Les dernières nouvelles sur des sujets intéressant l’Union paysanne.

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Journée internationale des luttes paysannes: appliquons la Déclaration

Ce 17 avril, la Journée internationale des luttes paysannes, l’Union paysanne, en tant que membre du mouvement paysan mondial la Via Campesina, célèbre une importante victoire : l’adoption, le 17 décembre, 2018, par l’Assemblée générale des Nations unies de la Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.

Bien qu’il ne soit pas juridiquement contraignant, ce nouvel instrument est une affirmation de la volonté des Nations unies de faire respecter les droits de cette partie de l’humanité trop souvent victime de déplacement forcé, de pauvreté, de criminalisation et de subordination aux intérêts des transnationales agro-industrielles.

Au Canada actuellement, les paysanNEs se trouvent menacéEs par le gouvernement, qui souhaite fragiliser le droit de garder leurs semences, ce qui accentuerait la mainmise des transnationales semencières sur l’agriculture familiale. Il s’agit toutefois d’un droit protégé par la Déclaration.

Au Québec, il a fallu le courage d’un lanceur d’alerte, ajouté aux travaux des journalistes, pour persuader le gouvernement de mettre sur pied une commission sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement. Espérons que la commission se penchera particulièrement sur la santé de ceux qui sont les plus exposés aux effets des pesticides, c’est à dire les paysanNEs et leurs familles ainsi que les travailleurs-euses agricoles, et qu’elle se souviendra de l’obligation de l’État de « mener des programmes de …sensibilisation du public aux effets ….des produits chimiques d’utilisation courante dans les zones rurales, ainsi qu’aux solutions de remplacement. » La Commission doit aussi se souvenir du droit des travailleurs-euses agricoles de « ne pas utiliser des substances dangereuses … et de ne pas y être exposés. »

Au Québec et au Canada, les travailleurs- agricoles se voient souvent privéEs de leurs droits, en particulier du droit de constituer des syndicats et de mener des actions collectives, malgré l’obligation des États « de prendre des mesures appropriées pour encourager la création … de syndicats ,.. et de lever les obstacles à … leur développement. » Pour sa part, le gouvernement québécois a souvent manqué de prendre des mesures adéquates pour faire respecter le droit des travailleurs-euses saisonniers à « un logement convenable. »

La Déclaration insiste sur le fait que les droit humains sont « indissociables et interdépendants et se renforcent mutuellement ». Ainsi, dans certaines parties du monde, les paysanNEs et les travailleurs-euses qui réclament leurs droits socio-économiques sont exposéEs à des représailles allant du harcèlement à l’assassinat, une situation qui fait appel à un effort de solidarité de la part du mouvement paysan mondial et des changements de politique chez les gouvernements. Selon Karen Rothschild du Comité international de l’Union paysanne, « avec la nomination d’un Ombudsman pour surveiller le comportement des entreprises canadiennes à l’étranger, le Canada a fait un pas dans la bonne direction. Cependant, il est essentiel que cette nomination se traduise par le plein respect des communautés paysannes en Amérique latine, qui sont souvent victimes de violations très graves de leurs droits humains aux mains des agents des sociétés minières canadiennes. »

En fin de compte, la nouvelle Déclaration marque un point tournant dans les obligations des gouvernements à l’égard de la paysannerie et des zones rurales. Elle appelle aussi à un changement de mentalité chez les paysanNEs et les travailleurs-euses, qui cesseront d’être reléguéEs au statut de simples groupes d’intérêt ou de pression dans un monde majoritairement urbain afin de devenir de pleins sujets des droits collectifs et individuels spécifiques au monde rural.

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Mot du président – 12 avril 2019

Et non, toujours pas de nouvelles de la Régie des marchés agricoles dans le dossier du hors-quota, cinq mois après la fin des audiences. Je ne réussis à obtenir ni raison du retard, ni information quant à un nouveau délai, en dépit de nos multiples demandes.

Toutefois, la Régie, en date du 2 avril, a ordonné à la petite communauté religieuse des « Apôtres de l’amour infini » de ne plus produire de lait pour leur propre consommation. La représentante de la Régie me dit que la cause a été réglée « à l’amiable » entre « Les producteurs de lait » de l’UPA et la communauté. Ce qu’il faut comprendre, c’est que cette fédération a menacé d’une amende de 192 000$ ce groupe religieux pour avoir osé consommer leur propre lait sans détenir un quota. La même communauté avait déjà vécu une situation semblable alors que la fédération des éleveurs de poulet de l’UPA leur avait interdit de consommer leurs propres poulets. Même si ces gens n’ont jamais commercialisé leurs production, ils ont quand même froissé le besoin de pouvoir des succursales de l’UPA. Le monarque ne négocie pas avec ses sujets.

Cette fameuse gestion de l’offre, avec son cortège de quotas, a beau avoir certains intérêts de stabilisation des prix sur le marché, il n’en reste pas moins que d’en avoir laissé le plein contrôle à des cartels privés mène à de graves abus et soulève la grogne. Le gouvernement a compris que le simple fait de vouloir discuter de la gestion de l’offre sur la place publique était un tabou, au risque de mettre en péril une carrière politique, comme ce fut le cas avec Maxime Bernier. Il ne faut donc pas se surprendre si Ottawa décide de contourner le problème en ouvrant graduellement nos frontières pour des denrées comme le lait, les œufs et le poulet.

Il y a plusieurs années, le président de l’UPA comparait le système de quotas dans le lait à celui des permis des chauffeurs de taxi, même si un quota laitier vaut environ dix fois plus cher. Je ne peux m’empêcher d’y voir aujourd’hui une analogie. Sans juger de la pertinence ou non d’indemniser les chauffeurs pour la perte de valeur de leurs permis, je me pose la question de ce qui arrivera si les importations de lait ou de poulet minent la valeur des quotas de production et que les filiales de l’UPA réclament la compensation financière. Même si les détenteurs initiaux de quota n’ont pas eu à payer pour l’obtention, il n’en reste pas moins que la valeur des quotas agricoles dépasse aujourd’hui largement 13 milliards de dollars, au bas mot. On peut présumer que le conseil du Trésor sera réticent à payer, surtout qu’il s’agit d’une valeur spéculative. Ce qui est inadmissible, c’est justement d’avoir permis de spéculer sur ces quotas, alors qu’il s’agit d’un contrat social entre la ferme et l’État. Et pendant ce temps, on maintient la ligne dure en interdisant aux petites entreprises québécoises de produire et de vendre de petites quantités de lait ou de poulet. Si la gestion de l’offre n’est pas bientôt réformée, elle risque fort de disparaître.

Je suis conscient que le sujet de la gestion de l’offre n’est pas très « sexy ». Actuellement, les discussions sur la souveraineté alimentaire sont plus populaires. Mais il n’y aura pas de souveraineté sans droit de produire ou de liberté d’association.

Maxime Laplante, agr, président

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Non, M. Groleau, vous ne nous représentez pas!

** Cette lettre est une réplique à l’éditorial de Marcel Groleau, 27 février 2019, https://www.upa.qc.ca/fr/textes-dopinion/2019/02/mettre-en-opposition-les-petites-aux-grandes-fermes-ne-mene-a-rien/

Dans un éditorial du 27 février dernier, Marcel Groleau, président de l’UPA, nous met en garde contre le danger d’opposer «les petites fermes aux plus grandes». Devant l’arrogance de cette tentative de récupération des revendications des mouvements paysans dans le giron du monopole syndical obligatoire, nous, paysan-ne-s et membres de l’Union Paysanne, tenons à dénoncer le sophisme de M. Groleau, qui tente de sur-simplifier les distinctions fondamentales qui existent entre différents modes de productions alimentaires au Québec et ailleurs dans le monde.

Ces distinctions séparent les industries bio-alimentaires (nommées comme telles par le gouvernement du Québec1) et les modes de production (et de vie) paysans. Car tel est le point qu’il faut nommer et re-nommer ici; la paysannerie n’est pas un emploi ou un secteur de production, c’est une manière de vivre, une manière d’être au monde. Si les fermes du Québec ne sont pas celles des États-Unis, il n’en reste pas moins que le portrait agricole du Québec est largement structuré par des mécanismes d’intégration qui, comme le dit le livre vert pour une politique bio-alimentaire, englobent «toute la chaîne alimentaire, de la terre et de la mer jusqu’à votre table2». Ce sont ces chaînes qui forment l’industrie et qui encouragent, par exemple, l’emploi de travailleurs migrants temporaires au statut souvent précaire, l’utilisation éhontée d’éléments toxiques dans la production d’aliments, la mise en marché internationale d’exportation orchestrée par les ententes de libre-échange contradictoires aux principes fondamentaux de la souveraineté alimentaire.

Si les chiffres présentés par M. Groleau illustrent quelque chose, c’est bien que les petites exploitations agricoles existent, et qu’elles sont réparties sur le territoire. Ces mêmes chiffres toutefois ne parlent aucunement de la santé de ces entreprises ou de ceux et celles qui les rendent vivantes . Dans sa lancée, le président de l’UPA affirme que «Les unes et les autres se côtoient sur tous ces marchés, selon les opportunités qui se présentent, et sont toutes importantes dans l’écosystème régional». Difficile à croire. L’UPA a quand même délégué ses avocats devant la Régie des marchés agricoles pour bâillonner l’Union paysanne sur la question de la production hors-quota. Ces mêmes avocats ont même exigé de la Régie qu’elle ne prenne pas connaissance du rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture, ni du rapport CIRANO de l’Université Laval sur les circuits courts. Ce que nous dénonçons, c’est la planification organisée par les ministères et le monopole syndical qu’est l’UPA. C’est par la création et le soutien d’une multitude de fermes paysannes diversifiées que les communautés rurales seront résilientes et non par la concentration des terres selon le modus operandi : “get bigger or die”.

Le Québec comptait 140 000 fermes réellement familiales en 1950, Monsieur Groleau. Oui, il ne reste que 29 000 fermes. Ce n’est pas un succès, c’est une catastrophe, un échec monumental du système agricole mis de l’avant par l’UPA. Ce système, M. Groleau, il est industriel. L’agriculture industrielle n’est pas fonction de la taille, mais des pratiques qu’elle utilise et de sa façon de se déployer. Produire une commodité monnayable standardisée sous un système de mise en marché écrasant et totalitaire imposé par un pseudo office de commercialisation ayant le titre trompeur de « fédération » ou « d’agence » en situation de monopole et qui ne laisse aucune place à l’artisan-ne, au paysan-ne, à la relève et à l’entrepreneuriat, ce n’est pas un milieu favorable pour les « petits», M. Groleau. Vous déguiser en défenseur de tous et toutes vous va très mal.

Il n’y a pas de « cohabitation sur le territoire entre les entreprises agricoles»; il n’y a qu’un seul et unique modèle imposé à tous et à toutes. Ce modèle agricole que défend l’UPA est mourant, dépassé, ne va vraiment pas bien et nous dirige vers un mur. Année après année, la Financière agricole du Québec (FADQ) est en déficit d’opération en essayant de maintenir sous respirateur artificiel l’agriculture au Québec sous la forme de versements d’assurances agricoles diverses. Versements qui profitent très largement aux intégrateurs et aux productions de masse destinées à toute autre chose que de contribuer à la souveraineté alimentaire québécoise. En mettant de l’avant une vision extractiviste, productiviste et l’utopie d’une croissance infinie, l’UPA a bloqué l’innovation, la paysannerie, l’agroécologie, les pratiques alternatives, ancestrales et respectueuses des milieux de vie.

La réalité, c’est que le système alimentaire paysan produit plus de 70 % de tous les aliments que les gens mangent sur le globe sur seulement 20% à 30% des terres arables. Il utilise moins de 20 % de tous les carburants fossiles et 30 % de toute l’eau qui est utilisée en agriculture; il entretient et fait un usage durable de la diversité; il est le plus important producteur d’aliments non exportés, qui représentent 85 % de tous les aliments produits et consommés3».

Le monopole de l’UPA provient du laxisme de l’État québécois, au mépris des accords internationaux signés par le Canada concernant la liberté d’association. C’est de l’abus de pouvoir légalisé qui ne vous confère en aucun cas, M. Groleau, le droit moral de prétendre nous représenter. Et ce n’est surtout pas le pouvoir de nous soutirer une cotisation exorbitante sans notre accord qui nous convaincra de vos intentions de soutenir la paysannerie.

Non, M. Groleau, vous ne nous représentez pas.

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Maxime Laplante, agr, président de l’Union paysanne

Gaspar Ciesielski Lépine, paysan à la Coop du Trécarré

Alexandre Pigeon, paysan ferme Valex

 

Liens suggérés

http://www.etcgroup.org/content/who-will-feed-us-industrial-food-chain-vs-peasant-food-web

https://www.protegez-vous.ca/Sante-et-alimentation/dou-vient-ce-quon-mange

http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/agriculture/profil-bioalimentaire2017.pdf

http://www.etcgroup.org/sites/www.etcgroup.org/files/Food%20Poster_FR%20.pdf

http://www.etcgroup.org/sites/www.etcgroup.org/files/Affiche%20Qui%20nous%20nourrira%20-%20traduit%20FR%20FINAL_V1.pdf

https://viacampesina.org/fr/comment-le-systeme-alimentaire-industriel-contribue-a-la-crise-climatique/

1Profil sectoriel de l’industrie bio-alimentaire 2017

2D’ou vient ce qu’on mange, protegez vous

3ETC groupe Selon le ETC GROUP et leur dernière étude paru en 2014 et revu en 2017

 

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Mot du président – 25 février 2019

Les congrès de l’Union paysanne sont souvent particuliers et riches en découvertes ou en surprises. Celui de cette année a donné lieu à toute une vague médiatique, étant donné la venue du ministre de l’agriculture, M. Lamontagne. Lorsque Marie-Josée (coordonnatrice) et moi l’avions rencontré précédemment, il avait été question, entre autres, des nombreux obstacles à la paysannerie, dont les normes. Lorsque le ministre, en début de congrès, a fait allusion aux normes du ministère de l’environnement, nul ne pouvait présager la tempête qui a suivi. Une mauvaise interprétation du discours laissait entendre qu’il fallait alléger la protection de l’environnement. Au contraire!

Depuis ses débuts, l’Union paysanne plaide pour des normes adaptées à la paysannerie au lieu du rouleau compresseur taillé sur mesure pour les besoins de l’industrie. Les exemples pullulent : interdiction d’épandage du fumier après le 1er octobre, sans faire la différence entre le lisier de l’industrie porcine et les fumiers solides ou compostés. Interdiction de réutiliser ses propres semences si on veut avoir accès aux programmes de subvention comme l’ASRA. Interdiction d’abattage à la ferme. Bandes tampons exigées aux fermes biologiques afin de limiter la contamination par les pesticides des voisins.

Le problème des normes mal adaptées a d’ailleurs été au cœur des audiences devant la Régie des marchés agricoles, alors que l’industrie accusait les petits éleveurs de ne pas avoir de cahier de normes exigeantes et ainsi de constituer une menace pour la santé des animaux, celle des humains et le bien-être animal. Nous nous sommes donc retrouvés dans la situation absurde de nous faire reprocher de ne pas nous préoccuper du bien-être animal par les propriétaires d’élevages industriels qui ont un cahier de charges stipulant que d’élever une poule sur un espace aussi petit que 64 pouces carrés (soit moins qu’une feuille 8 ½ x 11) est respectueux des animaux…

En fait, une grande partie des normes apparaissent lorsqu’il y a une distance entre la fourche et la fourchette. La vente directe constitue la meilleure traçabilité et la meilleure garantie de qualité.

En rencontre avec le ministre, nous avons formulé la demande de créer une division du MAPAQ qui serait dédiée à la diversification et la multifonctionnalité de l’agriculture, de façon à obtenir un appui de l’État pour un changement de modèle agricole. Il est grand temps de concrétiser les recommandations du rapport Pronovost à ce sujet. Devant le congrès de l’Union paysanne, le ministre a déclaré que ce rapport constituait dorénavant son guide, son « étoile du nord ». Espérons qu’un changement de vision de l’agriculture fasse son chemin au gouvernement.

Maxime Laplante, agr, président

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Des normes à adapter pour la paysannerie

Ste-Croix, 12 février 2019Pour l’Union paysanne, le discours du ministre Lamontagne mérite d’être replacé dans le contexte et ne doit surtout pas être interprété comme une volonté d’ouvrir une brèche dans la protection de l’environnement, au contraire. Depuis sa fondation, l’Union paysanne plaide pour un arrimage entre l’environnement, l’agriculture et les demandes de la société civile. Les pourparlers précédents avec M. Lamontagne, mais aussi avec ses prédécesseurs soulignaient la nécessité d’adapter les normes environnementales, sanitaires et administratives aux besoins de la paysannerie au lieu d’imposer une structure taillée sur mesure pour la grande industrie.

Par exemple, on occasionne de graves problèmes aux petits éleveurs en imposant une interdiction d’épandage de fumier solide ou composté après le 1er octobre sous prétexte que les déversements massifs de lisier de l’industrie porcine en début d’hiver risquaient d’aboutir dans les cours d’eau.

Vouloir imposer des combinaisons en plastique ou des lavages aux petits élevages de basse-cour à l’extérieur sous prétexte que la forte concentration des oiseaux des élevages industriels constitue un risque pour la propagation des maladies est une aberration.

Interdire aux producteurs biologiques de céréales de réutiliser leurs propres semences en les menaçant de leur bloquer l’accès aux programmes gouvernementaux est une autre de ces situations où les normes en place sont faites pour la grande industrie sans égard pour un autre modèle de production.

Ce mépris normatif pour la paysannerie n’est toutefois pas l’exclusivité du ministère de l’environnement. Le MAPAQ y trouve également sa part de culpabilité ainsi que le système de plans conjoints de l’UPA qui bloque l’accès à la relève par les remparts de quotas prohibitifs ou inaccessibles.

Ce que l’Union paysanne a clairement demandé au ministre de l’agriculture, c’est qu’une division du MAPAQ soit dédiée à la diversification et à la multifonctionnalité de l’agriculture, de façon à rassembler les efforts de l’Union paysanne, de la société civile et du ministère de l’agriculture.

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Maxime Laplante, agr, président et porte-parole 581 888-0941

 

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Rapport d’activité 2018 et cahier du congrès disponibles ici

Dans un soucis d’efficacité et d’économie de papier et de sous, nous rendons le rapport d’activité 2018 et le cahier du congrès disponible pour visionnement ici ou téléchargez les documents en suivant les deux liens ci-dessous.

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Cahier du congres compresse

 

Rapport d'activité 2018- compresse

 

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Souveraineté alimentaire et luttes paysannes!

Nous sommes habitués à entendre parler du triste sort des paysans à l’étranger, en particulier en Afrique, en Amérique du sud ou en Asie. Fermiers brésiliens chassés de leurs terres, emprise des grandes entreprises exportatrices au détriment des productions vivrières sur le continent noir, main-mise sur les semences locales en Inde. Via Campesina, la grande organisation paysanne mondiale, réclame depuis environ deux décennies le retrait de l’agriculture des accords de libre-échange ainsi que le droit à la terre, le droit à la nourriture.

En plein cœur de l’Amérique du Nord, on imagine mal de pareilles situations. Et pourtant! Si les symptômes diffèrent, les causes sont souvent identiques d’un continent à l’autre. Et le Québec n’échappe pas à ce constat. Le droit de produire limité à une minorité dans des secteurs névralgiques comme le poulet, les œufs, le lait, le lapin, le sirop d’érable, en somme les productions sous quota.

L’accès à la terre se trouve également fortement entravé, en raison de divers facteurs : étroitesse d’esprit de la CPTAQ qui présume qu’une ferme de moins de 100 ha n’est pas rentable, ou encore qu’il faut gérer les régions rurales comme si c’était la banlieue montréalaise. Programmes de subventions taillés sur mesure pour la grande entreprise spécialisée, incitant à la spéculation foncière.

Le Québec n’a toujours pas de politique agricole, gérant l’agriculture à la pièce, de façon souvent paradoxale. Et ce n’est surtout pas la récente politique bio-alimentaire qui va y changer quoi que ce soit.

Noir portrait, non? Et pourtant, la paysannerie couve, comme un feu latent dans la tourbière, émergeant ici et là. Des milliers de personnes découvrent les bénéfices de la production à la maison, parfois même en pleine ville. Des liens se tissent entre la ferme et les clients. Beaucoup évitent le radar de la bureaucratie commerciale ou le contrôle de la mise en marché par le monopole dont il ne faut pas prononcer le nom… Innovation, découverte, savoir-faire se développent, au fond des rangs, dans les fêtes de semences, dans la grange ou le hangar. Légumes, fruits, animaux, machinerie innovante, transformation locale, tout y passe.

Ce congrès se veut un lieu de réflexion, d’échange, de remise en question aussi, en vue de regrouper les acteurs de changement. La paysannerie se révèle plus tenace qu’il y semble mais elle a besoin d’espace pour grandir au soleil. Elle a besoin d’alliés, comme l’Union paysanne. Bon congrès!

Maxime Laplante, agr, président.

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Congédiement d’un agronome : et qu’arrive-t-il aux fautifs?

Ste-Croix, 31 janvier 2019 – Le MAPAQ vient de licencier un agronome « lanceur d’alerte » qui dénonce l’influence de l’industrie privée dans la recherche sur les pesticides, lourdement financée par les fonds publics. Il y a un an, on apprenait que des chercheurs avaient claqué la porte parce que les résultats de leurs travaux étaient occultés par les représentants de l’industrie, une situation flagrante de conflit d’intérêt.

Nous ne connaissons pas encore toutes les raisons qui ont incité le MAPAQ au licenciement d’un de ses employés mais l’Union paysanne estime inacceptable qu’il en soit ainsi. D’une part, le geste envoie un signal clair aux autres employés qui n’oseront pas dénoncer des situations graves. Et il s’agit d’une situation grave lorsque l’industrie bénéficiant des pesticides influence la recherche financée par le contribuable, alors que l’usage des pesticides a un impact évident dans notre environnement.

Pour Maxime Laplante, président de l’Union paysannne, «le MAPAQ aurait dû porter son attention sur les coupables de telles malversations et envisager des sanctions au lieu de faire porter le blâme sur l’agronome qui a étalé le problème».

Le centre de recherche sur les grains (CEROM) est dirigé par un conseil d’administration de 9 personnes. Parmi ces neuf, trois, dont le président, proviennent des « Producteurs de grains du Québec », affilié à l’UPA, deux de la Coop fédérée. Le seul représentant du MAPAQ, donc du public, n’y a aucun droit de vote.

Rappelons que le CEROM, financé à 68% par de l’argent public, ainsi que le MAPAQ, avaient conclu par leurs études que l’utilisation des néonicotinoïdes ne se justifie généralement pas. Les dirigeants du CEROM ont ensuite occulté ces informations.

L’Union paysanne salue le courage des gens qui ont dénoncé la situation en renonçant parfois à leur emploi. À court terme, il est urgent de revoir la composition des conseils d’administration des organismes dépendant de financement public. Les politiques agricoles mises en place par notre gouvernement devraient faire l’enjeu de débats publics et avoir le bien commun et la préservation de l’environnement en priorité, au lieu de se soumettre aux lobbys industriels.

L’Union paysanne réclame la réembauche de l’agronome concerné.

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Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne 581 888-0941

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Congrès 2019 – Programmation

L’Union paysanne vous invite avec enthousiasme à son Congrès 2019 – qui aura pour thème Souveraineté alimentaire et luttes paysannes – le 9 février prochain dans la ville de Québec, au Domaine de Maizerets.

Visitez notre boutique en ligne pour vous procurer des billets.

Voici la programmation de la journée!

Programmation – Union paysanne – 9 février 2019

8h00-8h55 : Inscriptions

9h00-9h30 : Mots d’introduction :

      • Mot du président;
      • Mot du ministre de l’agriculture, monsieur André Lamontagne;
      • Mot de Jean Pronovost.

9h30-9h45 : Démarche de l’Union paysanne devant la régie

avec Me Jean Nobert, avocat

9h50-10h45 : TR – La biotechnologie au service de la paysannerie?

Avec Thibault Rehn (vigilance OGM) et Geneviève Lalumière (COP14)

10h45-11h00 : PAUSE

11h00-12h15 : Systèmes agro-alimentaires et enjeux environnementaux

avec Dominic Lamontagne (auteur de La ferme impossible), Gabriel Leblanc (coordonnateur international de l’Up et paysan) et Maude Prud’homme (RQGE et paysanne)

12h15-13h15 : DÎNER

13h15-13h55 :

Atelier 1 – Le rôle du facilitateur dans la méthodologie paysan-à-paysan, avec Jean Simon Voghel (Centre paysan)

Atelier 2 – Qui sont les paysan.ne.s? (Discussion animée l’Union paysanne)

14h00-14h30 : Aménagement du territoire québécois – enjeux

avec Maxime Laplante (président de l’Union paysanne)

14h35-15h15 : Déclaration des Nations Unies sur les droits paysans

avec Jessie MacInnis (NFU) et Alix Genier (Droit – McGill)

15h15-15h30 : PAUSE

15h30-16h45 : La Souveraineté alimentaire et ses perspectives

avec Pierre-Olivier Brassard (Coop Ferme Terre Partagée) et Laetitia Rascle Beaumel (coopérative La Mauve)

16h45-18h45 : SOUPER

18h45-20h00 : Alliance citoyenne-paysanne : identification des luttes prioritaires et des modes d’action

20h à 23h : Soirée bières et plaisir pour discuter entre nous!

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Mot de Jean Pronovost en vu du congrès de l’Up

24 heures avant son décès, monsieur Pronovost nous a fait l’honneur d’écrire un mot en vu du congrès de l’Union paysanne. Cet engagement jusqu’à la toute fin envers la cause agricole fait foi de l’importance qu’il accordait  à l’agriculture plurielle. Le voici!

 

Bonjour madame Renaud,

Voici le texte demandé. J’y crois beaucoup. Ce qui m’a incité a l’expédier à quelques autres personnes.  On conçoit souvent l’avenir de l’agriculture une ou à des étiquettes qui escamotent une partie de la vérité.

Certains prônent une agriculture dite industrielle mais qui au fond applique à l’agriculture le modèle économique traditionnel qui repose sur la croissance économique, le marketing, la recherche de la croissance, la productivité etc.  On produit et on vend des pommes de terre, du maïs ou des pommes comme  d’autres secteurs produisent et vendent des clous, des vis ou tous autres produits.

L’agriculture, la vraie, doit intégrer plusieurs autres valeurs à cette dimension économique.  Il faut penser notamment Santé et il faut penser que les impératifs Santé peuvent même varier avec les individus qui ont des besoins différents et particuliers.  Il faut aussi penser à la qualité de l’environnement car la qualité de la nourriture commence là; combattre les failles environnementales par des moyens naturels et biologiques plutôt que chimiques, etc.

Ce que je viens de souligner n’a rien à voir avec la taille des fermes ou de leurs modèles juridiques.  C’est évident que les quantités produites, parce qu’elles intègrent d’autres valeurs, ont tendance à devoir tenir compte des frais que l’éventail de ces valeurs entraînent.  L’État doit prendre tout cela en compte dans ses politiques.  L’agriculture n’est pas univoque. Elle n’est surtout pas noir et blanc et répond à une série de besoins interreliés.

 

Cordialement,

Jean Pronovost