, , , ,

Comment choisir une variété de semence à adopter?

La campagne Adopte une Semence a touché votre coeur? Vous avez envie de vous lancer dans l’expérience d’adopter une semence, même si la tâche vous paraît compliquée? Vous ne savez pas par où commencer? On vous guide ici en espérant vous orienter un peu!

 

1- Quelles plantes vous procurent le plus de bonheur à cultiver? Pour prendre soin d’une variété de semence, il faut absolument entretenir avec elle une relation d’amour, sinon vous allez l’oublier ou la négliger.

2- Dans quelle région êtes-vous? Nous vous conseillons de vous procurer votre variété auprès d’une petite semencière locale, dont les semences sont déjà adaptées à votre climat.

3- Si vous êtes débutantEs dans la conservation des semences, on vous conseille d’y aller avec des espèces plus faciles:  Amaranthe, aneth, arroche, asperge, basilic, cerise de terre, ciboulette, coriandre, dolique, épinard, haricot, laitue, mâche, oseille, persil, pois, radis, rhubarbe, roquette, tomate, tournesol.

le beau haricot grimpant Skunk

 

4- Dans quelle zone climatique êtes-vous situé? Conserver des semences de melon est une chose plus ardue sur la Côte-Nord qu’en Montérégie. Pensez-y!

5- Cet été, observez vos plantes au jardin, peut-être y trouverez-vous l’inspiration qui guidera la variété que vous allez semer l’an prochain? Peut-être allez-vous récolter des semences d’un légume que vous avez semé ce printemps? N’hésitez-pas à expérimenter!

, ,

Subventions agricoles et autonomie alimentaire. Y a-t-il un lien?

Le gouvernement du Québec, par le biais de la société Hydro-Québec, vient d’annoncer un vaste programme de subventions pour réduire les coûts d’électricité des productions en serre. Selon le même gouvernement, cette mesure vise à accroître notre autonomie alimentaire. Ah ouais?

Je n’ai rien contre la production en serre, j’y ai passé des années de ma vie. Mais je ne vois pas en quoi une subvention mettra automatiquement plus de tomates ou de concombres sur les tablettes de nos épiceries. Qu’est-ce qui nous garantit que la hausse de production attendue n’ira pas à l’exportation? En fait, rien. Lorsque la Hollande a décidé de subventionner les factures d’énergie des serres, l’essentiel des récoltes fut exporté. Et les nappes phréatiques locales ont reçu les fertilisants et pesticides employés… En quoi le contribuable moyen en a-t-il bénéficié?

Mais ce qui peut arriver dans les serres se passe déjà pour d’autres productions. Normalement, quand une entreprise investit de l’argent dans un projet, il y a un espoir de retour sur l’investissement. Il devrait en aller de même pour les programmes agricoles. Un médecin n’est pas subventionné, il est rémunéré contre service rendu. Même chose pour un policier, un député, bref pour toute personne recevant de l’argent de l’État. Il serait grand temps de mettre un quelconque objectif social sur le soutien agricole. Par exemple, le gouvernement rembourse une bonne partie des taxes foncières agricoles aux fermes. Si cette ferme produit des légumes pour la communauté environnante, tant mieux. Si une autre ferme exporte sur un marché étranger, là où les mêmes subventions n’existent pas, cela devient du dumping, sans aucun avantage pour notre société. Mais dans les deux cas, le contribuable aura payé. Dans un cas, ce sera bénéfique pour la société québécoise, dans l’autre cas, …

Selon une analyse récente du ministère de l’environnement, 62% des subventions (comme l’ASRA) versées en agriculture au Canada ont un effet néfaste sur l’environnement. Le reste, 38%, n’a aucun effet.

(Ministère de l’environnement et lutte contre les changements climatiques, http://www.environnement.gouv.qc.ca/milieu_agri/agricole/publi/tendance-perspect2.htm)

En somme, nous payons pour soutenir un modèle agricole qui ne correspond pas aux attentes de notre société en matière d’environnement.

L’Union paysanne entend intervenir en ce sens lors de la présentation du plan d’agriculture durable du gouvernement. Il est grand temps de mettre en place des objectifs souhaitables lorsqu’il s’agit de donner de l’argent public. C’est essentiellement le projet de Contrat vert que j’ai proposé il y a 20 ans…

Maxime Laplante, agr, président

, , ,

Vidéo: L’importance de conserver ses semences au nord du 50e parallèle

Une de nos membres nous partage l’importance de conserver ses semences en Minganie, au nord du 50e parallèle. En contexte boréal, les semences du commerce sont souvent inadaptées à la courte saison fraîche et extrêmement ensoleillée de sa région. Geneviève Lalumière, passionnée des semences, entend bien travailler d’arrache pied avec sa communauté afin de populariser la pratique de conservation des semences.

 

 

Et vous, avez-vous des témoignages à nous faire part?

 

Toutes et tous ensemble pour la souveraineté alimentaire! Allez, adopte une semence!

, , , , ,

Lancement de la campagne Adopte une Semence

 

 

L’Union paysanne relance la campagne Adopte une Semence. Devant le constat accablant que des semences nutritives, locales, adaptées aux changements climatiques, aux variations saisonnières et aux maladies ont peu à peu disparues de nos champs et jardins, nous n’avons pas le loisir d’attendre que la situation empire encore plus.

Une diversité en érosion

On assiste depuis la Révolution Verte (qu’on qualifierait plutôt de grise…) à une érosion draconienne de notre diversité agricole. Au Canada, ça va jusqu’à 90% des variétés anciennes qui ont disparues pour laisser place aux hybrides et OGM de l’industrie…

Des gardiens et gardiennes pour les sauver
Pourtant, cachés dans leurs champs, des petites semencières et semenciers, maraîchères, meuniers et jardiniers s’affairent à semer, sélectionner et retrouver des semences paysannes anciennes afin de les réadapter au climat d’aujourd’hui dans l’espoir de les voir réintroduites dans les champs et jardins du Québec.

des haricots grimpants True Red Cranberry

Des droits aux Nations-Unies

N’oublions-pas que le droit « de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre des semences de ferme ou du matériel de multiplication » est inscrit dans la Déclaration des Nations Unies pour les droits des paysans et paysannes, mais ce droit trop souvent bafoué reste encore à affirmer.

Un savoir-faire qui se perd
En plus de l’environnement légal et réglementaire national et international qui facilite l’accaparement des semences par l’industrie, nous avons observé que la conservation des semences est un art qui se pratique de moins en moins à la maison et dans les petites exploitations agricoles.

Des actions à poser
L’Union paysanne, inquiète de l’état des semences au Québec, entend accompagner la paysannerie et la communauté jardinière dans un effort collectif pour reprendre soin d’une des ressources les plus précieuses: nos semences, source de vie.

C’est le début de la version Québécoise de la campagne Adopte Une Semence, dans le mouvement amorcé par d’autres organisations paysannes dans le monde, unies au travers de La Via Campesina. Toutes et tous ensemble pour la souveraineté alimentaire des peuples!

 

union paysanne invitée sur le podcast la Culture du Vivant
,

L’Union Paysanne sur le podcast de La Culture du Vivant

Le président de l’Union Paysanne, Maxime Laplante, a été invité en entrevue sur le podcast de la Culture du Vivant en mai dernier.

Dans cet épisode, on fait un portrait global de l’état actuel de l’agriculture au Québec, qui n’a pas changé depuis 20 ans. On y explique les impacts de ce modèle unique, contrôlé par le monopole syndical agricole de l’UPA, pour les agriculteurs-trices bien sûr, mais aussi pour les citoyen-nes.

Pour connaître les bâtons qui sont mis dans les roues de l’agriculture québécoise et, du même coup, de la liberté de choix pour les consommateurs-trices, c’est un épisode incontournable. Mais aussi, pour savoir qu’est-ce qu’on peut faire en tant que citoyen-nes pour aller vers un changement de paradigme agricole, que l’Union Paysanne souhaite plus éthique et plus vert.

L’organisation soutient et encourage la multiplication de fermes à échelle humaine, la transformation et la mise en marché directe à la ferme, les pratiques respectueuses de nos écosystèmes, la démocratie rurale, et bien plus encore. Tout cela pour offrir une liberté pour les paysan-nes et pour les citoyen-nes, dans l’objectif que notre agriculture soit le moteur de notre souveraineté alimentaire.

Pour écouter l’épisode, cliquez ici

 

, , ,

Aurait-on oublié que « Small is beautiful? »

Nous vivons dans un monde plein de coincidences. Comme par hasard, les principaux cas de COVID-19 sont à Montréal. Comme par hasard, les lieux de concentration humaine sont plus touchés. C’est sûrement donc par hasard si une usine d’abattage de porc employant 2500 personnes est affectée ou que des centaines de milliers de poussins doivent être euthanasiés.

Lorsqu’une nation concentre la moitié de sa population dans un centre urbain, c’est carrément de la provocation au niveau épidémiologique. Après des décennies de fermeture sauvage des petits abattoirs sur l’ensemble du territoire québécois par les autorités sanitaires, nous voici confrontés à un manque criant de structure d’abattage en région et une fragilisation des usines d’abattage. Encore le hasard?

Le Québec, qui n’est évidemment pas le seul cas, a choisi de concentrer un peu tout ce qu’il y avait moyen de concentrer: système de santé, système scolaire, agriculture, etc. Pour de vagues motifs d’économie d’échelle? Et si on incluait dans ce loufoque calcul d’économie d’échelle la facture du confinement, nul doute que ces objectifs de concentration seraient remis en question. Il est parfois désolant que, même en 2020, perdure l’adage: »Privatisation des profits, étatisation des dépenses ».

Le risque de la concentration commence à se percevoir de façon flagrante. Le port du masque et la distance de deux mètres vont peut-être sauver les meubles mais les virus, bactéries et autres « hasards » de la nature ne vont pas disparaître. Les maladies ont toujours été présentes et le seront toujours dans l’avenir. Ce qui a changé, c’est que notre société a tout mis en place pour en faciliter la propagation rapide. À moins de vouloir passer le reste de nos vies à porter un masque et à se tenir loin des autres, ce qui serait contraire au fondement même d’une « société », il faudra remettre en question le processus actuel de concentration et de monoculture. Concentrer le bagage génétique de nos animaux constitue un risque majeur. Utiliser de façon préventive des antibiotiques dans les élevages animaux concentrés est une menace directe, risquant d’anéantir l’efficacité des médicaments. Concentrer les cultures est une menace pour la biodiversité. Espérons que l’actuelle épidémie servira à enclencher un changement au lieu de simplement refiler au contribuable les coûts des dommages provoqués par le hasard…

Maxime Laplante, agr, président de l’Union paysanne

résilience
, ,

Pétition pour l’autonomie alimentaire

Autonomie alimentaire et élargissement des droits des producteurs agricoles en matière de production et de vente directe

L’Union paysanne, en collaboration avec la porte-parole en matière d’agriculture de Québec solidaire, Émilise Lessard-Therrien, est fière d’initier une pétition qui sera déposée au Salon bleu le 29 mai prochain afin d’augmenter la résilience de notre système alimentaire.

Merci de faire circuler!

 

Signez la pétition en cliquant ici

 

CONSIDÉRANT QUE le gouvernement du Québec fait appel à une plus grande autonomie alimentaire, plus particulièrement en contexte de crise comme celle de la COVID-19;

CONSIDÉRANT QUE l’article 63 de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche indique qu’«un plan conjoint ne s’applique pas aux ventes faites par un producteur directement à un consommateur»;

CONSIDÉRANT QUE le Québec a importé, en 2018, 220 millions de dollars en produits laitiers et 10 millions de dollars en œufs;

CONSIDÉRANT QUE plusieurs productions sont soumises à des plans conjoints qui limitent et pénalisent financièrement les producteurs et productrices qui voudraient vendre directement ces produits à la ferme;

CONSIDÉRANT QUE de nombreuses fermes de proximité se voient fortement limitées dans la diversification et la croissance de leurs productions;

 

Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec :

Qu’il permette la vente directe ou le don direct de tous les produits agricoles;
Qu’il augmente les seuils hors quota pour les productions sous gestion de l’offre;
Qu’il offre un soutien financier aux fermes faisant moins de 50 000 $ de chiffre d’affaires;
Qu’il abroge la Loi sur les producteurs agricoles pour permettre le pluralisme syndical;
Qu’il convoque des états généraux sur l’alimentation au Québec;
Qu’il interdise les saisies de produits sous plan conjoint pour la saison 2020;
Qu’il permette un accès aux programmes gouvernementaux sans que les producteurs et productrices s’acquittent obligatoirement de leur cotisation syndicale.

 

, ,

La souveraineté alimentaire au temps de la pandémie

Le 17 avril dernier marquait la journée internationale des paysans et des paysannes. Si chaque année l’Union paysanne souligne cette journée symbolique en mémoire des 21 paysans sans terre qui ont été tués, le 17 avril 1996 au Brésil, événement tristement connu depuis lors sous le nom de massacre d’Eldorado de Carajás, c’est pour rendre hommage aux personnes qui nourrissent leurs communautés et qui luttent pour leur droit à le faire. En ces temps de pandémie, le 17 avril résonne toutefois un peu différemment.

 

Avec la crise sanitaire qui bat son plein, la souveraineté alimentaire devient un remède qui se popularise. L’autonomie alimentaire est maintenant sur toute les lèvres et est présente dans tous les médias. Développer la capacité de nous nourrir comme peuple, comme nation tissée serrée semble être une idée novatrice, une sortie de crise annoncée aux pénuries de farine, d’huile végétale et de levure sur les tablettes de nos épiceries. Alors qu’on ignore encore dans quel état l’économie mondial s’en sortira et quelle sera la situation du pétrole, politiciens et grandes entreprises proposent de miser sur “les agriculteurs bien de chez nous”. À priori, nous devrions nous en réjouir. N’est-ce pas là l’essence même de la souveraineté alimentaire, une nation capable de subvenir aux besoins alimentaires de sa population et de ne dépendre d’aucune autre entité? Oui, peut-être. Mais il y a plus.

La souveraineté alimentaire pour tous les peuples de tous les pays est le principe fondamental de La Via Campesina et est également l’adage de nombreux producteurs, paysannes, artisans, cultivatrices, apiculteurs, maraîchères, acériculteurs, cueilleuses, chasseurs et pêcheuses. Il y a, derrière la souveraineté alimentaire, cette idée de produire de la nourriture pour et par les gens, mais également de le faire dans le respect des droits des personnes qui nous nourrissent et dans celui des écosystèmes. Or, trop souvent, on oublie les gens qui sont au coeur de nos systèmes alimentaires. Ou plutôt, on n’en tient pas compte. Et pourtant, il aura fallu une pandémie pour que l’on réalise que le travail de ces personnes est essentiel…

Nous, paysans et paysannes de La Via Campesina , réitérons que c’est la paysannerie qui produit 70% de la nourriture globale que nous consommons sur 25% des superficies totales. Une production qui nourrit non pas les stocks boursiers et les grands investisseurs, mais plutôt celle qui nourrit les communautés et les familles. Une agriculture à visage humain. C’est pourquoi il est impératif de non seulement reconnaître la souveraineté alimentaire dès maintenant, mais qu’il faut également réaffirmer et protéger, aujourd’hui plus que jamais, le respect des droits des paysans et des paysannes.

Il est important de saisir l’opportunité que nous présentent ces temps incertains pour nous poser des questions au sein de nos communautés locales. Alors que d’importantes décisions sont prises et que les barrières économiques semblent prendre une place moins grande dans l’équation, nous avons le pouvoir, et le devoir d’aller au-delà de l’action immédiate. N’oublions pas que la crise écologique est la trame de fond de cette pandémie.  Nous devons nous positionner de sorte à ne pas seulement éteindre les feux qui sont présentement sous nos yeux. Nous devons réfléchir sur l’ensemble du fonctionnement de nos systèmes alimentaires afin de les rendre plus justes et équitables. Osons aller plus loin et ne pas seulement revendiquer une “agriculture de chez nous”, mais parlons de notre dépendance à la main d’oeuvre agricole étrangère. Parlons des enjeux pour ces personnes qui, année après année, viennent récolter les fruits et légumes dans “nos champs bien de chez nous” afin de faire vivre leur famille “dans leur pays bien à eux”. Nommons le statut précaire – et précarisé – de ces personnes sans qui manger local ne serait pas possible. Essayons de comprendre les ramifications coloniales de nos systèmes alimentaires. Ayons le courage de dire que nos champs se trouvent sur des territoires qui n’ont jamais été cédés. Écoutons les paysans et paysannes de tout âge qui aspirent à un système alimentaire meilleur mais qui se butent constamment aux multiples barrières légales et administratives. Discutons avec les travailleurs et travailleuses agricoles, d’ici et d’ailleurs, dont les conditions de travail mettent en danger leur vie, leur sécurité et leur santé. Soutenons-les alors qu’ils et elles dénoncent les cancers et autres problèmes de santé causés par les pesticides et autres agents chimiques. Au niveau mondial, rappelons-nous les noms et les visages des activistes paysans et paysannes qui sont disparus ou qui ont été tués parce que leur voix dérangeaient.

Parce qu’en des temps aussi incertains, rappelons-nous que, peu importe où nous vivons, nous sommes tous et toutes uniEs. Martelons que l’union fait la force et scandons que ce que nous voulons c’est un véritable changement. Une fois la crise terminée, souvenons-nous – ce dont notre peuple se vante tellement – que ce sont ces vagues de solidarité qui nous auront permis de passer au travers. Et surtout, n’oublions pas que nous sommes tous et toutes dans le même bateau. Serrons-nous les coudes et osons faire de nos systèmes alimentaires des systèmes justes et solidaires afin que les gens qui nous nourrissent n’aient plus ce goût amer en bouche…