Le Parti Québécois ne comprend rien au monde agricole

Lachute, jeudi 3 octobre. La Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) se penchera, aujourd’hui, sur un projet de loi resserrant l’accès  aux terres agricoles du Québec par des étrangers. Dans les faits, ce projet de loi déposé par le PQ ne fait que rendre plus difficile ce qui l’était déjà. D’ailleurs, l’étude Meloche Debailleul1 a  confirmé au ministre Gendron que l’achat de terres agricoles par des étrangers était marginal et que l’acquisition par des fonds de capitaux était en deçà de 2%.

Alors pourquoi un projet de loi de second rang au lieu de s’occuper des priorités? Nul ne peut expliquer pourquoi le Parti Québécois évite par tous les moyens de donner suite au rapport Pronovost. Depuis 12 ans, l’Union paysanne répète sans cesse qu’il est difficile pour les jeunes, les ruraux et les paysans d’avoir accès à leur propre territoire agricole. Les rapports Pronovost et Ouimet sont allés dans le même sens. Pendant que le ministre Gendron nous demande de nous occuper d’un faux problème, la spéculation, les terres en friches, l’étalement urbain et la priorité donnée aux gros propriétaires se poursuivent et constituent le vrai problème de notre zone agricole. Le péril n’est pas étranger comme voudrait le laisser croire le PQ, mais il est bien de chez nous et existe depuis plus de 20 ans.

Un parti responsable devra revoir la mission de la Commission de protection du territoire agricole afin qu’elle favorise une occupation du territoire décentralisée et à échelle humaine. Des aspects de la loi devront être renforcés pour contrer l’étalement urbain aux abords des grands centres, tout en favorisant une plus grande utilisation des terres agricoles dont 50 % sont en friche au Québec.

Pour y arriver il faudra d’abord avoir un ministre de l’Agriculture capable d’admettre que le monde a changé et que notre agriculture suit un modèle de développement des années 70. Aujourd’hui, la relève agricole est de moins en moins familiale, débute plus tard et les femmes y occupent une place plus importante. Cette relève investit le terroir, le bio, la valeur ajoutée, la proximité et des fermes de plus petite taille. Pendant ce temps, tous les autres secteurs de l’agriculture sont en diminution constante. Le Québec a besoin d’une réforme agraire et ça presse.

1: Jean-Philippe Meloche et Guy Debailleul, Acquisition des terres agricoles par des non-agriculteurs au Québec  ampleur, causes et portée du phénomène, rapport, CIRANO, février 2013.

 

Pièce-jointe : com-up_2013-10-03_PQ-ne-comprend-rien.pdf (118 ko)

Pour information :

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910

           

Maxime Laplante
Vice-président
418-926-2473

L’Union paysanne est un syndicat agricole et citoyen qui intercède auprès du gouvernement, des médias et de l’opinion publique pour promouvoir les intérêts de la paysannerie. Elle donne une place à tout ceux désireux de s’impliquer en faveur d’une agriculture et d’une alimentation paysanne. L’Union paysanne c’est… l’Alliance de la Terre et de la Table.