Les dernières nouvelles sur des sujets intéressant l’Union paysanne.

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Un mot de Maxime Laplante, nouveau président de l’Union paysanne

Chers paysans et paysannes,

Ainsi que vous l’avez sans doute appris, la présidence de l’Union paysanne m’a été confiée, lors du congrès annuel tenu à Victoriaville en fin de semaine. Mais l’élément plus important, c’est que le congrès a élu une équipe dynamique et jeune à la direction de l’Union paysanne, à l’image de la relève agricole du Québec. Des gens innovateurs, créatifs, qui n’acceptent pas les limites imposées par le modèle actuel, avec ses quotas inaccessibles, ses normes mal adaptées à la réalité des circuits courts, le manque de soutien de l’État.

L’utopie, ce n’est pas de croire qu’on ne peut pas changer les choses, mais plutôt de croire que le système actuel va perdurer. La diminution constante du nombre de fermes, l’accroissement des monocultures et de la spécialisation, les coûts sociaux engendrés par la mauvaise gestion des ressources, tout cela ne peut pas continuer longtemps. Depuis 16 ans maintenant, l’Union paysanne tient le fort de la paysannerie, offre une tribune aux acteurs désireux de changement. Sous la présidence de Benoit Girouard, l’Union paysanne a fait beaucoup plus que tenir le fort. La nouvelle équipe entend poursuivre cette vision de réflexion, de changement, d’action.

La relève moderne en agriculture, ce sont pour beaucoup des néo-ruraux n’ayant pas de lien de parenté avec les familles agricoles en place. La moitié de cette relève a plus de 35 ans. Beaucoup de femmes, souvent plus de scolarité. Un parcours de vie différent. Mais avec des besoins essentiels pour s’établir.

Le premier de ces besoins est l’accès à la production et au marché. Avec eux, l’Union paysanne a entrepris une démarche de recours collectif. Une révolution dérangeante? La simple application de la loi sur la mise en marché des produits agricoles supposée permettre la libre mise en marché en autant qu’elle se fasse directement au client.

Un autre de ces besoins est l’accès à la terre. Pour l’Union paysanne, cela se concrétise par une collaboration avec des organismes comme Protecterre et Arterre, pour favoriser l’accès à la terre sans subir la spéculation.

Un besoin de formation, par le biais du Centre paysan, la seule école d’agro-écologie en Amérique du Nord.

Sans compter le développement d’outils de mise en marché comme une plate-forme web.

L’avenir de l’agriculture et celui de la paysannerie passe par la relève. Au niveau politique, l’Union paysanne entend travailler à convaincre le gouvernement de formuler une véritable politique agricole tenant compte de cette réalité.

Pour y arriver, nous avons besoin de vous, de votre soutien, votre réflexion, votre action.

Maxime Laplante, agr

Quel avenir pour le glyphosate? Mobilisation historique en Europe!

Rimouski, 9 novembre 2017. Le glyphosate, mieux connu sous son étiquette commerciale RoundUp Ready et développé par la controversée multinationale Monsanto, fait des remous dans l’Union européenne (UE). En février 2016, une coalition de 38 ONG issues de 14 États membres initiait l’enregistrement par la Commission européenne d’une initiative citoyenne européenne (ICE) intitulée « Stop glyphosate ». Leurs demandes à la Commission étaient alors très claires : (1) proposer aux États membres une interdiction du glyphosate, (2) réformer la procédure d’approbation des pesticides et (3) fixer à l’échelle de l’UE des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides [1].

Pour être entendue, la coalition devait relever un défi grandiose, celui de mobiliser un million de citoyennes et citoyens originaires d’au moins sept États membres de l’UE afin d’amasser leurs signatures, sans quoi l’ICE ne serait pas retenue par la Commission. À peine quelques mois plus tard, la société civile faisait entendre sa position avec plus de 1,3 million de personnes répondant à l’appel. Un pas de géant dans la lutte contre le glyphosate venait d’être effectué.

Retour sur la polémique

Alors que les États membres de l’UE devaient se rencontrer pour débattre de la ré-autorisation du glyphosate pour les dix prochaines années au début 2016, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classait en juillet 2015 le glyphosate comme « probablement cancérogène pour l’homme » après la consultation de plusieurs études scientifiques sérieuses.

Dans la tourmente, un nouveau document portant un avis contraire est publié par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) en novembre 2015, qui considérait plutôt comme bénin le glyphosate sur la santé humaine. Les États, alors au cœur de négociations sur la proposition de ré-autoriser l’usage de la molécule pour les dix prochaines années, n’arrivent pas à s’entendre. L’exécutif de l’UE tranche et permet son utilisation pour seulement 18 mois, après quoi une décision officielle devra être prise. Le débat est lancé.

C’est à ce moment que l’Europe assiste à une mobilisation massive de la société civile, à la veille du retour des États autour de la table de négociation sur la ré-autorisation du glyphosate. La contestation semble faire son chemin, puisque le mois passé, les parlementaires européen.ne.s votent le bannissement du glyphosate pour décembre 2022!

Les États membres avaient l’occasion de faire valoir leurs positions aujourd’hui, le jeudi 9 novembre quant à la ré-autorisation du produit pour les cinq prochaines années. Mais une fois de plus, les États n’ont pas réussis à s’entendre sur le sort de la molécule, dont les effets néfastes sur la santé humaine et l’environnement sont révélés dans des centaines d’études scientifiques. Son bannissement pourrait être devancé.

Le glyphosate, un produit dangereux?

Si les documents publiés par l’Echa (et par l’agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) en mars 2017) suggèrent que le glyphosate ne présente pas de risque pour la santé humaine, on peut sérieusement douter de la fiabilité de leurs analyses. En effet, les organismes environnementaux européens critiquent sévèrement les méthodes d’évaluation employées par les deux agences. On leur reproche de ne s’être fiées qu’à des études privées fournies par une quarantaine d’entreprises portant des intérêts économiques avouées pour la commercialisation du glyphosate. Selon la réglementation européenne sur les produits pharmaceutiques, c’est effectivement aux entreprises, celles qui demandent une autorisation de mise en marché, de prouver l’innocuité de leurs produits. Le processus légal mène de facto au conflit d’intérêt.

Les effets du glyphosate sur l’environnement sont aussi grandement documentés dans la littérature scientifique. On y mentionne entre autres la perte progressive de la fonction des sols, une perte de la biodiversité, des maladies végétales, la résistance de certaines espèces de mauvaises herbes aux herbicides et la contamination des réseaux hydriques de surface et sous-terrains. De plus, l’utilisation du glyphosate impose des pratiques agricoles fortement dépendantes aux énergies carbonées, contribuant ainsi directement à l’intensification des changements climatiques [2].

Quel débat pour le Québec?

En mars 2017, Santé Canada rendait son verdict au sujet de l’utilisation du glyphosate. Elle jugeaient « qu’il est peu probable que le glyphosate présente un risque de cancer chez les humains [3] ». Une décision ferme prise dans un silence médiatique étonnant, au bénéfice des multinationales de ce monde et sans considération pour l’environnement.

Alors que la société civile européenne se positionne sans ambages sur la question des herbicides, et plus précisément sur le cas du glyphosate, l’enjeu semble encore méconnu des citoyennes et citoyens du Québec. Pourtant, le glyphosate est l’herbicide le plus vendu dans la province. En 2012, on l’utilisait sur plus de 1 900 000 hectares de cultures, principalement de soja et de maïs [4]. Il semble aussi que son utilisation s’en va croissante. De plus, on retrouve des traces de la molécule dans environ 90 % des cours d’eau [5].

La contestation en Europe est vive et toutes les raisons sont bonnes pour qu’elle le soit ici aussi. Dans un contexte de changements climatiques et de mobilisation autour d’enjeux environnementaux variés, il semble plus que jamais pertinent d’amener la question de l’usage du glyphosate, et par extension des herbicides, dans le débat public. L’exemple européen, qui surpasse le million d’individus sensibilisés à la question, doit servir d’inspiration à un mouvement québécois de contestation.


[1] https://act.wemove.eu/campaigns/ice-glyphosate-fr
[2] Malézieux, E. (2011). Designing cropping system from nature, Agronomy for Sustainable development, vol. 32 (1), pp. 15-29.
[3] http://www.quebecscience.qc.ca/reportage_qs/Glyphosate-la-fin-un-regne
[4] Giroux, I. (2015). Présence de pesticides dans l’eau au Québec : Portrait et tendances dans les zones de maïs et soja – 2011 à 2014 [PDF], Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques, 74 pages.
[5] Ibid.

 

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Congrès 2017: Ça passe par la relève

C’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renomC’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renom

Vous voulez que ça change? On a besoin de vous!

L’Union paysanne prend la défense de la paysannerie en faisant la promotion d’un autre modèle agricole et alimentaire. Pour y arriver, nous avons besoin de bras et de têtes qui veulent pousser dans le sens du changement. Voici une multitude de tâches reflétant nos besoins. Si jamais vous pensez pouvoir nous aider, vous pouvez nous écrire à coordination@unionpaysanne pour nous dire les tâches qui vous intéressent.

 

  • Conseil de coordination de l’Union paysanne: Constitué de 11 personnes, il coordonne le mouvement en lien avec les décisions et le plan d’action du congrès. Il se réunit 6-7 fois par année et fait relâche l’été. Plusieurs des postes seront à renouveler lors du prochain congrès les 18 et 19 novembre prochain.

 

  • Représentants régionaux: Nous cherchons des paysans-nes en mesure de donner un visage à l’Union paysanne dans leur région (Témiscamingue, Mauricie, Outaouais, Côte-Nord, Gaspésie-île de la Madeleine, etc.). Cela peut consister à recevoir quelques appels de personnes de votre région, tenir un kiosque lors d’événements, faire la promotion de l’Union paysanne autour de vous et, si vous vous sentez à l’aise, de répondre parfois aux médias locaux. Vous serez soutenus en tout temps et de la formation vous sera offerte.

 

  • Responsable de comité : Vous aimeriez voir l’abattage à la ferme permis? Le retour du lait cru? L’augmentation du hors-quota devenir réalité? Voilà autant de dossiers qui ont besoin de bras et de têtes pour avancer. Vous aimeriez que ça change? Contactez-nous

 

  • Financement: Le financement est stratégique dans la situation de monopole de l’UPA. Nous aimerions rassembler une petite équipe dévouée à cet aspect afin de soutenir les actions de l’Union paysanne; penser à des campagnes, collaborer au souper-bénéfice, etc.

 

  • Foires et événements: Plusieurs fois par année, nous sommes sollicités pour tenir un kiosque lors d’événements. Il nous faudrait une personne pour coordonner le tout: établir un calendrier, calculer les frais et faire le lien avec les bénévoles. Le rôle des bénévoles est de monter le kiosque, parler de l’Union paysanne et de recruter des membres lors des évènements. Pas besoin de vous dire que cette tâche a de l’importance.

 

  • Répertoire et communauté paysanne: Nous aimerions référencer sur Google Map nos paysans et artisans qui le désirent afin de leur donner de la visibilité. Du même souffle, nous voudrions développer une réelle communauté d’intérêt qui permettrait aux membres et amis de l’Union paysanne de s’afficher et d’offrir aux autres membres des privilèges ou rabais. Un autre dossier concret  prendre en main. Ça vous parle? Contactez-nous!

 

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Hausse de la cotisation de l’UPA : l’Union paysanne va s’y opposer!

Québec, 4 octobre 2017. On apprend que l’Union des producteurs agricoles cherche encore une fois à piger dans la poche des fermes du Québec en augmentant sa cotisation syndicale de base alors que cette dernière est déjà l’une des plus élevées au monde. De 316$ en 2013, l’UPA l’avait fait grimper à 336$ en 2017, montant qu’il faut multiplier par deux (672$) pour la grande majorité des fermes du Québec puisque l’UPA cotise le couple propriétaire de la ferme.

L’UPA entend donc presser le citron encore plus en faisant grimper sa cotisation à 356$ en 2019. « Les producteurs agricoles du Québec ne le savent pas parce que l’UPA se garde bien de leur dire, mais ils paient la cotisation syndicale agricole la plus élevée en Amérique et potentiellement la plus élevée au monde » soulève Benoit Girouard, président de l’Union paysanne.

Voici quelques exemples (convertis en argent canadien)

Organisation

Pays

Montant par ferme

note

American Farm Bureau

États-Unis

Entre 68$ et 100$

Dépendamment de l’État

FNSEA

France

80$

Syndicat majoritaire français. La France est le moteur agricole de l’Europe.

California Farmers Union

Etats-Unis-Californie

100$

 La Californie est le moteur agricole des États-Unis

Alberta Fédération of agriculture

Canada-Alberta

125$

National Farmers Union

Canada

195$

Association nationale

Ontario Fédération of agriculture

Canada-Ontario

195$

 L’Ontario est le moteur agricole du Canada

Uniterre

Suisse

256$

NSW Farmers

Australie

429$

Précisons qu’il n’y a qu’une cotisation par ferme ailleurs dans le monde en plus d’une liberté complète d’association. La démarche de l’UPA apparaît donc abusive et non justifiée. L’Union paysanne entend donc s’opposer à cette hausse de cotisation devant de la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec.

« Ce n’est pas vrai que le syndicat va augmenter le fardeau des agriculteurs alors qu’ils vivent des incertitudes face à l’Alena et à la gestion de l’offre. Que l’UPA commence par couper dans ses frais au lieu de le prendre dans la poche des fermes. », ajoute Maxime Laplante. vice-président de l’organisation.

Il faut savoir, qu’en plus de sa cotisation de base, l’UPA taxe une partie des agriculteurs du Québec par une contribution sur leur volume de production de l’ordre de 9,1 millions de dollars annuellement, ce qui est unique au Québec. C’est comme si le conseil du patronat, en plus de sa cotisation annuelle, forçait les chefs d’entreprises à lui verser un pourcentage sur leur vente. L’UPA souhaite également augmenter cette taxation de 3%.

L’Union paysanne s’y opposera également devant la Régie en temps et lieu. Les agriculteurs du Québec ont fini de se faire manger la laine sur le dos sans réagir.

-30-

Pour information :

Benoit Girouard, Président, 450-495-1910                                                 

Maxime Laplante, Vice-président, 581-888-0941

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De retour, le délégué de l’Union paysanne partage son expérience au Pays basque!

En juillet dernier se tenait à Derio, au Pays basque, la 7ème conférence internationale du mouvement paysan mondial La Via Campesina. Le délégué de l’Union paysanne raconte ses impressions et partage avec nous les grands enjeux qui secouent les mouvements paysans du monde entier, réunis pour l’occasion dans un climat sans aucun doute mobilisateur! Notre délégué, Charles Bois, 25 ans, est paysan au Saguenay-Lac-Saint-jean. Il produit des semences ainsi qu’une production diversifiée de légumes, de fruits et quelques élevages. Il est entrepreneur social, impliqué pour la souveraineté alimentaire, l’innovation sociale en agriculture et la gouvernance territoriale par, pour et avec le peuple.

 

Rapport de Charles Bois:

Lieu de la 7ème conférence de LVC, photo Charles Bois

Avant tout, je tiens à remercier l’Union Paysanne et les membres du comité international qui ont rendu mon implication possible. Ce fut un plaisir de représenter notre organisation riche de  ses valeurs à la plus haute instance décisionnelle de LVC et d’y côtoyer les paysans, paysannes et activistes de 79 pays, 164 organisations représentants plus de deux cent millions de membres. J’y ai participé au meilleur de ma personne pour représenter l’intérêt de nos membres.
L’Union Paysanne relève de la région Amérique du Nord à l’intérieur de LVC. Avant la VIIe Conférence Internationale, j’avais participé à la rencontre régionale préparatoire pour cette dernière et à une rencontre pratique d’agroécologie à Porto Rico. Au Pays-Basque en juillet dernier, j’ai participé activement à l’assemblée des jeunes, en tant qu’observateur à l’assemblée des femmes et de manière plus indirecte et à l’assemblée principale. Notre délégation d’Amérique du Nord était composée de 12 délégué-e-s provenant du Québec et du Canada, des USA et du Mexique.
Cette expérience a été très riche sur le plan humain; on rencontre des gens de partout et on tisse des liens avec les acteurs du mouvement en prenant connaissance du vécu de chacun par l’entremise d’échanges personnels et aussi par le déroulement des activités sur les lieux de la conférence à l’ancien séminaire de Derio. Ce fut également très riche d’un point de vue organisationnel. La via campesina est un mouvement d’envergure mondiale, de luttes globales, porteur de campagnes importantes pour les femmes et les hommes membres des organisations partout dans le monde. En tout quelques 500 délégués, une centaine d’invités, une équipe technique et une autre pour la traduction et de nombreux bénévoles ont participé et ont assuré le bon déroulement de la VIIe Conférence Internationale. C’est donc près de 1000 personnes qui ont participé à cet événement!
Ce fut un événement très chargé s’étalant sur neuf jours où l’on participait aux assemblées nous concernant et à celles qui nous intéressaient si notre arrivée sur les lieux le permettait. Au fil des jours on participait aux rencontres régionales et aux rencontres spécifiques, aux collectifs de travail le soir en plus des diverses activités culturelles organisées par l’organisation hôte Ehne Bizkaia. L’objectif de la conférence étant d’avoir un regard sur les quatre dernières années et d’établir les lignes directrices pour les quatre prochaines années. C’était un moment de faire le point sur comment se portent nos luttes et nos campagnes ainsi que les travaux effectués par les collectifs de travail face au système et aux pressions des protagonistes du secteur agroindustriel pour accroître leur emprise.
Voici quelques-unes de mes impressions et réflexions par rapport à cet événement mémorable auquel j’ai participé en tant que délégué officiel de l’Union paysanne.

La 4ème assemblée des jeunes

Au début de la conférence se trouvait l’assemblée des jeunes regroupant les délégués de quarante ans et moins présent. La majorité des jeunes étaient âgés entre 30 et 35 ans. L’assemblée des jeunes est une occasion de faire connaissance, de se préparer et de débattre afin de nous préparer pour l’assemblée principale. C’est un moment pour établir nos priorités et soumettre des points à l’horaire de l’assemblée principale. Ainsi, nous avons participé à des activités pour mieux faire connaissance et puis avons enchaîné avec ce que nous croyons être le rôle des jeunes dans nos organisations et au sein de la société. Il a notamment été mentionné que pour avoir une représentation dans la société et pour répondre aux enjeux nous concernant, que nous devons occuper des postes décisionnels.
L’absence de relève agricole est un enjeu répandu à travers toutes les régions et c’est définitivement un sujet auquel nous devons mettre de l’énergie. Comme tout au long de la conférence, le développement des écoles d’agroécologie paysanne a été un point clé, voire la solution concrète à partir de laquelle nous pouvons tout réunir pour répondre à cette problématique majeure de la relève. Pour sensibiliser la population, former les gens au niveau politique, organisationnel et pratique, les écoles d’agroécologie sont une occasion pour nous d’augmenter la masse critique, de valoriser la paysannerie et de promouvoir la souveraineté alimentaire comme solution au capitalisme néolibéral patriarcal.
Nous devons faire preuve d’audace et de courage pour créer un sentiment de pouvoir et mobiliser les gens!

La cinquième assemblée des femmes

L’assemblée des femmes est très importante au sein de La Via Campesina, les femmes sont certainement la solution pour contrecarrer le capitalisme patriarcal. Elles sont d’ailleurs souvent les plus touchées par ses conséquences, et constituent ses victimes les plus vulnérables. Les femmes sont celles qui cultivent la terre traditionnellement depuis des milliers d’années. Nos organisations doivent être féministes, permettre aux femmes de s’impliquer en facilitant leur rôle de mère pour celle qui le sont, en offrant un service de garde par exemple, et faire preuve d’équité pour que des femmes occupent des postes décisionnels.

Lieu des assemblées. Photo: Charles Bois

Les contextes sociaux sont forts différents et la réalité des femmes dans différents pays l’est tout autant sinon plus. Quelle que soit notre situation, nous devons avoir à l’esprit que pour mener des luttes globales, nous devons faire preuve de solidarité. La solidarité et l’espoir, deux mots forts au sein de La Via Campesina. Ainsi, des moyens doivent être pris pour conscientiser la société, autant les femmes que les hommes, sur la situation des femmes et leurs luttes partout sur la planète. Les écoles d’agroécologie où des formations politiques sont et seront données devraient avoir un contenu féministe. Les hommes doivent faire place aux femmes, nous devons nous ouvrir à leur cause, faire preuve de compréhension, admettre nos torts et construire ensemble une société riche de valeurs.

L’assemblée principale

Dans une immense salle remplie de chaises entassées les unes sur les autres, on assiste aux présentations. D’abord, la première journée : l’histoire. Les présentations des délégations régionales et la ratification des nouvelles organisations membres, puis sur le contexte politique international. Le lendemain : le présent. Les contextes et la situation par continent furent présentés, suivirent des ateliers sur les différents collectifs de travail et ensuite leur récapitulatif sur l’historique du mouvement avec entres autres des initiateurs du mouvement, les différentes régions, les déclarations de l’assemblée des jeunes et celle de l’assemblée des femmes, à des appels de solidarité, de paix et de justice sociale, aux défis de LVC et à la déclaration politique. La Déclaration de Euskal Herria est le grand résultat de cette rencontre international, elle se trouve sur le site web de La Via Campesina et de l’Union paysanne.

Conclusion

À mon avis, l’Union Paysanne est très bien positionnée pour mener les luttes de La Via Campesina. Nous sommes forts d’une raison d’être et d’une situation globale insensée en agriculture et au sein de notre société de consommation. Nous avons la légitimité d’exiger la pluralité syndicale et de dénoncer le statut quo en agriculture. Il faut, plus que jamais, être de l’actualité et établir une stratégie pour sortir gagnant de nos interventions. Le Centre Paysan est un joyau que nous devons alimenter et développer pour adresser les enjeux et les campagnes qui nous définissent. Profitons-en!
Il y a une magie humaine qui se créé lors des événements de La Via Campesina. On se retrouve entre frères et sœurs pour mener un combat en faveur des valeurs de justice sociale; nous luttons pour reprendre le contrôle de nos communautés : d’un côté on veut nous asservir et de l’autre nous voulons nous libérer et être souverains. Nous faisons face à un mur, peut-être avons-nous le visage dedans. Ce mur peut être une limite, ça peut être une vague aussi. Une vague prête à s’écraser. Nous pouvons nous situer sur cette vague, faire en sorte de tenir entre nos mains le sort de l’humanité. Ensemble nous sommes forts, ensemble au sein de nos organisations et entre elles, par nos valeurs communes et nos convictions, nous sommes forts. Nous devons être prêts à livrer bataille et pour cela nous devons connaître notre ennemi et connaître sa puissance. Nous devons être au courant des moyens de répressions et de manipulations qui sont et qui peuvent être utilisés. Et on doit en parler. Parler de notre cause, de notre raison d’être, de notre vision. C’est à nous d’être au front et d’interpeller les médias, les gouvernements et la société civile. Pour que les enjeux soient adressés, mieux vaut une société intéressée à faire partie de la solution et désireuse d’avoir du pouvoir sur son devenir.

Globalisons les luttes!!!

Globalisons l’espoir!!!

Paysages du territoire de Euskal Herria (Pays basque). Photo Charles Bois.

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OFFRE D’EMPLOI à l’Union paysanne

L’union paysanne est à la recherche d’un-e coordonnateur-trice pour son volet international.

Le poste s’articule en deux volets:

  1. 1) La coordination du comité international

Le comité international a pour objectif d’aider à resserrer les liens entre l’Union paysanne et ses alliés au Canada et à l’étranger, principalement au sein de La Via Campesina (LVC) dont l’Union paysanne est la seule représentante au Québec. Il a aussi pour mission de promouvoir les valeurs de solidarité entre les peuples dans les enjeux paysans. La coordination a pour tâches:

  • assurer la participation de l’Union Paysanne au sein de la Via Campesina (conférences, instances décisionnelles, groupes de travail), particulièrement au niveau de la région Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Mexique).
  • appuyer l’Union paysanne dans ses communications avec La Via Campesina et ses alliés.
  • Rechercher et rédiger des demandes de financement et rapports pour soutenir les activités du comité notamment l’envoi de délégués.
  • Faire le suivi des demandes internationales d’appuis, campagnes, convocations spéciales, etc.
  • Partager sur le site web et l’infolettre de l’Union paysanne les communiqués et déclarations de LVC, ainsi que les invitations, événements, campagnes ou toute autre information à faire circuler aux membres.
  • Recruter et former de nouveaux membres aux enjeux internationaux.
  • Organiser les appels / réunions du comité et s’assurer qu’un compte-rendu soit rédigé.
  • Collaborer avec la coordonnatrice générale et tenir des rencontres de coordination. Participer à la vie démocratique de l’organisme, notamment aux réunions du CA lorsque possible.

2) Assurer la collaboration avec l’Oeuvre Léger sur le projet IMSA (Innovation et mobilisation pour la sécurité alimentaire)

  • Procéder à l’appel de paysan-ne-s coopérant-e-s du Québec qui remplissent les exigences établies par les organisations partenaires du Burkina Faso, de la Bolivie et du Pérou pour différents mandats. (Possibilité d’aller sur le terrain également)
  • Convoquer les candidats en entrevue.
  • Appuyer l’équipe de l’Oeuvre Léger dans la conduite des entrevues.
  • Assurer le suivi nécessaire à la formation, l’envoi et le retour des coopérant-e-s.
  • Réaliser toute tâche supplémentaire demandée par l’Oeuvre Léger dans le cadre du partenariat.

Profil souhaité

  • Être passionné par la solidarité internationale et les enjeux paysans.
  • Désir de s’engager dans un projet stimulant en partenariat avec la Fondation L’Oeuvre Léger qui se déploie jusqu’en 2019.

Compétences recherchées

  • Habileté à travailler autant en français, anglais (lecture, écriture, parlé, écoute). Espagnol un atout.
  • Expérience pertinente en gestion et coordination de projets.
  • Expérience pertinente en recherche et rédaction de demandes de subventions ainsi que rédaction de rapports narratifs et financiers de projets.
  • Autonomie, capacité à travailler à distance.
  • Maîtrise des outils informatiques de traitements de texte, présentations Powerpoint, Excel, courriels, Skype. Facilité à apprendre l’utilisation de nouveaux outils (Kajoom Cloud, Event Brite, etc.).
  • Connaissance de l’histoire et des acteurs des mouvements paysans québécois et internationaux (La Via Campesina).
  • Expérience de travail en solidarité internationale et/ou expérience d’implication avec l’Union paysanne.

Conditions de travail

  • C’est un travail qui se fait en partie en télétravail (à domicile). Il faut posséder un ordinateur avec une haute connection internet pour appels Skype ou conférence.
  • Posséder un téléphone avec un forfait qui inclut les appels longue distance partout au Québec, et idéalement au Canada.
  • Plusieurs rencontres à Montréal au bureau de l’Oeuvre Léger. D’autres déplacements peuvent être requis. Avoir accès à une voiture est nécessaire.
  • En fonction des disponibilités des membres du comité international ainsi que l’urgence des dossiers en cours, des heures de travail en soirée et la fin de semaine sont à prévoir à l’occasion, notamment certaines réunions Skype, les CA et l’Assemblée générale annuelle.

Salaire et horaire

  • La semaine régulière de travail est de 12 heures réparties sur la semaine selon les besoins. Ce nombre d’heures peut varier dans l’année.
  • Salaire 19$/heure.
  • Possibilité d’augmenter le nombre d’heures de travail selon la motivation du candidat à appliquer à des subventions et programmes.
  • Contrat jusqu’au 31 mars 2019 avec possibilité de renouvellement.

Début d’entrée en poste prévue le 9 octobre 2017. Date limite pour appliquer: 25 septembre 2017 à minuit. Seules les candidatures retenues seront contactées.

Pour appliquer, envoyez une lettre de motivation ainsi que votre curriculum vitae à : international@unionpaysanne.com

 

 

 

 

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Hors quota : l’Union paysanne interviendra devant la régie des marchés agricoles

Vous êtes un-e producteur-trice agricole et souhaitez joindre le mouvement? Il nous fera plaisir de vous accueillir parmi nous. Il suffit de remplir cette lettre d’intention et de nous la renvoyer, soit par courriel (coordination@unionpaysanne.com) ou par la poste.

thumbnail of Lettre intention Hors-quota.doc

Le dossier du hors quota avance à l’Union paysanne. Après avoir tenté de faire changer les choses au niveau politique, nous amenons maintenant l’enjeu au juridique. En effet, Me Jean Nobert, avocat chez Dion Rhéaume, a accepté de représenter l’Union paysanne et une centaine de producteurs-trices dans leur demande de hausser les hors quota dans différents secteurs de production au Québec. Rappelons que, à l’automne 2016, l’Union paysanne a déposé une demande à la Régie des marchés agricoles du Québec afin de hausser le hors quota dans le poulet, les œufs et le dindon.

C’est n’est plus un secret pour personne, il n’y a pas d’ouverture, ni pour la relève agricole, ni pour les paysans dans les secteurs sous quota au Québec. Cette situation, qui perdure depuis plus de 40 ans, est due en grande partie à la résistance des cartels qui contrôlent ces secteurs à partager avec les jeunes générations.

Il y a peut-être un moyen d’ouvrir ces secteurs (œuf, poulet, dindon) aux jeunes et aux régions tout en ne dérangeant pas leur sacro-saint contrôle sur les quotas. Pour y arriver, l’Union paysanne propose de hausser le hors-quota, c’est-à-dire la portion qu’une personne peut produire sans acheter un quota, à des niveaux équivalents à l’Ouest Canadien.

Par exemple, au Québec, vous ne pouvez pas produire plus de 100 poulets, 100 poules pondeuses ou 25 dindons, alors qu’en Alberta vous pouvez en faire respectivement 2000, 300 et 300. Le Québec est d’ailleurs l’endroit le plus restrictif au Canada en cette matière.

Une hausse des seuils de production hors-quota au Québec permettrait…

  • à nombre d’agriculteurs de diversifier leur production et d’augmenter leur revenu

  • à la relève agricole de démarrer avec moins d’investissements de base,

  • aux régions d’avoir des productions plus locales

  • aux petits abattoirs d’avoir une clientèle nouvelle, ce qui aiderait à leur survie

  • de voir émerger des productions quasi inexistantes : œufs et poulets de pâturage, sans OGM, biologiques, etc.

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Dévoilement de la bande annonce et de l’affiche du film La ferme et son état

Le documentaire de Marc Séguin prendra l’affiche le 29 septembre prochain. Il fait parti de la sélection officielle du Festival international du cinéma de la ville de Québec.

 

Extrait du communiqué de presse:

La ferme et son État est un portrait actuel des forces vives et des aberrations en agriculture au Québec.

Nous avons suivi, pendant dix-huit mois, des jeunes agriculteurs (femmes et hommes) éduqués qui rêvent de faire une agriculture responsable,

innovatrice et écologique, dans un système où ils ont peine à exister, alors que la réalité change sous nos yeux.

Le film revendique cette nouvelle identité et une politique agricole qui tiendra compte de la réalité.

 

Découvrez la bande-annonce

 

 

Affiche téléchargeable, dossier de presse, bande annonce sur www.kfilmsamerique.com

Relation de presse

Philippe Belzile (514) 277-2613

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Un pas de plus vers l’adoption de la Déclaration de l’ONU sur les droits des paysans

Communiqué de La Via Campesina

Le volet international de l’Union paysanne vous transmet ce communiqué de La Via Campesina présentant les fruits des récents efforts en faveur de l’adoption d’une Déclaration onusienne qui reconnaitrait et protégerait les droits des paysannes et paysans du monde entier ainsi que les autres personnes travaillant dans les zones rurales.

Il est encore temps de signer la pétition de l’Union paysanne pour appuyer le projet de Déclaration!

Signez la pétition ici!

“Ce processus a rendu notre mouvement plus fort que jamais. Après 16 ans d’effort et de dévouement, dans le monde entier, l’espérance  de nos communautés pour  cette Déclaration continue de crôitre,  attendant que nos demandes soient reconnues dans les négociations intergouvernementales”– Henry Saragih (Via Campesina), lors de la clôture du groupe de travail.

Toute la semaine dernière, près de 70 délégués venant de tous les continents de La Via Campesina, pêcheurs, éleveurs, travailleurs ruraux, peuples autochtones, avec d’autres mouvements sociaux et organisations non gouvernementales, ont  participé aux discussions avec des représentants des Etats et des Nations Unies dans les négotiations  sur la Déclaration sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales. Les recommandations et conclusions présentées par le Président-Rapporteur, madame Nardi Suxo, Ambassadeur de Bolivie, à l’issue de cette 4ème Session du Groupe intergouvernemental à composition non limitée (OEIWG) a mis l’accent sur l’avancement des négociations et sur la nécessité de finaliser le projet dans une prochaine 5ème session de ce Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée (OEIWG ).

La Via Campesina avec FIAN et CETIM (Centre Europe – Tiers Monde) et d’autres alliés solides ont approfondi l’engagement entre les gouvernements, les organisations et diverses agences de l’ONU pour la protection et la promotion des droits des paysans et des personnes travaillant dans les zones rurales. Avec ces dernières négociations, La Via Campesina a renforcé sa détermination à voir  cette déclaration adoptée au plus tôt. Le monde a besoin de cette déclaration, pour mettre fin à la pauvreté et à la faim, pour rendre la terre écologiquement sûre pour les prochaines générations et pour un système alimentaire équitable.

N’oublions pas la crise alimentaire de 2007 à 2008, lorsque les États participant à un mécanisme de l’ONU ont promis de ne pas répéter l’erreur d‘abandonner leurs responsabilités  aux  grandes entités commerciales. En fait, il est établi dans l’étude finale présentée par le Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (A / HRC / 19/75) que les États devraient reconnaître les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales en s’adressant directement à ceux qui mettent des moyens de subsistance agroécologiques, équitables et durables.

La Déclaration des Nations Unies proposée sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales discutées lors de cette quatrième session de l’OEIWG est le fruit des efforts mobilisés depuis plusieurs années par La Via Campesina, FIAN et CETIM avec les Etats parties et autres Organisations de la société civile. Affirmer les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales dans cette Déclaration est un effort pour lutter contre la discrimination à l’égard des paysans et des populations rurales. En ce qui concerne les ODD (Objectifs de développement durable), cette reconnaissance est un élément fondamental pour mettre fin à la faim et à la pauvreté, et développer une vie rurale plus équitable pour le bien de tous.

Alors que certains États s’opposent à l’institution de nouveaux droits dans cette déclaration, les articles clés du texte sont bien compris et fortement défendus par les titulaires de ces droits comme fondamentaux pour la promotion et la protection de leurs droits. Nous avons besoin d’urgence d’une Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. Il est injustifié de continuer à remettre à plus tard cet important rendez-vous avec la reconnaissance des droits, le rétablissement des obligations des États et une vie écologique équitable en tant que normes internationales fondamentales. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU doit prendre la responsabilité d’adopter le texte lors de la prochaine session  du Conseil.

En attendant, La Via Campesina intensifie les conversations avec les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ainsi qu’avec les institutions nationales des droits de l’homme dans les différents états. Nous avons besoin de la Déclaration des droits des paysans maintenant!

Consulter le communiqué original ici.