Décès de M. Jean Pronovost

Ste-Croix, 28 décembre 2018 – M. Pronovost, qui a présidé la commission du même nom, est décédé mercredi. L’Union paysanne tient à exprimer ses condoléances auprès de la famille. Depuis une dizaine d’années, M. Pronovost a activement contribué à développer une nouvelle vision de l’agriculture, d’abord en présidant la commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec, et plus tard en présidant l’institut Jean-Garon.

M. Pronovost a également rédigé un rapport sur la relève agricole. Son approche calme et attentive a fait de lui une personnalité appréciée dans le monde agricole.

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Maxime Laplante, agr
581 888-0941

Déclaration pour l’action climatique des paysanNEs du Québec

Québec, 26 novembre 2018 – L’Union paysanne est fière de joindre le mouvement des déclarations climatiques (www.declarationsclimatiques.ca). Nous unissons nos voix en tant que paysannes et paysans pour livrer au nouveau gouvernement du Québec un message important concernant les générations présentes et à venir.

Les paysanNEs et citoyenNEs du Québec qui veulent joindre leur voix à la nôtre ont jusqu’à mercredi midi le 28 novembre pour signer la déclaration. Nous demandons au gouvernement d’effectuer un changement radical dans son approche envers l’agriculture et de se fixer dès aujourd’hui des objectifs ambitieux et termes de souveraineté alimentaire et d’agroécologie.

Concrètement, nous exigeons :

  1. Que le gouvernement convoque, dès la première session parlementaire, des États généraux sur l’urgence climatique. La transition nécessite un effort concerté et sur tous les fronts, de façon simultanée;
  2. Que le gouvernement change son paradigme en cessant de considérer les produits agricoles comme un bien industriel à exporter et en s’engageant clairement dans une démarche de souveraineté alimentaire. Nous exigeons que des efforts réels soit mis dans la construction d’un système basé sur les principes de l’agroécologie dans une perspective de souveraineté alimentaire;
  3. Que le gouvernement s’engage formellement dans la réduction des pesticides, des fongicides et des OGM et qu’il rende obligatoire l’étiquetage des OGM au Québec;
  4. Que le gouvernement soutiennent concrètement, avec des budgets et des équipes d’expertEs, l’agriculture paysanne;
  5. Que l’exploitation des ressources naturelles ne profitent pas qu’aux grandes exploitations d’exportation mais permettent aux citoyens des régions où elles sont localisées d’en tirer leur subsistance et leur développement, dans des entreprises diversifiées, à échelle humaine et familiale.
  6. Que le gouvernement rétablisse la liberté syndicale dans le monde agricole et modifie la loi qui autorise l’accréditation d’une seule association pour représenter les agriculteurs, de façon à permettre à l’Union paysanne de représenter officiellement les producteurs-trices et citoyenNEs concernéEs par la production et l’alimentation paysannes.

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Marie-Josée Renaud, Coordonnatrice, 450-230-5046

coordination@unionpaysanne.com

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1ère journée devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires : 1ère victoire de l’Union paysanne

Communiqué – pour diffusion immédiate

Drummondville (22 octobre 2018) – Les audiences pour une hausse de la production hors-quota ont commencé auprès de la Régie des marchés agricoles. La Fédération des producteurs d’oeufs, affiliée à l’UPA, a d’abord réclamé que la demande de l’Union paysanne ne soit pas entendue, prétextant que l’UPA représente tous les producteurs-trices et que l’Union paysanne n’a aucun intérêt ni représentativité dans ce dossier.

Les régisseurs ont cependant été d’avis que la demande de l’Union paysanne est légitime et qu’elle représente des gens qui ne sont pas représentés dans le système actuel.

Dans le cadre de cette démarche de hausse du hors-quota, l’Union paysanne a reçu plus de 900 signatures d’appui ainsi que des dons d’environ 200 personnes par le biais d’une campagne de sociofinancement pour couvrir les frais juridiques. (gofundme.com/horsquota)

Les éleveurs de volailles, affiliés à l’UPA, ont également déclaré aujourd’hui qu’ils ne s’opposeraient pas à une hausse du hors-quota pour atteindre le niveau de 300 poulets, comme c’est déjà le cas en Ontario.

Dans les prochains jours, l’Union paysanne, mais aussi la coopérative La Mauve et la Coopérative d’agriculture de proximité écologique (CAPÉ), interviendront pour réclamer une hausse du hors-quota à 2000 poulets, 300 pondeuses et 300 dindons. Rappelons que la loi sur la mise en marché des produits agricoles indique pourtant que toute vente directement au consommateur ne devrait pas être soumise aux dictats des plans conjoints.

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Maxime Laplante, agr 581 888-0941

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Lettre ouverte à M. Trudeau de la part de l’Union paysanne

Ste-Croix, 5 octobre 2018

Bonjour M. Trudeau, je m’adresse à vous au nom d’une multitude de petits éleveurs du Québec qui réclament votre aide, et qui aimeraient par la même occasion comprendre l’origine de leurs déboires. Rassurez-vous, nous ne demandons pas d’argent. Seulement la justice, la démocratie et une dose de bon sens.

Votre gouvernement vient d’autoriser l’importation de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de lait et d’œufs sur notre marché, sans que les fermes où ces aliments ont été produits détiennent de quotas. Pendant ce temps, au Québec, on nous interdit, sous peine de lourdes amendes et condamnations, de produire plus de 99 poulets par ferme ainsi que les œufs d’une centaine de poules. Nous devrons nous battre à nos frais prochainement devant la Régie des marchés agricoles pour obtenir le droit de produire 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 poules. Les fédérations du monopole de l’UPA feront tout pour bloquer notre requête, alors que nous demandons simplement l’équité avec les autres provinces canadiennes. Ce monopole va même prétendre nous représenter et insinuer que nos élevages constitueraient un risque de bio-sécurité alors que la littérature scientifique neutre rattache le risque de propagation de maladies à la forte densité des grands élevages.

En outre, nous demandons l’application de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, qui stipule clairement (art. 63) que la mise en marché directe au consommateur n’a pas à être soumise aux divers plans conjoints. Incroyable mais vrai, nous devrons nous battre pour faire appliquer la loi!

Monsieur le premier ministre, nous demandons votre intervention pour faire en sorte que, en tant que Québécois et Québécoises, nous ne soyons plus traités en Canadiens de seconde classe. Face à la concentration des marchés et l’emprise des grandes entreprises, aidez-nous à soutenir notre objectif de souveraineté alimentaire et contribuer au dynamisme de nos régions rurales.

Bien à vous,

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne

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L’Union paysanne demande une hausse du hors quota

Ste-Croix, 16 septembre 2018 – Après plus d’un an d’attente, l’Union paysanne a enfin reçu les dates d’audience devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec pour plaider la cause de la production hors quota. Rappelons que l’organisme a déposé une demande à la Régie visant à permettre la production et la vente de 2000 poulets, de 300 pondeuses et de 300 dindons par ferme, par an, sans avoir à détenir un quota de production. L’avocat Jean Nobert défendra la cause devant le tribunal.

Le Québec est extrêmement restrictif à ce sujet, ne permettant actuellement que 100 poulets, 100 pondeuses et 25 dindons, alors que la plupart des autres provinces canadiennes permettent beaucoup plus. Au-delà de ces quantités, il y a obligation de détenir un quota, sorte de permis de produire, onéreux et difficile à obtenir.

C’est donc du 22 octobre au 2 novembre que la Régie entendra les points de vue divergents. «L’enjeu est de taille pour un grand nombre de petites entreprises, principalement orientées vers la vente directe, la production de proximité, les produits du terroir, en complète cohérence avec les souhaits de la société civile et ceux de la récente politique bio-alimentaire», souligne Maxime Laplante, président de l’Union paysanne.

Évidemment, l’Union paysanne n’a pas besoin de 9 jours pour présenter ses arguments. Ce sont, entre autres, les fédérations de l’UPA qui veulent également témoigner et s’opposer à ces demandes. Les membres de ces fédérations, actuellement détenteurs des dits quotas, n’entendent pas céder la moindre part de marché, aussi minime soit-elle.

Il y a un déséquilibre énorme entre les forces en présence. L’Union paysanne devra assumer les frais de cette démarche, alors que les avocats des fédérations, dont les moyens sont démesurément plus grands, sont rémunérés à même les cotisations des fermes. En d’autres termes, les membres de l’Union paysanne qui sont en production agricole vont contribuer à payer les avocats de la partie adverse via leurs cotisations.

C’est pourquoi l’Union paysanne fait appel à la générosité de tous et toutes pour mener à bien cette démarche devant la Régie. Nous vous encourageons à contribuer dès maintenant à notre campagne de financement : www.gofundme.com/horsquota

Pour une rare fois au Québec, nous avons enfin la chance de faire avancer une cause paysanne. Ensemble, paysans et paysannes, consommateurs et consommatrices, nous avons le pouvoir de faire plier les fédérations, et contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de petites fermes diversifiées de proximité. Donnez généreusement!

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Maxime Laplante , président 581-888-0941

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Un G7 malodorant

Ste-Croix, 4 juin 2018 – En prévision de la rencontre du G7, les autorités prient les agriculteurs de ne pas épandre de lisier pendant la durée de l’événement. On comprend qu’il importe de ne pas heurter la sensibilité nasale des délégués.

Les gouvernements ont pourtant tout mis en place pour qu’il y ait ce genre de situation. À commencer par le choix d’une région rurale pour la tenue d’une telle rencontre. Ensuite par le choix du moment, coincidant avec la période des semis et le moment où les fosses à lisier sont remplies à pleine capacité après un long hiver d’entreposage et que les inspecteurs circulent pour s’assurer qu’elles ne déborderont pas.

Mais surtout, le gouvernement a clairement tracé la voie pour la gestion liquide des fumiers, en dépit des avertissements multiples. En effet, au lieu d’encourager la gestion solide des fumiers, les fermes ont dû construire des fosses pour accumuler les fumiers animaux. Pourtant, le problème est simple du point de vue biologique. Les composés organiques à base d’azote sont normalement constitués en présence d’oxygène, ce qui donne des substances stables et largement inodores, comme le compost. À l’inverse, si on bloque l’arrivée d’oxygène, par exemple en entreposant les fumiers dans une fosse liquide dans laquelle l’oxygène ne pénètre pas, on produit des composés instables, solubles et volatiles. C’est l’effet du sac de vidange bien fermé qui a traîné au soleil et qu’on ouvre pour en humer tout l’arôme… L’azote devient ammoniac, soluble et pestilentiel, de même que le carbone forme du méthane nauséabond au lieu d’humus stable.

Les conséquences d’une agriculture animale sur lisier sont multiples, en plus des odeurs dont les communautés rurales sont les premières victimes : compaction des sols en raison des lourdes charges (à 95%, le lisier est constitué d’eau), bris des routes rurales qui n’ont pas été conçues pour résister à de pareilles charges, construction coûteuse de gigantesques fosses d’entreposage.

Mentionnons également le fait que le régime de subventions pousse à la spécialisation et la concentration des élevages, ce qui fait en sorte que les animaux sont largement confinés à l’intérieur au lieu de libérer leurs excréments au champ.

En somme, tout le système en place incite, sinon oblige, à l’épandage nauséabond en ce temps de l’année. C’est indissociable de notre modèle agricole orienté vers la monoculture et l’exportation. Difficile de ne pas être en colère lorsque le gouvernement demande maintenant de préserver une image bucolique.

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Maxime Laplante, agr,

Président

581 888-0941

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Fusion Monsanto-Bayer : une perte de contrôle supplémentaire et alarmante sur le secteur agricole et alimentaire.

Pour diffusion immédiate

Fusion Monsanto-Bayer : une perte de contrôle supplémentaire et alarmante sur le secteur agricole et alimentaire.

Montréal Le 31 mai 2018 : Le Bureau de la concurrence Canada vient d’approuver la fusion des entreprises Bayer et Monsanto, autorisant ainsi la création de la plus grande entreprise de pesticides et de semence au monde. « C’est du jamais vu en terme de contrôle corporatif sur l’agriculture à travers les semences et pesticides » déclare Pascal Priori, président de Vigilance OGM.

L’acquisition de Monsanto par Bayer au prix inégalé de 66 milliards de dollars donnerait à la nouvelle entité le contrôle d’environ 31 % du marché des semences commerciales et 26 % de celui des pesticides agricoles. Quant aux concessions obtenues par le Bureau de la concurrence, elles sont insignifiantes puisque la vente de certains actifs de Bayer se fera fort probablement à un autre géant : BASF.

Les grandes sociétés Dow et Dupont se sont déjà entendues pour fusionner et l’entreprise étatique chinoise ChemChina a acheté Syngenta. En autorisant la fusion de Bayer et Monsanto, ces trois grandes sociétés nouvellement formées contrôlent plus de 71 % des ventes mondiales de pesticides et près de 61 % des ventes de semences commerciales (1).

L’impact sur le système agricole s’annonce désastreux. « Les semences sont le cœur de notre système alimentaire. Si vous contrôlez les semences, vous contrôler les agriculteurs et l’alimentation » déclare Jane Rabinowicz d’USC Canada. « L’accroissement du contrôle corporatif sur les semences a des conséquences désastreuses sur la diversité des semences et notre capacité d’adaptation aux changements climatiques » ajoute-t-elle.

Par exemple, Vigilance OGM révèle dans une analyse exclusive la hausse importante du prix de semences au Québec compte tenu de l’actuelle concentration du marché. Dans le cas du soya, le prix des semences génétiquement modifiées était environ 50 % plus cher en 2016 et 2017 que les semences de soya conventionnel. De plus, entre 2011 et 2017, le prix des semences soya GM a augmenté de 23,5 % tandis que celui des semences conventionnelles a augmenté de 20,6% (2).

Les principales organisations agricoles du Québec, l’Union Paysanne mais également l’Union des producteurs agricoles craignent le pire. « Alors que le nombre de fermes au Québec diminue d’année en année, les grandes entreprises s’approprient le pouvoir de décider des semences et pesticides des agriculteurs et y compris pour une partie des semences et intrants de l’agriculture biologique. C’est une atteinte directe à la souveraineté alimentaire du Québec » déclare Maxime Laplante président de l’Union Paysanne. Cette tendance est corroborée par l’évolution du nombre d’exploitations agricoles au Canada qui a diminué de 47,1 % entre 1971 à 2016.

« Il est clair que cette situation d’oligopole va accroître le prix et réduire le choix des semences et intrants au détriment de la liberté des agriculteurs. Cela va également accroître encore plus le contrôle de quelques entreprises sur la recherche publique en agriculture (3). Le Québec et le Canada font encore preuve d’une docilité exemplaire envers les grandes entreprises agricoles. Cette décision va exactement à l’encontre de la volonté des consommateurs d’accroître l’accès à des productions locales, biologiques, et sans OGM et celle des agriculteurs de pouvoir faire les choix de base et de vivre sereinement de leur production », résume Pascal Priori, Président de Vigilance OGM.

Alors que les pesticides et les OGM sont plus utilisés que jamais dans l’histoire du Canada, cette nouvelle renforce encore plus la dépossession de notre système alimentaire pour le profit de quelques entreprises.

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Pour plus d’information :

Pascal Priori, Vigilance OGM, 514 573 1820

Maxime Laplante, Union Paysanne 581 888 0941

Jane Rabinowicz, USC Canada, 514 473 5319

Lucy Sharratt, Réseau canadien d’action sur les biotechnologies, 613 809 1103 (anglais)

Autre organisme appuyant ce communiqué:

Alliance pour l’interdiction des pesticides systémiques

Note:

Le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) et Vigilance OGM, avaient, dès 2016, demandé au bureau de la concurrence d’évaluer l’impact de cette concentration incroyable sur le secteur agricole. Cette requête est toujours sans suite (4).

Références:

(1) Selon des données de 2014 cités par le Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food) dans son rapport : IPES-Food. 2017. Too big to feed: Exploring the impacts of mega-mergers, concentration, concentration of power in the agri-food sector.

(2) Analyse de Vigilance OGM: Monsanto-Bayer : Conséquences alarmantes pour les agriculteurs au Québec

(3) L’enquête OGM sortie en 2015 précisait déjà : « On entend souvent que les agriculteurs partout dans le monde adoptent les cultures GM parce qu’ils ont choisi d’acheter des semences GM et que les cultures GM leur offrent plus de choix. Mais la concentration du marché des semences signifie que l’introduction de semences GM est souvent suivie du retrait de variétés non GM et de la diminution des options offertes aux agriculteurs. Ainsi, au Canada, 80 % des 120 variétés enregistrées de canola étaient non GM en 2000. En 2007, on ne trouvait plus que cinq variétés de canola non GM sur le marché. Puisque l’on retire des variétés non GM petit à petit, et parce que les caractéristiques GM sont insérées dans des cultures classiques déjà dotées des meilleures caractéristiques de rendement, l’achat de semences GM est souvent le seul moyen pour les agriculteurs de se procurer des variétés modernes à rendement élevé. De plus, quand les entreprises déshomologuent des variétés anciennes au Canada, les agriculteurs qui conservaient ces semences et les utilisaient ont perdu la capacité de le faire. »
Cette concentration s’accompagne d’un désinvestissement massif de la recherche publique en agriculture : «
Au début des années 1980, le secteur public du Canada était responsable de 95 % de la sélection des végétaux et de 100 % de la sélection des cultures céréalières et oléagineuses. Dans les vingt dernières années, le gouvernement canadien a démantelé une grande partie de l’infrastructure publique de la sélection des végétaux au Canada et confié cette responsabilité au secteur privé. » RCAB. 2015. Rapport 4 Les OGM sont-ils bénéfiques pour les agriculteurs?

(4) Commentaires soumis en 2016 au Bureau de la concurrence Canada

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La ruralité a besoin de courage politique

Ste-Croix, 23 mai 2018 – Alors que les intéresséEs doivent débourser 120$ pour avoir accès au rassemblement « Tous ruraux », l’Union paysanne estime que ce débat devra aller nettement plus loin que de simplement louanger la campagne en termes poétiques.

La ruralité passe par la reconnaissance du droit de produire des occupantEs de nos campagnes, que ce soit pour leur consommation familiale ou pour la commercialisation. L’union paysanne souhaite rappeler les solutions qu’elle met de l’avant afin de favoriser une agriculture plurielle et de proximité qui serait extrêmement bénéfique à la revitalisation des villages du Québec.

La ruralité, c’est la diversité!

– Nous exigeons des modifications à la Loi sur la protection du territoire agricole et des activités agricoles, qui prescrit l’homogénéité du territoire au lieu de la diversité;

– Nous encourageons la diversité des usages en milieu rural;

– Nous souhaitons l’établissement de tables champêtres en zone verte, permettant la transformation et la restauration à la ferme.

– Nous faisons la promotion de l’agrotourisme et des formules avec hébergement à la ferme.

– Nous exigeons la modification du mode de soutien des fermes (dont l’ASRA), trop axée sur les monocultures et les exportations;

– Nous exigeons la liberté d’association en agriculture afin de permettre à ceux et celles souhaitant faire de l’agriculture autrement d’être représentéEs.

La ruralité, c’est de nourrir notre population en quantité et en qualité, tel que le souhaite la population du Québec.

– Nous réclamons le droit de produire : augmentons la production hors quota et permettons la vente directe;

– Nous visons un meilleur accès aux produits locaux;

– Nous voulons savoir ce que l’on mange et réclamons l’étiquetage des OGM;

Nous réclamons un appui substantiel pour l’agriculture biologique plus important que ce que propose lanous velle politique bioalimentaire, soit 4% des surfaces d’ici 2025, alors que le reste de la planète prend le virage.

La ruralité, nous voulons tous la voir prendre de l’ampleur, la développer. Mais au-delà des vœux pieux, le Québec doit amorcer des changements réels et majeurs. Sinon, le monde rural continue d’étouffer alors que les campagnes se vident, que les services disparaissent, que les monocultures s’étendent.

La ruralité ne doit pas rester une chasse gardée. Au Québec, la ruralité a nettement besoin de courage politique!

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Maxime Laplante, agr, président

581-888-0941

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Politique bioalimentaire, quelle est la direction?

Annoncée en grandes pompes à l’île Perrot, la politique bioalimentaire présente de louables intentions : augmenter la part des approvisionnements des institutions publiques en aliments québécois, doubler les surfaces en production biologique, gonfler la part des produits du Québec sur les étalages, les valoriser, etc.

« Alimenter notre monde », clame cette politique. Quel monde? La population du Québec dans un objectif de souveraineté alimentaire ou plutôt la planète? À la lumière des budgets envisagés, la seconde hypothèse semble prendre le pas. Le préfixe « BIO » de la politique n’a évidemment aucun lien avec la production biologique. En fait, doubler notre maigre 2% de surface bio au Québec pour atteindre 4% d’ici 2025 semble dérisoire. La politique prévoit une somme de 7 millions pour soutenir la production biologique mais 10 pour gérer les pesticides. L’investissement se fait aussi beaucoup plus lourd pour modifier les conditions d’élevage porcin en vue d’exportation ou pour robotiser et automatiser.

Ce projet de politique n’a de bio que le nom, se place à l’opposé de la souveraineté alimentaire, ne remet aucunement en question la situation actuelle. Le rapport Pronovost reste sur sa tablette, alors qu’il recommandait clairement une réforme du modèle. Aucune changement sur le monopole de l’UPA, ce qui surprend peu vu la présence démesurée de l’UPA aux différentes étapes du sommet qui ont précédé l’annonce de la politique, même lors de la rencontre des consommateurs.

On peut également se demander comment augmenter la part de produit québécois dans nos institutions alors que la concurrence étrangère peut maintenir sa place en raison de coûts inférieurs. D’autre part, si nos institutions réclament plus d’œufs, de lait, de poulet ou de lapin d’ici, il faudra passer par une augmentation des quotas, ce qui accroîtra la part de marché des actuels détenteurs de quota, dont les entreprises deviendront encore plus grosses, sans place pour de la relève ou des néo-agriculteurs.

Pour Maxime Laplante, « cette politique fait le pari qu’une croissance économique d’exportation sera au bénéfice des QuébécoisES. Or, elle se fixe des objectifs qui n’ont rien à voir avec les souhaits de la société civile, comme la revitalisation des régions, la mise en marché directe, l’accès à de la nourriture bio abordable, l’étiquetage des OGM, etc. »

À quand une politique agricole basée sur la souveraineté alimentaire?

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La ruralité : il y a un éléphant dans nos campagnes

Ste-Croix, 15 mars 2018 – L’UPA, la Coop fédérée et Desjardins réaniment la défunte « Solidarité rurale » en vue d’un événement en mai. Véritable tentative de développer la ruralité ou opération cosmétique?

Le constat est clair, nos régions se vident de leurs services, de leur population, alors que les villes grandissent. Depuis sa fondation, l’Union paysanne mise sur l’alliance entre la terre et la table. Ses membres proviennent d’ailleurs de la campagne et de la ville, contribuant à une réflexion élargie sur l’avenir de notre agriculture.

Mais un renouveau de la ruralité passe par un changement radical, selon Maxime Laplante, président du l’Union paysanne. Selon lui, il faudra plus que des mesures cosmétiques. Si le nombre de fermes continue de décliner, que les rangs se vident, c’est parce que des décisions politiques ont dicté cette voie. La relève agricole qui n’a pas accès aux quotas de production, l’accès à la terre qui est lourdement entravé alors que d’immenses superficies sont en friche, les tables champêtres sont interdites en zone verte, les subventions agricoles incitent à la monoculture et la Caisse Desjardins, partenaire de la campagne Tous ruraux, ferme ses guichets dans les villages. Tout cela contribue à la désertification de nos campagnes.

Il faut relire Jacques Proulx, fondateur de Solidarité rurale, à propos du rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture : « …Pronovost, c’était une révolution en agriculture, un coup de barre essentiel pour bâtir l’agriculture de demain. Tous les corporatismes se sont braqués et les politiques n’ont pas eu le courage de faire les changements qui s’imposaient. » Et aujourd’hui, l’UPA et la Coop fédérée tentent de nous convaincre de leur volonté de changement pour la revitalisation de la campagne, alors que l’encre du rapport Pronovost est bien sèche. Ces mêmes corporations qui réclament plus d’argent à l’État pour la conquête des marchés à l’étranger, entraînant la désertification des campagnes, cause de l’agriculture intensive, industrielle et spécialisée.

L’Union paysanne croit fermement en la ruralité. Mais pour la sauver et la promouvoir, il faudra appliquer les recommandations du rapport Pronovost, redonner de l’oxygène pour enrayer l’étouffement et l’exode. Il faudra réformer le soutien de l’État pour l’agriculture, permettre l’accès à la terre en région, permettre l’accès à la production, permettre la liberté d’association, revoir notre modèle agricole en fonction d’un objectif de souveraineté alimentaire et d’agro-écologie paysanne.