,

L’Union paysanne, bonne pour le bio?

Soyons un peu chauvins quelques minutes. Alors que l’Union paysanne n’arrive jamais à voir l’une de ses actions positives reprises dans la Terre de Chez Nous et que l’UPA aime bien faire croire que nous sommes contre tout, voilà qu’une nouvelle dans La Presse de ce samedi fait référence en partie à notre travail. Oui, depuis sa fondation, l’Union paysanne a placé le secteur biologique au centre de sa stratégie de développement de l’agriculture. Il n’y a presque pas une rencontre politique, ou auprès de fonctionnaires, dans laquelle le bio ne fût pas mentionné et mis de l’avant.

BOOM BIO DANS LES FERMES DU QUÉBEC  (article La Presse)

Dès 2004, nous avions écrit à la Ministre de l’époque Françoise Gauthier pour lui faire prendre conscience que le boom du nombre de fermes biologiques observé dans les pays européens tenait à des primes à la conversion et au remboursement partiel de la certification. L’Europe ayant été précurseur dans un mouvement bio structuré, on pouvait observer qu’après une première croissance du nombre de fermes, une période de stagnation y était apparue, identique à celle qu’a connu le Québec de 2008 à 2013.

Il n’est pas facile de développer une toute nouvelle filière, ce n’est pas qu’une question de prix. De plus, la conversion du conventionnel vers le biologique fait peser des risques importants sur certains secteurs à marge plus faible, de là l’hésitation des producteurs à faire le saut. Il fallait donc un réel soutien. Le principe de base pour nous est que l’état à largement subventionné le développement de l’agriculture conventionnelle… pourquoi pas le bio?

L’Union paysanne a donc inlassablement répété le message de Gauthier à Vallières et ensuite à Béchard puis à Lessard. Finalement, c’est Paradis qui a le mieux répondu en y allant d’un programme de prime à la conversion que le Ministre Laurent Lessard vient tout juste de prolonger.

Il reste maintenant à donner un espace pour les agriculteurs biologiques afin qu’ils puissent avoir de meilleures assises. Ça passe en autre par une hausse du hors-quota dans le poulet, les œufs et le dindon, mais également par des programmes de soutien comme les Agri(s) mieux calibrés sur les besoins des agriculteurs biologiques.

Ça passe également par des projets innovateurs comme l’abattage à la ferme, des normes adaptées, une gestion plus équitable des bandes tampons et des zones sans OGM. Une clé également majeure demeure l’accessibilité aux territoires. La Loi sur la protection du territoire agricole doit être adaptée aux usages des plus petites fermes et à la diversification agricole.

L’Union paysanne représente des fermes de tous les secteurs et de toutes les tailles, mais elle souhaite que chaque ferme puisse faire le choix du bio s’il se présente.