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Où est la meilleure bio-sécurité?

À la fin octobre, la Régie des marchés agricoles entendra l’Union paysanne qui demande de hausser la production hors-quota à 2000 poulets, 300 dindons et 300 pondeuses, comme c’est déjà le cas dans de nombreuses régions à travers le Canada.

Évidemment, les détenteurs de quotas voudront bloquer ce projet, ne voulant laisser aucune marge hors de leur contrôle. Les fédérations de l’UPA, pour entraver les petits élevages, prétendront que ceux-ci constituent une menace pour la santé et la salubrité.

Et pourtant, la réalité est toute différente. Les études scientifiques neutres, c’est-à-dire qui n’émanent pas des industriels de la volaille, démontrent clairement que les maladies des volailles se propagent principalement par le transport de fumier, de moulée, de volaille, d’humains les côtoyant. De plus, la corrélation est extrêmement forte entre l’apparition d’épidémies aviaires et la forte densité des élevages. Logique. Difficile d’imaginer un éleveur de 1000 poulets en train d’exporter du fumier dans une autre région ou de faire circuler divers ouvriers, techniciens et vétérinaires dans les troupeaux d’oiseaux.

Le département de l’agriculture aux Etats-Unis relate ainsi l’analyse de cas de deux pays voisins, le Laos et la Thaïlande. Dans le premier pays, les élevages sont petits, multiples et dispersés sur l’ensemble du territoire. À côté, en Thaïlande, prévalent les élevages industriels. Comme par hasard, le Laos est largement exempt de maladies aviaires, contrairement à la nation voisine.

La Suisse a beaucoup moins de problèmes d’épidémies animales depuis qu’elle a restreint le transport industriel d’animaux et de volailles sur son territoire. Dans le cas des oiseaux, les épidémies suivent les routes de transport et non les trajets migratoires.

La littérature scientifique fait également état du plus grand risque de mutation des maladies dans les grands élevages, en raison de la grande promiscuité des oiseaux.

Lorsque le Québec, il y a quelques années, a ordonné le confinement obligatoire des oiseaux, une mesure unique au monde, les autorités sanitaires du MAPAQ m’ont avoué avoir mis ces mesures en place non pas pour des raisons de santé humaine mais uniquement dans le but de protéger les intérêts de l’industrie des exportateurs de volaille.

En somme, le risque de maladies est plus grand dans les grands élevages concentrés. L’enjeu réel qui sera porté devant la Régie des marchés agricoles, ce n’est pas la santé ou la salubrité, mais plutôt une bataille commerciale dans laquelle un cartel en situation de monopole n’entend pas laisser émerger de concurrence, aussi minime soit-elle.

Pour ma part, je préfère manger des œufs et de la volaille provenant d’un petit élevage. Et vous?

Maxime Laplante, agr

Président de l’Union paysanne

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Le récent accord de libre-échange : une preuve d’échec de notre modèle agricole

Le verdict est tombé, le récent accord commercial de l’ALENA permet l’entrée sur le marché canadien de 3,59% en produits agricoles étrangers, comme les produits laitiers ou du poulet. Évidemment, l’UPA joue la scène de Perrette qui perd son pot de lait.

Avec raison, ces entrées sont perçues comme des attaques directes contre la gestion de l’offre. Surprenant? Aucunement. Depuis plus de 20 ans, le gouvernement du Québec, sous l’influence de l’UPA, a misé sur l’exportation de produits agricoles subventionnés, le porc notamment. Et maintenant, en pleine négociation commerciale, on prétend pouvoir ouvrir les frontières pour exporter du porc mais aussi fermer ces mêmes frontières pour l’importation d’autres denrées. Une position schizophrénique, voire carrément hypocrite.

Le monopole agricole québécois a voulu jouer avec le feu en traitant la nourriture comme n’importe quel produit manufacturé et joue maintenant la vierge offensée lorsque la situation vient nuire aux secteurs de la volaille ou du lait.

Le Canada, après avoir permis l’entrée d’environ 17 000 tonnes de fromages européens, autorisera l’importation de 50 000 tonnes de lait, environ 50 000 tonnes de poulet et 10 millions de douzaines d’œufs. Et pendant ce temps, le Québec persiste à interdire la production à petite échelle de plus de 100 poulets ou de 100 pondeuses. Un État qui favorise l’importation et bloque systématiquement la production de ses propres fermes. Simplement malsain.

À la fin octobre, l’Union paysanne se présente devant la Régie des marchés agricoles pour que les fermes du Québec puissent produire 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 poules. Et ce sont précisément les succursales de l’UPA qui s’opposeront à notre démarche, allant même jusqu’à prétendre nous représenter, alors qu’ils paieront leurs avocats à même nos cotisations de producteurs agricoles.

Le principal ennemi de la gestion de l’offre, c’est exactement le carcan rigide et totalitaire exercé par le monopole agricole.

Au lieu d’être un outil pour atteindre la souveraineté alimentaire du Québec, axée sur l’approvisionnement de notre population, repeupler les régions rurales et protéger nos ressources, la gestion de l’offre contrôlée par l’UPA demeure un moyen de main-mise sur le marché par une minorité, de concentration des fermes et d’entrave à la relève. Et voilà qu’elle devient un outil de marchandage commercial.

La production agricole pour l’alimentation ne devrait jamais être soumise au jeu du commerce international. La souveraineté alimentaire, c’est d’abord le droit des États à être maître de leurs modèles agricoles.

Nous voici rendus aux conséquences de notre modèle agricole de plus en plus axé sur l’exportation, la spécialisation et la concentration des fermes. Les impacts sont flagrants : les régions se vident de leurs habitants, notre dépendance face aux importations alimentaires augmente, l’emploi de pesticides explose et les réclamations du monopole agricole pour avoir encore plus d’argent s’accentuent. C’est un constat d’échec de notre modèle et ce n’est pas avec de frileuses promesses d’augmenter la production biologique à 4% d’ici 2025 qu’on effectuera le changement souhaité par la population.

L’Union paysanne prône la souveraineté alimentaire, la liberté d’association des fermiers et fermières, l’application du rapport Pronovost sur l’agriculture. N’est-ce pas exactement ce que souhaite notre société?

 

Maxime Laplante, agr, président de l’Union paysanne

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Sur la question de l’ALÉNA et de la situation paysanne au Québec

Ce texte d’opinion est la reprise d’une publication Facebook partagée à partir de mon compte personnel il y a quelques jours. Certaines parties du texte ont été modifiées.


Je suis paysan depuis deux saisons déjà et j’ai l’ambition de poursuivre ce mode de vie pour les prochaines années à venir. Dès l’an prochain, avec la Ferme de la Dérive, nous triplerons notre superficie cultivée et aspirons à accroître notre cheptel de poules d’une trentaine d’individus.

Cette saison, c’est environ une quarantaine d’heures de ma vie que j’ai mise par semaine pour produire des légumes agroécologiques, de surcroît locaux, avec des oeufs et des poulets exempts de toutes traces d’ingrédients agro-toxiques généralement utilisés par l’industrie. Je l’ai fait parce que je suis persuadé qu’au Québec, notre potentiel agricole nous permettrait de nourrir tout le monde (riches et pauvres) d’aliments sains, durablement cultivés et exempts des logiques d’exploitation qui, par exemple, nous amènent les tomates mexicaines sur nos tables. Je fonce dans la vie paysanne les yeux presque fermés – et certainEs m’ont dit que j’étais cinglé de vouloir vivre de cette manière – mais c’est que j’ai la profonde conviction que s’alimenter, c’est le plus fondamental des droits. Je crois fermement au pouvoir révolutionnaire de l’agroécologie et je suis persuadé que l’agriculture doit être l’initial champ de bataille dans l’atteinte d’un monde plus égalitaire, plus solidaire. Et c’est beaucoup de familles que nous avons nourries cette saison, et on a accompli fièrement notre mission, même dans notre flagrant manque d’expérience!

Si ce n’était pas d’une subvention, les quarante heures par semaine que j’ai passées à labourer, tailler des plants et cueillir des fruits durant ces cinq derniers mois m’auraient rapporté 80$. Heureusement, avec la subvention, j’ai pu accumuler 780$.

Et ce montant, aussi petit puisse-t-il vous paraître, est exact.

Une paysannerie en lutte : campagne hors-quota

En ce moment, à l’Union paysanne, nous menons une campagne pour donner le droit aux paysanNEs de produire plus de 100 coqs à chair et posséder plus de 100 poules pondeuses. Parce que oui, en ce moment, je n’ai pas le droit, au Québec, d’élever plus de 100 coqs à chair et de récolter les œufs de plus de 100 poules sans me procurer des quotas à prix exorbitants. Cent. Est-ce beaucoup? Pas évident se l’imaginer si nous ne sommes pas paysanNEs. Ici, à la ferme, on s’amuse parfois à se rappeler combien d’argent on fait en respectant ces normes de production dites « hors-quota ». Ça nous rapporte autour de 2000$ par année, qu’on ré-investie dans l’amélioration de notre infrastructure agricole. En gros, ça nous rapporte zéro cenne pour le moment. Ça nous fait rire jaune. Mais bon, « cinglé », je l’ai dis.

Donc, 100 coqs à chair et 100 poules pondeuses, c’est rien. C’est au mieux une mauvaise blague. Un inquiétant manque de respect envers les paysanNEs qui, au final, veulent juste se battre pour leur survie, sans toutefois y arriver. Pour vous donner une idée, en Alberta, où le marché est essentiellement le même, c’est 2000 coqs à chair qu’unE paysanNE peut produire! Aberration.

Alors, avec l’Union paysanne, nous portons la cause devant les tribunaux. Car la gestion de l’offre, celle qui défend l’intérêt des industriels, n’a pas de bon sens. Nous devons absolument militer pour une nouvelle gestion de l’offre. Parce que c’est sous le système de gestion de l’offre actuelle que la paysannerie québécoise est prise au cou! Et qui s’oppose à la démarche? L’UPA, évidemment. L’Union des producteurs agricoles. L’Union qui défend l’intérêt des producteurs agricoles : pas mon intérêt en tout cas. Faque. Le plus grand lobby au Québec (l’UPA, soyons clair), se porte à la défense de l’intérêt des entreprises industrielles, celles mêmes qui sont responsables des épidémies de grippes aviaires, de la souffrance animale, d’un système basé sur l’exportation détruisant l’environnement de la planète… et ça, au détriment de moi qui s’est mis 780$ dans les poches en cinq mois.

L’ALÉNA et la paysannerie québécoise

Ok. Et l’ALÉNA. C’est quoi le rapport? Bon. Voici ce qu’on lit dans le nouveau traité, qui nous informe des droits de l’industrie américaine dans le secteur aviaire :

  • Poulet : 47 000 t la première année. Par la suite, les quantités seront augmentées annuellement de 2 000 t pour atteindre 57 000 t à la 6e année. Les volumes augmenteront de 1 %/an pendant les 10 années subséquentes.
  • Œufs : 10 millions de douzaines d’œufs dès la première année. Le contingent augmentera annuellement de 1 % pendant les 10 années suivantes. »

uh, pardons? Doit-on comprendre que je ne peux pas produire plus de 100 poulets, mais que nos autorités politiques s’apprêtent à permettre l’importation de 47 000 tonnes de poulets américains dès la première année de l’entrée en fonction du traité? Pour reprendre les paroles de mon camarade de l’Union paysanne, Alexandre Pigeon : ça va être plus facile de se trouver un poulet texan qu’un poulet paysan québécois!

Puis, le contexte légal au Québec me contraint à produire environ 2000 douzaines d’œufs au maximum par année, de peur que je déstabilise le marché québécois, mais nous nous apprêtons à permettre l’entrée de 120 millions d’œufs des États-Unis? Attends là.

Pour vrai, je cultive d’une façon où j’ai un bilan carbone positif (plus est séquestré qu’il y en a de produit). Mon agroécologie, je la fais parce que je me soucis de l’environnement, de la santé de notre planète. Je la fais parce qu’il m’apparaît absolument aberrant que les aliments qu’on retrouve dans les super-marchés aient nécessités d’exploiter un travailleur guatémaltèque ou une enfant mexicaine pour s’assurer d’un bas prix. Il n’y a pas plus conséquent avec nos aspirations sociétales que le champ dans ma cour! Mais vous, politiciens carriéristes, appartenant à la classe fortunée, amis du capital, vous daignez vouloir contribuer à la destruction de mon projet? Ici, j’entends « mon » dans le sens le plus inclusif, où toutEs les citoyenNEs en font partis.

Ok, tout le monde. On allume. Vous rendez-vous compte comment nos autorités politiques et comment nos lobbys gèrent notre agriculture? À quel point ces décisions prises au sommet s’effectue pour le bénéfice des gros joueurs du système agro-alimentaire et que, dans l’absolu, elles menacent littéralement l’avenir de notre agriculture, de nos paysanNEs?

Quel avenir pour notre agriculture paysanne?

Parce que je vais vous le dire. L’avenir de l’agriculture, ce n’est pas le biologique et ses monocultures dites « propres », basé sur l’importation de produits « bio » espagnols. L’avenir de l’agriculture, ce n’est pas non plus les grands industriels qui doivent s’en accaparer en exploitant nos sols à la manière des entreprises extractivistes. Ce n’est pas des opérateurs de machinerie qui battent leur moissonneuse dans leurs 700 hectares de soja. L’avenir, c’est la paysannerie qui l’a dans ses mains, c’est la production en circuit-courts, c’est l’agroécologie, c’est la souveraineté alimentaire!

En ce moment, la paysannerie québécoise est en crise, mais ça, personne ne nous en parle. Je m’en charge d’en faire mon combat, de pousser la lutte plus loin, de la mener vigoureusement. La paysannerie doit se soulever; nous avons des choses à brasser!

Lorsque je vois l’UPA vouloir m’empêcher de survivre, lorsque je vois un Trudeau négocier un traité qui va tuer mon avenir (et le vôtre hein!), et bien ça me fait sortir de moi-même. Ça me fait sortir de moi-même parce que c’est l’élite politique qui prend les décisions, orientée complètement dans une optique capitaliste et corporatiste, au service des géants du secteur, contre les paysanNEs!

Cette situation, jusqu’à maintenant méconnue d’une vaste partie du public, doit être portée dans le débat public.Il est dorénavant venu le temps d’unir la paysannerie et les citoyenNEs afin d’entrer dans la lutte. Nous n’allons pas laisser le capital triompher et les classes oppressantes, mes amiEs!

Contribuez maintenant à la campagne hors-quota de l’Union paysanne : https://www.gofundme.com/horsquota

Gabriel Leblanc
Coordonnateur du comité international de l’Union paysanne
Paysan à la Ferme de la Dérive
Militant de La Via Campesina

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L’Union paysanne demande une hausse du hors quota

Ste-Croix, 16 septembre 2018 – Après plus d’un an d’attente, l’Union paysanne a enfin reçu les dates d’audience devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec pour plaider la cause de la production hors quota. Rappelons que l’organisme a déposé une demande à la Régie visant à permettre la production et la vente de 2000 poulets, de 300 pondeuses et de 300 dindons par ferme, par an, sans avoir à détenir un quota de production. L’avocat Jean Nobert défendra la cause devant le tribunal.

Le Québec est extrêmement restrictif à ce sujet, ne permettant actuellement que 100 poulets, 100 pondeuses et 25 dindons, alors que la plupart des autres provinces canadiennes permettent beaucoup plus. Au-delà de ces quantités, il y a obligation de détenir un quota, sorte de permis de produire, onéreux et difficile à obtenir.

C’est donc du 22 octobre au 2 novembre que la Régie entendra les points de vue divergents. «L’enjeu est de taille pour un grand nombre de petites entreprises, principalement orientées vers la vente directe, la production de proximité, les produits du terroir, en complète cohérence avec les souhaits de la société civile et ceux de la récente politique bio-alimentaire», souligne Maxime Laplante, président de l’Union paysanne.

Évidemment, l’Union paysanne n’a pas besoin de 9 jours pour présenter ses arguments. Ce sont, entre autres, les fédérations de l’UPA qui veulent également témoigner et s’opposer à ces demandes. Les membres de ces fédérations, actuellement détenteurs des dits quotas, n’entendent pas céder la moindre part de marché, aussi minime soit-elle.

Il y a un déséquilibre énorme entre les forces en présence. L’Union paysanne devra assumer les frais de cette démarche, alors que les avocats des fédérations, dont les moyens sont démesurément plus grands, sont rémunérés à même les cotisations des fermes. En d’autres termes, les membres de l’Union paysanne qui sont en production agricole vont contribuer à payer les avocats de la partie adverse via leurs cotisations.

C’est pourquoi l’Union paysanne fait appel à la générosité de tous et toutes pour mener à bien cette démarche devant la Régie. Nous vous encourageons à contribuer dès maintenant à notre campagne de financement : www.gofundme.com/horsquota

Pour une rare fois au Québec, nous avons enfin la chance de faire avancer une cause paysanne. Ensemble, paysans et paysannes, consommateurs et consommatrices, nous avons le pouvoir de faire plier les fédérations, et contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de petites fermes diversifiées de proximité. Donnez généreusement!

-30-

Maxime Laplante , président 581-888-0941

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Campagne hors quota

Bonjour,

Ainsi que nous l’avons fréquemment mentionné, l’Union paysanne a demandé à la Régie des marchés agricoles d’être entendue dans le dossier du hors-quota afin de permettre la production et la vente de 2000 poulets, 300 dindons et les œufs de 300 pondeuses sans détenir ces fameux quotas de production, si onéreux. Rien de farfelu, puisque c’est déjà le cas dans la plupart des régions du Canada, le Québec et Terre-Neuve étant de loin les provinces les plus restrictives à cet égard.

Évidemment, les fédérations de l’UPA ne sont pas du même avis et ont d’abord demandé à la Régie de ne pas nous laisser présenter notre demande. Mais cette même Régie a quand même annoncé qu’elle tiendra 9 jours d’audience analyser notre demande, entre la fin octobre et le début de novembre.

Dans sa démarche, l’Union paysanne a choisi de faire appel à un avocat au fait des questions agricoles, soit Jean Nobert, que nous avons présenté au dernier congrès. Mais cette démarche occasionne des frais que l’Union paysanne ne peut couvrir à même son budget de fonctionnement habituel. Nous avons donc besoin urgemment de dons pour y parvenir. Nous suggérons un montant de 50$ par personne donatrice. À l’échelle d’une ferme, passer d’une production de 100 poulets à 2000 représente un revenu net supplémentaire d’environ 20 000$. Pour le consommateur, on parle de la possibilité d’avoir enfin accès à du poulet local sans passer par les filières de l’industrie agricole. En somme, un 50$ bien investi.

Pour plus de détails, consultez notre rubrique Campagne sur notre site web et faites un don dès maintenant. Ne laissons pas passer cette occasion de donner un peu d’oxygène au monde rural du Québec.

 

Maxime Laplante, agr, président.

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L’Union paysanne lance une vidéo sur le hors quota

Depuis sa fondation, l’Union paysanne plaide pour un meilleur accès au droit de produire. Alors que d’autres provinces permettent de vendre sans quota les oeufs de 300 pondeuses ou la viande de 2000 poulets de chair, et encore comme en Alberta où une quantité de 50 litres de lait par jour est autorisée, le Québec fait figure de régime totalitaire en laissant les filiales de l’UPA dicter les règles en monopole, limitant ainsi la production hors-quota à 100 poulets ou 100 pondeuses. Nous sommes ainsi traités comme des Canadiens de seconde classe et sommes condamnés à voir les petites fermes disparaître.

En effet, à 250$ par poule pondeuse, 900$ par mètre carré d’élevage de poulet ou 25 000$ par vache, les coûts des quotas sont prohibitifs pour toute forme de relève et le droit de produire est limité à ceux qui détiennent déjà du quota, qu’ils ont reçu en partie gratuitement ou à moindre coût, au moment de l’instauration. C’est donc dans cette optique que l’Union Paysanne veut hausser les limites hors-quota.

L’Union paysanne a ainsi présenté une demande formelle à la Régie des marchés agricoles pour être entendue à ce sujet. Nous réclamons le droit pour tout(e) Québécois(e) de produire 2000 poulets annuellement ou de détenir 300 pondeuses sans avoir à payer ces quotas. Pour appuyer notre cause, nous nous basons sur l’article 63 de la loi sur la mise en marché des produits agricoles qui stipule que la mise en marché de produits agricoles directement au consommateur ne doit pas être soumise aux diktats des plans conjoints et des quotas et dont l’esprit n’est pas respecté. En effet, la Régie des marchés, sous la pression de l’UPA, a toujours estimé que la vente directe hors-quota pouvait nuire à l’ensemble du marché, ce qui est absurde. Pour nous épauler dans ce dossier, nous pouvons compter sur M. Jean Nobert, un avocat motivé.

Alors que le Québec désire favoriser les circuits courts, une agriculture de proximité et la souveraineté alimentaire, l’Union paysanne estime qu’il faut, avant tout, permettre cette agriculture par des politiques adaptées.

Visionnez la vidéo à horsquota.com

Vous voulez nous aider? Plusieurs options s’offrent à vous! 👇

Signer la lettre d’intention pour un plus grand accès au hors-quota. Si vous êtes unE consommateur-trice, visitez http://bit.ly/2H5uxqY. Si vous êtes unE producteur-trice ou de la relève agricole, visitez http://bit.ly/2Eg6aZP.

 

💰 Faire un don: https://unionpaysanne.com/don/
🙋 Devenir membre: https://unionpaysanne.com/devenir-membre/
S’impliquer: https://unionpaysanne.com/impliquez-vous/

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Hors quota : l’Union paysanne interviendra devant la régie des marchés agricoles

Vous êtes un-e producteur-trice agricole et souhaitez joindre le mouvement? Il nous fera plaisir de vous accueillir parmi nous. Il suffit de remplir cette lettre d’intention et de nous la renvoyer, soit par courriel (coordination@unionpaysanne.com) ou par la poste.

thumbnail of Lettre intention Hors-quota.doc

Le dossier du hors quota avance à l’Union paysanne. Après avoir tenté de faire changer les choses au niveau politique, nous amenons maintenant l’enjeu au juridique. En effet, Me Jean Nobert, avocat chez Dion Rhéaume, a accepté de représenter l’Union paysanne et une centaine de producteurs-trices dans leur demande de hausser les hors quota dans différents secteurs de production au Québec. Rappelons que, à l’automne 2016, l’Union paysanne a déposé une demande à la Régie des marchés agricoles du Québec afin de hausser le hors quota dans le poulet, les œufs et le dindon.

C’est n’est plus un secret pour personne, il n’y a pas d’ouverture, ni pour la relève agricole, ni pour les paysans dans les secteurs sous quota au Québec. Cette situation, qui perdure depuis plus de 40 ans, est due en grande partie à la résistance des cartels qui contrôlent ces secteurs à partager avec les jeunes générations.

Il y a peut-être un moyen d’ouvrir ces secteurs (œuf, poulet, dindon) aux jeunes et aux régions tout en ne dérangeant pas leur sacro-saint contrôle sur les quotas. Pour y arriver, l’Union paysanne propose de hausser le hors-quota, c’est-à-dire la portion qu’une personne peut produire sans acheter un quota, à des niveaux équivalents à l’Ouest Canadien.

Par exemple, au Québec, vous ne pouvez pas produire plus de 100 poulets, 100 poules pondeuses ou 25 dindons, alors qu’en Alberta vous pouvez en faire respectivement 2000, 300 et 300. Le Québec est d’ailleurs l’endroit le plus restrictif au Canada en cette matière.

Une hausse des seuils de production hors-quota au Québec permettrait…

  • à nombre d’agriculteurs de diversifier leur production et d’augmenter leur revenu

  • à la relève agricole de démarrer avec moins d’investissements de base,

  • aux régions d’avoir des productions plus locales

  • aux petits abattoirs d’avoir une clientèle nouvelle, ce qui aiderait à leur survie

  • de voir émerger des productions quasi inexistantes : œufs et poulets de pâturage, sans OGM, biologiques, etc.

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Fonds de pension et accaparement des terres au Brésil

Fonds de pension et accaparement des terres au Brésil

Par David Bruer, gestionnaire de programmes Inter Pares.

Les fonds de pension sont toujours à l’affût de nouveaux investissements. Ils ont l’obligation de générer des profits pour assurer le versement des pensions de retraite. Pour cela, ils doivent investir les contributions des cotisants au fonds. Au cours des dernières années, les fonds de pension ont manifesté un intérêt croissant pour l’achat de terres agricoles. Il semble que l’investissement soit rentable : pendant que l’on spécule sur l’augmentation de la valeur du bien pour pouvoir le revendre moyennant un profit, le terrain rapporte de l’argent puisqu’il est loué aux paysans qui le cultivent.

Pourtant, partout dans le monde, l’acquisition de terres n’est pas une mince affaire. Être propriétaire foncier, c’est compliqué, et de nombreux ménages pauvres qui dépendent de la terre pour vivre n’ont pas de titre de propriété. Il est monnaie courante, dans tous les pays du monde, de voir les riches et les puissants mettre la main sur des terres de manière douteuse et parfois violente. Il arrive que les petits exploitants agricoles se réveillent un beau matin pour constater que la terre qu’ils ont cultivée toute leur vie appartient désormais à d’autres. Il arrive aussi qu’ils se retrouvent aux prises avec des hommes armés qui leur ordonnent de vendre leur lopin à un riche accapareur de terres, faute de quoi il leur arriverait du mal. Est-ce vraiment ce dans quoi nous voulons investir nos cotisations de retraite? À quel prix génère-t-on du profit?

En novembre 2015, une coalition de groupes canadiens, suédois et américains s’est alliée avec « Rede », un organisme brésilien de défense des droits de la personne. Ils ont publié un rapport intitulé « Fonds de retraite étrangers et accaparement des terres au Brésil ». Le rapport comporte une étude approfondie de la manière dont un important fonds de pension américain, TIIA-CREF, a créé un fonds appelé TCGA pour l’achat de terrains partout dans le monde, notamment au Brésil. À partir du rapport, une courte vidéo traitant de la participation de deux fonds de retraite canadiens dans l’accaparement des terres a été tournée. Prenez quelques minutes pour en prendre connaissance.

Le rapport fait état de quatre fermes ayant été acquises par TCGA dans une région du Brésil où les conflits fonciers sont récurrents. Avant d’être achetés par TCGA, certains terrains avaient été la propriété d’un homme d’affaires brésilien ayant fait l’objet de plusieurs enquêtes criminelles. Il avait été accusé de recourir aux services d’hommes armés pour des opérations d’expulsion et d’avoir ordonné le meurtre d’un paysan qui refusait de lui céder ses terres1. D’autres enquêtes ont permis de démontrer comment les accapareurs tels que lui n’hésitent pas à falsifier des documents pour mettre la main sur des terres dans cette partie du Brésil2.

TCGA a aussi procédé à un montage d’entreprise qui permet au fonds de contourner les lois brésiliennes qui visaient justement à limiter les investissements étrangers dans les terres agricoles. Les investissements de TCGA au Brésil font partie d’une vaste opération de spéculation foncière et de l’élargissement des grandes plantations industrielles. Les petits exploitants perdent leur lopin de terre en raison de l’existence d’un processus qui favorise la concentration des terres et l’exploitation de la main-d’œuvre et qui finit par causer des problèmes écologiques et de santé publique.

Deux fonds de retraite canadiens, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et la Société de gestion des investissements de Colombie-Britannique (bcIMC), ont des intérêts dans le fonds TCGA. Au Canada, nous avons donc pris l’initiative d’une campagne d’écriture de lettres adressées à la CDPQ et à la bcIMC. Des campagnes semblables se déroulent en Suède et aux États-Unis, où d’autres fonds de pension ont des parts dans ce même fonds foncier mondial.

Au Canada, nous demandons à la CDPQ et à la bcIMC de :

  • S’abstenir de tout investissement futur dans les fonds fonciers mondiaux de TIAA-CREF et d’annuler tout autre investissement spéculatif dans les terres agricoles.
  • Exiger de TIAA-CREF qu’il rende publique la nature, l’ampleur et l’emplacement de ses investissements, directs et indirects, dans les terres agricoles
  • Diffuser cette motion parmi leurs membres.

1 « Manoel Ribeiro denuncia grileiro e assassinatos no sul do Estado», Jus Brasil :
http://al-ma.jusbrasil.com.br/noticias/2614885/manoel-ribeiro-denuncia-grileiro-e-assassinatos-no-sul-do-estado;

2 « Advogados denunciam a indústria da grilagem no Piauí», Portal AZ, 5 février 2012 : http://www.portalaz.com.br/noticia/geral/237397_advogados_denunciam_a_industria_da_grilagem_no_piaui.html

 

N.B.

Voici la lettre adressée à la Caisse de dépôt et placement du Québec. et signée par l’union paysanne, et les modèles de lettre individuelle que vous pouvez envoyé à  la CDPQ et à la BCIMC

Télecharger la lettre adressée à la Caisse de dépôt et placement du Québec
Télecharger le modèle de lettre adressée à la CDPQ
Télecharger le modèle de lettre adressée à la BCIMC

Pour nourrir le Québec, donnons une place aux paysans

Campagne Pour nourrir le Québec… donnons une place aux paysans

L’Union paysanne lance la campagne « Pour nourrir le Québec… donnons une place aux paysans ». Cette campagne demande au ministre Pierre Paradis de rapatrier la gestion du hors-quota1 au sein du MAPAQ afin que son contrôle échappe aux cartels qui le gèrent. Nous sommes nombreux à s’être buté à des refus des offices de producteurs depuis 20 ans.

Si vous avez pris le temps de lire notre document « Vers une gestion de l’offre 2.0 au Canada », vous avez pu constater que le Québec, et de loin,  est l’endroit au Canada le plus restrictif en matière de hors-quota au Canada. Par exemple, alors que vous ne pouvez pas produire plus de 100 poulets au Québec, il est possible d’en faire plus de 1000 et même 2000 dans l’Ouest Canadien. Le constat est semblable dans les œufs et le dindon. Voir le tableau

Hors-Quota-au-Canada

Une hausse des seuils de production hors-quota au Québec déclencherait une petite révolution qui permettrait…

  • à nombre d’agriculteurs de diversifier leur production et d’augmenter leur revenu
  • à la relève agricole de démarrer avec moins d’investissements de base,
  • aux régions d’avoir des productions plus locales
  • aux petits abattoirs d’avoir une clientèle nouvelle et de se maintenir en région
  • de voir émerger des productions quasi inexistantes : œufs et poulets de pâturage, sans OGM, biologiques, etc.

Vous voulez nous aider? Deux façons

Carte postale Union paysanne (verso)

Si vous avez un commerce, une cabane à sucre, un bureau, des collègues de travail, etc.,  vous serez surpris du nombre que vous récolterez. Cette campagne est majeure pour les paysans du Québec et avec votre appui nous pourrions atteindre des chiffres étonnants. Déjà les premières 5000 cartes postales papiers sont pratiquement épuisées, mais l’objectif est d’en faire signer 10 000 avec votre aide. Cette campagne durera jusqu’en septembre.
1 : Le hors-quota est le nombre d’unités que peut produire une personne sans détenir un quota. Ce seuil est actuellement déterminé par les offices de producteurs qui, tout en détenant les quotas, se retrouvent en situation de cartel.

 

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« Pour un poulet différent au Québec »

Campagne

« Pour un poulet différent au Québec »

 

Une campagne de sensibilisation lancée par la Coopérative La Mauve.

Les limites de la production de poulets hors quota touchent directement de nombreux agriculteurs et, par le fait même, l’approvisionnement de boucheries et marchés d’alimentation, et finalement les consommateurs en général.

Au Québec, la quantité de poulets que nous pouvons produire sans détenir de quotas est fixée à 100 poulets alors que c’est 2000 en Colombie-Britannique et en Alberta, 1000 en Saskatchewan et au Manitoba et 300 en Ontario. Au Canada, la production de poulets est régie par la gestion de l’offre. Au Québec, la quantité de poulets que nous pouvons produire sans détenir de quotas est fixée à 100 poulets par les Éleveurs de volaille du Québec, une fédération affiliée à l’Union des producteurs agricoles. Dans les autres provinces, les chiffres sont différents : 2000 en Colombie-Britannique et en Alberta, 1000 en Saskatchewan et au Manitoba et 300 en Ontario.

Cette campagne vise à sensiblilser la population sur ces faits. C’est un appel d’autant plus fondé puisqu’il concorde avec la signature controversée du Partanariat Trans-Pacifique (PTP), qui ouvre une brèche dans le système de gestion de l’offre au Canada, notamment dans le poulet. La Mauve souhaite ajouter sa voix au débat sur la question : nous proposons non pas l’abolition de la gestion de l’offre ni son maintien intégral, mais bien sa modernisation afin de continuer à protéger certains secteurs agricoles des aléas du libre-marché, tout en permettant l’émergeance d’une agriculture différenciée au Québec. Une vidéo, qui circule déjà depuis un moment dans les réseaux sociaux, est rattachée à une pétition en ligne.

 

La pétition énonce clairement deux demandes :

  • Que le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation du Québec se réapproprie le droit de fixer la production hors quota;
  • Que la production hors quota de poulets au Québec soit augmentée à 2000 poulets par année.

Actuellement, on restreint les agriculteurs québécois de produire du poulet à petit échelle, pour la consommation locale. Pourtant, en signant le PTP, le gouvernement canadien accepte de céder 2,1% de notre marché du poulet à des producteurs étrangers. C’est illogique et inacceptable. Or, même si 1000 fermes québécoises produisaient chacune 2000 poulets hors quota, ceci ne représenterait que 1,15% du marché actuel.

On restreint les agriculteurs québécois de produire du poulet à petit échelle, pour la consommation locale. Nous croyons qu’il est temps que la gestion de l’offre redevienne un outil inclusif de développement collectif. En effet, les 756 fermes d’élevage de poulets au Québec produisent chacune en moyenne 230 000 poulets par année. En allant de l’avant avec notre demande, ceci laisserait place à toute une classe d’agriculteurs qui dynamisent le territoire et contribuent indéniablement à la souveraineté alimentaire du Québec. Nous croyons qu’il est temps que la gestion de l’offre redevienne un outil inclusif de développement collectif.

L’union paysanne appuie La coopérative La Mauve et emboîte ainsi le pas afin d’aider à rallier le plus grand nombre d’organisations représentatives d’une agriculture de proximité afin qu’elles donnent leur appui officiel à la campagne de sensibilisation et participent à sa diffusion. Elle sollicite également tous les consommateurs intéressés à se procurer du poulet différent au Québec à s’impliquer.

 

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À propos de cette campagne

Pour approfondir le sujet

À propos de la Coopérative La Mauve

La Mauve est une entreprise d’économie sociale œuvrant dans les domaines agroalimentaire et environnemental. Elle poursuit sa mission d’éducation à l’éco-alimentation et au développement durable grâce à des campagnes comme celle-ci. Elle assure aussi la mise en marché des produits de ses membres par le biais de son système de paniers et son épicerie-boucherie située au coeur du village de Saint-Vallier de Bellechasse.

Site Web de la Coopérative La Mauve

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