La démocratie en agriculture n’est pas une priorité pour le ministre Gendron

8 février 2013 – La démocratie en agriculture n’est pas une priorité pour le parti Québécois; voilà en somme ce que vient de nous dire le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, François Gendron dans une entrevue à Radio-Canada1. Selon lui «ce n’est pas le problème le plus important»! Eh bien le ministre a dû rater l’actualité des 15 dernières années ou le monopole de l’UPA s’est retrouvé au cœur de la plupart de problématique agricole au Québec.

L’Union paysanne n’est pas du tout surprise de cette position idéologique du gouvernement péquiste. Lorsque les péquistes ont été au pouvoir par le passé, ils ont collaboré avec l’UPA afin d’étendre son monopole et son contrôle sur les agriculteurs. Nous en payons aujourd’hui les frais.

Pourtant, lors de son dernier congrès, le Parti Québécois a été à un cheveu d’entériner une proposition demandant la fin du monopole de l’UPA. D’habiles manœuvres techniques ont empêché qu’un vote final ne se tienne sur la question. Le Parti Québécois se retrouve donc isolé parmi les autres partis politiques comme Québec Solidaire, le Parti Libéral et le Parti Vert qui ont demandé la fin du monopole de l’UPA. La CAQ, de son côté, fait attendre sa position officielle, même si la défunte ADQ, qu’elle a avalée, avait statué en faveur de la fin de ce monopole.

Dans les campagnes et ailleurs, le PQ se retrouve à être encore et toujours associé à l’UPA, ce qui lui nuit grandement lors d’élections. Le Parti Libéral avait saisi l’enjeu car il allait mettre la question du monopole sur la table peu de temps avant le déclenchement des élections.

Pour avoir depuis 10 ans travaillé avec les différents partis politiques sur la question agricole et les régions, l’Union paysanne est triste de devoir affirmer que le Parti Québécois est de loin le plus décevant d’entre tous lorsque vient le temps de saisir les enjeux sur ses questions et d’esquisser des solutions. Ils ont depuis trop longtemps remis leur réflexion entre les mains de l’UPA, ne sachant plus désormais penser par eux-mêmes.

Il est temps que le ministre Gendron réalise que la fin du monopole de l’UPA est une question centrale au renouvellement de l’agriculture du Québec. Le rapport Pronovost, le rapport Bolduc, le rapport St-Pierre, l’avaient quant à eux saisi. Il est inexplicable que ce monopole se tienne toujours en selle.

Nous invitons le ministre Gendron à consulter ses collègues députés sur la question, puisque la très grande majorité d’entre eux nous ont dit être en faveur de redonner aux agriculteurs du Québec une vraie liberté d’association.

1: http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2013/02/05/007-politique-agricole-upa.shtml

 

Pour information:

Benoit Girouard
Président Union paysanne
450-495-1910
Maxime Laplante
Vice-président