Le sort des fermes ne s’est pas amélioré au Château Frontenac

Ste-Croix, 14 avril 2014 – Le Château Frontenac a été l’hôte les 7 et 8 avril derniers d’une rencontre continentale sur l’agriculture familiale tenue dans le cadre de l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale (AIAF). Organisé par l’UPA-DI (développement international), l’évènement a abordé des questions comme la résilience de la ferme familiale, son histoire depuis la colonisation du Québec, ses défis et les politiques à adopter.

Pour l’Union paysanne, il est difficile de parler de résilience de la ferme familiale alors que 100 000 d’entre elles ont disparu depuis un demi-siècle et que la tendance se maintient. Dans le décor faste du Château Frontenac, les organisateurs se sont abstenus de remettre le modèle agro-industriel en question.

Et pourtant, le modèle québécois est loin de fournir les conditions nécessaires pour la relève ou la flexibilité requise pour s’adapter à un marché changeant.

  • Comment assurer la relève alors que les règles d’accès à la terre de la CPTAQ vont plutôt dans le sens de l’accroissement de la taille des fermes?
  • Comment démarrer une production alors que les prix des quotas sont exorbitants?
  • Comment développer une mise en marché différente alors que les agences obligatoires de l’UPA uniformisent et contrôlent?
  • Comment faire valoir un point de vue et un modèle différent alors que la loi ne permet que l’UPA et obligent tous les fermiers à cotiser, contre leur volonté ?

En ce qui concerne la fameuse gestion de l’offre, tant vantée par l’UPA, il ne faut pas oublier que depuis 40 ans, les fermes qui ont disparu le plus vite sont précisément celles qui sont soumises aux quotas de production, souvent par manque de relève.

L’Union paysanne déplore également l’utilisation du terme « familial », qui devient un fourre-tout, englobant quasiment toutes les fermes, sous prétexte qu’il y a un lien de parenté. Ce dont le Québec a besoin, c’est d’une agriculture plurielle, ouverte à la mise en marché de proximité, variée, protectrice des ressources et occupant le territoire. Actuellement, le Québec ne tient même pas compte de la production pour la famille lorsqu’il s’agit de donner le statut d’agriculteur.

La commission Pronovost affirmait que le Québec agricole manque d’oxygène. C’est encore vrai. Espérons que le prochain ministre de l’agriculture prêtera une oreille plus attentive à la volonté de la société civile qui s’est prononcée dans le cadre de la commission Pronovost et qui attend toujours qu’on l’écoute.

 


 

Pièce-jointe : 

com-up_2014-04-14_7-8_avril_Frontenac.pdf

Pour information :

Benoit Girouard, Président Union paysanne, 450-495-1910
Maxime Laplante, Vice-président, 418-926-2473