Un rendez-vous raté!

Les détenteurs de quota laitier viennent encore une fois de plus de passer à côté de l’occasion d’insuffler un peu de renouveau à leur système de gestion de l’offre laitière. Ils ont, semble- t-il, voté contre le plafonnement du quota à 26 000$, mesure timide mais qui aurait à tout le moins pu stopper cette course folle qui joue contre l’agriculture en général.

Ce rendez-vous raté continue de peser lourd dans la disparition des fermes laitières familiales, dans la concentration des quotas dans les mains de quelques-uns et finalement dans l’incapacité pour la relève d’avoir accès au même système que leurs prédécesseurs. Cette incapacité de réformer ce système, année après année, rappelle un autre débat qui court dans la société elle-même et qui s’appelle la redistribution de la richesse. Les producteurs laitiers sont assis sur ce qui est devenu par rapport aux autres productions une petite fortune qu’ils semblent maintenant vouloir protéger à tout prix et c’est compréhensible. Il est maintenant difficile pour des gens qui détiennent la clé de la céder à d’autres sans compensation, mais il faudra à notre avis explorer des pistes plus collectives afin de résoudre un problème basé sur l’individualité.

L’Union paysanne croit qu’il serait plus que temps d’aborder les problématiques inhérentes au système de gestion de l’offre laitière et qui ont un impact majeur au delà de leur production. Prenons le simple exemple des fromages artisanaux qui, supportant un coût élevé en relation avec le prix du quota, doivent vendre leur fromage à un prix exorbitant. Des fromages artisanaux français se retrouvent sur nos tablettes moins cher que nos propres fromages québécois qui pour parfois une infime bouchée coûtent plus de 6$.

Le statu quo n’est plus une option et il est souhaitable d’explorer et d’arriver à fournir un cadre acceptable pour tous et qui prendrait en considération le bien commun du monde agricole.

De nombreux modèles pourraient nous servir d’exemple :

  • Pourquoi ne pas dégager 5% du quota qui pourrait se vendre à la ferme pour le bénéfice même de l’agriculteur comme en Allemagne.
  • Pourquoi ne pas permettre le lait cru qui rejoindrait une importante clientèle de gens soucieux d’un lait complet.
  • Pourquoi ne pas établir un système de rachat par l’état dont un pourcentage serait exclusivement redonné ou prêté à la relève
  • Développer des laits régionaux et non plus standardisés comme actuellement.

Si le statu quo persiste, la disparition des fermes laitières ira en s’accentuant et non pas pour le bénéfice de tous mais pour l’intérêt d’un petit nombre. La venue des intégrateurs dans le lait au Québec est belle et bien le signe que la ferme laitière familiale…….. n’est plus la vache à lait qu’elle était!

BenoitGirouard Porte parole Union paysanne
514-605-6800