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Mot du président – 17 juin 2018

Bonjour,

La rencontre du G7 est peut-être terminée mais pas les discussions sur la gestion de l’offre, qui semble être devenue une monnaie d’échange dans les négociations de libre-échange. Prévisible. Le Canada ne peut pas continuer longtemps à prétendre que les frontières sont ouvertes mais qu’elles sont fermées pour certains produits. Dans le dossier du lait, l’importation de lait diafiltré à bas prix en provenance des États-Unis a fait baisser le prix payé à la ferme. Dans un contexte où les dépenses explosent, une baisse du revenu mène obligatoirement à une des quatre avenues suivantes : demander au gouvernement de compenser financièrement. Reste à savoir si le Trésor sera d’accord pour dépenser l’argent des contribuables pour une production sous quota alors que le prix est fixé par une commission. Autre hypothèse : grossir l’entreprise pour augmenter le chiffre d’affaires, ce qui suppose une hausse de l’endettement et des difficultés pour refiler la ferme plus tard à une relève qui n’en aura sans doute pas les moyens. Autre scénario : vendre aux personnes qui veulent grossir. Mais ces solutions ne règlent pas le problème de l’accroissement de la taille des fermes, au contraire. Normalement, pour une entreprise aux prises avec des difficultés financières, la diversification de la production est envisagée, selon la devise de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour le secteur laitier, cela supposerait de vendre une partie du lait de façon directe ou transformée, ou d’élever d’autres animaux, d’ajouter un volet récréo-touristique à la ferme, etc. Or, ces avenues sont bloquées de façon quasi systématique au Québec, confinant l’immense majorité des fermes à la production au prix de gros. Bonne chance à ceux et celles qui voudraient faire du fromage à la ferme, ou tenir une table champêtre, accueillir des visiteurs, des campeurs. Dans ce contexte, la perspective d’une disparition de la gestion de l’offre aurait de graves conséquences, surtout en raison de la limitation de la marge de manoeuvre des fermes. Il y a urgence de réformer la version québécoise de la gestion de l’offre, sinon elle est vouée à disparaître et entraînera la disparition d’un grand nombre de fermes.

Dans un autre dossier, d’aucuns auront suivi les déboires de l’ex-ministre de l’agriculture, M. Pierre Paradis. Il ne m’appartient pas de juger s’il y a un lien entre les allégations et sa relation plus que tendue avec l’UPA mais il y a lieu de se demander pourquoi sa réforme entamée du système de remboursement des taxes foncières a été si rapidement reléguée aux oubliettes au lendemain de son départ. Cette réforme prévoyait un changement de la méthode calcul. Mais là n’est pas le point majeur. L’élément-clé était de dissocier le paiement de la cotisation à l’UPA de l’accès au programme. Cette démarche aurait enfin remis un peu de démocratie dans ce système. Il est aberrant de voir qu’au Québec, l’accès à des programmes gouvernementaux soit encore conditionnel au versement d’une cotisation obligatoire à une association privée en situation de monopole.

En terminant, je mentionne la publication toute récente d’une bande dessinée (Faire campagne- de Rémy Bourdillon) qui illustre les déboires d’une dizaine de personnes qui tentent de pratiquer l’agriculture mais qui se heurtent aux obstacles érigés. Bonne lecture.

Maxime Laplante, agr, président

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Congrès 2017: Ça passe par la relève

C’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renomC’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renom

Marie-Josée Renaud

L’Union paysanne prend de l’ampleur

Lachute, 24 janvier 2017. L’Union paysanne est fière d’annoncer l’embauche de Marie-Josée Renaud à
titre de coordonnatrice générale de l’organisation et de Stéphanie Wang au poste de coordonnatrice-volet international.

Marie-Josée Renaud

Marie-Josée Renaud est bachelière en sciences politiques et détient également une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. Impliquée dans le milieu associatif depuis plus de 10 ans, elle a cofondé et dirigé l’organisme Craque-Bitume, bien connu à Québec pour son travail en écologie urbaine. « L’Union paysanne était un choix naturel considérant ma sensibilité à la souveraineté alimentaire et aux organismes portant des valeurs sociales fortes », souligne Marie-Josée Renaud. Elle sera responsable de l’administration générale de l’organisation, de la coordination des bénévoles et de la recherche de financement.

 

Stéphanie Wang

Stéphanie Wang est impliquée à l’Union paysanne depuis bientôt cinq ans, on lui doit d’avoir structuré le volet international de l’organisation. Elle a réalisé sa recherche de maîtrise de sociologie, sur les lois agricoles québécoises, auprès de l’Union paysanne. Elle coordonnera le travail de l’Union paysanne au niveau canadien, nord-américain et international avec La Via Campesina en plus de recruter des formateurs et jeunes québécois pour des mandats de formations à l’étranger dans le cadre d’un partenariat  avec L’Œuvre Léger.  Elle quittera par ailleurs ses fonctions au conseil de coordination afin de se consacrer à son nouveau poste.

L’ajout de ses deux salariées permettra à l’organisation d’étendre et de consolider ses actions. « 2017 sera une année de croissance pour notre mouvement » prévoit Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Nous sommes sollicités de toutes part. et l’embauche de deux femmes de terrain nous permettra d’agrandir nos actions. Les agriculteurs recherchent une alternative syndicale et les citoyens veulent voir le modèle agricole refléter les valeurs de l’agroécologie. C’est ce que propose l’Union paysanne», ajoute t’il.

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Pour information :

Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante
Président Union paysanne                                                                Vice-président
450-495-1910                                                                                      418-926-2473

Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP14) : l’Union paysanne présente!

L’Union paysanne interpelle le gouvernement canadien : Déclaration des droits paysans

Dans les dernières semaines, le comité international de l’Union paysanne a fait circuler – parmi les organisations québécoises et canadiennes de la société civile – une lettre ouverte destinée aux autorités gouvernementales canadiennes. L’objectif était d’agir collectivement pour prier le Canada d’appuyer le processus de la Déclaration des Nations Unies pour les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales à l’Assemblée générale des Nations Unies. La délégation canadienne, qui s’était abstenue lors du vote au Conseil des Droits Humains le 28 septembre 2018, doit se positionner ce 20 novembre 2018 à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Cette lettre ouverte fut envoyée au gouvernement canadien, ainsi qu’à plusieurs membres de la Chambre des communes et de l’Assemblée nationale, et fut expliquée à New York par la délégation de La Via Campesina présente aux Nations Unies.

 

La lettre :

Cher Premier Ministre,

Partout dans le monde, les paysans, les agriculteurs et les autres personnes travaillant dans les zones rurales subissent de très graves violations de leurs droits humains : 70% des victimes de la faim, dont la plupart sont des agriculteurs-trices, vivent dans les zones rurales; un grand nombre de paysanNEs sont chassés des terres qui permettent leur subsistance et sont privéEs des ressources en eau; dans de nombreux pays, des lois complaisantes favorisent la production de semences industrielles – produites par un nombre toujours plus restreint de sociétés multinationales – au détriment des semences paysannes. Partout dans le monde, les paysanNEs et les agriculteurs-trices, faute d’un revenu décent, doivent constamment lutter pour espérer des conditions d’existence décentes.

Face à cette situation et compte tenu de l’insuffisance d’instruments juridiques existants, le Conseil des Droits de l’Homme (CDH) a décidé, à la suite des recommandations de son Comité consultatif, de rédiger la Déclaration des Nations Unies pour les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. L’objectif de cette Déclaration est de promouvoir ces droits en codifiant les droits de l’homme déjà existants, dispersés dans différents documents, et en classant comme droits humains un certain nombre de droits émergents qui sont essentiels afin de combattre les formes spécifiques de discrimination dont souffrent les paysanNEs et les agriculteurs-trices et les personnes qui travaillent la terre (notamment les droits aux semences, à la terre, aux services sociaux, à des conditions de vie et de travail décentes).

Le texte final du projet de déclaration a été approuvé par le CDH le 28 septembre 2018 et présenté le 25 octobre 2018 à l’Assemblée générale des Nations Unies. Il est urgent que le Canada, en tant que membre influent des Nations Unies, prenne publiquement position en faveur de cette Déclaration historique, qui reconnaît spécifiquement les droits aux semences, à la terre, à l’eau et à la souveraineté alimentaire. Une position résolue du Canada dans la défense des droits humains des paysanNEs, des agriculteurs-trices familiaux et des travailleurs-euses agricoles dans toutes les régions du monde aura un effet d’entraînement sur les autres pays du Nord et renforcera la position des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine qui ont déjà démontré leur appui à la Déclaration.

Compte tenu de l’engagement ferme de votre gouvernement envers la protection et la promotion des droits de la personne, nous sommes convaincus que le 20 novembre prochain, le Canada choisira d’appuyer l’adoption de cette Déclaration historique des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en milieu rural.

Veuillez, Monsieur le Premier Ministre, accepter l’expression de nos plus cordiales salutations,

Union paysanne
National Farmers Union
Projet Accompagnement Solidarité Colombie
Réseau québécois des groupes écologistes RQGE
Inter Pares
ARO CoopérAction InterNational
Vigilance OGM
Connexion justice sociale
Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)
Projet Accompagnement Québec-Guatemala
Carrefour international bas-laurentien pour l’engagement social (CIBLES)

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Déclaration des Nations Unis sur les droits des paysanNEs

L’Union paysanne se réjouit d’accueillir Ramona Duminicioiu afin de discuter de la Déclaration des Nations Unies sur les droits paysans et autres personnes vivant en zones rurales, processus en cours à l’Assemblée Générale des Nations Unies. Ramona fut hautement impliquée dans la promotion de la Déclaration en Europe et dans les démarches à New York. Elle sera parmi nous afin de partager son expérience en tant que femme, activiste et paysanne.

Où? 3559 Rue University, Montréal, QC H3A 2B1
Au Salon de ECOLE

Consulter l’événement facebook

Ramona Ioana Duminicioiu est paysanne à Alunisu, dans la région de Transylvanie en Romanie. Elle est fondatrice et représentante d’Eco Ruralis, une association paysanne nationale membre de La Via Campesina Europe. Ramona est impliquée dans l’articulation paysanne de l’Europe de l’Est. Elle est aussi membre du conseil de coordination du mouvement pan-européen de Nyéléni pour la Souveraineté alimentaire. Depuis 2016, elle occupe une fonction élue au conseil de coordination européen de La Via Campesina. Sur le plan international, elle s’investit dans le Mécanisme international de la société civile sur la sécurité alimentaire et la nutrition (MSC) où elle représente les agriculteurs sous l’égide de La Via Campesina. De plus, Ramona est activement impliquée dans le processus d’adoption de la Déclaration des Droits paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales en tant que coordonnatrice régionale pour l’Europe.

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Le choc de deux mondes

Les audiences devant la Régie des marchés agricoles ont pris fin en début novembre et nous espérons un jugement favorable cet hiver, ce qui permettrait à de nombreuses fermes de vendre un peu plus de poulets, de dindons et d’œufs pour assurer leur rentabilité financière.

Mais ce qui ressortait le plus lors de ces deux semaines d’audiences, c’était le fossé séparant deux modèles. Le choc de deux mondes. L’intolérance flagrante de l’industrie avicole envers les petits élevages, utilisant tous les moyens pour nous empêcher de plaider, faisant de l’obstruction systématique. Les fédérations de l’UPA ont même réclamé que les régisseurs ne prennent pas connaissance des rapports importants sur l’agriculture, comme le rapport Pronovost et le rapport CIRANO sur le hors-quota au Canada. Mais ça, on s’y attendait.

Là où le discours a pris des allures presque ésotériques, c’est lorsque les défenseurs de l’industrie insistaient sur les précautions prises par les grands élevages en matière de bien-être animal et de bio-sécurité, reprochant aux petits éleveurs de ne pas se préoccuper de ces enjeux. Pourtant, lorsqu’on sait que l’espace prévu pour une poule pondeuse se limite à 64 pouces carrés (8po x 8po), que les becs sont coupés et que l’élevage se fera toute leur vie sans accès extérieur ou même de lumière naturelle, il semble aberrant qu’on puisse reprocher aux petits élevages quoi que ce soit à ce chapitre. En prime, beaucoup d’emballages d’œufs ou de volaille vendus en magasin illustrent des oiseaux à l’extérieur, dans l’herbe, devant une petite étable colorée, à côté de laquelle on aperçoit parfois une petite éolienne… Charmant et bucolique. Publicité mensongère? Est-ce que les ventes maintiendraient leur niveau si les emballages illustraient la réalité?

L’industrie reproche aux petits élevages de ne pas avoir de normes et nous suggère d’appliquer les cahiers de charge des grands élevages. Ces normes trouvent leur utilité parce que les élevages de grande concentration sont extrêmement vulnérables face aux épidémies, en raison de la circulation constante de volaille, de fumier, de moulée et d’humains d’un site à l’autre, le tout combiné au fait que la densité des élevages permet une propagation rapide de tout problème. Concentration des élevages et transport d’une ferme à l’autre sont clairement identifiés par la littérature scientifique comme étant LES facteurs de risque.

Mais le problème n’est pas tant la cohabitation de deux modèles mais plutôt le fait qu’un modèle unique ait le contrôle sur l’espace à donner à un autre modèle. Un petit club sélect décide pour l’immense majorité. Même le président de l’UPA a dû reconnaître devant la Régie le manque de démocratie du système, dans lequel les représentants des fédérations ignoraient les conditions minimales pour avoir droit de vote à l’intérieur des plans conjoints.

Espérons que la Régie saura reprendre le contrôle de la situation en agissant en tant qu’arbitre neutre, au lieu d’abandonner le marché à des cartels privés.

Maxime Laplante, agr, président

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1ère journée devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires : 1ère victoire de l’Union paysanne

Communiqué – pour diffusion immédiate

Drummondville (22 octobre 2018) – Les audiences pour une hausse de la production hors-quota ont commencé auprès de la Régie des marchés agricoles. La Fédération des producteurs d’oeufs, affiliée à l’UPA, a d’abord réclamé que la demande de l’Union paysanne ne soit pas entendue, prétextant que l’UPA représente tous les producteurs-trices et que l’Union paysanne n’a aucun intérêt ni représentativité dans ce dossier.

Les régisseurs ont cependant été d’avis que la demande de l’Union paysanne est légitime et qu’elle représente des gens qui ne sont pas représentés dans le système actuel.

Dans le cadre de cette démarche de hausse du hors-quota, l’Union paysanne a reçu plus de 900 signatures d’appui ainsi que des dons d’environ 200 personnes par le biais d’une campagne de sociofinancement pour couvrir les frais juridiques. (gofundme.com/horsquota)

Les éleveurs de volailles, affiliés à l’UPA, ont également déclaré aujourd’hui qu’ils ne s’opposeraient pas à une hausse du hors-quota pour atteindre le niveau de 300 poulets, comme c’est déjà le cas en Ontario.

Dans les prochains jours, l’Union paysanne, mais aussi la coopérative La Mauve et la Coopérative d’agriculture de proximité écologique (CAPÉ), interviendront pour réclamer une hausse du hors-quota à 2000 poulets, 300 pondeuses et 300 dindons. Rappelons que la loi sur la mise en marché des produits agricoles indique pourtant que toute vente directement au consommateur ne devrait pas être soumise aux dictats des plans conjoints.

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Maxime Laplante, agr 581 888-0941

La Via Campesina relance la « Campagne mondiale pour les semences, un héritage des peuples au service de l’humanité »

À l’occasion de la journée internationale d’actions pour la souveraineté alimentaire des peuples et contre les multinationales.

Haricots grimpants « Skunk » – Terre promise, semencière artisanale, Île Bizard, QC.

Harare, le 16 octobre 2018. Les semences paysannes sont un patrimoine des peuples au service de l’humanité. Elles sont la base de la production alimentaire mondiale et permettent aux paysannes et paysans de produire et aux consommateurs et citoyens de trouver une alimentation saine et diversifiée. Elles nous permettent de résister, maintenir nos cultures ancestrales et défendre notre identité paysanne.

Or, ces graines de vie sont menacées par les politiques semencières des pays riches, les accords de libre-échange et l’agribusiness. Sous prétexte « d’améliorer » la productivité des semences, l’agribusiness a créé un système semencier néolibéral qui a homogénéisé, appauvri et monopolisé les semences, provoquant la perte des trois quarts de la diversité semencière et annihilant une diversité que les peuples – grâce aux travail des paysannes et paysans – avaient mis 10 000 ans à générer.

Trois entreprises, Monsanto-Bayer, Syngenta-ChemChina et Dupont-Dow, contrôlent plus de 50% des semences commerciales dans le monde – de plus en plus souvent des semences génétiquement modifiées afin de résister aux herbicides et produire des insecticides. Sous l’impulsion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI), et au travers des accords de libre-échange ainsi que des lois brevetant les semences et protégeant les droits des obtenteurs, comme les normes UPOV, ce système semencier n’autorise que la circulation de ses propres graines, criminalisant la sauvegarde, l’échange, le don et la vente des semences paysannes locales.

La situation est telle que les paysans et les paysannes ont perdu beaucoup de leurs semences locales, sont mis en prison pour la défense et l’échange de leur patrimoine semencier, et risquent les rafles et la saisie de leurs graines. La biodiversité est détruite par l’utilisation d’engrais chimiques, de semences hybrides et d’organismes génétiquement modifiés développés par les entreprises multinationales. Les citoyennes et citoyens ont difficilement accès à une alimentation saine, diversifiée et bonne pour leur santé.

La Via Campesina et ses alliés se battent pour changer la donne. Partout dans le monde, La Via Campesina et ses organisations membres multiplient les efforts de formation, d’éducation, de soutien mutuel et d’échange des semences. Nous nous battons pour que les lois nationales et les traités internationaux garantissent les droits des paysans de conserver, utiliser, échanger vendre et protéger leurs semences contre la biopiraterie et les contaminations génétiques, nous rédigeons des livres sur l’histoire des semences, réalisons des études et des cartographies. Nous fondons aussi des écoles d’agroécologie et organisons des foires d’échange de semences paysannes. Nous exerçons notre droit d’autodétermination pour sélectionner les variétés de semences que nous voulons planter et rejeter les variétés dangereuses économiquement, écologiquement et culturellement. Ce sont des droits affirmés par le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture et par la Déclaration des Nations unies sur les droits paysans qui vient d’être adoptée par le Conseil des Droits de l’Homme à Genève. C’est également le seul moyen de garantir une alimentation saine aux citoyens, la préservation de la biodiversité et l’atteinte de la souveraineté alimentaire.

Campagne Internationale des Semences Paysannes, patrimoine des peuples au service de l’humanité

Melon d’Oka – Terre promise, semencière artisanale, Île Bizard, QC.

C’est dans cet esprit que nous avons lancé en 2001 à Rome la Campagne Internationale des Semences Paysannes, patrimoine des peuples au service de l’humanité, dans l’objectif de promouvoir la récupération des systèmes traditionnels de conservation, d’entretien et d’échange des graines locales et les droits collectifs inaliénables des paysans sur leurs semences. En ce 16 octobre 2018, à l’occasion de la journée mondiale d’Action pour la souveraineté alimentaire des peuples et contre les multinationales, nous relançons cette campagne et l’action « Adoptez une semence ».

Nous appelons chaque agriculteur, famille paysanne ou communauté à s’engager dans l’adoption d’une variété de semences végétale ou animale, à devenir le gardien de cette semence, en assurant sa propagation, sa reproduction et sa distribution et s’engager dans la défense collective de ses droits de les utiliser, les échanger, les vendre et les protéger. Nous créerons ainsi un grand réseau de semences paysannes permettant de sauver celles qui sont devenues rares et d’étendre la production vers la souveraineté alimentaire des peuples.

En adoptant une semence, les familles paysannes préservent leur identité et leur territoire et affirment leur mode de vie paysan. Elles revendiquent la mémoire historique et la culture ancestrale de la gestion des semences, en promouvant une agriculture écologique urbaine et rurale qui reproduit le miracle des semences et des aliments plus nombreux et de meilleure qualité, goût et valeur nutritionnelle.

Aucune mesure gouvernementale ne peut limiter les droits collectifs des paysans d’utiliser d’échanger et de vendre leurs des semences. Le consentement libre entre paysannes et paysans devrait être appliqué sans restriction.

La Via Campesina

Sans semences, il n’y a pas d’agriculture ; sans agriculture, il n’y a pas de nourriture ; et sans nourriture, il n’y a pas de peuples.

Nous nourrissons nos peuples et construisons le mouvement pour changer le monde !


Saviez-vous que l’Union paysanne est membre du plus gros mouvement citoyen de la planète, à savoir La Via Campesina? Cette association, qui compte plus de 200 millions de membres réparties partout à travers le monde, milite pour la souveraineté alimentaire en s’opposant notamment aux mesures néolibérales promues par nos autorités politiques.

Renseignez-vous : https://viacampesina.org/fr/

Vous êtes paysanNEs ou citoyenNEs et voulez vous impliquer dans les luttes paysannes? Communiquez avec Gabriel Leblanc, coordonnateur du comité international à international@unionpaysanne.com

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Lettre ouverte à M. Trudeau de la part de l’Union paysanne

Ste-Croix, 5 octobre 2018

Bonjour M. Trudeau, je m’adresse à vous au nom d’une multitude de petits éleveurs du Québec qui réclament votre aide, et qui aimeraient par la même occasion comprendre l’origine de leurs déboires. Rassurez-vous, nous ne demandons pas d’argent. Seulement la justice, la démocratie et une dose de bon sens.

Votre gouvernement vient d’autoriser l’importation de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de lait et d’œufs sur notre marché, sans que les fermes où ces aliments ont été produits détiennent de quotas. Pendant ce temps, au Québec, on nous interdit, sous peine de lourdes amendes et condamnations, de produire plus de 99 poulets par ferme ainsi que les œufs d’une centaine de poules. Nous devrons nous battre à nos frais prochainement devant la Régie des marchés agricoles pour obtenir le droit de produire 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 poules. Les fédérations du monopole de l’UPA feront tout pour bloquer notre requête, alors que nous demandons simplement l’équité avec les autres provinces canadiennes. Ce monopole va même prétendre nous représenter et insinuer que nos élevages constitueraient un risque de bio-sécurité alors que la littérature scientifique neutre rattache le risque de propagation de maladies à la forte densité des grands élevages.

En outre, nous demandons l’application de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, qui stipule clairement (art. 63) que la mise en marché directe au consommateur n’a pas à être soumise aux divers plans conjoints. Incroyable mais vrai, nous devrons nous battre pour faire appliquer la loi!

Monsieur le premier ministre, nous demandons votre intervention pour faire en sorte que, en tant que Québécois et Québécoises, nous ne soyons plus traités en Canadiens de seconde classe. Face à la concentration des marchés et l’emprise des grandes entreprises, aidez-nous à soutenir notre objectif de souveraineté alimentaire et contribuer au dynamisme de nos régions rurales.

Bien à vous,

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne

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Où est la meilleure bio-sécurité?

À la fin octobre, la Régie des marchés agricoles entendra l’Union paysanne qui demande de hausser la production hors-quota à 2000 poulets, 300 dindons et 300 pondeuses, comme c’est déjà le cas dans de nombreuses régions à travers le Canada.

Évidemment, les détenteurs de quotas voudront bloquer ce projet, ne voulant laisser aucune marge hors de leur contrôle. Les fédérations de l’UPA, pour entraver les petits élevages, prétendront que ceux-ci constituent une menace pour la santé et la salubrité.

Et pourtant, la réalité est toute différente. Les études scientifiques neutres, c’est-à-dire qui n’émanent pas des industriels de la volaille, démontrent clairement que les maladies des volailles se propagent principalement par le transport de fumier, de moulée, de volaille, d’humains les côtoyant. De plus, la corrélation est extrêmement forte entre l’apparition d’épidémies aviaires et la forte densité des élevages. Logique. Difficile d’imaginer un éleveur de 1000 poulets en train d’exporter du fumier dans une autre région ou de faire circuler divers ouvriers, techniciens et vétérinaires dans les troupeaux d’oiseaux.

Le département de l’agriculture aux Etats-Unis relate ainsi l’analyse de cas de deux pays voisins, le Laos et la Thaïlande. Dans le premier pays, les élevages sont petits, multiples et dispersés sur l’ensemble du territoire. À côté, en Thaïlande, prévalent les élevages industriels. Comme par hasard, le Laos est largement exempt de maladies aviaires, contrairement à la nation voisine.

La Suisse a beaucoup moins de problèmes d’épidémies animales depuis qu’elle a restreint le transport industriel d’animaux et de volailles sur son territoire. Dans le cas des oiseaux, les épidémies suivent les routes de transport et non les trajets migratoires.

La littérature scientifique fait également état du plus grand risque de mutation des maladies dans les grands élevages, en raison de la grande promiscuité des oiseaux.

Lorsque le Québec, il y a quelques années, a ordonné le confinement obligatoire des oiseaux, une mesure unique au monde, les autorités sanitaires du MAPAQ m’ont avoué avoir mis ces mesures en place non pas pour des raisons de santé humaine mais uniquement dans le but de protéger les intérêts de l’industrie des exportateurs de volaille.

En somme, le risque de maladies est plus grand dans les grands élevages concentrés. L’enjeu réel qui sera porté devant la Régie des marchés agricoles, ce n’est pas la santé ou la salubrité, mais plutôt une bataille commerciale dans laquelle un cartel en situation de monopole n’entend pas laisser émerger de concurrence, aussi minime soit-elle.

Pour ma part, je préfère manger des œufs et de la volaille provenant d’un petit élevage. Et vous?

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne

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Le récent accord de libre-échange : une preuve d’échec de notre modèle agricole

Le verdict est tombé, le récent accord commercial de l’ALENA permet l’entrée sur le marché canadien de 3,59% en produits agricoles étrangers, comme les produits laitiers ou du poulet. Évidemment, l’UPA joue la scène de Perrette qui perd son pot de lait.

Avec raison, ces entrées sont perçues comme des attaques directes contre la gestion de l’offre. Surprenant? Aucunement. Depuis plus de 20 ans, le gouvernement du Québec, sous l’influence de l’UPA, a misé sur l’exportation de produits agricoles subventionnés, le porc notamment. Et maintenant, en pleine négociation commerciale, on prétend pouvoir ouvrir les frontières pour exporter du porc mais aussi fermer ces mêmes frontières pour l’importation d’autres denrées. Une position schizophrénique, voire carrément hypocrite.

Le monopole agricole québécois a voulu jouer avec le feu en traitant la nourriture comme n’importe quel produit manufacturé et joue maintenant la vierge offensée lorsque la situation vient nuire aux secteurs de la volaille ou du lait.

Le Canada, après avoir permis l’entrée d’environ 17 000 tonnes de fromages européens, autorisera l’importation de 50 000 tonnes de lait, environ 50 000 tonnes de poulet et 10 millions de douzaines d’œufs. Et pendant ce temps, le Québec persiste à interdire la production à petite échelle de plus de 100 poulets ou de 100 pondeuses. Un État qui favorise l’importation et bloque systématiquement la production de ses propres fermes. Simplement malsain.

À la fin octobre, l’Union paysanne se présente devant la Régie des marchés agricoles pour que les fermes du Québec puissent produire 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 poules. Et ce sont précisément les succursales de l’UPA qui s’opposeront à notre démarche, allant même jusqu’à prétendre nous représenter, alors qu’ils paieront leurs avocats à même nos cotisations de producteurs agricoles.

Le principal ennemi de la gestion de l’offre, c’est exactement le carcan rigide et totalitaire exercé par le monopole agricole.

Au lieu d’être un outil pour atteindre la souveraineté alimentaire du Québec, axée sur l’approvisionnement de notre population, repeupler les régions rurales et protéger nos ressources, la gestion de l’offre contrôlée par l’UPA demeure un moyen de main-mise sur le marché par une minorité, de concentration des fermes et d’entrave à la relève. Et voilà qu’elle devient un outil de marchandage commercial.

La production agricole pour l’alimentation ne devrait jamais être soumise au jeu du commerce international. La souveraineté alimentaire, c’est d’abord le droit des États à être maître de leurs modèles agricoles.

Nous voici rendus aux conséquences de notre modèle agricole de plus en plus axé sur l’exportation, la spécialisation et la concentration des fermes. Les impacts sont flagrants : les régions se vident de leurs habitants, notre dépendance face aux importations alimentaires augmente, l’emploi de pesticides explose et les réclamations du monopole agricole pour avoir encore plus d’argent s’accentuent. C’est un constat d’échec de notre modèle et ce n’est pas avec de frileuses promesses d’augmenter la production biologique à 4% d’ici 2025 qu’on effectuera le changement souhaité par la population.

L’Union paysanne prône la souveraineté alimentaire, la liberté d’association des fermiers et fermières, l’application du rapport Pronovost sur l’agriculture. N’est-ce pas exactement ce que souhaite notre société?

 

Maxime Laplante, agr, président de l’Union paysanne

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Sur la question de l’ALÉNA et de la situation paysanne au Québec

Ce texte d’opinion est la reprise d’une publication Facebook partagée à partir de mon compte personnel il y a quelques jours. Certaines parties du texte ont été modifiées.


Je suis paysan depuis deux saisons déjà et j’ai l’ambition de poursuivre ce mode de vie pour les prochaines années à venir. Dès l’an prochain, avec la Ferme de la Dérive, nous triplerons notre superficie cultivée et aspirons à accroître notre cheptel de poules d’une trentaine d’individus.

Cette saison, c’est environ une quarantaine d’heures de ma vie que j’ai mise par semaine pour produire des légumes agroécologiques, de surcroît locaux, avec des oeufs et des poulets exempts de toutes traces d’ingrédients agro-toxiques généralement utilisés par l’industrie. Je l’ai fait parce que je suis persuadé qu’au Québec, notre potentiel agricole nous permettrait de nourrir tout le monde (riches et pauvres) d’aliments sains, durablement cultivés et exempts des logiques d’exploitation qui, par exemple, nous amènent les tomates mexicaines sur nos tables. Je fonce dans la vie paysanne les yeux presque fermés – et certainEs m’ont dit que j’étais cinglé de vouloir vivre de cette manière – mais c’est que j’ai la profonde conviction que s’alimenter, c’est le plus fondamental des droits. Je crois fermement au pouvoir révolutionnaire de l’agroécologie et je suis persuadé que l’agriculture doit être l’initial champ de bataille dans l’atteinte d’un monde plus égalitaire, plus solidaire. Et c’est beaucoup de familles que nous avons nourries cette saison, et on a accompli fièrement notre mission, même dans notre flagrant manque d’expérience!

Si ce n’était pas d’une subvention, les quarante heures par semaine que j’ai passées à labourer, tailler des plants et cueillir des fruits durant ces cinq derniers mois m’auraient rapporté 80$. Heureusement, avec la subvention, j’ai pu accumuler 780$.

Et ce montant, aussi petit puisse-t-il vous paraître, est exact.

Une paysannerie en lutte : campagne hors-quota

En ce moment, à l’Union paysanne, nous menons une campagne pour donner le droit aux paysanNEs de produire plus de 100 coqs à chair et posséder plus de 100 poules pondeuses. Parce que oui, en ce moment, je n’ai pas le droit, au Québec, d’élever plus de 100 coqs à chair et de récolter les œufs de plus de 100 poules sans me procurer des quotas à prix exorbitants. Cent. Est-ce beaucoup? Pas évident se l’imaginer si nous ne sommes pas paysanNEs. Ici, à la ferme, on s’amuse parfois à se rappeler combien d’argent on fait en respectant ces normes de production dites « hors-quota ». Ça nous rapporte autour de 2000$ par année, qu’on ré-investie dans l’amélioration de notre infrastructure agricole. En gros, ça nous rapporte zéro cenne pour le moment. Ça nous fait rire jaune. Mais bon, « cinglé », je l’ai dis.

Donc, 100 coqs à chair et 100 poules pondeuses, c’est rien. C’est au mieux une mauvaise blague. Un inquiétant manque de respect envers les paysanNEs qui, au final, veulent juste se battre pour leur survie, sans toutefois y arriver. Pour vous donner une idée, en Alberta, où le marché est essentiellement le même, c’est 2000 coqs à chair qu’unE paysanNE peut produire! Aberration.

Alors, avec l’Union paysanne, nous portons la cause devant les tribunaux. Car la gestion de l’offre, celle qui défend l’intérêt des industriels, n’a pas de bon sens. Nous devons absolument militer pour une nouvelle gestion de l’offre. Parce que c’est sous le système de gestion de l’offre actuelle que la paysannerie québécoise est prise au cou! Et qui s’oppose à la démarche? L’UPA, évidemment. L’Union des producteurs agricoles. L’Union qui défend l’intérêt des producteurs agricoles : pas mon intérêt en tout cas. Faque. Le plus grand lobby au Québec (l’UPA, soyons clair), se porte à la défense de l’intérêt des entreprises industrielles, celles mêmes qui sont responsables des épidémies de grippes aviaires, de la souffrance animale, d’un système basé sur l’exportation détruisant l’environnement de la planète… et ça, au détriment de moi qui s’est mis 780$ dans les poches en cinq mois.

L’ALÉNA et la paysannerie québécoise

Ok. Et l’ALÉNA. C’est quoi le rapport? Bon. Voici ce qu’on lit dans le nouveau traité, qui nous informe des droits de l’industrie américaine dans le secteur aviaire :

  • Poulet : 47 000 t la première année. Par la suite, les quantités seront augmentées annuellement de 2 000 t pour atteindre 57 000 t à la 6e année. Les volumes augmenteront de 1 %/an pendant les 10 années subséquentes.
  • Œufs : 10 millions de douzaines d’œufs dès la première année. Le contingent augmentera annuellement de 1 % pendant les 10 années suivantes. »

uh, pardons? Doit-on comprendre que je ne peux pas produire plus de 100 poulets, mais que nos autorités politiques s’apprêtent à permettre l’importation de 47 000 tonnes de poulets américains dès la première année de l’entrée en fonction du traité? Pour reprendre les paroles de mon camarade de l’Union paysanne, Alexandre Pigeon : ça va être plus facile de se trouver un poulet texan qu’un poulet paysan québécois!

Puis, le contexte légal au Québec me contraint à produire environ 2000 douzaines d’œufs au maximum par année, de peur que je déstabilise le marché québécois, mais nous nous apprêtons à permettre l’entrée de 120 millions d’œufs des États-Unis? Attends là.

Pour vrai, je cultive d’une façon où j’ai un bilan carbone positif (plus est séquestré qu’il y en a de produit). Mon agroécologie, je la fais parce que je me soucis de l’environnement, de la santé de notre planète. Je la fais parce qu’il m’apparaît absolument aberrant que les aliments qu’on retrouve dans les super-marchés aient nécessités d’exploiter un travailleur guatémaltèque ou une enfant mexicaine pour s’assurer d’un bas prix. Il n’y a pas plus conséquent avec nos aspirations sociétales que le champ dans ma cour! Mais vous, politiciens carriéristes, appartenant à la classe fortunée, amis du capital, vous daignez vouloir contribuer à la destruction de mon projet? Ici, j’entends « mon » dans le sens le plus inclusif, où toutEs les citoyenNEs en font partis.

Ok, tout le monde. On allume. Vous rendez-vous compte comment nos autorités politiques et comment nos lobbys gèrent notre agriculture? À quel point ces décisions prises au sommet s’effectue pour le bénéfice des gros joueurs du système agro-alimentaire et que, dans l’absolu, elles menacent littéralement l’avenir de notre agriculture, de nos paysanNEs?

Quel avenir pour notre agriculture paysanne?

Parce que je vais vous le dire. L’avenir de l’agriculture, ce n’est pas le biologique et ses monocultures dites « propres », basé sur l’importation de produits « bio » espagnols. L’avenir de l’agriculture, ce n’est pas non plus les grands industriels qui doivent s’en accaparer en exploitant nos sols à la manière des entreprises extractivistes. Ce n’est pas des opérateurs de machinerie qui battent leur moissonneuse dans leurs 700 hectares de soja. L’avenir, c’est la paysannerie qui l’a dans ses mains, c’est la production en circuit-courts, c’est l’agroécologie, c’est la souveraineté alimentaire!

En ce moment, la paysannerie québécoise est en crise, mais ça, personne ne nous en parle. Je m’en charge d’en faire mon combat, de pousser la lutte plus loin, de la mener vigoureusement. La paysannerie doit se soulever; nous avons des choses à brasser!

Lorsque je vois l’UPA vouloir m’empêcher de survivre, lorsque je vois un Trudeau négocier un traité qui va tuer mon avenir (et le vôtre hein!), et bien ça me fait sortir de moi-même. Ça me fait sortir de moi-même parce que c’est l’élite politique qui prend les décisions, orientée complètement dans une optique capitaliste et corporatiste, au service des géants du secteur, contre les paysanNEs!

Cette situation, jusqu’à maintenant méconnue d’une vaste partie du public, doit être portée dans le débat public.Il est dorénavant venu le temps d’unir la paysannerie et les citoyenNEs afin d’entrer dans la lutte. Nous n’allons pas laisser le capital triompher et les classes oppressantes, mes amiEs!

Contribuez maintenant à la campagne hors-quota de l’Union paysanne : https://www.gofundme.com/horsquota

Gabriel Leblanc
Coordonnateur du comité international de l’Union paysanne
Paysan à la Ferme de la Dérive
Militant de La Via Campesina