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Congrès 2017: Ça passe par la relève

C’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renomC’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renom

Marie-Josée Renaud

L’Union paysanne prend de l’ampleur

Lachute, 24 janvier 2017. L’Union paysanne est fière d’annoncer l’embauche de Marie-Josée Renaud à
titre de coordonnatrice générale de l’organisation et de Stéphanie Wang au poste de coordonnatrice-volet international.

Marie-Josée Renaud

Marie-Josée Renaud est bachelière en sciences politiques et détient également une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. Impliquée dans le milieu associatif depuis plus de 10 ans, elle a cofondé et dirigé l’organisme Craque-Bitume, bien connu à Québec pour son travail en écologie urbaine. « L’Union paysanne était un choix naturel considérant ma sensibilité à la souveraineté alimentaire et aux organismes portant des valeurs sociales fortes », souligne Marie-Josée Renaud. Elle sera responsable de l’administration générale de l’organisation, de la coordination des bénévoles et de la recherche de financement.

 

Stéphanie Wang

Stéphanie Wang est impliquée à l’Union paysanne depuis bientôt cinq ans, on lui doit d’avoir structuré le volet international de l’organisation. Elle a réalisé sa recherche de maîtrise de sociologie, sur les lois agricoles québécoises, auprès de l’Union paysanne. Elle coordonnera le travail de l’Union paysanne au niveau canadien, nord-américain et international avec La Via Campesina en plus de recruter des formateurs et jeunes québécois pour des mandats de formations à l’étranger dans le cadre d’un partenariat  avec L’Œuvre Léger.  Elle quittera par ailleurs ses fonctions au conseil de coordination afin de se consacrer à son nouveau poste.

L’ajout de ses deux salariées permettra à l’organisation d’étendre et de consolider ses actions. « 2017 sera une année de croissance pour notre mouvement » prévoit Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Nous sommes sollicités de toutes part. et l’embauche de deux femmes de terrain nous permettra d’agrandir nos actions. Les agriculteurs recherchent une alternative syndicale et les citoyens veulent voir le modèle agricole refléter les valeurs de l’agroécologie. C’est ce que propose l’Union paysanne», ajoute t’il.

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Pour information :

Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante
Président Union paysanne                                                                Vice-président
450-495-1910                                                                                      418-926-2473

Musée itinérant de la volaille Chanteclerc

L’Association québécoise de la volaille Chanteclerc vous invite à participer à sa campagne de sociofinancement.

La volaille Chateclerc, race patrimoniale fut créée spécifiquement pour être adaptée au climat québécois. Un musée itinérant a été lancé dès le mois de janvier 2018; meublé de trophées, photos et autres éléments historiques prêtés généreusement par quelques donateurs, il aimerait parcourir 8 expositions agricoles* cette année pour rappeler aux gens à quel point cette race, menacée d’extinction, mérite de retrouver ses lettres de noblesse. Des fonds manquent pour subvenir aux besoins de base des bénévoles sur la route.

Participez à la campagne de sociofinancement en visitant ce lien.

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Foires écosphère: l’Union paysanne y parlera de souveraineté alimentaire

C’est un honneur pour l’Union paysanne d’être invité aux quatre Foires Écosphère afin d’y tenir une conférence sur la souveraineté alimentaire. C’est donc un rendez-vous:

  • 2-3 juin à Québec;
  • 14-15 juillet à Gatineau-Ottawa;
  • 11-12 août à Montréal;
  • 29 et 30 septembre à Magog.

Pour consulter les programmes des événements, visitez le site internet de Foire ÉCOSPHÈRE

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Dossier du hors-quota, un affrontement imminent

Depuis plusieurs années, l’Union paysanne plaide pour une ouverture du droit de produire, afin de permettre aux petits éleveurs de vendre plus de 99 poulets par an, ou plus de 24 dindons, ou la vente d’œufs de plus de 100 poules, sans avoir à payer les fabuleux quotas et subir les contrôles des fédérations de l’UPA. Il ne s’agit pas d’une utopie, alors que les autres provinces canadiennes sont nettement plus tolérantes que le Québec.

Récemment, la Régie des marchés agricoles a accepté la demande de l’Union paysanne d’être entendue dans ce dossier. Au mois de juin, il y aura une rencontre de gestion, afin que les différents intervenants puissent discuter de la logistique de la séance publique qui aura lieu vraisemblablement à l’automne.

À première vue, on aurait pu s’attendre à ce que la demande d’avoir le droit de commercialiser 2000 poulets, ou les œufs de 300 poules, passe comme une lettre à la poste, alors que tout le Québec réclame des aliments de proximité, locaux, directement du fermier, etc. Et bien non. L’UPA et ses fédérations défendront leur contrôle bec, ongles, griffes et serres dehors, refusant de céder le moindre espace à une mise en marché leur échappant. Ces intervenants tenteront de convaincre la Régie que cette ouverture constituerait une grave menace pour l’industrie agricole québécoise, alors qu’il ne s’agirait que d’environ 1 % de la production. Pendant ce temps, l’UPA clame dans les médias que les grandes chaînes ont trop de pouvoir, tout en faisant tout pour bloquer la diversification de la production. Une sorte de double discours.

Les filiales de l’UPA viendront également tenter de convaincre les régisseurs du danger de la salubrité des petits élevages, qui serait selon eux une menace pour l’image de marque des élevages industriels. Argument fallacieux. En quoi un poulet hors-quota passant par l’abattoir serait-il plus toxique qu’un poulet sous quota ayant passé par l’abattoir? Et quiconque a déjà acheté des œufs directement du fermier connaît la différence de qualité à l’avantage des petits élevages. Le récent rapport CIRANO de l’Université Laval s’est clairement prononcé sur ces questions, à savoir qu’une ouverture ne provoquerait aucune déstabilisation du marché, pas plus que dans les autres provinces plus permissives. Selon ce rapport, la question de la salubrité ne tient pas la route non plus.

Ce débat devant la Régie sera un affrontement face au monopole de l’agriculture, qui fera tout pour protéger ses fiefs, au déni des intérêts de la population du Québec et des gens qui rêvent d’un autre modèle agricole. En somme, l’Union paysanne s’opposera contre l’organisation qui affirme la représenter…

Maxime Laplante, agr, président

Nomadic Bluma: service de massothérapie pour agriculteurs-trices

Offre de service d’accompagnement psychocorporel à domicile en région. Massages et support psychosocial font partie des services offerts. Je m’adapte aux situations économiques des personnes rencontrées.

Massothérapeute et travailleuse sociale de profession (membre de l’ACAM et de l’Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes familiaux du Québec), je me déplace dans les organismes et les événements afin d’offrir des soins d’accompagnement psychosocial et holistique aux personnes rencontrées et ce à coût abordable. Les clientèles visées dans ce projet étant les agriculteurs, les personnes âgées et les utilisateurs de service communautaire.

Contact:

Julia Leroux, 514-605-1604

Page facebook

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Funérailles de la biodiversité

Dans le cadre de la Marche mondiale contre Monsanto, une coalition d’organisations, dont l’Union paysanne fait partie, propose des funérailles en hommage à la biodiversité dont l’état ne cesse de se détériorer à cause entre autres de l’utilisation des pesticides.

Pourquoi venir marcher le 19 mai?
● Parce que nos sols et nos cours d’eau sont contaminés par plusieurs pesticides persistants dans l’environnement.
● Parce que notre biodiversité est en déclin continu.
● Parce que les preuves que les pesticides sont neurotoxiques, cancérigènes et perturbateurs hormonaux s’accumulent.
● Parce que la santé des agriculteurs est particulièrement à risque.
● Parce que les politiques actuelles ne sont pas assez ambitieuses pour améliorer la situation.
● Parce que Monsanto est sur le point de fusionner avec Bayer pour être encore plus colossale.
● Parce que notre modèle agro-alimentaire n’est pas durable et parce que nous savons qu’un autre modèle est possible et indispensable.

Par cet événement, nous souhaitons commémorer la biodiversité et marquer l’imaginaire de tous les citoyens, médias et représentant-e-s politiques à travers des funérailles symboliques.
Joignez-vous à nous en tenue de deuil, vêtus de noir, pour célébrer les obsèques de notre biodiversité en train de disparaître et demander plus d’actions concrètes de la part de nos gouvernements.

Lieu de rencontre : Place d’Youville, Ville de Québec
Heure : 11:00 am

***Ouvert aux familles, événement pacifiste***

Pique-nique devant le parlement après la marche: apportez votre lunch!

Consulter l’événement facebook

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Offre d’emploi: AdjointE à l’administration et aux communications

L’Union paysanne est à la recherche d’une personne admissible au programme d’emploi-été Canada afin d’agir comme adjointE à l’administration et aux communications.

Critères d’admissibilités :

Pour être admissibles, les étudiantEs doivent :

  • Être âgéEs entre 15 à 30 ans au début de l’emploi;

  • Être inscritEs comme étudiantEs à temps plein au cours de l’année scolaire précédente et avoir l’intention de poursuivre leurs études à temps plein au cours de la prochaine année scolaire;

  • Être citoyenNEs canadienNEs, résidentEs permanentEs ou désignéEs comme réfugiéEss en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés;

  • Être légalement autoriséEs à travailler au Canada conformément aux dispositions législatives réglementaires en vigueur dans la province ou le territoire visé.

Tâches

La personne embauchée aura pour mandat de soutenir la coordonnatrice dans la gestion administrative de l’organisme et dans la diffusion de contenu relié à ses activités et à la paysannerie québécoise. La personne devra utiliser le logiciel simple comptable dans ses fonctions.

Tâches administratives :

  • Assurer le suivi des adhésions et mettre la liste des membres à jour;

  • Faire les conciliations bancaires et PayPal;

  • Aider à l’organisation du congrès 2018.

Tâches en communication :

  • Mettre à jour une liste de médias;

  • Monter une liste d’organismes partenaires potentiels;

  • Diffuser, auprès de nos partenaires, la proposition de Politique agricole de l’Union paysanne ainsi que son Contrat vert;

  • Organiser des activités de l’Union paysanne (ex : projection du film La ferme et son état);

  • Mettre du contenu en ligne, sur le site internet de l’Union paysanne et le compte facebook;

  • Rédiger l’infolettre aux membres;

  • S’il a lieu, tenir des kiosques lors d’événements;

Domaine d’étude et profil recherché

  • Être étudiantE en administration, marketing, communication ou sciences sociales;

  • Travail qui se fait en partie en télétravail (à domicile). Il faut posséder un ordinateur avec une bonne connexion internet;
  • Être en mesure de se déplacer à Québec au moins 1 journée/semaine pour du travail en équipe;
  • Maîtriser le logiciel simple comptable;
  • Avoir une connaissance de WordPress, un atout.

Comme les besoins de l’organisme sont divers, le mandat a l’avantage d’être adaptable en fonction du domaine d’étude de la personne sélectionnée. Il sera donc possible pour l’étudiantE d’optimiser son expérience en choisissant, dans une certaine mesure, ses tâches et responsabilités selon ses objectifs d’apprentissage.

Conditions de travail

À titre indicatif, l’entrée en poste aura lieu le 4 juin, mais le contrat est flexible et des périodes de vacances peuvent être planifiées pendant le mandat.

  • Contrat de six semaines, du 04 juin au 13 juillet
  • 30 heures/semaines
  • Salaire de 12,75$/heure

 

Date limite pour postuler: Jeudi 24 mai 2018

 

Pour appliquer, envoyez une lettre de présentation ainsi que votre curriculum vitae à : coordination@unionpaysanne.com

Seules les candidatures retenues pour l’entrevue seront contactées.

Quand l’agriculture biologique fait la rencontre des intérêts corporatistes

Un récent reportage diffusé par La semaine verte dressait un portrait cru de l’accaparement des principes de l’agriculture biologique par les intérêts corporatistes à l’échelle globale. Peu d’années auparavant, l’arrimage des valeurs écologiques aux pratiques culturales était un souci généralement prêté à une frange paysanne marginalisée («un truc de hippies» pour reprendre les mots du reportage). Devant ces faits, il nous apparaît manifeste que cette industrialisation du secteur bioalimentaire, lorsque reprise par l’industrie capitaliste, continue d’orienter le système agroalimentaire vers le mur de la non-durabilité.

Image tirée du reportage de La semaine verte

Le soudain attrait pour les produits alimentaires biologiques a provoqué l’apparition d’une niche de consommatrices et consommateurs aux besoins particuliers, prête à assumer le gros prix pour des aliments soustraits à la dispersion d’intrants chimiques. Cette niche, à l’origine d’un lucratif marché actuellement évalué à plus de 90 milliards de dollars américains, s’avère ainsi être une source considérable de profits. Elle oriente dorénavant la stratégie commerciale de géants de l’agroalimentaire, qui appliquent désormais le modèle de l’agriculture industrielle à l’agriculture biologique. Et au Québec, la nouvelle politique bioalimentaire entend vouloir doubler la production «biologique» sur le territoire d’ici 2025.

La suite de l’article peut être consultée sur les pages de Ricochet Media ou en cliquant ICI.

Journée Internationale des Luttes Paysannes 2018 : Appel de La Vía Campesina pour des actions unitaires décentralisées !

** Cet article fut d’abord publié sur le site de La Via Campesina.

En ce 17 avril, journée international des Luttes Paysannes, La Vía Campesina commémore le massacre des 19 paysans Sans Terre qui ont été impunément assassinés par l’agrobusiness. Le poing levé, pleins de courages et révolté-e-s, nous appelons nos organisations membres, nos alliés, nos ami(e)s ainsi que les mouvements sociaux à unifier au niveau mondial leurs différentes actions de résistance pour la Terre et l’eau, contre les Traités de Libre Échange (TLE) et contre la criminalisation des luttes sociales.

Le 17 avril est une date importante de mobilisations internationales pour la défense des revendications sociales, et contre la puissance hégémonique des gouvernements et des entreprises transnationales. Ces derniers usurpent les biens communs et répriment les droits que réclament millions de familles paysannes et indigènes dans leur lutte légitime pour la terre, l’eau et le territoire.

Nous dénonçons l’invasion du capitalisme sur les territoires et leurs populations. Le capitalisme, le racisme et le patriarcat forment un modèle étroitement imbriqué de multiples formes de dominations : l’accaparement des terres, le pillage des biens communs, l’exploitation de la force de travail et le contrôle des corps humains ainsi que la misogynie en sont différentes formes d’expression.

Nous sommes confrontés à une violation massive des droits de l’Homme, l’impunité des crimes commis hier et aujourd’hui, la criminalisation des mouvements populaires, l’assassinat et la disparition des militant-e-s. L’impunité du terrorisme d’État d’hier a préparé le terreau pour l’impunité du Grand Capital d’aujourd’hui.

Dans ce contexte, les accords de libre-échange (ALE) sont de véritables outils promus par les multinationales et les états pour pouvoir vendre nos biens communs naturels. Ensemble ils établissent des règles du jeu pour pouvoir commercialiser les biens communs de l’Humanité comme la terre et l’eau en leur donnant une finalité lucrative.

Les ALE sont l’expression d’une vague anti-démocratique au niveau mondial, qui tente d’imposer les intérêts économiques de quelques-uns au détriment du bien-être des peuples.

Face aux multinationales et aux ALE et à travers la Vía Campesina, nous nous unissons pour défendre et conquérir la réforme agraire que nous entendons comme le droit des peuples à la terre, aux territoires, à l’eau et aux semences indigènes, une base fondamentale pour la Souveraineté Alimentaire.

Les multinationales et les états antidémocratiques promeuvent des pratiques déloyales afin d’inciter l’extractivisme, l’accaparement des terres, les monocultures pour l’exportation et faire en sorte que les terres soient exploitées en grande majorité pour former des méga-monocultures appartenant à l’agrobusiness. La terre et l’eau gagnent de plus en plus une importance majeure et attirent d’importants intérêts économiques, tant pour les élites nationales que pour leurs homologues à l’étranger. La criminalisation et les persécutions deviennent alarmantes. Les expulsions et les assassinats de paysan(e)s et d’indigènes, des personnes de couleur en raison de leur implication pour la défense de leurs terres et contre l’exploitation de leurs biens communs se multiplient.

Ce 17 avril, joignez-vous aux diverses actions organisées au niveau international ! Organisez des mobilisations, des forums, des séminaires, des marchés paysans, des projections de films…peu importe comment, l’important est de dénoncer les conséquences dévastatrices des ALE pour la paysannerie et la Souveraineté Alimentaire.

Informez-nous des actions programmées pour cette journée en écrivant à lvcweb@viacampesina.org. Nous désirons rendre visible chacune d’entre elles sur une carte mondiale des actions. Vous pouvez également nous envoyer des articles, des audio, des vidéos, des photos etc afin que nous les mettions en ligne sur notre page internet et sur VíaCampesinaTV.

Alimentons nos peuples et construisons ensemble le mouvement pour changer le monde !

Contre le pillage du capitalisme et de l’impérialisme, mais pour la terre et la souveraineté de nos peuples ! La Vía Campesina est en lutte !

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Mot du président – Chronique du 17 avril 2018

Bonjour,

Récemment, le vendredi 6 avril pour être exact, le gouvernement du Québec a annoncé sa politique bioalimentaire. Cette politique a suivi un singulier parcours. À la suite de la commission Pronovost, largement tablettée, un sommet sur l’alimentation a vu le jour, dans le but d’aboutir à une politique agricole. Et voilà que le terme « agricole » est remplacé par « bioalimentaire ». Sans qu’il soit question de prendre un virage bio ni même alimentaire.

Le but d’une politique devrait, et j’insiste sur le « devrait », être de donner une direction claire. Sans direction claire, on s’éparpille, avec des décisions souvent contradictoires, voire contre-productives. Un peu de subvention bio et beaucoup pour les cultures OGM, par exemple. Ce qui est décevant, c’est que la nouvelle politique bioalimentaire ne donne pas de direction claire, justement. On veut du produit local mais on subventionne l’exportation. On veut plus d’approvisionnement québécois auprès des institutions sans remettre en question les accords de libre-échange qui risquent d’accorder priorité au produit étranger dans les appels d’offres.

Il y a quand même un élément intéressant qui va peut-être se mettre en place à la suite de cette politique : un processus périodique d’évaluation pour vérifier si les objectifs sont atteints. Lorsque l’Union paysanne avait présenté son projet de politique agricole devant la commission Pronovost, j’avais insisté sur la nécessité d’évaluer l’atteinte des objectifs au lieu d’attendre un demi-siècle sans se demander si des reliquats antédiluviens sont encore pertinents, comme le monopole de l’UPA, ou si la gestion de l’offre ne devrait pas être réajustée. On ne se surprendra évidemment pas d’entendre que l’UPA, la CAQ ou le PQ soient contre un tel processus d’évaluation, trop accrochés au statuquo. On est encore loin des objectifs de souveraineté alimentaire dont rêve l’Union paysanne. Les objectifs d’une politique agricole digne de ce nom devraient être :

  • Nourrir notre population, en quantité et en qualité
  • Protéger les ressources
  • Occuper le territoire de façon décentralisée

 

Ça semble évident, non?

Bon printemps!

Maxime Laplante, président

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Politique bioalimentaire, quelle est la direction?

Annoncée en grandes pompes à l’île Perrot, la politique bioalimentaire présente de louables intentions : augmenter la part des approvisionnements des institutions publiques en aliments québécois, doubler les surfaces en production biologique, gonfler la part des produits du Québec sur les étalages, les valoriser, etc.

« Alimenter notre monde », clame cette politique. Quel monde? La population du Québec dans un objectif de souveraineté alimentaire ou plutôt la planète? À la lumière des budgets envisagés, la seconde hypothèse semble prendre le pas. Le préfixe « BIO » de la politique n’a évidemment aucun lien avec la production biologique. En fait, doubler notre maigre 2% de surface bio au Québec pour atteindre 4% d’ici 2025 semble dérisoire. La politique prévoit une somme de 7 millions pour soutenir la production biologique mais 10 pour gérer les pesticides. L’investissement se fait aussi beaucoup plus lourd pour modifier les conditions d’élevage porcin en vue d’exportation ou pour robotiser et automatiser.

Ce projet de politique n’a de bio que le nom, se place à l’opposé de la souveraineté alimentaire, ne remet aucunement en question la situation actuelle. Le rapport Pronovost reste sur sa tablette, alors qu’il recommandait clairement une réforme du modèle. Aucune changement sur le monopole de l’UPA, ce qui surprend peu vu la présence démesurée de l’UPA aux différentes étapes du sommet qui ont précédé l’annonce de la politique, même lors de la rencontre des consommateurs.

On peut également se demander comment augmenter la part de produit québécois dans nos institutions alors que la concurrence étrangère peut maintenir sa place en raison de coûts inférieurs. D’autre part, si nos institutions réclament plus d’œufs, de lait, de poulet ou de lapin d’ici, il faudra passer par une augmentation des quotas, ce qui accroîtra la part de marché des actuels détenteurs de quota, dont les entreprises deviendront encore plus grosses, sans place pour de la relève ou des néo-agriculteurs.

Pour Maxime Laplante, « cette politique fait le pari qu’une croissance économique d’exportation sera au bénéfice des QuébécoisES. Or, elle se fixe des objectifs qui n’ont rien à voir avec les souhaits de la société civile, comme la revitalisation des régions, la mise en marché directe, l’accès à de la nourriture bio abordable, l’étiquetage des OGM, etc. »

À quand une politique agricole basée sur la souveraineté alimentaire?