S’engager…et savoir quitter.

Benoit GirouardIl y a dans la vie de toute personne des moments où l’on voit un chemin s’imposer, non pas avec force, mais avec douceur. Comme une invitation à prendre le large et à visiter de nouveaux horizons. C’est ce qui m’est arrivé depuis quelques temps. Après 16 ans d’implication à l’Union paysanne, dont 10 ans à titre de président, je vous annonce que je ne solliciterai pas de nouveau mandat au congrès de novembre prochain.

Voilà 16 ans, j’ai mis beaucoup de choses de côté afin de me consacrer à défendre un modèle agricole et alimentaire plus juste et plus respectueux des écosystèmes et des populations. En 2001, à la naissance de l’Union paysanne, je n’aurais pu imaginer en être un jour le président et encore moins aussi longtemps. J’avais 25 ans, j’étais vert et la stature des cofondateurs Maxime et Roméo forçait le respect.

Je venais de recevoir un prix de mon UPA régional pour mon bilan environnementale d’une ferme que je gérais tout en découvrant les travers du syndicalisme agricole traditionnel.  J’avais prévu démarrer ma ferme, après en avoir géré deux, mais le cul de sac agricole québécois m’est apparu dans toute sa fermeture. La ferme que je souhaitais mettre sur pied (hors-quota, lait cru, abattage à la ferme, etc.) était illégal au Québec. Et dire que je n’étais même pas réellement libre de m’associer à l’organisation de mon choix.

L’Union paysanne naissait et j’y ai retrouvé d’autres apatrides qui comme moi ne se reconnaissaient pas dans le modèle agricole dominant. Je n’y allais pas pour faire carrière, j’y allais car j’étais révolté. Le reste a été une suite de oui à s’impliquer; un oui à agir, un oui à se salir les mains, un oui quotidien. J’espère avoir apporté à l’Union paysanne autant qu’elle m’a redonné, mais j’en doute. Elle a été pour moi une école de formation et de vie et j’en partirai meilleur.

Il est de bon ton de se demander si on a changé quelque chose par notre passage. Je laisserai à d’autres le soin d’en juger, particulièrement à mes détracteurs. Ce que je sais par contre c’est reconnaître la semence qui lève. Depuis 16 ans, je ne compte plus le nombre de jeunes agriculteurs (trices) qui de près ou de loin se réclament du courant de l’Union paysanne, en plus des rapports qui ont repris nos analyses et qui ont bouleversé le statu quo. Nos mémoires et nos travaux sont cités et repris.

L’Union paysanne, c’est beaucoup plus qu’un mouvement qui, bon an mal an, réussi à survivre au centre d’un système agricole hermétique. L’Union paysanne, c’est une vision de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Une vision qui se retrouve désormais dans une relève agricole moins traditionnelle, dans l’agriculture urbaine, dans les productions locales et à valeur ajoutée, dans l’essor d’un bio décomplexé, dans la plupart des centres d’enseignements et même chez de plus en plus d’agronomes. Les paysans sont en marche et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.

La paysannerie, ce n’est pas un syndicat! C’est une vision de l’agriculture et du rapport que chacun entretien avec la terre. C’est aussi d’assumer de devenir un gestionnaire avisé d’un agroécosystème et d’en être une sentinelle. C’est en fait un changement de paradigme face à l’agriculture industrielle des 50 dernières années. C’est un retour aux sources. Si la paysannerie s’incarne dans l’Union paysanne, même si elle essaime partout, c’est parce qu’elle a su mettre de l’avant l’idée d’une agriculture réellement équitable et porteuse de souveraineté alimentaire.

J’ai donc tenté au sein de cette organisation de reproduire, à une autre échelle, le travail noble de l’agriculteur : semer. Pour ma part, j’y ai récolté des amitiés durables. Ils sont nombreux les visages qui me viennent en tête depuis la fondation et qui en plus de m’épauler, m’ont fait confiance. Je ne pourrais les nommer tous sans en oublier, mais je ne pourrais partir sans souligner l’amitié indéfectible de Maxime Laplante, co-fondateur de l’Union paysanne. Il a tout partagé avec moi du combat, ses hauts et ses bas. Il s’est abreuvé du même fiel et du même miel. Un compagnon et à la fois un guide sur la route. C’est d’ailleurs à lui que je dois le texte de Goethe qui a guidé mon implication et que je vous partage plus bas.

Sachez que je quitte mes fonctions officielles, mais que je continuerai quelques mandats déjà engagés comme le dossier du hors-quota, ainsi que le recours collectif sur la liaison des programmes de l’état et de la cotisation à l’UPA. Je soutiendrai la transition avec le nouveau conseil de coordination que l’Union paysanne aura à la fin de l’AGA de novembre. Je continuerai à jamais de porter les luttes paysannes du Québec en moi, mais je le ferai différemment. Le changement n’attend que vous, mais pour y arriver il vous faut….l’engagement.

 

Benoit Girouard, président Union paysanne

 

L’engagement

« Tant qu’on ne s’est pas engagé, persistent l’hésitation, la possibilité de se retirer, et toujours aussi, dès qu’il s’agit d’initiative ou de création, une certaine inefficacité.

Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance a déjà miné nombre de grandes idées et de plans merveilleux: c’est que dès l’instant où l’on s’engage, la Providence intervient, elle aussi. Il se produit toutes sortes de choses qui autrement ne se seraient pas produites. Toute une série d’événements jaillissent de la décision, comme pour l’appuyer par toutes sortes d’incidents imprévus, de rencontres et de secours matériel, dont on n’aurait jamais rêvé qu’ils puissent survenir.

Quoi que vous puissiez faire, quoi que vous rêviez de faire, entreprenez-le.

L’audace donne du génie, de la puissance, de la magie.

Mais commencez maintenant. » (Goëthe)

 

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Hausse de la cotisation de l’UPA : l’Union paysanne va s’y opposer!

Québec, 4 octobre 2017. On apprend que l’Union des producteurs agricoles cherche encore une fois à piger dans la poche des fermes du Québec en augmentant sa cotisation syndicale de base alors que cette dernière est déjà l’une des plus élevées au monde. De 316$ en 2013, l’UPA l’avait fait grimper à 336$ en 2017, montant qu’il faut multiplier par deux (672$) pour la grande majorité des fermes du Québec puisque l’UPA cotise le couple propriétaire de la ferme.

L’UPA entend donc presser le citron encore plus en faisant grimper sa cotisation à 356$ en 2019. « Les producteurs agricoles du Québec ne le savent pas parce que l’UPA se garde bien de leur dire, mais ils paient la cotisation syndicale agricole la plus élevée en Amérique et potentiellement la plus élevée au monde » soulève Benoit Girouard, président de l’Union paysanne.

Voici quelques exemples (convertis en argent canadien)

Organisation

Pays

Montant par ferme

note

American Farm Bureau

États-Unis

Entre 68$ et 100$

Dépendamment de l’État

FNSEA

France

80$

Syndicat majoritaire français. La France est le moteur agricole de l’Europe.

California Farmers Union

Etats-Unis-Californie

100$

 La Californie est le moteur agricole des États-Unis

Alberta Fédération of agriculture

Canada-Alberta

125$

National Farmers Union

Canada

195$

Association nationale

Ontario Fédération of agriculture

Canada-Ontario

195$

 L’Ontario est le moteur agricole du Canada

Uniterre

Suisse

256$

NSW Farmers

Australie

429$

Précisons qu’il n’y a qu’une cotisation par ferme ailleurs dans le monde en plus d’une liberté complète d’association. La démarche de l’UPA apparaît donc abusive et non justifiée. L’Union paysanne entend donc s’opposer à cette hausse de cotisation devant de la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec.

« Ce n’est pas vrai que le syndicat va augmenter le fardeau des agriculteurs alors qu’ils vivent des incertitudes face à l’Alena et à la gestion de l’offre. Que l’UPA commence par couper dans ses frais au lieu de le prendre dans la poche des fermes. », ajoute Maxime Laplante. vice-président de l’organisation.

Il faut savoir, qu’en plus de sa cotisation de base, l’UPA taxe une partie des agriculteurs du Québec par une contribution sur leur volume de production de l’ordre de 9,1 millions de dollars annuellement, ce qui est unique au Québec. C’est comme si le conseil du patronat, en plus de sa cotisation annuelle, forçait les chefs d’entreprises à lui verser un pourcentage sur leur vente. L’UPA souhaite également augmenter cette taxation de 3%.

L’Union paysanne s’y opposera également devant la Régie en temps et lieu. Les agriculteurs du Québec ont fini de se faire manger la laine sur le dos sans réagir.

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Pour information :

Benoit Girouard, Président, 450-495-1910                                                 

Maxime Laplante, Vice-président, 581-888-0941

Lait de chèvre, Saputo et le libre-marché

Lachute, 10 août 2017. On apprend, à la lecture d’un article dans la Terre de Chez Nous1, que le prix payé aux producteurs de lait de chèvre du Québec devrait baisser de 10% à 12%. Le Syndicat des producteurs de chèvres du Québec (SPCQ) a accepté la demande du géant Saputo de s’aligner sur les prix offerts en Ontario.

Voilà un parfait exemple de ce qui prévaut en agriculture : faire jouer les agriculteurs les uns contre les autres. Si cette logique domine c’est en raison des dogmes du libre marché, mais également par la complicité du milieu. Le président du SPCQ dit en entrevue que, si la convention est signée, l’impact pourrait être important à court terme pour les producteurs, mais bénéfique pour la filière à long terme. Bénéfique pour la filière? Lorsqu’on presse le citron des agriculteurs, comment cela pourrait-il être bénéfique? Il n’y a pas de filière lorsque l’un des membres ne couvrent pas ses coûts de production. C’est une logique qui sert bien à Saputo de faire croire qu’il y a une filière et qu’il faut travailler ensemble (pour lui). La logique des filières ne peut exister que lorsque chacun des maillons de la chaîne soutient que les autres doivent vivre décemment.

Le vrai nœud serait de dire que 32 % des producteurs de lait de chèvre livrent exclusivement à Saputo et 78 % ont un contrat avec eux. Que l’Ontario avec son surplus de 8 millions de litres de lait peut noyer le Québec. Au final, d’avouer bien humblement que la concentration des ventes et des acheteurs n’a jamais développé d’économie durable.

La solution? Ne rêvez pas, il n’y aura plus de gestion de l’offre dans aucun autre secteur de l’agriculture au Canada même si, dans le cas du lait de chèvre, cela aurait été souhaitable. Il faudra être imaginatif et chaque producteur devra décider si Saputo et cie sont des partenaires d’avenir ou aux méthodes passéistes.

1 : TCN, 8 août 2017-site web

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Pour information :

Benoit Girouard, président, 450-495-1910

Maxime Laplante, vice-président, 581-888-0941

 

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La délégation de l’Union paysanne de retour d’un grand moment du mouvement paysan global

Montréal, 27 juillet – Du 16 au 24 juillet dernier, l’Union paysanne participait à la 7ème Conférence internationale de La Via Campesina, qui réunissait au Pays Basque (Euskal Herria) plusieurs centaines de paysannes et paysans du monde entier. La Via Campesina est un mouvement social mondial qui rassemble plus de 160 organisations. L’Union paysanne s’enorgueillit de participer à cette mobilisation au-delà des frontières, joignant sa voix à cet appel global en faveur de la souveraineté alimentaire.

Charles Bois, jeune paysan québécois, s’est rendu au pays basque à titre de délégué officiel de l’Union paysanne. « On était environ 500 délégués de toute provenance, 500 à s’écouter, se comprendre, à partager les mêmes luttes autour des mêmes valeurs. C’était un exemple que les différences importent peu; une micro-société culturellement riche, peut former un tout. », racontait ce matin M. Bois à son retour au Québec. L’union paysanne est plus convaincue que jamais de la pertinence de prendre part à un tel mouvement global; ses valeurs y trouvent une résonnance certaine, et les partages de solidarités motivent et inspirent nos membres. C’est aussi l’occasion de comprendre les enjeux de la paysannerie québécoise au regard des enjeux similaires que vivent les paysan-ne-s du monde entier, et de percevoir leur caractère systémique.

L’union paysanne joint aujourd’hui sa voix à la Déclaration de Euskal Herria Nous nourrissons nos peuples et construisons le mouvement pour changer le monde, qui fut élaborée en concertation durant le grand rassemblement des derniers jours au pays basque. Ce texte rappelle que les paysans du monde entier sont confrontés à de multiples injustices, périls et défis ; les politiques et lois favorisent l’agro-industrie au détriment de la paysannerie, les traités de libre-échange, les OGM et la privatisation des biens communs éloignent les peuples d’une souveraineté alimentaire et d’une possibilité d’alimentation saine et de justice sociale. Les militant-e-s paysans font aussi face à une criminalisation croissante alors qu’ils tentent de défendre leurs droits et leurs territoires, rappelle Elizabeth Mpofu, paysanne du Zimbabwe et coordonnatrice générale de La Via Campesina.

La conférence au pays basque fut aussi l’occasion de poursuivre les travaux sur le projet de Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans, initié par La Via Campesina et pour lequel l’Union paysanne manifeste son soutien depuis plusieurs mois déjà. La déclaration actuellement en négociation au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, reconnaitra et protégera les droits les paysan-ne-s et peuples ruraux du monde entier : l’Union paysanne continuera d’insister pour que le gouvernement canadien adopte une posture favorable envers cet instrument de droit international, en la signant et la ratifiant le moment venu.

Les paysan-ne-s du monde entier poursuivent leurs luttes. Comme le souligne la Déclaration de Euskal Herria, « nous continuons de faire ce que nous faisons depuis des millénaires grâce à notre agriculture paysanne et autochtone : produire de la nourriture saine pour nos familles, nos communautés et nos peuples ».

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Déclaration de Euskal Herria

Nous nourrissons nos peuples et construisons le mouvement pour changer le monde

Derio, Pays basque, 23 juillet 2017

Nous, délégué-e-s de La Vía Campesina, représentant nos organisations et mouvements, sommes rassemblé-e-s au Pays-Basque à l’occasion de notre 7e Conférence Internationale du 16 au 24 juillet 2017. Euskal Herria est une terre de solidarité, de lutte et de résistance, une terre qui a sa propre langue et où demeure une forte tradition de bonne nourriture, produite par des paysan-ne-s et des pécheur-se-s locaux-les. Nous, paysan-ne-s, travailleurs-se-s ruraux-les, peuples sans terre, peuples autochtones, éleveur-se-s, pêcheur-se-s artisanaux-les, femmes du monde rural et toutes les autres populations qui travaillent à la campagne dans monde, déclarons que nous nourrissons nos peuples et construisons un mouvement pour changer le monde.

L’avènement du capitalisme financier a donné lieu à un accaparement effréné de notre eau, de nos semences, de notre terre et de nos territoires. Des technologies dangereuses, aux conséquences parfois irréversibles, on été promues comme par exemple les OGM, la production animale confinée à grande échelle et la biologie de synthèse. Le capital spéculatif entraine un remplacement accéléré de l’économie réelle et productive par l’économie financière. Les méga-fusions amènent à une concentration de plus en plus importante du pouvoir sur les systèmes alimentaires. Une nouvelle forme de néo-libéralisme, couplée à des discours haineux, utilise les problèmes créées par la concentration des richesses pour diviser nos peuples et provoquer des conflits ethniques, religieux et migratoires. Nous faisons face à une vague de violations des droits humains dans le monde : nos camarades sont assassiné-e-s, incarcéré-e-s, torturé-e-s et menacé-e-s.

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Hausse du hors quota: Jean Nobert, avocat, défendra la cause!

Lachute, 12 juillet 2017 L’Union paysanne est fière d’annoncer que Me Jean Nobert1, avocat chez Dion Rhéaume, a accepté de représenter l’organisation et une centaine de producteurs dans leur demande de hausser les hors quota dans différents secteurs de production au Québec. Rappelons que, à l’automne 2016, l’Union paysanne a déposé une demande à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec afin de hausser le hors quota dans le poulet, les œufs et le dindon. L’audition n’est toujours pas fixée.

À l’heure actuelle, une personne produisant plus de 100 poulets ou 25 dindons, ou produisant plus de 100 poules pondeuse sans quota est passible de poursuite par l’un des syndicats de l’Union des producteurs agricoles (UPA). En plus d’être arbitraire, cette limite de production est la plus basse au Canada et dans le reste du monde.

« Rien ne justifie qu’une poignée de producteurs détenant des quotas limite l’ensemble des autres producteurs agricoles et de la population du Québec dans des petites productions de créneaux », souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. « Avec la prise en charge du dossier par Me Jean Nobert, nous avons confiance de rétablir un espace pour les petites productions au Québec à un niveau égal à celui des autres provinces canadiennes. Son parcours unique2 servira assurément les producteurs. S’il le faut nous ne nous arrêterons pas à la Régie des marchés agricoles du Québec », ajoute-t-il.

De son côté, Me Nobert estime que cette action a une portée qui va au-delà de l’intérêt des producteurs demandant ce changement. « Une hausse des hors quota aura un effet positif sur le dynamisme de l’économie dans les régions rurales puisque cela permettra à de nouveaux agriculteurs de s’assurer un revenu d’appoint au moment de s’établir ou de développer des productions », conclut Me Nobert.

1 : http://www.dionrheaume.com/equipe/jean-nobert/

2 : Jean Nobert a été producteur laitier et président de la Fédération des producteurs de lait à la fin des années 90

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Pour information : Benoit Girouard, Président Union paysanne : 450-495-1910

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Communiqué: L’Union paysanne boycottera la 3e rencontre du Sommet sur l’alimentation

Lachute, 24 mai 2017 : L’Union paysanne a décidé de boycotter la 3e rencontre préparatoire du Sommet sur l’alimentation afin de protester contre le vide de l’exercice. Lors du lancement,  l’Union paysanne croyait à une réelle consultation des différents groupes, mais craignait la longueur de l’exercice. Eh bien l’exercice, en plus d’être long, ne permet pas d’approfondir la réflexion creusée par le rapport Pronovost. « On repasse dans les mêmes lieux communs, pas de réel débat et un temps de parole insignifiant» témoigne Maxime Laplante, vice-président. Tandis que beaucoup d’orateurs occupent la foule, on a l’impression que la future politique agricole du Québec est déjà écrite.

L’Union paysanne, après avoir participé aux deux premières rencontres visant les consommateurs et les transformateurs, a été très surprise de constater la surreprésentation de l’UPA dans le volet destiné aux consommateurs. Il est encore plus dérangeant de constater que, dans ce troisième volet consacré aux producteurs agricoles, aucun espace ne sera donné afin de discuter du monopole syndical de l’UPA.

Cette question est en suspend depuis le rapport Pronovost en 2008. Cette rencontre aurait pu permettre un débat réel sur la question entre les différents groupes de représentants agricoles, mais la question a été soigneusement évitée. « On voudrait réduire l’agriculture à une donnée économique, mais les agriculteurs attendent qu’on leur redonne un réel droit d’association. La démocratie ne semble pas prioritaire pour notre gouvernement », souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne.

Notre organisation a été au cœur des différentes réflexions agricoles des quinze dernières années et a motivé la tenue de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec en 2008, mais nous ne perdrons plus notre temps. Nous invitons le ministre Laurent Lessard à s’inspirer du rapport Pronovost et St-Pierre afin d’amener l’agriculture du Québec dans un renouveau.  Repasser dans les mêmes sentiers encore et encore ne peut que condamner l’agriculture du Québec à avoir moins de fermes. Accepter cette logique revient à abdiquer devant les marchés alors que nous pouvons être maîtres de notre développement en agriculture.

Nos administrateurs agriculteurs et bénévoles seront donc dans leurs champs à semer, cela  sera plus profitable pour la population du Québec. Il reste un volet intéressant à ces consultations, soit les consultations web auprès de la population. Nous invitons le MAPAQ à mousser encore plus ce volet afin de développer une première politique agricole innovatrice et en phase avec la population du Québec. Soyons courageux et osons le changement.

Pour information :

Benoit Girouard                                                                                Maxime Laplante

Président Union paysanne                                                              Vice-président

450-495-1910                                                                                    581-888-0941

 

 

thumbnail of Com.SommetBoycott 24 mai 2017.doc

Vente directe d’oeufs en circuits courts, le MAPAQ franchi un premier pas.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ),

en phase préparatoire d’un projet de modification réglementaire, assouplira les exigenthumbnail of Assouplissement_MAPAQ_aide-mémoire_4mai2017ces visant la classification des oeufs de poule domestique destinés à la vente directe aux consommateurs.

Ce changement permettra aux agriculteurs de vendre leurs oeufs directement aux consommateurs en circuit court et, par conséquent, de faciliter l’accès à ces produits dans les marchés publics ou les paniers de livraison. Ces ventes devront être à l’intérieur de 150 km du lieu de production.

Pour l’ensemble des détails et des exigences consulter l’aide-mémoire ci-joint

L’Union paysanne est heureuse de ce premier pas franchi par le MAPAQ afin de donner une place aux paysans du Québec. C’était l’une de nos demandes de longue date. Il reste désormais à augmenter le hors-quota dans les œufs afin de donner un réel levier économique aux fermes de proximités.

Bois d’œuvre : Québec Solidaire vise juste

Lachute, 2 mai 2017 : L’Union paysanne tient à saluer la proposition de Québec Solidaire qui vise à utiliser le bois dans toutes les nouvelles constructions du secteur non résidentiel où ce choix pour la charpente est approprié. «Cette proposition est un exemple de politique publique concrète qui est en mesure de créer une économie réellement durable pour les régions», souligne Benoit Girouard, président de l’Union paysanne. Rappelons que le Rapport Beaulieu, commandé par le gouvernement en 2012, affirmait que 80% des constructions non résidentielles pourraient effectuer ce virage au lieu du 20% actuel.

Depuis 30 ans, le bois d’œuvre, au travers du libre-échange, confine le Québec comme fournisseur de bois à faible coût et laisse les travailleurs de la forêt à la merci de l’humeur de l’industrie et des politiciens américains.

Au Québec, utiliser plus de bois provenant de nos forêts n’est pas du protectionnisme, mais un choix logique en terme de valorisation de la ressource, d’écologie et d’économie plus circulaire. Si les Libéraux et les autres partis veulent relever le défi d’une meilleure économie pour les Québécois et Québécoises, nous les invitons à oser adopter et appliquer la mesure proposée par Québec Solidaire.

Cette vision de l’économie pourrait faire également des petits au niveau de l’agroalimentaire où, encore aujourd’hui, nos hôpitaux, écoles et autres institutions publiques sont approvisionnés en grande partie par de la nourriture provenant des États-Unis. L’autosuffisance alimentaire et la souveraineté alimentaire s’opposent à cette logique du plus bas coût qui ne fait qu’appauvrir les agriculteurs, peu importe leur pays d’origine.

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Benoit Girouard                                                                                  Maxime Laplante

Président Union paysanne                                                                   Vice-président

450-495-1910                                                                                      581-888-0941

 

thumbnail of Com.QS 2 mai2017.doc

Caisse de dépôt et terres agricoles, l’État ne peut jouer à l’autruche.

Mercredi 26 avril 2017 : Jeudi dernier, nous apprenions que la Caisse de dépôt et placement du Québec et le Fonds de solidarité FTQ investiront 20 millions de dollars dans l’entreprise Pangea en plus de 30 millions de dollars provenant de fonds privés. Pangea achète des terres agricoles un peu partout au Québec pour ensuite s’associer à des agriculteurs locaux, souvent des jeunes, pour les faire cultiver. Doit on se réjouir? Se désoler?

Pangea représente dans les faits un nouveau genre d’intégrateur1 qui vise les terres agricoles et certaines des activités s’y rattachant. L’intégration existe depuis plus de 25 ans au Québec alors que 60% du porc, 28% des œufs, 25% de la volaille, 15% des agneaux, 50% du veau de grain produits sont la propriété d’industriels à travers l’intégration complète ou à forfait. Dans le cas du veau de lait, c’est même 100%. C’est notre idée de ferme familiale qui en prend pour son rhume.

La question ici n’est pas de diaboliser qui que ce soit, mais c’est d’abord une question de modèle agricole. L’intégration en agriculture résulte de notre incapacité collective à développer un modèle agricole qui permettrait aux jeunes de s’établir en agriculture avec des conditions de vies décentes. L’intégration est le symptôme, pas la maladie. Elle découle du coût élevé des terres agricoles, du manque d’espace pour l’entreprenariat dans les plans conjoints, des subventions agricoles liées aux volumes et globalement de la rigidité de l’ensemble du système agricole.

Si le gouvernement a un réel intérêt dans une politique agricole nourricière et d’occupation du territoire, il devra le prouver en mettant en place des règles qui favoriseront les agriculteurs. Lorsque des fonds d’investissements et des investisseurs se mettent ensemble pour financer l’achat de parties du territoire agricole par un tiers, pouvons-nous réellement penser que l’agriculteur est à armes égales dans ce supposé libre marché?

Ce qui est questionnable ici, ce n’est pas l’existence de l’entreprise Pangea, mais la participation de l’argent publique dans une entreprise qui compétitionne les agriculteurs. Est-ce que le ministre de l’agriculture Laurent Lessard est d’accord pour que des fonds de la CDPQ servent à financer une entreprise pour l’instant largement basée sur la monoculture, les OGM et la pétrochimie? Est-ce qu’il sait ce qu’il fera si éventuellement Pangea décidait de cesser ses activités agricoles tout en gardant possession des terres acquises pour laisser jouer la spéculation pendant quelques années?

Pour l’Union paysanne, le principal problème réside là. L’État québécois ne sait toujours pas à quoi doit servir l’agriculture du Québec. Elle n’a pas de modèle, ni de vision et entend surtout se baser sur des états financiers et non pas sur le développement d’une agriculture nourricière et durable à tous les échelons. Voilà de surcroît que la CDPQ a décidé de sauter dans le secteur, ce qui, en l’absence de balises claires, placera le modèle agricole encore plus sous pression.

1 : L’intégration verticale se produit lorsqu’une personne ou une entreprise acquiert la propriété d’entreprises de deux stages adjacents du système de production et de commercialisation.

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Pour information :

Benoit Girouard                                                         Maxime Laplante

Président Union paysanne                                        Vice-président

450-495-1910                                                             581 888 0941

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L’Union paysanne lance un appel à la solidarité et pour une reconnaissance des droits des paysan-ne-s du monde entier

Le 17 avril marque partout dans le monde la Journée internationale des luttes paysannes, une occasion pour l’Union paysanne de souligner l’importance et la pertinence du projet onusien de Déclaration sur les droits humains des paysans et des autres personnes travaillant en milieu rural. Cette initiative, menée par la Bolivie et appuyée par une majorité des pays membres du Conseil des droits humains des Nations unies, vise à protéger et à promouvoir les droits des paysans, des travailleurs agricoles, des sans-terres, des éleveurs nomades, des pêcheurs, des forestiers, enfin de tous ceux et celles qui font leur vie à la campagne. Lire la suite