L’Union paysanne une autre vision de l’agricultureEn plein cœur du modèle agro-industriel canadien, la paysannerie s’organise depuis sept ans au Québec sous la bannière de l’Union paysanne. Alors que l’agro-industrie étend ses monocultures de maïs sur des pans entiers du territoire, contribue à vider la ruralité de ses habitants, uniformise les aliments, réduit la biodiversité et aspire comme un trou noir les subventions de l’État, l’Union paysanne tente de regrouper les paysans et les artisans d’une agriculture diversifiée et axée sur la communauté.
Un portrait rapide de l’agriculture du QuébecSur un territoire d’environ 1,5 millions de kilomètres carrés, l’agriculture québécoise ne compte que 26 000 fermes, contre 140 000 dans les années cinquante. Évidemment, en raison de conditions climatiques extrêmes, l’agriculture est concentrée principalement au sud, le long du fleuve St-Laurent et du Lac St-Jean. Seulement 2% de la surface totale est utilisée pour la production alimentaire. Ce pourcentage était cependant beaucoup plus élevé il y a une cinquantaine d’années.
Au Québec, la production s’est concentrée principalement dans le secteur animal, soient les vaches laitières, la volaille, le veau et le porc. La production porcine, axée sur l’exportation vers les États-Unis et l’Asie, a d’ailleurs pris le pas sur les autres secteurs, avec son cortège de problèmes pour les communautés rurales. Si l’immense majorité des fermiers du Québec sont propriétaires de leur ferme, l’industrie agro-alimentaire prend graduellement le contrôle de plusieurs domaines, comme la production de porc, de volaille, de veau, de lait. C’est le phénomène de l’intégration verticale, où une entreprise devient propriétaire et paie des serfs pour faire l’élevage. Étant donné que la valeur des fermes augmente rapidement avec leur taille (en moyenne 110 hectares), la relève ne peut en faire l’acquisition et laisse la place à l’industrie. |