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Manifeste unitaire historique des organisations sociales rurales au Brésil

Les mouvements sociaux ruraux de tout le Brésil se sont réunis les 27 et 28 février à Brasilia et ont rendu public un manifeste unitaire pour la défense de la réforme agraire, pour un développement rural qui mette fin aux inégalités, pour la production et l’accès à des aliments sains, l’agro-écologie, la garantie et l’extension des droits sociaux pour les travailleurs ruraux.

L’après-midi du mardi (28 février), les mouvements ont présenté ce manifeste durant la 15e séance plénière de la Chambre des représentants, à Brasilia. En voici le texte intégral.

 


 

Les entités APIB, CARITAS, CIMI, CPT, CONTAG, FETRAF, MAB, MCP, MMC, MPA et MST, présentes au Séminaire national des organisations sociales rurales qui s’est tenu à Brasilia les 27 et 28 février 2012, ont discuté de la construction et de la réalisation d’un processus de lutte unifié pour la défense de la réforme agraire, des droits territoriaux et la production d’aliments sains.

 

Considérant que :

  1. L’approfondissement du capitalisme dépendant dans les zones rurales, fondé sur l’expansion de l’agrobusiness, produit des impacts négatifs sur la vie des populations rurales, sur les forêts et sur les eaux, empêche l’accomplissement de la fonction sociale et environnementale des terres et la réforme agraire, développe l’exclusion et la violence, provoque un impact négatif dans les villes, aggrave la dépendance extérieure et la dégradation des ressources naturelles (primarisation).
  2. Le Brésil connaît un processus de reprimarisation économique basée sur la production et l’exportation de produits agricoles et non agricoles (exploitation minière), qui le rend incapable de financer et de promouvoir le développement durable et solidaire et de répondre aux besoins du peuple brésilien.
  3. L’agrobusiness représente un pacte des classes sociales hégémoniques, avec un fort soutien de l’État brésilien, orienté vers le financement et l’accumulation du capital, la commercialisation des produits de la nature, la concentration de la terre et son appropriation par des groupes étrangers, la contamination des aliments par les pesticides, la destruction de l’environnement, l’exclusion et la violence dans les campagnes, et la criminalisation des mouvements, des dirigeants et des luttes sociales.
  4. La crise actuelle est systémique et planétaire et, dans les situations de crise, le capital cherche des solutions qui ne font qu’affecter davantage les travailleurs par l’exploitation accrue de la main-d’œuvre (y compris par le travail esclave), la surexploitation et la concentration des biens et des ressources naturelles (reprimarisation), la flexibilisation des droits et l’investissement dans une technologie d’exclusion et prédatrice.
  5. Dans la crise actuelle, le Brésil, en tant que pays riche en terres, en eau, en biens naturels et en biodiversité, attire les capitaux spéculatifs et l’agro-exportation, exacerbant ainsi les impacts négatifs sur les territoires et les populations indiennes et afro-descendantes, sur les communautés traditionnelles et paysannes. Extérieurement, le Brésil pourrait se convertir en levier du projet néo-colonisateur, avec l’expansion de ce modèle à d’autres pays, en particulier en Amérique latine et en Afrique.
  6. La pensée du « néo-développement » axé sur la production et sur le profit, défendu par la droite et par certains secteurs de gauche, exclut et traite comme des obstacles les peuples indiens, afro-descendants et paysans. L’option du gouvernement brésilien pour ce projet de « néo-développement » axé sur les grands projets et l’exportation des produits agricoles, aggrave la situation de l’exclusion et de la violence. En conséquence il ne répond pas aux besoins structurels et ne place pas la réforme agraire au centre de l’agenda politique, ce qui provoque un vif mécontentement des organisations sociales rurales, malgré de petites améliorations sur des questions périphériques.

Telles sont les raisons centrales qui ont conduit les organisations sociales à se joindre à un processus national d’articulation des luttes. Tout en reconnaissant la diversité politique, elles comprennent l’importance de la construction de l’unité, sur la base de la sagesse, de la maturité politique et du respect des différences, dans la recherche de conquêtes concrètes pour les habitants des zones rurales, des forêts et des eaux.

Par conséquent, nous, organisations rurales, allons nous battre pour un développement soutenable qui mette l’accent sur la souveraineté alimentaire et territoriale, à partir de quatre axes centraux :

  1. Réforme agraire en profondeur et de qualité, garantie et extension des droits territoriaux pour les peuples indiens, afro-descendants et communautés traditionnelles. La terre comme milieu de vie et affirmation socio-culturelle des peuples. La lutte contre le transfert des terres à des groupes étrangers et l’établissement de limites à la propriété foncière au Brésil ;
  2. Le développement rural avec répartition des revenus et de la richesse et la fin des inégalités ;
  3. La production et l’accès à une alimentation saine et la conservation de l’environnement, l’établissement de processus qui assurent la transition à l’agro-écologie ;
  4. La garantie et l’extension des droits sociaux et culturels permettant la qualité de vie, y compris le progrès rural et la permanence des jeunes en milieu rural.

C’est un moment historique, un espace qualifié, en présence des dirigeant(e)s des principales organisations rurales qui lancent un appel à l’adhésion et à l’engagement dans ce processus à d’autres organisations et mouvements sociaux, secteurs du gouvernement, parlementaires, personnalités et à la société en général, sachant que l’agenda qui nous unit exprime les intérêts de tous et de toutes.

Brasilia, le 28 février 2012.

APIB – Association des Peuples Indigènes du Brésil
Caritas Brésil
CIMI, Conseil indien missionnaire
CPT, Commission pastorale de la terre
CONTAG, Confédération nationale des travailleurs agricoles
FETRAF, Confédération nationale des travailleurs de l’agriculture familiale
MAB, Mouvement des personnes affectées par les barrages
MCP, Mouvement paysan populaire
MMC, Mouvement des femmes rurales
MPA, Mouvement des petits agriculteurs
MST, Mouvement des travailleurs ruraux sans terre
Via Campesina Brésil

 


 

Source : Thierry Deronnehttp://www.alterinfos.org/spip.php?article5459

Pourquoi prendre action pour stopper la luzerne OGM?

Voici une courte vidéo animée en anglais sur la luzerne OGM. C’est une initiative du Réseau Canadien d’Action sur les Biotechnologies (RCAB), qui vous suggère également d’envoyer une lettre au Ministre de l’agriculture afin de lui montrer votre sensibilité à ce sujet. Suivez la petite abeille qui est en train de comprendre la menace de la luzerne génétiquement modifiée. Regarder la vidéo.

 

Ecrivez une lettre au Ministre fédéral de l’Agriculture:

(texte suggéré)

Monsieur le Ministre Ritz,

Je vous écris pour vous prier de prendre des mesures immédiates pour bloquer la commercialisation de la luzerne génétiquement modifiée (GM) au Canada. La luzerne GM menace les marchés de tous les producteurs de luzerne ainsi que l’avenir de l’alimentation et de l’agriculture biologiques au Canada.

L’introduction de la luzerne génétiquement modifiée (GM) tolérante à l’herbicide (Roundup Ready) de Monsanto aurait de graves impacts négatifs sur de nombreux types d’agriculteurs et de systèmes agricoles, à la fois conventionnels et biologiques.

Les agriculteurs conventionnels et biologiques conviennent que la culture de la luzerne GM n’est ni nécessaire ni souhaitable. Parce que la luzerne est une culture vivace pollinisée par les abeilles, la contamination par la luzerne GM est inévitable. La luzerne GM a été approuvée au Canada en 2005, mais doit être soumise à une étape de plus avant de pouvoir être vendue légalement comme semence au Canada. S’il vous plaît, faites obstacle à la luzerne GM avant qu’elle contamine les champs des agriculteurs.

S’il vous plaît, prenez des mesures immédiates pour stopper la luzerne GM.

 


Pour en savoir plus : http://rcab.ca/content/view/full/997

Lien complet de la vidéo sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=tlbtIEVF77Q&context=C383a5d6ADOEgsToPDskLqMXdLgQDBu5FNEPcMBWBW

La Via Campesina et la Journée Internationale des Femmes

Le 8 mars est la Journée Internationale des Femmes, où nous commémorons et honorons la mémoire de tant de femmes travailleuses, des campagnes et des villes, qui ont donné leurs vies à la lutte pour leurs droits et pour la justice. Ces femmes se sont sacrifiées pour pour mettre un terme à la discrimination et aux inégalités sociales, politiques, économiques qui sont à la base du développement du capitalisme mondial.

C’est également une journée où nous célébrons les avancées importantes réalisées dans la lutte pour l’émancipation des femmes.

Le 8 mars est également une journée de mobilisation et de réaffirmation de l’engagement permanent et sans limites dans la lutte pour mettre fin à ce système capitaliste et patriarcal, qui oppresse davantage les femmes, dans toutes les sphères de la société, aux quatre coins de la planète. Cette lutte gigantesque continue à nous pousser, femmes et hommes de la Via Campesina, à réfléchir de toute urgence à un changement en faveur d’un type de société que nous souhaitons construire et qui implique de nouveaux rapports sociaux et de pouvoir, dans lesquels les femmes et les hommes aient des chances, des droits et des devoirs égaux.

Le message de la Via Campesina

Nous saluons la Journée Internationale D’action et de Lutte que les femmes de la Via Campesina réalisent dans le monde et dont l’objectif est de dénoncer l’avancée du capitalisme dans l’agriculture, par le biais des sociétés multinationales, ainsi que le modèle destructif de l’agro-industrie qui menace non seulement la souveraineté alimentaire des peuples, mais également l’environnement et porte directement atteinte à la liberté et à la vie des femmes.

Dans ce sens, nous réitérons qu’il est essentiel d’élever le niveau de conscience de toutes et de tous, en mettant en valeur le rôle et l’importance qu’a toujours eue la participation des femmes dans l’agriculture paysanne, en préservant les savoirs ancestraux et les semences, en garantissant la biodiversité et la souveraineté alimentaire des peuples. Il est regrettable que les femmes rurales, qui produisent 80% des aliments, ne possèdent que 2% des terres.

Ainsi, en tant que Via Campesina, nous lutterons ensemble, femmes et hommes, pour dénoncer les attitudes machistes, tant au niveau politique qu’économique, de la société capitaliste et patriarcale qui domine le monde aujourd’hui. Nous nous mobiliserons contre l’offensive des entreprises multinationales qui s’emparent de nos territoires, de nos savoirs et de notre travail et nous construirons une société basée sur l’égalité et la justice

Nos défis communs sont: une réforme agraire intégrale, mettre fin aux accaparements de terres, garantir la justice sociale, qui servira de base à la consolidation de la souveraineté alimentaire et environnementale, et mettre fin aux violences faites aux femmes. Pour un projet d’agriculture basé sur l’agroécologie, pour la défense de la terre, de l’eau, des semences et contre la marchandisation de la vie.
La Via Campesina dit Stop aux Violences faites aux femmes!

Femmes en lutte contre l’agrobusiness, les agrotoxiques, pour la souveraineté alimentaire, la santé et la souveraineté des femmes!

Globalisons la lutte! Globalisons l’espoir!

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Projet de création d’un répertoire des fabricants de boudin noir artisanal

boudin-noir-cuit_thumbL’objectif: mettre en place une confrérie québécoise de boudin noir artisanal. On en est à établir une liste des charcutiers et des chefs qui fabriquent ce produit du terroir. Cette confrérie vise à faire la promotion du boudin noir comme un produit de la gastronomie québécoise.

Il existe à Mortagne au Perche une confrérie des chevaliers du Goûte-Boudin qui fêtera en 2012 son 50e anniversaire. Cet organisme organise chaque année un concours du meilleur boudin artisanal. Quelque 500 échantillons sont soumis à un jury qui les évalue à l’aveugle. Un charcutier du Québec a d’ailleurs remporté un prix à chacune de ses deux participations à ce concours. Le projet d’une confrérie québécoise prévoit organiser un concours annuel. Les gagnants seraient alors invités à s’inscrire au concours de la confrérie de Mortagne. AUCUNE OBLIGATION N’EST RELIÉE À VOUS FAIRE CONNAÎTRE.

Une vingtaine de Québécois ont été intronisés membres de la Confrérie de Mortagne au Perche. Ces personnes seront d’office membres de la confrérie québécoise quand celle-ci verra le jour. La confrérie québécoise serait totalement autonome mais prévoit un lien d’échange avec celle de Mortagne. Un appel est donc lancé aux fabricants de boudin noir artisanal du Québec de se faire connaître aux promoteurs de la mise en place d’une confrérie québécoise dans les meilleurs délais.

Crédits pour la photo


Pour plus d’information sur ce projet, contacter :

Évariste Normand
1033, de la Colombière
Saint-Jean-Chrysostome, QC
G6Z 2J4
Tél. : 418-839-4348
Courriel : evaristenormand@oricom.ca

Assemblée des Opprimés, le 5 décembre 2011, Durban, Afrique du Sud

Déclaration de La Via Campesina – Nous, l’Assemblée des Opprimés, sommes réunis ce jour pour revendiquer la réforme du système capitaliste néolibéral dans son ensemble. La lutte contre le changement climatique est une lutte contre le capitalisme néolibéral, la paysannerie sans-terre, la dépossession, la faim, la pauvreté et la recolonisation des territoires des peuples d’Afrique et des pays du Sud.

Nous nous sommes  réunis pour faire savoir que l’action directe est la seule arme que possède les peuples opprimés permettant de mettre fin à l’oppression dans le monde et ce sous toutes ses formes.

Nous sommes réunis ici, à Durban, Afrique du Sud, où se tient la 17ème Conférence des Parties des Nations Unies pour débattre des mauvaises solutions proposées visant à faire face au changement climatique. Et nous constatons que l’avenir de la planète Terre et de l’humanité est en danger car les principaux responsables tentent d’échapper à leurs responsabilités et de faire table rase des faits.

Nous, La Via Campesina, mouvement international de paysans et paysannes, pratiquant une agriculture paysanne familiale durable,  sommes totalement consternés par le refus réitéré des pays développés et leurs tentatives de se soustraire à leur devoir historique pour lequel ils devraient fournir un réel effort de réduction des émissions, au lieu de promouvoir de fausses alternatives à la crise climatique, dictées par les conditions du marché.

Ici, à Durban,  les discussions portent sur la mise en place d’un « nouveau mandat ». Un mandat comportant des mécanismes commerciaux et un système d’engagement volontaire, ce qui permet de ne pas appliquer le programme obligatoire en vue de  l’élaboration d’engagements juridiquement contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus, les pays développés persistent dans leur refus d’assumer leur responsabilité historique et de payer leur dette climatique. Ils soutiennent  la création d’un « fonds vert pour le climat » (GCF)  impliquant des capitaux privés et la Banque Mondiale. Enfin, il existe une volonté d’inclure l’agriculture dans les négociations mais en la considérant en termes de puits de carbone et non comme une source de nourriture ou un moyen d’assurer la souveraineté alimentaire.

Aux yeux de La Via Campesina, et considérant la tournure que prennent les négociations, il est préférable de ne rien signer plutôt que de signer un accord qui condamnerait l’humanité et la planète à un avenir avec des catastrophes climatiques.

Actuellement, l’heure est très grave pour l’agriculture et les petits producteurs, tout comme pour l’environnement. Les conséquences du changement climatique deviennent de plus en plus sévères, causant de mauvaises récoltes, la destruction des foyers et des habitats naturels, la famine et la mort. L’avenir de l’humanité et de notre planète est fortement menacé. Si ces mauvaises résolutions voient le jour, l’impact sera désastreux sur la nature, les générations futures et la planète toute entière.

Voici donc les revendications que nous portons à la connaissance des gouvernements participants aux négociations:

  • Nous appelons les pays du Sud,  à prendre la défense de leurs  propres peuples et des peuples du monde ainsi que celle de la planète avec dignité et conviction. De ce point de vue, le gouvernement d’Afrique du Sud a déjà abandonné et vendu son peuple aux spéculateurs.
  • Nous appelons les pays développés à assumer leur responsabilité historique à l’origine de cette crise climatique et de payer leur dette climatique, ainsi que de s’engager sur un objectif de réduction d’au moins 50% de leurs droits d’émissions par rapport aux niveaux de 1990 et ce sans condition et en excluant les marchés du carbone ou tout autre mécanisme de compensation.
  • Nous appelons les gouvernements à ne plus subventionner une agriculture industrielle qui engendre pollution et changements climatiques par l’usage massif qu’elle fait des produits pétrochimiques.
  • Nous appelons les gouvernements à promouvoir et subventionner l’agro-écologie.
  • Nous appelons tous les pays à écouter et à travailler pour le peuple, à cesser d’œuvrer sous le contrôle des grandes multinationales.
  • Nous appelons tous les pays à renoncer à vouloir sauver le système capitaliste et à ne plus faire payer  le peuple, y compris les petits producteurs, pour les conséquences de la crise économique et financière.
  • Nous, La Via Campesina, demandons la mise en œuvre de l’Accord des Peuples de Cochabamba. Et ici, aujourd’hui, à Durban et ou ailleurs, nous réitérons avec force nos solutions face aux effets de la crise climatique :
  • Le réchauffement de la planète doit être limité seulement à 1 degré Celsius.
  • Les pays développés doivent réduire d’au moins 50%  leurs droits d’émissions par rapport aux niveaux de 1990 et ce sans conditions et en excluant les marchés du carbone ou tout autre mécanisme de compensation.
  • Les pays riches doivent s’engager à rembourser la dette climatique avec un plan de financement à hauteur d’au moins 6% de leur PIB. Les fonds destinés au financement de la lutte contre les effets du changement climatique doivent être d’ordre publique, et ne peuvent être contrôlés par la Banque Mondiale ou d’autres entreprises privées.
  • Tous les mécanismes de marchés doivent être stoppés, y compris les programmes REDD, REDD++ et les marchés du carbone envisagés dans le programme pour l’agriculture.
  • Nous affirmons de nouveau qu’il ne peut y avoir de solution aux effets des changements climatiques ainsi qu’au système néolibéral prédateur qui en est la cause, sans une libération totale des femmes, des paysannes en particulier, du joug ancestral du patriarcat et de la discrimination sexiste.  Ainsi, nous exigeons une action d’ensemble contre le patriarcat et le sexisme :
  • Que l’on donne aux  femmes l’accès à la terre et à leurs droits de propriété par le biais d’un processus de redistribution choisie.
  • Les lois et les politiques doivent répondre aux besoins spécifiques des femmes.

Nous, La Via Campesina, exigeons qu’un terme soit mis à la marchandisation de notre Planète Terre. Nous rejetons les mécanismes des marchés du carbone. De plus, nous rejetons la possibilité d’inclure dans les négociations un programme de travail spécifique sur l’agriculture comme cela est aujourd’hui envisagé. Nous rejetons également tous les mécanismes de marché envisagés autour de l’agriculture.

Nous, La Via Campesina et les peuples du Monde, détenons les solutions à la crise climatique et nos appelons les gouvernements à les prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard. A l’occasion de cette Assemblée des Opprimés, nous tenons à dire aux peuples du monde que la solution est entre leurs mains. C’est à travers la création de mouvements sociaux et la mobilisation des peuples dans la lutte pour le changement social que les peuples du monde viendront à bout de cette alliance mortifère entre les gouvernements et les entreprises multinationales.

En ce moment même en Afrique, cette alliance est en train de commettre l’une des plus grandes spoliations que l’histoire ait connues, en privant les paysans de leurs terres. Et nous savons ce qu’un tel accaparement des terres implique : plus d’agriculture industrielle, plus de pauvreté et d’exploitation, ainsi que l’augmentation des effets du changement climatique.

A ce stade, la seule contre-attaque possible est l’occupation des terres à l’initiative des  paysans sans-terre eux-mêmes. Du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la réforme agraire et de la justice climatique, ces occupations méritent tout notre soutien.

L’agriculture paysanne durable et l’agro-écologie contribuent au refroidissement de la planète !

La souveraineté alimentaire est la solution !

L’agriculture paysanne n’est pas à vendre !

Globalisons la lutte ! Globalisons l’espoir !

Le président de l’Union paysanne recevra la visite d’un huissier

Benoit_Girouard_200Le président de l’Union paysanne, n’ayant pas payé sa cotisation syndicale à l’UPA, se voit réclamer par le Ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’Alimentation du Québec son remboursement de taxe foncière agricole.

«J’ai reçu une lettre de huissier qui me donne 48 heures pour prendre contact, mais je ne paierai plus ma cotisation à l’UPA car son monopole a assez duré. Je ne rembourserai donc pas le MAPAQ car j’ai payé deux cotisations syndicales depuis trop longtemps. C’est ici que j’arrête de cautionner ce système antidémocratique», écrit Benoît Girouard, président de l’Union paysanne.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, nombre de programmes de l’État québécois sont liés au paiement de la cotisation à l’UPA, dont l’un des plus importants, le remboursement des taxes foncières agricoles.

« Dans les faits, la loi 85 lie le soutien de l’État, donc de l’argent public, à une cotisation syndicale privée. C’était immoral à l’époque1 et c’est devenu insoutenable aujourd’hui·» souligne Maxime Laplante, agronome et vice-président de l’Union paysanne.

Le Barreau avait à l’époque dénoncé vivement cette loi, tout comme des milliers d’agriculteurs, dans le cadre d’une pétition. Malheureusement, le ministre de l’époque a préféré ignoré le Barreau tout comme le ministre Corbeil récemment dans son projet de loi 21.

« Il est maintenant temps pour le ministre Pierre Corbeil de se positionner·: allez vous oui ou non rétablir le pluralisme syndical en agriculture et abolir le monopole de l’UPA? Dans l’attente je ne paierai pas un sou à votre système qui brime mes droits… dites-le au huissier » interpelle Benoit Girouard.

1·: http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/capa-35-1/journal-debats/CAPA-951128.html


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Célébration du 10e anniversaire, un succès!

christian-begin-animation_150Le 5 novembre dernier, l’Union paysanne soulignait son 10e anniversaire au Manoir Rouville Campbell par un souper bénéfice paysan et festif. Sous la présidence de Christian Bégin et avec la prestation des Zapartistes, ce fût un pur plaisir des dires des participants présents, dont plusieurs figures importantes du monde agricole québécois. Visitez l’album photo

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STOP À L’ACCAPAREMENT DE TERRES, MAINTENANT!

viacampesina_100Déclaration de la conférence de Nyéléni (Signé à Nyéléni, le 19 novembre 2011). Nous, paysannes et paysans, pastoralistes, peuples autochtones ainsi que nos alliés, réunis pour la première fois à Nyéléni du 17 au 19 Novembre 2011, sommes venus des quatre coins du monde pour partager nos expériences et nos luttes contre l’accaparement des terres.

Il y a un an, nous avons soutenu l’appel de Kolongo lancé par des organisations paysannes au Mali, qui sont aux avant-postes de la résistance locale contre l’accaparement des terres agricoles et les aliénations de la terre des paysans en Afrique.

Nous nous sommes rassemblés à Nyéléni en réponse à l’Appel de Dakar, qui invite les peuples à former une alliance mondiale contre l’accaparement des terres. Car nous sommes déterminés à défendre la souveraineté alimentaire, les biens communs et les droits d’accès des petits producteurs d’aliments aux ressources naturelles.

Au Mali, le gouvernement, dans sa politique de promouvoir les investissements privés dans l’Agriculture, à céder près de 800 000 hectares de terres à des investisseurs privés. Ces terres appartiennent à des communautés qui y vivent depuis des générations, voire depuis des siècles, alors que l’Etat malien n’a été créé que dans les années 1960. Cette situation se retrouve dans de nombreux autres pays dans lesquels les droits coutumiers ne sont pas reconnus. Déposséder les communautés de leurs terres est une violation tant de leurs droits coutumiers que de leurs droits historiques.

Le fait de pouvoir bénéficier d’un accès sécurisé à la terre et d’avoir le contrôle du foncier et des ressources naturelles sont des droits liés de manière inextricable à ceux consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’Homme ainsi que par de nombreuses autres conventions régionales et internationales sur les droits humains, comme par exemple le droit à l’autodétermination, le droit à un niveau de vie adéquat ou encore le droit au logement, à l’alimentation, à la nourriture, à la santé, à la culture, à la propriété et à la participation.

Nous constatons avec une grande inquiétude que les États ne respectent pas leurs obligations à cet égard et considèrent que les intérêts des milieux d’affaires sont plus importants que les droits des peuples.

L’accaparement des terres est un phénomène mondial, initié par les élites locales et transnationales, les gouvernements et les multinationales afin de contrôler les ressources les plus précieuses du monde. La crise mondiale dans les domaines de la finance, de l’alimentation et du climat a déclenché une ruée des investisseurs et des gouvernements des pays riches en vue d’acquérir et de s’emparer de terres agricoles et de ressources naturelles, étant donné que ces ressources sont les seules «valeurs refuges» qui peuvent encore garantir la sécurité des rendements financiers.

Des fonds de pensions et autres fonds d’investissement sont devenus de puissants acteurs dans l’accaparement des terres, tandis que les guerres continuent à être menées pour le contrôle des richesses naturelles.

La Banque mondiale et les banques régionales de développement favorisent encore l’accaparement des terres et la mainmise sur l’eau en poussant à la mise en œuvre de politiques favorables aux milieux d’affaires, facilitant les capitaux et les garanties pour les investisseurs industriels et, d’une manière générale, en faisant la promotion d’un modèle économique de développement prédateur et néfaste.

La Banque mondiale, le FIDA, la FAO et la CNUCED ont proposé sept principes qui légitiment l’accaparement des terres agricoles par des investisseurs privés et étatiques.

Menée par certaines des plus grandes multinationales au monde, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a pour objectif de convertir l’agriculture paysanne en une agriculture industrielle et d’intégrer les petits paysans aux chaînes mondiales de valeur, augmentant considérablement leur vulnérabilité face à la perte de leurs terres.

L’accaparement des terres dépasse le traditionnel clivage Nord-Sud qui caractérise les structures impérialistes; les sociétés transnationales accaparatrices peuvent être basées aux Etats-Unis ou en Europe mais aussi au Chili, au Mexique, au Brésil, en Russie, en Inde, en Chine, en Afrique du Sud, en Thaïlande, en Malaisie ou en Corée du Sud, pour n’en citer que quelques unes.

C’est une crise qui affecte tout autant les zones rurales que urbaines. Les accaparements de terres se font en Asie, en Afrique, dans les Amériques et même en Europe dans le cadre de projets d’agriculture industrielle, d’exploitation minière, de construction d’infrastructures, de barrages, pour le tourisme, au nom de la création de parcs naturels, pour les besoins de l’industrie, pour permettre l’expansion urbaine ou encore à des fins militaires.

Les peuples autochtones et les minorités ethniques sont chassés de leurs territoires par la force armée, augmentant encore leur précarité voire, dans certains cas, les réduisant en esclavage.

Les fausses solutions au changement climatique, s’appuyant sur des mécanismes de marché, ne font que renforcer encore l’aliénation des communautés locales de leurs terres et des ressources naturelles.

Malgré le fait que les femmes sont les principales productrices d’aliments à travers le monde et qu’elles sont les premières responsables du bien-être de leurs famille et de leurs communautés, les structures patriarcales existantes continuent à spolier les femmes, en les dépossédant des terres qu’elles cultivent et en les privant de leur droit d’accès aux ressources naturelles. Etant donné que la plupart des femmes paysannes ne disposent pas d’un accès pérenne, légalement reconnu, au foncier, elles sont particulièrement vulnérables face aux expulsions et expropriations.

La lutte contre l’accaparement des terres est un combat contre le capitalisme, le néolibéralisme et contre un modèle économique prédateur.

A travers les témoignages de nos frères et sœurs du Brésil, du Burkina Faso, de Colombie, de la République démocratique du Congo, de France, du Ghana, du Guatemala, de la Guinée Bissau, du Honduras, d’Inde, d’Indonésie, du Mali, de Mauritanie, du Mozambique, du Népal, du Niger, du Sénégal, d’Afrique du Sud, de Thaïlande, d’Ouganda…, nous avons pu prendre conscience à quel point l’accaparement des terres menace la petite paysannerie et l’agriculture familiale ainsi que la nature, l’environnement et la souveraineté alimentaire.

L’accaparement des terres déplace et disloque les communautés, détruit les économies locales et les cultures ainsi que le tissu social. Elle met en péril l’identité des communautés, qu’il s’agisse de paysans, de pastoralistes, de pêcheurs, de travailleurs, de peuples autochtones ou de « sans-castes ».

Et ceux qui osent se lever pour défendre leurs droits légitimes et la survie de leurs familles et communautés sont frappés, emprisonnés et assassinés.

Il n’existe aucun moyen pour atténuer les impacts de ce modèle économique et des structures de pouvoir qui le défendent. Nos terres et nos identités ne sont ni à vendre, ni à louer.

Mais nous ne nous déclarons pas vaincus.  En nous organisant, en nous mobilisant et en assurant la cohésion de nos communautés, nous avons été en mesure de faire échec à l’accaparement des terres en de nombreux endroits.

Par ailleurs, nos sociétés reconnaissent de plus en plus que l’agriculture paysanne et familiale ainsi que la production alimentaire à petite échelle représentent le modèle le plus durable, tant socialement, économiquement et écologiquement, pour l’utilisation des ressources et pour garantir le droit à l’alimentation pour tous.

Rappelant les termes de l’Appel de Dakar, nous réitérons notre engagement à résister et lutter contre l’accaparement des terres par tous les moyens possibles, d’apporter notre soutien à tous ceux qui luttent contre ces accaparements et spoliations et de faire pression sur nos gouvernements nationaux ainsi que sur les institutions internationales afin qu’elles s’acquittent de leurs obligations envers les droits des peuples.

Nous nous engageons tout particulièrement à:

  • Organiser les communautés rurales et urbaines afin de lutter contre les accaparements de terres sous toutes leurs formes.
  • Renforcer les capacités de nos communautés et de nos mouvements à revendiquer, récupérer et défendre nos droits, nos terres et notre accès aux ressources naturelles.
  • Obtenir et pérenniser, au sein de nos communautés, les droits des femmes pour l’accès à la terre et aux ressources naturelles.
  • Sensibiliser le public au fait que l’accaparement des terres est une source de crises qui affectent l’ensemble de la société.
  • Construire des alliances entre les différents secteurs, les groupes de population, et les régions afin de mobiliser nos sociétés en vue de mettre fin à l’accaparement des terres
  • Renforcer nos mouvements afin de mieux promouvoir et parvenir à la souveraineté alimentaire ainsi qu’à une véritable réforme agraire.

Afin d’atteindre les engagements ci-dessus, nous allons développer les actions suivantes:

Concernant le renforcement de nos capacités en vue d’organiser la résistance locale

  • Rendre compte à nos communautés des délibérations et des engagements pris lors de cette conférence.
  • Mettre en place nos propres bases de données d’informations sur la question de l’accaparement des terres, en documentant des cas, en rassemblant des informations pertinentes et des preuves chiffrées sur les processus, les acteurs et les impacts de l’accaparement des terres, etc.
  • S’assurer que nos communautés disposent de l’information dont ils ont besoin concernant les lois, leurs droits, les investisseurs, les contrats, etc. afin qu’ils puissent résister de manière efficace aux manœuvres des investisseurs du secteur privé et à celles des gouvernements qui cherchent à s’emparer de nos terres et de nos ressources naturelles.
  • Mettre en place des systèmes d’alerte précoce afin d’alerter les communautés sur les risques et les menaces.
  • Renforcer nos communautés à travers des initiatives de formation politique et technique, restaurer notre fierté d’être des paysannes et des paysans, des producteurs et des productrices qui fournissent les aliments qui nourrissent la planète de manière saine et durable, et ceci particulièrement chez les jeunes.
  • Garantir les droits fonciers et d’accès aux ressources pour les femmes à travers un travail de conscientisation de nos communautés et de nos mouvements relatif à l’importance de respecter et de protéger les droits fonciers des femmes, en particulier dans les systèmes coutumiers.
  • Développer et utiliser les médias locaux afin d’organiser les membres de nos communautés ainsi que d’autres secteurs de la population et partager avec eux des informations sur l’accaparement des terres.
  • Veiller à ce que nos dirigeants respectent les règles établies par nos communautés et les obliger à rendre des comptes à nous, à nos communautés et à nos organisations.

Concernant l’aide juridique pour notre défense

  • Développer nos propres systèmes d’aide juridique et travailler en liaison avec des experts juridiques et des droits humains.
  • Condamner toutes les formes de violence ainsi que la criminalisation de nos luttes et de nos mobilisations pour la défense de nos droits.
  • Nous mobiliser pour obtenir la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées à cause de leur engagement dans les luttes pour leurs terres et territoires, et mettre sur pied en urgence des campagnes de solidarité avec tous ceux qui sont confrontés à ces types de conflits.

Concernant le plaidoyer et la mobilisation

  • Institutionnaliser la journée du 17 avril comme étant le jour de mobilisation mondiale contre l’accaparement des terres, mais également identifier d’autres dates appropriées qui pourraient servir de point de ralliement pour des mobilisations en vue de défendre nos terres et nos biens communs.
  • Développer nos argumentaires politiques afin de dénoncer et discréditer le modèle économique qui est à l’origine de l’accaparement des terres ainsi que les différents acteurs et initiatives visant à promouvoir et légitimer ces pratiques.
  • Établir un Observatoire des peuples sur l’accaparement des terres afin de faciliter et de centraliser la collecte des données, les communications, les actions de planification, les initiatives de lobbying, de conscientisation, de recherche et d’analyse, etc.
  • Promouvoir les droits fonciers des femmes à travers des initiatives de redistribution foncière ciblée pour les femmes, ainsi que d’autres actions; pousser à la promulgation de lois et l’instauration de politiques répondant aux besoins particuliers des femmes.
  • Porter nos messages et nos exigences devant les parlements, les gouvernements et les institutions internationales. Poursuivre notre engagement vis à vis du Comité pour la sécurité alimentaire mondiale et exiger que les processus tels que les Directives volontaires de la FAO sur la gouvernance responsable de la tenure des terres et des autres ressources naturelles contribuent véritablement à protéger et promouvoir les droits à la terre et l’accès aux ressources naturelles des petits paysans et producteurs alimentaires.
  • Identifier et cibler les forums locaux et les espaces nationaux et internationaux où nous pouvons entreprendre des actions de mobilisation et de sensibilisation du public en vue de créer un large mouvement dans la société de résistance à l’accaparement des terres.
  • Planifier des actions qui ciblent les entreprises privées, (y compris les sociétés financières), la Banque mondiale et autres banques multilatérales de développement qui font la promotion, encouragent et tirent profit des projets d’accaparement des terres et des ressources naturelles.
  • Poursuivre notre opposition aux régimes industriels d’autorégulation comme les principes d’investissements agricoles responsables (IAR).
  • Développer et renforcer nos actions en vue de parvenir à la souveraineté alimentaire et à la réforme agraire, afin de promouvoir la reconnaissance des systèmes coutumiers, tout en garantissant les droits d’accès à la terre et aux ressources naturelles pour les femmes et les jeunes.
  • Soutenir le droit des peuples à jouir de leurs ressources à travers des occupations de terres, les occupations des bureaux des investisseurs privés, les manifestations et autres actions en vue récupérer leurs biens communs.
  • Exiger que nos gouvernements remplissent leurs obligations en matière de droits humains, qu’ils cessent immédiatement les transferts de terres et de ressources naturelles aux investisseurs privés, qu’ils annulent les contrats déjà signés et qu’ils restituent les terres ainsi accaparées et qu’ils protègent les communautés rurales et urbaines des opérations d’accaparement en cours et à venir.

Concernant le renforcement des alliances

  • Construire de solides réseaux d’organisations et d’alliances à différent niveau – local, régional et international – en s’appuyant sur l’Appel de Dakar et placer les petits paysans et producteurs d’aliments artisanaux au cœur de ces alliances.
  • Forger des alliances avec des membres et actionnaires de fonds de pensions afin d’empêcher les gestionnaires de ces fonds d’investir dans des projets qui ont pour conséquence l’accaparement des terres.
  • Construire des alliances stratégiques avec la presse et des médias, afin qu’ils rendent compte fidèlement de nos messages et de nos réalités; lutter contre les préjugés répandus par les médias dominants en ce qui concerne les luttes pour la terre et la réforme agraire au Zimbabwe.

Nous appelons toutes les organisations qui partagent ces principes et soutiennent ces actions à rejoindre notre Alliance internationale contre l’accaparement des terres, une alliance que nous créons ce jour, solennellement, ici à Nyéléni.

Globalisons la lutte ! Globalisons l’espoir !

Signé à Nyéléni, le 19 novembre 2011

monopole-syndical-tele-quebec

Monopole syndical à Télé-Québec

monopole-syndical-tele-quebecL’Union des producteurs agricoles (UPA) est la seule voix officielle des agriculteurs au Québec. Un monopole unique dans le monde, dont l’UPA jouit légalement depuis 1972. L’UPA exerce un lobby extrêmement puissant à plusieurs égards. Son influence est telle que bien peu de partis politiques ont osé affronter cette puissance syndicale. De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer ce monopole.

L’absence de liberté de choix est au cœur du problème, évidemment, mais pour plusieurs agriculteurs, c’est le carcan de la mise en marché qu’ils ne veulent plus porter. Que faut-il faire pour que les producteurs se sentent légitimement représentés? Cet épisode fera entendre les voix de la dissidence comme celles de l’UPA.

Lien vers l’émission On est tous dans le champ! : http://video.telequebec.tv/video/8673/monopole-syndical

la-reconquete-du-quebec_s

La Gaspésie, source d’inspiration pour le Québec

la-reconquete-du-quebec_sLa reconquête du Québec. Esdras Minville et le modèle gaspésien. «Il serait temps d’user d’un peu plus de prévoyance dans le trafic des richesses naturelles, d’amender la politique de concessions sans recours si nous ne voulons pas être réduits bientôt au rôle de serviteurs dans notre propre maison.» (Esdras Minville, 1923).

Ce n’est ni Hugo Chavez ni Richard Desjardins ou Amir Khadir qui parle de cette façon, mais Esdras Minville, un Gaspésien qui fut d’abord pêcheur et bûcheron dans les années vingt, avant de devenir, dans les années quarante, le premier directeur canadien-français des Hautes Études Commerciales et le premier économiste à prôner la libération économique et la décentralisation territoriale du Québec. Et pour le prouver, il organisa à Grande-Vallée, son village natal, en 1938, une colonie agroforestière exemplaire qui permit à 125 familles de vivre dignement jusqu’à la fin des années soixante.

En revenant sur l’oeuvre et le travail de terrain d’Esdras Minville, Roméo Bouchard (cofondateur et ancien président de l’Union paysanne) navigue entre étude historique et programme politique pour le Québec de demain; car ce fervent défenseur d’un Québec autonome et décentralisé démontre à chaque page combien cette pensée, à contre-courant, reste une vivante source d’inspiration. Entre chroniques d’hier et d’aujourd’hui, ce polémiste relance, depuis la Gaspésie, la réflexion sur le territoire et l’avenir du Québec.

Si Montréal est le cerveau du Québec, les régions en sont le corps, et la Gaspésie l’âme – Roméo Bouchard

Pour en savoir plus :

La reconquête du Québec. Esdras Minville et le modèle gaspésien.

Source : Elodie Comtois, Éditions Écosociété