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Mot du président – 17 juin 2018

Bonjour,

La rencontre du G7 est peut-être terminée mais pas les discussions sur la gestion de l’offre, qui semble être devenue une monnaie d’échange dans les négociations de libre-échange. Prévisible. Le Canada ne peut pas continuer longtemps à prétendre que les frontières sont ouvertes mais qu’elles sont fermées pour certains produits. Dans le dossier du lait, l’importation de lait diafiltré à bas prix en provenance des États-Unis a fait baisser le prix payé à la ferme. Dans un contexte où les dépenses explosent, une baisse du revenu mène obligatoirement à une des quatre avenues suivantes : demander au gouvernement de compenser financièrement. Reste à savoir si le Trésor sera d’accord pour dépenser l’argent des contribuables pour une production sous quota alors que le prix est fixé par une commission. Autre hypothèse : grossir l’entreprise pour augmenter le chiffre d’affaires, ce qui suppose une hausse de l’endettement et des difficultés pour refiler la ferme plus tard à une relève qui n’en aura sans doute pas les moyens. Autre scénario : vendre aux personnes qui veulent grossir. Mais ces solutions ne règlent pas le problème de l’accroissement de la taille des fermes, au contraire. Normalement, pour une entreprise aux prises avec des difficultés financières, la diversification de la production est envisagée, selon la devise de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour le secteur laitier, cela supposerait de vendre une partie du lait de façon directe ou transformée, ou d’élever d’autres animaux, d’ajouter un volet récréo-touristique à la ferme, etc. Or, ces avenues sont bloquées de façon quasi systématique au Québec, confinant l’immense majorité des fermes à la production au prix de gros. Bonne chance à ceux et celles qui voudraient faire du fromage à la ferme, ou tenir une table champêtre, accueillir des visiteurs, des campeurs. Dans ce contexte, la perspective d’une disparition de la gestion de l’offre aurait de graves conséquences, surtout en raison de la limitation de la marge de manoeuvre des fermes. Il y a urgence de réformer la version québécoise de la gestion de l’offre, sinon elle est vouée à disparaître et entraînera la disparition d’un grand nombre de fermes.

Dans un autre dossier, d’aucuns auront suivi les déboires de l’ex-ministre de l’agriculture, M. Pierre Paradis. Il ne m’appartient pas de juger s’il y a un lien entre les allégations et sa relation plus que tendue avec l’UPA mais il y a lieu de se demander pourquoi sa réforme entamée du système de remboursement des taxes foncières a été si rapidement reléguée aux oubliettes au lendemain de son départ. Cette réforme prévoyait un changement de la méthode calcul. Mais là n’est pas le point majeur. L’élément-clé était de dissocier le paiement de la cotisation à l’UPA de l’accès au programme. Cette démarche aurait enfin remis un peu de démocratie dans ce système. Il est aberrant de voir qu’au Québec, l’accès à des programmes gouvernementaux soit encore conditionnel au versement d’une cotisation obligatoire à une association privée en situation de monopole.

En terminant, je mentionne la publication toute récente d’une bande dessinée (Faire campagne- de Rémy Bourdillon) qui illustre les déboires d’une dizaine de personnes qui tentent de pratiquer l’agriculture mais qui se heurtent aux obstacles érigés. Bonne lecture.

Maxime Laplante, agr, président

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Congrès 2017: Ça passe par la relève

C’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renomC’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renom

Marie-Josée Renaud

L’Union paysanne prend de l’ampleur

Lachute, 24 janvier 2017. L’Union paysanne est fière d’annoncer l’embauche de Marie-Josée Renaud à
titre de coordonnatrice générale de l’organisation et de Stéphanie Wang au poste de coordonnatrice-volet international.

Marie-Josée Renaud

Marie-Josée Renaud est bachelière en sciences politiques et détient également une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. Impliquée dans le milieu associatif depuis plus de 10 ans, elle a cofondé et dirigé l’organisme Craque-Bitume, bien connu à Québec pour son travail en écologie urbaine. « L’Union paysanne était un choix naturel considérant ma sensibilité à la souveraineté alimentaire et aux organismes portant des valeurs sociales fortes », souligne Marie-Josée Renaud. Elle sera responsable de l’administration générale de l’organisation, de la coordination des bénévoles et de la recherche de financement.

 

Stéphanie Wang

Stéphanie Wang est impliquée à l’Union paysanne depuis bientôt cinq ans, on lui doit d’avoir structuré le volet international de l’organisation. Elle a réalisé sa recherche de maîtrise de sociologie, sur les lois agricoles québécoises, auprès de l’Union paysanne. Elle coordonnera le travail de l’Union paysanne au niveau canadien, nord-américain et international avec La Via Campesina en plus de recruter des formateurs et jeunes québécois pour des mandats de formations à l’étranger dans le cadre d’un partenariat  avec L’Œuvre Léger.  Elle quittera par ailleurs ses fonctions au conseil de coordination afin de se consacrer à son nouveau poste.

L’ajout de ses deux salariées permettra à l’organisation d’étendre et de consolider ses actions. « 2017 sera une année de croissance pour notre mouvement » prévoit Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Nous sommes sollicités de toutes part. et l’embauche de deux femmes de terrain nous permettra d’agrandir nos actions. Les agriculteurs recherchent une alternative syndicale et les citoyens veulent voir le modèle agricole refléter les valeurs de l’agroécologie. C’est ce que propose l’Union paysanne», ajoute t’il.

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Pour information :

Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante
Président Union paysanne                                                                Vice-président
450-495-1910                                                                                      418-926-2473

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Congrès 2018

Avis à toutes les paysannes et paysans du Québec: le congrès 2018 de l’Union paysanne aura lieu le 17 novembre 2018 au Domaine Maizeret, à Québec. L’Assemblée générale annuelle aura lieu le lendemain, soit dimanche le 18 novembre 2018.

Ne manquez pas le seul et unique rendez-vous de la paysannerie québécoise.

Des détails concernant la programmation suivront sous peu.

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Une politique d’aménagement du territoire?

À sa fondation en 2001, l’Union paysanne désirait amorcer une réflexion en profondeur de l’aménagement de notre territoire. Cette réflexion nous alors forcé à repenser notre agriculture et à se demander quels sont les objectifs visés. La vision développée présente les rôles de notre agriculture comme suit :

  • Nourrir notre population en quantité et en qualité;
  • Protéger les ressources;
  • Occuper le territoire de façon décentralisée.

On entend régulièrement parler de différents problèmes en milieu rural : parfois il s’agit de terres réquisitionnées pour une autoroute, parfois de spéculation foncière avec une hausse de la valeur des terres. Il y a aussi des municipalités qui veulent conserver leur population, attirer des jeunes familles, et qui ont besoin d’espace. Il y a également une partie de la population qui aspire à s’établir à la campagne. Et les villes, confrontées à la densification et aux problèmes de congestion automobile.

Des questions importantes se posent. Doit-on financer les villes qui s’accroissent avec l’argent de tous, donc de ceux qui habitent en milieu rural? Doit-on laisser la commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) gérer la zone verte de façon uniforme, comme si la banlieue de Montréal se comparait aux rangs gaspésiens?

Vouloir limiter tous ces enjeux à la simple préservation de sols visés par un promoteur immobilier est une façon extrêmement réductrice de balayer le problème sous le tapis.

Pendant presque 20 ans, l’Union paysanne a réclamé un vaste débat à ce sujet. Cette discussion devra aborder aussi la gestion des quotas de production, qui bloquent l’arrivée de nouvelles fermes, ainsi que la gestion de la CPTAQ qui continue souvent de croire que seules les entités de plus de 100 hectares sont viables.

Si on ne fait rien, la valeur des terres poursuivra sa progression, les campagnes se videront davantage, la relève en milieu rural sera insuffisante et le coût de la concentration de notre population en ville explosera. Sommes-nous prêts pour cette réflexion et peut-être envisager une politique d’aménagement du territoire? Sur ce, je retourne à mes champs. Si je ne m’occupe pas de mon petit territoire, il saura bien s’occuper de moi.

Maxime Laplante, agr, président

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L’agroécologie doit être incluse dans les solutions aux changements climatiques

Dans le cadre de la rencontre de l’ONU sur la Convention sur la diversité biologique (Montréal, 2-7 juillet 2018).

À propos de la plénière concernant « diversité biologique et changements climatiques : approches écosystémiques d’adaptation aux changements climatiques et de réduction des risques de catastrophes »

Je suis une paysanne québécoise canadienne de l’Union Paysanne. Je parle au nom de La Via Campesina.

Tout d’abord, nous tenons à rappeler que toute approche écosystémique qui relie biodiversité et changements climatiques ne peut pas exclure les systèmes agricoles, qui occupent une place très importante dans l’écosystème planétaire Pour prétendre combattre les changements climatiques, il est extrêmement important de reconnaître qu’il faut changer le système agroalimentaire, qui a un impact énorme sur les écosystèmes et l’environnement, sauvage ou non.

Nous avons écouté les parties s’exprimer longuement sur les engagements non obligatoires. Nous vous demandons de nous écouter lorsque nous disons que ce sont des mesures qui n’ont pas d’impacts réels sur les changements climatiques.

En tant que mouvement paysan, nous avons fait des choix sur nos fermes et dans nos organisations afin de promouvoir l’agroécologie comme référence pour nos systèmes de production alimentaire culturellement, écologiquement et économiquement appropriés. Nous avons déjà mis en place des mesures concrètes en basant nos systèmes alimentaires sur l’agroécologie afin de défendre la biodiversité – qui est un élément central et fondamental de nos systèmes.

L’agroécologie paysanne non seulement protège et conserve la biodiversité par la gestion dynamique de nos agroécosystèmes, mais cette agriculture à échelle humaine augmente, récupère et régénère l’ensemble des fonctions écosystémiques de nos territoires. Si nous, paysannes et paysans qui travaillons fort et qui avons peu de moyens, sommes capables de réinventer nos systèmes alimentaires et d’adapter nos modes de vie à la réalité des changements climatiques, nous dénonçons le fait que certains gouvernements, industries et sociétés transnationales soient incapables d’en faire autant et de proposer des changements radicaux et fondamentaux dans leurs modes d’action pour adresser la problématique des changements climatiques, malgré les énormes moyens économiques et scientifiques dont ils disposent.

Nous soulignons notre leadership en matière de régénération de la biodiversité, d’adaptation et de lutte aux changements climatiques.

Nous souhaitons remercier la Bolivie pour sa reconnaissance des paysans, paysannes et peuples indigènes comme étant les populations détenant les clés des solutions aux changements climatiques. Nous soutenons également les amendements proposés par les peuples indigènes.

Si vous avez besoin d’expertise en agroécologie, vous êtes cordialement invités à venir participer à des journées de renforcement des capacités et de partage horizontal des savoir-faire sur nos fermes et dans nos écoles paysannes. Vous verrez que la bataille contre les changements climatiques se jouent directement sur la Terre.

Geneviève Lalumière, paysanne semencière, membre du comité international de l’Union paysanne

 

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Disons non au forçage génétique!

Geneviève Lalumière. Membre de l’Union paysanne. À la Convention sur la diversité biologique (CBD) de l’ONU à Montréal (2 juillet 2018).

Membre de l’Union paysanne, je suis Geneviève Lalumière, paysanne semencière québécoise. J’œuvre quotidiennement à la sauvegarde, le développement et le partage des semences paysannes à pollinisation libre. Mon organisation, l’Union paysanne, est membre de la Via Campesina, qui regroupe 200 millions de paysans et paysannes. Ensemble nous œuvrons pour la souveraineté alimentaire, à l’échelle locale, régionale et internationale. L’agriculture paysanne produit 70% de la nourriture de la planète.

La Via Campesina se positionne fermement contre le forçage génétique. C’est une menace à la souveraineté alimentaire des peuples, des pays et même de la planète. Une technique qui menace la vie, la biodiversité et les systèmes sociaux ne peut pas être utilisée lorsque ses impacts peuvent être irréversibles. Cette technologie non maîtrisée est dangereuse et peut même causer des extinctions de masse. Elle peut contaminer nos semences, nos animaux, nos sols, déstabiliser nos écosystèmes et détruire nos ressources. La Via Campesina, mouvement qui nourrit la planète, croit que le forçage génétique ne favorise en aucun cas la biodiversité. Les biotechnologies modernes et les brevets qui les accompagnent fragilisent notre capacité de produire de la nourriture de manière culturellement, écologiquement et économiquement appropriée, elles sont de fausses solutions qui viennent mettre en danger notre économie, nos vies, nos traditions. En tant que communautés locales, gardiens et gardiennes de la terre, nous revendiquons le droit de définir nos propres systèmes agricoles. Nous disons non au forçage génétique et aux biotechnologies modernes, instables et peu maîtrisées. Oui à la souveraineté alimentaire.
Nous voulons remercier l’intervention de la Bolivie, le groupe des Femmes, les peuples indigènes et populations locales, ETC group et Friends of the Earth.

Vingt-deuxième rencontre l’organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques

Colonialisme numérique à la Conférence sur la Diversité Biologique

Photo prise à l’OACI, Montréal. CBD du 2 au 7 juillet 2018.

Montréal (Québec). Organisation des Nations Unies. 3 juillet 2018. La première plénière de la SBSTTA-CBD portait sur l’information génétique digitale (DSI – digital sequence information). Cette technologie permet d’avoir sur un support numérique de l’information génétique, comme le génome par exemple. Ainsi, plus besoin d’échantillon physique pour étudier l’ADN et même pour modifier ou créer de nouveaux organismes vivants.

Certains pays ont affirmé contre toute évidence scientifique que ces informations génétiques numériques ne constituent pas elles-même du matériel génétique, avançant que ce n’est pas du matériel génétique « tangible ». Ils remettent en question la pertinence même d’adresser ce sujet au CBD et de le traiter selon le protocole de Nagoya. Nous sommes choqués de constater que certains pays de l’Union Européenne par exemple emploient le double langage afin de servir leurs intérêts. Quand c’est pour l’accès aux informations génétiques, ces pays disent qu’elle est indépendante de la ressource génétique physique, autrement dit de la « matière ». Mais quand c’est pour appliquer leurs brevets, ils disent exactement le contraire. Cf article 9 de la directive européenne 98/44 relative à la protection juridique des inventions biotechnologiques :

Article 9
La protection conférée par un brevet à un produit contenant une information génétique ou consistant en une information génétique s’étend à toute matière, sous réserve de l’article 5, paragraphe 1, dans laquelle le produit est incorporé et dans laquelle l’information génétique est contenue et exerce sa fonction.

Ainsi, sur base juridique, les ressources génétiques sont constituées du matériel tangible et intangible. Nous assistons à une affirmation politique déguisée en affirmation scientifique de la part de certains pays. Cette remise en question de considérer l’information génétique numérique comme matériel génétique de la part de certains pays industrialisés n’émane d’un réel souci d’exactitude, mais sert des intérêts particuliers. Si il est accepté que l’information génétique numérique ne soit pas soumise au protocole de Nagoya, son utilisation ne sera ni réglementée ni surveillée. Il nous semble que la position particulière de ces gouvernements soit motivée par le fait qu’ils sont contrôlés par les sociétés transnationales qui possèdent déjà les mégaserveurs qui peuvent stocker et analyser de telles données. Il faut comprendre que c’est une poignée de pays privilégiés qui détient la technologie pour traiter ces données, et comme par hasard ce sont eux qui ne veulent pas que ces données soient soumises au protocole de Nagoya. Sans réglementation, il sera possible d’utiliser ces données génétiques numériques afin de créer et de breveter du matériel vivant sans avoir à se soumettre au partage des bénéfices, au principe de consentement éclairé et de traçabilité entre autres. Ainsi, on assiste à une nouvelle phase de biopiraterie. On peut même affirmer que c’est du colonialisme numérique, puisque non seulement ces technologies ne sont pas réellement accessibles aux pays moins privilégiés, mais seront testées chez eux.

Heureusement, certains partis comme la Chine, l’Inde, la Bolivie, le Maroc, les représentants de la jeunesse, les représentantes des femmes et des peuples indigènes ont su rappeler avec force que l’information génétique reste du matériel génétique, qu’elle soit tangible ou non, et qu’il est important que leur utilisation soit encadrée par le protocole de Nagoya.

La Via Campesina réaffirme que la question de l’information génétique numérique doit être adressée au CBD, mais comme la présidente de la session ne nous a pas donné la parole à ce moment, nous n’avons pu appuyer cette position. Il est impératif de s’assurer que le protocole de Nagoya puisse encadrer l’utilisation de ces séquences numériques.

Délégation La Via Campesina

 

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Geneviève Lalumière
Union paysanne, Canada
514 577-9265

Antonio Onorati
Coordination Européenne La Via Campesina

bédéreportage
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Lancement du bédéreportage « Faire campagne »

Le samedi 16 juin, vous êtes invités à vous joindre à nous pour souligner le lancement du bédéreportage «Faire campagne», de Rémy Bourdillon et Pierre-Yves Cézard. Il s’agit du premier titre de la nouvelle collection Journalisme 9, la première collection canadienne francophone dédiée au journalisme dessiné. Une collaboration inédite entre La Pastèque et Atelier 10.

Le monde rural est en plein essor au Québec. Une nouvelle génération d’agriculteurs tente de développer de meilleures manières de produire nos aliments. Grâce à ces jeunes familles qui délaissent la ville pour la campagne, des fruits et légumes oubliés, des fromages locaux, des viandes et charcuteries diversifiées fleurissent. Mais comment survivre dans un système taillé pour l’agriculture industrielle? Comment garder la foi malgré l’intransigeance des règles? Ce projet de bande-dessinée reportage repose sur une enquête journalistique au long cours. Veillant à tendre le micro à tous les acteurs en présence, Rémy Bourdillon et Pierre-Yves Cezard ont suivi pendant un an le combat quotidien d’une dizaine d’agriculteurs aux prises avec le seul et unique syndicat en place, l’Union des producteurs agricoles. À travers ces femmes et ces hommes, cette bande dessinée fait la lumière sur une situation unique à l’échelle mondiale.

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Un G7 malodorant

Ste-Croix, 4 juin 2018 – En prévision de la rencontre du G7, les autorités prient les agriculteurs de ne pas épandre de lisier pendant la durée de l’événement. On comprend qu’il importe de ne pas heurter la sensibilité nasale des délégués.

Les gouvernements ont pourtant tout mis en place pour qu’il y ait ce genre de situation. À commencer par le choix d’une région rurale pour la tenue d’une telle rencontre. Ensuite par le choix du moment, coincidant avec la période des semis et le moment où les fosses à lisier sont remplies à pleine capacité après un long hiver d’entreposage et que les inspecteurs circulent pour s’assurer qu’elles ne déborderont pas.

Mais surtout, le gouvernement a clairement tracé la voie pour la gestion liquide des fumiers, en dépit des avertissements multiples. En effet, au lieu d’encourager la gestion solide des fumiers, les fermes ont dû construire des fosses pour accumuler les fumiers animaux. Pourtant, le problème est simple du point de vue biologique. Les composés organiques à base d’azote sont normalement constitués en présence d’oxygène, ce qui donne des substances stables et largement inodores, comme le compost. À l’inverse, si on bloque l’arrivée d’oxygène, par exemple en entreposant les fumiers dans une fosse liquide dans laquelle l’oxygène ne pénètre pas, on produit des composés instables, solubles et volatiles. C’est l’effet du sac de vidange bien fermé qui a traîné au soleil et qu’on ouvre pour en humer tout l’arôme… L’azote devient ammoniac, soluble et pestilentiel, de même que le carbone forme du méthane nauséabond au lieu d’humus stable.

Les conséquences d’une agriculture animale sur lisier sont multiples, en plus des odeurs dont les communautés rurales sont les premières victimes : compaction des sols en raison des lourdes charges (à 95%, le lisier est constitué d’eau), bris des routes rurales qui n’ont pas été conçues pour résister à de pareilles charges, construction coûteuse de gigantesques fosses d’entreposage.

Mentionnons également le fait que le régime de subventions pousse à la spécialisation et la concentration des élevages, ce qui fait en sorte que les animaux sont largement confinés à l’intérieur au lieu de libérer leurs excréments au champ.

En somme, tout le système en place incite, sinon oblige, à l’épandage nauséabond en ce temps de l’année. C’est indissociable de notre modèle agricole orienté vers la monoculture et l’exportation. Difficile de ne pas être en colère lorsque le gouvernement demande maintenant de préserver une image bucolique.

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Maxime Laplante, agr,

Président

581 888-0941

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Fusion Monsanto-Bayer : une perte de contrôle supplémentaire et alarmante sur le secteur agricole et alimentaire.

Pour diffusion immédiate

Fusion Monsanto-Bayer : une perte de contrôle supplémentaire et alarmante sur le secteur agricole et alimentaire.

Montréal Le 31 mai 2018 : Le Bureau de la concurrence Canada vient d’approuver la fusion des entreprises Bayer et Monsanto, autorisant ainsi la création de la plus grande entreprise de pesticides et de semence au monde. « C’est du jamais vu en terme de contrôle corporatif sur l’agriculture à travers les semences et pesticides » déclare Pascal Priori, président de Vigilance OGM.

L’acquisition de Monsanto par Bayer au prix inégalé de 66 milliards de dollars donnerait à la nouvelle entité le contrôle d’environ 31 % du marché des semences commerciales et 26 % de celui des pesticides agricoles. Quant aux concessions obtenues par le Bureau de la concurrence, elles sont insignifiantes puisque la vente de certains actifs de Bayer se fera fort probablement à un autre géant : BASF.

Les grandes sociétés Dow et Dupont se sont déjà entendues pour fusionner et l’entreprise étatique chinoise ChemChina a acheté Syngenta. En autorisant la fusion de Bayer et Monsanto, ces trois grandes sociétés nouvellement formées contrôlent plus de 71 % des ventes mondiales de pesticides et près de 61 % des ventes de semences commerciales (1).

L’impact sur le système agricole s’annonce désastreux. « Les semences sont le cœur de notre système alimentaire. Si vous contrôlez les semences, vous contrôler les agriculteurs et l’alimentation » déclare Jane Rabinowicz d’USC Canada. « L’accroissement du contrôle corporatif sur les semences a des conséquences désastreuses sur la diversité des semences et notre capacité d’adaptation aux changements climatiques » ajoute-t-elle.

Par exemple, Vigilance OGM révèle dans une analyse exclusive la hausse importante du prix de semences au Québec compte tenu de l’actuelle concentration du marché. Dans le cas du soya, le prix des semences génétiquement modifiées était environ 50 % plus cher en 2016 et 2017 que les semences de soya conventionnel. De plus, entre 2011 et 2017, le prix des semences soya GM a augmenté de 23,5 % tandis que celui des semences conventionnelles a augmenté de 20,6% (2).

Les principales organisations agricoles du Québec, l’Union Paysanne mais également l’Union des producteurs agricoles craignent le pire. « Alors que le nombre de fermes au Québec diminue d’année en année, les grandes entreprises s’approprient le pouvoir de décider des semences et pesticides des agriculteurs et y compris pour une partie des semences et intrants de l’agriculture biologique. C’est une atteinte directe à la souveraineté alimentaire du Québec » déclare Maxime Laplante président de l’Union Paysanne. Cette tendance est corroborée par l’évolution du nombre d’exploitations agricoles au Canada qui a diminué de 47,1 % entre 1971 à 2016.

« Il est clair que cette situation d’oligopole va accroître le prix et réduire le choix des semences et intrants au détriment de la liberté des agriculteurs. Cela va également accroître encore plus le contrôle de quelques entreprises sur la recherche publique en agriculture (3). Le Québec et le Canada font encore preuve d’une docilité exemplaire envers les grandes entreprises agricoles. Cette décision va exactement à l’encontre de la volonté des consommateurs d’accroître l’accès à des productions locales, biologiques, et sans OGM et celle des agriculteurs de pouvoir faire les choix de base et de vivre sereinement de leur production », résume Pascal Priori, Président de Vigilance OGM.

Alors que les pesticides et les OGM sont plus utilisés que jamais dans l’histoire du Canada, cette nouvelle renforce encore plus la dépossession de notre système alimentaire pour le profit de quelques entreprises.

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Pour plus d’information :

Pascal Priori, Vigilance OGM, 514 573 1820

Maxime Laplante, Union Paysanne 581 888 0941

Jane Rabinowicz, USC Canada, 514 473 5319

Lucy Sharratt, Réseau canadien d’action sur les biotechnologies, 613 809 1103 (anglais)

Autre organisme appuyant ce communiqué:

Alliance pour l’interdiction des pesticides systémiques

Note:

Le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) et Vigilance OGM, avaient, dès 2016, demandé au bureau de la concurrence d’évaluer l’impact de cette concentration incroyable sur le secteur agricole. Cette requête est toujours sans suite (4).

Références:

(1) Selon des données de 2014 cités par le Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food) dans son rapport : IPES-Food. 2017. Too big to feed: Exploring the impacts of mega-mergers, concentration, concentration of power in the agri-food sector.

(2) Analyse de Vigilance OGM: Monsanto-Bayer : Conséquences alarmantes pour les agriculteurs au Québec

(3) L’enquête OGM sortie en 2015 précisait déjà : « On entend souvent que les agriculteurs partout dans le monde adoptent les cultures GM parce qu’ils ont choisi d’acheter des semences GM et que les cultures GM leur offrent plus de choix. Mais la concentration du marché des semences signifie que l’introduction de semences GM est souvent suivie du retrait de variétés non GM et de la diminution des options offertes aux agriculteurs. Ainsi, au Canada, 80 % des 120 variétés enregistrées de canola étaient non GM en 2000. En 2007, on ne trouvait plus que cinq variétés de canola non GM sur le marché. Puisque l’on retire des variétés non GM petit à petit, et parce que les caractéristiques GM sont insérées dans des cultures classiques déjà dotées des meilleures caractéristiques de rendement, l’achat de semences GM est souvent le seul moyen pour les agriculteurs de se procurer des variétés modernes à rendement élevé. De plus, quand les entreprises déshomologuent des variétés anciennes au Canada, les agriculteurs qui conservaient ces semences et les utilisaient ont perdu la capacité de le faire. »
Cette concentration s’accompagne d’un désinvestissement massif de la recherche publique en agriculture : «
Au début des années 1980, le secteur public du Canada était responsable de 95 % de la sélection des végétaux et de 100 % de la sélection des cultures céréalières et oléagineuses. Dans les vingt dernières années, le gouvernement canadien a démantelé une grande partie de l’infrastructure publique de la sélection des végétaux au Canada et confié cette responsabilité au secteur privé. » RCAB. 2015. Rapport 4 Les OGM sont-ils bénéfiques pour les agriculteurs?

(4) Commentaires soumis en 2016 au Bureau de la concurrence Canada

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La ruralité a besoin de courage politique

Ste-Croix, 23 mai 2018 – Alors que les intéresséEs doivent débourser 120$ pour avoir accès au rassemblement « Tous ruraux », l’Union paysanne estime que ce débat devra aller nettement plus loin que de simplement louanger la campagne en termes poétiques.

La ruralité passe par la reconnaissance du droit de produire des occupantEs de nos campagnes, que ce soit pour leur consommation familiale ou pour la commercialisation. L’union paysanne souhaite rappeler les solutions qu’elle met de l’avant afin de favoriser une agriculture plurielle et de proximité qui serait extrêmement bénéfique à la revitalisation des villages du Québec.

La ruralité, c’est la diversité!

– Nous exigeons des modifications à la Loi sur la protection du territoire agricole et des activités agricoles, qui prescrit l’homogénéité du territoire au lieu de la diversité;

– Nous encourageons la diversité des usages en milieu rural;

– Nous souhaitons l’établissement de tables champêtres en zone verte, permettant la transformation et la restauration à la ferme.

– Nous faisons la promotion de l’agrotourisme et des formules avec hébergement à la ferme.

– Nous exigeons la modification du mode de soutien des fermes (dont l’ASRA), trop axée sur les monocultures et les exportations;

– Nous exigeons la liberté d’association en agriculture afin de permettre à ceux et celles souhaitant faire de l’agriculture autrement d’être représentéEs.

La ruralité, c’est de nourrir notre population en quantité et en qualité, tel que le souhaite la population du Québec.

– Nous réclamons le droit de produire : augmentons la production hors quota et permettons la vente directe;

– Nous visons un meilleur accès aux produits locaux;

– Nous voulons savoir ce que l’on mange et réclamons l’étiquetage des OGM;

Nous réclamons un appui substantiel pour l’agriculture biologique plus important que ce que propose lanous velle politique bioalimentaire, soit 4% des surfaces d’ici 2025, alors que le reste de la planète prend le virage.

La ruralité, nous voulons tous la voir prendre de l’ampleur, la développer. Mais au-delà des vœux pieux, le Québec doit amorcer des changements réels et majeurs. Sinon, le monde rural continue d’étouffer alors que les campagnes se vident, que les services disparaissent, que les monocultures s’étendent.

La ruralité ne doit pas rester une chasse gardée. Au Québec, la ruralité a nettement besoin de courage politique!

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Maxime Laplante, agr, président

581-888-0941