L’UPA remet encore une fois sa réflexion à plus tard!

 

Lors de son 82e congrès qui s’est déroulé cette semaine, l’Union des producteurs agricoles, par l’entremise de son président Laurent Pellerin, a une fois de plus accusé une panoplie de facteurs extérieurs d’être responsable de la crise actuelle du monde agricole en omettant toutefois de se regarder dans la glace. La mondialisation, la pluie, le circo-virus et les nématodes ont le dos large alors qu’il serait grand temps de constater que le modèle d’agriculture industriel préconisé au Québec, depuis le règne de Laurent Pellerin, est la principale raison des difficultés des agriculteurs de chez nous.

 

Inévitable?

En quittant la présidence de l’UPA, Jacques Proulx avait, lors de son départ au début des années 90, invité les délégués de l’UPA à la prudence quand à la conquête des marchés et à ce vent qui soufflait chez les gros producteurs de grossir à tout prix. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, force est de constater que les intentions de spécialisation et d’exportation de l’UPA ont plongé l’agriculture québécoise dans un marasme sans fond, la livrant en pâture à l’agro-industrie, aux pharmaceutiques et aux OGM.

Les subventions, soutiens de toutes sortes et aides atteignent des sommets inégalés au Québec comme au Canada et cela avec de moins en moins de fermes. Pourtant rien ne change. Sous le lobby de l’UPA, c’est l’ensemble des Québécois qui ont financé un système non-viable à long terme et polluant par surcroît.

Les exemples s’accumulent :

  • La Financière agricole n’en peut plus …400 millions dans le rouge dû en grande partie au maïs et aux porcs…..dossier que l’Union paysanne avait annoncé en long et en large il y a 4 ans.
  • Le ministre de l’agriculture fédérale annonçait au Congrès de l’UPA le versement de 5,4 millions pour 28 producteurs de pomme de terres touchées par la fermeture des frontières américaines dû aux nématodes dorés. Ce qui fait 192 000$ pour chaque ferme! Le nématode doré est justement le résultat d’une mauvaise pratique agricole : la monoculture de pomme de terre soutenue à grand renfort d’engrais chimiques.
  • Promouvoir l’exportation de porc subventionné en Asie et venir ensuite se plaindre que la Chine nous envoie des aliments à bas prix n’est pas une preuve de cohérence.

Ce nouveau volet illustre bien la tendance de l’UPA à faire payer les dégâts par l’ensemble de la société au lieu de revoir le modèle en place. La récente bourde de leur vice-président admettant avoir agi en coulisse pour influencer les travaux de la commission sur l’avenir de l’agriculture au Québec démontre une tendance symptomatique de ce lobby agricole de ne pas vouloir remettre en question son monopole et le système.

C’est justement pourquoi l’Union paysanne passera l’année qui vient à susciter la réflexion du monde agricole et citoyen pour proposer un tout nouveau modèle agricole au Québec. Ce modèle doit passer par la fin du monopole syndical en agriculture afin de permettre à d’autres voix de s’exprimer.

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Benoit Girouard, Porte parole Paysan
Union paysanne
514-605-6800

Maxime Laplante, Président Union paysanne
418-926-2473