L’industrie porcine récolte ce qu’elle a semé

 

Saint-Hyacinthe, 10 février 2006. Depuis quelques mois, l’industrie porcine subit les conséquences plus que prévues de ses agissements. Alors que tous les pays qui se sont lancés dans l’industrialisation de leur production porcine ont vu surgir des épidémies animales dans les années 80, la fédération des producteurs de porcs se dit surprise aujourd’hui. Et au lieu de se demander s’il est sain de sevrer des porcelets à 14 ou à 30 jours, on demande aux autorités de produire un nouveau vaccin

Alors que tout le monde sait que le Québec ne réussira jamais à concurrencer des pays comme l’Argentine ou le Brésil sur le marché mondial, l’industrie porcine québécoise s’est quand même lancée tête baissée dans l’exportation. Aujourd’hui, les prix s’effondrent. L’industrie nous promettait avec le forum des décideurs que l’accroissement de la production et de l’exportation créerait 15 000 emplois. La réalité, c’est que des milliers d’emplois ont disparu en raison de la concentration des élevages et les opérations de rationalisation sauvage dans l’industrie de la transformation, sous la façade d’un mouvement coopératif. Il y a fort à parier que l’UPA tentera d’imposer des quotas de production dans le porc pour sauver les meubles.

Au lieu de revoir les pratiques d’élevage et d’épandage de lisier qui continuent de soulever la colère populaire, l’industrie persiste à vouloir implanter de nouveaux projets porcins maintenant que le simili-moratoire a été levé. La fédération des producteurs de porcs de l’UPA agit de façon irresponsable en encourageant des fermiers à se lancer dans ce secteur, en sachant pertinemment que des faillites attendent les producteurs, ou qu’ils se feront avaler par les géants de l’intégration, ou qu’ils devront quêter pour de nouvelles subventions.

La seule solution durable passe par une refonte complète de notre modèle de production, conformément aux recommandations du BAPE.

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Maxime Laplante, président Benoît Girouard, porte-parole
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