Les dernières nouvelles sur des sujets intéressant l’Union paysanne.

, ,

Le miracle de l’engagement

Plus de 18 ans après la fondation de l’Union paysanne, il m’arrive fréquemment de tenter de me souvenir comment étaient les débuts. Je me souviens que l’agriculture n’était jamais un sujet intéressant les médias. Je me souviens de l’énergie déployée pour susciter un débat, de l’opposition de l’UPA. Je me souviens aussi de tous ces gens rencontrés, prêts à aider. Et je me souviens d’un texte du célèbre écrivain et philosophe allemand, Goethe, à propos de l’engagement.

« Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours.

En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de créativité, il est une vérité élémentaire dont l’ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets splendides. Dès le moment où on s’engage pleinement, la providence se met également en marche.

Pour nous aider, se mettent en œuvre toutes sortes de chose qui sinon n’auraient jamais eu lieu. Tout un enchaînement d’événements, de situation et de décision crée en notre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin.

Tout ce que tu peux faire ou rêver de faire, tu peux l’entreprendre. L’audace renferme en soi génie, pouvoir et magie.

Débute maintenant. »

Johann Wolfgang von Goethe

Le 15 février prochain, l’Union paysanne tient une journée de réflexion sur notre volonté collective de changer les choses en agriculture, nos enjeux, nos actions, notre rôle. Un récent sondage nous indique un intérêt certain pour des enjeux comme la transition écologique, mais aussi la souveraineté alimentaire, le droit de produire, l’accès à la terre. Au lendemain de cette rencontre, nous tiendrons notre assemblée annuelle, pour fixer notre plan d’action.

Je vous invite à prendre part à cet événement. La mauvaise nouvelle, c’est que le changement en agriculture n’arrivera pas tout seul. La bonne nouvelle, c’est que l’engagement peut changer les choses.

À bientôt

Maxime Laplante, agr, président

, , ,

Assemblée générale annuelle

Union paysanne

Assemblée générale annuelle

Dimanche 16 février 2020

Ferme Guyon, Chambly

L’Union paysanne est fière et heureuse de vous convier à son Assemblée générale annuelle! Ce sera l’occasion parfaite pour adhérer à l’organisme ou encore pour renouveler votre engagement. Venez découvrir ce qu’on a fait en 2019 et ce que nous réserve 2020!

Assemblée générale annuelle – 16 février 2020

Ordre du jour proposé

10h : Ouverture de l’assemblée et mot de bienvenue

10h15 : Nomination d’unE présidentE et d’unE secrétaire d’assemblée;

10h20 : Lecture et adoption de l’ordre du jour;

10h25 : Lecture et adoption du procès verbal de la dernière assemblée générale annuelle;

10h40 : Bilan annuel : présentation du rapport d’activité;

11h00 : Retour sur l’assemblée paysanne et positions stratégiques

11h30 : Prévisions budgétaires 2020;

11h50 : Élections sur le Conseil d’administration

12h05: Nomination d’un vérificateur externe

12h010: Questions diverses

12h15 : Levée de l’assemblée

Veuillez noter que l’AGA sera précédée de l’Assemblé paysanne le samedi 15 février, toujours à la Ferme Guyon. Cet événement est gratuit (dîner fourni sur réservation ici) et vise à établir les priorités de la paysannerie québécoise pour les prochaines années. La journée sera constituée d’ateliers et de discussions de groupe portant sur la place de l’Union paysanne dans l’univers agricole du Québec et d’ailleurs: l’avancement de ses luttes, ses prochains dossiers, les alliances à locales et internationales à créer, etc. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Union paysanne
,

Mot du président – Décembre 2019

Je présume que chacun a entendu parler récemment de la pénurie de propane, causée par la grève dans le domaine ferroviaire. Cette pénurie, en plus des difficultés de récolter le maïs et le soya dans la neige, ont provoqué bien des tracas. Sans oublier les déboires de l’industrie porcine avec la fermeture du marché chinois. Mais le plus intéressant, ce sont les efforts déployés par l’UPA pour obtenir des compensations. Interventions dans les médias, manifestations, pressions sur les élus, l’artillerie lourde a été utilisée rapidement.

Et où était l’UPA lorsque les petits éleveurs ont réclamé le droit de produire du poulet ou des œufs dans leur communauté? Le monopole payait des avocats pour les empêcher de plaider devant la Régie des marchés agricoles. Depuis des décennies, les petits éleveurs réclament le droit d’abattre leurs animaux localement ou même à la ferme. Qui les défend?

Qui défend les producteurs biologiques qui, contre toute logique, paient une certification et les coûts de décontamination occasionnés par l’emploi de pesticides des autres?

Comment se fait-il que des milliers de fermiers se sont fait poursuivre par le même soi-disant syndicat supposé les défendre? N’importe quel syndicat qui se respecte est dans l’obligation de fournir une assistance à ses membres.

Il existe quelques situations de monopole dans la société québécoise. Hydro-Québec en est un. Cette situation est avantageuse pour la société d’État, qui peut opérer sans concurrence sur le territoire. Mais ce monopole impose aussi des obligations, comme celle de fournir l’électricité à tous. Sinon, on devine rapidement que la compagnie vendrait de l’électricité en ville et abandonnerait les campagnes au bois, au diesel et au charbon, ne voulant pas payer pour de longues lignes électriques dans des secteurs à faible densité de population.

Dans le cas de l’UPA, le monopole est venu sans aucune obligation. Faut-il se surprendre que plusieurs fermes, voire des milliers, soient forcées de payer une cotisation sans le moindre espoir d’une quelconque aide?

Mais on ne peut blâmer l’entreprise de bénéficier d’une situation de monopole. Ainsi que le dit si bien l’agronome Louis Robert dans le dossier des pesticides, la faute incombe à l’État qui se met à genoux devant les intérêts privés. La crise du propane, la crise de l’exportation du porc en Chine, la neige hâtive dans les grandes monocultures ont fait clairement la démonstration des intérêts défendus par le monopole. Un monopole sans aucune obligation n’a aucune justification dans une société démocratique.

La Via Campesina

Via campesina: offre d’emploi – Spécialiste en communication

Le Syndicat national des cultivateurs du Canada vous invite à poser votre candidature au poste suivant :

La Via Campesina North America Region – Spécialiste en communication à temps partiel

Un spécialiste en communication est requis pour soutenir les dix (10) organismes qui composent la région nord-américaine de La Via Campesina. La Via Campesina est un mouvement international qui rassemble des millions de paysans, petits et moyens agriculteurs, sans terre, femmes et jeunes ruraux, autochtones, migrants et travailleurs agricoles du monde entier. Construite sur un fort sentiment d’unité et de solidarité entre ces groupes, elle défend l’agriculture paysanne pour la souveraineté alimentaire comme un moyen de promouvoir la justice sociale et la dignité et s’oppose fermement à une agriculture d’entreprise qui détruit les relations sociales et la nature.

Le spécialiste des communications assurera la liaison avec l’équipe de communication du Secrétariat d’exploitation international de la CVL, en s’assurant que les activités et les médias de la région nord-américaine sont partagés. Il/elle veillera également à ce que les communications internationales soient transmises aux médias nationaux et aux organisations membres. Le spécialiste en communication appuiera le dialogue entre les organisations membres nord-américaines, les dirigeants, les bailleurs de fonds et le mouvement dans son ensemble. D’autres tâches comprennent le soutien au Collectif régional de communication, les articulations des femmes et des jeunes, les coordonnateurs régionaux et plus encore. On s’attendra à ce qu’il élabore et mette en œuvre un plan de communication régional et qu’il soit chargé d’élaborer un plan de travail commun avec les autres employés régionaux pour assurer l’efficacité des opérations régionales.

Le poste exige un haut niveau d’expertise en espagnol et en anglais pour aider à l’interprétation et à la traduction des documents. La connaissance de la langue française sera considérée comme un atout.

Le titulaire du poste relèvera des coordonnateurs régionaux de l’Amérique du Nord et devra travailler en étroite collaboration avec les autres employés régionaux.

Contrat d’un an avec possibilité de renouvellement. Le poste s’échelonnera de janvier 2020 au 31 décembre 2020. Salaire à déterminer en fonction de l’expérience.

Qualifications :

– Formation formelle en communication, journalisme, relations publiques ou dans un domaine connexe

– Excellentes aptitudes à la communication écrite et verbale

– Maîtrise des médias sociaux et de la communication sur le Web

– Excellentes aptitudes à la pensée critique et capacité d’exercer un bon jugement et de résoudre les problèmes rapidement et efficacement.

– Capacité à travailler en équipe

– Expérience dans la construction de mouvements et l’activisme

– Maîtrise de l’espagnol

– L’expertise technique dans les domaines thématiques prioritaires régionaux est considérée comme un atout. Il s’agit notamment de la justice climatique et environnementale, des droits des paysans et des migrants, de l’agroécologie et de la politique commerciale.

Veuillez faire parvenir votre curriculum vitae à carlalvcna@gmail.com au plus tard le lundi 30 décembre 2019 à minuit, heure normale du Centre.

, ,

À vendre: Ferme de 47 hectares

Fermette de 47 hectares dans la belle région de Bellechasse, cherche gardiens gardiennes qui sauront habiter cet espace naturel avec respect. Champs remplis de fleurs, de fraises, framboises, mûres et d’arbustes fruitiers (noisetiers, sureaux, viornes, amélanchiers). Paradis pour les oiseaux, dont les hirondelles et les merles bleus qui y nichent. Une plantation d’arbres à noix (chênes blancs, noyers noirs, noisetiers américains) commence à donner ses fruits. Deux ruisseaux sillonnent la propriété, il y a une érablière de près de 1 000 entailles et une cabane à sucre traditionnelle. Cette terre a été occupée par des lapins et des volailles en pâturages, aucun pesticide depuis 16 ans. Tout le matériel d’élevage et la machinerie sont inclus dans la vente. Grande maison de 4 chambres, grange, garages, hangar.

Pour voir plus de photos et les coordonnées, consultez la page facebook de fermette la Rafale.

,

Les droits des paysans à l’ordre du jour de l’ONU

Montréal, 10 décembre 2019 – Le 10 décembre est la Journée internationale des droits humains et premier anniversaire de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies de la Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. L’Union paysanne célèbre les efforts du mouvement international La Via Campesina et ses alliés, tout en demandant aux gouvernements fédéral et provincial que les principes de la Déclaration se réflètent dans la législation canadienne et québécoise.

Quand un travailleur agricole saisonnier qui travaille sur une ferme québécoise ayant moins de 3 permanents ne peut pas se syndiquer, qu’un agriculteur au Saskatchewan rendu malade par le Roundup continue de l’utiliser parce qu’il croit ne pas avoir d’alternative, que la viabilité d’une ferme laitière canadienne est sacrifiée sur l’autel des accords de libre échange dominés par les sociétés transnationales, il s’agit dans tous ces cas de violation des droits humains faisant partie de la Déclaration. Il en va de même pour un paysan dont les cultures biologiques sont menacées par une contamination venant des cultures OGM dans les alentours ou pour un agriculteur « conventionnel » qui a de la difficulté à trouver des semences non-OGM sur le marché. (Voir les articles 2, 9, 14, 16, 19, 20 de la Déclaration) Et tous ces producteurs agricoles canadiens dans toutes les catégories qui subissent une pression financière lourde et constante, se voyant souvent obligés de supplémenter leurs revenus par un emploi à l’extérieur de la ferme, sont victimes de violation de leur droit à un niveau de vie suffisant.(Voir l’article 16)

Selon les principes de la Déclaration, les États doivent veiller à ce que les accords internationaux qu’ils signent soient « compatibles avec leurs obligations relatives aux droits de l’homme applicables aux paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. » Les États doivent aussi « prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que les acteurs non étatiques» dont «les sociétés transnationales, respectent et renforcent les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. » En somme, il faut que les droits des paysans, tels que les droits à la terre, aux semences et à la biodiversité, priment sur les intérêts commerciaux ou politiques plus larges.

C’est dans ce contexte que l’Union paysanne applaudit la résolution du Conseil des droits humains des Nations unies visant à créer un instrument juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et les droits humains. En tant que membre du mouvement international, La Via Campesina, elle constate que ce sont fréquemment les communautés rurales et paysannes qui sont les plus affectées par les agissements des sociétés transnationales. L’accaparement des terres, la contamination des eaux et des sols, les attaques contre les défenseurs des droits paysans et environnementaux, toutes ces violations sont le résultat de projets agro-industriels, de l’exploration et de l’exploitation minière, ou de travaux d’infrastructure, menés sans égard aux droits des populations paysannes par des sociétés transnationales bénéficiant de l’appui actif ou tacite des gouvernements concernés. Un instrument juridiquement contraignant permettrait d’en finir avec l’impunité des sociétés transnationales, en obligeant les gouvernements des pays du Nord où se trouve leur siège social d’assumer la responsabilité de réglementer toutes leurs activités et en renforçant la capacité des pays du Sud de les contrôler.

Il s’agira d’un long chemin et beaucoup d’efforts de la part de la société civile pour faire en sorte que cette initiative onusienne aboutisse dans un instrument qui soit vraiment efficace, un complément important à la Déclaration internationale sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.

Au pays, nous devrions demander au gouvernement fédéral d’appuyer l’initiative onusienne, tout en insistant sur la nécessité de donner des pouvoirs réels au poste canadien d’Ombudsman indépendant pour la responsabilité des entreprises canadiennes. Et il faut surtout rappeler au gouvernement canadien, même s’il s’est abstenu lors du vote à l’Assemblée générale des Nations unies, de son obligation de prendre des mesures pour assurer la pleine réalisation des droits énoncés dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.

Journée de réflexion
,

Invitation: journée de réflexion stratégique

On souhaite vous entendre!

L’Union paysanne souhaite profiter de l’hiver 2020 pour réfléchir à son avenir et se doter d’un nouveau plan statégique! Le Québec évolue, le monde agricole évolue, et l’Union paysanne aussi!

L’équipe de l’Union paysanne a adopté un fonctionnement horizontal afin de représenter les acteurs-trices sensibles à l’agroécologie paysanne. Nous souhaitons construire de nouvelles alliance et consolider le rôle fédérateur de l’organisation au sein de la paysannerie québécoise.

Pour ce faire, nous invitons tous ceux et celles qui s’intéressent à l’agroécologie et la souveraineté alimentaire, agriculteurs-trices et consommateurs-trices, à participer à une journée de réflexion le samedi 15 février 2020. Nouveaux-elles membres, ancienNEs membres, non membres, tout le monde est invité à contribuer à la discussion pour l’élaboration d’un plan stratégique qui orientera les activités de l’Union paysanne pour les 3 à 5 prochaines années.

La journée de réflexion stratégique aura lieu le samedi 15 février 2020 dans les magnifiques serres de la Ferme Guyon, à Chambly, sur la rive sud de Montréal. La journée sera constituée d’ateliers et de discussions de groupes sur la place de l’Union paysanne dans l’univers agricole du Québec et d’ailleurs: l’avancement de ses luttes, ses prochains dossiers, les alliances à locales et internationales à créer, etc.

Parce que l’Union paysanne, c’est vous! Joignez le mouvement!

*** Dîner fourni – Réservez votre billet gratuit avant le 1e février 2020 ***

QUOI : Journée de réflexion

QUI : TouTEs ceux-elles qui ont la paysannerie à cœur

OÙ : À la ferme Guyon, à Chambly (1001 rue Patrick-Farrar, Chambly, Qc, Canada, J3L 4A7

QUAND: Samedi le 15 février, de 10h à 17h (suivi de l’assemblée générale annuelle, dimanche matin, 16 février)

Afin de nous aider à prévoir le nombre de places et de dîner, merci de réserver votre billet dès maintenant  sur Eventbrite en Cliquant ici!

,

Mot du président – nov 2019

Terres des sœurs de la Charité, hausse de la valeur des terres en milieu agricole, demandes de promoteurs pour construire en zone verte, demandes des municipalités de pouvoir installer de nouvelles familles en région, tous ces éléments ont en commun l’aménagement du territoire. Le territoire est une denrée convoitée, d’autant plus qu’il ne s’en fabrique plus depuis un bon moment.

À la fin des années 70, le Québec a voté la loi sur la protection du territoire agricole et mis en place la fameuse CPTAQ (Commission de protection du territoire agricole du Québec). 40 ans plus tard, force est de constater qu’une sérieuse mise à jour est de mise. En effet, pour d’étranges raisons, la CPTAQ considère qu’une ferme de moins de 100 hectares n’est pas rentable, sauf exception. Pourtant, l’immense majorité des fermes sur la planète sont plus petites que 100 ha. Et pourquoi exigerait-on d’une ferme qu’elle soit rentable. On ne s’en soucie pas pour tous les autres secteurs de l’économie. La conséquence de cette vision est extrêmement néfaste pour les néo-agriculteurs, peu désireux de s’endetter avec d’immenses surfaces. 100 ha, c’est quand même un kilomètre carré! Et si la CPTAQ désirait protéger les meilleurs sols, pourquoi a-t-elle permis l’étalement urbain aux abords de Montréal ou de Québec?

Le gouvernement vient de déposer un projet de loi visant à réduire le fardeau de la taxation foncière pour les agriculteurs, évidemment sous la pression de l’UPA. En effet, même si les fermiers peuvent obtenir un remboursement d’environ 70% de leurs taxes foncières, il reste quand même 30% à payer et la valeur des terres a explosé. L’UPA demande donc au gouvernement, donc au contribuable, d’absorber cette hausse. Évidemment, les municipalités ne sont pas emballées par ce projet, parce que la facture sera refilée aux autres citoyens. Les routes doivent encore être entretenues…

Mais on peut se demander pourquoi la valeur des terres a ainsi augmenté. J’estime qu’il faudrait d’abord faire en sorte qu’il soit possible de tirer un revenu décent avec une petite surface agricole au lieu de devoir accroître sans cesse les surfaces. Pour ce faire, il faut d’abord permettre la plus-value à la ferme, comme la transformation, la restauration, les tables champêtres, l’hébergement à la ferme, l’abattage des animaux, soit des opérations économiquement intéressantes qui sont pour l’instant largement prohibées. Il faudrait ensuite faire appliquer la loi sur la mise en marché des produits agricoles, bloquée par la Régie des marchés agricoles, pour permettre la production pour vente au consommateur. Or, sans ultra-dispendieux quota, impossible de produire du poulet, des œufs, du lait, du lapin, du dindon, alors que le gouvernement importe les mêmes denrées à grand volume de l’étranger. On importe tout en interdisant la production locale. Un beau cas de schizophrénie…

Ensuite, il faudrait revoir le mode de financement de notre agriculture, largement orienté vers les grandes superficies et l’exportation, ce qui augmente la pression sur le prix des terres. En somme, tout le système agricole du Québec pousse les fermiers à augmenter leurs surfaces. Rien de surprenant à ce que le prix des terres s’envole.

Si rien d’autre n’est fait que de refiler les taxes foncières aux autres citoyens, il y a fort à parier que rien ne sera réglé. La solution réside dans une refonte de la CPTAQ, de la Régie des marchés agricoles, de la Financière agricole et de l’influence démesurée de l’UPA sur l’ensemble.

Maxime Laplante, agr, président

,

Réforme de la taxation des terres agricoles: et si on s’attaquait aux causes de la spéculation?

Ste-Croix, 7 novembre 2019 – Le gouvernement du Québec vient de déposer un projet de loi pour modifier le régime de taxation des terres agricoles, en réaction à la hausse de la valeur des terres. Si on peut saluer l’intention de simplifier les procédures administratives et la paperasse, l’Union paysanne estime toutefois qu’une réflexion s’impose sur les causes de l’explosion de la valeur des terres.

Les rapports sur la valeur des terres, dont celui du groupe CIRANO de l’Université Laval, démontrent d’abord que les spéculateurs chinois ne sont pas la cause principale, les principaux spéculateurs étant les fermiers eux-mêmes, qui cherchent à accroître leurs superficies. Selon Maxime Laplante, président de l’Union paysanne, « il faut trouver une façon de faire un revenu décent de l’agriculture sans avoir à augmenter sans cesse les surfaces cultivées ». Cela signifie la possibilité d’améliorer la plus-value à la ferme. On parle ici de permettre la diversification des opérations, comme la transformation et l’abattage à la ferme, l’hébergement, la restauration, etc. Cela signifie aussi de permettre de produire en vue de vente au détail, directement au consommateur. Or, ces pratiques sont largement prohibées au Québec : pas d’accès à la production hors quota pour le poulet, les œufs, le lapin, le lait, etc. Cela concerne aussi les règles mésadaptées de la CPTAQ (protection du territoire agricole) qui considère d’emblée qu’une ferme de moins de 100 hectares n’est pas rentable et qu’il faut préserver l’homogénéité du territoire alors que toute la société civile réclame la diversité du milieu rural.

Ensuite, le financement de l’agriculture québécoise, axée principalement sur les volumes de production et les monocultures, incite fortement les fermes à acquérir de nouvelles terres, créant donc une pression sur les prix. La part du lion des subventions agricoles va justement vers les monocultures de céréales de grande surface et vers l’industrie porcine, associée aux productions de maïs et de soya à grande échelle.

Simplement réduire la facture des agriculteurs au détriment des autres citoyens des municipalités ne règlera pas le problème de fond. Espérons que le projet de loi se penchera sur les causes de la spéculation foncière agricole au lieu de simplement céder aux intérêts de l’UPA qui réclame encore plus d’argent de la part du contribuable.

-30-

thumbnail of Memoire PECC – Union paysanne

Mémoire de l’Up pour le PECC

L’Union paysanne dépose un mémoire dans le cadre de la Consultation pour le Plan d’électrification et de changements climatiques

Consultez-le ici!