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Non, M. Groleau, vous ne nous représentez pas!

** Cette lettre est une réplique à l’éditorial de Marcel Groleau, 27 février 2019, https://www.upa.qc.ca/fr/textes-dopinion/2019/02/mettre-en-opposition-les-petites-aux-grandes-fermes-ne-mene-a-rien/

Dans un éditorial du 27 février dernier, Marcel Groleau, président de l’UPA, nous met en garde contre le danger d’opposer «les petites fermes aux plus grandes». Devant l’arrogance de cette tentative de récupération des revendications des mouvements paysans dans le giron du monopole syndical obligatoire, nous, paysan-ne-s et membres de l’Union Paysanne, tenons à dénoncer le sophisme de M. Groleau, qui tente de sur-simplifier les distinctions fondamentales qui existent entre différents modes de productions alimentaires au Québec et ailleurs dans le monde.

Ces distinctions séparent les industries bio-alimentaires (nommées comme telles par le gouvernement du Québec1) et les modes de production (et de vie) paysans. Car tel est le point qu’il faut nommer et re-nommer ici; la paysannerie n’est pas un emploi ou un secteur de production, c’est une manière de vivre, une manière d’être au monde. Si les fermes du Québec ne sont pas celles des États-Unis, il n’en reste pas moins que le portrait agricole du Québec est largement structuré par des mécanismes d’intégration qui, comme le dit le livre vert pour une politique bio-alimentaire, englobent «toute la chaîne alimentaire, de la terre et de la mer jusqu’à votre table2». Ce sont ces chaînes qui forment l’industrie et qui encouragent, par exemple, l’emploi de travailleurs migrants temporaires au statut souvent précaire, l’utilisation éhontée d’éléments toxiques dans la production d’aliments, la mise en marché internationale d’exportation orchestrée par les ententes de libre-échange contradictoires aux principes fondamentaux de la souveraineté alimentaire.

Si les chiffres présentés par M. Groleau illustrent quelque chose, c’est bien que les petites exploitations agricoles existent, et qu’elles sont réparties sur le territoire. Ces mêmes chiffres toutefois ne parlent aucunement de la santé de ces entreprises ou de ceux et celles qui les rendent vivantes . Dans sa lancée, le président de l’UPA affirme que «Les unes et les autres se côtoient sur tous ces marchés, selon les opportunités qui se présentent, et sont toutes importantes dans l’écosystème régional». Difficile à croire. L’UPA a quand même délégué ses avocats devant la Régie des marchés agricoles pour bâillonner l’Union paysanne sur la question de la production hors-quota. Ces mêmes avocats ont même exigé de la Régie qu’elle ne prenne pas connaissance du rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture, ni du rapport CIRANO de l’Université Laval sur les circuits courts. Ce que nous dénonçons, c’est la planification organisée par les ministères et le monopole syndical qu’est l’UPA. C’est par la création et le soutien d’une multitude de fermes paysannes diversifiées que les communautés rurales seront résilientes et non par la concentration des terres selon le modus operandi : “get bigger or die”.

Le Québec comptait 140 000 fermes réellement familiales en 1950, Monsieur Groleau. Oui, il ne reste que 29 000 fermes. Ce n’est pas un succès, c’est une catastrophe, un échec monumental du système agricole mis de l’avant par l’UPA. Ce système, M. Groleau, il est industriel. L’agriculture industrielle n’est pas fonction de la taille, mais des pratiques qu’elle utilise et de sa façon de se déployer. Produire une commodité monnayable standardisée sous un système de mise en marché écrasant et totalitaire imposé par un pseudo office de commercialisation ayant le titre trompeur de « fédération » ou « d’agence » en situation de monopole et qui ne laisse aucune place à l’artisan-ne, au paysan-ne, à la relève et à l’entrepreneuriat, ce n’est pas un milieu favorable pour les « petits», M. Groleau. Vous déguiser en défenseur de tous et toutes vous va très mal.

Il n’y a pas de « cohabitation sur le territoire entre les entreprises agricoles»; il n’y a qu’un seul et unique modèle imposé à tous et à toutes. Ce modèle agricole que défend l’UPA est mourant, dépassé, ne va vraiment pas bien et nous dirige vers un mur. Année après année, la Financière agricole du Québec (FADQ) est en déficit d’opération en essayant de maintenir sous respirateur artificiel l’agriculture au Québec sous la forme de versements d’assurances agricoles diverses. Versements qui profitent très largement aux intégrateurs et aux productions de masse destinées à toute autre chose que de contribuer à la souveraineté alimentaire québécoise. En mettant de l’avant une vision extractiviste, productiviste et l’utopie d’une croissance infinie, l’UPA a bloqué l’innovation, la paysannerie, l’agroécologie, les pratiques alternatives, ancestrales et respectueuses des milieux de vie.

La réalité, c’est que le système alimentaire paysan produit plus de 70 % de tous les aliments que les gens mangent sur le globe sur seulement 20% à 30% des terres arables. Il utilise moins de 20 % de tous les carburants fossiles et 30 % de toute l’eau qui est utilisée en agriculture; il entretient et fait un usage durable de la diversité; il est le plus important producteur d’aliments non exportés, qui représentent 85 % de tous les aliments produits et consommés3».

Le monopole de l’UPA provient du laxisme de l’État québécois, au mépris des accords internationaux signés par le Canada concernant la liberté d’association. C’est de l’abus de pouvoir légalisé qui ne vous confère en aucun cas, M. Groleau, le droit moral de prétendre nous représenter. Et ce n’est surtout pas le pouvoir de nous soutirer une cotisation exorbitante sans notre accord qui nous convaincra de vos intentions de soutenir la paysannerie.

Non, M. Groleau, vous ne nous représentez pas.

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Maxime Laplante, agr, président de l’Union paysanne

Gaspar Ciesielski Lépine, paysan à la Coop du Trécarré

Alexandre Pigeon, paysan ferme Valex

 

Liens suggérés

http://www.etcgroup.org/content/who-will-feed-us-industrial-food-chain-vs-peasant-food-web

https://www.protegez-vous.ca/Sante-et-alimentation/dou-vient-ce-quon-mange

http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/agriculture/profil-bioalimentaire2017.pdf

http://www.etcgroup.org/sites/www.etcgroup.org/files/Food%20Poster_FR%20.pdf

http://www.etcgroup.org/sites/www.etcgroup.org/files/Affiche%20Qui%20nous%20nourrira%20-%20traduit%20FR%20FINAL_V1.pdf

https://viacampesina.org/fr/comment-le-systeme-alimentaire-industriel-contribue-a-la-crise-climatique/

1Profil sectoriel de l’industrie bio-alimentaire 2017

2D’ou vient ce qu’on mange, protegez vous

3ETC groupe Selon le ETC GROUP et leur dernière étude paru en 2014 et revu en 2017

 

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Des normes à adapter pour la paysannerie

Ste-Croix, 12 février 2019Pour l’Union paysanne, le discours du ministre Lamontagne mérite d’être replacé dans le contexte et ne doit surtout pas être interprété comme une volonté d’ouvrir une brèche dans la protection de l’environnement, au contraire. Depuis sa fondation, l’Union paysanne plaide pour un arrimage entre l’environnement, l’agriculture et les demandes de la société civile. Les pourparlers précédents avec M. Lamontagne, mais aussi avec ses prédécesseurs soulignaient la nécessité d’adapter les normes environnementales, sanitaires et administratives aux besoins de la paysannerie au lieu d’imposer une structure taillée sur mesure pour la grande industrie.

Par exemple, on occasionne de graves problèmes aux petits éleveurs en imposant une interdiction d’épandage de fumier solide ou composté après le 1er octobre sous prétexte que les déversements massifs de lisier de l’industrie porcine en début d’hiver risquaient d’aboutir dans les cours d’eau.

Vouloir imposer des combinaisons en plastique ou des lavages aux petits élevages de basse-cour à l’extérieur sous prétexte que la forte concentration des oiseaux des élevages industriels constitue un risque pour la propagation des maladies est une aberration.

Interdire aux producteurs biologiques de céréales de réutiliser leurs propres semences en les menaçant de leur bloquer l’accès aux programmes gouvernementaux est une autre de ces situations où les normes en place sont faites pour la grande industrie sans égard pour un autre modèle de production.

Ce mépris normatif pour la paysannerie n’est toutefois pas l’exclusivité du ministère de l’environnement. Le MAPAQ y trouve également sa part de culpabilité ainsi que le système de plans conjoints de l’UPA qui bloque l’accès à la relève par les remparts de quotas prohibitifs ou inaccessibles.

Ce que l’Union paysanne a clairement demandé au ministre de l’agriculture, c’est qu’une division du MAPAQ soit dédiée à la diversification et à la multifonctionnalité de l’agriculture, de façon à rassembler les efforts de l’Union paysanne, de la société civile et du ministère de l’agriculture.

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Maxime Laplante, agr, président et porte-parole 581 888-0941

 

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Le congrès annuel de l’Union paysanne

Ste-Croix, 10 février 2019 – C’est au domaine Maizerets à Québec que s’est tenu le congrès de l’Union paysanne, sous le thème « Souveraineté alimentaire et luttes paysannes ». À l’ouverture, l’assistance a accueilli le nouveau ministre de l’agriculture, M. André Lamontagne. Celui-ci a affirmé son intention d’aller de l’avant en suivant les recommandations du rapport Pronovost, rapport maintenant lu par toute l’équipe de direction du MAPAQ et qu’il considère comme son « étoile du nord ».

L’Union paysanne aura en effet besoin qu’un ministre applique enfin ce fameux rapport, de façon à donner de l’oxygène aux fermes du Québec. La Régie des marchés agricoles devra sous peu rendre son jugement concernant la hausse réclamée de la production hors-quota pour les œufs, le poulet et le dindon, ce qui permettrait une amélioration de revenu pour les petits élevages, comme c’est le cas dans les autres provinces canadiennes.

Le congrès a également porté son attention sur l’aménagement du territoire, qui sera un prochain dossier lourd pour l’Union paysanne : accès à la terre, spéculation foncière, taxation des municipalités rurales, etc.

La paysannerie au plan international a fait l’objet de présentations et d’ateliers, un des objectifs étant d’obtenir un statut officiel auprès des Nations unies, ainsi que la reconnaissance de l’importance des paysans dans l’approvisionnement alimentaire des habitants de la planète. « Souveraineté alimentaire et agroécologie sont deux concepts indissociables », selon Gabriel Leblanc, coordonnateur du comité international.

Au cours de l’année 2019, l’Union paysanne entend poursuivre son travail de promotion et de défense de la paysannerie, autant au plan de la souveraineté alimentaire qu’au niveau de la protection des ressources et sa contribution à la réduction de l’utilisation des énergies fossiles, dans un objectif de réduction des gaz à effet de serre.

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Maxime Laplante, agr, président et porte-parole 581 888-0941

 

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Congédiement d’un agronome : et qu’arrive-t-il aux fautifs?

Ste-Croix, 31 janvier 2019 – Le MAPAQ vient de licencier un agronome « lanceur d’alerte » qui dénonce l’influence de l’industrie privée dans la recherche sur les pesticides, lourdement financée par les fonds publics. Il y a un an, on apprenait que des chercheurs avaient claqué la porte parce que les résultats de leurs travaux étaient occultés par les représentants de l’industrie, une situation flagrante de conflit d’intérêt.

Nous ne connaissons pas encore toutes les raisons qui ont incité le MAPAQ au licenciement d’un de ses employés mais l’Union paysanne estime inacceptable qu’il en soit ainsi. D’une part, le geste envoie un signal clair aux autres employés qui n’oseront pas dénoncer des situations graves. Et il s’agit d’une situation grave lorsque l’industrie bénéficiant des pesticides influence la recherche financée par le contribuable, alors que l’usage des pesticides a un impact évident dans notre environnement.

Pour Maxime Laplante, président de l’Union paysannne, «le MAPAQ aurait dû porter son attention sur les coupables de telles malversations et envisager des sanctions au lieu de faire porter le blâme sur l’agronome qui a étalé le problème».

Le centre de recherche sur les grains (CEROM) est dirigé par un conseil d’administration de 9 personnes. Parmi ces neuf, trois, dont le président, proviennent des « Producteurs de grains du Québec », affilié à l’UPA, deux de la Coop fédérée. Le seul représentant du MAPAQ, donc du public, n’y a aucun droit de vote.

Rappelons que le CEROM, financé à 68% par de l’argent public, ainsi que le MAPAQ, avaient conclu par leurs études que l’utilisation des néonicotinoïdes ne se justifie généralement pas. Les dirigeants du CEROM ont ensuite occulté ces informations.

L’Union paysanne salue le courage des gens qui ont dénoncé la situation en renonçant parfois à leur emploi. À court terme, il est urgent de revoir la composition des conseils d’administration des organismes dépendant de financement public. Les politiques agricoles mises en place par notre gouvernement devraient faire l’enjeu de débats publics et avoir le bien commun et la préservation de l’environnement en priorité, au lieu de se soumettre aux lobbys industriels.

L’Union paysanne réclame la réembauche de l’agronome concerné.

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Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne 581 888-0941

Décès de M. Jean Pronovost

Ste-Croix, 28 décembre 2018 – M. Pronovost, qui a présidé la commission du même nom, est décédé mercredi. L’Union paysanne tient à exprimer ses condoléances auprès de la famille. Depuis une dizaine d’années, M. Pronovost a activement contribué à développer une nouvelle vision de l’agriculture, d’abord en présidant la commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec, et plus tard en présidant l’institut Jean-Garon.

M. Pronovost a également rédigé un rapport sur la relève agricole. Son approche calme et attentive a fait de lui une personnalité appréciée dans le monde agricole.

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Maxime Laplante, agr
581 888-0941

Déclaration pour l’action climatique des paysanNEs du Québec

Québec, 26 novembre 2018 – L’Union paysanne est fière de joindre le mouvement des déclarations climatiques (www.declarationsclimatiques.ca). Nous unissons nos voix en tant que paysannes et paysans pour livrer au nouveau gouvernement du Québec un message important concernant les générations présentes et à venir.

Les paysanNEs et citoyenNEs du Québec qui veulent joindre leur voix à la nôtre ont jusqu’à mercredi midi le 28 novembre pour signer la déclaration. Nous demandons au gouvernement d’effectuer un changement radical dans son approche envers l’agriculture et de se fixer dès aujourd’hui des objectifs ambitieux et termes de souveraineté alimentaire et d’agroécologie.

Concrètement, nous exigeons :

  1. Que le gouvernement convoque, dès la première session parlementaire, des États généraux sur l’urgence climatique. La transition nécessite un effort concerté et sur tous les fronts, de façon simultanée;
  2. Que le gouvernement change son paradigme en cessant de considérer les produits agricoles comme un bien industriel à exporter et en s’engageant clairement dans une démarche de souveraineté alimentaire. Nous exigeons que des efforts réels soit mis dans la construction d’un système basé sur les principes de l’agroécologie dans une perspective de souveraineté alimentaire;
  3. Que le gouvernement s’engage formellement dans la réduction des pesticides, des fongicides et des OGM et qu’il rende obligatoire l’étiquetage des OGM au Québec;
  4. Que le gouvernement soutiennent concrètement, avec des budgets et des équipes d’expertEs, l’agriculture paysanne;
  5. Que l’exploitation des ressources naturelles ne profitent pas qu’aux grandes exploitations d’exportation mais permettent aux citoyens des régions où elles sont localisées d’en tirer leur subsistance et leur développement, dans des entreprises diversifiées, à échelle humaine et familiale.
  6. Que le gouvernement rétablisse la liberté syndicale dans le monde agricole et modifie la loi qui autorise l’accréditation d’une seule association pour représenter les agriculteurs, de façon à permettre à l’Union paysanne de représenter officiellement les producteurs-trices et citoyenNEs concernéEs par la production et l’alimentation paysannes.

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Marie-Josée Renaud, Coordonnatrice, 450-230-5046

coordination@unionpaysanne.com

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1ère journée devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires : 1ère victoire de l’Union paysanne

Communiqué – pour diffusion immédiate

Drummondville (22 octobre 2018) – Les audiences pour une hausse de la production hors-quota ont commencé auprès de la Régie des marchés agricoles. La Fédération des producteurs d’oeufs, affiliée à l’UPA, a d’abord réclamé que la demande de l’Union paysanne ne soit pas entendue, prétextant que l’UPA représente tous les producteurs-trices et que l’Union paysanne n’a aucun intérêt ni représentativité dans ce dossier.

Les régisseurs ont cependant été d’avis que la demande de l’Union paysanne est légitime et qu’elle représente des gens qui ne sont pas représentés dans le système actuel.

Dans le cadre de cette démarche de hausse du hors-quota, l’Union paysanne a reçu plus de 900 signatures d’appui ainsi que des dons d’environ 200 personnes par le biais d’une campagne de sociofinancement pour couvrir les frais juridiques. (gofundme.com/horsquota)

Les éleveurs de volailles, affiliés à l’UPA, ont également déclaré aujourd’hui qu’ils ne s’opposeraient pas à une hausse du hors-quota pour atteindre le niveau de 300 poulets, comme c’est déjà le cas en Ontario.

Dans les prochains jours, l’Union paysanne, mais aussi la coopérative La Mauve et la Coopérative d’agriculture de proximité écologique (CAPÉ), interviendront pour réclamer une hausse du hors-quota à 2000 poulets, 300 pondeuses et 300 dindons. Rappelons que la loi sur la mise en marché des produits agricoles indique pourtant que toute vente directement au consommateur ne devrait pas être soumise aux dictats des plans conjoints.

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Maxime Laplante, agr 581 888-0941

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Lettre ouverte à M. Trudeau de la part de l’Union paysanne

Ste-Croix, 5 octobre 2018

Bonjour M. Trudeau, je m’adresse à vous au nom d’une multitude de petits éleveurs du Québec qui réclament votre aide, et qui aimeraient par la même occasion comprendre l’origine de leurs déboires. Rassurez-vous, nous ne demandons pas d’argent. Seulement la justice, la démocratie et une dose de bon sens.

Votre gouvernement vient d’autoriser l’importation de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de lait et d’œufs sur notre marché, sans que les fermes où ces aliments ont été produits détiennent de quotas. Pendant ce temps, au Québec, on nous interdit, sous peine de lourdes amendes et condamnations, de produire plus de 99 poulets par ferme ainsi que les œufs d’une centaine de poules. Nous devrons nous battre à nos frais prochainement devant la Régie des marchés agricoles pour obtenir le droit de produire 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 poules. Les fédérations du monopole de l’UPA feront tout pour bloquer notre requête, alors que nous demandons simplement l’équité avec les autres provinces canadiennes. Ce monopole va même prétendre nous représenter et insinuer que nos élevages constitueraient un risque de bio-sécurité alors que la littérature scientifique neutre rattache le risque de propagation de maladies à la forte densité des grands élevages.

En outre, nous demandons l’application de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, qui stipule clairement (art. 63) que la mise en marché directe au consommateur n’a pas à être soumise aux divers plans conjoints. Incroyable mais vrai, nous devrons nous battre pour faire appliquer la loi!

Monsieur le premier ministre, nous demandons votre intervention pour faire en sorte que, en tant que Québécois et Québécoises, nous ne soyons plus traités en Canadiens de seconde classe. Face à la concentration des marchés et l’emprise des grandes entreprises, aidez-nous à soutenir notre objectif de souveraineté alimentaire et contribuer au dynamisme de nos régions rurales.

Bien à vous,

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne

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L’Union paysanne demande une hausse du hors quota

Ste-Croix, 16 septembre 2018 – Après plus d’un an d’attente, l’Union paysanne a enfin reçu les dates d’audience devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec pour plaider la cause de la production hors quota. Rappelons que l’organisme a déposé une demande à la Régie visant à permettre la production et la vente de 2000 poulets, de 300 pondeuses et de 300 dindons par ferme, par an, sans avoir à détenir un quota de production. L’avocat Jean Nobert défendra la cause devant le tribunal.

Le Québec est extrêmement restrictif à ce sujet, ne permettant actuellement que 100 poulets, 100 pondeuses et 25 dindons, alors que la plupart des autres provinces canadiennes permettent beaucoup plus. Au-delà de ces quantités, il y a obligation de détenir un quota, sorte de permis de produire, onéreux et difficile à obtenir.

C’est donc du 22 octobre au 2 novembre que la Régie entendra les points de vue divergents. «L’enjeu est de taille pour un grand nombre de petites entreprises, principalement orientées vers la vente directe, la production de proximité, les produits du terroir, en complète cohérence avec les souhaits de la société civile et ceux de la récente politique bio-alimentaire», souligne Maxime Laplante, président de l’Union paysanne.

Évidemment, l’Union paysanne n’a pas besoin de 9 jours pour présenter ses arguments. Ce sont, entre autres, les fédérations de l’UPA qui veulent également témoigner et s’opposer à ces demandes. Les membres de ces fédérations, actuellement détenteurs des dits quotas, n’entendent pas céder la moindre part de marché, aussi minime soit-elle.

Il y a un déséquilibre énorme entre les forces en présence. L’Union paysanne devra assumer les frais de cette démarche, alors que les avocats des fédérations, dont les moyens sont démesurément plus grands, sont rémunérés à même les cotisations des fermes. En d’autres termes, les membres de l’Union paysanne qui sont en production agricole vont contribuer à payer les avocats de la partie adverse via leurs cotisations.

C’est pourquoi l’Union paysanne fait appel à la générosité de tous et toutes pour mener à bien cette démarche devant la Régie. Nous vous encourageons à contribuer dès maintenant à notre campagne de financement : www.gofundme.com/horsquota

Pour une rare fois au Québec, nous avons enfin la chance de faire avancer une cause paysanne. Ensemble, paysans et paysannes, consommateurs et consommatrices, nous avons le pouvoir de faire plier les fédérations, et contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de petites fermes diversifiées de proximité. Donnez généreusement!

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Maxime Laplante , président 581-888-0941

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Un G7 malodorant

Ste-Croix, 4 juin 2018 – En prévision de la rencontre du G7, les autorités prient les agriculteurs de ne pas épandre de lisier pendant la durée de l’événement. On comprend qu’il importe de ne pas heurter la sensibilité nasale des délégués.

Les gouvernements ont pourtant tout mis en place pour qu’il y ait ce genre de situation. À commencer par le choix d’une région rurale pour la tenue d’une telle rencontre. Ensuite par le choix du moment, coincidant avec la période des semis et le moment où les fosses à lisier sont remplies à pleine capacité après un long hiver d’entreposage et que les inspecteurs circulent pour s’assurer qu’elles ne déborderont pas.

Mais surtout, le gouvernement a clairement tracé la voie pour la gestion liquide des fumiers, en dépit des avertissements multiples. En effet, au lieu d’encourager la gestion solide des fumiers, les fermes ont dû construire des fosses pour accumuler les fumiers animaux. Pourtant, le problème est simple du point de vue biologique. Les composés organiques à base d’azote sont normalement constitués en présence d’oxygène, ce qui donne des substances stables et largement inodores, comme le compost. À l’inverse, si on bloque l’arrivée d’oxygène, par exemple en entreposant les fumiers dans une fosse liquide dans laquelle l’oxygène ne pénètre pas, on produit des composés instables, solubles et volatiles. C’est l’effet du sac de vidange bien fermé qui a traîné au soleil et qu’on ouvre pour en humer tout l’arôme… L’azote devient ammoniac, soluble et pestilentiel, de même que le carbone forme du méthane nauséabond au lieu d’humus stable.

Les conséquences d’une agriculture animale sur lisier sont multiples, en plus des odeurs dont les communautés rurales sont les premières victimes : compaction des sols en raison des lourdes charges (à 95%, le lisier est constitué d’eau), bris des routes rurales qui n’ont pas été conçues pour résister à de pareilles charges, construction coûteuse de gigantesques fosses d’entreposage.

Mentionnons également le fait que le régime de subventions pousse à la spécialisation et la concentration des élevages, ce qui fait en sorte que les animaux sont largement confinés à l’intérieur au lieu de libérer leurs excréments au champ.

En somme, tout le système en place incite, sinon oblige, à l’épandage nauséabond en ce temps de l’année. C’est indissociable de notre modèle agricole orienté vers la monoculture et l’exportation. Difficile de ne pas être en colère lorsque le gouvernement demande maintenant de préserver une image bucolique.

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Maxime Laplante, agr,

Président

581 888-0941