Renaud

L’Union paysanne prend de l’ampleur

Lachute, 24 janvier 2017. L’Union paysanne est fière d’annoncer l’embauche de Marie-Josée Renaud à
titre de coordonnatrice générale de l’organisation et de Stéphanie Wang au poste de coordonnatrice-volet international.

Marie-Josée Renaud

Marie-Josée Renaud est bachelière en sciences politiques et détient également une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. Impliquée dans le milieu associatif depuis plus de 10 ans, elle a cofondé et dirigé l’organisme Craque-Bitume, bien connu à Québec pour son travail en écologie urbaine. « L’Union paysanne était un choix naturel considérant ma sensibilité à la souveraineté alimentaire et aux organismes portant des valeurs sociales fortes », souligne Marie-Josée Renaud. Elle sera responsable de l’administration générale de l’organisation, de la coordination des bénévoles et de la recherche de financement.

 

Stéphanie Wang

Stéphanie Wang est impliquée à l’Union paysanne depuis bientôt cinq ans, on lui doit d’avoir structuré le volet international de l’organisation. Elle a réalisé sa recherche de maîtrise de sociologie, sur les lois agricoles québécoises, auprès de l’Union paysanne. Elle coordonnera le travail de l’Union paysanne au niveau canadien, nord-américain et international avec La Via Campesina en plus de recruter des formateurs et jeunes québécois pour des mandats de formations à l’étranger dans le cadre d’un partenariat  avec L’Œuvre Léger.  Elle quittera par ailleurs ses fonctions au conseil de coordination afin de se consacrer à son nouveau poste.

L’ajout de ses deux salariées permettra à l’organisation d’étendre et de consolider ses actions. « 2017 sera une année de croissance pour notre mouvement » prévoit Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Nous sommes sollicités de toutes part. et l’embauche de deux femmes de terrain nous permettra d’agrandir nos actions. Les agriculteurs recherchent une alternative syndicale et les citoyens veulent voir le modèle agricole refléter les valeurs de l’agroécologie. C’est ce que propose l’Union paysanne», ajoute t’il.

-30-

Pour information :

Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante
Président Union paysanne                                                                Vice-président
450-495-1910                                                                                      418-926-2473

,

Des normes à adapter pour la paysannerie

Ste-Croix, 12 février 2019Pour l’Union paysanne, le discours du ministre Lamontagne mérite d’être replacé dans le contexte et ne doit surtout pas être interprété comme une volonté d’ouvrir une brèche dans la protection de l’environnement, au contraire. Depuis sa fondation, l’Union paysanne plaide pour un arrimage entre l’environnement, l’agriculture et les demandes de la société civile. Les pourparlers précédents avec M. Lamontagne, mais aussi avec ses prédécesseurs soulignaient la nécessité d’adapter les normes environnementales, sanitaires et administratives aux besoins de la paysannerie au lieu d’imposer une structure taillée sur mesure pour la grande industrie.

Par exemple, on occasionne de graves problèmes aux petits éleveurs en imposant une interdiction d’épandage de fumier solide ou composté après le 1er octobre sous prétexte que les déversements massifs de lisier de l’industrie porcine en début d’hiver risquaient d’aboutir dans les cours d’eau.

Vouloir imposer des combinaisons en plastique ou des lavages aux petits élevages de basse-cour à l’extérieur sous prétexte que la forte concentration des oiseaux des élevages industriels constitue un risque pour la propagation des maladies est une aberration.

Interdire aux producteurs biologiques de céréales de réutiliser leurs propres semences en les menaçant de leur bloquer l’accès aux programmes gouvernementaux est une autre de ces situations où les normes en place sont faites pour la grande industrie sans égard pour un autre modèle de production.

Ce mépris normatif pour la paysannerie n’est toutefois pas l’exclusivité du ministère de l’environnement. Le MAPAQ y trouve également sa part de culpabilité ainsi que le système de plans conjoints de l’UPA qui bloque l’accès à la relève par les remparts de quotas prohibitifs ou inaccessibles.

Ce que l’Union paysanne a clairement demandé au ministre de l’agriculture, c’est qu’une division du MAPAQ soit dédiée à la diversification et à la multifonctionnalité de l’agriculture, de façon à rassembler les efforts de l’Union paysanne, de la société civile et du ministère de l’agriculture.

-30-

Maxime Laplante, agr, président et porte-parole 581 888-0941

 

,

Le congrès annuel de l’Union paysanne

Ste-Croix, 10 février 2019 – C’est au domaine Maizerets à Québec que s’est tenu le congrès de l’Union paysanne, sous le thème « Souveraineté alimentaire et luttes paysannes ». À l’ouverture, l’assistance a accueilli le nouveau ministre de l’agriculture, M. André Lamontagne. Celui-ci a affirmé son intention d’aller de l’avant en suivant les recommandations du rapport Pronovost, rapport maintenant lu par toute l’équipe de direction du MAPAQ et qu’il considère comme son « étoile du nord ».

L’Union paysanne aura en effet besoin qu’un ministre applique enfin ce fameux rapport, de façon à donner de l’oxygène aux fermes du Québec. La Régie des marchés agricoles devra sous peu rendre son jugement concernant la hausse réclamée de la production hors-quota pour les œufs, le poulet et le dindon, ce qui permettrait une amélioration de revenu pour les petits élevages, comme c’est le cas dans les autres provinces canadiennes.

Le congrès a également porté son attention sur l’aménagement du territoire, qui sera un prochain dossier lourd pour l’Union paysanne : accès à la terre, spéculation foncière, taxation des municipalités rurales, etc.

La paysannerie au plan international a fait l’objet de présentations et d’ateliers, un des objectifs étant d’obtenir un statut officiel auprès des Nations unies, ainsi que la reconnaissance de l’importance des paysans dans l’approvisionnement alimentaire des habitants de la planète. « Souveraineté alimentaire et agroécologie sont deux concepts indissociables », selon Gabriel Leblanc, coordonnateur du comité international.

Au cours de l’année 2019, l’Union paysanne entend poursuivre son travail de promotion et de défense de la paysannerie, autant au plan de la souveraineté alimentaire qu’au niveau de la protection des ressources et sa contribution à la réduction de l’utilisation des énergies fossiles, dans un objectif de réduction des gaz à effet de serre.

-30-

Maxime Laplante, agr, président et porte-parole 581 888-0941

 

thumbnail of Cahier du congres compresse
, ,

Rapport d’activité 2018 et cahier du congrès disponibles ici

Dans un soucis d’efficacité et d’économie de papier et de sous, nous rendons le rapport d’activité 2018 et le cahier du congrès disponible pour visionnement ici ou téléchargez les documents en suivant les deux liens ci-dessous.

Télécharger le cahier du congrès
Télécharger le rapport d’activités 2018

Cahier du congres compresse

 

Rapport d'activité 2018- compresse

 

, ,

Souveraineté alimentaire et luttes paysannes!

Nous sommes habitués à entendre parler du triste sort des paysans à l’étranger, en particulier en Afrique, en Amérique du sud ou en Asie. Fermiers brésiliens chassés de leurs terres, emprise des grandes entreprises exportatrices au détriment des productions vivrières sur le continent noir, main-mise sur les semences locales en Inde. Via Campesina, la grande organisation paysanne mondiale, réclame depuis environ deux décennies le retrait de l’agriculture des accords de libre-échange ainsi que le droit à la terre, le droit à la nourriture.

En plein cœur de l’Amérique du Nord, on imagine mal de pareilles situations. Et pourtant! Si les symptômes diffèrent, les causes sont souvent identiques d’un continent à l’autre. Et le Québec n’échappe pas à ce constat. Le droit de produire limité à une minorité dans des secteurs névralgiques comme le poulet, les œufs, le lait, le lapin, le sirop d’érable, en somme les productions sous quota.

L’accès à la terre se trouve également fortement entravé, en raison de divers facteurs : étroitesse d’esprit de la CPTAQ qui présume qu’une ferme de moins de 100 ha n’est pas rentable, ou encore qu’il faut gérer les régions rurales comme si c’était la banlieue montréalaise. Programmes de subventions taillés sur mesure pour la grande entreprise spécialisée, incitant à la spéculation foncière.

Le Québec n’a toujours pas de politique agricole, gérant l’agriculture à la pièce, de façon souvent paradoxale. Et ce n’est surtout pas la récente politique bio-alimentaire qui va y changer quoi que ce soit.

Noir portrait, non? Et pourtant, la paysannerie couve, comme un feu latent dans la tourbière, émergeant ici et là. Des milliers de personnes découvrent les bénéfices de la production à la maison, parfois même en pleine ville. Des liens se tissent entre la ferme et les clients. Beaucoup évitent le radar de la bureaucratie commerciale ou le contrôle de la mise en marché par le monopole dont il ne faut pas prononcer le nom… Innovation, découverte, savoir-faire se développent, au fond des rangs, dans les fêtes de semences, dans la grange ou le hangar. Légumes, fruits, animaux, machinerie innovante, transformation locale, tout y passe.

Ce congrès se veut un lieu de réflexion, d’échange, de remise en question aussi, en vue de regrouper les acteurs de changement. La paysannerie se révèle plus tenace qu’il y semble mais elle a besoin d’espace pour grandir au soleil. Elle a besoin d’alliés, comme l’Union paysanne. Bon congrès!

Maxime Laplante, agr, président.

,

Congédiement d’un agronome : et qu’arrive-t-il aux fautifs?

Ste-Croix, 31 janvier 2019 – Le MAPAQ vient de licencier un agronome « lanceur d’alerte » qui dénonce l’influence de l’industrie privée dans la recherche sur les pesticides, lourdement financée par les fonds publics. Il y a un an, on apprenait que des chercheurs avaient claqué la porte parce que les résultats de leurs travaux étaient occultés par les représentants de l’industrie, une situation flagrante de conflit d’intérêt.

Nous ne connaissons pas encore toutes les raisons qui ont incité le MAPAQ au licenciement d’un de ses employés mais l’Union paysanne estime inacceptable qu’il en soit ainsi. D’une part, le geste envoie un signal clair aux autres employés qui n’oseront pas dénoncer des situations graves. Et il s’agit d’une situation grave lorsque l’industrie bénéficiant des pesticides influence la recherche financée par le contribuable, alors que l’usage des pesticides a un impact évident dans notre environnement.

Pour Maxime Laplante, président de l’Union paysannne, «le MAPAQ aurait dû porter son attention sur les coupables de telles malversations et envisager des sanctions au lieu de faire porter le blâme sur l’agronome qui a étalé le problème».

Le centre de recherche sur les grains (CEROM) est dirigé par un conseil d’administration de 9 personnes. Parmi ces neuf, trois, dont le président, proviennent des « Producteurs de grains du Québec », affilié à l’UPA, deux de la Coop fédérée. Le seul représentant du MAPAQ, donc du public, n’y a aucun droit de vote.

Rappelons que le CEROM, financé à 68% par de l’argent public, ainsi que le MAPAQ, avaient conclu par leurs études que l’utilisation des néonicotinoïdes ne se justifie généralement pas. Les dirigeants du CEROM ont ensuite occulté ces informations.

L’Union paysanne salue le courage des gens qui ont dénoncé la situation en renonçant parfois à leur emploi. À court terme, il est urgent de revoir la composition des conseils d’administration des organismes dépendant de financement public. Les politiques agricoles mises en place par notre gouvernement devraient faire l’enjeu de débats publics et avoir le bien commun et la préservation de l’environnement en priorité, au lieu de se soumettre aux lobbys industriels.

L’Union paysanne réclame la réembauche de l’agronome concerné.

-30-

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne 581 888-0941

,

Congrès 2019 – Programmation

L’Union paysanne vous invite avec enthousiasme à son Congrès 2019 – qui aura pour thème Souveraineté alimentaire et luttes paysannes – le 9 février prochain dans la ville de Québec, au Domaine de Maizerets.

Visitez notre boutique en ligne pour vous procurer des billets.

Voici la programmation de la journée!

Programmation – Union paysanne – 9 février 2019

8h00-8h55 : Inscriptions

9h00-9h30 : Mots d’introduction :

      • Mot du président;
      • Mot du ministre de l’agriculture, monsieur André Lamontagne;
      • Mot de Jean Pronovost.

9h30-9h45 : Démarche de l’Union paysanne devant la régie

avec Me Jean Nobert, avocat

9h50-10h45 : TR – La biotechnologie au service de la paysannerie?

Avec Thibault Rehn (vigilance OGM) et Geneviève Lalumière (COP14)

10h45-11h00 : PAUSE

11h00-12h15 : Systèmes agro-alimentaires et enjeux environnementaux

avec Dominic Lamontagne (auteur de La ferme impossible), Gabriel Leblanc (coordonnateur international de l’Up et paysan) et Maude Prud’homme (RQGE et paysanne)

12h15-13h15 : DÎNER

13h15-13h55 :

Atelier 1 – Le rôle du facilitateur dans la méthodologie paysan-à-paysan, avec Jean Simon Voghel (Centre paysan)

Atelier 2 – Qui sont les paysan.ne.s? (Discussion animée l’Union paysanne)

14h00-14h30 : Aménagement du territoire québécois – enjeux

avec Maxime Laplante (président de l’Union paysanne)

14h35-15h15 : Déclaration des Nations Unies sur les droits paysans

avec Jessie MacInnis (NFU) et Alix Genier (Droit – McGill)

15h15-15h30 : PAUSE

15h30-16h45 : La Souveraineté alimentaire et ses perspectives

avec Pierre-Olivier Brassard (Coop Ferme Terre Partagée) et Laetitia Rascle Beaumel (coopérative La Mauve)

16h45-18h45 : SOUPER

18h45-20h00 : Alliance citoyenne-paysanne : identification des luttes prioritaires et des modes d’action

20h à 23h : Soirée bières et plaisir pour discuter entre nous!

, ,

Mot de Jean Pronovost en vu du congrès de l’Up

24 heures avant son décès, monsieur Pronovost nous a fait l’honneur d’écrire un mot en vu du congrès de l’Union paysanne. Cet engagement jusqu’à la toute fin envers la cause agricole fait foi de l’importance qu’il accordait  à l’agriculture plurielle. Le voici!

 

Bonjour madame Renaud,

Voici le texte demandé. J’y crois beaucoup. Ce qui m’a incité a l’expédier à quelques autres personnes.  On conçoit souvent l’avenir de l’agriculture une ou à des étiquettes qui escamotent une partie de la vérité.

Certains prônent une agriculture dite industrielle mais qui au fond applique à l’agriculture le modèle économique traditionnel qui repose sur la croissance économique, le marketing, la recherche de la croissance, la productivité etc.  On produit et on vend des pommes de terre, du maïs ou des pommes comme  d’autres secteurs produisent et vendent des clous, des vis ou tous autres produits.

L’agriculture, la vraie, doit intégrer plusieurs autres valeurs à cette dimension économique.  Il faut penser notamment Santé et il faut penser que les impératifs Santé peuvent même varier avec les individus qui ont des besoins différents et particuliers.  Il faut aussi penser à la qualité de l’environnement car la qualité de la nourriture commence là; combattre les failles environnementales par des moyens naturels et biologiques plutôt que chimiques, etc.

Ce que je viens de souligner n’a rien à voir avec la taille des fermes ou de leurs modèles juridiques.  C’est évident que les quantités produites, parce qu’elles intègrent d’autres valeurs, ont tendance à devoir tenir compte des frais que l’éventail de ces valeurs entraînent.  L’État doit prendre tout cela en compte dans ses politiques.  L’agriculture n’est pas univoque. Elle n’est surtout pas noir et blanc et répond à une série de besoins interreliés.

 

Cordialement,

Jean Pronovost

,

Mot du président – 16 janvier 2019

Nous avons appris, au lendemain de Noël, le décès de Jean Pronovost qui a présidé la maintenant célèbre commission sur l’avenir de l’agriculture au Québec. Personne intègre et connue pour son doigté, son art de pouvoir entendre les divers intervenants du monde agricole avec attention, M. Pronovost a découvert cet univers qu’est l’agriculture québécoise. Découverte privilégiée, au-delà de la simple image véhiculée par les médias, souvent bucolique à souhait. Après un long périple dans le Québec rural, assisté par une équipe de recherchistes et deux autres commissaires, M. Pronovost s’est lentement forgé une opinion. Son constat principal : l’agriculture du Québec étouffe, manque d’oxygène, pour reprendre ses termes. Le carcan des fédérations contrôlant les plans conjoints, la rigidité des règles touchant l’aménagement du territoire, les obstacles pour la relève, le financement taillé sur mesure pour la grande entreprise spécialisée, tout cela à l’encontre des objectifs de diversification, de multifonctionnalité.

Je me souviens avoir reçu M. Pronovost chez moi, alors qu’il rencontrait diverses organisations. Il faut mentionner que la commission Pronovost trouve son origine dans une demande faite par l’Union paysanne dans le bureau du ministre de l’agriculture de l’époque, M. Vallières. Il allait donc de soi d’aller rencontrer l’Union paysanne. Je l’ai alors accueilli chez moi, dans mon fond de rang, avec pour repas de la viande de porc de mon élevage à l’extérieur. Pendant que le repas finit de cuire et que nous conversons, il regarde par la fenêtre, voyant les bâtiments, les champs, les animaux, le jardin, le verger. Je lui demande alors si, d’après lui, ce qu’il voit correspond à une ferme. Il se dit surpris par la question, soupçonne une blague de ma part. Hésitant, il me répond qu’à toute évidence, il s’agit d’une ferme. Je lui explique donc qu’au sens de la loi du Québec, ce n’est pas une ferme mais simplement un « hobby ». Devant son regard incrédule, je précise que le Québec ne tient compte que des ventes extérieures pour définir une ferme. Nourrir une famille de sept personnes, en plus d’amis ou de parents, ça ne compte pas, même si le nombre d’heures consacré correspond à un emploi régulier. Quand on sait que le rôle premier de l’agriculture dans le monde, c’est de nourrir la famille, il est aberrant que le Québec conserve une vision si réductrice. Une vision unique en somme. Pendant son périple à travers le Québec, M. Pronovost a entendu toutes sortes de commentaires et son lot d’histoires d’horreur, de situations cauchemardesques. Il a aussi vu de la passion, de l’initiative.

On retrouve dans les recommandations du rapport Pronovost de larges pans du mémoire de l’Union paysanne que j’ai présenté lors de cette commission. Il serait temps que le Québec applique ce rapport. Souhaitons que l’avenir rendra aussi hommage à cet homme visionnaire, pour le plus grand bien de notre agriculture et de la diversité des gens qui y travaillent.

Maxime Laplante, agr, président

,

Réservez vos dates! Congrès de l’Union paysanne le 9 février

L’Union paysanne vous invite avec enthousiasme à son Congrès 2019 – qui aura pour thème Souveraineté alimentaire et luttes paysannes – le 9 février prochain dans la ville de Québec, au domaine Maizerets. L’événement sera suivi le lendemain par l’Assemblée générale annuelle. En outre, il s’agira d’un lieu où les paysanNEs et les citoyenNEs se réuniront afin de réfléchir collectivement aux prochaines luttes paysannes menées par l’Union paysanne et de discuter des modes d’action pour les concrétiser efficacement. Vous êtes une personne sensible à la cause paysanne et croyez en sa capacité à faire avancer les causes sociales? Alors réservez vos dates et venez assister à notre congrès ouvert à toutes et à tous!

Plusieurs conférencières et conférenciers seront réunis afin d’aborder divers enjeux liés à la question agricole, notamment la question du développement de nouvelles biotechnologies, de l’agroécologie et de la souveraineté alimentaire comme outils conceptuels pour affronter la crise écologique, l’aménagement du territoire, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, etc. Référez-vous à notre programmation préliminaire (ci-bas) afin de consulter plus exhaustivement les différents sujets abordés.

Achetez dès maintenant vos billets sur notre boutique en ligne

 

Programmation préliminaire

8h00-8h55 : Inscriptions

9h00-9h15 : Mot d’introduction

9h20-9h45 : Démarche de l’Union paysanne devant la régie

9h50-10h45 : La biotechnologie au service de la paysannerie?

10h45-11h00 : PAUSE

11h00-12h00 : Systèmes agro-alimentaires et enjeux environnementaux

12h00-13h00 : DÎNER

13h00-13h40 :

Atelier 1 – Le rôle du facilitateur dans la méthodologie paysan-à-paysan (Centre paysan)

Atelier 2 – Qui sont les paysan.ne.s?

13h45-14h15 : Aménagement du territoire québécois – enjeux

14h20-15h00 : Déclaration des Nations Unies sur les droits paysans

15h00-15h15 : PAUSE

15h15-16h45 : La Souveraineté alimentaire et ses perspectives

16h45-18h45 : SOUPER

18h45-20h00 : Alliance citoyenne-paysanne : identification des luttes prioritaires et des modes d’action

Décès de M. Jean Pronovost

Ste-Croix, 28 décembre 2018 – M. Pronovost, qui a présidé la commission du même nom, est décédé mercredi. L’Union paysanne tient à exprimer ses condoléances auprès de la famille. Depuis une dizaine d’années, M. Pronovost a activement contribué à développer une nouvelle vision de l’agriculture, d’abord en présidant la commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec, et plus tard en présidant l’institut Jean-Garon.

M. Pronovost a également rédigé un rapport sur la relève agricole. Son approche calme et attentive a fait de lui une personnalité appréciée dans le monde agricole.

-30-

Maxime Laplante, agr
581 888-0941