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Déclaration de l’Union paysanne sur la crise du boeuf Version imprimable
Écrit par Eric Villeneuve   
05-11-2003

CE QU’ON NE DIT PAS AUX PRODUCTEURS DE BŒUF DU QUÉBEC.

Un rapport trompeur

L’Union paysanne partage le mécontentement des agriculteurs face au Rapport du Comité chargé d’enquêter sur le prix du bœuf depuis le déclenchement de la crise de la vache folle au Canada.

Il n’est pas surprenant qu’un comité qui n’avait pas le pouvoir de citer à la barre les patrons des quelques grandes chaînes d’abattoirs et d’épiceries qui contrôlent la commercialisation des viandes au Canada, n’ait pu découvrir qui avait ramassé l’argent entre l’éleveur et le consommateur. C’est peut-être d’ailleurs eux que devraient maintenant prendre pour cible les prochaines manifestations.

Il restait aux membres de ce comité-bidon à nous resservir le baratin des économistes de ces multinationales pour tenter de nous convaincre que la crise leur a causé à eux aussi des coûts supplémentaires, à huit chapitres, lesquels sont venus annuler les économies de prix à l’éleveur, paraît-il….

Quant à la baisse de 15% des prix aux consommateurs en fin d’été, personne n’en a eu connaissance! On se demande bien qu’est-ce qui a permis à la Ministre de crier Bingo à la suite de ce rapport!

Une aide qui ne permet pas aux petits éleveurs de survivre.

Les mesures annoncées par le Gouvernement sont naturellement des demi-mesures qui permettront aux gros parcs d’engraissement de s’en tirer mais ne suffiront pas pour éviter la faillite aux petits éleveurs et aux fermes laitières familiales pour qui les vaches de réforme constituent une des rares soupapes qui leur restaient. Il faut d’ailleurs posséder un minimum de 10 vaches vêlantes pour être admissible. Les études européennes ont démontré clairement que ce sont les paysans qui écopent les premiers lors d’épidémies qui sont pourtant provoquées par le système industriel de production et de commercialisation des produits alimentaires.

Victimes de crises provoquées par l’industrialisation et la mondialisation

Ce que tous ces patrons, politiciens et dirigeants syndicaux évitent de dire, c’est que ces crises à répétition auxquelles on assistera de plus en plus sont le résultat direct des choix qu’ils ont fait, notamment lors du fameux sommet agroalimentaire de St-Hyacinthe en 1998 : abandon des objectifs de souveraineté alimentaire et de la commercialisation locale au profit des échanges et des marchés étrangers.
Les produits alimentaires font désormais le tour de la planète avant d’aboutir sur le comptoir de nos grandes épiceries.

Conséquemment, notre agriculture est devenue extrêmement vulnérable et hors de notre pouvoir puisqu’elle est gérée quelque part par un poignée de multinationales qui contrôlent les frontières et les pratiques agricoles. C’est le cas dans le bœuf avec Carghill, ConAgra, IBP et Excel, les barons américains du bœuf. Nos agriculteurs sont victimes de tous les soubresauts de ce marché intégré mondial.

Les agriculteurs qui immolent des bêtes avant de perdre leur ferme sont victimes du délire de mondialisation des dirigeants qui les condamnent, y compris leurs chefs syndicaux.

Revenir à la souveraineté alimentaire à la commercialisation locale.

Au-delà de mesures d’urgence nécessaires équitables pour les petits éleveurs, ce que l’Union paysanne demande au Gouvernement, c’est de ramener la souveraineté alimentaire et la commercialisation locale, et du même coup les vrais agriculteurs, à la base et au centre de l’agriculture au Québec. Nous croyons qu’il est possible et nécessaire de garder le contrôle de notre agriculture et notre alimentation sans se fermer pour autant aux échanges mondiaux. C’est une question de choix et de priorité.

Les éleveurs de l’Estrie et de la Montérégie qui vendent leur bœuf directement à leur entourage, à un prix inférieur aux épiceries mais supérieur à celui que leur offre l’abattoir, ont commencé à comprendre et à tracer la voie.

 

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