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Les marchés publics et leurs réalités intérieures. Version imprimable
Écrit par Frédéric Sauriol   
02-08-2007
L’été nous ramène la beauté des marchés publics avec fleurs, viandes, fruits, légumes et fromages de toutes sortes. Du biologique, 300 entreprise au Québec, au conventionnel qui travaille aussi fort que les ``BIO`` Plus de mille produits différents seront sur les étals de 100 marchés publics dans les régions québécoises. Des Laurentides avec les marchés de Val-David et Mont-Tremblant, en passant par le marché de Rosemère et de Lasalle, du marché de Québec à celui de Sherbrooke et tous les autres qui nous nourriront durant ces merveilleux mois de la saison estivale.

Les marchés en région Québécoise sont tellement populaires et demandés par le monde qu’en aucun cas sauf Montréal, il y a suffisamment de production agricole pour répondre à la demande. La fidélisation de la clientèle est surprenante et agréable pour les producteurs et productrices qui s’attendent à vivre de leur métier. Chaque année revient le besoin de se nourrir fraîchement et localement. Le Québec construit avec fierté la réponse à ce besoin culturel et essentiel. Même le tourisme se mêle de demander à ce que les marchés publics soient plus visible et plus emplis de produits locaux.

Dans plusieurs municipalités, les conseils administratifs sont d’excellents outils de promotion et de support pour la gestion et la réussite des marchés publics.

Par contre les embuches administratives et les difficultés de la réalité agricole font que l’offre ne peut pas, en ce début de XXI siècle, répondre à cet engouement. Le nombre de fermes qui abandonnent leurs travaux, est plus élevé que le nombre de fermes qui entrent dans la noble profession qu’est celle d’agriculture. Que ce soit dans le lait ou les viandes moins traditionnelles comme le lapin ou le cerf, que ce soit dans les petits fruits ou les salades, le travail à la ferme continue de créer un revenu indécent pour les familles qui en vivent.

Au mieux, ces nouvelles entreprises essaient de se tailler une place sans support économique du gouvernement, ou bien : ils travaillent avec le gouvernement et sont littéralement noyés dans une administration qui demande des heures creuses pour la paperasse, et ces heures n’existent pas en agriculture. Les coûts de production sur une entreprise agricole sont énormes; la main-d’œuvre représente dans le maraicher 40% des dépense annuelles et les dépenses énergétiques sont pour leur part près de 25% des coûts de l’entreprise. Il reste peu pour les propriétaires quand vient le temps des impôts. Le climat crée pour sa part un facteur de stress souvent violent pour les fermes; grêle, sécheresse, pluie, vent, froid et autres qui ne donnent pas de repos. Les gens qui vivent d’agriculture ont souvent le sourire aux lèvres, et quand ils choisissent d‘abandonner, c'esi avec regret qu’ils cherchent un boulot plus payant que celui de la vie à la ferme. En perdant des producteurs et productrices nous perdons toujours un peu plus de notre souveraineté alimentaire.

Il semble que la réalité du travail agricole soit ignorée par les fonctionnaires responsables de l’agriculture. Trop souvent les agriculteurs et agricultrices sont sollicités, soit pour s’impliquer bénévolement pour faire la promotion de leurs travaux, ou simplement ils sont facturés pour un service qui leur apporterais un semblant de visibilité, qui en soi leur crée une charge supplémentaire de travail. Les gens de la vie agricole ont besoin de support inconditionnel de nos paliers gouvernementaux pour continuer à établir la relève agricole et la modernisation de nos campagnes agricoles. Les mécaniques de survie pour vivre d’agriculture sont trop souvent sollicitées pour faire de ce métier un travail sans stress.

Bien certainement le visage moderne de l’agriculture genre révolution verte est une entrave à une occupation du territoire agricole. La paysannerie ne trouvera pas la place nécessaire pour réussir à nourrir la nation Québécoise. Tant et aussi longtemps que le modèle productiviste sera soutenu par le gouvernement et les acteurs important de l’UPA, miroiteront la réussite par la grosse production, les terres agricoles du Québec n’aurons pas de nouveaux agriculteurs. L’agriculture est un phénomène de société et la population Québécoise demande, par le biais de la réussite des marchés publics, une campagne agricole Québécoise occupée par des fermes variés qui travaillent pour notre souveraineté alimentaire.

Frédéric Sauriol,
Administrateur Union Paysanne

 

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