Les dernières nouvelles sur des sujets intéressant l’Union paysanne.

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Déclaration des Nations Unis sur les droits des paysanNEs

L’Union paysanne se réjouit d’accueillir Ramona Duminicioiu afin de discuter de la Déclaration des Nations Unies sur les droits paysans et autres personnes vivant en zones rurales, processus en cours à l’Assemblée Générale des Nations Unies. Ramona fut hautement impliquée dans la promotion de la Déclaration en Europe et dans les démarches à New York. Elle sera parmi nous afin de partager son expérience en tant que femme, activiste et paysanne.

Où? 3559 Rue University, Montréal, QC H3A 2B1
Au Salon de ECOLE

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Ramona Ioana Duminicioiu est paysanne à Alunisu, dans la région de Transylvanie en Romanie. Elle est fondatrice et représentante d’Eco Ruralis, une association paysanne nationale membre de La Via Campesina Europe. Ramona est impliquée dans l’articulation paysanne de l’Europe de l’Est. Elle est aussi membre du conseil de coordination du mouvement pan-européen de Nyéléni pour la Souveraineté alimentaire. Depuis 2016, elle occupe une fonction élue au conseil de coordination européen de La Via Campesina. Sur le plan international, elle s’investit dans le Mécanisme international de la société civile sur la sécurité alimentaire et la nutrition (MSC) où elle représente les agriculteurs sous l’égide de La Via Campesina. De plus, Ramona est activement impliquée dans le processus d’adoption de la Déclaration des Droits paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales en tant que coordonnatrice régionale pour l’Europe.

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Le choc de deux mondes

Les audiences devant la Régie des marchés agricoles ont pris fin en début novembre et nous espérons un jugement favorable cet hiver, ce qui permettrait à de nombreuses fermes de vendre un peu plus de poulets, de dindons et d’œufs pour assurer leur rentabilité financière.

Mais ce qui ressortait le plus lors de ces deux semaines d’audiences, c’était le fossé séparant deux modèles. Le choc de deux mondes. L’intolérance flagrante de l’industrie avicole envers les petits élevages, utilisant tous les moyens pour nous empêcher de plaider, faisant de l’obstruction systématique. Les fédérations de l’UPA ont même réclamé que les régisseurs ne prennent pas connaissance des rapports importants sur l’agriculture, comme le rapport Pronovost et le rapport CIRANO sur le hors-quota au Canada. Mais ça, on s’y attendait.

Là où le discours a pris des allures presque ésotériques, c’est lorsque les défenseurs de l’industrie insistaient sur les précautions prises par les grands élevages en matière de bien-être animal et de bio-sécurité, reprochant aux petits éleveurs de ne pas se préoccuper de ces enjeux. Pourtant, lorsqu’on sait que l’espace prévu pour une poule pondeuse se limite à 64 pouces carrés (8po x 8po), que les becs sont coupés et que l’élevage se fera toute leur vie sans accès extérieur ou même de lumière naturelle, il semble aberrant qu’on puisse reprocher aux petits élevages quoi que ce soit à ce chapitre. En prime, beaucoup d’emballages d’œufs ou de volaille vendus en magasin illustrent des oiseaux à l’extérieur, dans l’herbe, devant une petite étable colorée, à côté de laquelle on aperçoit parfois une petite éolienne… Charmant et bucolique. Publicité mensongère? Est-ce que les ventes maintiendraient leur niveau si les emballages illustraient la réalité?

L’industrie reproche aux petits élevages de ne pas avoir de normes et nous suggère d’appliquer les cahiers de charge des grands élevages. Ces normes trouvent leur utilité parce que les élevages de grande concentration sont extrêmement vulnérables face aux épidémies, en raison de la circulation constante de volaille, de fumier, de moulée et d’humains d’un site à l’autre, le tout combiné au fait que la densité des élevages permet une propagation rapide de tout problème. Concentration des élevages et transport d’une ferme à l’autre sont clairement identifiés par la littérature scientifique comme étant LES facteurs de risque.

Mais le problème n’est pas tant la cohabitation de deux modèles mais plutôt le fait qu’un modèle unique ait le contrôle sur l’espace à donner à un autre modèle. Un petit club sélect décide pour l’immense majorité. Même le président de l’UPA a dû reconnaître devant la Régie le manque de démocratie du système, dans lequel les représentants des fédérations ignoraient les conditions minimales pour avoir droit de vote à l’intérieur des plans conjoints.

Espérons que la Régie saura reprendre le contrôle de la situation en agissant en tant qu’arbitre neutre, au lieu d’abandonner le marché à des cartels privés.

Maxime Laplante, agr, président

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1ère journée devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires : 1ère victoire de l’Union paysanne

Communiqué – pour diffusion immédiate

Drummondville (22 octobre 2018) – Les audiences pour une hausse de la production hors-quota ont commencé auprès de la Régie des marchés agricoles. La Fédération des producteurs d’oeufs, affiliée à l’UPA, a d’abord réclamé que la demande de l’Union paysanne ne soit pas entendue, prétextant que l’UPA représente tous les producteurs-trices et que l’Union paysanne n’a aucun intérêt ni représentativité dans ce dossier.

Les régisseurs ont cependant été d’avis que la demande de l’Union paysanne est légitime et qu’elle représente des gens qui ne sont pas représentés dans le système actuel.

Dans le cadre de cette démarche de hausse du hors-quota, l’Union paysanne a reçu plus de 900 signatures d’appui ainsi que des dons d’environ 200 personnes par le biais d’une campagne de sociofinancement pour couvrir les frais juridiques. (gofundme.com/horsquota)

Les éleveurs de volailles, affiliés à l’UPA, ont également déclaré aujourd’hui qu’ils ne s’opposeraient pas à une hausse du hors-quota pour atteindre le niveau de 300 poulets, comme c’est déjà le cas en Ontario.

Dans les prochains jours, l’Union paysanne, mais aussi la coopérative La Mauve et la Coopérative d’agriculture de proximité écologique (CAPÉ), interviendront pour réclamer une hausse du hors-quota à 2000 poulets, 300 pondeuses et 300 dindons. Rappelons que la loi sur la mise en marché des produits agricoles indique pourtant que toute vente directement au consommateur ne devrait pas être soumise aux dictats des plans conjoints.

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Maxime Laplante, agr 581 888-0941

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Lettre ouverte à M. Trudeau de la part de l’Union paysanne

Ste-Croix, 5 octobre 2018

Bonjour M. Trudeau, je m’adresse à vous au nom d’une multitude de petits éleveurs du Québec qui réclament votre aide, et qui aimeraient par la même occasion comprendre l’origine de leurs déboires. Rassurez-vous, nous ne demandons pas d’argent. Seulement la justice, la démocratie et une dose de bon sens.

Votre gouvernement vient d’autoriser l’importation de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de lait et d’œufs sur notre marché, sans que les fermes où ces aliments ont été produits détiennent de quotas. Pendant ce temps, au Québec, on nous interdit, sous peine de lourdes amendes et condamnations, de produire plus de 99 poulets par ferme ainsi que les œufs d’une centaine de poules. Nous devrons nous battre à nos frais prochainement devant la Régie des marchés agricoles pour obtenir le droit de produire 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 poules. Les fédérations du monopole de l’UPA feront tout pour bloquer notre requête, alors que nous demandons simplement l’équité avec les autres provinces canadiennes. Ce monopole va même prétendre nous représenter et insinuer que nos élevages constitueraient un risque de bio-sécurité alors que la littérature scientifique neutre rattache le risque de propagation de maladies à la forte densité des grands élevages.

En outre, nous demandons l’application de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, qui stipule clairement (art. 63) que la mise en marché directe au consommateur n’a pas à être soumise aux divers plans conjoints. Incroyable mais vrai, nous devrons nous battre pour faire appliquer la loi!

Monsieur le premier ministre, nous demandons votre intervention pour faire en sorte que, en tant que Québécois et Québécoises, nous ne soyons plus traités en Canadiens de seconde classe. Face à la concentration des marchés et l’emprise des grandes entreprises, aidez-nous à soutenir notre objectif de souveraineté alimentaire et contribuer au dynamisme de nos régions rurales.

Bien à vous,

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne

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Où est la meilleure bio-sécurité?

À la fin octobre, la Régie des marchés agricoles entendra l’Union paysanne qui demande de hausser la production hors-quota à 2000 poulets, 300 dindons et 300 pondeuses, comme c’est déjà le cas dans de nombreuses régions à travers le Canada.

Évidemment, les détenteurs de quotas voudront bloquer ce projet, ne voulant laisser aucune marge hors de leur contrôle. Les fédérations de l’UPA, pour entraver les petits élevages, prétendront que ceux-ci constituent une menace pour la santé et la salubrité.

Et pourtant, la réalité est toute différente. Les études scientifiques neutres, c’est-à-dire qui n’émanent pas des industriels de la volaille, démontrent clairement que les maladies des volailles se propagent principalement par le transport de fumier, de moulée, de volaille, d’humains les côtoyant. De plus, la corrélation est extrêmement forte entre l’apparition d’épidémies aviaires et la forte densité des élevages. Logique. Difficile d’imaginer un éleveur de 1000 poulets en train d’exporter du fumier dans une autre région ou de faire circuler divers ouvriers, techniciens et vétérinaires dans les troupeaux d’oiseaux.

Le département de l’agriculture aux Etats-Unis relate ainsi l’analyse de cas de deux pays voisins, le Laos et la Thaïlande. Dans le premier pays, les élevages sont petits, multiples et dispersés sur l’ensemble du territoire. À côté, en Thaïlande, prévalent les élevages industriels. Comme par hasard, le Laos est largement exempt de maladies aviaires, contrairement à la nation voisine.

La Suisse a beaucoup moins de problèmes d’épidémies animales depuis qu’elle a restreint le transport industriel d’animaux et de volailles sur son territoire. Dans le cas des oiseaux, les épidémies suivent les routes de transport et non les trajets migratoires.

La littérature scientifique fait également état du plus grand risque de mutation des maladies dans les grands élevages, en raison de la grande promiscuité des oiseaux.

Lorsque le Québec, il y a quelques années, a ordonné le confinement obligatoire des oiseaux, une mesure unique au monde, les autorités sanitaires du MAPAQ m’ont avoué avoir mis ces mesures en place non pas pour des raisons de santé humaine mais uniquement dans le but de protéger les intérêts de l’industrie des exportateurs de volaille.

En somme, le risque de maladies est plus grand dans les grands élevages concentrés. L’enjeu réel qui sera porté devant la Régie des marchés agricoles, ce n’est pas la santé ou la salubrité, mais plutôt une bataille commerciale dans laquelle un cartel en situation de monopole n’entend pas laisser émerger de concurrence, aussi minime soit-elle.

Pour ma part, je préfère manger des œufs et de la volaille provenant d’un petit élevage. Et vous?

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne

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Le récent accord de libre-échange : une preuve d’échec de notre modèle agricole

Le verdict est tombé, le récent accord commercial de l’ALENA permet l’entrée sur le marché canadien de 3,59% en produits agricoles étrangers, comme les produits laitiers ou du poulet. Évidemment, l’UPA joue la scène de Perrette qui perd son pot de lait.

Avec raison, ces entrées sont perçues comme des attaques directes contre la gestion de l’offre. Surprenant? Aucunement. Depuis plus de 20 ans, le gouvernement du Québec, sous l’influence de l’UPA, a misé sur l’exportation de produits agricoles subventionnés, le porc notamment. Et maintenant, en pleine négociation commerciale, on prétend pouvoir ouvrir les frontières pour exporter du porc mais aussi fermer ces mêmes frontières pour l’importation d’autres denrées. Une position schizophrénique, voire carrément hypocrite.

Le monopole agricole québécois a voulu jouer avec le feu en traitant la nourriture comme n’importe quel produit manufacturé et joue maintenant la vierge offensée lorsque la situation vient nuire aux secteurs de la volaille ou du lait.

Le Canada, après avoir permis l’entrée d’environ 17 000 tonnes de fromages européens, autorisera l’importation de 50 000 tonnes de lait, environ 50 000 tonnes de poulet et 10 millions de douzaines d’œufs. Et pendant ce temps, le Québec persiste à interdire la production à petite échelle de plus de 100 poulets ou de 100 pondeuses. Un État qui favorise l’importation et bloque systématiquement la production de ses propres fermes. Simplement malsain.

À la fin octobre, l’Union paysanne se présente devant la Régie des marchés agricoles pour que les fermes du Québec puissent produire 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 poules. Et ce sont précisément les succursales de l’UPA qui s’opposeront à notre démarche, allant même jusqu’à prétendre nous représenter, alors qu’ils paieront leurs avocats à même nos cotisations de producteurs agricoles.

Le principal ennemi de la gestion de l’offre, c’est exactement le carcan rigide et totalitaire exercé par le monopole agricole.

Au lieu d’être un outil pour atteindre la souveraineté alimentaire du Québec, axée sur l’approvisionnement de notre population, repeupler les régions rurales et protéger nos ressources, la gestion de l’offre contrôlée par l’UPA demeure un moyen de main-mise sur le marché par une minorité, de concentration des fermes et d’entrave à la relève. Et voilà qu’elle devient un outil de marchandage commercial.

La production agricole pour l’alimentation ne devrait jamais être soumise au jeu du commerce international. La souveraineté alimentaire, c’est d’abord le droit des États à être maître de leurs modèles agricoles.

Nous voici rendus aux conséquences de notre modèle agricole de plus en plus axé sur l’exportation, la spécialisation et la concentration des fermes. Les impacts sont flagrants : les régions se vident de leurs habitants, notre dépendance face aux importations alimentaires augmente, l’emploi de pesticides explose et les réclamations du monopole agricole pour avoir encore plus d’argent s’accentuent. C’est un constat d’échec de notre modèle et ce n’est pas avec de frileuses promesses d’augmenter la production biologique à 4% d’ici 2025 qu’on effectuera le changement souhaité par la population.

L’Union paysanne prône la souveraineté alimentaire, la liberté d’association des fermiers et fermières, l’application du rapport Pronovost sur l’agriculture. N’est-ce pas exactement ce que souhaite notre société?

 

Maxime Laplante, agr, président de l’Union paysanne

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Mot du président – 17 septembre 2018

Lorsque j’étais enfant, je me souviens qu’aux réunions de famille du jour de l’an, en plein Québec rural profond, un de mes oncles avait un sujet de conversation de prédilection : les plans conjoints. L’effet était magique. Le salon se vidait et tous se retrouvaient dans la cuisine ou dehors. Lorsque j’ai entamé mes études en agronomie, j’ai voulu comprendre. Alors, pour une fois, au lieu d’aller rejoindre mes tantes devant les biscuits, je suis resté avec cet oncle pour tenter de comprendre. Un peu.

Aujourd’hui, c’est à mon tour de vous en parler. L’enjeu est ici de taille et n’a rien de théorique. À partir du 22 octobre, l’Union paysanne ira plaider devant la Régie des marchés agricoles pour une hausse du hors-quota, soit la permission d’élever 2000 poulets, 300 pondeuses et 300 dindons par ferme et par an, sans avoir à détenir ces fabuleux quotas de production, qui limitent actuellement à 100 poulets, 100 poules et 25 dindons le droit de produire.

À l’échelle de la ferme, avoir subitement le droit de vendre 2000 poulets au lieu de 100, ça fait souvent la différence entre la non-rentabilité et la rentabilité. L’étude CIRANO de l’université confirme nos dires, on parle ici d’une hausse possible du revenu net de plusieurs dizaines de milliers de dollars pour chaque ferme concernée.

Pour les gens qui achètent ces produits, c’est aussi la possibilité de se procurer du poulet ou des œufs directement de la ferme, au lieu de passer par l’épicerie. Ça ouvre la porte à du poulet élevé au paturage, par exemple.

Ce que nous demandons, c’est rien de moins que l’équité en comparaison avec le reste du Canada, nettement plus permissif. Ces fameux quotas, onéreux au-delà de la rentabilité (250$ par poule, 800$ par mètre carré dans le poulet), ont au départ été distribués gratuitement aux fermes productrices. Ces quotas sont ensuite devenus une valeur spéculative, rendant très difficile toute forme de relève qui doit en payer le plein prix.

Étrangement, ce que l’Union paysanne va plaider, c’est l’application de la loi sur la mise en marché des produits agricoles! Incroyable mais vrai. L’article 63 stipule clairement que toute vente directe au consommateur peut être faite librement, sans passer par les plans conjoints ou les agences de vente. Toutefois, la Régie peut en décider autrement si elle juge qu’il y a une menace pour l’application des plans conjoints. La vente directe, c’est potentiellement 1 à 3 % du marché. Difficile d’y voir une menace sérieuse pour la mise en marché standardisée. Jusqu’ici, les fédérations de l’UPA, en contact direct et unique avec la Régie des marchés, ont toujours réussi à ne permettre aucune souplesse dans ce système qu’elles contrôlent en conflit d’intérêt : ce sont en effet les détenteurs de quota qui décident si d’autres peuvent en obtenir.

En somme, nous demandons que la Régie, organisme public de surveillance, assume enfin son véritable rôle, de façon neutre, sans obéir aveuglément aux dictats de l’UPA, et applique la loi.

Depuis peu, il y a un changement de garde au sein de la Régie. En effet, celle-ci a récemment refusé un prélèvement sur les céréales vendues directement, supplément que réclamait l’UPA.

Nous avons maintenant besoin de votre aide pour financer cette opération.

www.gofundme.com/horsquota

Alors ques fédérations de l’UPA paient leurs avocats avec nos cotisations de producteurs, nous devons assumer nos frais nous-mêmes. David contre Goliath, direz-vous. Mais si je me souviens bien, c’est David qui a quand même gagné…

Maxime Laplante, agr, président

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L’Union paysanne demande une hausse du hors quota

Ste-Croix, 16 septembre 2018 – Après plus d’un an d’attente, l’Union paysanne a enfin reçu les dates d’audience devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec pour plaider la cause de la production hors quota. Rappelons que l’organisme a déposé une demande à la Régie visant à permettre la production et la vente de 2000 poulets, de 300 pondeuses et de 300 dindons par ferme, par an, sans avoir à détenir un quota de production. L’avocat Jean Nobert défendra la cause devant le tribunal.

Le Québec est extrêmement restrictif à ce sujet, ne permettant actuellement que 100 poulets, 100 pondeuses et 25 dindons, alors que la plupart des autres provinces canadiennes permettent beaucoup plus. Au-delà de ces quantités, il y a obligation de détenir un quota, sorte de permis de produire, onéreux et difficile à obtenir.

C’est donc du 22 octobre au 2 novembre que la Régie entendra les points de vue divergents. «L’enjeu est de taille pour un grand nombre de petites entreprises, principalement orientées vers la vente directe, la production de proximité, les produits du terroir, en complète cohérence avec les souhaits de la société civile et ceux de la récente politique bio-alimentaire», souligne Maxime Laplante, président de l’Union paysanne.

Évidemment, l’Union paysanne n’a pas besoin de 9 jours pour présenter ses arguments. Ce sont, entre autres, les fédérations de l’UPA qui veulent également témoigner et s’opposer à ces demandes. Les membres de ces fédérations, actuellement détenteurs des dits quotas, n’entendent pas céder la moindre part de marché, aussi minime soit-elle.

Il y a un déséquilibre énorme entre les forces en présence. L’Union paysanne devra assumer les frais de cette démarche, alors que les avocats des fédérations, dont les moyens sont démesurément plus grands, sont rémunérés à même les cotisations des fermes. En d’autres termes, les membres de l’Union paysanne qui sont en production agricole vont contribuer à payer les avocats de la partie adverse via leurs cotisations.

C’est pourquoi l’Union paysanne fait appel à la générosité de tous et toutes pour mener à bien cette démarche devant la Régie. Nous vous encourageons à contribuer dès maintenant à notre campagne de financement : www.gofundme.com/horsquota

Pour une rare fois au Québec, nous avons enfin la chance de faire avancer une cause paysanne. Ensemble, paysans et paysannes, consommateurs et consommatrices, nous avons le pouvoir de faire plier les fédérations, et contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de petites fermes diversifiées de proximité. Donnez généreusement!

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Maxime Laplante , président 581-888-0941

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Campagne hors quota

Bonjour,

Ainsi que nous l’avons fréquemment mentionné, l’Union paysanne a demandé à la Régie des marchés agricoles d’être entendue dans le dossier du hors-quota afin de permettre la production et la vente de 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 pondeuses sans détenir ces fameux quotas de production, si onéreux. Rien de farfelu, puisque c’est déjà le cas dans la plupart des régions du Canada, le Québec et Terre-Neuve étant de loin les provinces les plus restrictives à cet égard.

Évidemment, les fédérations de l’UPA ne sont pas du même avis et ont d’abord demandé à la Régie de ne pas nous laisser présenter notre demande. Mais cette même Régie a quand même annoncé qu’elle tiendra 9 jours d’audience analyser notre demande, entre la fin octobre et le début de novembre.

Dans sa démarche, l’Union paysanne a choisi de faire appel à un avocat au fait des questions agricoles, soit Jean Nobert, que nous avons présenté au dernier congrès. Mais cette démarche occasionne des frais que l’Union paysanne ne peut couvrir à même son budget de fonctionnement habituel. Nous avons donc besoin urgemment de dons pour y parvenir. Nous suggérons un montant de 50$ par personne donatrice. À l’échelle d’une ferme, passer d’une production de 100 poulets à 2000 représente un revenu net supplémentaire d’environ 20 000$. Pour le consommateur, on parle de la possibilité d’avoir enfin accès à du poulet local sans passer par les filières de l’industrie agricole. En somme, un 50$ bien investi.

Pour plus de détails, consultez notre rubrique Campagne sur notre site web et faites un don dès maintenant. Ne laissons pas passer cette occasion de donner un peu d’oxygène au monde rural du Québec.

 

Maxime Laplante, agr, président.

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Les cochons auront-ils le temps d’une paix?

Oh surprise, les cochons du Québec font encore les manchettes, de façon détournée cette fois. Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion d’écouter M. Paul Doyon, second vice-président de l’UPA, je vous invite à le faire, alors qu’il méprise ouvertement ceux qui voudraient élever des cochons « dans le bois », faisant ainsi référence à l’émission « Le temps d’une paix ». Alors que la canicule se poursuivait, on entendait à Radio-Canada les commentaires des dirigeants de l’industrie porcine, aux prises avec des retards de croissance chez les porcs, qui ne peuvent pas suer comme les humains (défaut ou qualité, je vous laisse juger…). Pourtant, depuis des millénaires et partout dans le monde, il y a des cochons qui vivent dehors, à des températures nettement plus chaudes que ce vit le Québec avec son climat nordique. La Corse en est un bel exemple. Pour en avoir élevé moi-même pendant 12 ans à l’extérieur, on observe rapidement que le porc, pour se refroidir, va se creuser un trou dans la boue, pour se protéger de la chaleur, des insectes et du soleil. Mais mon intention n’est pas ici de vouloir imposer ce modèle mur-à-mur mais plutôt de tenir tête à l’attitude arrogante qui veut nous imposer le mode d’élevage industriel de façon uniforme, avec demande de subvention à la clé. Après avoir réclamé de l’aide financière pour construire les fosses à lisier qui ont soulevé la colère des communautés rurales, ainsi pour produire du porc destiné à l’exportation, voici que cette même industrie demande encore de l’argent public pour convertir les étables porcines pour répondre aux exigences en matière de bien-être animal parce que les consommateurs étrangers ne tolèrent plus que les animaux soient encagés sans possibilité de bouger. Et maintenant, en plus de soutirer encore plus d’argent de la part du contribuable pour améliorer le climat dans ces usines qui ne tiennent pas compte des besoins naturels de l’animal, il faudrait endurer le mépris à l’endroit de pratiques permettant aux animaux de vivre à l’extérieur? Difficile pour ma part.

Il semble paradoxal qu’une nation comme le Québec, disposant de telles ressources naturelles, avec de l’espace à souhait, reste enlisé dans une telle rigueur et renonce ainsi au potentiel de la diversité. C’est d’ailleurs dans cette vision de diversité que l’Union paysanne ira devant la Régie des marchés agricoles à la fin octobre (les dates viennent d’être connues) pour demander une hausse de la production hors-quota pour le poulet, les pondeuses et le dindon. L’intention est de créer un espace pour un type différent de production que ce que l’industrie de la volaille impose. Les audiences s’étaleront sur 9 jours. On comprend évidemment que l’Union paysanne n’a pas besoin de 9 jours pour présenter sa proposition mais que les fédérations de l’UPA se sont opposées à la tenue d’une telle réflexion et contribuent donc à allonger le temps nécessaire. Les ressources financières n’étant pas les mêmes, alors que l’UPA finance ses avocats à même les cotisations des fermes (donc aussi de celles qui s’opposent au contrôle de l’UPA), l’Union paysanne doit trouver de l’argent auprès des sympatisants. Nous avons donc besoin de votre aide pour mener à terme cette campagne visant à permettre les petits élevages en dehors du contrôle de l’industrie, comme c’est d’ailleurs la cas partout au Canada. Voyez sur notre site notre campagne sur le hors-quota. Vous voulez aider concrètement? Voici une excellent occasion de le faire.

Votre président

Maxime Laplante, agr