L’achat local

Un geste élémentaire

Déjà à son époque, Louis-Joseph Papineau dénonce la vente de produits anglais qui rapportent au gouvernement. Il se lance dans l’apologie de la contrebande et de la consommation de produits locaux. Le président de la Chambre d’assemblée inaugure, en quelque sorte, la première campagne d’achat chez nous.

«Multipliez nos troupeaux pour avoir plus de laine, notre bétail pour le manger, pour bonifier la terre, pour tanner plus de cuirs, et avoir plus d’artisans qui mettront en œuvre des produits plus abondants; semer plus de lin pour avoir plus de toile, et pour occuper utilement, pendant nos longs hivers, nos industrieuses et jolies citoyennes, les entendre gaiement chanter au métier et nous aider à affranchir le pays de taxes arbitraires; tout cela se fera bien vite dans le comté si tous ceux qui sont ici les veulent.»
(Histoire populaire du Québec, de 1791 à 1841, éditions du Septentrion, p. 316)

L’agriculture et l’alimentation se retrouvent au centre de tous les enjeux : politique, financier, démographique … et environnemental. En particulier dans un monde aux prises avec des guerres et des déplacements de population. L’achat local n’est pas qu’une lubie de rêveur, c’est un moyen réel de se reprendre en main et d’aborder plusieurs problèmes de front.

Chacun de nous doit prendre conscience que nous avons été éduqués au réflexe d’acheter le moins cher sans rien regarder d’autre. Pour changer cela, il faut nous convaincre qu’acheter local, c’est choisir une meilleure qualité de vie pour nous, pour nos enfants et pour nos collectivités. Avons-nous besoin de répéter qu’en matière d’alimentation, nous sommes gagnants à tous les niveaux quand nos réflexes s’améliorent?

Santé

Plusieurs pays étrangers n’ont pas les mêmes normes que le Québec en permettant l’usage de plusieurs pesticides interdits ici. Même si le Québec n’a pas  vraiment de leçons à donner en terme de pesticides, acheter directement d’un agriculteur vous permet de le questionner sur ses méthodes de production et de savoir si oui ou non il utilise des pesticides, des hormones, des antibiotiques, etc. Si l’option du bio est présente, n’hésitez pas!

Environnement

En effet, les fruits et légumes consommés au Québec parcourent en moyenne entre 3500 et 5000 km (source : MAPAQ). Ce nombre incroyable de kilomètres alimentaires s’explique de plusieurs façons : traité de libre-échange étouffant, industrialisation du système alimentaire, et choix des consommateurs. Le taux d’autosuffisance alimentaire du Québec n’a probablement jamais été aussi bas. Mais vos choix peuvent changer les choses : faire son jardin, acheter directement d’un fermier ou dans un marché public rapproche votre nourriture de votre table.

Économie

Eh bien sans entrer dans les concours de chiffres, tous comprennent que 1 $ investi ici auprès d’un agriculteur ou d’un artisan, c’est 1 $ qui retourne dans notre économie. Ce fameux dollar, vous avez la chance de le rapprocher de vous, car les fermes de votre région achèteront une panoplie de matériaux, de semences et de services dans VOTRE région. Le changement commence par là.

Goût

Un aliment local sera plus goûteux car, contrairement aux aliments venus de la Californie et d’ailleurs, il aura été cueilli à sa pleine maturité.  Plusieurs fruits et légumes (bananes, fraises, kiwis, poires, melons, etc.) subissent un traitement à l’éthylène dans les camions de transport afin de compléter leur mûrissement : ce traitement leur donne une belle couleur, mais leur enlève du goût!

Des pistes pour l’achat local

Trouver un marché public :

http://www.ampq.ca/trouvez-votre-marche-public-du-quebec/

Marché de solidarité ou de proximité de…

Manger local dans la région de…

Trouver ses fraises, framboises et petits fruits locaux :

http://fraisesetframboisesduquebec.com/

Faire son pain et ses recettes avec de la farine du Québec :

Acheter local, c’est aussi pouvoir compter sur son propre jardin