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Un G7 malodorant

Ste-Croix, 4 juin 2018 – En prévision de la rencontre du G7, les autorités prient les agriculteurs de ne pas épandre de lisier pendant la durée de l’événement. On comprend qu’il importe de ne pas heurter la sensibilité nasale des délégués.

Les gouvernements ont pourtant tout mis en place pour qu’il y ait ce genre de situation. À commencer par le choix d’une région rurale pour la tenue d’une telle rencontre. Ensuite par le choix du moment, coincidant avec la période des semis et le moment où les fosses à lisier sont remplies à pleine capacité après un long hiver d’entreposage et que les inspecteurs circulent pour s’assurer qu’elles ne déborderont pas.

Mais surtout, le gouvernement a clairement tracé la voie pour la gestion liquide des fumiers, en dépit des avertissements multiples. En effet, au lieu d’encourager la gestion solide des fumiers, les fermes ont dû construire des fosses pour accumuler les fumiers animaux. Pourtant, le problème est simple du point de vue biologique. Les composés organiques à base d’azote sont normalement constitués en présence d’oxygène, ce qui donne des substances stables et largement inodores, comme le compost. À l’inverse, si on bloque l’arrivée d’oxygène, par exemple en entreposant les fumiers dans une fosse liquide dans laquelle l’oxygène ne pénètre pas, on produit des composés instables, solubles et volatiles. C’est l’effet du sac de vidange bien fermé qui a traîné au soleil et qu’on ouvre pour en humer tout l’arôme… L’azote devient ammoniac, soluble et pestilentiel, de même que le carbone forme du méthane nauséabond au lieu d’humus stable.

Les conséquences d’une agriculture animale sur lisier sont multiples, en plus des odeurs dont les communautés rurales sont les premières victimes : compaction des sols en raison des lourdes charges (à 95%, le lisier est constitué d’eau), bris des routes rurales qui n’ont pas été conçues pour résister à de pareilles charges, construction coûteuse de gigantesques fosses d’entreposage.

Mentionnons également le fait que le régime de subventions pousse à la spécialisation et la concentration des élevages, ce qui fait en sorte que les animaux sont largement confinés à l’intérieur au lieu de libérer leurs excréments au champ.

En somme, tout le système en place incite, sinon oblige, à l’épandage nauséabond en ce temps de l’année. C’est indissociable de notre modèle agricole orienté vers la monoculture et l’exportation. Difficile de ne pas être en colère lorsque le gouvernement demande maintenant de préserver une image bucolique.

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Maxime Laplante, agr,

Président

581 888-0941

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Fusion Monsanto-Bayer : une perte de contrôle supplémentaire et alarmante sur le secteur agricole et alimentaire.

Pour diffusion immédiate

Fusion Monsanto-Bayer : une perte de contrôle supplémentaire et alarmante sur le secteur agricole et alimentaire.

Montréal Le 31 mai 2018 : Le Bureau de la concurrence Canada vient d’approuver la fusion des entreprises Bayer et Monsanto, autorisant ainsi la création de la plus grande entreprise de pesticides et de semence au monde. « C’est du jamais vu en terme de contrôle corporatif sur l’agriculture à travers les semences et pesticides » déclare Pascal Priori, président de Vigilance OGM.

L’acquisition de Monsanto par Bayer au prix inégalé de 66 milliards de dollars donnerait à la nouvelle entité le contrôle d’environ 31 % du marché des semences commerciales et 26 % de celui des pesticides agricoles. Quant aux concessions obtenues par le Bureau de la concurrence, elles sont insignifiantes puisque la vente de certains actifs de Bayer se fera fort probablement à un autre géant : BASF.

Les grandes sociétés Dow et Dupont se sont déjà entendues pour fusionner et l’entreprise étatique chinoise ChemChina a acheté Syngenta. En autorisant la fusion de Bayer et Monsanto, ces trois grandes sociétés nouvellement formées contrôlent plus de 71 % des ventes mondiales de pesticides et près de 61 % des ventes de semences commerciales (1).

L’impact sur le système agricole s’annonce désastreux. « Les semences sont le cœur de notre système alimentaire. Si vous contrôlez les semences, vous contrôler les agriculteurs et l’alimentation » déclare Jane Rabinowicz d’USC Canada. « L’accroissement du contrôle corporatif sur les semences a des conséquences désastreuses sur la diversité des semences et notre capacité d’adaptation aux changements climatiques » ajoute-t-elle.

Par exemple, Vigilance OGM révèle dans une analyse exclusive la hausse importante du prix de semences au Québec compte tenu de l’actuelle concentration du marché. Dans le cas du soya, le prix des semences génétiquement modifiées était environ 50 % plus cher en 2016 et 2017 que les semences de soya conventionnel. De plus, entre 2011 et 2017, le prix des semences soya GM a augmenté de 23,5 % tandis que celui des semences conventionnelles a augmenté de 20,6% (2).

Les principales organisations agricoles du Québec, l’Union Paysanne mais également l’Union des producteurs agricoles craignent le pire. « Alors que le nombre de fermes au Québec diminue d’année en année, les grandes entreprises s’approprient le pouvoir de décider des semences et pesticides des agriculteurs et y compris pour une partie des semences et intrants de l’agriculture biologique. C’est une atteinte directe à la souveraineté alimentaire du Québec » déclare Maxime Laplante président de l’Union Paysanne. Cette tendance est corroborée par l’évolution du nombre d’exploitations agricoles au Canada qui a diminué de 47,1 % entre 1971 à 2016.

« Il est clair que cette situation d’oligopole va accroître le prix et réduire le choix des semences et intrants au détriment de la liberté des agriculteurs. Cela va également accroître encore plus le contrôle de quelques entreprises sur la recherche publique en agriculture (3). Le Québec et le Canada font encore preuve d’une docilité exemplaire envers les grandes entreprises agricoles. Cette décision va exactement à l’encontre de la volonté des consommateurs d’accroître l’accès à des productions locales, biologiques, et sans OGM et celle des agriculteurs de pouvoir faire les choix de base et de vivre sereinement de leur production », résume Pascal Priori, Président de Vigilance OGM.

Alors que les pesticides et les OGM sont plus utilisés que jamais dans l’histoire du Canada, cette nouvelle renforce encore plus la dépossession de notre système alimentaire pour le profit de quelques entreprises.

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Pour plus d’information :

Pascal Priori, Vigilance OGM, 514 573 1820

Maxime Laplante, Union Paysanne 581 888 0941

Jane Rabinowicz, USC Canada, 514 473 5319

Lucy Sharratt, Réseau canadien d’action sur les biotechnologies, 613 809 1103 (anglais)

Autre organisme appuyant ce communiqué:

Alliance pour l’interdiction des pesticides systémiques

Note:

Le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) et Vigilance OGM, avaient, dès 2016, demandé au bureau de la concurrence d’évaluer l’impact de cette concentration incroyable sur le secteur agricole. Cette requête est toujours sans suite (4).

Références:

(1) Selon des données de 2014 cités par le Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food) dans son rapport : IPES-Food. 2017. Too big to feed: Exploring the impacts of mega-mergers, concentration, concentration of power in the agri-food sector.

(2) Analyse de Vigilance OGM: Monsanto-Bayer : Conséquences alarmantes pour les agriculteurs au Québec

(3) L’enquête OGM sortie en 2015 précisait déjà : « On entend souvent que les agriculteurs partout dans le monde adoptent les cultures GM parce qu’ils ont choisi d’acheter des semences GM et que les cultures GM leur offrent plus de choix. Mais la concentration du marché des semences signifie que l’introduction de semences GM est souvent suivie du retrait de variétés non GM et de la diminution des options offertes aux agriculteurs. Ainsi, au Canada, 80 % des 120 variétés enregistrées de canola étaient non GM en 2000. En 2007, on ne trouvait plus que cinq variétés de canola non GM sur le marché. Puisque l’on retire des variétés non GM petit à petit, et parce que les caractéristiques GM sont insérées dans des cultures classiques déjà dotées des meilleures caractéristiques de rendement, l’achat de semences GM est souvent le seul moyen pour les agriculteurs de se procurer des variétés modernes à rendement élevé. De plus, quand les entreprises déshomologuent des variétés anciennes au Canada, les agriculteurs qui conservaient ces semences et les utilisaient ont perdu la capacité de le faire. »
Cette concentration s’accompagne d’un désinvestissement massif de la recherche publique en agriculture : «
Au début des années 1980, le secteur public du Canada était responsable de 95 % de la sélection des végétaux et de 100 % de la sélection des cultures céréalières et oléagineuses. Dans les vingt dernières années, le gouvernement canadien a démantelé une grande partie de l’infrastructure publique de la sélection des végétaux au Canada et confié cette responsabilité au secteur privé. » RCAB. 2015. Rapport 4 Les OGM sont-ils bénéfiques pour les agriculteurs?

(4) Commentaires soumis en 2016 au Bureau de la concurrence Canada

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La ruralité a besoin de courage politique

Ste-Croix, 23 mai 2018 – Alors que les intéresséEs doivent débourser 120$ pour avoir accès au rassemblement « Tous ruraux », l’Union paysanne estime que ce débat devra aller nettement plus loin que de simplement louanger la campagne en termes poétiques.

La ruralité passe par la reconnaissance du droit de produire des occupantEs de nos campagnes, que ce soit pour leur consommation familiale ou pour la commercialisation. L’union paysanne souhaite rappeler les solutions qu’elle met de l’avant afin de favoriser une agriculture plurielle et de proximité qui serait extrêmement bénéfique à la revitalisation des villages du Québec.

La ruralité, c’est la diversité!

– Nous exigeons des modifications à la Loi sur la protection du territoire agricole et des activités agricoles, qui prescrit l’homogénéité du territoire au lieu de la diversité;

– Nous encourageons la diversité des usages en milieu rural;

– Nous souhaitons l’établissement de tables champêtres en zone verte, permettant la transformation et la restauration à la ferme.

– Nous faisons la promotion de l’agrotourisme et des formules avec hébergement à la ferme.

– Nous exigeons la modification du mode de soutien des fermes (dont l’ASRA), trop axée sur les monocultures et les exportations;

– Nous exigeons la liberté d’association en agriculture afin de permettre à ceux et celles souhaitant faire de l’agriculture autrement d’être représentéEs.

La ruralité, c’est de nourrir notre population en quantité et en qualité, tel que le souhaite la population du Québec.

– Nous réclamons le droit de produire : augmentons la production hors quota et permettons la vente directe;

– Nous visons un meilleur accès aux produits locaux;

– Nous voulons savoir ce que l’on mange et réclamons l’étiquetage des OGM;

Nous réclamons un appui substantiel pour l’agriculture biologique plus important que ce que propose lanous velle politique bioalimentaire, soit 4% des surfaces d’ici 2025, alors que le reste de la planète prend le virage.

La ruralité, nous voulons tous la voir prendre de l’ampleur, la développer. Mais au-delà des vœux pieux, le Québec doit amorcer des changements réels et majeurs. Sinon, le monde rural continue d’étouffer alors que les campagnes se vident, que les services disparaissent, que les monocultures s’étendent.

La ruralité ne doit pas rester une chasse gardée. Au Québec, la ruralité a nettement besoin de courage politique!

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Maxime Laplante, agr, président

581-888-0941

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Politique bioalimentaire, quelle est la direction?

Annoncée en grandes pompes à l’île Perrot, la politique bioalimentaire présente de louables intentions : augmenter la part des approvisionnements des institutions publiques en aliments québécois, doubler les surfaces en production biologique, gonfler la part des produits du Québec sur les étalages, les valoriser, etc.

« Alimenter notre monde », clame cette politique. Quel monde? La population du Québec dans un objectif de souveraineté alimentaire ou plutôt la planète? À la lumière des budgets envisagés, la seconde hypothèse semble prendre le pas. Le préfixe « BIO » de la politique n’a évidemment aucun lien avec la production biologique. En fait, doubler notre maigre 2% de surface bio au Québec pour atteindre 4% d’ici 2025 semble dérisoire. La politique prévoit une somme de 7 millions pour soutenir la production biologique mais 10 pour gérer les pesticides. L’investissement se fait aussi beaucoup plus lourd pour modifier les conditions d’élevage porcin en vue d’exportation ou pour robotiser et automatiser.

Ce projet de politique n’a de bio que le nom, se place à l’opposé de la souveraineté alimentaire, ne remet aucunement en question la situation actuelle. Le rapport Pronovost reste sur sa tablette, alors qu’il recommandait clairement une réforme du modèle. Aucune changement sur le monopole de l’UPA, ce qui surprend peu vu la présence démesurée de l’UPA aux différentes étapes du sommet qui ont précédé l’annonce de la politique, même lors de la rencontre des consommateurs.

On peut également se demander comment augmenter la part de produit québécois dans nos institutions alors que la concurrence étrangère peut maintenir sa place en raison de coûts inférieurs. D’autre part, si nos institutions réclament plus d’œufs, de lait, de poulet ou de lapin d’ici, il faudra passer par une augmentation des quotas, ce qui accroîtra la part de marché des actuels détenteurs de quota, dont les entreprises deviendront encore plus grosses, sans place pour de la relève ou des néo-agriculteurs.

Pour Maxime Laplante, « cette politique fait le pari qu’une croissance économique d’exportation sera au bénéfice des QuébécoisES. Or, elle se fixe des objectifs qui n’ont rien à voir avec les souhaits de la société civile, comme la revitalisation des régions, la mise en marché directe, l’accès à de la nourriture bio abordable, l’étiquetage des OGM, etc. »

À quand une politique agricole basée sur la souveraineté alimentaire?

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La ruralité : il y a un éléphant dans nos campagnes

Ste-Croix, 15 mars 2018 – L’UPA, la Coop fédérée et Desjardins réaniment la défunte « Solidarité rurale » en vue d’un événement en mai. Véritable tentative de développer la ruralité ou opération cosmétique?

Le constat est clair, nos régions se vident de leurs services, de leur population, alors que les villes grandissent. Depuis sa fondation, l’Union paysanne mise sur l’alliance entre la terre et la table. Ses membres proviennent d’ailleurs de la campagne et de la ville, contribuant à une réflexion élargie sur l’avenir de notre agriculture.

Mais un renouveau de la ruralité passe par un changement radical, selon Maxime Laplante, président du l’Union paysanne. Selon lui, il faudra plus que des mesures cosmétiques. Si le nombre de fermes continue de décliner, que les rangs se vident, c’est parce que des décisions politiques ont dicté cette voie. La relève agricole qui n’a pas accès aux quotas de production, l’accès à la terre qui est lourdement entravé alors que d’immenses superficies sont en friche, les tables champêtres sont interdites en zone verte, les subventions agricoles incitent à la monoculture et la Caisse Desjardins, partenaire de la campagne Tous ruraux, ferme ses guichets dans les villages. Tout cela contribue à la désertification de nos campagnes.

Il faut relire Jacques Proulx, fondateur de Solidarité rurale, à propos du rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture : « …Pronovost, c’était une révolution en agriculture, un coup de barre essentiel pour bâtir l’agriculture de demain. Tous les corporatismes se sont braqués et les politiques n’ont pas eu le courage de faire les changements qui s’imposaient. » Et aujourd’hui, l’UPA et la Coop fédérée tentent de nous convaincre de leur volonté de changement pour la revitalisation de la campagne, alors que l’encre du rapport Pronovost est bien sèche. Ces mêmes corporations qui réclament plus d’argent à l’État pour la conquête des marchés à l’étranger, entraînant la désertification des campagnes, cause de l’agriculture intensive, industrielle et spécialisée.

L’Union paysanne croit fermement en la ruralité. Mais pour la sauver et la promouvoir, il faudra appliquer les recommandations du rapport Pronovost, redonner de l’oxygène pour enrayer l’étouffement et l’exode. Il faudra réformer le soutien de l’État pour l’agriculture, permettre l’accès à la terre en région, permettre l’accès à la production, permettre la liberté d’association, revoir notre modèle agricole en fonction d’un objectif de souveraineté alimentaire et d’agro-écologie paysanne.

Union paysanne
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CEROM : L’Union paysanne prône la transparence dans les instances et invite au débat public

Québec, 6 mars 2018 –  Plusieurs chercheurs et employés du CEROM (Centre de recherche sur les grains) ont claqué la porte en raison du contrôle des résultats de leurs recherches sur les céréales par l’industrie privée. En effet, le CEROM, financé à 68% par de l’argent public, est dirigé majoritairement par des personnes de l’industrie privée, qu’il s’agisse d’entreprises commercialisant des pesticides (Coop fédérée, Synagri) ou de l’UPA. Le gouvernement n’y a aucun droit de vote. Alors que les études menées par le CEROM et la MAPAQ concluent que l’utilisation des néonicotinoïdes ne se justifie généralement pas, les dirigeants de l’organisme ont occulté ces informations.

Selon Maxime Laplante, de l’Union paysanne, « cette situation de conflit d’intérêt est malheureusement chose courante en agriculture au Québec. C’est ce que les européens appellent la cogestion ». Qu’il s’agisse de la Financière agricole qui, jusqu’à récemment, était présidée par le président de l’UPA, contrôlant plusieurs centaines de millions d’argent public, ou du défunt organisme CDAQ (Conseil pour le Développement de l’Agriculture au Québec), exclusivement sous la coupe des dirigeants de l’UPA, la question de la gouvernance est cruciale.

Le récent rapport du groupe CIRANO de l’Université Laval, portant sur le hors-quota et sur les circuits courts de mise en marché agricole, souligne la situation de conflit d’intérêt dans les plans conjoints agricoles, où ce sont les détenteurs actuels de quota qui décident si de la relève mériterait d’obtenir aussi du quota et à quelles conditions.

L’Union paysanne souhaite rappeler l’importance d’avoir des instances démocratiques, indépendantes et transparentes. Qu’un centre de recherche scientifique financé par des fonds publics soit littéralement censuré par ses administrateurs-trices, issuEs du lobby de l’industrie, est une insulte à notre intelligence collective. L’indépendance des études scientifiques et de leur publication est primordiale dans une société qui aspire à une saine démocratie.

L’Union paysanne salue le courage des gens qui ont dénoncé la situation en renonçant parfois à leur emploi. À court terme, il est urgent de revoir la composition des conseils d’administration des organismes dépendant de financement public. À l’aube des élections, nous tendons la main à tous les acteurs en agriculture et à la population québécoise en général afin d’entamer une discussion sur le Québec alimentaire de demain. Les politiques agricoles mises en place par notre gouvernement devraient faire l’enjeu de débats publics et avoir le bien commun et la préservation de l’environnement en priorité au lieu de se soumettre aux lobbys industriels.

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Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne 581-888-0941

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Des études le confirment : les insecticides néonicotinoïdes sont inutiles.

Ste-Croix, 1e mars 2018 – Une étude en Italie et des études du MAPAQ confirment : les insecticides néonicotinoïdes sont inutiles.

Alors que le gouvernement du Québec vient de resserrer l’usage d’un groupe de pesticides largement utilisés dans la production de maïs et de soya, les néonicotinoïdes, la revue  «Environmental Science and Pollution Research1» vient de publier les résultats d’une enquête dans des champs en Italie, portant sur une durée de 29 ans et sur une surface de près de 50 000 ha. Les auteurs concluent que non seulement ces pesticides nuisent aux populations d’abeilles mais aussi qu’ils n’améliorent pas les rendements. En fait, il apparaît plus rentable de se passer de ces pesticides et de mettre sur pied une assurance qui couvre les pertes, au cas où. Selon l’étude, moins de 4% des surfaces auraient été touchées par les prédateurs visés par les pesticides. Nul besoin de traiter toutes les surfaces de façon préventive, comme c’est largement le cas au Québec. Un ensemble de mesures simples, comme la rotation des cultures, le drainage adéquat, l’emploi de variétés plus résistantes ou de pièges pour les insectes prédateurs seraient nettement plus efficaces et moins coûteuses.

Le programme d’assurance mis en place, le Mutual fund, prévoit un coût d’environ 5$ par hectare, soit environ un dixième de ce que coûte l’emploi des pesticides ainsi évités. Et il s’agit d’un programme privé, contrairement à des programmes comme l’ASRA (assurance-stabilisation) au Québec, qui reposent largement sur des subventions publiques.

Au Québec, le MAPAQ publiait en 2013 les résultats suivants2:

Ainsi, pour les essais réalisés sur 13 fermes en 2012 et 13 fermes en 2013, il n’y a pas de différence significative dans l’abondance et les dommages des vers fil-de-fer ou de la mouche des semis, que la semence soit traitée ou non avec de la clothianidine (PONCHO®) ou du thiaméthoxame (CRUISER®).”

Une étude réalisée au Québec (Samson-Robert et al., 2013) a démontré un taux de mortalité quatre fois plus élevé des abeilles domestiques durant la période de semis lorsqu’elles sont à proximité de champs de maïs traités aux néonicotinoïdes.”

Pour l’Union paysanne, le temps d’un vrai virage vers le bio est venu. Remboursement des frais de certification, réorientation du soutien de l’État et accès facilité au marché sont des étapes indispensables pour développer ce secteur au lieu de dépendre des approvisionnements étrangers.

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Maxime Laplante, agr, président 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente 450 924-0367

1 Environmental Science and Pollution Research, https://doi.org/10.1007/s11356-017-1052-5

2 Les néonicotinoïdes utilisés comme traitement de semence dans le maïs-grain, Par Yves Perreault, MAPAQ

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Les restrictions sur les néonicotinoïdes vont-elles s’étendre aux principaux pesticides?


Sainte-Croix, 19 février 2018 –  À l’annonce faite par le gouvernement d’encadrer l’utilisation d’un certain groupe de pesticides connus, entre autres, pour leur impact sur les abeilles, l’Union paysanne y espère un premier pas vers une réduction de l’usage des pesticides au Québec. Il s’agit d’une première action depuis la Stratégie gouvernementale sur les pesticides il y a trois ans. Depuis, l’usage des pesticides n’a cessé d’augmenter.

Cette nouvelle mesure vise à limiter l’usage préventif de ces substances, maintenant largement utilisées dans la culture du maïs et du soya pour enrober les semences. Il s’agit d’une intention timide de la part des ministères concernés, alors que des pesticides plus utilisés, comme le glyphosate (Roundup) voient leurs ventes en hausse.

Si le Québec veut vraisemblablement atteindre ses objectifs de réduction, l’Union paysanne estime que ce premier geste devra être suivi de mesures de transition vers la production biologique. Il est encore aberrant de constater que les coûts de la certification biologique sont à la charge des fermes alors que l’usage de pesticides ne nécessite pas de permis.

Le vérificateur général souligne d’ailleurs que les mesures incitatives du MAPAQ pour réduire l’usage des pesticides en milieu agricole font difficilement contrepoids au lobby de l’industrie chimique qui conseille le secteur agricole.

L’Union paysanne entend collaborer avec les ministères concernés, en vue d’en arriver à une transition vers une agriculture plus diversifiée et respectueuse des ressources naturelles. Cette transition devra nécessairement passer par une réforme en profondeur du soutien de l’État, de façon à créer des incitatifs pour le changement.

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Maxime Laplante, agr, président     581 888-0941

L’Union paysanne lance une vidéo sur le hors-quota

Ste-Croix, 13 février 2018 – C’est avec grand plaisir que nous vous invitons à visionner la capsule vidéo de l’Union paysanne, présentant notre position sur la situation du hors-quota au Québec. Cette vidéo présente la situation au Québec et fait intervenir, à titre de comparaison, des personnes du monde agricole des États-Unis, du Nouveau-Brunswick et de France.

Pourquoi vouloir hausser les limites du hors-quota?

Depuis sa fondation, l’Union paysanne plaide pour un meilleur accès au droit de produire. Alors que d’autres provinces permettent de vendre sans quota les oeufs de 300 pondeuses ou la viande de 2000 poulets de chair, et encore comme en Alberta où une quantité de 50 litres de lait par jour est autorisée, le Québec fait figure de régime totalitaire en laissant les filiales de l’UPA dicter les règles , limitant ainsi la production hors-quota à 100 poulets ou 100 pondeuses. Nous sommes ainsi traités comme des CanadienNEs de seconde classe et sommes condamnéEs à voir les petites fermes disparaître.

En effet, à 250$ par poule pondeuse, 900$ par mètre carré d’élevage de poulet ou 25 000$ par vache, les coûts des quotas sont prohibitifs pour toute forme de relève et le droit de produire est limité à ceux qui détiennent déjà du quota, qu’ils ont reçu en partie gratuitement ou à moindre coût, au moment de l’instauration. C’est donc dans une optique d’accessibilité que l’Union Paysanne prône la hausse des limites du hors-quota.

Concrètement, l’Union paysanne a présenté une demande formelle à la Régie des marchés agricoles pour être entendue à ce sujet. Nous réclamons le droit pour toutE QuébécoisE de produire 2000 poulets annuellement ou de détenir 300 pondeuses sans avoir à payer ces quotas. Pour appuyer notre cause, nous nous basons sur l’article 63 de la loi sur la mise en marché des produits agricoles qui stipule que la vente directement au consommateur-trice ne doit pas être soumise aux diktats des plans conjoints et des quotas, loi dont l’esprit n’est actuellement pas respecté. En effet, la Régie des marchés, a toujours estimé que la vente directe hors-quota pouvait nuire à l’ensemble du marché, ce qui est peu plausible, alors qu’on parle ici environ 1% du marché.

Les audiences devant la Régie des marchés agricoles auront lieu sous peu. M. Jean Nobert, avocat connaissant bien le dossier, accompagne l’Union paysanne dans sa démarche.

Comme plusieurs québécoisEs, l’Union paysanne participe au mouvement pour une agriculture de proximité tournée vers les circuits courts et une souveraineté alimentaire. Pour ce faire, nous estimons qu’il faut, avant tout, adapter nos politiques et permettre aux agriculteurs-trices de produire.

Bon visionnement!

Lien: horsquota.com

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Maxime Laplante, agr, président 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente et agricultrice 450 924-0367

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Négociations de l’ALENA : et la souveraineté alimentaire?

Ste-Croix, 25 janvier 2018 – Montréal accueille actuellement la sixième ronde de négociation de l’ALENA, sous la menace des Etats-Unis de se retirer. Les discours alarmistes fusent, comme si le commerce international était apparu avec cet accord ou risquait de disparaître. En 2018, difficile d’imaginer notre société sans échange commercial avec d’autres pays. Les Québécois ne renonceront pas au café, ni au poivre, ni aux bananes et il est peu probable que la production de ces aliments se fasse ici prochainement.

Pour l’Union paysanne, il importe surtout que cet accord se fasse sur d’autres bases. OXFAM a publié cette semaine que la richesse engendrée par ces échanges ne profitait qu’à une infime minorité. Premièrement, de tels accords ne devraient plus se faire en cachette de l’opinion publique. Si le Québec a tenu la commission Pronovost, il devrait être possible de consulter la population sur le commerce.

Deuxièmement, sur la question agricole, un des enjeux de l’ALENA, le principe de souveraineté alimentaire devrait avoir priorité. L’alimentation est d’une importance capitale et chaque État devrait pouvoir décider comment les aliments sont produits, transformés et distribués, sans être soumis à des tribunaux internationaux ou à des règles de commerce mondial. C’est d’ailleurs une des principales revendications du mouvement paysan mondial « La via campesina » : L’agriculture hors des accords de commerce international.

Le Canada tient à la gestion de l’offre et ne veut pas la voir modifier lors des négociations. L’Union paysanne soutient néanmoins qu’il faudra adapter cette gestion de l’offre à la réalité moderne, sinon elle disparaîtra sous les pressions. En effet, difficile de vouloir exporter du porc, mais de bloquer l’importation de poulet sans se faire reprocher une certaine dose d’hypocrisie. Et au Québec en particulier, la gestion de l’offre a rempli son rôle de contrôle, mais a échoué lamentablement pour maintenir le nombre de fermes ou permettre la relève et la diversité. Une centaine de producteurs d’œufs détenteurs de quota, moins d’un millier pour le poulet et le dindon, c’est une situation franchement inacceptable. De plus, la version québécoise de la gestion de l’offre diffère grandement de la version ailleurs au Canada. Ici, c’est l’UPA et ses filiales qui gèrent le système en monopole. La gestion de l’offre, c’est au départ un contrat social entre l’État et le monde agricole. Ça ne devrait pas être la propriété privée d’un cartel. La Via campesina et l’Union paysanne sont en faveur du principe de la gestion de l’offre, mais ce système devra être réformé rapidement.

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Maxime Laplante, agr, président : 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente : 450 924-0367