Les dernières nouvelles sur des sujets intéressant l’Union paysanne.

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L’Union paysanne lance une vidéo sur le hors-quota

Depuis sa fondation, l’Union paysanne plaide pour un meilleur accès au droit de produire. Alors que d’autres provinces permettent de vendre sans quota les oeufs de 300 pondeuses ou la viande de 2000 poulets de chair, et encore comme en Alberta où une quantité de 50 litres de lait par jour est autorisée, le Québec fait figure de régime totalitaire en laissant les filiales de l’UPA dicter les règles en monopole, limitant ainsi la production hors-quota à 100 poulets ou 100 pondeuses. Nous sommes ainsi traités comme des Canadiens de seconde classe et sommes condamnés à voir les petites fermes disparaître.

En effet, à 250$ par poule pondeuse, 900$ par mètre carré d’élevage de poulet ou 25 000$ par vache, les coûts des quotas sont prohibitifs pour toute forme de relève et le droit de produire est limité à ceux qui détiennent déjà du quota, qu’ils ont reçu en partie gratuitement ou à moindre coût, au moment de l’instauration. C’est donc dans cette optique que l’Union Paysanne veut hausser les limites hors-quota.

L’Union paysanne a ainsi présenté une demande formelle à la Régie des marchés agricoles pour être entendue à ce sujet. Nous réclamons le droit pour tout(e) Québécois(e) de produire 2000 poulets annuellement ou de détenir 300 pondeuses sans avoir à payer ces quotas. Pour appuyer notre cause, nous nous basons sur l’article 63 de la loi sur la mise en marché des produits agricoles qui stipule que la mise en marché de produits agricoles directement au consommateur ne doit pas être soumise aux diktats des plans conjoints et des quotas et dont l’esprit n’est pas respecté. En effet, la Régie des marchés, sous la pression de l’UPA, a toujours estimé que la vente directe hors-quota pouvait nuire à l’ensemble du marché, ce qui est absurde. Pour nous épauler dans ce dossier, nous pouvons compter sur M. Jean Nobert, un avocat motivé.

Alors que le Québec désire favoriser les circuits courts, une agriculture de proximité et la souveraineté alimentaire, l’Union paysanne estime qu’il faut, avant tout, permettre cette agriculture par des politiques adaptées.

Visionnez la vidéo à horsquota.com

Vous voulez nous aider? Plusieurs options s’offrent à vous! 👇

Signer la lettre d’intention pour un plus grand accès au hors-quota. Si vous êtes unE consommateur-trice, visitez http://bit.ly/2H5uxqY. Si vous êtes unE producteur-trice ou de la relève agricole, visitez http://bit.ly/2Eg6aZP.

 

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Négociations de l’ALENA : et la souveraineté alimentaire?

Ste-Croix, 25 janvier 2018 – Montréal accueille actuellement la sixième ronde de négociation de l’ALENA, sous la menace des Etats-Unis de se retirer. Les discours alarmistes fusent, comme si le commerce international était apparu avec cet accord ou risquait de disparaître. En 2018, difficile d’imaginer notre société sans échange commercial avec d’autres pays. Les Québécois ne renonceront pas au café, ni au poivre, ni aux bananes et il est peu probable que la production de ces aliments se fasse ici prochainement.

Pour l’Union paysanne, il importe surtout que cet accord se fasse sur d’autres bases. OXFAM a publié cette semaine que la richesse engendrée par ces échanges ne profitait qu’à une infime minorité. Premièrement, de tels accords ne devraient plus se faire en cachette de l’opinion publique. Si le Québec a tenu la commission Pronovost, il devrait être possible de consulter la population sur le commerce.

Deuxièmement, sur la question agricole, un des enjeux de l’ALENA, le principe de souveraineté alimentaire devrait avoir priorité. L’alimentation est d’une importance capitale et chaque État devrait pouvoir décider comment les aliments sont produits, transformés et distribués, sans être soumis à des tribunaux internationaux ou à des règles de commerce mondial. C’est d’ailleurs une des principales revendications du mouvement paysan mondial « La via campesina » : L’agriculture hors des accords de commerce international.

Le Canada tient à la gestion de l’offre et ne veut pas la voir modifier lors des négociations. L’Union paysanne soutient néanmoins qu’il faudra adapter cette gestion de l’offre à la réalité moderne, sinon elle disparaîtra sous les pressions. En effet, difficile de vouloir exporter du porc, mais de bloquer l’importation de poulet sans se faire reprocher une certaine dose d’hypocrisie. Et au Québec en particulier, la gestion de l’offre a rempli son rôle de contrôle, mais a échoué lamentablement pour maintenir le nombre de fermes ou permettre la relève et la diversité. Une centaine de producteurs d’œufs détenteurs de quota, moins d’un millier pour le poulet et le dindon, c’est une situation franchement inacceptable. De plus, la version québécoise de la gestion de l’offre diffère grandement de la version ailleurs au Canada. Ici, c’est l’UPA et ses filiales qui gèrent le système en monopole. La gestion de l’offre, c’est au départ un contrat social entre l’État et le monde agricole. Ça ne devrait pas être la propriété privée d’un cartel. La Via campesina et l’Union paysanne sont en faveur du principe de la gestion de l’offre, mais ce système devra être réformé rapidement.

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Maxime Laplante, agr, président : 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente : 450 924-0367

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Sirop d’érable : la fédération ne manque pas d’aplomb

Sainte-Croix, 25 janvier 2018. Les médias ont récemment fait état de la décision de la Californie de renforcer la norme de teneur en plomb dans l’alimentation. Selon cette norme, il ne devrait pas y avoir plus de 11 parties par milliard de plomb dans le sirop d’érable, soit la même chose que dans l’eau potable. Chacun comprend que personne ne consomme autant de sirop d’érable que d’eau mais bon, les Californiens ont bien le droit de faire leurs normes comme ils l’entendent.

Toutefois, une bonne partie du sirop d’érable produit au Québec passe par la Californie, parce que c’est le lieu du centre de distribution pour une grande part des Etats-Unis, principal client pour le sirop québécois. Si le Québec veut continuer à envoyer du sirop en Californie, il devra donc réduire le niveau de plomb, sinon le produit devra porter la mention : peut contenir des traces de plomb.

Les fabricants de matériel acéricole tentent donc d’éliminer le plomb dans leur équipement. Conséquence logique pour s’adapter au marché. La fédération des producteurs acéricoles, affiliée à l’UPA, s’est donc sentie concernée et le directeur général de cette fédération a donné des entrevues, dont Radio-Canada à la mi-janvier, pour donner son avis sur la question.

Ce directeur a alors déclaré que c’était la faute aux petits producteurs, qui fonctionnent avec du matériel comme au temps de leurs grands-parents. Selon lui, cet équipement n’a plus sa place aujourd’hui et devrait aller au musée!

Absolument inouï! Ce directeur est l’employé des producteurs et se permet d’aller faire le salissage médiatique sur leur dos. Une telle attitude est plutôt digne d’un patron arrogant et non celle d’un employé qui devrait plutôt tenter de trouver une solution à l’avantage de ses employeurs. Surtout que la publicité entourant le sirop d’érable présente continuellement « cet équipement qui devrait aller au musée ». Sur les cannes de sirop, on voit les chaudières, les barils en bois, les chevaux, et non les tubulures en plastique. La fédération utilise à profit l’image des petits producteurs mais les dénonce sur la place publique.

Ce qui m’amène à deux conclusions. La première, c’est que lorsqu’on met l’essentiel de ses œufs dans le même panier en misant sur les gros marchés d’exportation, on se rend vulnérable à des décisions qu’on ne contrôle pas. On fragilise notre mise en marché. C’est ce qu’a fait la fédération en prenant le contrôle de la production de sirop. Que la Californie ait raison ou pas de changer ses normes, il reste que c’est leur décision. La souveraineté alimentaire passe par le pouvoir des peuples de décider de leur alimentation.

La seconde conclusion, c’est que beaucoup trop de pouvoir a été conféré à cette fédération de l’UPA, qui se comporte de façon odieuse envers ses propres membres. Le monarque n’a que faire de l’opinion de ses sujets. Est-ce que les producteurs concernés oseront porter plainte?


Maxime Laplante, agr, président de l’Union paysanne

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Les accords de libre-échange : peu compatibles avec la souveraineté alimentaire

Alors que la question du libre-échange rebondit à nouveau dans les médias, qu’il s’agisse de l’accord nord-américain impliquant le Mexique, le Canada et les États-Unis (ALÉNA) ou encore de celui avec l’Europe (Accord économique et commercial global), on peut se demander à qui cela bénéficie vraiment. Et d’autant, si ce genre d’entente contribue à l’atteinte d’une souveraineté alimentaire réelle des États puisque cette dernière suppose, entre autres, le respect du droit des peuples et des nations de déterminer le modèle agricole qu’elles désirent, et non pas d’abandonner ce genre de décisions à des entreprises multinationales ou à des tribunaux, comme ce sera le cas pour l’accord européen.

Dans cette logique, permettre l’arrivée de 17 000 tonnes de fromages européens, en partie produits de lait cru, dont la fabrication est interdite ici, constitue une aberration. De plus, réclamer des compensations financières de la part du gouvernement en vue de dédommager les pertes de revenus pour les fermierEs n’est pas une solution à long terme et surtout pas à l’avantage du payeur de taxes. Dans le même ordre d’idée, permettre l’exportation de maïs américain vers le Mexique, en sachant pertinemment que les fermes mexicaines n’arriveront plus à écouler leur propre production sur leurs marchés locaux, ne peut pas vraiment être considéré comme une amélioration de la souveraineté alimentaire de ce pays. Et encore, miser sur ce genre d’accord pour gonfler nos exportations de porc ou de bœuf vers l’Europe ne constitue pas non plus un objectif louable, en regard du coût environnemental et social de la production industrielle porcine dans nos régions.

Comme c’est couramment le cas, de tels traités sont concoctés dans l’ombre, sans consultation publique, jaillissant subitement d’une boîte à surprise. Ceux qui profiteront alors de tels accords ne sont pas les citoyens; ce sont les entreprises qui ont tout loisir de déplacer la production vers les endroits de moindres salaires ou dont les normes sont moins contraignantes. En somme, il ne s’agit pas d’être contre le commerce international, mais un produit ne devrait jamais entrer sur un territoire à un prix moindre que ce qui est produit sur celui-ci pour une qualité équivalente. Autrement, il s’agit non seulement d’un nivellement par le bas, mais aussi d’une baisse de revenus considérable pour certaines productions agricoles, entraînant alors vers la chute les petites fermes de par le monde. Mais encore, ce genre d’accord peut entraîner la perte de souveraineté au niveau alimentaire pour de nombreux pays.

Maxime Laplante, agr, président

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Dossier hors-quota: une étude confirme largement les avancées de l’Union paysanne

L’Union paysanne, depuis sa fondation en 2001, réclame un assouplissement des quotas et des plans conjoints pour donner un peu d’air aux élevages de petite taille. Évidemment, les fédérations de l’UPA, détentrices et gestionnaires des fameux quotas, maintiennent leur emprise, ce qui fait que le Québec est devenu la moins permissive des provinces canadiennes lorsqu’il s’agit de produire des œufs, de la volaille ou du lait. Pour l’UPA, permettre à de petits éleveurs de produire un peu plus sans acquérir du quota à prix d’or (250$ par poule, 800$ par mètre carré de poulet ou 24 000$ par vache) mènerait à un chaos dans l’approvisionnement des marchés et menacerait grandement la santé des consommateurs.

L’étude sur la production sans quota et sur la commercialisation en circuits courts, récemment publiée par le groupe Cirano de l’université Laval, en arrive à des conclusions très différentes.

Premièrement, en analysant la situation de provinces plus permissives, on constate que la production sans quota n’occuperait qu’une part infime du marché, de l’ordre de 1 ou 2% au maximum.

Deuxièmenent, les études citées en matière de salubrité montrent assez clairement que les petits élevages sont moins porteurs de pathogènes que les élevages industriels.

Les auteurs de l’étude sont également forcés de faire allusion à situation de conflit d’intérêt des fédérations de l’UPA, qui décident des règles appliquées à la relève, donc à des concurrents sur le marché. Un peu comme si Walmart décidait si Metro doit exister et à quelles conditions…

Le document de Cirano cite quelques exemples intéressants, comme la possibilité d’abattre de la volaille à la ferme aux Etats-Unis, ou encore que des pays européens interdisent le lavage des œufs alors qu’il est ici obligatoire.

Les auteurs se demandent au passage pourquoi le Québec est si restrictif. Il me semble que la réponse est claire : l’UPA, en bon cartel privé et en situation de monopole, a pris les commandes. Le roi ne négocie pas avec ses sujets.

L’Union paysanne entend donc poursuivre ses pressions auprès de la Régie des marchés agricoles pour obtenir l’application de la loi sur la mise en marché des produits agricoles (article 63), qui stipule clairement que la vente directe au consommateur n’a pas à être soumise aux plans conjoints et aux quotas. L’article de loi précise aussi que la Régie peut en décider autrement si elle juge qu’il y a menace pour l’application des plans conjoints. L’étude de Cirano corrobore clairement l’analyse de l’Union paysanne : il n’y a pas menace.

Le rapport est disponible sur le site du Cirano : https://www.cirano.qc.ca/ files/publications/2017RP-05. Pdf

Maxime Laplante, agr et président

 

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Un mot de Maxime Laplante, nouveau président de l’Union paysanne

Chers paysans et paysannes,

Ainsi que vous l’avez sans doute appris, la présidence de l’Union paysanne m’a été confiée, lors du congrès annuel tenu à Victoriaville en fin de semaine. Mais l’élément plus important, c’est que le congrès a élu une équipe dynamique et jeune à la direction de l’Union paysanne, à l’image de la relève agricole du Québec. Des gens innovateurs, créatifs, qui n’acceptent pas les limites imposées par le modèle actuel, avec ses quotas inaccessibles, ses normes mal adaptées à la réalité des circuits courts, le manque de soutien de l’État.

L’utopie, ce n’est pas de croire qu’on ne peut pas changer les choses, mais plutôt de croire que le système actuel va perdurer. La diminution constante du nombre de fermes, l’accroissement des monocultures et de la spécialisation, les coûts sociaux engendrés par la mauvaise gestion des ressources, tout cela ne peut pas continuer longtemps. Depuis 16 ans maintenant, l’Union paysanne tient le fort de la paysannerie, offre une tribune aux acteurs désireux de changement. Sous la présidence de Benoit Girouard, l’Union paysanne a fait beaucoup plus que tenir le fort. La nouvelle équipe entend poursuivre cette vision de réflexion, de changement, d’action.

La relève moderne en agriculture, ce sont pour beaucoup des néo-ruraux n’ayant pas de lien de parenté avec les familles agricoles en place. La moitié de cette relève a plus de 35 ans. Beaucoup de femmes, souvent plus de scolarité. Un parcours de vie différent. Mais avec des besoins essentiels pour s’établir.

Le premier de ces besoins est l’accès à la production et au marché. Avec eux, l’Union paysanne a entrepris une démarche de recours collectif. Une révolution dérangeante? La simple application de la loi sur la mise en marché des produits agricoles supposée permettre la libre mise en marché en autant qu’elle se fasse directement au client.

Un autre de ces besoins est l’accès à la terre. Pour l’Union paysanne, cela se concrétise par une collaboration avec des organismes comme Protecterre et Arterre, pour favoriser l’accès à la terre sans subir la spéculation.

Un besoin de formation, par le biais du Centre paysan, la seule école d’agro-écologie en Amérique du Nord.

Sans compter le développement d’outils de mise en marché comme une plate-forme web.

L’avenir de l’agriculture et celui de la paysannerie passe par la relève. Au niveau politique, l’Union paysanne entend travailler à convaincre le gouvernement de formuler une véritable politique agricole tenant compte de cette réalité.

Pour y arriver, nous avons besoin de vous, de votre soutien, votre réflexion, votre action.

Maxime Laplante, agr

Quel avenir pour le glyphosate? Mobilisation historique en Europe!

Rimouski, 9 novembre 2017. Le glyphosate, mieux connu sous son étiquette commerciale RoundUp Ready et développé par la controversée multinationale Monsanto, fait des remous dans l’Union européenne (UE). En février 2016, une coalition de 38 ONG issues de 14 États membres initiait l’enregistrement par la Commission européenne d’une initiative citoyenne européenne (ICE) intitulée « Stop glyphosate ». Leurs demandes à la Commission étaient alors très claires : (1) proposer aux États membres une interdiction du glyphosate, (2) réformer la procédure d’approbation des pesticides et (3) fixer à l’échelle de l’UE des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides [1].

Pour être entendue, la coalition devait relever un défi grandiose, celui de mobiliser un million de citoyennes et citoyens originaires d’au moins sept États membres de l’UE afin d’amasser leurs signatures, sans quoi l’ICE ne serait pas retenue par la Commission. À peine quelques mois plus tard, la société civile faisait entendre sa position avec plus de 1,3 million de personnes répondant à l’appel. Un pas de géant dans la lutte contre le glyphosate venait d’être effectué.

Retour sur la polémique

Alors que les États membres de l’UE devaient se rencontrer pour débattre de la ré-autorisation du glyphosate pour les dix prochaines années au début 2016, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classait en juillet 2015 le glyphosate comme « probablement cancérogène pour l’homme » après la consultation de plusieurs études scientifiques sérieuses.

Dans la tourmente, un nouveau document portant un avis contraire est publié par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) en novembre 2015, qui considérait plutôt comme bénin le glyphosate sur la santé humaine. Les États, alors au cœur de négociations sur la proposition de ré-autoriser l’usage de la molécule pour les dix prochaines années, n’arrivent pas à s’entendre. L’exécutif de l’UE tranche et permet son utilisation pour seulement 18 mois, après quoi une décision officielle devra être prise. Le débat est lancé.

C’est à ce moment que l’Europe assiste à une mobilisation massive de la société civile, à la veille du retour des États autour de la table de négociation sur la ré-autorisation du glyphosate. La contestation semble faire son chemin, puisque le mois passé, les parlementaires européen.ne.s votent le bannissement du glyphosate pour décembre 2022!

Les États membres avaient l’occasion de faire valoir leurs positions aujourd’hui, le jeudi 9 novembre quant à la ré-autorisation du produit pour les cinq prochaines années. Mais une fois de plus, les États n’ont pas réussis à s’entendre sur le sort de la molécule, dont les effets néfastes sur la santé humaine et l’environnement sont révélés dans des centaines d’études scientifiques. Son bannissement pourrait être devancé.

Le glyphosate, un produit dangereux?

Si les documents publiés par l’Echa (et par l’agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) en mars 2017) suggèrent que le glyphosate ne présente pas de risque pour la santé humaine, on peut sérieusement douter de la fiabilité de leurs analyses. En effet, les organismes environnementaux européens critiquent sévèrement les méthodes d’évaluation employées par les deux agences. On leur reproche de ne s’être fiées qu’à des études privées fournies par une quarantaine d’entreprises portant des intérêts économiques avouées pour la commercialisation du glyphosate. Selon la réglementation européenne sur les produits pharmaceutiques, c’est effectivement aux entreprises, celles qui demandent une autorisation de mise en marché, de prouver l’innocuité de leurs produits. Le processus légal mène de facto au conflit d’intérêt.

Les effets du glyphosate sur l’environnement sont aussi grandement documentés dans la littérature scientifique. On y mentionne entre autres la perte progressive de la fonction des sols, une perte de la biodiversité, des maladies végétales, la résistance de certaines espèces de mauvaises herbes aux herbicides et la contamination des réseaux hydriques de surface et sous-terrains. De plus, l’utilisation du glyphosate impose des pratiques agricoles fortement dépendantes aux énergies carbonées, contribuant ainsi directement à l’intensification des changements climatiques [2].

Quel débat pour le Québec?

En mars 2017, Santé Canada rendait son verdict au sujet de l’utilisation du glyphosate. Elle jugeaient « qu’il est peu probable que le glyphosate présente un risque de cancer chez les humains [3] ». Une décision ferme prise dans un silence médiatique étonnant, au bénéfice des multinationales de ce monde et sans considération pour l’environnement.

Alors que la société civile européenne se positionne sans ambages sur la question des herbicides, et plus précisément sur le cas du glyphosate, l’enjeu semble encore méconnu des citoyennes et citoyens du Québec. Pourtant, le glyphosate est l’herbicide le plus vendu dans la province. En 2012, on l’utilisait sur plus de 1 900 000 hectares de cultures, principalement de soja et de maïs [4]. Il semble aussi que son utilisation s’en va croissante. De plus, on retrouve des traces de la molécule dans environ 90 % des cours d’eau [5].

La contestation en Europe est vive et toutes les raisons sont bonnes pour qu’elle le soit ici aussi. Dans un contexte de changements climatiques et de mobilisation autour d’enjeux environnementaux variés, il semble plus que jamais pertinent d’amener la question de l’usage du glyphosate, et par extension des herbicides, dans le débat public. L’exemple européen, qui surpasse le million d’individus sensibilisés à la question, doit servir d’inspiration à un mouvement québécois de contestation.


[1] https://act.wemove.eu/campaigns/ice-glyphosate-fr
[2] Malézieux, E. (2011). Designing cropping system from nature, Agronomy for Sustainable development, vol. 32 (1), pp. 15-29.
[3] http://www.quebecscience.qc.ca/reportage_qs/Glyphosate-la-fin-un-regne
[4] Giroux, I. (2015). Présence de pesticides dans l’eau au Québec : Portrait et tendances dans les zones de maïs et soja – 2011 à 2014 [PDF], Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques, 74 pages.
[5] Ibid.

 

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Congrès 2017: Ça passe par la relève

C’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renomC’est sous le thème de la relève que l’Union paysanne tiendra son congrès 2017. L’activité aura lieu au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, le 18 novembre 2017. Vous aurez la chance d’entendre et de rencontrer plusieurs panélistes de renom

Vous voulez que ça change? On a besoin de vous!

L’Union paysanne prend la défense de la paysannerie en faisant la promotion d’un autre modèle agricole et alimentaire. Pour y arriver, nous avons besoin de bras et de têtes qui veulent pousser dans le sens du changement. Voici une multitude de tâches reflétant nos besoins. Si jamais vous pensez pouvoir nous aider, vous pouvez nous écrire à coordination@unionpaysanne pour nous dire les tâches qui vous intéressent.

 

  • Conseil de coordination de l’Union paysanne: Constitué de 11 personnes, il coordonne le mouvement en lien avec les décisions et le plan d’action du congrès. Il se réunit 6-7 fois par année et fait relâche l’été. Plusieurs des postes seront à renouveler lors du prochain congrès les 18 et 19 novembre prochain.

 

  • Représentants régionaux: Nous cherchons des paysans-nes en mesure de donner un visage à l’Union paysanne dans leur région (Témiscamingue, Mauricie, Outaouais, Côte-Nord, Gaspésie-île de la Madeleine, etc.). Cela peut consister à recevoir quelques appels de personnes de votre région, tenir un kiosque lors d’événements, faire la promotion de l’Union paysanne autour de vous et, si vous vous sentez à l’aise, de répondre parfois aux médias locaux. Vous serez soutenus en tout temps et de la formation vous sera offerte.

 

  • Responsable de comité : Vous aimeriez voir l’abattage à la ferme permis? Le retour du lait cru? L’augmentation du hors-quota devenir réalité? Voilà autant de dossiers qui ont besoin de bras et de têtes pour avancer. Vous aimeriez que ça change? Contactez-nous

 

  • Financement: Le financement est stratégique dans la situation de monopole de l’UPA. Nous aimerions rassembler une petite équipe dévouée à cet aspect afin de soutenir les actions de l’Union paysanne; penser à des campagnes, collaborer au souper-bénéfice, etc.

 

  • Foires et événements: Plusieurs fois par année, nous sommes sollicités pour tenir un kiosque lors d’événements. Il nous faudrait une personne pour coordonner le tout: établir un calendrier, calculer les frais et faire le lien avec les bénévoles. Le rôle des bénévoles est de monter le kiosque, parler de l’Union paysanne et de recruter des membres lors des évènements. Pas besoin de vous dire que cette tâche a de l’importance.

 

  • Répertoire et communauté paysanne: Nous aimerions référencer sur Google Map nos paysans et artisans qui le désirent afin de leur donner de la visibilité. Du même souffle, nous voudrions développer une réelle communauté d’intérêt qui permettrait aux membres et amis de l’Union paysanne de s’afficher et d’offrir aux autres membres des privilèges ou rabais. Un autre dossier concret  prendre en main. Ça vous parle? Contactez-nous!

 

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Hausse de la cotisation de l’UPA : l’Union paysanne va s’y opposer!

Québec, 4 octobre 2017. On apprend que l’Union des producteurs agricoles cherche encore une fois à piger dans la poche des fermes du Québec en augmentant sa cotisation syndicale de base alors que cette dernière est déjà l’une des plus élevées au monde. De 316$ en 2013, l’UPA l’avait fait grimper à 336$ en 2017, montant qu’il faut multiplier par deux (672$) pour la grande majorité des fermes du Québec puisque l’UPA cotise le couple propriétaire de la ferme.

L’UPA entend donc presser le citron encore plus en faisant grimper sa cotisation à 356$ en 2019. « Les producteurs agricoles du Québec ne le savent pas parce que l’UPA se garde bien de leur dire, mais ils paient la cotisation syndicale agricole la plus élevée en Amérique et potentiellement la plus élevée au monde » soulève Benoit Girouard, président de l’Union paysanne.

Voici quelques exemples (convertis en argent canadien)

Organisation

Pays

Montant par ferme

note

American Farm Bureau

États-Unis

Entre 68$ et 100$

Dépendamment de l’État

FNSEA

France

80$

Syndicat majoritaire français. La France est le moteur agricole de l’Europe.

California Farmers Union

Etats-Unis-Californie

100$

 La Californie est le moteur agricole des États-Unis

Alberta Fédération of agriculture

Canada-Alberta

125$

National Farmers Union

Canada

195$

Association nationale

Ontario Fédération of agriculture

Canada-Ontario

195$

 L’Ontario est le moteur agricole du Canada

Uniterre

Suisse

256$

NSW Farmers

Australie

429$

Précisons qu’il n’y a qu’une cotisation par ferme ailleurs dans le monde en plus d’une liberté complète d’association. La démarche de l’UPA apparaît donc abusive et non justifiée. L’Union paysanne entend donc s’opposer à cette hausse de cotisation devant de la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec.

« Ce n’est pas vrai que le syndicat va augmenter le fardeau des agriculteurs alors qu’ils vivent des incertitudes face à l’Alena et à la gestion de l’offre. Que l’UPA commence par couper dans ses frais au lieu de le prendre dans la poche des fermes. », ajoute Maxime Laplante. vice-président de l’organisation.

Il faut savoir, qu’en plus de sa cotisation de base, l’UPA taxe une partie des agriculteurs du Québec par une contribution sur leur volume de production de l’ordre de 9,1 millions de dollars annuellement, ce qui est unique au Québec. C’est comme si le conseil du patronat, en plus de sa cotisation annuelle, forçait les chefs d’entreprises à lui verser un pourcentage sur leur vente. L’UPA souhaite également augmenter cette taxation de 3%.

L’Union paysanne s’y opposera également devant la Régie en temps et lieu. Les agriculteurs du Québec ont fini de se faire manger la laine sur le dos sans réagir.

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Pour information :

Benoit Girouard, Président, 450-495-1910                                                 

Maxime Laplante, Vice-président, 581-888-0941