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Politique bioalimentaire, quelle est la direction?

Annoncée en grandes pompes à l’île Perrot, la politique bioalimentaire présente de louables intentions : augmenter la part des approvisionnements des institutions publiques en aliments québécois, doubler les surfaces en production biologique, gonfler la part des produits du Québec sur les étalages, les valoriser, etc.

« Alimenter notre monde », clame cette politique. Quel monde? La population du Québec dans un objectif de souveraineté alimentaire ou plutôt la planète? À la lumière des budgets envisagés, la seconde hypothèse semble prendre le pas. Le préfixe « BIO » de la politique n’a évidemment aucun lien avec la production biologique. En fait, doubler notre maigre 2% de surface bio au Québec pour atteindre 4% d’ici 2025 semble dérisoire. La politique prévoit une somme de 7 millions pour soutenir la production biologique mais 10 pour gérer les pesticides. L’investissement se fait aussi beaucoup plus lourd pour modifier les conditions d’élevage porcin en vue d’exportation ou pour robotiser et automatiser.

Ce projet de politique n’a de bio que le nom, se place à l’opposé de la souveraineté alimentaire, ne remet aucunement en question la situation actuelle. Le rapport Pronovost reste sur sa tablette, alors qu’il recommandait clairement une réforme du modèle. Aucune changement sur le monopole de l’UPA, ce qui surprend peu vu la présence démesurée de l’UPA aux différentes étapes du sommet qui ont précédé l’annonce de la politique, même lors de la rencontre des consommateurs.

On peut également se demander comment augmenter la part de produit québécois dans nos institutions alors que la concurrence étrangère peut maintenir sa place en raison de coûts inférieurs. D’autre part, si nos institutions réclament plus d’œufs, de lait, de poulet ou de lapin d’ici, il faudra passer par une augmentation des quotas, ce qui accroîtra la part de marché des actuels détenteurs de quota, dont les entreprises deviendront encore plus grosses, sans place pour de la relève ou des néo-agriculteurs.

Pour Maxime Laplante, « cette politique fait le pari qu’une croissance économique d’exportation sera au bénéfice des QuébécoisES. Or, elle se fixe des objectifs qui n’ont rien à voir avec les souhaits de la société civile, comme la revitalisation des régions, la mise en marché directe, l’accès à de la nourriture bio abordable, l’étiquetage des OGM, etc. »

À quand une politique agricole basée sur la souveraineté alimentaire?

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La ruralité : il y a un éléphant dans nos campagnes

Ste-Croix, 15 mars 2018 – L’UPA, la Coop fédérée et Desjardins réaniment la défunte « Solidarité rurale » en vue d’un événement en mai. Véritable tentative de développer la ruralité ou opération cosmétique?

Le constat est clair, nos régions se vident de leurs services, de leur population, alors que les villes grandissent. Depuis sa fondation, l’Union paysanne mise sur l’alliance entre la terre et la table. Ses membres proviennent d’ailleurs de la campagne et de la ville, contribuant à une réflexion élargie sur l’avenir de notre agriculture.

Mais un renouveau de la ruralité passe par un changement radical, selon Maxime Laplante, président du l’Union paysanne. Selon lui, il faudra plus que des mesures cosmétiques. Si le nombre de fermes continue de décliner, que les rangs se vident, c’est parce que des décisions politiques ont dicté cette voie. La relève agricole qui n’a pas accès aux quotas de production, l’accès à la terre qui est lourdement entravé alors que d’immenses superficies sont en friche, les tables champêtres sont interdites en zone verte, les subventions agricoles incitent à la monoculture et la Caisse Desjardins, partenaire de la campagne Tous ruraux, ferme ses guichets dans les villages. Tout cela contribue à la désertification de nos campagnes.

Il faut relire Jacques Proulx, fondateur de Solidarité rurale, à propos du rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture : « …Pronovost, c’était une révolution en agriculture, un coup de barre essentiel pour bâtir l’agriculture de demain. Tous les corporatismes se sont braqués et les politiques n’ont pas eu le courage de faire les changements qui s’imposaient. » Et aujourd’hui, l’UPA et la Coop fédérée tentent de nous convaincre de leur volonté de changement pour la revitalisation de la campagne, alors que l’encre du rapport Pronovost est bien sèche. Ces mêmes corporations qui réclament plus d’argent à l’État pour la conquête des marchés à l’étranger, entraînant la désertification des campagnes, cause de l’agriculture intensive, industrielle et spécialisée.

L’Union paysanne croit fermement en la ruralité. Mais pour la sauver et la promouvoir, il faudra appliquer les recommandations du rapport Pronovost, redonner de l’oxygène pour enrayer l’étouffement et l’exode. Il faudra réformer le soutien de l’État pour l’agriculture, permettre l’accès à la terre en région, permettre l’accès à la production, permettre la liberté d’association, revoir notre modèle agricole en fonction d’un objectif de souveraineté alimentaire et d’agro-écologie paysanne.

Union paysanne
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CEROM : L’Union paysanne prône la transparence dans les instances et invite au débat public

Québec, 6 mars 2018 –  Plusieurs chercheurs et employés du CEROM (Centre de recherche sur les grains) ont claqué la porte en raison du contrôle des résultats de leurs recherches sur les céréales par l’industrie privée. En effet, le CEROM, financé à 68% par de l’argent public, est dirigé majoritairement par des personnes de l’industrie privée, qu’il s’agisse d’entreprises commercialisant des pesticides (Coop fédérée, Synagri) ou de l’UPA. Le gouvernement n’y a aucun droit de vote. Alors que les études menées par le CEROM et la MAPAQ concluent que l’utilisation des néonicotinoïdes ne se justifie généralement pas, les dirigeants de l’organisme ont occulté ces informations.

Selon Maxime Laplante, de l’Union paysanne, « cette situation de conflit d’intérêt est malheureusement chose courante en agriculture au Québec. C’est ce que les européens appellent la cogestion ». Qu’il s’agisse de la Financière agricole qui, jusqu’à récemment, était présidée par le président de l’UPA, contrôlant plusieurs centaines de millions d’argent public, ou du défunt organisme CDAQ (Conseil pour le Développement de l’Agriculture au Québec), exclusivement sous la coupe des dirigeants de l’UPA, la question de la gouvernance est cruciale.

Le récent rapport du groupe CIRANO de l’Université Laval, portant sur le hors-quota et sur les circuits courts de mise en marché agricole, souligne la situation de conflit d’intérêt dans les plans conjoints agricoles, où ce sont les détenteurs actuels de quota qui décident si de la relève mériterait d’obtenir aussi du quota et à quelles conditions.

L’Union paysanne souhaite rappeler l’importance d’avoir des instances démocratiques, indépendantes et transparentes. Qu’un centre de recherche scientifique financé par des fonds publics soit littéralement censuré par ses administrateurs-trices, issuEs du lobby de l’industrie, est une insulte à notre intelligence collective. L’indépendance des études scientifiques et de leur publication est primordiale dans une société qui aspire à une saine démocratie.

L’Union paysanne salue le courage des gens qui ont dénoncé la situation en renonçant parfois à leur emploi. À court terme, il est urgent de revoir la composition des conseils d’administration des organismes dépendant de financement public. À l’aube des élections, nous tendons la main à tous les acteurs en agriculture et à la population québécoise en général afin d’entamer une discussion sur le Québec alimentaire de demain. Les politiques agricoles mises en place par notre gouvernement devraient faire l’enjeu de débats publics et avoir le bien commun et la préservation de l’environnement en priorité au lieu de se soumettre aux lobbys industriels.

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Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne 581-888-0941

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Des études le confirment : les insecticides néonicotinoïdes sont inutiles.

Ste-Croix, 1e mars 2018 – Une étude en Italie et des études du MAPAQ confirment : les insecticides néonicotinoïdes sont inutiles.

Alors que le gouvernement du Québec vient de resserrer l’usage d’un groupe de pesticides largement utilisés dans la production de maïs et de soya, les néonicotinoïdes, la revue  «Environmental Science and Pollution Research1» vient de publier les résultats d’une enquête dans des champs en Italie, portant sur une durée de 29 ans et sur une surface de près de 50 000 ha. Les auteurs concluent que non seulement ces pesticides nuisent aux populations d’abeilles mais aussi qu’ils n’améliorent pas les rendements. En fait, il apparaît plus rentable de se passer de ces pesticides et de mettre sur pied une assurance qui couvre les pertes, au cas où. Selon l’étude, moins de 4% des surfaces auraient été touchées par les prédateurs visés par les pesticides. Nul besoin de traiter toutes les surfaces de façon préventive, comme c’est largement le cas au Québec. Un ensemble de mesures simples, comme la rotation des cultures, le drainage adéquat, l’emploi de variétés plus résistantes ou de pièges pour les insectes prédateurs seraient nettement plus efficaces et moins coûteuses.

Le programme d’assurance mis en place, le Mutual fund, prévoit un coût d’environ 5$ par hectare, soit environ un dixième de ce que coûte l’emploi des pesticides ainsi évités. Et il s’agit d’un programme privé, contrairement à des programmes comme l’ASRA (assurance-stabilisation) au Québec, qui reposent largement sur des subventions publiques.

Au Québec, le MAPAQ publiait en 2013 les résultats suivants2:

Ainsi, pour les essais réalisés sur 13 fermes en 2012 et 13 fermes en 2013, il n’y a pas de différence significative dans l’abondance et les dommages des vers fil-de-fer ou de la mouche des semis, que la semence soit traitée ou non avec de la clothianidine (PONCHO®) ou du thiaméthoxame (CRUISER®).”

Une étude réalisée au Québec (Samson-Robert et al., 2013) a démontré un taux de mortalité quatre fois plus élevé des abeilles domestiques durant la période de semis lorsqu’elles sont à proximité de champs de maïs traités aux néonicotinoïdes.”

Pour l’Union paysanne, le temps d’un vrai virage vers le bio est venu. Remboursement des frais de certification, réorientation du soutien de l’État et accès facilité au marché sont des étapes indispensables pour développer ce secteur au lieu de dépendre des approvisionnements étrangers.

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Maxime Laplante, agr, président 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente 450 924-0367

1 Environmental Science and Pollution Research, https://doi.org/10.1007/s11356-017-1052-5

2 Les néonicotinoïdes utilisés comme traitement de semence dans le maïs-grain, Par Yves Perreault, MAPAQ

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Les restrictions sur les néonicotinoïdes vont-elles s’étendre aux principaux pesticides?


Sainte-Croix, 19 février 2018 –  À l’annonce faite par le gouvernement d’encadrer l’utilisation d’un certain groupe de pesticides connus, entre autres, pour leur impact sur les abeilles, l’Union paysanne y espère un premier pas vers une réduction de l’usage des pesticides au Québec. Il s’agit d’une première action depuis la Stratégie gouvernementale sur les pesticides il y a trois ans. Depuis, l’usage des pesticides n’a cessé d’augmenter.

Cette nouvelle mesure vise à limiter l’usage préventif de ces substances, maintenant largement utilisées dans la culture du maïs et du soya pour enrober les semences. Il s’agit d’une intention timide de la part des ministères concernés, alors que des pesticides plus utilisés, comme le glyphosate (Roundup) voient leurs ventes en hausse.

Si le Québec veut vraisemblablement atteindre ses objectifs de réduction, l’Union paysanne estime que ce premier geste devra être suivi de mesures de transition vers la production biologique. Il est encore aberrant de constater que les coûts de la certification biologique sont à la charge des fermes alors que l’usage de pesticides ne nécessite pas de permis.

Le vérificateur général souligne d’ailleurs que les mesures incitatives du MAPAQ pour réduire l’usage des pesticides en milieu agricole font difficilement contrepoids au lobby de l’industrie chimique qui conseille le secteur agricole.

L’Union paysanne entend collaborer avec les ministères concernés, en vue d’en arriver à une transition vers une agriculture plus diversifiée et respectueuse des ressources naturelles. Cette transition devra nécessairement passer par une réforme en profondeur du soutien de l’État, de façon à créer des incitatifs pour le changement.

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Maxime Laplante, agr, président     581 888-0941

L’Union paysanne lance une vidéo sur le hors-quota

Ste-Croix, 13 février 2018 – C’est avec grand plaisir que nous vous invitons à visionner la capsule vidéo de l’Union paysanne, présentant notre position sur la situation du hors-quota au Québec. Cette vidéo présente la situation au Québec et fait intervenir, à titre de comparaison, des personnes du monde agricole des États-Unis, du Nouveau-Brunswick et de France.

Pourquoi vouloir hausser les limites du hors-quota?

Depuis sa fondation, l’Union paysanne plaide pour un meilleur accès au droit de produire. Alors que d’autres provinces permettent de vendre sans quota les oeufs de 300 pondeuses ou la viande de 2000 poulets de chair, et encore comme en Alberta où une quantité de 50 litres de lait par jour est autorisée, le Québec fait figure de régime totalitaire en laissant les filiales de l’UPA dicter les règles , limitant ainsi la production hors-quota à 100 poulets ou 100 pondeuses. Nous sommes ainsi traités comme des CanadienNEs de seconde classe et sommes condamnéEs à voir les petites fermes disparaître.

En effet, à 250$ par poule pondeuse, 900$ par mètre carré d’élevage de poulet ou 25 000$ par vache, les coûts des quotas sont prohibitifs pour toute forme de relève et le droit de produire est limité à ceux qui détiennent déjà du quota, qu’ils ont reçu en partie gratuitement ou à moindre coût, au moment de l’instauration. C’est donc dans une optique d’accessibilité que l’Union Paysanne prône la hausse des limites du hors-quota.

Concrètement, l’Union paysanne a présenté une demande formelle à la Régie des marchés agricoles pour être entendue à ce sujet. Nous réclamons le droit pour toutE QuébécoisE de produire 2000 poulets annuellement ou de détenir 300 pondeuses sans avoir à payer ces quotas. Pour appuyer notre cause, nous nous basons sur l’article 63 de la loi sur la mise en marché des produits agricoles qui stipule que la vente directement au consommateur-trice ne doit pas être soumise aux diktats des plans conjoints et des quotas, loi dont l’esprit n’est actuellement pas respecté. En effet, la Régie des marchés, a toujours estimé que la vente directe hors-quota pouvait nuire à l’ensemble du marché, ce qui est peu plausible, alors qu’on parle ici environ 1% du marché.

Les audiences devant la Régie des marchés agricoles auront lieu sous peu. M. Jean Nobert, avocat connaissant bien le dossier, accompagne l’Union paysanne dans sa démarche.

Comme plusieurs québécoisEs, l’Union paysanne participe au mouvement pour une agriculture de proximité tournée vers les circuits courts et une souveraineté alimentaire. Pour ce faire, nous estimons qu’il faut, avant tout, adapter nos politiques et permettre aux agriculteurs-trices de produire.

Bon visionnement!

Lien: horsquota.com

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Maxime Laplante, agr, président 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente et agricultrice 450 924-0367

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Négociations de l’ALENA : et la souveraineté alimentaire?

Ste-Croix, 25 janvier 2018 – Montréal accueille actuellement la sixième ronde de négociation de l’ALENA, sous la menace des Etats-Unis de se retirer. Les discours alarmistes fusent, comme si le commerce international était apparu avec cet accord ou risquait de disparaître. En 2018, difficile d’imaginer notre société sans échange commercial avec d’autres pays. Les Québécois ne renonceront pas au café, ni au poivre, ni aux bananes et il est peu probable que la production de ces aliments se fasse ici prochainement.

Pour l’Union paysanne, il importe surtout que cet accord se fasse sur d’autres bases. OXFAM a publié cette semaine que la richesse engendrée par ces échanges ne profitait qu’à une infime minorité. Premièrement, de tels accords ne devraient plus se faire en cachette de l’opinion publique. Si le Québec a tenu la commission Pronovost, il devrait être possible de consulter la population sur le commerce.

Deuxièmement, sur la question agricole, un des enjeux de l’ALENA, le principe de souveraineté alimentaire devrait avoir priorité. L’alimentation est d’une importance capitale et chaque État devrait pouvoir décider comment les aliments sont produits, transformés et distribués, sans être soumis à des tribunaux internationaux ou à des règles de commerce mondial. C’est d’ailleurs une des principales revendications du mouvement paysan mondial « La via campesina » : L’agriculture hors des accords de commerce international.

Le Canada tient à la gestion de l’offre et ne veut pas la voir modifier lors des négociations. L’Union paysanne soutient néanmoins qu’il faudra adapter cette gestion de l’offre à la réalité moderne, sinon elle disparaîtra sous les pressions. En effet, difficile de vouloir exporter du porc, mais de bloquer l’importation de poulet sans se faire reprocher une certaine dose d’hypocrisie. Et au Québec en particulier, la gestion de l’offre a rempli son rôle de contrôle, mais a échoué lamentablement pour maintenir le nombre de fermes ou permettre la relève et la diversité. Une centaine de producteurs d’œufs détenteurs de quota, moins d’un millier pour le poulet et le dindon, c’est une situation franchement inacceptable. De plus, la version québécoise de la gestion de l’offre diffère grandement de la version ailleurs au Canada. Ici, c’est l’UPA et ses filiales qui gèrent le système en monopole. La gestion de l’offre, c’est au départ un contrat social entre l’État et le monde agricole. Ça ne devrait pas être la propriété privée d’un cartel. La Via campesina et l’Union paysanne sont en faveur du principe de la gestion de l’offre, mais ce système devra être réformé rapidement.

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Maxime Laplante, agr, président : 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente : 450 924-0367

La paysannerie passe par la relève

Ste-Croix, 20 novembre 2017 . « Ça passe par la relève », tel était le thème du congrès de l’Union paysanne, tenu en fin de semaine à Victoriaville. L’auditoire, à forte proportion de jeunes agriculteurs en situation de démarrage de ferme, a discuté des entraves et difficultés liées au métier : accès limité au marché en raison des plans conjoints, quotas et agences obligatoires des filiales traditionnelles de l’UPA, normes du ministère de l’agriculture non adaptées à des modèles différents en agriculture, accès à la terre, manque de soutien.

Union paysanne

Congrès de l’Union paysanne : changer d’horizon, ça passe par la relève

Québec, 31 octobre 2017 – L’Union paysanne est fière de vous inviter à son Congrès 2017. Axé sur l’importance de la relève agricole au Québec, l’événement mettra de l’avant plusieurs enjeux auxquels sont confrontés-es les nouveaux-elles agriculteurs-trices.

Ce congrès aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs intervenants de renom, dont Patrice Vidieu, ex-secrétaire de la confédération paysanne (France), Dominic Lamontagne, auteur du livre « La ferme impossible » et Jean Nobert, avocat sur le dossier du hors quota. De plus, la présence des organismes Arterre et Protecterre nous permettra d’aborder la question de l’accès aux terres agricoles.

En soirée du vendredi 17 novembre, soit la veille du congrès, le film « La ferme et son état » sera présenté au cégep de Victoriaville et servira d’introduction à une discussion publique sur la situation de la relève agricole au Québec.

C’est un rendez-vous à ne pas manquer! Vous pouvez déjà réserver votre billet sur le site internet de l’Union paysanne.

Notez que l’assemblée générale annuelle suivra le congrès, le dimanche matin 19 novembre.

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Pour information :

Marie-Josée Renaud, directrice générale  450-230-5046

coordination@unionpaysanne.org

Maxime Laplante, agr, vice-président  581-888-0941

S’engager…et savoir quitter.

Benoit GirouardIl y a dans la vie de toute personne des moments où l’on voit un chemin s’imposer, non pas avec force, mais avec douceur. Comme une invitation à prendre le large et à visiter de nouveaux horizons. C’est ce qui m’est arrivé depuis quelques temps. Après 16 ans d’implication à l’Union paysanne, dont 10 ans à titre de président, je vous annonce que je ne solliciterai pas de nouveau mandat au congrès de novembre prochain.

Voilà 16 ans, j’ai mis beaucoup de choses de côté afin de me consacrer à défendre un modèle agricole et alimentaire plus juste et plus respectueux des écosystèmes et des populations. En 2001, à la naissance de l’Union paysanne, je n’aurais pu imaginer en être un jour le président et encore moins aussi longtemps. J’avais 25 ans, j’étais vert et la stature des cofondateurs Maxime et Roméo forçait le respect.

Je venais de recevoir un prix de mon UPA régional pour mon bilan environnementale d’une ferme que je gérais tout en découvrant les travers du syndicalisme agricole traditionnel.  J’avais prévu démarrer ma ferme, après en avoir géré deux, mais le cul de sac agricole québécois m’est apparu dans toute sa fermeture. La ferme que je souhaitais mettre sur pied (hors-quota, lait cru, abattage à la ferme, etc.) était illégal au Québec. Et dire que je n’étais même pas réellement libre de m’associer à l’organisation de mon choix.

L’Union paysanne naissait et j’y ai retrouvé d’autres apatrides qui comme moi ne se reconnaissaient pas dans le modèle agricole dominant. Je n’y allais pas pour faire carrière, j’y allais car j’étais révolté. Le reste a été une suite de oui à s’impliquer; un oui à agir, un oui à se salir les mains, un oui quotidien. J’espère avoir apporté à l’Union paysanne autant qu’elle m’a redonné, mais j’en doute. Elle a été pour moi une école de formation et de vie et j’en partirai meilleur.

Il est de bon ton de se demander si on a changé quelque chose par notre passage. Je laisserai à d’autres le soin d’en juger, particulièrement à mes détracteurs. Ce que je sais par contre c’est reconnaître la semence qui lève. Depuis 16 ans, je ne compte plus le nombre de jeunes agriculteurs (trices) qui de près ou de loin se réclament du courant de l’Union paysanne, en plus des rapports qui ont repris nos analyses et qui ont bouleversé le statu quo. Nos mémoires et nos travaux sont cités et repris.

L’Union paysanne, c’est beaucoup plus qu’un mouvement qui, bon an mal an, réussi à survivre au centre d’un système agricole hermétique. L’Union paysanne, c’est une vision de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Une vision qui se retrouve désormais dans une relève agricole moins traditionnelle, dans l’agriculture urbaine, dans les productions locales et à valeur ajoutée, dans l’essor d’un bio décomplexé, dans la plupart des centres d’enseignements et même chez de plus en plus d’agronomes. Les paysans sont en marche et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.

La paysannerie, ce n’est pas un syndicat! C’est une vision de l’agriculture et du rapport que chacun entretien avec la terre. C’est aussi d’assumer de devenir un gestionnaire avisé d’un agroécosystème et d’en être une sentinelle. C’est en fait un changement de paradigme face à l’agriculture industrielle des 50 dernières années. C’est un retour aux sources. Si la paysannerie s’incarne dans l’Union paysanne, même si elle essaime partout, c’est parce qu’elle a su mettre de l’avant l’idée d’une agriculture réellement équitable et porteuse de souveraineté alimentaire.

J’ai donc tenté au sein de cette organisation de reproduire, à une autre échelle, le travail noble de l’agriculteur : semer. Pour ma part, j’y ai récolté des amitiés durables. Ils sont nombreux les visages qui me viennent en tête depuis la fondation et qui en plus de m’épauler, m’ont fait confiance. Je ne pourrais les nommer tous sans en oublier, mais je ne pourrais partir sans souligner l’amitié indéfectible de Maxime Laplante, co-fondateur de l’Union paysanne. Il a tout partagé avec moi du combat, ses hauts et ses bas. Il s’est abreuvé du même fiel et du même miel. Un compagnon et à la fois un guide sur la route. C’est d’ailleurs à lui que je dois le texte de Goethe qui a guidé mon implication et que je vous partage plus bas.

Sachez que je quitte mes fonctions officielles, mais que je continuerai quelques mandats déjà engagés comme le dossier du hors-quota, ainsi que le recours collectif sur la liaison des programmes de l’état et de la cotisation à l’UPA. Je soutiendrai la transition avec le nouveau conseil de coordination que l’Union paysanne aura à la fin de l’AGA de novembre. Je continuerai à jamais de porter les luttes paysannes du Québec en moi, mais je le ferai différemment. Le changement n’attend que vous, mais pour y arriver il vous faut….l’engagement.

 

Benoit Girouard, président Union paysanne

 

L’engagement

« Tant qu’on ne s’est pas engagé, persistent l’hésitation, la possibilité de se retirer, et toujours aussi, dès qu’il s’agit d’initiative ou de création, une certaine inefficacité.

Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance a déjà miné nombre de grandes idées et de plans merveilleux: c’est que dès l’instant où l’on s’engage, la Providence intervient, elle aussi. Il se produit toutes sortes de choses qui autrement ne se seraient pas produites. Toute une série d’événements jaillissent de la décision, comme pour l’appuyer par toutes sortes d’incidents imprévus, de rencontres et de secours matériel, dont on n’aurait jamais rêvé qu’ils puissent survenir.

Quoi que vous puissiez faire, quoi que vous rêviez de faire, entreprenez-le.

L’audace donne du génie, de la puissance, de la magie.

Mais commencez maintenant. » (Goëthe)