Les dernières nouvelles sur des sujets intéressant l’Union paysanne.

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Mot du président – 17 juin 2018

Bonjour,

La rencontre du G7 est peut-être terminée mais pas les discussions sur la gestion de l’offre, qui semble être devenue une monnaie d’échange dans les négociations de libre-échange. Prévisible. Le Canada ne peut pas continuer longtemps à prétendre que les frontières sont ouvertes mais qu’elles sont fermées pour certains produits. Dans le dossier du lait, l’importation de lait diafiltré à bas prix en provenance des États-Unis a fait baisser le prix payé à la ferme. Dans un contexte où les dépenses explosent, une baisse du revenu mène obligatoirement à une des quatre avenues suivantes : demander au gouvernement de compenser financièrement. Reste à savoir si le Trésor sera d’accord pour dépenser l’argent des contribuables pour une production sous quota alors que le prix est fixé par une commission. Autre hypothèse : grossir l’entreprise pour augmenter le chiffre d’affaires, ce qui suppose une hausse de l’endettement et des difficultés pour refiler la ferme plus tard à une relève qui n’en aura sans doute pas les moyens. Autre scénario : vendre aux personnes qui veulent grossir. Mais ces solutions ne règlent pas le problème de l’accroissement de la taille des fermes, au contraire. Normalement, pour une entreprise aux prises avec des difficultés financières, la diversification de la production est envisagée, selon la devise de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour le secteur laitier, cela supposerait de vendre une partie du lait de façon directe ou transformée, ou d’élever d’autres animaux, d’ajouter un volet récréo-touristique à la ferme, etc. Or, ces avenues sont bloquées de façon quasi systématique au Québec, confinant l’immense majorité des fermes à la production au prix de gros. Bonne chance à ceux et celles qui voudraient faire du fromage à la ferme, ou tenir une table champêtre, accueillir des visiteurs, des campeurs. Dans ce contexte, la perspective d’une disparition de la gestion de l’offre aurait de graves conséquences, surtout en raison de la limitation de la marge de manoeuvre des fermes. Il y a urgence de réformer la version québécoise de la gestion de l’offre, sinon elle est vouée à disparaître et entraînera la disparition d’un grand nombre de fermes.

Dans un autre dossier, d’aucuns auront suivi les déboires de l’ex-ministre de l’agriculture, M. Pierre Paradis. Il ne m’appartient pas de juger s’il y a un lien entre les allégations et sa relation plus que tendue avec l’UPA mais il y a lieu de se demander pourquoi sa réforme entamée du système de remboursement des taxes foncières a été si rapidement reléguée aux oubliettes au lendemain de son départ. Cette réforme prévoyait un changement de la méthode calcul. Mais là n’est pas le point majeur. L’élément-clé était de dissocier le paiement de la cotisation à l’UPA de l’accès au programme. Cette démarche aurait enfin remis un peu de démocratie dans ce système. Il est aberrant de voir qu’au Québec, l’accès à des programmes gouvernementaux soit encore conditionnel au versement d’une cotisation obligatoire à une association privée en situation de monopole.

En terminant, je mentionne la publication toute récente d’une bande dessinée (Faire campagne- de Rémy Bourdillon) qui illustre les déboires d’une dizaine de personnes qui tentent de pratiquer l’agriculture mais qui se heurtent aux obstacles érigés. Bonne lecture.

Maxime Laplante, agr, président

bédéreportage
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Lancement du bédéreportage « Faire campagne »

Le samedi 16 juin, vous êtes invités à vous joindre à nous pour souligner le lancement du bédéreportage «Faire campagne», de Rémy Bourdillon et Pierre-Yves Cézard. Il s’agit du premier titre de la nouvelle collection Journalisme 9, la première collection canadienne francophone dédiée au journalisme dessiné. Une collaboration inédite entre La Pastèque et Atelier 10.

Le monde rural est en plein essor au Québec. Une nouvelle génération d’agriculteurs tente de développer de meilleures manières de produire nos aliments. Grâce à ces jeunes familles qui délaissent la ville pour la campagne, des fruits et légumes oubliés, des fromages locaux, des viandes et charcuteries diversifiées fleurissent. Mais comment survivre dans un système taillé pour l’agriculture industrielle? Comment garder la foi malgré l’intransigeance des règles? Ce projet de bande-dessinée reportage repose sur une enquête journalistique au long cours. Veillant à tendre le micro à tous les acteurs en présence, Rémy Bourdillon et Pierre-Yves Cezard ont suivi pendant un an le combat quotidien d’une dizaine d’agriculteurs aux prises avec le seul et unique syndicat en place, l’Union des producteurs agricoles. À travers ces femmes et ces hommes, cette bande dessinée fait la lumière sur une situation unique à l’échelle mondiale.

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Un G7 malodorant

Ste-Croix, 4 juin 2018 – En prévision de la rencontre du G7, les autorités prient les agriculteurs de ne pas épandre de lisier pendant la durée de l’événement. On comprend qu’il importe de ne pas heurter la sensibilité nasale des délégués.

Les gouvernements ont pourtant tout mis en place pour qu’il y ait ce genre de situation. À commencer par le choix d’une région rurale pour la tenue d’une telle rencontre. Ensuite par le choix du moment, coincidant avec la période des semis et le moment où les fosses à lisier sont remplies à pleine capacité après un long hiver d’entreposage et que les inspecteurs circulent pour s’assurer qu’elles ne déborderont pas.

Mais surtout, le gouvernement a clairement tracé la voie pour la gestion liquide des fumiers, en dépit des avertissements multiples. En effet, au lieu d’encourager la gestion solide des fumiers, les fermes ont dû construire des fosses pour accumuler les fumiers animaux. Pourtant, le problème est simple du point de vue biologique. Les composés organiques à base d’azote sont normalement constitués en présence d’oxygène, ce qui donne des substances stables et largement inodores, comme le compost. À l’inverse, si on bloque l’arrivée d’oxygène, par exemple en entreposant les fumiers dans une fosse liquide dans laquelle l’oxygène ne pénètre pas, on produit des composés instables, solubles et volatiles. C’est l’effet du sac de vidange bien fermé qui a traîné au soleil et qu’on ouvre pour en humer tout l’arôme… L’azote devient ammoniac, soluble et pestilentiel, de même que le carbone forme du méthane nauséabond au lieu d’humus stable.

Les conséquences d’une agriculture animale sur lisier sont multiples, en plus des odeurs dont les communautés rurales sont les premières victimes : compaction des sols en raison des lourdes charges (à 95%, le lisier est constitué d’eau), bris des routes rurales qui n’ont pas été conçues pour résister à de pareilles charges, construction coûteuse de gigantesques fosses d’entreposage.

Mentionnons également le fait que le régime de subventions pousse à la spécialisation et la concentration des élevages, ce qui fait en sorte que les animaux sont largement confinés à l’intérieur au lieu de libérer leurs excréments au champ.

En somme, tout le système en place incite, sinon oblige, à l’épandage nauséabond en ce temps de l’année. C’est indissociable de notre modèle agricole orienté vers la monoculture et l’exportation. Difficile de ne pas être en colère lorsque le gouvernement demande maintenant de préserver une image bucolique.

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Maxime Laplante, agr,

Président

581 888-0941

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Fusion Monsanto-Bayer : une perte de contrôle supplémentaire et alarmante sur le secteur agricole et alimentaire.

Pour diffusion immédiate

Fusion Monsanto-Bayer : une perte de contrôle supplémentaire et alarmante sur le secteur agricole et alimentaire.

Montréal Le 31 mai 2018 : Le Bureau de la concurrence Canada vient d’approuver la fusion des entreprises Bayer et Monsanto, autorisant ainsi la création de la plus grande entreprise de pesticides et de semence au monde. « C’est du jamais vu en terme de contrôle corporatif sur l’agriculture à travers les semences et pesticides » déclare Pascal Priori, président de Vigilance OGM.

L’acquisition de Monsanto par Bayer au prix inégalé de 66 milliards de dollars donnerait à la nouvelle entité le contrôle d’environ 31 % du marché des semences commerciales et 26 % de celui des pesticides agricoles. Quant aux concessions obtenues par le Bureau de la concurrence, elles sont insignifiantes puisque la vente de certains actifs de Bayer se fera fort probablement à un autre géant : BASF.

Les grandes sociétés Dow et Dupont se sont déjà entendues pour fusionner et l’entreprise étatique chinoise ChemChina a acheté Syngenta. En autorisant la fusion de Bayer et Monsanto, ces trois grandes sociétés nouvellement formées contrôlent plus de 71 % des ventes mondiales de pesticides et près de 61 % des ventes de semences commerciales (1).

L’impact sur le système agricole s’annonce désastreux. « Les semences sont le cœur de notre système alimentaire. Si vous contrôlez les semences, vous contrôler les agriculteurs et l’alimentation » déclare Jane Rabinowicz d’USC Canada. « L’accroissement du contrôle corporatif sur les semences a des conséquences désastreuses sur la diversité des semences et notre capacité d’adaptation aux changements climatiques » ajoute-t-elle.

Par exemple, Vigilance OGM révèle dans une analyse exclusive la hausse importante du prix de semences au Québec compte tenu de l’actuelle concentration du marché. Dans le cas du soya, le prix des semences génétiquement modifiées était environ 50 % plus cher en 2016 et 2017 que les semences de soya conventionnel. De plus, entre 2011 et 2017, le prix des semences soya GM a augmenté de 23,5 % tandis que celui des semences conventionnelles a augmenté de 20,6% (2).

Les principales organisations agricoles du Québec, l’Union Paysanne mais également l’Union des producteurs agricoles craignent le pire. « Alors que le nombre de fermes au Québec diminue d’année en année, les grandes entreprises s’approprient le pouvoir de décider des semences et pesticides des agriculteurs et y compris pour une partie des semences et intrants de l’agriculture biologique. C’est une atteinte directe à la souveraineté alimentaire du Québec » déclare Maxime Laplante président de l’Union Paysanne. Cette tendance est corroborée par l’évolution du nombre d’exploitations agricoles au Canada qui a diminué de 47,1 % entre 1971 à 2016.

« Il est clair que cette situation d’oligopole va accroître le prix et réduire le choix des semences et intrants au détriment de la liberté des agriculteurs. Cela va également accroître encore plus le contrôle de quelques entreprises sur la recherche publique en agriculture (3). Le Québec et le Canada font encore preuve d’une docilité exemplaire envers les grandes entreprises agricoles. Cette décision va exactement à l’encontre de la volonté des consommateurs d’accroître l’accès à des productions locales, biologiques, et sans OGM et celle des agriculteurs de pouvoir faire les choix de base et de vivre sereinement de leur production », résume Pascal Priori, Président de Vigilance OGM.

Alors que les pesticides et les OGM sont plus utilisés que jamais dans l’histoire du Canada, cette nouvelle renforce encore plus la dépossession de notre système alimentaire pour le profit de quelques entreprises.

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Pour plus d’information :

Pascal Priori, Vigilance OGM, 514 573 1820

Maxime Laplante, Union Paysanne 581 888 0941

Jane Rabinowicz, USC Canada, 514 473 5319

Lucy Sharratt, Réseau canadien d’action sur les biotechnologies, 613 809 1103 (anglais)

Autre organisme appuyant ce communiqué:

Alliance pour l’interdiction des pesticides systémiques

Note:

Le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) et Vigilance OGM, avaient, dès 2016, demandé au bureau de la concurrence d’évaluer l’impact de cette concentration incroyable sur le secteur agricole. Cette requête est toujours sans suite (4).

Références:

(1) Selon des données de 2014 cités par le Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food) dans son rapport : IPES-Food. 2017. Too big to feed: Exploring the impacts of mega-mergers, concentration, concentration of power in the agri-food sector.

(2) Analyse de Vigilance OGM: Monsanto-Bayer : Conséquences alarmantes pour les agriculteurs au Québec

(3) L’enquête OGM sortie en 2015 précisait déjà : « On entend souvent que les agriculteurs partout dans le monde adoptent les cultures GM parce qu’ils ont choisi d’acheter des semences GM et que les cultures GM leur offrent plus de choix. Mais la concentration du marché des semences signifie que l’introduction de semences GM est souvent suivie du retrait de variétés non GM et de la diminution des options offertes aux agriculteurs. Ainsi, au Canada, 80 % des 120 variétés enregistrées de canola étaient non GM en 2000. En 2007, on ne trouvait plus que cinq variétés de canola non GM sur le marché. Puisque l’on retire des variétés non GM petit à petit, et parce que les caractéristiques GM sont insérées dans des cultures classiques déjà dotées des meilleures caractéristiques de rendement, l’achat de semences GM est souvent le seul moyen pour les agriculteurs de se procurer des variétés modernes à rendement élevé. De plus, quand les entreprises déshomologuent des variétés anciennes au Canada, les agriculteurs qui conservaient ces semences et les utilisaient ont perdu la capacité de le faire. »
Cette concentration s’accompagne d’un désinvestissement massif de la recherche publique en agriculture : «
Au début des années 1980, le secteur public du Canada était responsable de 95 % de la sélection des végétaux et de 100 % de la sélection des cultures céréalières et oléagineuses. Dans les vingt dernières années, le gouvernement canadien a démantelé une grande partie de l’infrastructure publique de la sélection des végétaux au Canada et confié cette responsabilité au secteur privé. » RCAB. 2015. Rapport 4 Les OGM sont-ils bénéfiques pour les agriculteurs?

(4) Commentaires soumis en 2016 au Bureau de la concurrence Canada

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La ruralité a besoin de courage politique

Ste-Croix, 23 mai 2018 – Alors que les intéresséEs doivent débourser 120$ pour avoir accès au rassemblement « Tous ruraux », l’Union paysanne estime que ce débat devra aller nettement plus loin que de simplement louanger la campagne en termes poétiques.

La ruralité passe par la reconnaissance du droit de produire des occupantEs de nos campagnes, que ce soit pour leur consommation familiale ou pour la commercialisation. L’union paysanne souhaite rappeler les solutions qu’elle met de l’avant afin de favoriser une agriculture plurielle et de proximité qui serait extrêmement bénéfique à la revitalisation des villages du Québec.

La ruralité, c’est la diversité!

– Nous exigeons des modifications à la Loi sur la protection du territoire agricole et des activités agricoles, qui prescrit l’homogénéité du territoire au lieu de la diversité;

– Nous encourageons la diversité des usages en milieu rural;

– Nous souhaitons l’établissement de tables champêtres en zone verte, permettant la transformation et la restauration à la ferme.

– Nous faisons la promotion de l’agrotourisme et des formules avec hébergement à la ferme.

– Nous exigeons la modification du mode de soutien des fermes (dont l’ASRA), trop axée sur les monocultures et les exportations;

– Nous exigeons la liberté d’association en agriculture afin de permettre à ceux et celles souhaitant faire de l’agriculture autrement d’être représentéEs.

La ruralité, c’est de nourrir notre population en quantité et en qualité, tel que le souhaite la population du Québec.

– Nous réclamons le droit de produire : augmentons la production hors quota et permettons la vente directe;

– Nous visons un meilleur accès aux produits locaux;

– Nous voulons savoir ce que l’on mange et réclamons l’étiquetage des OGM;

Nous réclamons un appui substantiel pour l’agriculture biologique plus important que ce que propose lanous velle politique bioalimentaire, soit 4% des surfaces d’ici 2025, alors que le reste de la planète prend le virage.

La ruralité, nous voulons tous la voir prendre de l’ampleur, la développer. Mais au-delà des vœux pieux, le Québec doit amorcer des changements réels et majeurs. Sinon, le monde rural continue d’étouffer alors que les campagnes se vident, que les services disparaissent, que les monocultures s’étendent.

La ruralité ne doit pas rester une chasse gardée. Au Québec, la ruralité a nettement besoin de courage politique!

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Maxime Laplante, agr, président

581-888-0941

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Dossier du hors-quota, un affrontement imminent

Depuis plusieurs années, l’Union paysanne plaide pour une ouverture du droit de produire, afin de permettre aux petits éleveurs de vendre plus de 99 poulets par an, ou plus de 24 dindons, ou la vente d’œufs de plus de 100 poules, sans avoir à payer les fabuleux quotas et subir les contrôles des fédérations de l’UPA. Il ne s’agit pas d’une utopie, alors que les autres provinces canadiennes sont nettement plus tolérantes que le Québec.

Récemment, la Régie des marchés agricoles a accepté la demande de l’Union paysanne d’être entendue dans ce dossier. Au mois de juin, il y aura une rencontre de gestion, afin que les différents intervenants puissent discuter de la logistique de la séance publique qui aura lieu vraisemblablement à l’automne.

À première vue, on aurait pu s’attendre à ce que la demande d’avoir le droit de commercialiser 2000 poulets, ou les œufs de 300 poules, passe comme une lettre à la poste, alors que tout le Québec réclame des aliments de proximité, locaux, directement du fermier, etc. Et bien non. L’UPA et ses fédérations défendront leur contrôle bec, ongles, griffes et serres dehors, refusant de céder le moindre espace à une mise en marché leur échappant. Ces intervenants tenteront de convaincre la Régie que cette ouverture constituerait une grave menace pour l’industrie agricole québécoise, alors qu’il ne s’agirait que d’environ 1 % de la production. Pendant ce temps, l’UPA clame dans les médias que les grandes chaînes ont trop de pouvoir, tout en faisant tout pour bloquer la diversification de la production. Une sorte de double discours.

Les filiales de l’UPA viendront également tenter de convaincre les régisseurs du danger de la salubrité des petits élevages, qui serait selon eux une menace pour l’image de marque des élevages industriels. Argument fallacieux. En quoi un poulet hors-quota passant par l’abattoir serait-il plus toxique qu’un poulet sous quota ayant passé par l’abattoir? Et quiconque a déjà acheté des œufs directement du fermier connaît la différence de qualité à l’avantage des petits élevages. Le récent rapport CIRANO de l’Université Laval s’est clairement prononcé sur ces questions, à savoir qu’une ouverture ne provoquerait aucune déstabilisation du marché, pas plus que dans les autres provinces plus permissives. Selon ce rapport, la question de la salubrité ne tient pas la route non plus.

Ce débat devant la Régie sera un affrontement face au monopole de l’agriculture, qui fera tout pour protéger ses fiefs, au déni des intérêts de la population du Québec et des gens qui rêvent d’un autre modèle agricole. En somme, l’Union paysanne s’opposera contre l’organisation qui affirme la représenter…

Maxime Laplante, agr, président

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Funérailles de la biodiversité

Dans le cadre de la Marche mondiale contre Monsanto, une coalition d’organisations, dont l’Union paysanne fait partie, propose des funérailles en hommage à la biodiversité dont l’état ne cesse de se détériorer à cause entre autres de l’utilisation des pesticides.

Pourquoi venir marcher le 19 mai?
● Parce que nos sols et nos cours d’eau sont contaminés par plusieurs pesticides persistants dans l’environnement.
● Parce que notre biodiversité est en déclin continu.
● Parce que les preuves que les pesticides sont neurotoxiques, cancérigènes et perturbateurs hormonaux s’accumulent.
● Parce que la santé des agriculteurs est particulièrement à risque.
● Parce que les politiques actuelles ne sont pas assez ambitieuses pour améliorer la situation.
● Parce que Monsanto est sur le point de fusionner avec Bayer pour être encore plus colossale.
● Parce que notre modèle agro-alimentaire n’est pas durable et parce que nous savons qu’un autre modèle est possible et indispensable.

Par cet événement, nous souhaitons commémorer la biodiversité et marquer l’imaginaire de tous les citoyens, médias et représentant-e-s politiques à travers des funérailles symboliques.
Joignez-vous à nous en tenue de deuil, vêtus de noir, pour célébrer les obsèques de notre biodiversité en train de disparaître et demander plus d’actions concrètes de la part de nos gouvernements.

Lieu de rencontre : Place d’Youville, Ville de Québec
Heure : 11:00 am

***Ouvert aux familles, événement pacifiste***

Pique-nique devant le parlement après la marche: apportez votre lunch!

Consulter l’événement facebook

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Offre d’emploi: AdjointE à l’administration et aux communications

L’Union paysanne est à la recherche d’une personne admissible au programme d’emploi-été Canada afin d’agir comme adjointE à l’administration et aux communications.

Critères d’admissibilités :

Pour être admissibles, les étudiantEs doivent :

  • Être âgéEs entre 15 à 30 ans au début de l’emploi;

  • Être inscritEs comme étudiantEs à temps plein au cours de l’année scolaire précédente et avoir l’intention de poursuivre leurs études à temps plein au cours de la prochaine année scolaire;

  • Être citoyenNEs canadienNEs, résidentEs permanentEs ou désignéEs comme réfugiéEss en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés;

  • Être légalement autoriséEs à travailler au Canada conformément aux dispositions législatives réglementaires en vigueur dans la province ou le territoire visé.

Tâches

La personne embauchée aura pour mandat de soutenir la coordonnatrice dans la gestion administrative de l’organisme et dans la diffusion de contenu relié à ses activités et à la paysannerie québécoise. La personne devra utiliser le logiciel simple comptable dans ses fonctions.

Tâches administratives :

  • Assurer le suivi des adhésions et mettre la liste des membres à jour;

  • Faire les conciliations bancaires et PayPal;

  • Aider à l’organisation du congrès 2018.

Tâches en communication :

  • Mettre à jour une liste de médias;

  • Monter une liste d’organismes partenaires potentiels;

  • Diffuser, auprès de nos partenaires, la proposition de Politique agricole de l’Union paysanne ainsi que son Contrat vert;

  • Organiser des activités de l’Union paysanne (ex : projection du film La ferme et son état);

  • Mettre du contenu en ligne, sur le site internet de l’Union paysanne et le compte facebook;

  • Rédiger l’infolettre aux membres;

  • S’il a lieu, tenir des kiosques lors d’événements;

Domaine d’étude et profil recherché

  • Être étudiantE en administration, marketing, communication ou sciences sociales;

  • Travail qui se fait en partie en télétravail (à domicile). Il faut posséder un ordinateur avec une bonne connexion internet;
  • Être en mesure de se déplacer à Québec au moins 1 journée/semaine pour du travail en équipe;
  • Maîtriser le logiciel simple comptable;
  • Avoir une connaissance de WordPress, un atout.

Comme les besoins de l’organisme sont divers, le mandat a l’avantage d’être adaptable en fonction du domaine d’étude de la personne sélectionnée. Il sera donc possible pour l’étudiantE d’optimiser son expérience en choisissant, dans une certaine mesure, ses tâches et responsabilités selon ses objectifs d’apprentissage.

Conditions de travail

À titre indicatif, l’entrée en poste aura lieu le 4 juin, mais le contrat est flexible et des périodes de vacances peuvent être planifiées pendant le mandat.

  • Contrat de six semaines, du 04 juin au 13 juillet
  • 30 heures/semaines
  • Salaire de 12,75$/heure

 

Date limite pour postuler: Jeudi 24 mai 2018

 

Pour appliquer, envoyez une lettre de présentation ainsi que votre curriculum vitae à : coordination@unionpaysanne.com

Seules les candidatures retenues pour l’entrevue seront contactées.

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Mot du président – Chronique du 17 avril 2018

Bonjour,

Récemment, le vendredi 6 avril pour être exact, le gouvernement du Québec a annoncé sa politique bioalimentaire. Cette politique a suivi un singulier parcours. À la suite de la commission Pronovost, largement tablettée, un sommet sur l’alimentation a vu le jour, dans le but d’aboutir à une politique agricole. Et voilà que le terme « agricole » est remplacé par « bioalimentaire ». Sans qu’il soit question de prendre un virage bio ni même alimentaire.

Le but d’une politique devrait, et j’insiste sur le « devrait », être de donner une direction claire. Sans direction claire, on s’éparpille, avec des décisions souvent contradictoires, voire contre-productives. Un peu de subvention bio et beaucoup pour les cultures OGM, par exemple. Ce qui est décevant, c’est que la nouvelle politique bioalimentaire ne donne pas de direction claire, justement. On veut du produit local mais on subventionne l’exportation. On veut plus d’approvisionnement québécois auprès des institutions sans remettre en question les accords de libre-échange qui risquent d’accorder priorité au produit étranger dans les appels d’offres.

Il y a quand même un élément intéressant qui va peut-être se mettre en place à la suite de cette politique : un processus périodique d’évaluation pour vérifier si les objectifs sont atteints. Lorsque l’Union paysanne avait présenté son projet de politique agricole devant la commission Pronovost, j’avais insisté sur la nécessité d’évaluer l’atteinte des objectifs au lieu d’attendre un demi-siècle sans se demander si des reliquats antédiluviens sont encore pertinents, comme le monopole de l’UPA, ou si la gestion de l’offre ne devrait pas être réajustée. On ne se surprendra évidemment pas d’entendre que l’UPA, la CAQ ou le PQ soient contre un tel processus d’évaluation, trop accrochés au statuquo. On est encore loin des objectifs de souveraineté alimentaire dont rêve l’Union paysanne. Les objectifs d’une politique agricole digne de ce nom devraient être :

  • Nourrir notre population, en quantité et en qualité
  • Protéger les ressources
  • Occuper le territoire de façon décentralisée

 

Ça semble évident, non?

Bon printemps!

Maxime Laplante, président

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Politique bioalimentaire, quelle est la direction?

Annoncée en grandes pompes à l’île Perrot, la politique bioalimentaire présente de louables intentions : augmenter la part des approvisionnements des institutions publiques en aliments québécois, doubler les surfaces en production biologique, gonfler la part des produits du Québec sur les étalages, les valoriser, etc.

« Alimenter notre monde », clame cette politique. Quel monde? La population du Québec dans un objectif de souveraineté alimentaire ou plutôt la planète? À la lumière des budgets envisagés, la seconde hypothèse semble prendre le pas. Le préfixe « BIO » de la politique n’a évidemment aucun lien avec la production biologique. En fait, doubler notre maigre 2% de surface bio au Québec pour atteindre 4% d’ici 2025 semble dérisoire. La politique prévoit une somme de 7 millions pour soutenir la production biologique mais 10 pour gérer les pesticides. L’investissement se fait aussi beaucoup plus lourd pour modifier les conditions d’élevage porcin en vue d’exportation ou pour robotiser et automatiser.

Ce projet de politique n’a de bio que le nom, se place à l’opposé de la souveraineté alimentaire, ne remet aucunement en question la situation actuelle. Le rapport Pronovost reste sur sa tablette, alors qu’il recommandait clairement une réforme du modèle. Aucune changement sur le monopole de l’UPA, ce qui surprend peu vu la présence démesurée de l’UPA aux différentes étapes du sommet qui ont précédé l’annonce de la politique, même lors de la rencontre des consommateurs.

On peut également se demander comment augmenter la part de produit québécois dans nos institutions alors que la concurrence étrangère peut maintenir sa place en raison de coûts inférieurs. D’autre part, si nos institutions réclament plus d’œufs, de lait, de poulet ou de lapin d’ici, il faudra passer par une augmentation des quotas, ce qui accroîtra la part de marché des actuels détenteurs de quota, dont les entreprises deviendront encore plus grosses, sans place pour de la relève ou des néo-agriculteurs.

Pour Maxime Laplante, « cette politique fait le pari qu’une croissance économique d’exportation sera au bénéfice des QuébécoisES. Or, elle se fixe des objectifs qui n’ont rien à voir avec les souhaits de la société civile, comme la revitalisation des régions, la mise en marché directe, l’accès à de la nourriture bio abordable, l’étiquetage des OGM, etc. »

À quand une politique agricole basée sur la souveraineté alimentaire?