Faites partie du changement, participez à nos campagnes et actions!

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Campagne Adopte une Semence – La Patate bleue de la Côte-Nord

Célébrons les récoltes en cette belle journée d’automne!

Aujourd’hui on vous parle d’un petit pan de notre patrimoine agroécologique, la fameuse patate bleue de la Côte-Nord.

Une petite capsule sur son histoire, sa plantation, sa récolte et sa conservation… sans oublier bien sûr le simple plaisir de cultiver la pomme de terre.

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Un livre indispensable pour la conservation des semences

Que vous soyez paysan, jardinière ou grande productrice, ce livre saura vous guider dans la conservation des semences. On y parle de presque chaque espèce, de ses particularités, difficultés et moyens de sélection et de conservation. Ça démystifie ce qu’à prime abord on croyait compliqué, et on se rend compte que la conservation des semences est à la portée de toutes et tous.

‘’Écrit pour des lecteurs débutants autant qu’experts, ce guida a été conçu pour la conservation des semences maison autant que pour la production commerciale à petite échelle. Si vous désirez apprendre à cultiver des variétés patrimoniales rares, que vous voulez économiser de l’argent en cultivant vos propres semences ou simplement en apprendre davantage sur les aspects les plus subtils de la semence et du jardinage, ce manuel est un excellent départ. On y retrouve, en plus de nombreux conseils utiles, une section pour les conservateurs chevronnés qui traite entre autre de la production de semences de cultures bisannuelles (betteraves, carottes, céleris, poireaux, etc.) et de la pollinisation manuelle.’’ Description du livre La conservation des semences – Guide de production à petite échelle, sur le site web de Semences du Patrimoine.

 

Ce livre vous enseignera des techniques de conservation des semences appropriées et vous évitera entre-autres l’erreur de laisser des variétés se croiser. Vous pourrez ainsi échanger des semences de qualité en toute confiance!

 

Pour vous procurer le livre, c’est par ici: https://semences.ca/sw8/web/livres

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Une ressource précieuse pour conserver des semences

Ça y est: Vous êtes attiré par la conservation des semences, vous vous dites que vous êtes rendu là, vous comprenez l’incroyable importance de ce geste… mais vous êtes perdu face à l’apparente complexité de la chose?

Nous trouvons le site web du Réseau des Semences Communautaires (RSC) complètement génial, c’est une ressource en or mise sur pied par des passionnÉes des semences, et supporté par Sème l’Avenir et Seed Savers Exchange.

 

Pourquoi un réseau de semences communautaires?

Voici la réponse tirée de leur site web:

‘’Le Réseau des semences communautaires (RSC) existe pour faciliter la sauvegarde et le partage des semences. Il y a autant de raisons de sauver et partager des semences, qu’il y a de gens qui le font. Certaines personnes qui font partie du mouvement des semences communautaires sont des militants, c’est-à-dire qu’ils travaillent pour que les semences continuent d’appartenir au domaine public en s’approvisionnant, en échangeant et en partageant librement. D’autres sont des éducateurs, des organisateurs, des innovateurs ou des protecteurs de l’environnement, s’efforçant de former la prochaine génération de sauveurs de semences tout en aidant à protéger la biodiversité mondiale. D’autres encore sont des jardiniers amateurs, sauvant et partageant des semences pour préserver des traditions familiales ou culturelles, ou simplement pour le plaisir que cela leur procure.’’

Saviez-vous que le safran ne se reproduit pas par la graine, car sa fleur est stérile, mais par la division de son bulbe, appelé corme?

En adoptant une semence, vous ferez naturellement partie du grand réseau des semences communautaires!

 

https://www.communityseednetwork.org/resource

 

À vos semences!

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Comment choisir une variété de semence à adopter?

La campagne Adopte une Semence a touché votre coeur? Vous avez envie de vous lancer dans l’expérience d’adopter une semence, même si la tâche vous paraît compliquée? Vous ne savez pas par où commencer? On vous guide ici en espérant vous orienter un peu!

 

1- Quelles plantes vous procurent le plus de bonheur à cultiver? Pour prendre soin d’une variété de semence, il faut absolument entretenir avec elle une relation d’amour, sinon vous allez l’oublier ou la négliger.

2- Dans quelle région êtes-vous? Nous vous conseillons de vous procurer votre variété auprès d’une petite semencière locale, dont les semences sont déjà adaptées à votre climat.

3- Si vous êtes débutantEs dans la conservation des semences, on vous conseille d’y aller avec des espèces plus faciles:  Amaranthe, aneth, arroche, asperge, basilic, cerise de terre, ciboulette, coriandre, dolique, épinard, haricot, laitue, mâche, oseille, persil, pois, radis, rhubarbe, roquette, tomate, tournesol.

le beau haricot grimpant Skunk

 

4- Dans quelle zone climatique êtes-vous situé? Conserver des semences de melon est une chose plus ardue sur la Côte-Nord qu’en Montérégie. Pensez-y!

5- Cet été, observez vos plantes au jardin, peut-être y trouverez-vous l’inspiration qui guidera la variété que vous allez semer l’an prochain? Peut-être allez-vous récolter des semences d’un légume que vous avez semé ce printemps? N’hésitez-pas à expérimenter!

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Comment participer à la Campagne ‘Adopte une Semence’?

On emboîte le pas à la campagne internationale Adopte une Semence de La Via Campesina. On souhaite inciter des personnes et des groupes de personnes à adopter une variété de semence, à la chérir et à s’engager à la replanter, année après année. C’est plus simple que vous ne le pensez, et on vous accompagne pas à pas!

 

1- Décidez si vous voulez adopter une semence seulE ou en groupe.

 

2- Si vous voulez le faire en groupe, trouvez vos alliéEs! Voulez-vous le faire en famille, avec un groupe d’amis, des collègues de travail, sur votre ferme? Parlez-en autour de vous.

 

3- Le plaisir commence: choisissez la variété! Commencez par une seule variété à conserver afin de ne pas avoir une tâche trop compliquée à accomplir. Qu’est-ce que vous appréciez particulièrement cultiver dans votre jardin?

une belle tomate mémé de Beauce

4- Envoyez-nous une photo de vous ou votre groupe avec vos semences, plants ou les fruits de votre récolte! On veut faire un bel album-photo familial de toutes ces semences adoptées! On veut connaître la variété que vous avez décidé de conserver.

5- N’oubliez-pas de bien les conserver, de les partager dans la communauté, et surtout de persévérer et de les ressemer! On vous tient au courant sous peu des ressources géniales et autres initiatives passionnantes sur les semences au Québec pour vous aider dans votre mission!

 

Téléphonez ou écrivez à Geneviève pour du support dans votre démarche: 579-700-0728, international@unionpaysanne.com

 

 

 

 

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Lancement de la campagne Adopte une Semence

 

 

L’Union paysanne relance la campagne Adopte une Semence. Devant le constat accablant que des semences nutritives, locales, adaptées aux changements climatiques, aux variations saisonnières et aux maladies ont peu à peu disparues de nos champs et jardins, nous n’avons pas le loisir d’attendre que la situation empire encore plus.

Une diversité en érosion

On assiste depuis la Révolution Verte (qu’on qualifierait plutôt de grise…) à une érosion draconienne de notre diversité agricole. Au Canada, ça va jusqu’à 90% des variétés anciennes qui ont disparues pour laisser place aux hybrides et OGM de l’industrie…

Des gardiens et gardiennes pour les sauver
Pourtant, cachés dans leurs champs, des petites semencières et semenciers, maraîchères, meuniers et jardiniers s’affairent à semer, sélectionner et retrouver des semences paysannes anciennes afin de les réadapter au climat d’aujourd’hui dans l’espoir de les voir réintroduites dans les champs et jardins du Québec.

des haricots grimpants True Red Cranberry

Des droits aux Nations-Unies

N’oublions-pas que le droit « de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre des semences de ferme ou du matériel de multiplication » est inscrit dans la Déclaration des Nations Unies pour les droits des paysans et paysannes, mais ce droit trop souvent bafoué reste encore à affirmer.

Un savoir-faire qui se perd
En plus de l’environnement légal et réglementaire national et international qui facilite l’accaparement des semences par l’industrie, nous avons observé que la conservation des semences est un art qui se pratique de moins en moins à la maison et dans les petites exploitations agricoles.

Des actions à poser
L’Union paysanne, inquiète de l’état des semences au Québec, entend accompagner la paysannerie et la communauté jardinière dans un effort collectif pour reprendre soin d’une des ressources les plus précieuses: nos semences, source de vie.

C’est le début de la version Québécoise de la campagne Adopte Une Semence, dans le mouvement amorcé par d’autres organisations paysannes dans le monde, unies au travers de La Via Campesina. Toutes et tous ensemble pour la souveraineté alimentaire des peuples!

 

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Où est la meilleure bio-sécurité?

À la fin octobre, la Régie des marchés agricoles entendra l’Union paysanne qui demande de hausser la production hors-quota à 2000 poulets, 300 dindons et 300 pondeuses, comme c’est déjà le cas dans de nombreuses régions à travers le Canada.

Évidemment, les détenteurs de quotas voudront bloquer ce projet, ne voulant laisser aucune marge hors de leur contrôle. Les fédérations de l’UPA, pour entraver les petits élevages, prétendront que ceux-ci constituent une menace pour la santé et la salubrité.

Et pourtant, la réalité est toute différente. Les études scientifiques neutres, c’est-à-dire qui n’émanent pas des industriels de la volaille, démontrent clairement que les maladies des volailles se propagent principalement par le transport de fumier, de moulée, de volaille, d’humains les côtoyant. De plus, la corrélation est extrêmement forte entre l’apparition d’épidémies aviaires et la forte densité des élevages. Logique. Difficile d’imaginer un éleveur de 1000 poulets en train d’exporter du fumier dans une autre région ou de faire circuler divers ouvriers, techniciens et vétérinaires dans les troupeaux d’oiseaux.

Le département de l’agriculture aux Etats-Unis relate ainsi l’analyse de cas de deux pays voisins, le Laos et la Thaïlande. Dans le premier pays, les élevages sont petits, multiples et dispersés sur l’ensemble du territoire. À côté, en Thaïlande, prévalent les élevages industriels. Comme par hasard, le Laos est largement exempt de maladies aviaires, contrairement à la nation voisine.

La Suisse a beaucoup moins de problèmes d’épidémies animales depuis qu’elle a restreint le transport industriel d’animaux et de volailles sur son territoire. Dans le cas des oiseaux, les épidémies suivent les routes de transport et non les trajets migratoires.

La littérature scientifique fait également état du plus grand risque de mutation des maladies dans les grands élevages, en raison de la grande promiscuité des oiseaux.

Lorsque le Québec, il y a quelques années, a ordonné le confinement obligatoire des oiseaux, une mesure unique au monde, les autorités sanitaires du MAPAQ m’ont avoué avoir mis ces mesures en place non pas pour des raisons de santé humaine mais uniquement dans le but de protéger les intérêts de l’industrie des exportateurs de volaille.

En somme, le risque de maladies est plus grand dans les grands élevages concentrés. L’enjeu réel qui sera porté devant la Régie des marchés agricoles, ce n’est pas la santé ou la salubrité, mais plutôt une bataille commerciale dans laquelle un cartel en situation de monopole n’entend pas laisser émerger de concurrence, aussi minime soit-elle.

Pour ma part, je préfère manger des œufs et de la volaille provenant d’un petit élevage. Et vous?

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne

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Le récent accord de libre-échange : une preuve d’échec de notre modèle agricole

Le verdict est tombé, le récent accord commercial de l’ALENA permet l’entrée sur le marché canadien de 3,59% en produits agricoles étrangers, comme les produits laitiers ou du poulet. Évidemment, l’UPA joue la scène de Perrette qui perd son pot de lait.

Avec raison, ces entrées sont perçues comme des attaques directes contre la gestion de l’offre. Surprenant? Aucunement. Depuis plus de 20 ans, le gouvernement du Québec, sous l’influence de l’UPA, a misé sur l’exportation de produits agricoles subventionnés, le porc notamment. Et maintenant, en pleine négociation commerciale, on prétend pouvoir ouvrir les frontières pour exporter du porc mais aussi fermer ces mêmes frontières pour l’importation d’autres denrées. Une position schizophrénique, voire carrément hypocrite.

Le monopole agricole québécois a voulu jouer avec le feu en traitant la nourriture comme n’importe quel produit manufacturé et joue maintenant la vierge offensée lorsque la situation vient nuire aux secteurs de la volaille ou du lait.

Le Canada, après avoir permis l’entrée d’environ 17 000 tonnes de fromages européens, autorisera l’importation de 50 000 tonnes de lait, environ 50 000 tonnes de poulet et 10 millions de douzaines d’œufs. Et pendant ce temps, le Québec persiste à interdire la production à petite échelle de plus de 100 poulets ou de 100 pondeuses. Un État qui favorise l’importation et bloque systématiquement la production de ses propres fermes. Simplement malsain.

À la fin octobre, l’Union paysanne se présente devant la Régie des marchés agricoles pour que les fermes du Québec puissent produire 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 poules. Et ce sont précisément les succursales de l’UPA qui s’opposeront à notre démarche, allant même jusqu’à prétendre nous représenter, alors qu’ils paieront leurs avocats à même nos cotisations de producteurs agricoles.

Le principal ennemi de la gestion de l’offre, c’est exactement le carcan rigide et totalitaire exercé par le monopole agricole.

Au lieu d’être un outil pour atteindre la souveraineté alimentaire du Québec, axée sur l’approvisionnement de notre population, repeupler les régions rurales et protéger nos ressources, la gestion de l’offre contrôlée par l’UPA demeure un moyen de main-mise sur le marché par une minorité, de concentration des fermes et d’entrave à la relève. Et voilà qu’elle devient un outil de marchandage commercial.

La production agricole pour l’alimentation ne devrait jamais être soumise au jeu du commerce international. La souveraineté alimentaire, c’est d’abord le droit des États à être maître de leurs modèles agricoles.

Nous voici rendus aux conséquences de notre modèle agricole de plus en plus axé sur l’exportation, la spécialisation et la concentration des fermes. Les impacts sont flagrants : les régions se vident de leurs habitants, notre dépendance face aux importations alimentaires augmente, l’emploi de pesticides explose et les réclamations du monopole agricole pour avoir encore plus d’argent s’accentuent. C’est un constat d’échec de notre modèle et ce n’est pas avec de frileuses promesses d’augmenter la production biologique à 4% d’ici 2025 qu’on effectuera le changement souhaité par la population.

L’Union paysanne prône la souveraineté alimentaire, la liberté d’association des fermiers et fermières, l’application du rapport Pronovost sur l’agriculture. N’est-ce pas exactement ce que souhaite notre société?

 

Maxime Laplante, agr, président de l’Union paysanne

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Sur la question de l’ALÉNA et de la situation paysanne au Québec

Ce texte d’opinion est la reprise d’une publication Facebook partagée à partir de mon compte personnel il y a quelques jours. Certaines parties du texte ont été modifiées.


Je suis paysan depuis deux saisons déjà et j’ai l’ambition de poursuivre ce mode de vie pour les prochaines années à venir. Dès l’an prochain, avec la Ferme de la Dérive, nous triplerons notre superficie cultivée et aspirons à accroître notre cheptel de poules d’une trentaine d’individus.

Cette saison, c’est environ une quarantaine d’heures de ma vie que j’ai mise par semaine pour produire des légumes agroécologiques, de surcroît locaux, avec des oeufs et des poulets exempts de toutes traces d’ingrédients agro-toxiques généralement utilisés par l’industrie. Je l’ai fait parce que je suis persuadé qu’au Québec, notre potentiel agricole nous permettrait de nourrir tout le monde (riches et pauvres) d’aliments sains, durablement cultivés et exempts des logiques d’exploitation qui, par exemple, nous amènent les tomates mexicaines sur nos tables. Je fonce dans la vie paysanne les yeux presque fermés – et certainEs m’ont dit que j’étais cinglé de vouloir vivre de cette manière – mais c’est que j’ai la profonde conviction que s’alimenter, c’est le plus fondamental des droits. Je crois fermement au pouvoir révolutionnaire de l’agroécologie et je suis persuadé que l’agriculture doit être l’initial champ de bataille dans l’atteinte d’un monde plus égalitaire, plus solidaire. Et c’est beaucoup de familles que nous avons nourries cette saison, et on a accompli fièrement notre mission, même dans notre flagrant manque d’expérience!

Si ce n’était pas d’une subvention, les quarante heures par semaine que j’ai passées à labourer, tailler des plants et cueillir des fruits durant ces cinq derniers mois m’auraient rapporté 80$. Heureusement, avec la subvention, j’ai pu accumuler 780$.

Et ce montant, aussi petit puisse-t-il vous paraître, est exact.

Une paysannerie en lutte : campagne hors-quota

En ce moment, à l’Union paysanne, nous menons une campagne pour donner le droit aux paysanNEs de produire plus de 100 coqs à chair et posséder plus de 100 poules pondeuses. Parce que oui, en ce moment, je n’ai pas le droit, au Québec, d’élever plus de 100 coqs à chair et de récolter les œufs de plus de 100 poules sans me procurer des quotas à prix exorbitants. Cent. Est-ce beaucoup? Pas évident se l’imaginer si nous ne sommes pas paysanNEs. Ici, à la ferme, on s’amuse parfois à se rappeler combien d’argent on fait en respectant ces normes de production dites « hors-quota ». Ça nous rapporte autour de 2000$ par année, qu’on ré-investie dans l’amélioration de notre infrastructure agricole. En gros, ça nous rapporte zéro cenne pour le moment. Ça nous fait rire jaune. Mais bon, « cinglé », je l’ai dis.

Donc, 100 coqs à chair et 100 poules pondeuses, c’est rien. C’est au mieux une mauvaise blague. Un inquiétant manque de respect envers les paysanNEs qui, au final, veulent juste se battre pour leur survie, sans toutefois y arriver. Pour vous donner une idée, en Alberta, où le marché est essentiellement le même, c’est 2000 coqs à chair qu’unE paysanNE peut produire! Aberration.

Alors, avec l’Union paysanne, nous portons la cause devant les tribunaux. Car la gestion de l’offre, celle qui défend l’intérêt des industriels, n’a pas de bon sens. Nous devons absolument militer pour une nouvelle gestion de l’offre. Parce que c’est sous le système de gestion de l’offre actuelle que la paysannerie québécoise est prise au cou! Et qui s’oppose à la démarche? L’UPA, évidemment. L’Union des producteurs agricoles. L’Union qui défend l’intérêt des producteurs agricoles : pas mon intérêt en tout cas. Faque. Le plus grand lobby au Québec (l’UPA, soyons clair), se porte à la défense de l’intérêt des entreprises industrielles, celles mêmes qui sont responsables des épidémies de grippes aviaires, de la souffrance animale, d’un système basé sur l’exportation détruisant l’environnement de la planète… et ça, au détriment de moi qui s’est mis 780$ dans les poches en cinq mois.

L’ALÉNA et la paysannerie québécoise

Ok. Et l’ALÉNA. C’est quoi le rapport? Bon. Voici ce qu’on lit dans le nouveau traité, qui nous informe des droits de l’industrie américaine dans le secteur aviaire :

  • Poulet : 47 000 t la première année. Par la suite, les quantités seront augmentées annuellement de 2 000 t pour atteindre 57 000 t à la 6e année. Les volumes augmenteront de 1 %/an pendant les 10 années subséquentes.
  • Œufs : 10 millions de douzaines d’œufs dès la première année. Le contingent augmentera annuellement de 1 % pendant les 10 années suivantes. »

uh, pardons? Doit-on comprendre que je ne peux pas produire plus de 100 poulets, mais que nos autorités politiques s’apprêtent à permettre l’importation de 47 000 tonnes de poulets américains dès la première année de l’entrée en fonction du traité? Pour reprendre les paroles de mon camarade de l’Union paysanne, Alexandre Pigeon : ça va être plus facile de se trouver un poulet texan qu’un poulet paysan québécois!

Puis, le contexte légal au Québec me contraint à produire environ 2000 douzaines d’œufs au maximum par année, de peur que je déstabilise le marché québécois, mais nous nous apprêtons à permettre l’entrée de 120 millions d’œufs des États-Unis? Attends là.

Pour vrai, je cultive d’une façon où j’ai un bilan carbone positif (plus est séquestré qu’il y en a de produit). Mon agroécologie, je la fais parce que je me soucis de l’environnement, de la santé de notre planète. Je la fais parce qu’il m’apparaît absolument aberrant que les aliments qu’on retrouve dans les super-marchés aient nécessités d’exploiter un travailleur guatémaltèque ou une enfant mexicaine pour s’assurer d’un bas prix. Il n’y a pas plus conséquent avec nos aspirations sociétales que le champ dans ma cour! Mais vous, politiciens carriéristes, appartenant à la classe fortunée, amis du capital, vous daignez vouloir contribuer à la destruction de mon projet? Ici, j’entends « mon » dans le sens le plus inclusif, où toutEs les citoyenNEs en font partis.

Ok, tout le monde. On allume. Vous rendez-vous compte comment nos autorités politiques et comment nos lobbys gèrent notre agriculture? À quel point ces décisions prises au sommet s’effectue pour le bénéfice des gros joueurs du système agro-alimentaire et que, dans l’absolu, elles menacent littéralement l’avenir de notre agriculture, de nos paysanNEs?

Quel avenir pour notre agriculture paysanne?

Parce que je vais vous le dire. L’avenir de l’agriculture, ce n’est pas le biologique et ses monocultures dites « propres », basé sur l’importation de produits « bio » espagnols. L’avenir de l’agriculture, ce n’est pas non plus les grands industriels qui doivent s’en accaparer en exploitant nos sols à la manière des entreprises extractivistes. Ce n’est pas des opérateurs de machinerie qui battent leur moissonneuse dans leurs 700 hectares de soja. L’avenir, c’est la paysannerie qui l’a dans ses mains, c’est la production en circuit-courts, c’est l’agroécologie, c’est la souveraineté alimentaire!

En ce moment, la paysannerie québécoise est en crise, mais ça, personne ne nous en parle. Je m’en charge d’en faire mon combat, de pousser la lutte plus loin, de la mener vigoureusement. La paysannerie doit se soulever; nous avons des choses à brasser!

Lorsque je vois l’UPA vouloir m’empêcher de survivre, lorsque je vois un Trudeau négocier un traité qui va tuer mon avenir (et le vôtre hein!), et bien ça me fait sortir de moi-même. Ça me fait sortir de moi-même parce que c’est l’élite politique qui prend les décisions, orientée complètement dans une optique capitaliste et corporatiste, au service des géants du secteur, contre les paysanNEs!

Cette situation, jusqu’à maintenant méconnue d’une vaste partie du public, doit être portée dans le débat public.Il est dorénavant venu le temps d’unir la paysannerie et les citoyenNEs afin d’entrer dans la lutte. Nous n’allons pas laisser le capital triompher et les classes oppressantes, mes amiEs!

Contribuez maintenant à la campagne hors-quota de l’Union paysanne : https://www.gofundme.com/horsquota

Gabriel Leblanc
Coordonnateur du comité international de l’Union paysanne
Paysan à la Ferme de la Dérive
Militant de La Via Campesina

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L’Union paysanne demande une hausse du hors quota

Ste-Croix, 16 septembre 2018 – Après plus d’un an d’attente, l’Union paysanne a enfin reçu les dates d’audience devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec pour plaider la cause de la production hors quota. Rappelons que l’organisme a déposé une demande à la Régie visant à permettre la production et la vente de 2000 poulets, de 300 pondeuses et de 300 dindons par ferme, par an, sans avoir à détenir un quota de production. L’avocat Jean Nobert défendra la cause devant le tribunal.

Le Québec est extrêmement restrictif à ce sujet, ne permettant actuellement que 100 poulets, 100 pondeuses et 25 dindons, alors que la plupart des autres provinces canadiennes permettent beaucoup plus. Au-delà de ces quantités, il y a obligation de détenir un quota, sorte de permis de produire, onéreux et difficile à obtenir.

C’est donc du 22 octobre au 2 novembre que la Régie entendra les points de vue divergents. «L’enjeu est de taille pour un grand nombre de petites entreprises, principalement orientées vers la vente directe, la production de proximité, les produits du terroir, en complète cohérence avec les souhaits de la société civile et ceux de la récente politique bio-alimentaire», souligne Maxime Laplante, président de l’Union paysanne.

Évidemment, l’Union paysanne n’a pas besoin de 9 jours pour présenter ses arguments. Ce sont, entre autres, les fédérations de l’UPA qui veulent également témoigner et s’opposer à ces demandes. Les membres de ces fédérations, actuellement détenteurs des dits quotas, n’entendent pas céder la moindre part de marché, aussi minime soit-elle.

Il y a un déséquilibre énorme entre les forces en présence. L’Union paysanne devra assumer les frais de cette démarche, alors que les avocats des fédérations, dont les moyens sont démesurément plus grands, sont rémunérés à même les cotisations des fermes. En d’autres termes, les membres de l’Union paysanne qui sont en production agricole vont contribuer à payer les avocats de la partie adverse via leurs cotisations.

C’est pourquoi l’Union paysanne fait appel à la générosité de tous et toutes pour mener à bien cette démarche devant la Régie. Nous vous encourageons à contribuer dès maintenant à notre campagne de financement : www.gofundme.com/horsquota

Pour une rare fois au Québec, nous avons enfin la chance de faire avancer une cause paysanne. Ensemble, paysans et paysannes, consommateurs et consommatrices, nous avons le pouvoir de faire plier les fédérations, et contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de petites fermes diversifiées de proximité. Donnez généreusement!

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Maxime Laplante , président 581-888-0941