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La ruralité : il y a un éléphant dans nos campagnes

Ste-Croix, 15 mars 2018 – L’UPA, la Coop fédérée et Desjardins réaniment la défunte « Solidarité rurale » en vue d’un événement en mai. Véritable tentative de développer la ruralité ou opération cosmétique?

Le constat est clair, nos régions se vident de leurs services, de leur population, alors que les villes grandissent. Depuis sa fondation, l’Union paysanne mise sur l’alliance entre la terre et la table. Ses membres proviennent d’ailleurs de la campagne et de la ville, contribuant à une réflexion élargie sur l’avenir de notre agriculture.

Mais un renouveau de la ruralité passe par un changement radical, selon Maxime Laplante, président du l’Union paysanne. Selon lui, il faudra plus que des mesures cosmétiques. Si le nombre de fermes continue de décliner, que les rangs se vident, c’est parce que des décisions politiques ont dicté cette voie. La relève agricole qui n’a pas accès aux quotas de production, l’accès à la terre qui est lourdement entravé alors que d’immenses superficies sont en friche, les tables champêtres sont interdites en zone verte, les subventions agricoles incitent à la monoculture et la Caisse Desjardins, partenaire de la campagne Tous ruraux, ferme ses guichets dans les villages. Tout cela contribue à la désertification de nos campagnes.

Il faut relire Jacques Proulx, fondateur de Solidarité rurale, à propos du rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture : « …Pronovost, c’était une révolution en agriculture, un coup de barre essentiel pour bâtir l’agriculture de demain. Tous les corporatismes se sont braqués et les politiques n’ont pas eu le courage de faire les changements qui s’imposaient. » Et aujourd’hui, l’UPA et la Coop fédérée tentent de nous convaincre de leur volonté de changement pour la revitalisation de la campagne, alors que l’encre du rapport Pronovost est bien sèche. Ces mêmes corporations qui réclament plus d’argent à l’État pour la conquête des marchés à l’étranger, entraînant la désertification des campagnes, cause de l’agriculture intensive, industrielle et spécialisée.

L’Union paysanne croit fermement en la ruralité. Mais pour la sauver et la promouvoir, il faudra appliquer les recommandations du rapport Pronovost, redonner de l’oxygène pour enrayer l’étouffement et l’exode. Il faudra réformer le soutien de l’État pour l’agriculture, permettre l’accès à la terre en région, permettre l’accès à la production, permettre la liberté d’association, revoir notre modèle agricole en fonction d’un objectif de souveraineté alimentaire et d’agro-écologie paysanne.

Union paysanne
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CEROM : L’Union paysanne prône la transparence dans les instances et invite au débat public

Québec, 6 mars 2018 –  Plusieurs chercheurs et employés du CEROM (Centre de recherche sur les grains) ont claqué la porte en raison du contrôle des résultats de leurs recherches sur les céréales par l’industrie privée. En effet, le CEROM, financé à 68% par de l’argent public, est dirigé majoritairement par des personnes de l’industrie privée, qu’il s’agisse d’entreprises commercialisant des pesticides (Coop fédérée, Synagri) ou de l’UPA. Le gouvernement n’y a aucun droit de vote. Alors que les études menées par le CEROM et la MAPAQ concluent que l’utilisation des néonicotinoïdes ne se justifie généralement pas, les dirigeants de l’organisme ont occulté ces informations.

Selon Maxime Laplante, de l’Union paysanne, « cette situation de conflit d’intérêt est malheureusement chose courante en agriculture au Québec. C’est ce que les européens appellent la cogestion ». Qu’il s’agisse de la Financière agricole qui, jusqu’à récemment, était présidée par le président de l’UPA, contrôlant plusieurs centaines de millions d’argent public, ou du défunt organisme CDAQ (Conseil pour le Développement de l’Agriculture au Québec), exclusivement sous la coupe des dirigeants de l’UPA, la question de la gouvernance est cruciale.

Le récent rapport du groupe CIRANO de l’Université Laval, portant sur le hors-quota et sur les circuits courts de mise en marché agricole, souligne la situation de conflit d’intérêt dans les plans conjoints agricoles, où ce sont les détenteurs actuels de quota qui décident si de la relève mériterait d’obtenir aussi du quota et à quelles conditions.

L’Union paysanne souhaite rappeler l’importance d’avoir des instances démocratiques, indépendantes et transparentes. Qu’un centre de recherche scientifique financé par des fonds publics soit littéralement censuré par ses administrateurs-trices, issuEs du lobby de l’industrie, est une insulte à notre intelligence collective. L’indépendance des études scientifiques et de leur publication est primordiale dans une société qui aspire à une saine démocratie.

L’Union paysanne salue le courage des gens qui ont dénoncé la situation en renonçant parfois à leur emploi. À court terme, il est urgent de revoir la composition des conseils d’administration des organismes dépendant de financement public. À l’aube des élections, nous tendons la main à tous les acteurs en agriculture et à la population québécoise en général afin d’entamer une discussion sur le Québec alimentaire de demain. Les politiques agricoles mises en place par notre gouvernement devraient faire l’enjeu de débats publics et avoir le bien commun et la préservation de l’environnement en priorité au lieu de se soumettre aux lobbys industriels.

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Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne 581-888-0941

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Des études le confirment : les insecticides néonicotinoïdes sont inutiles.

Ste-Croix, 1e mars 2018 – Une étude en Italie et des études du MAPAQ confirment : les insecticides néonicotinoïdes sont inutiles.

Alors que le gouvernement du Québec vient de resserrer l’usage d’un groupe de pesticides largement utilisés dans la production de maïs et de soya, les néonicotinoïdes, la revue  «Environmental Science and Pollution Research1» vient de publier les résultats d’une enquête dans des champs en Italie, portant sur une durée de 29 ans et sur une surface de près de 50 000 ha. Les auteurs concluent que non seulement ces pesticides nuisent aux populations d’abeilles mais aussi qu’ils n’améliorent pas les rendements. En fait, il apparaît plus rentable de se passer de ces pesticides et de mettre sur pied une assurance qui couvre les pertes, au cas où. Selon l’étude, moins de 4% des surfaces auraient été touchées par les prédateurs visés par les pesticides. Nul besoin de traiter toutes les surfaces de façon préventive, comme c’est largement le cas au Québec. Un ensemble de mesures simples, comme la rotation des cultures, le drainage adéquat, l’emploi de variétés plus résistantes ou de pièges pour les insectes prédateurs seraient nettement plus efficaces et moins coûteuses.

Le programme d’assurance mis en place, le Mutual fund, prévoit un coût d’environ 5$ par hectare, soit environ un dixième de ce que coûte l’emploi des pesticides ainsi évités. Et il s’agit d’un programme privé, contrairement à des programmes comme l’ASRA (assurance-stabilisation) au Québec, qui reposent largement sur des subventions publiques.

Au Québec, le MAPAQ publiait en 2013 les résultats suivants2:

Ainsi, pour les essais réalisés sur 13 fermes en 2012 et 13 fermes en 2013, il n’y a pas de différence significative dans l’abondance et les dommages des vers fil-de-fer ou de la mouche des semis, que la semence soit traitée ou non avec de la clothianidine (PONCHO®) ou du thiaméthoxame (CRUISER®).”

Une étude réalisée au Québec (Samson-Robert et al., 2013) a démontré un taux de mortalité quatre fois plus élevé des abeilles domestiques durant la période de semis lorsqu’elles sont à proximité de champs de maïs traités aux néonicotinoïdes.”

Pour l’Union paysanne, le temps d’un vrai virage vers le bio est venu. Remboursement des frais de certification, réorientation du soutien de l’État et accès facilité au marché sont des étapes indispensables pour développer ce secteur au lieu de dépendre des approvisionnements étrangers.

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Maxime Laplante, agr, président 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente 450 924-0367

1 Environmental Science and Pollution Research, https://doi.org/10.1007/s11356-017-1052-5

2 Les néonicotinoïdes utilisés comme traitement de semence dans le maïs-grain, Par Yves Perreault, MAPAQ

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L’Union paysanne lance une vidéo sur le hors quota

Depuis sa fondation, l’Union paysanne plaide pour un meilleur accès au droit de produire. Alors que d’autres provinces permettent de vendre sans quota les oeufs de 300 pondeuses ou la viande de 2000 poulets de chair, et encore comme en Alberta où une quantité de 50 litres de lait par jour est autorisée, le Québec fait figure de régime totalitaire en laissant les filiales de l’UPA dicter les règles en monopole, limitant ainsi la production hors-quota à 100 poulets ou 100 pondeuses. Nous sommes ainsi traités comme des Canadiens de seconde classe et sommes condamnés à voir les petites fermes disparaître.

En effet, à 250$ par poule pondeuse, 900$ par mètre carré d’élevage de poulet ou 25 000$ par vache, les coûts des quotas sont prohibitifs pour toute forme de relève et le droit de produire est limité à ceux qui détiennent déjà du quota, qu’ils ont reçu en partie gratuitement ou à moindre coût, au moment de l’instauration. C’est donc dans cette optique que l’Union Paysanne veut hausser les limites hors-quota.

L’Union paysanne a ainsi présenté une demande formelle à la Régie des marchés agricoles pour être entendue à ce sujet. Nous réclamons le droit pour tout(e) Québécois(e) de produire 2000 poulets annuellement ou de détenir 300 pondeuses sans avoir à payer ces quotas. Pour appuyer notre cause, nous nous basons sur l’article 63 de la loi sur la mise en marché des produits agricoles qui stipule que la mise en marché de produits agricoles directement au consommateur ne doit pas être soumise aux diktats des plans conjoints et des quotas et dont l’esprit n’est pas respecté. En effet, la Régie des marchés, sous la pression de l’UPA, a toujours estimé que la vente directe hors-quota pouvait nuire à l’ensemble du marché, ce qui est absurde. Pour nous épauler dans ce dossier, nous pouvons compter sur M. Jean Nobert, un avocat motivé.

Alors que le Québec désire favoriser les circuits courts, une agriculture de proximité et la souveraineté alimentaire, l’Union paysanne estime qu’il faut, avant tout, permettre cette agriculture par des politiques adaptées.

Visionnez la vidéo à horsquota.com

Vous voulez nous aider? Plusieurs options s’offrent à vous! 👇

Signer la lettre d’intention pour un plus grand accès au hors-quota. Si vous êtes unE consommateur-trice, visitez http://bit.ly/2H5uxqY. Si vous êtes unE producteur-trice ou de la relève agricole, visitez http://bit.ly/2Eg6aZP.

 

💰 Faire un don: https://unionpaysanne.com/don/
🙋 Devenir membre: https://unionpaysanne.com/devenir-membre/
S’impliquer: https://unionpaysanne.com/impliquez-vous/

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Apprenti sucrier ou apprentie sucrière recherchéE!

La Ferme du Siffle-Orange recherche un ou une stagiaire pour le temps des sucres.

À la Ferme du Siffle-Orange, les activités sont diversifiées et s’enchainent au fil des saisons. Au printemps, la nature renaît avec le temps des sucres. Cette activité est de première importance ici. C’est un levier financier essentiel pour la Ferme, mais surtout, c’est une passion.

Le plaisir de faire les sucres se renouvelle depuis 35 ans pour Nicolas, sucrier au Siffle-Orange depuis maintenant 9 ans. Toute son enfance, il a observé et aidé à la cabane familiale. Il a appris le métier de son oncle, qui l’avait lui-même appris de son grand-père. On peut donc dire qu’il est porteur d’un savoir ancestral. Aussi, il a appris par observation que du sirop d’érable, ça se fait en ayant du plaisir. Il se fait maintenant un point d’honneur à ne pas laisser mourir la tradition.

Le temps des sucres, ça se vit en équipe. Si ça vous tente de vivre l’expérience d’une saison des sucres entière, on a envie de vous connaître! Vous apprendrez le métier et vous rencontrerez des gens, la cabane étant toujours ouverte aux visiteurs enjoués!

Que ce soit pour être en mesure de faire vous-même les sucres chez-vous ou ailleurs, ou simplement pour vivre une expérience authentique, vous y trouverez votre compte.

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L’érablière du Siffle-Orange compte 625 entailles (une partie sur tubulures et une partie à la chaudière) et est située dans un lieu d’une beauté exceptionnelle. Nous ne concentrons pas notre eau d’érable par osmose. Notre évaporateur carbure au bois. Notre sirop est embouteillé dans des contenants de verre réutilisables. Notre forêt est aménagée selon les principes de l’écoforesterie.

Au programme :

  • Travaux d’érablière (dans la cabane et en forêt)

  • Lavage quotidien des équipements

  • Soins aux animaux (vaches et poules)

  • Aide à la vie de la maisonnée

Bref, une participation à la vie paysanne pendant le temps des sucres. Beaucoup de travail vous attend, dans le plaisir!

Ce que nous offrons :

  • Logement privé dans un chalet rustique annexé à la cabane à sucre

  • Trois repas par jour à base de produits fermiers

  • Partage de connaissance sur l’ensemble des étapes de fabrication du sirop d’érable

Ce qu’on s’attend de vous :

  • Implication sur toute la période des sucres (2 mois environ – soit environ mars-avril)

  • Que vous soyez autonome, intéressé(e), fiable, en bonne forme physique, appliqué(e) dans le travail, curieux, et de bonne humeur(!).

Nous aimerions vous connaître! Si vous êtes intéressé, envoyez-nous une lettre de motivation qui explique pourquoi vous aimeriez vous joindre à nous ce printemps (svp pas de cv). Par courriel SEULEMENT, merci! ferme@siffle-orange.com

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Négociations de l’ALENA : et la souveraineté alimentaire?

Ste-Croix, 25 janvier 2018 – Montréal accueille actuellement la sixième ronde de négociation de l’ALENA, sous la menace des Etats-Unis de se retirer. Les discours alarmistes fusent, comme si le commerce international était apparu avec cet accord ou risquait de disparaître. En 2018, difficile d’imaginer notre société sans échange commercial avec d’autres pays. Les Québécois ne renonceront pas au café, ni au poivre, ni aux bananes et il est peu probable que la production de ces aliments se fasse ici prochainement.

Pour l’Union paysanne, il importe surtout que cet accord se fasse sur d’autres bases. OXFAM a publié cette semaine que la richesse engendrée par ces échanges ne profitait qu’à une infime minorité. Premièrement, de tels accords ne devraient plus se faire en cachette de l’opinion publique. Si le Québec a tenu la commission Pronovost, il devrait être possible de consulter la population sur le commerce.

Deuxièmement, sur la question agricole, un des enjeux de l’ALENA, le principe de souveraineté alimentaire devrait avoir priorité. L’alimentation est d’une importance capitale et chaque État devrait pouvoir décider comment les aliments sont produits, transformés et distribués, sans être soumis à des tribunaux internationaux ou à des règles de commerce mondial. C’est d’ailleurs une des principales revendications du mouvement paysan mondial « La via campesina » : L’agriculture hors des accords de commerce international.

Le Canada tient à la gestion de l’offre et ne veut pas la voir modifier lors des négociations. L’Union paysanne soutient néanmoins qu’il faudra adapter cette gestion de l’offre à la réalité moderne, sinon elle disparaîtra sous les pressions. En effet, difficile de vouloir exporter du porc, mais de bloquer l’importation de poulet sans se faire reprocher une certaine dose d’hypocrisie. Et au Québec en particulier, la gestion de l’offre a rempli son rôle de contrôle, mais a échoué lamentablement pour maintenir le nombre de fermes ou permettre la relève et la diversité. Une centaine de producteurs d’œufs détenteurs de quota, moins d’un millier pour le poulet et le dindon, c’est une situation franchement inacceptable. De plus, la version québécoise de la gestion de l’offre diffère grandement de la version ailleurs au Canada. Ici, c’est l’UPA et ses filiales qui gèrent le système en monopole. La gestion de l’offre, c’est au départ un contrat social entre l’État et le monde agricole. Ça ne devrait pas être la propriété privée d’un cartel. La Via campesina et l’Union paysanne sont en faveur du principe de la gestion de l’offre, mais ce système devra être réformé rapidement.

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Maxime Laplante, agr, président : 581 888-0941

Camille Perron-Thivierge, vice-présidente : 450 924-0367

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Les accords de libre-échange : peu compatibles avec la souveraineté alimentaire

Alors que la question du libre-échange rebondit à nouveau dans les médias, qu’il s’agisse de l’accord nord-américain impliquant le Mexique, le Canada et les États-Unis (ALÉNA) ou encore de celui avec l’Europe (Accord économique et commercial global), on peut se demander à qui cela bénéficie vraiment. Et d’autant, si ce genre d’entente contribue à l’atteinte d’une souveraineté alimentaire réelle des États puisque cette dernière suppose, entre autres, le respect du droit des peuples et des nations de déterminer le modèle agricole qu’elles désirent, et non pas d’abandonner ce genre de décisions à des entreprises multinationales ou à des tribunaux, comme ce sera le cas pour l’accord européen.

Dans cette logique, permettre l’arrivée de 17 000 tonnes de fromages européens, en partie produits de lait cru, dont la fabrication est interdite ici, constitue une aberration. De plus, réclamer des compensations financières de la part du gouvernement en vue de dédommager les pertes de revenus pour les fermierEs n’est pas une solution à long terme et surtout pas à l’avantage du payeur de taxes. Dans le même ordre d’idée, permettre l’exportation de maïs américain vers le Mexique, en sachant pertinemment que les fermes mexicaines n’arriveront plus à écouler leur propre production sur leurs marchés locaux, ne peut pas vraiment être considéré comme une amélioration de la souveraineté alimentaire de ce pays. Et encore, miser sur ce genre d’accord pour gonfler nos exportations de porc ou de bœuf vers l’Europe ne constitue pas non plus un objectif louable, en regard du coût environnemental et social de la production industrielle porcine dans nos régions.

Comme c’est couramment le cas, de tels traités sont concoctés dans l’ombre, sans consultation publique, jaillissant subitement d’une boîte à surprise. Ceux qui profiteront alors de tels accords ne sont pas les citoyens; ce sont les entreprises qui ont tout loisir de déplacer la production vers les endroits de moindres salaires ou dont les normes sont moins contraignantes. En somme, il ne s’agit pas d’être contre le commerce international, mais un produit ne devrait jamais entrer sur un territoire à un prix moindre que ce qui est produit sur celui-ci pour une qualité équivalente. Autrement, il s’agit non seulement d’un nivellement par le bas, mais aussi d’une baisse de revenus considérable pour certaines productions agricoles, entraînant alors vers la chute les petites fermes de par le monde. Mais encore, ce genre d’accord peut entraîner la perte de souveraineté au niveau alimentaire pour de nombreux pays.

Maxime Laplante, agr, président

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Troupeau de cochons Kune Kune à vendre

thumbnail of Troupeau Kune Kune annonceLa ferme La brouette vend sont troupeau de  porcs Kune Kune:

5 adultes (dont 2 femelles, 2 mâles reproducteurs principaux, ) et 5 porcelets (3 femelles et 2 mâles)
compatibles pour reproduction.
Vous ne connaissez pas les Kune Kune? Normal! Nous sommes les seuls éleveurs au Québec!

Voir le document ci-joint pour informations supplémentaires et photos.

Un mentorat serait disponible si souhaité par un acheteur, étant donné la niche très particulière. On a accumulé pas mal d’expériences depuis nos nos débuts!

Visitez notre site pour plus de photos et renseignements : www.fermelabrouette.com
Ou écrivez-nous à : fermelabrouette@gmail.com

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Dossier hors-quota: une étude confirme largement les avancées de l’Union paysanne

L’Union paysanne, depuis sa fondation en 2001, réclame un assouplissement des quotas et des plans conjoints pour donner un peu d’air aux élevages de petite taille. Évidemment, les fédérations de l’UPA, détentrices et gestionnaires des fameux quotas, maintiennent leur emprise, ce qui fait que le Québec est devenu la moins permissive des provinces canadiennes lorsqu’il s’agit de produire des œufs, de la volaille ou du lait. Pour l’UPA, permettre à de petits éleveurs de produire un peu plus sans acquérir du quota à prix d’or (250$ par poule, 800$ par mètre carré de poulet ou 24 000$ par vache) mènerait à un chaos dans l’approvisionnement des marchés et menacerait grandement la santé des consommateurs.

L’étude sur la production sans quota et sur la commercialisation en circuits courts, récemment publiée par le groupe Cirano de l’université Laval, en arrive à des conclusions très différentes.

Premièrement, en analysant la situation de provinces plus permissives, on constate que la production sans quota n’occuperait qu’une part infime du marché, de l’ordre de 1 ou 2% au maximum.

Deuxièmenent, les études citées en matière de salubrité montrent assez clairement que les petits élevages sont moins porteurs de pathogènes que les élevages industriels.

Les auteurs de l’étude sont également forcés de faire allusion à situation de conflit d’intérêt des fédérations de l’UPA, qui décident des règles appliquées à la relève, donc à des concurrents sur le marché. Un peu comme si Walmart décidait si Metro doit exister et à quelles conditions…

Le document de Cirano cite quelques exemples intéressants, comme la possibilité d’abattre de la volaille à la ferme aux Etats-Unis, ou encore que des pays européens interdisent le lavage des œufs alors qu’il est ici obligatoire.

Les auteurs se demandent au passage pourquoi le Québec est si restrictif. Il me semble que la réponse est claire : l’UPA, en bon cartel privé et en situation de monopole, a pris les commandes. Le roi ne négocie pas avec ses sujets.

L’Union paysanne entend donc poursuivre ses pressions auprès de la Régie des marchés agricoles pour obtenir l’application de la loi sur la mise en marché des produits agricoles (article 63), qui stipule clairement que la vente directe au consommateur n’a pas à être soumise aux plans conjoints et aux quotas. L’article de loi précise aussi que la Régie peut en décider autrement si elle juge qu’il y a menace pour l’application des plans conjoints. L’étude de Cirano corrobore clairement l’analyse de l’Union paysanne : il n’y a pas menace.

Le rapport est disponible sur le site du Cirano : https://www.cirano.qc.ca/ files/publications/2017RP-05. Pdf

Maxime Laplante, agr et président

 

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Huîtres et lait, deux ingrédients d’un même plat au goût amer?

29 novembre 2017. Lors du congrès tenu à Victoriaville, nous avons eu l’occasion de rencontrer Patrice Vidieu, de la Confédération paysanne, l’organisation cousine de l’Union paysanne en France. Évidemment, il a abordé la question de notre système de gestion de l’offre, système qui a aussi existé en Europe jusqu’à tout récemment. Sans vouloir étaler ici tout le fond de sa pensée, j’ai surtout retenu une phrase. Selon lui, avec les quotas et les plans conjoints, nous avons certes réussi à maîtriser l’offre de quelques denrées agricoles, mais nous n’avons jamais réussi à maîtriser la répartition. Le système ne profite pas à tout le monde de la même façon, loin de là.

L’été dernier, je me suis permis une escapade en haute Gaspésie. J’avais le goût de dépaysement, de vivre la mer. J’ai donc apporté ma canne à pêche et mon goût pour des aliments plus difficiles à dénicher dans mon patelin, comme les fruits de mer. J’avais donc envie de goûter les palourdes, les moules et les huîtres, ou encore le crabe ou le homard. Je ne suis pas sûr que la naïveté soit encore une qualité à mon âge. Quoi qu’il en soit, j’ai vite découvert que la cueillette de tous ces mets était prohibée. Il y a bien sûr les affiches de Pêche Canada, disséminées sur le littoral, qui ne font pas que nous rappeler à quel point ces produits sont dangereux pour ma santé mais qui vont même jusqu’à me menacer d’amendes si j’ose y toucher. J’ai ensuite pris la peine d’en discuter avec les habitants du coin qui m’ont surtout informé du fait que la cueillette n’était pas interdite pour tous, mais plutôt pour tous les mortels ne détenant pas de quota de pêche. En somme, exactement le même système que dans la production laitière, les œufs, le lapin ou la volaille, où l’accès à la ressource est réservé à certains individus, avec l’aval des autorités. Il y a des substances bien plus toxiques que des huîtres fraîches sur les plages du Québec, sans que le gouvernement intervienne avec pancartes et menaces.

La même situation prévaut sur les quais, où une stricte surveillance est exercée à l’endroit des pêcheurs à la ligne attrapant une morue ou un bar rayé, alors que tout le monde sait que ce ne sont pas les quelques pêcheurs festifs du samedi soir qui ont exterminé les bancs de morue de la mer.

On peut comprendre l’utilité de contrôler la production agricole ou la récolte des produits marins. Mais on pourrait quand même permettre une petite marge de manœuvre pour la cueillette artisanale, surtout dans une région comme la Gaspésie, dont les habitants se voient bloquer de plus en plus l’accès à la mer. Après un demi-siècle de quotas et de plans conjoints, nous n’avons toujours pas maîtrisé la répartition des ressources. Notre système de gestion de l’offre doit évoluer.


Maxime Laplante, président de l’Union paysanne